Je change de commission
Avec mes excuses au commissaire Bastarache, j'abandonne sa commission. Il y a trop d'avocats et d'avocasseries pour mon bonheur dans cet étalage d'ego surdimensionnés. J'ai un tel sentiment de temps perdu que je me dis qu'il est temps de passer à autre chose. Jean Charest voulait que le dossier s'enlise, il a réussi. Même les avocats vont finir par se demander ce qu'ils font là. On y fait la démonstration qu'une machine peut tourner sur elle-même sans jamais aller nulle part, et il m'arrive de penser que c'était le but ultime de la démarche.
L'autre commission, celle qui va maintenant retenir mon attention, ne sera probablement pas diffusée à longueur de journée par les télévisions généralistes et c'est dommage. Trop triste, tout ça, pour garder les téléspectateurs devant leur petit écran pendant des heures. Pourtant, les sujets dont on va discuter, l'euthanasie et la dignité de fin de vie, sont omniprésents dans nos préoccupations et concernent tous les membres de notre société sans exception. Nous allons tous mourir un jour ou l'autre. En attendant, nous allons voir disparaître des membres de notre famille ou des amis et les accompagner de notre mieux chez des médecins trop pressés, des hôpitaux débordés, en espérant leur procurer la guérison quand elle est possible, ou une fin dans la dignité quand ils auront fait leur choix.
Je me souviens d'un temps où les médecins, qui ne sont pas connus comme les plus progressistes des citoyens, ne voulaient même pas entendre parler d'euthanasie. Ils avaient cette attitude du «Éloignez de moi ce calice» qui les protégeait d'avoir à se prononcer. On dit qu'ils ont évolué. On dit même qu'aujourd'hui, c'est une grande majorité d'entre eux qui souhaitent tenir compte de l'opinion de leurs patients souvent exprimée clairement devant eux longtemps avant que la maladie ou l'âge ait fait des ravages, ou plus tard, quand la maladie a frappé et que ce qu'il reste de vie est compté.
Ceux et celles qui sont de foi catholique s'accrochent à l'idée du ciel, lieu de toutes les délices, allant de la fréquentation des anges aux retrouvailles avec les êtres aimés qui sont partis les premiers, sous l'oeil bienveillant de leur Dieu, ce beau vieillard avec sa barbe blanche. Dans une autre religion, on promet «de jeunes vierges» à la pelletée pour consoler d'une mort précoce, on a le droit de se demander où va s'arrêter la surenchère du paradis promis. Quand on a les deux pieds sur terre, la question se pose autrement. Comment souhaitons-nous finir notre vie, celle que nous avons, la seule que nous aurons? Quelle dose de souffrance sommes-nous prêts à accepter? Comment voulons-nous fermer les yeux pour toujours?
Comment faire savoir nos dernières volontés et à qui? On le fait bien pour ce qu'on possède, ces biens matériels qu'on souhaite transmettre, le vieux collier de ma tante Alice, les photos de mariage de grand-maman, la bague de ma mère... Comment faire en sorte que ce soit aussi clair pour la fin de notre vie? Comment voulons nous rendre notre dernier souffle, où et dans quelles conditions?
Le débat ne sera pas facile. Ceux et celles qui parleront le plus fort se réclameront de Dieu comme ils le font chaque fois. Mais quoi qu'ils disent, nous savons bien que les choses doivent changer pour permettre à chaque être humain qui le souhaite de déterminer sa fin de vie et de finir son passage sur cette terre dans la dignité.
Certains ont émis l'opinion qu'il n'était pas utile de parler de ces choses-là et qu'il valait peut-être mieux laisser les décisions se prendre comme elles se prennent déjà dans bien des cas par un médecin et son patient, les yeux dans les yeux, dans une chambre d'hôpital. Il faut reconnaître que cette façon de faire favorise les «happy few» qui connaissent bien le médecin, ou qui ont eu le temps d'établir une relation de confiance avec le soignant, ou qui finissent leur vie à la maison plutôt qu'à l'hôpital. Si les choses ne sont pas claires, il y aura toujours des malades souffrants qui paieront pour le manque de franchise sur la question.
Je préfère qu'on fasse la lumière sur ce dossier plutôt que de devoir me demander si la personne âgée qui se perd en forêt s'est vraiment égarée ou si elle n'a pas choisi d'en finir avec la vie tout simplement et n'a pas trouvé d'autre moyen pour mener sa décision à terme. Notre société est si hypocrite devant la souffrance qu'il faut aller au bout de la réflexion.
L'opinion de la société a beaucoup évolué sur ces questions au cours des dernières années. Cette commission parlementaire mériterait que la télévision joue son rôle et suive cette commission qui a l'appui de la majorité de la population. Elle doit servir à nous ouvrir les yeux avant de les fermer pour toujours.
L'autre commission, celle qui va maintenant retenir mon attention, ne sera probablement pas diffusée à longueur de journée par les télévisions généralistes et c'est dommage. Trop triste, tout ça, pour garder les téléspectateurs devant leur petit écran pendant des heures. Pourtant, les sujets dont on va discuter, l'euthanasie et la dignité de fin de vie, sont omniprésents dans nos préoccupations et concernent tous les membres de notre société sans exception. Nous allons tous mourir un jour ou l'autre. En attendant, nous allons voir disparaître des membres de notre famille ou des amis et les accompagner de notre mieux chez des médecins trop pressés, des hôpitaux débordés, en espérant leur procurer la guérison quand elle est possible, ou une fin dans la dignité quand ils auront fait leur choix.
Je me souviens d'un temps où les médecins, qui ne sont pas connus comme les plus progressistes des citoyens, ne voulaient même pas entendre parler d'euthanasie. Ils avaient cette attitude du «Éloignez de moi ce calice» qui les protégeait d'avoir à se prononcer. On dit qu'ils ont évolué. On dit même qu'aujourd'hui, c'est une grande majorité d'entre eux qui souhaitent tenir compte de l'opinion de leurs patients souvent exprimée clairement devant eux longtemps avant que la maladie ou l'âge ait fait des ravages, ou plus tard, quand la maladie a frappé et que ce qu'il reste de vie est compté.
Ceux et celles qui sont de foi catholique s'accrochent à l'idée du ciel, lieu de toutes les délices, allant de la fréquentation des anges aux retrouvailles avec les êtres aimés qui sont partis les premiers, sous l'oeil bienveillant de leur Dieu, ce beau vieillard avec sa barbe blanche. Dans une autre religion, on promet «de jeunes vierges» à la pelletée pour consoler d'une mort précoce, on a le droit de se demander où va s'arrêter la surenchère du paradis promis. Quand on a les deux pieds sur terre, la question se pose autrement. Comment souhaitons-nous finir notre vie, celle que nous avons, la seule que nous aurons? Quelle dose de souffrance sommes-nous prêts à accepter? Comment voulons-nous fermer les yeux pour toujours?
Comment faire savoir nos dernières volontés et à qui? On le fait bien pour ce qu'on possède, ces biens matériels qu'on souhaite transmettre, le vieux collier de ma tante Alice, les photos de mariage de grand-maman, la bague de ma mère... Comment faire en sorte que ce soit aussi clair pour la fin de notre vie? Comment voulons nous rendre notre dernier souffle, où et dans quelles conditions?
Le débat ne sera pas facile. Ceux et celles qui parleront le plus fort se réclameront de Dieu comme ils le font chaque fois. Mais quoi qu'ils disent, nous savons bien que les choses doivent changer pour permettre à chaque être humain qui le souhaite de déterminer sa fin de vie et de finir son passage sur cette terre dans la dignité.
Certains ont émis l'opinion qu'il n'était pas utile de parler de ces choses-là et qu'il valait peut-être mieux laisser les décisions se prendre comme elles se prennent déjà dans bien des cas par un médecin et son patient, les yeux dans les yeux, dans une chambre d'hôpital. Il faut reconnaître que cette façon de faire favorise les «happy few» qui connaissent bien le médecin, ou qui ont eu le temps d'établir une relation de confiance avec le soignant, ou qui finissent leur vie à la maison plutôt qu'à l'hôpital. Si les choses ne sont pas claires, il y aura toujours des malades souffrants qui paieront pour le manque de franchise sur la question.
Je préfère qu'on fasse la lumière sur ce dossier plutôt que de devoir me demander si la personne âgée qui se perd en forêt s'est vraiment égarée ou si elle n'a pas choisi d'en finir avec la vie tout simplement et n'a pas trouvé d'autre moyen pour mener sa décision à terme. Notre société est si hypocrite devant la souffrance qu'il faut aller au bout de la réflexion.
L'opinion de la société a beaucoup évolué sur ces questions au cours des dernières années. Cette commission parlementaire mériterait que la télévision joue son rôle et suive cette commission qui a l'appui de la majorité de la population. Elle doit servir à nous ouvrir les yeux avant de les fermer pour toujours.
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