lundi 28 mai 2012 Dernière mise à jour 00h06
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Augmentation de la consommation d'alcool en 15 ans - Les Québécois lèvent le coude

Si la bière demeure la boisson alcoolique préférée dans la province, la consommation de vin est en hausse

Les Québécois consomment toujours moins d’alcool que les Européens, qui sont souvent bien au-dessus de la barre des 10 litres par personne.<br />
Photo : Agence Reuters Kham
Les Québécois consomment toujours moins d’alcool que les Européens, qui sont souvent bien au-dessus de la barre des 10 litres par personne.
Le vin, surtout le rouge, a su séduire les Québécois ces dernières années, si bien que l'Institut national de santé publique du Québec sonne l'alarme.

Les Québécois lèvent le coude 19,1 % plus souvent qu'il y a 15 ans et frôlent ainsi la moyenne canadienne de 8,2 litres d'alcool pur consommé par an. Si la bière demeure la boisson alcoolique préférée dans la province, le vin représente la principale source de la hausse.

La santé du Québec est en jeu, explique l'un des auteurs de l'analyse, Claude Bégin. «Chaque augmentation d'un litre d'alcool par personne fait augmenter de 3 % la mortalité.» Le problème, selon l'Institut, est surtout que les Québécois, spécialement les jeunes, sont de plus en plus nombreux à adopter un comportement abusif. Vingt-deux pour cent des élèves du secondaire ont avalé plus de cinq consommations en une soirée de façon répétitive en 2008.

Les techniques de vente et les promotions sont à réévaluer, estime l'Institut. «Les gens sont attirés par les "deux pour un" et les happy hours. Ça a une influence sur la consommation.» On demande aussi aux autorités de se questionner à savoir si des mesures de taxation pourraient influencer la consommation. Une diminution de taxe pour les produits à faible teneur en alcool est citée.

La Société des alcools du Québec (SAQ) a bien ressenti cet engouement pour le vin — en 2001, elle vendait 95 millions de litres de vin, contre 142 millions en 2010 —, mais n'entend pas modifier sa façon de faire, même si l'Institut l'invite à se questionner au sujet de «son éthique de vente» qui mise parfois sur des rabais selon le volume d'achat. «On demeure une entreprise à but commercial, rappelle la responsable des affaires publiques de la société d'État, Isabelle Merizzi. On va continuer à faire de la promotion sans conduire à la surconsommation.» Surtout que, selon elle, la consommation d'alcool chez sa clientèle «n'est pas dictée par l'ivresse, mais par un désir de découverte».

Le directeur général d'Éduc'alcool, Hubert Sacy, estime qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter, même s'il est important de continuer à sensibiliser le public. Le Québec «n'est absolument pas malade de l'alcool, dit-il. Ce n'est pas tant combien on boit, mais comment on boit [qui importe]. En règle générale, on ne boit pas aux fins de s'intoxiquer chez nous comme c'est le cas notamment dans les pays scandinaves, où les gens boivent moins en un an, mais où ils boivent trop chaque fois qu'ils boivent.»

Les Québécois consomment toujours moins d'alcool que les Européens, qui sont souvent bien au-dessus de la barre des 10 litres par personne. L'Institut national de santé publique souligne toutefois que la consommation d'alcool est généralement en baisse de l'autre côté de l'Atlantique, même en France, contrairement au cas du Québec.

Changement culturel

Difficile d'évaluer les causes de la hausse de la popularité du vin. Isabelle Merizzi, de la SAQ, croit qu'un changement dans la culture explique l'engouement. «L'art de la table a pris son envol ici, opine-t-elle. On n'a qu'à penser à toutes ces émissions de télévision culinaires.»

Des études qui ont fait état de bienfaits sur la santé de la consommation d'alcool ces dernières années pourraient avoir eu une certaine influence sur la perception des gens quant à l'alcool. «Cette image n'est toutefois pas exacte. On ne boit pas pour être en santé», prévient Claude Bégin. Une coupe de vin est peut-être bonne pour la santé du coeur, mais peut entraîner d'autres problèmes... surtout si les coupes se multiplient.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    8 juillet 2010 08 h 37
    L'arnaque
    Surpris? Toute l'approche marketing de la SAQ consiste à augmenter d'abord le volume de consommation et, dans un deuxième temps, de vous amener à accroître la "qualité" (pastilles de goût) qui se traduit en beaux dollars additionnels du litre... Sauf que vous payez le vin de qualité moyenne ou médiocre près du double du prix vendu dans son pays d'origine. La seule solution à cette impasse monopolistique, c'est que vous achetiez du St-Émilion très grand cru (le prix est plus près du prix français, les riches sont toujours bien soignés), et que vous buviez moins!
    En attendant ce jour qui ne viendra pas, je porte mon verre à la santé de la SAQ et du ministère des Finances!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jean Richard - Abonné
    8 juillet 2010 08 h 45
    Le pouvoir magique des taxes a des limites
    « On demande aussi aux autorités de se questionner à savoir si des mesures de taxation pourraient influencer la consommation. Une diminution de taxe pour les produits à faible teneur en alcool est citée. »

    Détaxer ces insipides bières à faible teneur en alcool pourrait avoir beaucoup plus d'effets pervers que d'effets bénéfiques. Sous prétexte que le taux d'alcool est plus bas, bien des gens pourraient être tentés d'en consommer davantage, au grand plaisir des propriétaires de bar, mais au détriment de la santé des gens.

    Les grandes brasseries (et malheureusement de plus en plus de petites) l'ont compris depuis longtemps : pour vendre de la bière, il faut qu'elle soit facile à boire. Exit la bière qui a du goût et se laisse déguster : la bière doit pouvoir être bue comme un grand verre d'eau - et bien froide, ce qui lui enlève encore plus du peu de goût qui lui reste.

    Les bières à faible teneur en alcool font partie des bières insipides et surtout, des « faciles à boire ». Et elles ne sont vendues que par les grandes brasseries, pas les petites. Détaxer ces bières n'est sûrement pas une solution à retenir.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Andre Vallee - Abonné
    8 juillet 2010 09 h 12
    Bon pour la santé? Mon oeil!
    Je prends un verre de bière ou de vin à l'occasion, parce que j'aime ça. Mais je suis convaincu que le seul alcool qui est bon pour la santé est celui qu'on ne consomme pas.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Geoffroi - Abonné
    8 juillet 2010 10 h 25
    Bel avenir payant pour le gouvernement
    La SAQ augmente ses profits d'année en année : " Y rien là ". C'est bon pour le ministère des Finances.

    Laissons faire le "marché" de l'alcool. Les soulons de la St-Jean ont un bel avenir prometteur pour...la SAQ ???
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Charlottebise - Inscrite
    8 juillet 2010 13 h 38
    La faute à Montignac
    Montignac a joué un rôle important dans l'augmentation et la tendance à boire du vin rouge. Avec son fameux régime, le régime Montignac, il professait que le vin rouge était bon pour la santé, pour la santé du coeur etc et surtout qu'il ne faisait pas engraisser. C'est facile de se laisser influencer quand on s'aime mince et quand on aime le vin rouge. Belle combinaison si on en reste à un verre de rouge par jour, tel que prescit par ce gourou de la graisse, ami avec les propriétaires des vignobles français.
    Mais il s'agit d'une influence parmi d'autres, c'est certain. L'accessibilité
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • France Marcotte - Abonnée
    8 juillet 2010 16 h 02
    L'alcool à la baguette
    La publicité incite à boire, l'impasse de la question nationale peut-être aussi, pourquoi pas? Une fois que c'est fait, les gens boivent, on leur dit: c'est pas beau ça! Alors les gens se sentent coupables de boire parce qu'il faut boire mais pas trop, sinon, la police de la santé dit que ce n'est pas bien. Elle le dit après, pas avant. Or, l'alcool crée de l'accoutumance; alors on nous incite à nous accoutumer mais pas trop car une fois accoutumés on est réprimandés pour avoir abusé. Pendant ce temps, la question nationale n'est toujours pas réglée et en prime, on se sent coupables...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marc Tremblay - Inscrit
    9 juillet 2010 19 h 23
    L'influence de la télé
    Avez-vous remarqué les films produits aux É.U. qu'on nous présente à la télé ? À toute heure du jour et en dehors des repas, les personnages boivent du vin. Je me demande si cela se passe ainsi dans la vraie vie aux É.U.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
7 réactions
1 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012