Augmentation de la consommation d'alcool en 15 ans - Les Québécois lèvent le coude
Si la bière demeure la boisson alcoolique préférée dans la province, la consommation de vin est en hausse
Photo : Agence Reuters Kham
Les Québécois consomment toujours moins d’alcool que les Européens, qui sont souvent bien au-dessus de la barre des 10 litres par personne.
Le vin, surtout le rouge, a su séduire les Québécois ces dernières années, si bien que l'Institut national de santé publique du Québec sonne l'alarme.
Les Québécois lèvent le coude 19,1 % plus souvent qu'il y a 15 ans et frôlent ainsi la moyenne canadienne de 8,2 litres d'alcool pur consommé par an. Si la bière demeure la boisson alcoolique préférée dans la province, le vin représente la principale source de la hausse.
La santé du Québec est en jeu, explique l'un des auteurs de l'analyse, Claude Bégin. «Chaque augmentation d'un litre d'alcool par personne fait augmenter de 3 % la mortalité.» Le problème, selon l'Institut, est surtout que les Québécois, spécialement les jeunes, sont de plus en plus nombreux à adopter un comportement abusif. Vingt-deux pour cent des élèves du secondaire ont avalé plus de cinq consommations en une soirée de façon répétitive en 2008.
Les techniques de vente et les promotions sont à réévaluer, estime l'Institut. «Les gens sont attirés par les "deux pour un" et les happy hours. Ça a une influence sur la consommation.» On demande aussi aux autorités de se questionner à savoir si des mesures de taxation pourraient influencer la consommation. Une diminution de taxe pour les produits à faible teneur en alcool est citée.
La Société des alcools du Québec (SAQ) a bien ressenti cet engouement pour le vin — en 2001, elle vendait 95 millions de litres de vin, contre 142 millions en 2010 —, mais n'entend pas modifier sa façon de faire, même si l'Institut l'invite à se questionner au sujet de «son éthique de vente» qui mise parfois sur des rabais selon le volume d'achat. «On demeure une entreprise à but commercial, rappelle la responsable des affaires publiques de la société d'État, Isabelle Merizzi. On va continuer à faire de la promotion sans conduire à la surconsommation.» Surtout que, selon elle, la consommation d'alcool chez sa clientèle «n'est pas dictée par l'ivresse, mais par un désir de découverte».
Le directeur général d'Éduc'alcool, Hubert Sacy, estime qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter, même s'il est important de continuer à sensibiliser le public. Le Québec «n'est absolument pas malade de l'alcool, dit-il. Ce n'est pas tant combien on boit, mais comment on boit [qui importe]. En règle générale, on ne boit pas aux fins de s'intoxiquer chez nous comme c'est le cas notamment dans les pays scandinaves, où les gens boivent moins en un an, mais où ils boivent trop chaque fois qu'ils boivent.»
Les Québécois consomment toujours moins d'alcool que les Européens, qui sont souvent bien au-dessus de la barre des 10 litres par personne. L'Institut national de santé publique souligne toutefois que la consommation d'alcool est généralement en baisse de l'autre côté de l'Atlantique, même en France, contrairement au cas du Québec.
Changement culturel
Difficile d'évaluer les causes de la hausse de la popularité du vin. Isabelle Merizzi, de la SAQ, croit qu'un changement dans la culture explique l'engouement. «L'art de la table a pris son envol ici, opine-t-elle. On n'a qu'à penser à toutes ces émissions de télévision culinaires.»
Des études qui ont fait état de bienfaits sur la santé de la consommation d'alcool ces dernières années pourraient avoir eu une certaine influence sur la perception des gens quant à l'alcool. «Cette image n'est toutefois pas exacte. On ne boit pas pour être en santé», prévient Claude Bégin. Une coupe de vin est peut-être bonne pour la santé du coeur, mais peut entraîner d'autres problèmes... surtout si les coupes se multiplient.
Les Québécois lèvent le coude 19,1 % plus souvent qu'il y a 15 ans et frôlent ainsi la moyenne canadienne de 8,2 litres d'alcool pur consommé par an. Si la bière demeure la boisson alcoolique préférée dans la province, le vin représente la principale source de la hausse.
La santé du Québec est en jeu, explique l'un des auteurs de l'analyse, Claude Bégin. «Chaque augmentation d'un litre d'alcool par personne fait augmenter de 3 % la mortalité.» Le problème, selon l'Institut, est surtout que les Québécois, spécialement les jeunes, sont de plus en plus nombreux à adopter un comportement abusif. Vingt-deux pour cent des élèves du secondaire ont avalé plus de cinq consommations en une soirée de façon répétitive en 2008.
Les techniques de vente et les promotions sont à réévaluer, estime l'Institut. «Les gens sont attirés par les "deux pour un" et les happy hours. Ça a une influence sur la consommation.» On demande aussi aux autorités de se questionner à savoir si des mesures de taxation pourraient influencer la consommation. Une diminution de taxe pour les produits à faible teneur en alcool est citée.
La Société des alcools du Québec (SAQ) a bien ressenti cet engouement pour le vin — en 2001, elle vendait 95 millions de litres de vin, contre 142 millions en 2010 —, mais n'entend pas modifier sa façon de faire, même si l'Institut l'invite à se questionner au sujet de «son éthique de vente» qui mise parfois sur des rabais selon le volume d'achat. «On demeure une entreprise à but commercial, rappelle la responsable des affaires publiques de la société d'État, Isabelle Merizzi. On va continuer à faire de la promotion sans conduire à la surconsommation.» Surtout que, selon elle, la consommation d'alcool chez sa clientèle «n'est pas dictée par l'ivresse, mais par un désir de découverte».
Le directeur général d'Éduc'alcool, Hubert Sacy, estime qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter, même s'il est important de continuer à sensibiliser le public. Le Québec «n'est absolument pas malade de l'alcool, dit-il. Ce n'est pas tant combien on boit, mais comment on boit [qui importe]. En règle générale, on ne boit pas aux fins de s'intoxiquer chez nous comme c'est le cas notamment dans les pays scandinaves, où les gens boivent moins en un an, mais où ils boivent trop chaque fois qu'ils boivent.»
Les Québécois consomment toujours moins d'alcool que les Européens, qui sont souvent bien au-dessus de la barre des 10 litres par personne. L'Institut national de santé publique souligne toutefois que la consommation d'alcool est généralement en baisse de l'autre côté de l'Atlantique, même en France, contrairement au cas du Québec.
Changement culturel
Difficile d'évaluer les causes de la hausse de la popularité du vin. Isabelle Merizzi, de la SAQ, croit qu'un changement dans la culture explique l'engouement. «L'art de la table a pris son envol ici, opine-t-elle. On n'a qu'à penser à toutes ces émissions de télévision culinaires.»
Des études qui ont fait état de bienfaits sur la santé de la consommation d'alcool ces dernières années pourraient avoir eu une certaine influence sur la perception des gens quant à l'alcool. «Cette image n'est toutefois pas exacte. On ne boit pas pour être en santé», prévient Claude Bégin. Une coupe de vin est peut-être bonne pour la santé du coeur, mais peut entraîner d'autres problèmes... surtout si les coupes se multiplient.
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