Lettres - Naître libre...de ne pas vivre?
Je suis, à 82 ans, toujours et de plus en plus (?) disciple du Christ. Lui, on l'a supprimé. Il s'est abandonné aux puissances de mort, tandis qu'à ses pieds fleurissait l'amour-compassion, vie nouvelle que l'homme-dieu nous méritait. Puis-je refuser cette vie? Puis-je exiger qu'un autre mette un terme à mon existence? Atteint du Parkinson, je me propose de suivre mon maître jusqu'à ma dernière heure naturelle, l'ultime arrivée au port; quitte à impliquer mes proches, et à me prévaloir des ressources disponibles. J'en assume les frais par une assurance personnelle couvrant des soins prolongés. Ainsi, la facture publique éventuelle sera moins lourde.
Car le fardeau fiscal risque de faire pencher la balance en faveur de l'euthanasie. Perçus alors comme «de trop», les vieux se prévaudront du droit de mourir «dignement»; plutôt que de vivre dignement, entourés de leurs proches. Alors, les soi-disant vivants de notre société, ayant opté pour l'économie au budget de la santé, seront possiblement placés en conflit d'intérêts à cause de l'héritage escompté. Une légalisation qui incite au geste suicidaire aura précipité de nombreux départs: le saut à la mer des moutons de Panurge.
La compassion fondée sur la raison humaine diffère si radicalement de l'humanisme religieux! De tels humanismes nourrissent des idéologies qui dérapent dans le génocide, dans l'infanticide? Glissades toujours légalisées! Débats faussés au tout début: mourir dans la dignité! Quelle dignité, quelle fierté serait celle de ceux que l'on pousse vers la sortie?
***
Antonio Dupuis, Saint-Jérôme, le 16 septembre 2010
Car le fardeau fiscal risque de faire pencher la balance en faveur de l'euthanasie. Perçus alors comme «de trop», les vieux se prévaudront du droit de mourir «dignement»; plutôt que de vivre dignement, entourés de leurs proches. Alors, les soi-disant vivants de notre société, ayant opté pour l'économie au budget de la santé, seront possiblement placés en conflit d'intérêts à cause de l'héritage escompté. Une légalisation qui incite au geste suicidaire aura précipité de nombreux départs: le saut à la mer des moutons de Panurge.
La compassion fondée sur la raison humaine diffère si radicalement de l'humanisme religieux! De tels humanismes nourrissent des idéologies qui dérapent dans le génocide, dans l'infanticide? Glissades toujours légalisées! Débats faussés au tout début: mourir dans la dignité! Quelle dignité, quelle fierté serait celle de ceux que l'on pousse vers la sortie?
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Antonio Dupuis, Saint-Jérôme, le 16 septembre 2010
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