À la Folie – Pachas de ruelle
Les chats perdus trouvent refuge chez des sauveurs dévoués
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
Dès qu’une personne s’infiltre dans le salon d’adoption, le curieux Mika en profite pour faire le plein d’affection.
À retenir
Si c'est dans ma rue — surnommée le Bronx de Rosemont — que les drogués font la loi, le côté ruelle appartient plutôt aux chats. Ils se reproduisent comme des lapins et se battent, généralement vers 4h43 du matin, afin de protéger leur bout de balcon. Une voisine au coeur tendre leur a même construit une cabane en carton doublée d'isolant. Parfois, un matou chanceux éventre une poubelle et en sort un immense t-bone saignant.
Mais ailleurs dans ce quartier, les 290 chats du refuge Réseau secours animal, eux, ne courent pas après les éboueurs les lundis et jeudis. Des bénévoles leur versent de la moulée et même du manger mou dans de larges gamelles matin et soir. Tout ça au deuxième étage de cet immeuble anonyme. C'est le plus grand refuge montréalais pour félins à embrasser la philosophie «sans euthanasie».
L'établissement, qui ressemble à un grand entrepôt, a été divisé en petites pièces il y a dix ans par une équipe d'architectes volontaires de l'Université Concordia. Son adresse est tenue secrète pour préserver la sécurité des chats et éviter d'ajouter une dose de stress à sa fondatrice, qui tient à eux comme à la prunelle de ses yeux. À l'intérieur de ses murs, chaque chat transite quelques jours à la salle d'accueil lors de leur arrivée avant de retrouver les siens dans une pièce désignée.
C'est la bénévole Marie-Hélène Vaillancourt, jeune femme oeuvrant depuis deux ans auprès de l'organisme à but non lucratif, qui m'escorte dans les dédales de l'édifice. Dès l'entrée, il règne dans les couloirs une étrange harmonie.
Étrange parce que, dans ma tête, 300 chats, ça fait du bruit. Je m'attendais à être accueillie par une cacophonie de miaulements et une pagaille digne des pires ruelles.
Bien non. Rien, sauf le ronron de la ventilation et celui de cages empilées qu'un chat écaille de tortue renverse sur le plancher. «On leur met la radio d'habitude; ils aiment beaucoup Radio-Canada», avoue Marie-Hélène en riant.
Privés ce jour-là de Maisonneuve en direct, les matous n'en sont pas moins peinards. Tous baptisés et médaillés, certains logent dans des cages séparées par de vieilles pancartes électorales, mais la plupart vivent librement dans leurs quartiers. Ils dorment comme des pachas, blottis sur des couvertures couleur pastel. Certains se baladent dans le corridor, d'autres s'assoupissent sur les sacs de litière empilés. De petits voyous pilleurs de sacs à ordures, vous dites?
Une deuxième, sixième, huitième vie
«Tous les chats ici ont déjà été abandonnés dans leur vie, que ce soit parce que leur propriétaire est décédé, parce qu'ils traînaient dans la rue ou parce qu'ils ne "fittaient" plus avec la couleur des murs», me raconte Marie-Hélène. Ici, ils sont soignés, vaccinés, stérilisés, et caressés. Et surtout, surtout, ils ne sont pas euthanasiés. «À moins qu'ils ne soient vraiment malades et qu'il n'y ait vraiment plus rien à faire pour les sauver», précise Barbara Lisbona, que l'on croise à mi-chemin entre la cuisine bondée — de chats — et l'infirmerie.
La dame a fondé Réseau secours animal il y a 17 ans, après quelques mois de bénévolat à la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux. Elle est partie tout juste après qu'ils eurent repris le collet de l'euthanasie. À cette vaine méthode pour contenir la population de chats errants en constante expansion à Montréal, elle préfère de loin la stérilisation, la prévention et l'éducation populaire. Sur cette base, elle a fondé son premier refuge dans un appartement avec 45 chats condamnés de la SPCA, avant d'emménager dans Rosemont.
«J'ai toujours eu de la compassion pour les êtres qui n'ont pas de voix. C'est important et c'est une tradition de ma famille d'aider les autres», explique la travailleuse sociale de profession, qui s'est longtemps occupée des enfants le jour et des animaux la nuit. Après toutes ces années, jamais elle n'aurait pensé que son refuge prendrait l'ampleur qu'il a aujourd'hui.
Milo, Philo, Vanille et les autres
«Tu vois ce petit noir? Il a la teigne, alors on le soigne en attendant ses autres résultats de tests pour la leucémie féline et le sida [virus de l'immunodéficience féline]», indique Marie-Hélène en parlant du nouvel arrivant poilu de la salle d'accueil. Comme tous les chats qui arrivent au refuge, il sera examiné. Avec de la chance, un bénévole responsable des soins de santé pourra coller sur sa cage un papier jaune indiquant «Testé négatif, youpi!».
À l'inverse, si ce n'est pas youpi, le chat coulera plutôt des jours heureux avec Emma-Bee et Yoda, qui partagent des pièces désignées aux chats porteurs de ces maladies infectieuses. S'ils ont l'air malheureux? Pantoute. Le paradis des chats éclopés n'est pas au ciel, mais entre les mains des 116 bénévoles qui sont à leur chevet. Même que ça donne envie d'avoir nous aussi huit nouvelles vies.
Cette visite du refuge — fermé au public — permet d'ailleurs de constater toute l'organisation et le dévouement des volontaires. Deux fois par jour, les lourds bacs à litière sont vidés, récurés, désinfectés, tantôt par de jeunes filles, tantôt par des retraitées, qu'un Milo noir et blanc taquine d'un coup de patte, juché sur son étagère. L'équipe compte même des personnes allergiques aux animaux. On épargne à ces amoureux des chats l'entretien des petites bêtes, les reléguant plutôt aux tâches administratives, comme la gestion du site Internet de l'organisme. Un site hyper complet rempli des histoires de ses protégés, réparties dans des fiches personnalisées et illustrées pour en faciliter l'adoption.
Mais le refuge ne laisse pas aller ses chats entre les mains du premier venu, halte-là! Celui qui désire, pour 130 $, sauver la belle Raja, une craquante tabby qui m'a prise par l'épaule comme si j'étais sa meilleure amie, ou le populaire Mika, ronronneur de charme et vedette du refuge, devra montrer patte — très —blanche.
Car l'interrogatoire que subira le futur maître est béton, et sa vie sera passée au crible par les responsables, une procédure qu'ils qualifient d'essentielle afin que l'animal ne se retrouve pas de nouveau dans la rue. Les préposés qui ont le plus d'ancienneté connaissent si bien leurs pensionnaires qu'ils jouent aux entremetteurs pour s'assurer du match parfait entre les élus; et ils assurent même le suivi après leur départ du refuge. S'il n'y a jamais plus de 300 chats au local, étonnamment, la porte reste ouverte aux chats que Réseau secours animal a hébergés. Le refuge les recueille si la chimie n'opère pas ou si un propriétaire tombe malade. «Ils sont toujours chez eux ici, même dix ans après leur départ», dit Barbara Lisbona.
«Je veux surtout que les chats soient considérés comme des êtres vivants, et non comme des objets qu'on achète et dont on se débarrasse quand ça devient trop d'investissement, insiste la fondatrice, alors que l'un de ses protégés plante ses griffes dans son pantalon en lin. Il faut être éduqué et conscient quand on a un animal de compagnie. C'est un engagement qui va au-delà de simplement fournir de l'eau et de la nourriture. Des animaux, ça tombe malade et il faut veiller sur eux, comme on entretient une voiture ou une maison. L'acquisition d'un chat n'est surtout pas un achat. C'est une adoption.»
Dans le salon d'adoption, justement, une quarantaine de boules de poils avachies un peu partout attendent depuis quelques mois, ou depuis quelques années pour certains, qu'on vienne les cueillir.
En fait, ils n'attendent pas vraiment.
Ils boivent, dorment, mangent. Mika quête une caresse, Vanille se roule sur le sol de béton. Une boule noire curieuse ne quitte pas des yeux la bénévole qui époussette sa housse. Par la fenêtre grillagée, un matou tigré observe ce qui se trame du côté de la ruelle avant de sauter dans la litière immaculée qu'une jeune volontaire vient de nettoyer.
Ne manque que la radio, quoi.
***
Chaque semaine, Réseau secours animal sort quelques-uns de ses pensionnaires lors des cliniques d'adoption affichées sur leur site Web. Ce samedi, c'est chez Mondou à Côte-Saint-Luc que les chats feront les beaux. Réseau secours animal
***
Entre les murs du refuge
C'est grâce à des dons de 2000 $ par mois que Réseau secours animal orchestre les soins de sa ménagerie de 300 chats, sans compter les poches de nourriture et de litière qui lui sont offertes par des compagnies. Ce montant est réparti entre les stérilisations des chats, obtenues au rabais dans certaines cliniques vétérinaires, les pilules et les injections pour le chat diabétique et ceux qui ont des problèmes de reins, entre autres, ainsi que pour la maintenance du local. Évidemment, ce n'est pas suffisant pour subvenir à tous les besoins. Le refuge manque de ressources, tout comme de foyers temporaires pour les chatons. En fait, il manque de tout.
La centaine de volontaires, toutes nationalités et tous âges confondus, des femmes pour la plupart, s'occupent des lieux. «Bien souvent les bénévoles donnent beaucoup plus que leur temps au refuge», mentionne Marie-Hélène Vaillancourt. Ils n'hésitent pas à se cotiser, par exemple, lorsque la laveuse bouchée par les boules de poils rend les armes entre deux brassées de draps contours sur lesquels se prélassent les chats.
Tous les coups de pouce sont les bienvenus et ceux qui ne peuvent donner de leur temps offrent des coussins, des bacs de litière, et parfois de vieux climatiseurs, pour garder les pensionnaires au frais pendant les chaleurs de l'été.
Suzie, une élégante dame de 62 ans rencontrée au refuge, marraine deux chats qu'elle a trouvés dans la rue. Elle les a fait stériliser avant de les laisser à l'organisme. Dans trois mois, elle recevra des nouvelles et une photo d'eux, un peu comme Vision mondiale permet de parrainer des enfants. «Je suis une amoureuse des chats, mais j'en ai déjà cinq à la maison; c'est le mieux que je pouvais faire pour eux», m'avoue-t-elle avant de repartir.
Marie-Hélène en héberge autant, et sa dévotion, qui relève du délire pour certains, est normale pour ses proches. «Depuis que je suis toute petite que les animaux sont au centre de mes préoccupations. C'est naturel pour moi d'être ici et de m'occuper de ces chats qui en ont besoin. Je ne me vois pas cesser de m'impliquer pour eux», dit-elle.
***
Ce mois d'À la folie vous a été offert grâce aux vacances de Josée Blanchette, qui revient avec son Zeitgeist vendredi prochain. Au plaisir!
Mais ailleurs dans ce quartier, les 290 chats du refuge Réseau secours animal, eux, ne courent pas après les éboueurs les lundis et jeudis. Des bénévoles leur versent de la moulée et même du manger mou dans de larges gamelles matin et soir. Tout ça au deuxième étage de cet immeuble anonyme. C'est le plus grand refuge montréalais pour félins à embrasser la philosophie «sans euthanasie».
L'établissement, qui ressemble à un grand entrepôt, a été divisé en petites pièces il y a dix ans par une équipe d'architectes volontaires de l'Université Concordia. Son adresse est tenue secrète pour préserver la sécurité des chats et éviter d'ajouter une dose de stress à sa fondatrice, qui tient à eux comme à la prunelle de ses yeux. À l'intérieur de ses murs, chaque chat transite quelques jours à la salle d'accueil lors de leur arrivée avant de retrouver les siens dans une pièce désignée.
C'est la bénévole Marie-Hélène Vaillancourt, jeune femme oeuvrant depuis deux ans auprès de l'organisme à but non lucratif, qui m'escorte dans les dédales de l'édifice. Dès l'entrée, il règne dans les couloirs une étrange harmonie.
Étrange parce que, dans ma tête, 300 chats, ça fait du bruit. Je m'attendais à être accueillie par une cacophonie de miaulements et une pagaille digne des pires ruelles.
Bien non. Rien, sauf le ronron de la ventilation et celui de cages empilées qu'un chat écaille de tortue renverse sur le plancher. «On leur met la radio d'habitude; ils aiment beaucoup Radio-Canada», avoue Marie-Hélène en riant.
Privés ce jour-là de Maisonneuve en direct, les matous n'en sont pas moins peinards. Tous baptisés et médaillés, certains logent dans des cages séparées par de vieilles pancartes électorales, mais la plupart vivent librement dans leurs quartiers. Ils dorment comme des pachas, blottis sur des couvertures couleur pastel. Certains se baladent dans le corridor, d'autres s'assoupissent sur les sacs de litière empilés. De petits voyous pilleurs de sacs à ordures, vous dites?
Une deuxième, sixième, huitième vie
«Tous les chats ici ont déjà été abandonnés dans leur vie, que ce soit parce que leur propriétaire est décédé, parce qu'ils traînaient dans la rue ou parce qu'ils ne "fittaient" plus avec la couleur des murs», me raconte Marie-Hélène. Ici, ils sont soignés, vaccinés, stérilisés, et caressés. Et surtout, surtout, ils ne sont pas euthanasiés. «À moins qu'ils ne soient vraiment malades et qu'il n'y ait vraiment plus rien à faire pour les sauver», précise Barbara Lisbona, que l'on croise à mi-chemin entre la cuisine bondée — de chats — et l'infirmerie.
La dame a fondé Réseau secours animal il y a 17 ans, après quelques mois de bénévolat à la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux. Elle est partie tout juste après qu'ils eurent repris le collet de l'euthanasie. À cette vaine méthode pour contenir la population de chats errants en constante expansion à Montréal, elle préfère de loin la stérilisation, la prévention et l'éducation populaire. Sur cette base, elle a fondé son premier refuge dans un appartement avec 45 chats condamnés de la SPCA, avant d'emménager dans Rosemont.
«J'ai toujours eu de la compassion pour les êtres qui n'ont pas de voix. C'est important et c'est une tradition de ma famille d'aider les autres», explique la travailleuse sociale de profession, qui s'est longtemps occupée des enfants le jour et des animaux la nuit. Après toutes ces années, jamais elle n'aurait pensé que son refuge prendrait l'ampleur qu'il a aujourd'hui.
Milo, Philo, Vanille et les autres
«Tu vois ce petit noir? Il a la teigne, alors on le soigne en attendant ses autres résultats de tests pour la leucémie féline et le sida [virus de l'immunodéficience féline]», indique Marie-Hélène en parlant du nouvel arrivant poilu de la salle d'accueil. Comme tous les chats qui arrivent au refuge, il sera examiné. Avec de la chance, un bénévole responsable des soins de santé pourra coller sur sa cage un papier jaune indiquant «Testé négatif, youpi!».
À l'inverse, si ce n'est pas youpi, le chat coulera plutôt des jours heureux avec Emma-Bee et Yoda, qui partagent des pièces désignées aux chats porteurs de ces maladies infectieuses. S'ils ont l'air malheureux? Pantoute. Le paradis des chats éclopés n'est pas au ciel, mais entre les mains des 116 bénévoles qui sont à leur chevet. Même que ça donne envie d'avoir nous aussi huit nouvelles vies.
Cette visite du refuge — fermé au public — permet d'ailleurs de constater toute l'organisation et le dévouement des volontaires. Deux fois par jour, les lourds bacs à litière sont vidés, récurés, désinfectés, tantôt par de jeunes filles, tantôt par des retraitées, qu'un Milo noir et blanc taquine d'un coup de patte, juché sur son étagère. L'équipe compte même des personnes allergiques aux animaux. On épargne à ces amoureux des chats l'entretien des petites bêtes, les reléguant plutôt aux tâches administratives, comme la gestion du site Internet de l'organisme. Un site hyper complet rempli des histoires de ses protégés, réparties dans des fiches personnalisées et illustrées pour en faciliter l'adoption.
Mais le refuge ne laisse pas aller ses chats entre les mains du premier venu, halte-là! Celui qui désire, pour 130 $, sauver la belle Raja, une craquante tabby qui m'a prise par l'épaule comme si j'étais sa meilleure amie, ou le populaire Mika, ronronneur de charme et vedette du refuge, devra montrer patte — très —blanche.
Car l'interrogatoire que subira le futur maître est béton, et sa vie sera passée au crible par les responsables, une procédure qu'ils qualifient d'essentielle afin que l'animal ne se retrouve pas de nouveau dans la rue. Les préposés qui ont le plus d'ancienneté connaissent si bien leurs pensionnaires qu'ils jouent aux entremetteurs pour s'assurer du match parfait entre les élus; et ils assurent même le suivi après leur départ du refuge. S'il n'y a jamais plus de 300 chats au local, étonnamment, la porte reste ouverte aux chats que Réseau secours animal a hébergés. Le refuge les recueille si la chimie n'opère pas ou si un propriétaire tombe malade. «Ils sont toujours chez eux ici, même dix ans après leur départ», dit Barbara Lisbona.
«Je veux surtout que les chats soient considérés comme des êtres vivants, et non comme des objets qu'on achète et dont on se débarrasse quand ça devient trop d'investissement, insiste la fondatrice, alors que l'un de ses protégés plante ses griffes dans son pantalon en lin. Il faut être éduqué et conscient quand on a un animal de compagnie. C'est un engagement qui va au-delà de simplement fournir de l'eau et de la nourriture. Des animaux, ça tombe malade et il faut veiller sur eux, comme on entretient une voiture ou une maison. L'acquisition d'un chat n'est surtout pas un achat. C'est une adoption.»
Dans le salon d'adoption, justement, une quarantaine de boules de poils avachies un peu partout attendent depuis quelques mois, ou depuis quelques années pour certains, qu'on vienne les cueillir.
En fait, ils n'attendent pas vraiment.
Ils boivent, dorment, mangent. Mika quête une caresse, Vanille se roule sur le sol de béton. Une boule noire curieuse ne quitte pas des yeux la bénévole qui époussette sa housse. Par la fenêtre grillagée, un matou tigré observe ce qui se trame du côté de la ruelle avant de sauter dans la litière immaculée qu'une jeune volontaire vient de nettoyer.
Ne manque que la radio, quoi.
***
Chaque semaine, Réseau secours animal sort quelques-uns de ses pensionnaires lors des cliniques d'adoption affichées sur leur site Web. Ce samedi, c'est chez Mondou à Côte-Saint-Luc que les chats feront les beaux. Réseau secours animal
***
Entre les murs du refuge
C'est grâce à des dons de 2000 $ par mois que Réseau secours animal orchestre les soins de sa ménagerie de 300 chats, sans compter les poches de nourriture et de litière qui lui sont offertes par des compagnies. Ce montant est réparti entre les stérilisations des chats, obtenues au rabais dans certaines cliniques vétérinaires, les pilules et les injections pour le chat diabétique et ceux qui ont des problèmes de reins, entre autres, ainsi que pour la maintenance du local. Évidemment, ce n'est pas suffisant pour subvenir à tous les besoins. Le refuge manque de ressources, tout comme de foyers temporaires pour les chatons. En fait, il manque de tout.
La centaine de volontaires, toutes nationalités et tous âges confondus, des femmes pour la plupart, s'occupent des lieux. «Bien souvent les bénévoles donnent beaucoup plus que leur temps au refuge», mentionne Marie-Hélène Vaillancourt. Ils n'hésitent pas à se cotiser, par exemple, lorsque la laveuse bouchée par les boules de poils rend les armes entre deux brassées de draps contours sur lesquels se prélassent les chats.
Tous les coups de pouce sont les bienvenus et ceux qui ne peuvent donner de leur temps offrent des coussins, des bacs de litière, et parfois de vieux climatiseurs, pour garder les pensionnaires au frais pendant les chaleurs de l'été.
Suzie, une élégante dame de 62 ans rencontrée au refuge, marraine deux chats qu'elle a trouvés dans la rue. Elle les a fait stériliser avant de les laisser à l'organisme. Dans trois mois, elle recevra des nouvelles et une photo d'eux, un peu comme Vision mondiale permet de parrainer des enfants. «Je suis une amoureuse des chats, mais j'en ai déjà cinq à la maison; c'est le mieux que je pouvais faire pour eux», m'avoue-t-elle avant de repartir.
Marie-Hélène en héberge autant, et sa dévotion, qui relève du délire pour certains, est normale pour ses proches. «Depuis que je suis toute petite que les animaux sont au centre de mes préoccupations. C'est naturel pour moi d'être ici et de m'occuper de ces chats qui en ont besoin. Je ne me vois pas cesser de m'impliquer pour eux», dit-elle.
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Ce mois d'À la folie vous a été offert grâce aux vacances de Josée Blanchette, qui revient avec son Zeitgeist vendredi prochain. Au plaisir!
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