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L'église des pauvres

Cela ne se passe pas dans un quartier touristique de Paris, mais dans un arrondissement périphérique où les étrangers mettent rarement les pieds. Là où j'habite à Paris, le long d'une petite allée réservée aux résidants sont alignés une vingtaine d'ateliers traditionnels en forme de trapèze, au toit incliné et à la façade vitrée. Ces constructions en bois datent à peine du début du siècle dernier. Pendant des décennies, on y a fabriqué des pièces de métal. Puis, ils furent abandonnés dans les années 60 et 70. Il fallut attendre les années 80 pour qu'on songe à convertir ceux qui n'avaient pas été détruits en habitations et en bureaux.
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  • Carole Poirier
    Abonné
    vendredi 23 juillet 2010 08h35
    Hochelaga-Maisonneuve mérite mieux que ça !
    Merci Monsieur Rioux de votre article, les citoyens fiers de notre quartier mérite beaucoup plus que l'inaction de la ministre de la Culture. Son indifférence è la beauté de l'église Saint-Nom-de-Jésus et de ses orgues sont une insulte à la valeur de notre patrimoine collectif religieux. Notre comité de sauvegarde de l'église SNJ poursuit ses travaux et nous serons en mesure d'ici 1 ou 2 mois de faire une proposition qui emballera et surtout qui permettra à tous ceux qui croient au patrimoine de s'associer à nous pour faire vivre ce bâtiment que l'on dit d'un "patrimoine historique exceptionnel" et non de chat de ruelle. Carole Poirier Députée Hochelaga-Maisonneuve

  • jean-claude Vincent
    Abonné
    vendredi 23 juillet 2010 08h54
    Il était une fois des gens heureux...
    Merci monsieur le journaliste pour cette belle évocation d'un quartier où j'ai passé mon enfance. Des ruelles pleines d'enfants aux églises du dimanche c'est tout une époque que vous évoquez. On dirait que c'est à des années lumières, pourtant les années soixantes ne sont pas si loin. Un temps où toute la famille vivaient dans le même quartier,où il suffisait de marcher une rue ou deux pour aller chez nos cousins ou grands-parents.
    Ca me fait oenser à la si belle chanson du film "Les Plouffes".
    Ah la nostalgie !

  • France Marcotte
    Abonnée
    vendredi 23 juillet 2010 10h34
    Et même non fréquentée, l'église reste un symbole de fierté
    Plusieurs avaient parlé de sauvegarder cette église comme d'un objet précieux mais personne à ma connaissance n'en a parlé comme d'un joyau dans son écrin. C'est vrai que l'histoire de ce quartier est méconnue et vous la réveillez. Vous m'apprenez que dans des quartiers comme celui-là, les Canadiens français qui quittaient leurs terres avaient inventé une façon unique de vivre en ville, avec ses cours arrière aux maisons et l'accès direct à la rue évoquant les seigneuries avec "accès direct au fleuve et une terre en bois debout en amont". C'est aussi ce passé que des technocrates ignorants n'hésiteraient pas à gommer. Quand on en parle, on dit le plus souvent d'HM qu'il est pauvre mais pour l'avoir habité, je sais qu'il est encore et surtout chaleureux pour tous, jusque dans les rues.

  • Gilles Théberge
    Abonné
    vendredi 23 juillet 2010 11h05
    La désinvolture
    Elle ne date pas d'hier la désinvolture. Rappelons-nous ce que les bureaucrates avaient fait au début des années soixantes, en forçant des milliers de gens du Bas St-Laurent à couper leurs racines quitter leur campagne et se masser dans les villes où plusieur en moururent de chagrin.

    Quant on est capable d'une telle désinvolture en traitant le monde comme du bétail, qui s'étonnera de voir comment on traite leur patrimoine? Sans doute que pour ces «décideurs» dont l'ineffable Christine, ce n'est sans doute qu'un objet. Sans plus...

  • Genevieve Dalpe
    Abonné
    vendredi 23 juillet 2010 11h06
    Bravo!
    Superbe texte qui nous rappelle que de petite gens peuvent construire de grandes oeuvres!
    Merci M. Rioux. Je suis touché!

  • Luc Lussier
    Abonné
    vendredi 23 juillet 2010 12h22
    Mme la Députée
    Mme la Députée, je suis content de voir que vous cherchez à préserver ce patrimoine dans votre quartier/comté...Ça ne ramènera pas La Joute de Riopelle, un patrimoine que votre prédécesseure a laissé filer avec indifférence voire avec un coup de pouce alors que son/votre parti était au pouvoir...Voir et lire Les folles vies de La Joute de Riopelle de Jacques Keable

  • Jacques Lalonde
    Abonné
    vendredi 23 juillet 2010 14h04
    Et maintenant qu'allons-nous faire ?
    Monsieur Rioux, vous venez de nous offrir un texte que j'imprime pour le conserver dans mes archives. Dans ce texte tellement respectueux et évocateur des richesses d'un quartier qu'on aurait tendance à sous-estimer, vous avez l'art de faire revivre le quartier Hochelaga-Maisonneuve et vous profitez aussi de l'occasion pour apporter de l'eau au moulin de la contestation totalement justifiée qui s'est élevée autour de l'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus et de la vente scandaleuse qu'on se prépare à conclure pour ce monument de l'art qu'est son orgue Casavant.

    Je ne comprends tout simplement pas l'apparente indifférence de la ministre de la culture Saint-Pierre dans ce dossier éminemment important. Elle doit agir sans quoi on lui reprochera toujours son inaction et d'avoir sacrifié un tel monument de notre culture.

    Pour ma part, je souhaiterais une action populaire de sauvetage que pourraient lancer et appuyer des personnalités d'envergure nationale comme Guy Laliberté, les présidents Péladeau de Québécor ou Chagnon de Vidéotron, Jean Coutu et ses rentreprises, et pourquoi pas les Desmarais et enfin le cardinal Turcotte. On pourrait faire appel au peuple du Québec pour pallier à l'indifférence scandaleuse de nos gouvernements.

    IL faut se rallier et SAUVER L'ORGUE CASAVANT, ce joyau de notre culture !

    Jacques Lalonde
    Gatineau
    jlalonde@ca.inter.net

  • Alice Mascarenhas
    Abonné
    vendredi 23 juillet 2010 14h15
    félicitations, et criez plus fort
    Félicitations pour ce brillant article dans lequel il n'y a rien à ajouter, rien à retrancher ni rien à remplacer, si ce n'est le mot 'atermoiement' par le mot 'apitoiement'.

    Mais je me demande : au-delà de l'expression de la révolte, que peut-on faire de concret? Si une action est proposée, j'en suis !

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 23 juillet 2010 15h57
    Pauvreté et fierté
    De 1956 à 1962, dernière année où la Commission des écoles catholiques de Montréal m'a congédié pour rébellion pédagogique, j'ai enseigné à l'école Saint-Nom-de-Jésus (garçons) à un groupe de sixième année et cinq de septième année, l'année du certificat disait-on alors. (Seulement quelques élèves passaient au secondaire.) Et chaque veille du premier vendredi du mois, j'ai amené ma classe à la séance de confession à l'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus, à cinq minutes de l'école. À chaque visite, j'étais partagé entre mon admiration pour une oeuvre architecturale grandiose et la connaissance de l'état de grande pauvreté du quartier où elle avait été érigée.
    La très grande majorité de mes élèves étaient propres et proprement vêtus. La fierté des pauvres. Mais aussi un bon nombre d'entre eux arrivaient à l'école sans avoir déjeuné. Durant l'hiver, non seulement ils n'avaient pas mangé, mais ils dépensaient l'essentiel de l'énergie à résister au sommeil que suscitait un endroit convenablement chauffé.
    Encore aujourd'hui, je suis partagé. Faut-il conserver ce monument religieux arraché aux maigres revenus des ouvriers du quartier par des curés richement logés dans un presbytère aussi somptueux que l'église ? Faut-il garder ce souvenir d'une exploitation sordide de petites gens pour la plupart venus à Hochelaga-Maisonneuve pour échapper à la misère rurale ? Je ne crois pas. Il suffirait sans doute de sauver l'orgue Casavant et de la loger dans une salle de concert digne de sa qualité. Et si jamais la Ministre se mettait à avoir le béguin pour une église hors Outremont, j'ose espérer qu'elle aura l'humilité et le courage moral de faire en sorte que les visiteurs de ce patrimoine y soient accueillis par l'histoire réelle de sa construction. Les Québécois ont le droit de savoir quel prix ils ont payé pour que l'Église sauve leur langue en leur imposant ses dogmes et sa morale éculés.
    Roland B

  • Andre Vallee
    Abonné
    vendredi 23 juillet 2010 16h21
    On avait l'argent
    L'économie en ouvrant des soumissions pour les contrats publics, au lieu de les refiler aux petits “namis” qui enrichissent la caisse du parti libéral, et quoi encore?
    L'économie qui pourrait servir utilement.

  • France Marcotte
    Abonnée
    vendredi 23 juillet 2010 18h05
    Monsieur Berger
    Il me semble que ce n'est pas en détruisant cette église qu'on rendra justice aux "petites gens" de ce quartier. Tous les châteaux ont une sale histoire tant qu'à y être, on ne les démolit pas pour autant. Se réapproprier ce lieu c'est aussi prendre sa revanche sur le passé que vous évoquez.

  • Rejean Charbonneau
    Abonné
    vendredi 23 juillet 2010 18h36
    l'Esprit de la mémoire
    J'ai été touché par votre article car il relève de la mémoire d'un jeune homme, celle marquée par des clichés indélébiles d'une manière de vivre que vous décrivez si intelligemment. Votre description de ce quartier rejoint la philosophie de l'Atelier d'histoire créé en 1978 et toujours aussi impliqué dans sa communauté. Et votre analyse du mépris dont font preuve les technocrates surtout pour l'est de Montréal est très juste. Les citoyens de l'est sont de plus en plus sensibles à leur histoire et leur patrimoine et, par conséquent, de plus en plus fiers à mesure qu'ils en constatent sa richesse. Ce n'est pas pour rien que nous sommes engagés dans ce débat plus grand que le quartier lui-même. Le devoir de mémoire n'appartient pas qu'aux citoyens, il est de la responsabilité d'un état souverain.....Ah! C'est vrai, celui-ci ne l'est pas!
    Le mépris n'aura qu'un temps ! disait Arthur Lamothe

    Réjean Charbonneau, directeur de l'Atelier d'histoire d'Hochelaga-Maisonneuve

  • Sylvio Le Blanc
    Abonné
    vendredi 23 juillet 2010 19h48
    Bravo!
    Immense article!
    Une petite coquille: «sont l'objet» et non «son l'objet».

  • jean pierre gauthier
    Inscrit
    dimanche 25 juillet 2010 17h28
    l'Église des pauvres
    Cet excellent article, tout comme les divers reportages et opinions publiés au cours des dernières semaines concernant l'église et son orgue, font en sorte que l'aspect humain de la communauté d'Hochelaga-Maisonneuve s'en retrouve regaillardie. Tous ceux et celles qui ont manifesté un appui à la sauvegarde ont fait rejaillir l'importance de cette population qui réside dans ce quartier. Ayant moi-même grandi dans ce quartier, je me réjoui de voir toutes ces interventions. Si l'histoire est importante, elle l'est de par ces gens qui, au fil des ans et de diverses façons, ont apporté, par leurs efforts , des traits distinctifs à leur milieu. Il fut sans cesse le redire car il y a de ces personnes( dirigeants etc,) pour qui la mémoire importe peu. Salutations à vous monsieur Rioux et à tous les autres

  • J.M. Rodrigue
    Inscrite
    lundi 26 juillet 2010 11h15
    Savons-nous réellement tous les dessous de ce dossier?
    J’ai visité dernièrement ce quartier de ma toute petite enfance. C’est exact, il y avait beaucoup de gens originaires de la Gaspésie dans Maisonneuve. Mes parents se sont installés à cette époque sur la même rue où avait demeuré la Bolduc (Mary Travers, gaspésienne décédée en 1941).

    Il y a des trésors architecturaux dans ce quartier, il suffit de lever la tête et de remarquer tous les petits détails tombés trop souvent dans la plus grande décrépitude sinon l’indifférence, faute d’argent…

    En visitant ce quartier, il ne faut surtout pas oublier l’édifice du «Bain Public Maisonneuve», rue Morgan, et apprécier les bronzes en façade des «Petits Baigneurs», de même que «la Fermière» d’Alfred Laliberté, sur la place du Marché, face à Hôtel de ville de cette ancienne municipalité (aujourd’hui la Bibliothèque Maisonneuve) des œuvres qui prouvent hors de tout doute combien ce quartier a une richesse patrimoniale indéniable.

    Je ne sais pas ce que fera la ministre de cette levée de boucliers venue d’ici et d’ailleurs pour sauver l’âme même du quartier, personnalisée par l’église et son orgue, l’«Opus 600» de Casavant, un orgue magnifique construit en 1915 comprenant 3 claviers 47 jeux, un orgue unique aux dires de plusieurs spécialistes.

    Plusieurs musiciens et organistes des plus célèbres se sont déjà prononcés dans ce dossier, la réponse est unanime: il faut sauver l’orgue et son église de la destruction irrémédiable, pour les générations à venir on se doit ce devoir de réserve…

    En tant que ministre, Madame St-Pierre a le devoir d’écouter, sans préjuger d’aucune façon, les différentes options pour sauver cette église et son orgue. Plusieurs recommandations lui ont été transmises jusqu’ici, incluant un moratoire, pour laisser aux gens du temps, afin de trouver des pistes de solution qui sauront, espérons-le, la satisfaire.

  • J.M. Rodrigue
    Inscrite
    lundi 26 juillet 2010 11h43
    La ville de Montréal de même que le diocèse jouent-ils un rôle actif dans ce dossier?
    Le diocèse de Montréal a vendu en juin dernier les grandes orgues de l'église Saint-Louis-de-France (rue Berri) à une paroisse de Brampton, en Ontario au tiers du prix d’un orgue neuf.

    Le diocèse de Montréal pense-t-il regarnir ses coffres en bradant le patrimoine religieux du Québec, payés il faut quand même toujours le répéter, via la dîme obligatoire, par les gens du quartier?
    Jeanne-Mance Rodrigue

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