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    Le créationnisme, une affaire d'Américains... et d'Albertains

    61 % des Canadiens (66 % au Québec) penchent pour la théorie de l'évolution, contre 35 % chez les Américains

    Évolution<br />
    Photo: Agence France-Presse (photo) Évolution
    Ottawa — Entre Dieu et Darwin, les Canadiens choisissent le scientifique lorsque vient le temps d'expliquer l'origine de la vie. Leurs voisins du Sud, eux, préfèrent la théorie de La Genèse.

    C'est ce qui ressort d'un vaste sondage effectué par la maison Angus Reid au Canada, aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Les répondants étaient invités à dire s'ils pensaient que l'humain était le résultat de l'évolution, au cours de millions d'années, de formes de vie moins avancées, ou si au contraire il était une créature de Dieu apparue dans sa forme actuelle au cours des 10 000 dernières années.

    Ainsi, 61 % des Canadiens et 68 % des Britanniques ont penché pour l'évolution, contre 35 % chez les Américains. Aux États-Unis, 47 % des Américains ont choisi la version divine.

    Au Canada, une personne sur quatre (24 %) a quand même dit croire au créationnisme. Le reste des répondants (15 %) a dit ne pas savoir. Par rapport à 2007, quand Angus Reid avait mené le même sondage, c'est une légère augmentation dans les deux camps: il y avait alors 58 % de pro-Darwin, contre 22 % de créationnistes.

    C'est au Québec que la théorie de Darwin sur l'évolution des espèces est la plus populaire (66 %). Dans la province, seulement 17 % des gens ont dit croire à l'histoire de la Bible, soit le plus bas taux, et de loin, de tout le pays.

    Paradoxalement, c'est en terre pétrolifère, là où la décomposition de matières végétales et de carcasses de dinosaures vieilles de millions d'années fait pleuvoir la richesse, que la croyance dans le créationnisme est la plus forte.

    En Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba, entre 50 et 51 % des gens ont dit adhérer à la thèse scientifique de l'origine de la vie. Ils sont 31 % en Alberta et 39 % en Saskatchewan et au Manitoba à croire à la création.

    L'année dernière, à l'occasion du 200e anniversaire de naissance du naturaliste Charles Darwin, Le Devoir avait effectué un vox-pop non scientifique auprès des députés et ministres fédéraux à Ottawa. Cela avait permis de constater à quel point sa théorie scientifique, voulant que les humains et les singes aient en partage des ancêtres, n'est pas acceptée par tous.

    Le président du Conseil du Trésor, Stockwell Day, est un ardent créationniste, prônant l'enseignement de ce concept religieux à l'école, tout comme l'est le ministre d'État aux Sciences et à la Technologie, Gary Goodyear. Les ministres Jim Flaherty (Finances), Rob Nicholson (Justice), Jason Kenney (Citoyenneté et Immigration) et Chuck Strahl (Affaires indiennes) estiment qu'il est possible de croire à la fois à la création et l'évolution. Dans le camp de Darwin, on retrouve Jim Prentice (Environnement), James Moore (Patrimoine), Bev Oda (Coopération internationale), Jean-Pierre Blackburn (Anciens Combattants) et Gordon O'Connor (whip). Plusieurs avaient souhaité un «joyeux anniversaire» ironique au fêté (Vic Toews, Sécurité publique). Gilles Duceppe, Michael Ignatieff et Thomas Mulcair s'étaient prononcés pour l'évolution.

    Aux États-Unis, seulement 35 % de la population a dit privilégier la théorie de l'évolution, contre 47 % qui adhèrent au créationnisme. Dans aucune région la théorie de l'évolution n'est endossée par une majorité de gens. Il n'y a que dans le nord-est américain que plus de gens adhèrent à la théorie de l'évolution (43 %) qu'au créationnisme (38 %).

    La Grande-Bretagne se pose en championne de l'évolution. Seulement 16 % ont dit croire au créationnisme. Fait à noter, c'est dans la capitale, Londres, que le taux d'adhésion à l'évolution est le plus bas (58 %) et au créationnisme, le plus élevé (25 %).

    Le sondage a été effectué en ligne en juillet 2009. Au Canada, 1009 personnes ont été interrogées et aux États-Unis, 1002. La marge d'erreur est de 3,1 %, 19 fois sur 20. En Grande-Bretagne, 2011 personnes ont été questionnées, pour une marge d'erreur de 2,2 %, 19 fois sur 20. Les marges d'erreur sont plus importantes pour les résultats régionaux.












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