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Enfants inuits en danger - Les gouvernements savent, mais ne font rien

Le manque et le surpeuplement des logements au Nunavik représentent une menace très lourde pour le développement et le bien-être des jeunes Inuits

Collectif d'auteurs  20 septembre 2010  Actualités en société
L'actualité récente ramène à l'ordre du jour politique un dossier qui traîne depuis des années: celui du manque de logements au Nunavik. En 1997, la Commission des droits de la personne et de la jeunesse, alertée par le manque de services offerts aux enfants en besoin de protection, concluait une enquête longue de cinq ans en soulignant à gros traits que le surpeuplement des logements au Nunavik représentait une menace très lourde pour le développement et le bien-être des enfants.

Les travailleurs sociaux qui oeuvrent là-haut répètent aujourd'hui la même chose. On ne réglera rien de substantiel dans la vie des enfants inuits si les gouvernements, conformément aux obligations qui les lient par la Convention de la Baie James et du Nord québécois, ne répondent pas aux besoins pressants de ces communautés du Nord.

Santé physique

Les familles inuites vivent dans un environnement résidentiel toxique: leurs logements sont trop petits, surpeuplés, et ne répondent pas aux exigences d'une vie sédentaire qu'ils n'ont pas choisie. La littérature scientifique nous aura appris depuis déjà une bonne quinzaine d'années que le surpeuplement résidentiel a un impact important sur le développement des enfants.

Leur santé physique en est gravement affectée: ils sont notamment plus vulnérables aux infections (y compris les otites à répétition) et aux maladies pulmonaires chroniques. Sur le plan de leur bien-être psychologique, les enfants vivant dans ces conditions de surpeuplement sont plus nombreux à présenter des symptômes de détresse et des problèmes de maîtrise de leurs comportements et d'apprentissage à l'école.

Également, les tout-petits vivant entassés dans des logements exigus réussissent moins bien les tests de développement cognitif. Selon les recherches disponibles, ces retards s'expliquent par le fait que les parents ont tendance à moins interagir, donc à moins stimuler leurs jeunes enfants dans un environnement surpeuplé, afin de se protéger d'un envahissement constant.

Mauvais traitements

La densité résidentielle jouerait également un rôle important dans les mauvais traitements subis par les enfants. Plusieurs études contemporaines font état d'une corrélation très élevée entre le surpeuplement du logement et la violence physique et les violences sexuelles envers les enfants.

De fait, au moins une étude indique que le surpeuplement, lorsqu'il dépasse 1,5 personne par pièce, contribue significativement à la manifestation de mauvais traitements envers les enfants, même en tenant compte de nombreuses autres conditions de vie difficiles des familles. Le fait de devoir vivre avec des adultes autres que ses parents augmente aussi les risques que l'enfant subisse des violences physiques ou sexuelles.

Les gouvernements savent

Les gouvernements savent. Ils ne peuvent pas prétexter l'ignorance. La proportion d'enfants de moins de 17 ans dans la population est deux fois plus élevée au Nunavik que dans l'ensemble du Québec. Les gouvernements savent que les enfants inuits sont six fois plus à risque d'être signalés à la protection de la jeunesse que les autres enfants du Québec. Les gouvernements savent que les services de protection seuls n'arriveront pas à colmater les brèches et encore moins à réduire le problème. Les gouvernements savent que ce phénomène et la détresse des communautés et des familles ne cessent de s'amplifier. Ils savent également que toutes ces dérives pourraient être grandement atténuées si on répondait correctement aux besoins légitimes et urgents des familles inuites en matière de logement. Il manque 1000 logements pour les familles du Nunavik, mais, bien sûr, il y a le Colisée de Québec...

***

Ont signé ce texte: Camil Bouchard (UQAM), Delphine Collin-Vézina (Université McGill), Chantal Lavergne (Centre jeunesse de Montréal-Institut universitaire), Sonia Hélie (Centre jeunesse de Montréal-Institut universitaire), Jacinthe Dion (UQAC), Gérard Duhaime (Université Laval), Marie-Claude Larrivée (consultante), Francine Lavoie (Université Laval), Nathalie Morin (UQAM), Michel Tousignant (UQAM), André Lebon (consultant)
 
 
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  • Pierre Rousseau - Inscrit
    20 septembre 2010 10 h 51
    15 ans?
    J'ai travaillé au Nunavik dans la deuxième moitié des années 80 et on savait très bien que la surpopulation des maisons était un problème qui favorisait les mauvais traitements pour les enfants et la criminalité. Ça fait au moins 25 ans que les gouvernements le savent mais ils préfèrent fermer les yeux et laisser soit la protection de la jeunesse, soit la police, tenter de régler les problèmes... Évidemment, ça ne marche pas.

    La surpopulation des maisons n'est pas unique au Nunavik mais on trouve la même chose aussi au Nunavut et dans les Territoires du Nord-Ouest et cette situation est très bien connue aussi mais, encore là, les gouvernements ferment les yeux et laissent la situation se détériorer, avec tous les coûts sociaux et de santé que cela entraîne.

    C'est bien beau l'autonomie gouvernementale des Inuit mais s'ils n'ont pas les ressources pour faire face à ces défis et que les gouvernements continuent à contrôler les cordons de la bourse, la situation ne pourra jamais s'améliorer et ces territoires vont continuer à avoir des taux inacceptables d'enfants en danger et de crimes de violence.
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  • Tursday - Inscrit
    26 février 2011 09 h 09
    Pas de la mienne
    Au lieu de faire des recours, apprener a vos jeunes a ce protéger et une éducation ,une vrai ,du lundi au vendredi, pas après " les tradionnal activities" Je suis un tanner d'être toujours la cause de vos malheurs, prenez vos Responsablites Et aprenez donc le respect, jhabite le nunavik depuis quelques année et je n'ai jamais subit autant de raciste de toute ma vie . Si je suis ici ce n'ai surment pas parcque je suis raciste
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