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    Moins de 30 % des jeunes votent aux élections municipales - « Pour changer les choses, il faut s'engager »

    Le programme Électeurs en herbe oeuvre au niveau secondaire

    25 septembre 2010 |Pierre Vallée | Actualités en société
    Où sont les jeunes le jour d'un scrutin? Si plusieurs d'entre eux boudent l'isoloir, et par conséquent la politique traditionnelle, d'autres, par contre, font le saut et se lancent dans l'arène politique.

    Lors des élections municipales tenues dans l'île de Montréal en 2009, le Forum jeunesse de l'île de Montréal a dénombré 72 jeunes candidats — âgés de moins de 35 ans — dont 12 ont été élus. Steven Erdelyi, élu conseiller municipal à Côte Saint-Luc, est l'un de ceux-là.

    «Lorsque j'ai pris connaissance de ces chiffres, j'ai été surpris, mais aussi très content de savoir qu'il y avait eu autant de jeunes candidats, dit-il. Les jeunes ont beau se plaindre, mais, pour changer les choses, il faut s'engager en politique.» Et c'est ce qu'il a choisi de faire en 2005, l'année où il fut élu pour la première fois au conseil municipal de Côte- Saint-Luc, à l'âge de 30 ans.

    «J'ai toujours été très engagé dans ma communauté, même lorsque j'étais aux études. Je me suis intéressé à la politique municipale lors des défusions. C'est Andrew Housefather, aujourd'hui maire de Côte-Saint-Luc mais qui était alors conseiller municipal, qui m'a invité à me présenter aux élections de 2005.»

    Difficultés rencontrées

    Dans une étude menée auprès des 72 jeunes candidats aux élections de 2009, le Forum jeunesse de l'île de Montréal a cerné trois difficultés majeures rencontrées par les candidats: la méconnaissance de la somme de travail nécessaire en campagne électorale, le soutien du réseau et le financement de la campagne.

    Selon cette étude, un bon nombre de jeunes candidats auraient sous-estimé la somme de travail que requiert une campagne électorale. «Il faut travailler très fort, admet Steven Erdelyi. Pour ma première campagne, j'ai commencé à la mi-janvier et j'ai passé tout l'été à faire du porte-à-porte. J'ai pu le faire parce que je travaille dans le domaine scolaire et que j'ai plus de liberté en été.» Steven Erdelyi est directeur adjoint de l'école secondaire Westmount High School, le poste de conseiller municipal en étant un à temps partiel à Côte-Saint-Luc.

    Les candidats ont aussi constaté que le soutien de leur réseau n'est pas toujours acquis. Certains se font même reprocher leur saut en politique active. «Le soutien du réseau est essentiel, poursuit M. Erdelyi. J'ai été soutenu par ma famille et mes amis qui connaissaient bien le degré de mon engagement. Par exemple, je n'ai jamais été seul lors du porte-à-porte.»

    Plusieurs jeunes candidats, hormis ceux issus du milieu des affaires, ont eu de la difficulté à atteindre les objectifs de financement de leur campagne. Plusieurs ont dû investir leur propre argent. Ce fut le cas de Steven Erdelyi. «J'ai décidé d'assumer moi-même le coût de ma campagne électorale. En 2005, quelques amis m'ont aidé un peu financièrement, mais, lors de la dernière campagne, mon épouse et moi avons assumé la totalité des coûts. Cela me permet d'ail-leurs de ne pas avoir de comp-tes à rendre à personne.»

    La participation électorale des jeunes


    Une seconde étude réalisée pour le compte du Forum jeunesse de l'île de Montréal se penche sur la participation des jeunes électeurs, âgés de 19 à 31 ans, aux élections municipales de 2005 et aux élections fédérales de 2006. Il en ressort que de 20 % à 30 % des jeunes électeurs inscrits sur la liste électorale se sont prévalus de leur droit de vote aux élections municipales. La proportion grimpe à 50 % lors des élections fédérales. Des chiffres nettement en deçà de la participation électorale de la population dans son ensemble.

    Pour corriger cette situation et favoriser une plus grande participation électorale des jeunes, le Forum jeunesse de l'île de Montréal a mis en place, avec ses partenaires, le programme Électeurs en herbe. Il s'agit d'organiser, dans les écoles secondaires, des simulations d'élections. Depuis sa mise en place en 2001, plus de 150 000 élèves dans 600 écoles ont participé à ce programme. Une initiative à laquelle adhère Steven Erdelyi. «Il faut donner aux jeunes élèves l'occasion de mieux comprendre le système politique.»

    Des pistes de solution

    L'étude réalisée auprès des jeunes candidats en 2009 a aussi permis de dégager certaines pistes de solution. On y propose d'organiser des stages de précampagne électorale afin de mieux familiariser les jeunes candidats avec les rouages d'une campagne électorale. On songe aussi à mettre en place des stages politiques auprès d'élus, ce qui permettrait aux jeunes candidats de vivre une expérience concrète de la vie politique. Il est aussi question de mettre en place un système de mentorat.

    «Ce sont toutes d'excellentes idées, affirme Steven Erdelyi, et je songe moi-même à participer au programme de mentorat lors des prochaines élections municipales.» Mais, en attendant celles-ci, le jeune politicien, aujourd'hui un peu plus a-guerri, tient à donner quelques conseils aux jeunes élus pour la première fois. «Les jeunes élus n'ont pas à se conformer à la majorité. Ils ne sont pas obligés de faire comme les anciens élus. Ils ont le droit d'aller à contresens et de voter contre la majorité. De plus, ils ne doivent pas craindre de consulter les fonctionnaires et de leur expliquer quels sont leurs buts et leur vision politique et d'écouter aussi leurs doléances. Ils doivent aussi aller sur le terrain et voir comment les choses se font. Si on veut introduire une nouvelle façon de faire ou mettre en place un nouveau projet, il est important de bien connaître ce qu'il est possible de faire sur le terrain. Cela est essentiel à la réussite d'un nouveau projet.»

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    Collaboration du Devoir












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