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L'Entrevue - Le multiculturalisme à l'école: gare au renforcement des stéréotypes

L'approche néolibérale ne permet pas de combattre les inégalités, constate la professeure Adeela Arshad-Ayaz

La professeure Adeela Arshad-Ayaz, théoricienne critique du postcolonialisme<br />
Photo : Université Concordia
La professeure Adeela Arshad-Ayaz, théoricienne critique du postcolonialisme
Le cours d'éthique et culture religieuse a suscité nombre de débats, tant sur le contenu que sur la façon de l'enseigner. Pour Adeela Arshad-Ayaz, professeure au département des sciences de l'éducation de l'Université Concordia, à Montréal, la formation de ceux qui enseigneront à leur tour la diversité culturelle n'est pas adéquate. Pire, elle renforcerait les stéréotypes.

Il n'est pas si facile de bâtir des ponts entre individus aux multiples origines dans une perspective libérale multiculturaliste. Cela ne sert d'ailleurs rien ni personne, croit Adeela Arshad-Ayaz, professeure à Concordia et théoricienne critique du postcolonialisme. «La célébration de la diversité ne fait que renforcer les stéréotypes», conclut-elle sans équivoque. «Le cadre libéral et multiculturaliste est une version dépolitisée qui tend à préserver davantage les inégalités qu'à les détruire.»

C'est au fil de son expérience que la chercheuse en éducation s'est intéressée à la question de l'enseignement du multiculturalisme. Devant un Québec métissé qui accueille chaque année plus de 40 000 immigrants, un cours d'éthique et culture religieuse obligatoire dans toutes les écoles et une commission qui aura tôt fait de remuer les délicates questions du vivre-ensemble, la réflexion s'imposait.

Et si l'approche néolibérale n'est pas appropriée, c'est d'abord, note Mme Arshad-Ayaz, parce qu'enseigner dans une classe selon cette perspective crée une dualité des cultures, soit les «bonnes», les «civilisées», par rapport à d'autres qui sont désavantagées. Cela entraîne un désintérêt chez les étudiants de la culture majoritaire qui éprouveront de la culpabilité et développeront une certaine résistance à l'autre, voire tenteront un repli sur soi, note la chercheuse. «Lorsqu'un groupe dominant se sent coupable, le dialogue dont on a besoin dans une classe multiculturelle ne peut pas s'installer», ajoute Mme Arshad-Ayaz, qui a obtenu son doctorat en éducation internationale et comparée à l'Université McGill de Montréal.

En outre, certains étudiants du groupe minoritaire vont avoir tendance à se dissocier du portrait sans nuance que l'on dresse de leur culture et vont parfois même aller jusqu'à défendre une attitude ou une pratique inéquitable à leur endroit. La professeure donne l'exemple d'un groupe d'étudiants ukrainiens qui avaient admis qu'abandonner sa langue maternelle était une bonne chose.

Plusieurs cultures

«Quelle est la culture en Asie?» Cette question, Adeela Arshad-Ayaz l'a entendue plus d'une fois dans ses cours. «Laquelle?», se plaisait-elle à leur répondre. «Celle du Pakistan? De la Chine? De l'Indonésie? L'Asie, c'est énorme! Il n'y a pas qu'une seule culture. Rien qu'en Inde, il y a un nouveau dialecte à chaque kilomètre.» Soit.

Les études en anthropologie et en psychologie de cette Pakistanaise d'origine lui ont fait adopter une position qui prête encore au débat, à savoir qu'il n'existe pas de cultures fixes et immuables, qu'elles évoluent constamment avec les pratiques et le temps qui changent. «Dans plusieurs cours, les professeurs font encore une typologie, une liste des cultures et de leurs caractéristiques auxquelles les étudiants se réfèrent. Mais les cultures ne sont pas monolithiques et n'entrent pas facilement dans une catégorie», explique-t-elle. Une telle liste «d'ingrédients» ne donnerait qu'une seule recette pour composer avec la diversité.

Forte des conclusions d'une étude empirique qu'elle a menée après avoir enseigné dans plusieurs universités du monde, dont la London School of Economics (Grande-Bretagne), l'Université de Regina (Canada) et l'Université de Hamdard (Pakistan), Mme Arshad-Ayaz suggère plutôt une approche pédagogique qui puisse impliquer les étudiants, tant des groupes majoritaires que minoritaires. Une telle stratégie devrait d'abord définir le concept de culture et ensuite faire voir que celui-ci n'est qu'un facteur parmi d'autres (comme l'histoire, les politiques internationales, les lois environnementales, les traités et les accords).

Ainsi, les questions de justice sociale et d'égalité devraient constituer le nouveau cadre de réflexion des étudiants. «Par exemple, j'ai incorporé dans un cours sur l'interculturalisme des questions portant sur l'histoire et le néolibéralisme. Comment les politiques du FMI ou de la Banque mondiale nous affectent-elles à un niveau local? Quel impact a l'ALENA sur les Mexicains, les Canadiens?», illustre Mme Arshad-Ayaz.

L'objectif étant d'atteindre la justice pour tous et le mieux-vivre ensemble, elle croit tout indiqué d'utiliser une méthode d'enseignement qui s'intéresse aux relations de pouvoir et aux politiques institutionnelles. «D'après mon expérience avec les étudiants, c'est la seule façon de faire en sorte qu'ils s'engagent dans le débat, qu'ils fassent de réels changements dans leur vie. Il faut commencer en utilisant le modèle inversé: au lieu de commencer à parler des différences culturelles d'un point de vue micro et de générer des sentiments comme la culpabilité, mieux vaut commencer d'un point de vue macro.»

L'impossible posture laïque

Au sujet du cours d'éthique et culture religieuse, maintenant obligatoire dans toutes les écoles du Québec, Adeela Arshad-Ayaz n'a en essence qu'une chose à dire: les enseignants ne sont pas bien préparés. «Leur formation n'est peut-être pas adaptée, mais il y a aussi le fait qu'on attend beaucoup d'eux, alors qu'on ne leur donne pas les outils. Là est tout le problème», avance-t-elle pour expliquer la réticence de plusieurs à l'égard du contenu du cours et des connaissances qui sont transmises aux enfants.

En juin dernier, la Cour supérieure a accordé au Collège Loyola le droit de dispenser le cours d'éthique et culture religieuse avec une perspective catholique, ce qui a été porté en appel par le gouvernement, qui juge qu'on doit user d'une approche professionnelle laïque pour l'enseigner. Mme Arshad-Ayaz a eu plus d'une fois l'occasion de débattre de la question.

«C'est absolument impossible comme individu d'être laïque. Comme être humain, on a des préférences. On finit toujours par refléter, à travers nos actions et nos choix, nos convictions, affirme-t-elle. Au mieux, on peut exposer clairement nos préjugés et nos opinions. Mais je me demande bien où vous trouveriez une personne qui soit capable d'enseigner avec une posture "laïque". Moi, je cherche encore!»
 
 
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  • Georges Paquet - Abonné
    27 septembre 2010 05 h 29
    Je ne comprends pas... Ou peut-être que, malheureusement,je comprends trop bien
    "Il n'est pas si facile de bâtir des ponts entre individus aux multiples origines dans une perspective libérale multiculturaliste. Cela ne sert d'ailleurs rien ni personne, croit Adeela Arshad-Ayaz, ..."

    Puisque je ne comprends pas cette entrée en matière, qui, à mon avis, contient une contradiction totale, entre le début et la fin de la phrase, je n'arrive pas à saisir le message que veut hous transmettre, la personne interviewée et la journaliste.

    Pourquoi introduire cette idée que la "célébration de la diversité" amènerait les individus à dinstinguer entre les bonnes et les moins bonnes cultures. Il me semble que la célébration de la diversité mène justement à considérer toutes les cultures comme valables et égales. Et chacun a le doit de préserver sa culture et de respecter celle de l'autre. C'est pourquoi, je ne comprends pas non plus, le sens de cette phrase:"Et si l'approche néolibérale n'est pas appropriée, c'est d'abord, note Mme Arshad-Ayaz, parce qu'enseigner dans une classe selon cette perspective crée une dualité des cultures, soit les «bonnes», les «civilisées», par rapport à d'autres qui sont désavantagées."

    Si je poursuit et quw je tente quand même de comprendre, je conclurais que le message subliminal est très pernicieux. Ce serait qu'aucun professeur ne pourrait faire abstraction de ses croyances et de ses convictions pour diriger correctement des cours d'éthique et de culture religieuse.
    Vous saisissez l'astuce? Il n'y a qu'une religion qui soit "la bonne", et, pour chacun, se serait la sienne.
    Il me semblait que nous étions sortis de cette "Grande noirceur".
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  • Sylvain Deschênes - Abonné
    27 septembre 2010 06 h 04
    diversity
    Bel article inutile où on oublie de poser la question de base: comment justifier l'enseignement de la diversité culturelle en anglais (à Concordia) dans une société qui peine à fonctionner dans la langue de la majorité de ses citoyens, eux-mêmes minorité du Canada ?

    Surtout, comment peut-on identifier comme un problème la joie d'un Ukrainien de perdre sa langue et enseigner cela à des francos assimilés qui l'apprennent en anglais?

    Est-ce que ce ne serait pas justement «une version dépolitisée qui tend à préserver davantage les inégalités qu'à les détruire»?
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  • ysengrimus - Inscrit
    27 septembre 2010 07 h 06
    Immoral
    "C'est absolument impossible comme individu d'être laïque."

    Faux, malhonnête, immoral. Quand on pense que les promoteurs de ce genre de distortion mentale s'autoproclament justement exclusifs détentwurs de la "morale". L’immoralité religieuse, assez, c’est assez…

    http://ysengrimus.wordpress.com/2009/01/16/un-cri-

    Entrons dans le siècle, une bonne fois…
    Paul Laurendeau
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  • Paul Lafrance - Inscrit
    27 septembre 2010 07 h 11
    La culture
    La culture, c'est l'immobilisme. Ça va à l'encontre de l'évolution. Or, dans la nature, tout est évolutif. Se renfermer dans une culture est régressif, c'est refuser l'évolution. Quelle personne adulte peut dire qu'elle est la même personne qu'elle était lorsqu'elle était au stage de l'enfance? Seules les personnes faibles d'esprit n'évoluent pas. Et ce phénomène se transporte au niveau des peuples. Ce qu'il faut, c'est de connaître différentes cultures et d'adopter pour soi les facettes positives de ces différentes cultures, même si elles doivent modifier nos façons de vivre et de penser.
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  • Jean-Louis Ostrowski - Inscrit
    27 septembre 2010 07 h 25
    Posture laïque
    La laïcité n'est pas une "posture", c'est simplement la neutralité de l'état dans le champ des croyances. La laïcité n'étant pas un fait individuel, Mme Arshad-Ayaz risque de chercher longtemps.
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  • Rodrigue Tremblay - Inscrit
    27 septembre 2010 07 h 43
    Est-ce qu'elle parle français?
    (l'article ne le dit pas)
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  • Michele - Inscrite
    27 septembre 2010 08 h 30
    Laïcité ouverte
    Le programme d'éthique et culture religieuse s'inscrit dans un cadre de laïcité ouverte. Conséquemment, ce cours n'exige pas de l'enseignant d'être laïque mais de savoir qu'il se situe dans une perspective qui n'est pas nécessairement celle des élèves. Les objectifs du cours sont que les élèves apprennent à former une opinion raisonnée à partir de leur propre perspective. Le dialogue est l'outil pédagogique qui devrait être privilégié dans la relation enseignant-élève et dans la relation entre les élèves. Le recours au dialogue permet aux élèves de justifier leur positionnement sans avoir à adhérer à la perspective de l'autre.

    Est-ce que la formation est suffisante? Peut-être. Est-ce que l'on retrouve des spécialistes en assez grand nombre dans les écoles? J'en doute.
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  • Frederick Plamondon - Abonné
    27 septembre 2010 09 h 27
    Critiques injustes
    Il y a pas mal de commentaires qui me semble un peu durs à l'endroit de Mme Arshad-Ayaz.

    Si je comprends bien, elle défend que l'enseignement de la diversité culturelle (entendre le cours ECR), mène presque nécessairement à une ghettoïsation des cultures si cet enseignement se fonde dans une perspective locale. Autrement dit, si vous voulez faire de la diversité culturelle une valeur de société, vous devez l'asseoir sur un objectif commun et non sur un "vivre-ensemble" local qui nous mène tout droit vers "l'esprit de clocher". Or, l'objectif commun est nécessairement politique. Ainsi, l'intégration devrait commencer par se faire à l'intérieur d'un dialogue critique portant sur les institutions structurantes de notre société avec l'objectif d'éliminer le plus possible les injustices flagrantes.

    L'expérience pédagogique de Mme Arshad-Ayaz lui a montré que le fait de travailler en communauté de recherche sur des enjeux institutionnels permettait la création d'une communauté d'intérêts entre étudiants d'ethnies ou de cultures différentes.

    Je trouve ça plutôt raisonnable en fait.

    J'aurais beaucoup de questions à poser aux commentateurs (comme par exemple la pertinence de questionner si Mme Arshad-Ayaz parle français, ou bien de suggérer que la culture c'est l'immobilisme vs la nature changeante [la culture n'est pas naturelle alors?]), mais je crains que ces considérations là ne soient hors sujet. Je vais donc me contenter de les noter avec un peu d'ironie.
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  • francacadie - Inscrit
    27 septembre 2010 09 h 54
    Postures
    Québécois, mes amis, ne vous laissez pas bercer par les sirènes du multiculturalisme.
    Elles vous entraînent vers des rapides, comme des esquifs sur le haut-Saint-Laurent.
    Quant au métissage, assez joli lorsqu'il demeure à sa place minoritaire, il donne, généralisé, l'Equateur...(par exemple).
    Il faut choisir et ma foi, l'heure en est venue!
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  • Marc Tremblay - Inscrit
    27 septembre 2010 10 h 04
    Je ne suis pas le seul à le dire
    Le cours ÉCR n'aurait jamais dû voir le jour et devrait être abandonné.

    Le multiculturalisme est le fossoyeur de l'identité des peuples.
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  • MJ - Inscrite
    27 septembre 2010 10 h 35
    Le multiculturalisme - héritage de Trudeau
    Une démocratie ingouvernable!
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  • Guylaine St-Pierre - Inscrit
    27 septembre 2010 10 h 59
    Pauvres Professeurs
    J'ai énormément beaucop de symphatie pour les profs !
    Imaginé tout le bla bla et les congés et les ceci et les cela tout ça pour gérer des divisions ou lieu de nous UNIR !
    Des divisions racistes et discriminatoire ce cours de culture, il doit être abolit et nous devons UNIR les communatés et nous touts ensemble !

    Le cours est une GROSSE ERREUR !!!

    C'est pas comme ça que on va faire en sorte que nous soyons dans un vivre-ensemble, il ya trop de barrière surtout à cause des RELIGIEUX et des extrémistes qui ne veulent rien céder. Nous on donen tout et eux RIEN !
    SENS UNIQUE et cela mets en danger nos lois et nos usses et coutumes que tout immigrés doivent respecter et non l'Inverse !
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  • isisgagnongrenier - Inscrite
    27 septembre 2010 12 h 04
    Et si elle avait plutôt raison?
    J'ai de la misère, vraiment, à comprendre la pertinence de beaucoup de commentaires durs envers Mme Arshad-Ayaz.

    L'article, que j'ai trouvé très intéressant, m'a beaucoup fait réfléchir sur ma propre approche quand je tente de régler certaines contradictions sociales autour de moi, soit racistes ou sexistes.

    Il m'a fait faire un lien avec le féminisme, plutôt marginalisé aujourd'hui. Prenons une classe mixte de n'importe quelle année scolaire (primaire à universitaire), et faisons-lui un discours culturel ''laïque'' sur la situation des femmes versus celle des hommes partout dans le monde. TouTEs les étudiantEs, c'est mathématique, vont se dissocier du problème.

    On va parler des hommes et des femmes comme deux catégories distinctes, dont on ne fait pas vraiment partie, peu importe notre sexe, âge, origine. Moi, par exemple, j'ai toujours de la misère à me sentir concernée quand on parle ''des femmes'', ce groupe d'êtres humains à part. C'est une façon de me protéger, que j'ai adoptée très jeune, probablement au primaire, quand j'ai entendu parler des femmes rwandaises enceintes qui étaient violées et se faisaient arracher leurs bébés du ventre à coups de machette et étaient laissées là à mourir. Personne ne peux vivre heureuse en faisant partie de ce groupe.

    Et les hommes dans la classe, même s'ils n'ont jamais violé personne, même s'ils sont de bonnes personnes qui, grosso modo, sont égalitaires, vont sentir une culpabilité diffuse qui va les retirer du débat. Les inégalités vont perdurer; on ne saura pas en discuter profondément ni entre hommes, ni entre femmes, ni entre femmes et hommes.

    Par contre, si dans la classe, comme le propose Mme Arshad-Ayaz, si j'ai bien compris son point de vue, on posait des questions actuelles et globales sur la question, ça risquerait de partir plus de débats, et donc de discutions, et donc ça pourrait amener des gens à appliquer dans leur vie des trucs compris durant les cou
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  • Jean Rousseau - Inscrit
    27 septembre 2010 16 h 32
    LE PLAISIR DE LA DÉCOUVERTE

    "L'objectif étant d'atteindre la justice pour tous et le mieux-vivre ensemble, elle croit tout indiqué d'utiliser une méthode d'enseignement qui s'intéresse aux relations de pouvoir et aux politiques institutionnelles."

    L'approche actuelle du cours se trouve une aberration, parce que l'intention foncière consisterait à donner valeur à un ramassis de préjugés, d'habitudes souvent ignobles ou découlant de l'inconscience crasse. Par contre, d'étudier, (tel qu'un chercheur de l’arche perdue), les origines et le pourquoi, décuplerait la motivation sans l'ombre d'un doute. Et si son axe serait de décortiquer les entremêlements entre le pouvoir, la religion, l'économie; là les élèves ne tiendraient plus en place, (comme le suggère la magnifique pensée).

    Jean Rousseau, B. Ps
    chercheur; L'École des détectives
    courriel: jeanrousseau1956@live.ca
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  • Georges Paquet - Abonné
    27 septembre 2010 16 h 36
    Marc Tremblay excommunie et se prononce ex cathedra. On peut et on doit faire autrement.
    Mais puisque les débats intelligents sont alimentés par des arguments mieux fondés, je vous propose deux réflexions:
    1- M. Vaclav Havel, président de la République tchèque, déclarait en 1999, "Cette idole qu'est la souveraineté nationale doit d'ailleurs s'effacer devant un monde qui unit les gens, sans égards aux frontières nationales, grâce aux millions de liens intégrateurs tels que les échanges commerciaux et financiers, les liens de propiété et l'information. Ces liens véhiculent toutes sortes de modèles culturels et de valeurs universelles. En outre, dans ce monde-là, toute menace planant sur les uns touche immédiatement tous les autres. Nos destinées deviennent unies pour bon nombre de raisons, mais surtout à cause de l'essor de la science et de la technique. que cela nous plais ou non, nous sommes tous responsable de tout. ...L'évolution des civilisations dans leur ensemble nous font constater, petit à petit, que l'homme est plus important que l'État."

    2-En 1996, le Rapport de l'Unesco sur la Décennie mondiale du développement culturel estimait que l'approche canadienne était "un exemple à suivre pour les autres pays" .
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  • Frederick Plamondon - Abonné
    27 septembre 2010 17 h 56
    @ isisgagnongrenier
    Tout à fait en accord avec vous. Je crois aussi que c'est le nerf de l'article, c'est-à-dire de tenter d'établir un dialogue en ayant recours à des problématiques reliées à une "culture institutionnelle".

    Si ça ne vous gêne pas, je vais d'ailleurs vous voler votre exemple et l'utiliser dans mes propres classes! :)
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  • Marc Tremblay - Inscrit
    27 septembre 2010 18 h 37
    Georges Paquet
    Beaucoup d'internautes qui interviennent sur ce site donnent raison à l'auteur de l'article. Ils sont contre ce cours.

    Beaucoup de monde sont également contre ce cours.

    Pourtant vous me ciblez comme si j'étais le seul à être contre ce cours.

    Pourquoi vous me cherchez noise ? À croire que vous cherchez le trouble.

    Vos citations de Havel et de l'Unesco ne m'impressionnent pas. Car elles n'ont aucun rapport avec le sujet dont on parle.
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  • Claude Archambault - Inscrit
    27 septembre 2010 19 h 34
    @Rodrigue Tremblay
    Est-ce qu'elle parle français?
    (l'article ne le dit pas)

    Who cares?
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  • Marc L - Abonné
    27 septembre 2010 19 h 43
    Le relativisme et le cours ÉCR
    À mon avis, le problème du cours « Éthique et de culture religieuse », réside dans sa pseudo-tolérance qui n'est en fait que du relativisme moral érigé en absolu avec ce qu'il comporte d'incohérences. Incohérences dans le sens où on ne peut dire à la fois qu'une chose est bonne et, en même temps, qu'elle est mauvaise. Si un intégriste quelconque a adopté comme valeur « la soumission de la femme à son mari » et que dans le cours d'ÉCR on discute de la religion de l'intégriste en question, peut-on dire en même temps que les valeurs de cet individu sont acceptables et un peu plus tard, en parlant des valeurs des Québécois, affirmer que les femmes ont les mêmes droits que les hommes ? Évidemment non, et c'est là la faiblesse du multiculturalisme à la canadienne... et du cours ÉCR.

    Je suis d'accord avec Madame Arshad-Ayaz lorsqu'elle suggère que « ...les questions de justice sociale et d'égalité devraient constituer le nouveau cadre de réflexion des étudiants... », surtout si on ajoute à ce curriculum une portion informative concernant les principales positions religieuses et philosophiques existantes, mais de grâce, ne sombrons pas dans un relativisme insipide. Cherchons les points communs entre les différentes traditions. Nous n'avons pas à démontrer la supériorité d'une tradition sur les autres, mais nous n'avons pas non plus à prétendre que les intégrismes sont aussi valables que des religions ou des philosophies moins extrémistes et OUI, au Québec, les femmes ont autant de droits que les hommes.

    Là où mon opinion diffère de celle de Mme Arshad-Ayaz, c'est lorsqu'elle nous dit que « ...«C'est absolument impossible comme individu d'être laïque. Comme être humain, on a des préférences...) » C'est clair, chacun a ses préférences, mais je pense que l'important n'est pas de prétendre être « totalement neutre », mais plutôt d'être capable de discuter et d'aider les jeunes à formuler leurs pen
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  • Georges Paquet - Abonné
    27 septembre 2010 20 h 15
    Marc Tremblay
    Je ne vous cherche pas noise. Je ne vois pas quel trouble mes opinions pourraient m'attirer.
    J'avais pensé que vous compreniez que le titre de cet article nous invitait à réfléchir sur le multiculturalisme. Pour votre poart, vous avez écrit, ex cathedra:"Le multiculturalisme est le fossoyeur de l'identité des peuples".
    Je vous ai opposé deux citations qui démontrent un appui non équivoque au multiculturalisme et aux valeurs qu'il favorise.
    Je ne cesserai pas d'être étonné que vous ne n'ayez même pas compris cela.
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  • MJ - Inscrite
    27 septembre 2010 21 h 32
    L'objectif semble louable mais je n'ai pas très bien saisi... (1)
    D’abord ce cours obligatoire d’éthique et de culture religieuse s’adresse à des étudiants de quel niveau Il n’est pas mentionné dans cet article. Il me semble qu’étudier le rôle de divers acteurs économiques internationaux tels le FMI et la Banque Mondiale, l’incidence d’accords de libre-échange entre pays, est plutôt de niveau collégial ou universitaire. Et cela relève davantage de la science économique, de l’économie politique, du droit et de la science politique plutôt qu'à la philosophie et à l’histoire des religions et à notre tradition judéo-chrétienne.

    Par ailleurs, pour puiser dans l’actualité, je ne crois pas que le comportement d’une certaine élite politique québécoise soit un exemple d’éthique pour les étudiants en recherche d’idéal, de justice sociale et d’égalité! Il faut plutôt lire les grands textes classiques tels, “The Bill of Rights” en Angleterre, L’esprit des lois de Montesquieu, Le contrat social de Jean-Jacques Rousseau, La République de Platon (sur le fondement de nos démocraties), De la démocratie en Amérique de Tocqueville...
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  • MJ - Inscrite
    27 septembre 2010 21 h 36
    Objectif louable (suite)
    Si Mme Arshad-Ayaz rejette l’idéologie néo-libérale, quelle est l’alternative? Rien n’a fondamentalement changé dans les règles du jeu de notre système économique depuis la dernière crise bancaire.

    Si l’on revient à nos moutons, dans une classe québécoise d’aujourd’hui où se retrouve une majorité d’étudiants provenant des pays les plus divers, je n’ai pas très bien compris le contenu élastique de ce cours obligatoire d’"éthique et de culture religieuse". Si l’objectif visé est la cohabitation et l'intégration de toutes les communautés culturelles en terre québécoise, pourquoi ne pas offrir plutôt un cours sur l’histoire du Québec depuis ses origines, incluant les Autochtones? Si l'on veut intégrer toutes ces cultures, il faudrait au moins qu’elles aient connaissance de notre histoire au sens large et de notre langue française. Je verrais plutôt l’enseignement de l’histoire des religions dans un cours optionnel de culture générale. Car au Québec, l'Etat est laïc depuis la Révolution tranquille sous Jean Lesage élu en 1960.

    En fait, essayer de concilier la justice sociale et l’égalité pour tous est un objectif toujours à atteindre et jamais conquis, toujours à débattre, même pour les Québécois de souche!
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    27 septembre 2010 23 h 05
    Pertinence du cours d'éthique et de culture religieuse?
    Il y a lieu de réévaluer la pertinence du cours d'éthique et de culture religieuse pendant les six ans de primaire et les cinq ans de secondaire.

    Savez-vous combien d'heures d'enseignement seront dispensées (gaspillées?) aux élèves du primaire et du secondaire pour le cours d'éthique et culture religieuse?

    Imaginez, on va raconter des sornettes pendant ONZE (11) ANS aux enfants, en rapport avec les idiosyncrasies de quelques-unes des 40 000 religions qui sévissent sur la terre!

    On ne devrait pas parler de religion(s) aux enfants âgés de moins de 14 ans. On n'a pas le droit de laver le cerveau des enfants qui n'ont pas encore développé suffisamment leur pensée propre, leur jugement ni leur sens critique.

    L'école primaire et secondaire doit se concentrer sur autre choses que des croyances (farfelues dans la plupart des cas). Par exemple, l’école doit enseigner: la langue, les mathématiques, les sciences, l'histoire, l'éthique (c’est différent de la religion), le savoir-vivre, les habiletés artistiques, manuelles, sportives.

    L'étude de la sociologie des religions et des différents courants philosophiques pourra venir plus tard au niveau collégial ou universitaire, pour ceux qui en ressentent le besoin comme adultes. On pourrait aussi en profiter alors pour aborder d'autres croyances comme l'astrologie, la chiromancie, l'ésotérisme, et autres béquilles utilisées par ceux qui ont peine à assumer leur condition humaine en et par eux-mêmes.

    Il est incroyable de constater que l’on accorde une telle valeur aux croyances le plus souvent farfelues des quelques 40 000 religions. L’humanité n’est pas sortie du bois. L’angélisme des chartes et le gouvernement des populations par les juges y sont pour quelque chose.
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  • Marc Tremblay - Inscrit
    30 septembre 2010 16 h 12
    Le multiculturalisme a été prôné...
    ...au Canada par Trudeau et ses sbires dans le but unique de noyer la culture spécifique québécoise ainsi que ses droits collectifs.

    Le propos d'Havel ne démontre pas qu'il favorise le multiculturalisme au détriment d,une culture spécifique. Il parle des souverainetés nationales versus la transcendance internationale.

    La référence à l'Unesco est trop vague pour qu'on sache si ce machin de l'ONU fait l'éloge du multiculturalisme. De toutes façons, onze ans plus tard, cet organisme dirat-il la même chose ?
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  • Patrick Leclerc - Abonné
    30 septembre 2010 20 h 49
    @ isisgagnongrenier
    Toute a fait d'accord avec vous...
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  • Paul Lafrance - Inscrit
    25 octobre 2010 17 h 53
    Le multiculturalisme
    Encourager le multiculturalisme, c'est accepter, voire encourager le développement de cultures différentes dans notre pays. Jusque là, ça va bien. Mais quand la culture de certaines personnes , en raison de leur ethnicité ou de leur religion, attaquent de front nos coutumes, notre façon de vivre, et même nos lois, doit-on encourager son développement. Un homme tue sa fille parce qu'elle veut s'émanciper, et toute sa famille le défend et le protège.On le remet en liberté jusqu'à la date de son procès, ce qui me semble être une façon tacite d'accepter le comportement du père et de minimiser la graité deses actes, puisque la correction qui a mis fin aux jours de sa fille fait partie de son patrimoine culturel. En conclusion, le multiculturalisme doit être accepté jusqu'au moment où notre propre culture devient en danger.
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