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Octobre 70 et ses suites - 3 - L'assassinat du felquiste Mario Bachand demeure une énigme

Bon nombre des communiqués diffusés par le FLQ en 1970 comportent le tracé frustre des contours de ce dessin d’Henri Julien, pourtant réalisé au XIXe siècle pour illustrer Le Vieux Patriote, un poème de Louis Fréchette («Ces gens-là, voyez-vous, cela ne meurt jamais»;.
Photo : Collection privée
Bon nombre des communiqués diffusés par le FLQ en 1970 comportent le tracé frustre des contours de ce dessin d’Henri Julien, pourtant réalisé au XIXe siècle pour illustrer Le Vieux Patriote, un poème de Louis Fréchette («Ces gens-là, voyez-vous, cela ne meurt jamais»;.
Le Devoir propose une série en trois temps à l'occasion du 40e anniversaire de la Crise d'octobre. Aujourd'hui, troisième et dernier volet portant sur «l'un des activistes les plus fascinants de toute l'histoire du FLQ», Mario Bachand.

Québec — François Mario Bachand aurait-il signé son arrêt de mort en se retirant d'un complot du FLQ pour assassiner Robert Bourassa en Europe? C'est une des hypothèses principales de Michèle Bachand, soeur de ce felquiste de la vague de 1963, exécuté à 27 ans de deux balles de calibre 22 à la tête, le 29 mars 1971, à Paris. Une hypothèse suggérée aussi dans un document inédit de la GRC découvert par Le Devoir.

Le meurtre de Bachand, c'est le seul véritable de l'histoire du FLQ, si l'on admet que la mort de l'otage Pierre Laporte a été en partie accidentelle.

Trente-neuf ans plus tard, Michèle Bachand ne s'explique toujours pas ce qui a bien pu arriver à son frère, qualifié par l'auteur Louis Fournier de «l'un des activistes les plus fascinants de toute l'histoire du FLQ». Ce n'est pas faute d'avoir cherché la vérité sur cette mort violente, qui remue en elle toujours beaucoup d'émotion. Elle se souvient encore des funérailles au Père-Lachaise: «J'ai tellement pleuré. Je braillais comme une pauvre femme. Et les CRS [policiers français] qui bloquaient l'accès empêchaient les gens de nous parler...»

Le jour de l'assassinat, elle-même était en région parisienne. C'était son premier voyage en France, où elle avait atterri deux jours plus tôt. Une visite à son petit frère (d'un an son cadet), qui avait fui le Québec pour Cuba après la manifestation pour le «McGill français» de 1969. Manif monstre qu'il avait organisée, mais à laquelle il n'avait pu participer parce que la police l'avait arrêté six jours plus tôt. On l'accusait d'avoir volé du matériel à des taupes de la GRC, qui, lors d'une réunion de préparation à la manif, avaient été surprises en train de la filmer en secret. À sa sortie de prison en 1965 (il avait été coffré entre autres pour les bombes de Wesmount de 1963), Bachand était devenu un expert en manifs. Avant «McGill français», il fut derrière celle, fameuse, de la Saint-Jean 1968, qui avait tourné à l'émeute. On dit même que c'est lui qui avait amené les manifestants à lever Pierre Bourgault en triomphe.

Le 28 mars 1971, la veille du meurtre, Mario semble très nerveux. Il se confie soudain: «J'ai peur de me faire assassiner.» Michèle s'interroge: «Est-il malade? A-t-il une paranoïa?» Le lendemain, le pire advient. Michèle logeait à Meudon, au sud-ouest de Paris, chez François Dorlot, alors président de l'Association générale des étudiants québécois en France (il deviendra le mari de Louise Beaudoin) et qui savait où logeait Mario Bachand, c'est-à-dire à vingt minutes de voiture au nord, à Saint-Ouen, dans un petit appartement loué par un ami universitaire, Pierre Barral. Le 29, aux alentours de midi, Bachand reçoit la visite d'un couple de felquistes qu'il n'avait jamais rencontré. D'abord, les trois se rendent dans un bistrot. Puis ils reviennent à l'appartement pour dîner en compagnie de Barral et de sa femme. Ces derniers quittent les lieux pour l'université en milieu d'après-midi. Lorsqu'ils rentrent en début de soirée, ils trouvent le corps de Mario Bachand dans une mare de sang.

Enquête abandonnée


«Il a eu une fille qui a des enfants. Il serait grand-père aujourd'hui», soupire Michèle Bachand. Après le meurtre, la police française fait évidemment enquête. Les policiers tentent en vain de retrouver le couple de felquistes qui avait dîné avec Mario Bachand. En 1975, la justice française ferme le dossier concluant, sans déposer d'accusation, que le meurtre devait être l'oeuvre la Délégation extérieure du FLQ à Alger.

Dans un livre à paraître (Les Plages de l'exil, Stanké), l'ex-felquiste Jacques Lanctôt accuse des «Khmers rouges en herbe» d'avoir liquidé son ami. Il s'insurge: «On n'arrêtera jamais les coupables et leurs complices, même si aussi bien la police française que [celle de] Montréal ont toujours affirmé connaître l'identité des assassins.»

En 1997, dans une enquête à laquelle Michèle Bachand et Jacques Lanctôt collaborent, l'émission Enjeux de Radio-Canada retrouve à Montréal l'homme et la femme qui avaient rencontré Bachand à Paris, vers midi, le 29 mars 1971. L'homme refuse toute interview et se montre peu loquace. La femme rencontre les journalistes Alain Saulnier et Francine Tremblay, mais elle leur confie — et la chose a été enregistrée — qu'elle est tenue par un «pacte de silence».

Le Devoir a aussi parlé à cette femme au téléphone, samedi. Outrée, elle s'est bornée à dire: «Il n'est absolument pas question que je vous parle de cela. Je vais raccrocher.» Elle n'a depuis jamais répondu à nos appels ni à nos messages. Lundi, nous nous sommes rendus sur les lieux de travail de l'homme: «Il est en vacances en ce moment. Il n'est pas joignable, c'est sûr et certain», nous a certifié une adjointe. Cet homme est l'un de ces deux militants du FLQ, surnommés «Salim» et «Salem», que le journaliste Pierre Nadeau avait croisés, en juin 1970, dans un camp d'entraînement palestinien en Jordanie. «Nous allons orienter notre tactique vers l'assassinat sélectif», avaient-ils alors déclaré à Nadeau. «Ces deux-là sont nommés dans plein d'enquêtes. C'est quand même louche qu'ils ne se prennent pas d'avocat pour se défendre», lance Michèle Bachand, soulignant que le meurtre est prescrit en France et ne peut faire l'objet d'aucune accusation au Canada.

Trois hypothèses

Selon elle, il y a au moins trois hypothèses concernant la mort de son frère. La première, celle d'Enjeux, privilégie la thèse d'un règlement de compte interne au FLQ. Bachand aurait irrité ses collègues felquistes en se présentant, dans diverses interviews, comme le «secrétaire général du FLQ». Dans des lettres de février et mars 1971, les felquistes pirates de l'air Pierre Charette et Alain Allard, en exil à Cuba, parlent d'une «épuration nécessaire». Raymond Villeneuve tient le même langage dans ses réponses. Ils évoquent aussi «des problèmes avec F. B.». Jacques Lanctôt se souvient avec douleur que Charette avait même avoué, à Cuba, être «le père spirituel» de la mort de François Mario Bachand.

Une seconde hypothèse laisse Michèle Bachand dubitative: celle d'un coup de la GRC. C'est entre autres ce que conclut l'essayiste ontarien Michael McLoughlin dans Last Stop Paris, the Assassination of Mario Bachand and the End of the FLQ (Viking, 1998). Sa thèse: Bachand a été victime d'un complot ourdi par la GRC, commandé par Pierre Trudeau lui-même, le solliciteur général Jean-Pierre Goyer et John Starnes, chef des services secrets canadiens! Selon McLoughlin, le felquiste «Salem» et une complice auraient été embauchés par la GRC pour faire le travail. Ce livre, qui repose sur une recherche documentaire importante, mais dont la clé de voûte est une série d'«interviews confidentielles», s'est attiré nombre de critiques: Starnes menace McLoughlin de poursuite. Tout comme Louise Beaudoin, alors ministre de la Culture dans le gouvernement Bouchard, puisqu'elle et son mari ont un rôle ambigu sous la plume de McLoughlin.

La troisième hypothèse recoupe la première et précise la nature de la dispute au sein du FLQ de l'après-Octobre. Elle concorde avec ce qu'on peut lire dans un mémo de la GRC daté du 30 avril 1971, que Le Devoir a trouvé — caviardé — dans les archives du Centre d'analyse et de documentation (voir notre article d'hier). Il fait état de rencontres à Paris pour «fomenter un complot visant à assassiner le premier ministre du Québec, soit» Robert Bourassa. Début 1971, il avait été annoncé que ce dernier effectuerait une mission européenne du 7 au 22 avril. «Pour une raison qui est inconnue à la source [de la GRC], [Bachand] préférait se retirer d'un tel projet alléguant que [Bourassa] servait mieux les destinées du F.L.Q. en restant au pouvoir.» Les initiateurs du complot, lorsqu'ils apprirent le retrait de Bachand, qu'ils prirent conscience qu'il «en savait beaucoup trop et également [qu'il] aurait consulté d'autres personnes pour connaître leur point de vue sur le projet», modifièrent leur plan. «[X] aurait décidé un deuxième complot et cette fois-ci [Bachand] en était l'objet.»

Après sa sortie de ses 22 mois de prison, en 1965, Mario Bachand avait accordé une interview à Judith Jasmin sur les ondes de Radio-Canada (enregistrement qu'on peut trouver dans les archives Internet de la société d'État). La journaliste lui demande s'il croit avoir payé «trop cher» pour ce qu'il a fait. Sa réponse: «Voyez-vous, si on place l'idéal socialiste au-dessus de tout, non. Parce qu'il faut être prêt à payer de notre vie pour le socialisme.» Peut-être, mais sans doute n'avait-il jamais imaginé sa fin telle qu'elle survint en 1971. Fin qui reste encore une troublante énigme.

***

Avec la collaboration de Dave Noël, recherchiste du Devoir à Québec

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  • Hubert Larocque - Abonné
    2 octobre 2010 00 h 57
    Peut-on en finir avec le FLQ?
    Périodiquement, on revient sur le FLQ comme s’il était impossible d’en épuiser le sujet et encore plus impossible d’en saisir le sens et la portée. De petites révélations qui s’additionnent éclairent la chronique mais laissent dans l’ombre le rapport de ce mouvement au Québec et à son histoire. D’un point de vue bourgeois, qui pense d’abord à sauver ses avantages de classe, le FLQ et son action appelaient la répression de l’État fédéral. Tout en craignant les conséquences d’un affrontement et en assistant en badaud, à la fois fasciné et effaré, aux péripéties d’un scénario fertile en rebondissements, aucun Québécois n’a pu condamner le mouvement dans son inspiration, et taire tout à fait en lui l’espoir d’un succès final. Tout en applaudissant à la Loi des mesures de guerre, les autres n’ont pu échapper à la mauvaise conscience de la collaboration, ni éviter d’en conserver le stigmate... (À suivre)
    Hubert Larocque, Gatineau.
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  • Hubert Larocque - Abonné
    2 octobre 2010 00 h 58
    Peut-on en finir avec le FLQ? (suite et fin)
    Le FLQ s’ajoute aux nombreux avortements de notre histoire car ses dirigeants se sont perdus comme les autres dans les labyrinthes d’une histoire coloniale. Il y a donc colonialisme quand on subit un pouvoir étranger et, de façon plus subtile, quand on y acquiesce à travers les institutions qui le médiatisent. Le FLQ n’a pu fixer son regard sur la Conquête de 1760, et s’y tenir inébranlablement, pas plus que le Parti Québécois. Irradié à son insu par la culpabilité coloniale, il s’est rabattu sur la lutte des travailleurs, la paupérisation, comme l’autre sur le masque des projets de société dont seule l’indépendance peut donner le sens et la clé. Ce faisant, il a perdu la cible de sa lutte qui était de reconquérir l’indépendance nationale. L’exploitation est certes une des conséquences de la Conquête mais elle n’en constitue pas le cœur. Elle peut exister pour d’autres raisons et elle peut varier en intensité dans le temps. Même très en vue dans les médias, pourvus d’argent, de pouvoir et d’honneurs, on peut être de parfaits colonisés et servir de clones à la puissance occupante. Surtout, l’indépendance concerne tous les citoyens d’un peuple, qu’ils soient travailleurs, financiers, intellectuels ou rentiers. Enfin, faut-il dire que la violence, toute justifiée qu’elle soit en situation coloniale, n’est morale et souhaitable, et ne doit être calculée, qu’en fonction de son efficacité libératrice.
    Hubert Larocque, Gatineau.
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  • Rodrigue Tremblay - Inscrit
    2 octobre 2010 07 h 09
    Continuons le combat
    Nous vaincrons un jour, mon cher Antoine.
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  • ysengrimus - Inscrit
    2 octobre 2010 08 h 02
    La mort de l'otage Pierre Laporte a été accidentelle...
    "Si l'on admet que la mort de l'otage Pierre Laporte a été en partie accidentelle."

    Je seconde. Sur ces question, j’ai choisi mon historien

    http://ysengrimus.wordpress.com/2009/09/15/about-f

    C’est une simple question d’intégrité élémentaire.
    Paul Laurendeau
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    2 octobre 2010 09 h 10
    Les felquistes passent à l'histoire à fort prix
    Les felquistes ont été braves en s'attaquant à plus forts qu'eux et ils passeront à l'histoire mais ils n'ont récolté qu'emprisonnements et expatriations. Ils ont nuit au mouvement de la souveraineté incluant le PQ qui a perdu 50 % de ses membres après la découverte de M. Laporte...mort. La sympathie envers eux s'est alors évaporée même si leur courage et leurs bonnes intentions sont appréciés.
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  • Claude Archambault - Inscrit
    2 octobre 2010 10 h 33
    comment peut on dire qu'elle est accidentelle?
    M. Laporte a été enlevé, crime no 1 et cela n'est pas un accident, M. Laporte est séquestré contre son gré, ce n'est pas un accident, M Laporte tente de se libérer disent certains, M Laporte est étranglé avec sa chaine, ce n'est pas un accident.
    Les Fesquistes sont des criminels dangereux qui auraient du être enfermés jusqu'à leur mort. POINT"

    Pour ce qui est de l'autre scélérat, François Mario Bachand, il est mort et bon débarras. Pour ce qui est des thèse sur sa mort, 2 implique le FLQ qui démontre la criminalité de ces gens et l'autre pointe les autorité ce qui serait en soit une bonne chose, il y en a qui ont assez de courage pour éliminer les ennemis du pays.
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  • Frédéric Jeanbart - Inscrit
    2 octobre 2010 10 h 40
    Une gang de ti-clins? Le ridicule ne tue pas, il rend ridicule.
    Les felquistes constituèrent une petite bande de ti-clins, que l'"on" poussa à se commettre. Terroristes? Oui, si l'on considère que toutes ces gang de rue d'aujourd'hui sont aussi des terroristes... Car cela se fait de manière ethnocentrique, ces gang ne sont pas l'ONU, et bien souvent elles se révèlent de par les diverses origines de ses membres, la politique d'intégration communautariste du fédéral les aidant en ce sens - à mon humble avis. Aussi, violence gratuite pour violence gratuite, le FLQ ne leur allait pas à la cheville!...

    Alolrs pourquoi ne lance-t-on pas l'armée et la GRC à l'assaut de ces gang de rue? Parce-que le FLQ sert trop bien le corpus politique canadien, quand ce dernier s'amuse à pousser une politique colonialiste afin de protéger un pouvoir, plutôt que d'agir en démocratie.

    Il semble que le qualificatif de "terroriste" ne se ferait accoler que lorsqu'en filigrane il s'agirait de remettre en cause un pouvoir politique en place: il n'est pas du tout tributaire de la sécurité des citoyens ni de la terreur qui leur est imposée (sinon les gang de rues on les aurait déjà zappés de la carte montréalaise), au contraire cette terreur provient trop souvent de la part des porte-voix propagandistes et les médias qui en dépendent.

    Bref, lâchez-nous avec les felquistes, et occupons-nous d'irradiquer des groupes qui font 100 fois pire que le FLQ: les gang de rue, la mafia et ces pârasites d'aujourd'hui, mais qu'attend l'armée? Mesures de guerre en la Petite Patrie, Saint-Léonard et Montréal Nord? Ridicule...
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  • Gilbert Talbot Gilbert Talbot - Abonné
    2 octobre 2010 10 h 54
    Le pont Mario Bachand
    Moi Québécois de la ville de Québec, je n'ai jamais été d'accord avec le nom du pont Pierre Laporte. Maintenant que j'apprends qu'il est mort accidentellement, me revient en souvenir toute la propagande de droite des Drapeau, Saulnier, Trudeau, Bourassa et Co pour en faire un martyr, alors que ce sont eux qui l'ont abandonné. Il faut dire aussi qu'avant son assassinat, Pierre Laporte avait perdu son auréole de dénonciateur de la corruption duplessiste qu'il avait gagné lorsqu'il était au Devoir. Devenu ministre, il a lui-même trempé dans cette corruption. je me souviens aussi qu'avant l'annonce de la mort de Pierre Laporte, Michel Chartrand avait rempli le forum de Montréal en appui au FRAP, le parti municipale qui reprenait à son compte l'orientation socialiste contenu dans le Manifeste du FLQ. La mort de Pierre Laporte, et surtout son exploitation par Jean Drapeau a servi d'abord à éreinter le PQ et tout le mouvement de gauche au Québec.

    Le véritable martyr de la cause felquiste est ce Mario Bachand victime soit des ses camarades soit de la GRC. Le saura-t-on un jour ? Chose certaine, il est mort pour sa cause, faire du Québec un pays indépendant et socialiste, les deux étant indissociables, monsieur Hubert Larocque. C'est pourquoi je me dis que finalement, on devrait peut-être changé le nom du pont Pierre Laporte, en celui de pont Mario Bachand. Lui qui a fait le pont entre le Québec et la France, mais surtout entre indépendance et socialisme.
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  • Sylvie Brodeur - Abonnée
    2 octobre 2010 11 h 39
    Ennemis du pays
    De quel pays ?
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  • Hubert Larocque - Abonné
    2 octobre 2010 14 h 32
    Innocent ou coupable, le FLQ?
    Le Chevalier Delorimier écrivait quelques heures avant sa mort: "Mon crime a été l'irréussite". L'histoire est souvent rédigée par les vainqueurs. Ceux qui écrivent au sujet du FLQ devraient prendre garde à ne pas tomber dans ce piège. Il faut vérifier sa connaissance de l'histoire, sa compréhension des mécanismes de la politique et du colonialisme, bref le drame de la condition québécoise. James Cross et Pierre Laporte ne sont pas seulement des victimes, ils représentaient sur la scène de l'histoire la puissance coloniale. Condamner sans nuance le FLQ pour le sort de ces deux personnages équivaut à légitimer la Conquête et à consentir à ses effets qui sont la violence militaire tôt renforcée, et à l'identique, par l'occupation constitutionnelle et juridique du Québec.
    Hubert Larocque
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  • Hubert Larocque - Abonné
    2 octobre 2010 15 h 08
    La place du FLQ dans la mémoire du Québec
    Comment penser et écrire à la hauteur des événements de 1970? Depuis les débuts de la Révolution tranquille, une force ascensionnelle paraissait nous conduire à l'indépendance. On en sentait l'approche dans les perceptions, les discours, les actes et un espoir fébrile, immense, irraisonné, partout palpable. Personne ne niera que les Événements d'Octobre sonnèrent le glas de cet élan et allaient nous plonger dans une morosité dont nous ne sommes pas encore sortis. Une déception profonde, un poids de petitesse s'abattirent sur le Québec. Un grand destin se fermait devant nous, peut-être pour jamais.
    Sans nous arrêter sur les causes de l’échec du FLQ, sachons au moins lui rendre justice. Aucun mouvement au Québec n’a jamais abordé avec autant de lucidité et d’énergie la question nationale. Personne n’a osé s’attaquer à la puissance avec autant de courage et d’intrépidité. Si jamais nous avons une autre jeunesse qui comprenne et reprenne la lutte pour l’indépendance, ne doutez pas que les monuments du FLQ remplaceront sur nos places publiques ceux de Wolfe et de Pierre-Elliot Trudeau.
    Hubert Larocque
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  • TRIPOD - Inscrit
    2 octobre 2010 16 h 39
    Je crois encore une fois que la GRC à voir et avec Pierre Laporte et avec Mario Bachand !
    Je crois que la GRC, par des taupes ou par de l'infiltration, savait très bien ce qui se passait et ce qui se tramait au niveau des différentes cellules du FLQ ! On aurait pu empêcher l'assassinat de Pierre Laporte, si on l'avait vraiment voulu mais, premièrement, ça faisait sans doute l'affaire des autorités politiques en place qu'il disparaisse, on le trouvait encombrant à différents niveaux et, deuxièmement, ça leur prenait sans doute un martyr pour tenter d'éteindre la flamme indépendandiste une fois pour toutes !

    Ce qui m'emmène au deuxième sujet : Mario bachand ! La réponse est dans le texte ci-haut ! Un homme et une femme avaient rencontré Bachand à Paris, vers midi, le 29 mars 1971. L'homme refuse toute interview et se montre peu loquace. La femme rencontre les journalistes Alain Saulnier et Francine Tremblay, mais elle leur confie — et la chose a été enregistrée — qu'elle est tenue par un «pacte de silence». À part des agences gouvernementales (GRC, services secrets, SQ) et la "mafia" connaissez-vous beaucoup de groupes qui lient leurs interlocuteurs ou leurs témoins par un «pacte de silence» ???
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  • Jean Rousseau - Inscrit
    2 octobre 2010 17 h 56
    L'ESSENTIELLE MATURITÉ

    La psychométrie deviendra la discipline coqueluche du présent siècle à cause de son importance primordiale. Pour transformer par exemple une situation, (ou pour la raconter), il faut d'abord la connaître à fond. Sinon, se manifestera plutôt l'effet puéril des émotions; (la stérilité et sa résultante habituelle; la violence).

    Il en découlera cette nécessite absolue de placer au pouvoir des gens qui seront suffisamment compétents pour permettre ces changements. Dans le contexte qui est le nôtre, il faudrait trouver moyens de rendre de moins en moins possible la partisannerie et la corruption. Si celles-ci demeurent la conséquence inévitable de la structure; alors cette dernière devra être visitée par notre meilleur effort.

    Les services de sécurité investiguent l'histoire et le caractère de la personne avant d'embaucher qui que ce soit. Et si nous pousserions la recherche pour parvenir à distinguer les individus qui pourront atteindre le dernier stade; celui de papillon...

    JEAN ROUSSEAU, B. Ps
    conseiller en psychologie du développement
    courriel : jeanrousseau1956@live.ca
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  • Mais...encore - Inscrit
    2 octobre 2010 19 h 44
    Matière à réflexion...

    J'aimerais savoir qui était le propriétaire de la maison de la rue Armstrong louée par le FLQ ....qui était cette personne et ses relations à cette époque ??

    Il faut aussi savoir que les terrains de tout ce secteur de Saint-Hubert appartenaient à une époque (précédant la crise d'octobre) au Ministère de la Défense du gouvernement Fédéral.

    Et si cette même personne , ou l'une de ses relations, était propriétaire d'une autre cache du FLQ...disons par exemple à Côte-des-Neiges...vous vous rappelez sans doute l'épisode du ''faux'' garde-robe....ou à Saint-Luc.

    Matière à réflexion...


    NB Ne cherchez plus la rue Armstrong...le nom a été changé
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  • Gilbert Talbot Gilbert Talbot - Abonné
    3 octobre 2010 00 h 23
    La lecture du Manifeste du FLQ
    L'an passé, sur les Plaines d'Abraham, Luck Mervil a lu le Manifeste du FLQ. Enfin on lui redonnait sa place dans l'Histoire. Qu'ont fait les fédéralistes bourgeois et libéraux ? Ils l'ont à nouveau renié, rejeté, de l'Histoire officiel du Québec. La Crise d'Octobre est encore une plaie ouverte dans notre Histoire contemporaine. Comme les Patriotes avaient été rejeté par les Élites religieuses et politiques du Temps. L'Histoire se dédouble : il y a celle des vainqueurs et celle des vaincus. Heureusement, il y a encore au Québec ceux qui se souviennent de la Lutte entre la Rose et la Fleur de Lys. La Crise d'Octobre n'en est qu'une de ses manifestations.
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  • MJ - Inscrite
    3 octobre 2010 16 h 35
    “Tout le monde en parlait”: les témoignages de Paul Rose et de Jérôme choquette, 40 ans plus tard (1)
    Quand Paul Rose décrit la ville de Jacques-Cartier dans laquelle il a grandi, avec images d’archives à l’appui, je n’ai pu m’empêcher de faire un parallèle avec les faubourgs anglais du début de l’ère industrielle et les romans misérabilistes de Charles Dickens. Quelle pauvreté extrême! Transposée en sol québécois, c’est une exploitation sans mesure de la classe ouvrière canadienne-française de l’époque, sans appui de l’État pour contrebalancer le pouvoir patronal exercé par une minorité bourgeoise anglo-saxonne, détentrice des moyens de production industrielle. Il n’existait aucune loi pour protéger les travailleurs contre les abus patronaux. Lire et relire le sociologue Marcel Rioux, “La question du Québec” et ses autres ouvrages.

    Ville limitrophe de Longueuil, comment une ville telle que Jacques-Cartier, a-t-elle pu être laissée sans infrastructure municipale, sans même un service d’incendie? L’entraide intermunicipale n’existait-elle donc pas à l’époque? C’est une époque de grande noirceur, bien avant les interventions de l’Etat-Providence de 1960. Ainsi, des disparités économiques importantes pouvaient subsister entre villes limitrophes aux dépens des citoyens les plus démunis.
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  • MJ - Inscrite
    3 octobre 2010 16 h 39
    “Tout le monde en parlait”: les témoignages de Paul Rose et de Jérôme choquette, 40 ans plus tard (2)
    Paul Rose a apporté, lors de son témoignage dans cette entrevue télévisée avec Bernard Derome, d’importants éclairages sur le contexte socio-économique de l’époque, son vécu personnel et ses motivations, de même que sur les acteurs politiques en place à l’époque. Quand le maire Jean Drapeau avait interdit toute manifestation populaire dans la Ville de Montréal au début des années 1960 (?), il privait la population de moyens de pression démocratiques pour l'expression de son mécontentement à l’égard de certaines politiques.

    Qu’a-t-on appris de plus de l’ex-Ministre de la Justice, Jérôme Choquette, 40 ans plus tard? Rien. Sinon qu’il est demeuré campé dans sa position rigide du “Law and Order”. Il ajoute qu’il n’a aucun regret de ne pas avoir cédé au chantage et de ne pas avoir négocié avec les ravisseurs la libération de Pierre Laporte, ministre du Travail de l’époque (l’abandonnant ainsi à son sort!).
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  • MJ - Inscrite
    3 octobre 2010 16 h 48
    “Tout le monde en parlait”: les témoignages de Paul Rose et de Jérôme choquette, 40 ans plus tard (3)
    Au lieu de cela, le gouvernement libéral de Bourassa, en état de panique, a fait appel au grand frère libéral fédéral, en la personne de P.-E. Trudeau, afin qu’il proclame la Loi sur les Mesures de guerre en terre québécoise.

    Ce faisant, on dramatise et on envenime le conflit en l’élargissant à la grandeur du Québec! Oppression, répression. On met toute une population en état de siège, avec des militaires canadiens armés jusqu’aux dents, on abroge les libertés civiles et les droits fondamentaux et on procède à des arrestations massives et arbitraires, sans mandat. On se serait cru dans une lointaine dictature de l’Amérique Centrale! D’ailleurs, on apprend dans cette émission que ceux qui ont été emprisonnés n’ont jamais su pourquoi (aucun chef d’accusation!). Alors qui des felquistes ou de l’Etat a commis le plus grand crime? Qui a la conscience morale et sociale la plus élevée?

    Pour terminer, j’aurais souhaité que Bernard Derome n’apporte pas comme mots de la fin à cette émission son commentaire moralisateur. J’aurais préféré qu’il laisse le soin aux téléspectateurs d’apprécier par eux-mêmes les faits ainsi que les témoignages des protagonistes.
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  • tonnerre - Inscrit
    3 octobre 2010 19 h 39
    La crise d'octobre, vue 40 ans plus tard
    Certains reprocherons de brasser cet évènement perturbant qui a eu lieu au Québec, il y a 40 ans. Ils ont tard à mon avis puisque bien des silences et des obscurités ont continué d'empêcher toute la lumiêre sur cette réalité politique qui a bien été vécue au Québec, cette fameuse crise d'octobre, et observée par les québécois qui n'ont pas eu l'information adéquate et réelle face à ces évènements puisque 40 ans plus tard des doutes et des spéculations raisonnent encore .

    Je salue le courage et la détermination de ceux qui prennent leur plume pour étendre des réfléxions sérieuses par les mots afin de jetter un peu d'éclaircissement sur ces gestes et faits politiques qui ont été posées au Québec et qui portent encore ses nombreux voilages. La liberté d'expression est une excellence source pour essayer de rattraper l'authenticité et la vérité des faits passés et non résoulus. Tant et aussi longtemps, nous aurons des journalistes courageux pour déterrer et creuser des faits portant des silences et des demi-vérités et bien c'est un excellent signe de démocratie. Dans les pays anti-démocratiques et bien on n'accueille aucunement ce genre de porteurs de mots et d'opinions qui essaient de déterrer les énigmes.

    Je suis heureuse de voir le Devoir se faire un devoir de creuser un époque politique 40 ans plus tard afin d'y voir un peu de lueur sur cette crise politique qui a secoué notre Québec et qui n'a pas laissé les québécois indifférents.

    Simplecitoyenne
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  • France Marcotte - Abonnée
    3 octobre 2010 20 h 25
    FLQ et Révolution tranquille
    "Depuis les débuts de la Révolution tranquille, une force ascensionnelle paraissait nous conduire à l'indépendance", dit monsieur Larocque. Alors je ne comprends pas. Quelle lecture faisaient donc les felquistes de la situation pour poser à ce moment ascensionnel de l'histoire du Québec leurs actions? Le Québec sortait justement par des moyens démocratiques d'une grande noirceur. Pourquoi l'action radicale du FLQ au moment ou des changements profonds se déroulaient pour le mieux?
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  • Andre Vallieres MTL - Inscrit
    6 octobre 2010 09 h 52
    40 ans plus tard et rien n'est règlé encore !
    Après 40 ans , rien de règlé,

    par la langue , les anglais ont encore le dessus,
    l'écart entre les riches et les pauvres grandit et il y a encore des travailleurs exploité à petit salaire qui crève de faim... WOW ! quel belle évolution au Québec. Je trouve ça triste de voir à quel point NOUS les Québécois nous
    sommes faible, on se laisse toujours faire , on chiâle ,ça on sais le faire, mes
    c'est tout et ça tout le monde le sais, alors ils en profite. Je crois que le FLQ
    étais une exellente chose, mais elle a été mal géré et il a été utilisé au mauvais moment et ceux qui disent que la violence c'est pas la meilleur chose
    et bien moi je crois le contraire , un enfant qui écoute pas on lui donne une petite claque aux fesses, alors le gouvernement mérite emplement un coup de pied au ....
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