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Bleu pour langue - Le français, pivot de l'identité québécoise

Des chercheurs voient la langue française comme moteur d’une vision québécoise du monde à la fois collectiviste et égalitariste. La langue serait également porteuse de l’idée de résistance. Ci-dessus, un enfant lors de la marche pour l’indépendance tenue à Montréal hier
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
Des chercheurs voient la langue française comme moteur d’une vision québécoise du monde à la fois collectiviste et égalitariste. La langue serait également porteuse de l’idée de résistance. Ci-dessus, un enfant lors de la marche pour l’indépendance tenue à Montréal hier
En 1774, dans l'espoir d'apaiser ses colonies mouvementées, l'Empire britannique signe l'Acte de Québec. Il concède aux Canadiens français le droit de pratiquer la religion catholique, d'appliquer le droit civil français et celui de faire le tout en français. À l'occasion de la Saint-Jean-Baptiste, Le Devoir jette un regard sur chacun de ces trois éléments pour voir en quoi cet héritage a modelé l'esprit québécois. Aujourd'hui, bleu pour langue.

Ottawa — En plein coeur de l'hiver, le débat éclate au Québec au sujet d'une étudiante d'origine égyptienne portant le niqab en classe de francisation. Québec la pourchasse d'une institution à l'autre pour le lui faire retirer tandis qu'ailleurs au pays des ministres des provinces de l'Ontario, de la Nouvelle-Écosse et du gouvernement fédéral affirment que les citoyens devraient avoir le droit de s'habiller à leur guise. Un même événement, deux réactions divergentes avec la langue comme ligne de fracture. Le fait de parler français, en soi, aurait-il une influence sur notre approche politique, sociale, économique?

Sans aucune hésitation, Chantal Bouchard répond par l'affirmative. La professeure au département de langues et de littérature française de l'Université McGill estime que «la langue est le premier système d'organisation de la pensée» et qu'en ce sens, «elle conditionne notre perception de ce qui nous entoure».

«Cela explique que, très souvent, on observe qu'un même événement ne sera pas interprété de la même manière par les Québécois que les autres Canadiens», explique-t-elle en entrevue. À son avis, la différence de points de vue s'explique souvent par les mêmes a priori. «En général, les Québécois favorisent plutôt les solutions collectives alors que les Canadiens anglophones ont tendance à être plus individualistes.

Qu'on pense à la contestation de la loi 101. Elle repose sur ce problème: doit-on privilégier la collectivité ou la liberté des individus à l'intérieur de cette collectivité?»

Pour Chantal Bouchard, il faut connaître l'histoire de la langue française pour comprendre en quoi elle est le moteur de cette vision collectiviste du monde. Le français, rappelle-t-elle, est une langue très travaillée, normalisée, codifiée. «On a érigé le français correct en modèle intouchable.» Elle en veut pour preuve l'extrême difficulté à faire accepter une réforme de l'orthographe, comme si les gens étaient attachés aux difficultés de leur langue, ou encore le jugement que portent sans cesse les francophones, et en particulier les Québécois, sur la qualité du français qu'ils parlent.

«Au XVIIe siècle, on assiste à la fondation de l'Académie française. Le cardinal de Richelieu lui confie alors le mandat de rédiger un dictionnaire et une grammaire, pour codifier et parfaire le français, le rendre pur et l'ériger en langue du roi, en langue d'État», rappelle-t-elle. Le processus de perfection de la langue se poursuit pour culminer à la Révolution française, où on l'érige au statut de langue nationale.

«Il faut savoir qu'en 1789, les deux tiers des Français ne parlaient pas français! Les gens parlent alors l'alsacien, l'occitan, le provençal, le breton et des patois, explique Mme Bouchard. Les révolutionnaires imposent le français dans les provinces pour diffuser leurs idées.»

Les locuteurs français ont aussi en partage cette idée qu'il y a une bonne façon de parler leur langue, dictée d'en haut, un rapport quasi communautaire où la langue sert à uniformiser. «On a hérité du même rapport à la langue que les Français, un rapport qui privilégie cette norme. [...] On ne voit pas ce même rapport à la langue dans les sociétés anglo-saxonnes. Qu'ils soient en Grande-Bretagne, aux États-Unis ou en Australie, ils n'ont pas l'air de souffrir du même genre de difficulté que l'on éprouve.»

Claude Poirier, professeur à l'Université Laval et spécialiste de l'histoire du français au Québec, pousse la réflexion plus loin et nuance un peu. Certes, en France, il y a ce rapport très centralisateur, voire élitiste, avec la langue, mais le concept n'a pas été totalement importé en Nouvelle-France, croit-il.

«Si les Français ont adopté les valeurs du XVIIe siècle véhiculées par la révolution, les Québécois n'ont pas du tout été soumis à ce lavage de cerveau parce qu'ils sont partis de France avant que le français ne devienne ce bijou que l'on cisèle. Les gens sont venus massivement des régions ou du petit peuple de Paris. Ces gens n'étaient pas encore touchés par le phénomène qui ne va rejoindre l'ensemble des Français qu'à la fin du XVIIIe siècle.»

Selon Claude Poirier, le français parlé au Québec véhicule surtout un égalitarisme, qui n'est par ailleurs pas incompatible avec le collectivisme à son avis. «Regardez au Québec la place que la langue populaire prend dans nos usages publics. C'est un nivellement extraordinaire! [...] C'est lié à l'égalité qui existait entre les premiers colons. Il n'y avait pas de hiérarchie. Chacun était maître de sa particule de terrain.»

Pour le professeur, cet égalitarisme véhiculé par la langue se manifeste, politiquement, par une préférence pour les solutions collectives égalitaires: le refus net d'un système de santé à deux vitesses ou de droits de scolarité différenciés pour les plus fortunés, l'implantation de places en garderie à 7 $ par jour.

Langue de résistance


Un autre aspect de l'Acte de Québec relié à la langue a façonné l'esprit québécois, estime Diane Vincent, professeure de sociolinguistique à l'Université Laval. «Par cette loi, il y a l'impression que le français a été la langue de survivance, de résistance. Pour les Québécois, cette vision, cette idée qu'on parle français parce qu'il y a eu des gens qui ont voulu qu'on parle français, est très présente.» Cela teinte le discours public, avance-t-elle, par exemple en favorisant ce que certains considèrent comme un repli identitaire collectif, tel que cela a été illustré par la saga du voile intégral.

Dans cette même veine, Marc Chevrier fait remarquer à quel point le français, de langue universelle du XVIIIe et XIXe siècles, a perdu de son lustre international. Le professeur en sciences politiques de l'UQAM cite diverses statistiques. Par exemple, en 1997, 41 % des textes traduits par la Commission européenne étaient des originaux français, contre 12 % en 2008, alors que la proportion des textes anglais originaux, de 45 % qu'elle était en 1997, est montée à 72 % en 2008. Cela aussi peut conduire au repli.

«On voit désormais la connaissance de l'anglais comme l'universel alors qu'avant, c'était le français. Être francophone, désormais, c'est appartenir au particulier, au petit espace.»
 
 
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  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 21 juin 2010 06h49
    Les Canadiens, français avant les Français
    «Il faut savoir qu'en 1789, les deux tiers des Français ne parlaient pas français! Les gens parlent alors l'alsacien, l'occitan, le provençal, le breton et des patois, explique Mme Bouchard. Les révolutionnaires imposent le français dans les provinces pour diffuser leurs idées»

    En 1789, tous les Canadiens parlaient français depuis 3-4 générations, ce qui signifie que le français a été la langue nationale des Canadiens, bien avant la France.

    La raison est simple: en Nouvelle-France, dès le milieu du 17e, les mères étaient parisiennes et transmettaient la langue à leur enfant. Le patois du père, venu des régions, ne traversait pas la deuxieme génération.

  • Roland Berger
    Abonné
    lundi 21 juin 2010 06h53
    Conclusion douteuse
    Les chercheurs cités par Madame Buzetti concluent que le fait de parler français incite les francophones à préférer le collectivisme à l'individualisme. La démonstration qu'ils en font ne tient pas la route. Elle relève de la simple corrélation. Elle se cache derrière un vieux concept qui veut que la langue et la pensée ne soient pratiquement qu'une seule et même chose. La sociolinguistique avance avec le conservatisme du temps, c'est-à-dire qu'elle recule.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • Claude Jean
    Inscrit
    lundi 21 juin 2010 08h18
    La Nouvelle-France (1534-1760) L'implantation du français au Canada
    Pour en savoir plus sur le français du Roy et la contribution des militaires en Nouvelle-France, consulter le lien internet suivant :

    http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/HISTfrQ

    Bonne lecture et découvertes.

    Soldat Sanspareil
    2ème bataillon du régiment de la Sarre
    Vive le Roy!
    http://www.regimentdelasarre.ca
    http://www.tagtele.com/videos/voir/46581
    http://www.ameriquebec.net/actualites/2009/08/03-r
    François Mitterrand
    Un peuple qui n'enseigne pas son histoire est un peuple qui perd son identité.

  • Louise Lanctôt
    Abonné
    lundi 21 juin 2010 09h14
    Un titre prometteur, mais....
    L'article de Mme. Buzzetti donne la désagréable impression que le français parlé au Québec serait dédouané d’un raccord à la norme, à la syntaxe française, considérée trop « élitiste ». Cette norme, cette syntaxe constitue pourtant le noyau du lien social et de l’universalisme auxquels prétend la langue française. Victor Hugo n’a-t-il pas d’ailleurs raffiné le français tout en s’engageant en faveur du « collectif » ?

    Il faut préciser également que le raffinement du français n’est pas une tare, comme le laisse entendre les propos d’un des professeurs interviewés. La précision et la profondeur du français sont une source de fierté qui élève notre langue au-dessus de la majorité des langages parlé dans le monde. C’est précisément pour cette raison que le français fut adopté comme langue universelle en Europe à partir du 18e siècle ; il y avait en Europe un consensus sur la question.

    Dommage !

    Alexis Cossette-Trudel

  • Rodrigue Guimont
    Abonné
    lundi 21 juin 2010 09h29
    Repatriement des armoiries royales de Nouvelle-France d'Ottawa à Québec
    Suite à la perte de la Nouvelle-France, les Armoiries royales en Nouvelle-France furent arrachées et envoyées à Londres en 1760. Elles furent rendues au Canada en 1909 et se trouvent actuellement au Musée de la Guerre à Ottawa.

    Ses Armoiries furent sculptées par le maître-sculpteur Noël Levasseur en 1727. Elles appartiennent au Patrimoine du Québec et devraient y revenir.

    Puisque le Canada a reconnu officiellement la nation québécoise comme le berceau de la Nouvelle-France, Madame St-Pierre en tant que ministre de la culture pourrait réclamer d’Ottawa le retour de ces Armoiries, parties intégrante de notre identité et de notre culture française en Amérique.

  • Rino St-Amand
    Inscrit
    lundi 21 juin 2010 09h43
    D'accord avec M. Berger
    La langue n’est qu’une simple courroie de transmission d’une culture. Il m’apparaît un peu erratique d’attribuer à cette langue un certain contenu de la culture. Si la langue était génératrice d’une certaine culture, est-ce à dire qu’en convertissant les musulmans au français, nous n’aurions plus rien à craindre de l’islam? Il ne suffit que de poser la question pour se rendre compte du ridicule de la chose.

  • Gilbert Talbot
    Abonné
    lundi 21 juin 2010 10h03
    la pensée et la langue
    Il ya une correlation entre la langue et la pensée, mais peut-on assumer que la pensée ce n'est du langage intériorisé ? Piaget et Freud nous diraient qu'avant la langue il y a une structure prélangagière de la pensée, un inconscient et Jung ajouterait un inconscient collectif. Il y a, je pense, chez nous les québécois, cet inconscient collectif qui nous rattache à nos origines, au berceau, à la France, mère-patrie. C'est par cet attachement, que nous voulons conserver notre langue française. Et c'est aussi ce qui nous fait sentir abandonné par notre mère, quand elle signe le Traité de Paris en 1763. L'anglais a voulu la remplacer comme père adoptif en 1773, mais la famille ainsi reconstituée s'est par la suite divisée entre fédéralistes et indépendantistes. Que s'est-il passé ? Les Québécois ont voulu s'émanciper des deux mères et pères et devenir adulte, créer son propre discours, sa propre langue même, assumer tous les pouvoirs de la souveraineté. Les canadiens-français ont voulu demeurer dans le giron canadien et se faire assimiler progressivement. Au niveau mondial, notre langue a été déclassée au profit de l'anglais, même la France, encore une fois, l'a trahi au profit de l'anglicisation. Et les crises économiques, écologiques et politiques ont fait le reste. La langue est aujourd'hui en danger, parce que notre société est menacée de disparition, et non l'inverse.

  • Sansterre Gilles
    Inscrit
    lundi 21 juin 2010 10h33
    Une erreur à corriger...
    M. Rino St-Amand écrit, s'inspirant du commentaire de M. Berger :« La langue n’est qu’une simple courroie de transmission d’une culture. ». Ceci n'est pas le propos de M. Berger.

    Selon toute évidence, l'hyperbole de M. St-Amand est erronée. Toutes les recherches récentes en psychologie du langage témoignent de la façon dont le langage structure la perception et la compréhension du monde.

    À sa question : « Si la langue était génératrice d’une certaine culture, est-ce à dire qu’en convertissant les musulmans au français, nous n’aurions plus rien à craindre de l’islam? », il faut répondre que la culture islamique est véhiculée principalement par la langue arabe et que la plupart des musulamns sont bilingues, voire trilingues avec l'arabe comme langue commune (universelle).

    Si l'arabe venait à disparaître, il est certain qu'un pan entier de la culture islamique disparaîtrait avec lui.

    La langue, vous en conviendrez avec moi M. St-Amand, est alors bien plus qu'une simple courroie de transmission de la culture. Quand une langue disparait c'est une certaine vision du monde qui s'en va avec elle.

    Cordialement,

  • Rino St-Amand
    Inscrit
    lundi 21 juin 2010 12h25
    @ M. Gilles Sansterre
    C’est bien moi qui a affirmé que la langue n’est qu’une simple courroie de transmission d’une culture. Mais ce faisant, je confirme le propos de M. Berger qui vois dans les préférences des francophones, non pas un produit de leur langue, mais plutôt une simple corrélation. La langue ne saurait d’aucune façon être génératrice de valeurs, elle ne peut que transmettre ces dites valeurs.

    Si les Eskimos utilisent une multitude de termes pour qualifier les textures de neige, ce n’est aucunement parce qu’ils parlent une langue différente de la nôtre, mais parce qu’ils vivent dans un environnement différent du nôtre, et que la neige est au centre de leur vie. S’ils parlaient français, ceci ne les aurait pas empêché de faire de même et développer une multitude de terme pour qualifier cette neige.

    Enfin, M. Sansterre affirme : « Quand une langue disparait c'est une certaine vision du monde qui s'en va avec elle. » Cette affirmation est très correcte. Mais ce qui ne l’est pas du tout, c’est de croire que cette vision du monde soit intrinsèque à la langue. Lorsqu’une population passe progressivement d’une langue à une autre, cette population cesse tout aussi progressivement de s’abreuver à une certaine culture, pour s’abreuver à une autre. La culture se propage par contagion et n’est nullement inscrite dans une langue. Changer de langue c’est changer de camp et donc de culture. Si j’apprends le mandarin ici à Montréal, ce geste ne m’amènera pas à troquer ma fourchette pour les baguettes. Mais si je vais vivre en Chine, il est plus que probable que mes petits enfants ne voudront rien savoir de la fourchette.

  • Marc Tremblay
    Inscrit
    lundi 21 juin 2010 12h46
    L'identité québécoise

    Je crois davantage aux conclusions de chercheurs, dont c'est le métier de chercher, qu'aux opinions d'internautes qui ne sont que des...opinions nullement basées sur des faits.

    Au Québec, le français est le moteur de l'identité; il contribue à former la pensée et les orientations sociétales. Les Québécois sont plus collectivistes qu'individualistes, contrairement aux Canadiens anglophones. Ils sont aussi plus égalitaristes, ce qui explique notre refus d'un système de santé à deux vitesses, du projet de loi 103 qui permettra aux plus riches d'accéder à l'école anglaise et de notre appui aux garderies à 7 $.

  • Godefroy
    Abonné
    lundi 21 juin 2010 12h58
    Un autre pivot
    Il y avait aussi le catholicisme dominateur et dominé, surtout après la Conquête, tel que favorisé par les Britanniques. Un désastre à plusieurs points de vue.

    Durant le temps de la Nouvelle-France, le carcan clérical on s'en foutait "royalement". Les rois de France dirigeaient, ce n'était pas les papes.

  • d.lauzon
    Inscrit
    lundi 21 juin 2010 13h15
    La richesse du français
    L'attachement à une langue devrait commencer à l'école,. Cependant, la façon dont le français est enseigné rebute les jeunes plus qu'il leur donne l'amour de la langue française. Les pédagogues qui mettent au point les livres scolaires pour l'enseignement du français semblent s'être donné comme mission de faire de l'enseignement du français quelque chose d'extrêmement compliqué et axé exclusivement sur la théorie. Personnellement je crois que l'apprentissage d'une langue devrait porter davantage sur la conversation que sur la théorie car apprendre une langue en silence, comme cela a toujours été le cas dans toutes les écoles, relève de la pure aberration. Au lieu d'essayer de rendre les manuels de grammaire française encore plus compliqués, les pédagogues devraient mettre au point un plan d'activités favorisant la parole comme du théâtre d'impro, des débats sur toutes sortes de sujets, la lecture de livres et de journaux suivies de discussions par équipe, etc. Il faut que l'enseignement du français soit présenté de façon dynamique et stimulante et c'est seulement ainsi que l'amour du français pourra se transmettre.

    P.S. J'ai eu le plaisir de lire récemment 2 livres de Stéphane Dompierre et tout en lisant, j'ai réalisé comment il était important de se battre pour la protection du français au Québec. Ses livres ne conviendraient pas à des étudiants car le langage est assez cru mais son style poétique est tout à fait exceptionnel.

  • Sansterre Gilles
    Inscrit
    lundi 21 juin 2010 14h46
    Un dernière chose...
    @ M. St-Amand

    M. St-Amand écrit: « Si j’apprends le mandarin ici à Montréal, ce geste ne m’amènera pas à troquer ma fourchette pour les baguettes. »

    Efftivement. Mais seulement parce vous avez dejà été acculturé en français et que le mandarin ne sera pour vous qu'une langue seconde. En tant qu'utilisateur de langue seconde, vous ne serai jamais vraiment chinois, ni dans la tête ni dans le coeur. Vous ne demeurerez toujours qu'un Québécois qui parle mandarin.

    Dois-je répéter que les études démontrent que la langue maternelle structure la pensée et la conception du monde de l'individu.

    La structure de phrase en français est totalement différente de la structure de phrase du Mandarin. En conséquence, la façon de penser les idées et de les associer diffèrent radicalement entre les deux langues.

    M. St-Amand, personne ne dit que si j'apprends le mandarin je commencerai spontanément à peindre ma maison en rouge en y gravant des arabesques chinoises.

    Un langue est premièrement un structure conceptuelle dont la culture est le reflet positif. Les deux vont de pair, comme vous dites...

    Cordialement

  • Sansterre Gilles
    Inscrit
    lundi 21 juin 2010 14h48
    @ M. Lauzon
    Je partage votre opinion. Toutefois, je dois préciser que la belle syntaxe française s'apprend principalement à travers l'écriture.

    Rendons donc la lecture et l'écriture plus agréable à l'école comme vous dites...je suis bien d'accord!

  • Sansterre Gilles
    Inscrit
    lundi 21 juin 2010 16h06
    Deux fautes!
    J'ai écrit: « vous ne serai jamais vraiment chinois, ni dans la tête ni dans le coeur.»

    J'aurais du écrire : « vous ne serez... »

    ET: «...la façon de penser les idées et de les associer diffèrent radicalement entre les deux langues.»

    J'aurais du écrire : « diffère radicalement entre les deux langues...»

    DÉSOLÉ!

    Le français est une langue qui mérite qu'on s'y attarde, contrairement à la tenance « chat » et « blogues » de l'écriture spontanée. Honte à moi!

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    lundi 21 juin 2010 16h16
    Droits individuels et collectifs
    Je n'adhère pas à cette dichotomie. Au Québec, on parle toujours de la communauté anglophone: ils revendiquent donc des droits collectifs. De même pour la religion, qui suppose nécessairement une communauté.
    De même, la Charte canadienne réserve les droits linguistiques "là où le nombre le justifie", c'est-à-dire là où il y a une communauté.

  • Rino St-Amand
    Inscrit
    lundi 21 juin 2010 17h53
    Restons en désaccord
    M. Sansterre, je vous l’accorde, il existe beaucoup d’études dites sérieuses pour appuyer vos dires. Et puisque vous semblez plus à l’aise pour résonner que pour raisonner, ces études vous ont sans doute apporté une grande satisfaction.

    Mais je vous invite à retourner à ces ouvrages, cette fois en ayant votre esprit critique bien en alerte. Ainsi vous serez en mesure de constater que lorsque les failles ne se retrouvent pas dans la logique utilisée, c’est qu’elles se cachent dans les prémisses.

    Mais voyons les faits : dans la francophonie il existe une grande variété de cultures, certaines radicalement différentes de la nôtre. Pourtant si la langue était une sorte de ‘gène’ donnant lieu à un certain pattern culturel, il me semble qu’il ne pourrait en être ainsi. Vous n’avez qu’à voyager un peu pour vous rendre compte que ce n’est pas la culture qui est le reflet de la langue parlée, mais bien l’inverse. Même l’accent n’est point uniforme d’un endroit à l’autre. En Argentine on parle l’Espagnol avec un accent italien et on danse le tango, alors qu’au Mexique on parle la même langue avec un accent continental et on se passionne pour la salsa.

    Les frontières d’une culture sont généralement délimitées par une langue à l’intérieure d’un État. Et la seule façon d’adopter une nouvelle culture est de s’imbiber en elle, que ceci implique un changement de langue ou pas. Si je vais vivre au Cameroun, je vais peu à peu perdre ma culture québécoise, mais je persisterai à parler la même langue, à quelques dialectes près.

    Enfin, reconnaissons qu’il s’agit là d’un sujet qui se prête bien à la masturbation intellectuelle, et qu’on ne s’en prive pas dans certains milieux. Mais, si l’histoire se répète, j’ose croire que ces belles théories seront devenues obsolètes d’ici une couple de décennies. Mais pour le moment, si vous voulez avoir ces intellectuels de votre bord, vo

  • Claude Jean
    Inscrit
    lundi 21 juin 2010 18h06
    L'instruction à Québec sous le régime français.

    Un très beau texte rendant hommage à nos ancêtres, pour plus de détails consulter le lien suivant page 169 et 170:

    http://www.ourroots.ca/page.aspx?id=375866

  • d.lauzon
    Inscrit
    lundi 21 juin 2010 20h23
    @ M. Gilles Sansterre et à tous les amoureux(ses) du français
    Il est vrai que l'écriture et la lecture sont importantes, mais pour vraiment apprécier une langue, que ce soit le français, l'anglais, l'espagnol ou autres, la langue parlée demeure l'aspect primordial de la communication. Il y a des ethnies qui ne savent ni lire ni écrire et pourtant, ils possèdent une richesse de langage qui se communique de génération en génération. Je souhaite qu'un jour prochain les décideurs en matière d'éducation en arrivent à reconnaître l'importance de la communication, non pas seulement de professeur à élèves mais surtout entre jeunes. Le cours d'Éthique et culture religieuse imposé par le Ministère de l'Éducation devrait être remplacé par des ateliers de Relations Humaines. Les jeunes ont besoin d'apprendre à communiquer entre eux de façon efficace et intelligente. J'ai un fils en Secondaire 2 et quand je l'entend parler avec ses amis, je me dis qu'il n'est pas normal qu'après 9 ans de fréquentation scolaire que ces jeunes soient si limités dans leur langage. Les pédagogues sont tellement obsédés par l'idée de vouloir former les jeunes pour le marché du travail qu'ils négligent totalement de se pencher sur le développement humain sachant que celui-ci ne peut s'opérer sans l'apport de la COMMUNICATION. Ils sous-estiment le potentiel des jeunes dans ce domaine. Il faut ajouter à ça que les problèmes de taxage et d'intimidation dont tant de jeunes sont victimes à l'école sont directement liés à une manque dans l'apprentissage de la COMMUNICATION. Comment les jeunes peuvent-ils se respecter s'ils n'ont pas la chance de se parler et ainsi de se connaître?

  • Sansterre Gilles
    Inscrit
    lundi 21 juin 2010 21h22
    Accordons-nous plutôt dans la langue...
    M. St-Amand,

    Votre position du « gros bon sens » n'est pas aussi éloignée de la mienne qu'il n'y parraît.

    Je vous suggère donc la lecture du beau texte de Léopold Senghor; Le français, langue de culture, que vous trouverez ici:

    http://www.esprit.presse.fr/archive/review/article

    Senghor, natif du Sénégal, fut un des plus brillant académiciens du 20e siècle.

    Amicalement votre,

  • Louise Lanctôt
    Abonné
    mardi 22 juin 2010 15h51
    Mes excuses, Mme Buzzetti
    Dans mon premier commentaire, j'ai fait part de mon insatisfaction concernant l'article de Mme Buzzetti dans son ensemble, ce fut une erreur.

    Je souscrit presque entièrement aux conclusions du bel article de Mme Buzzetti, c'est plutôt contre certaines réflexions du Prof. Claude Poirier que je m'élevais. J'ai ainsi donné la mauvaise impression.

    Désolé!

    Alexis Cossette-Trudel

  • d.lauzon
    Inscrit
    mardi 22 juin 2010 18h54
    oui à la lecture et à l'écriture
    La lecture et l'écriture procurent à ceux qui s'y adonnent une grande source de plaisir tout en étant de merveilleux outils pour garder vivante la culture d'un peuple. Toutefois la façon dont on présente tout cela aux étudiants dans les écoles fait que que l'apprentissage du français devient un exercice pénible et ennuyant. Tout est sujet à des tests et des examens alors que l'on devrait privilégier la créativité. Un professeur m'a déjà dit qu'elle préférait faire faire des dictées parce que des compositions de textes prenaient trop de temps à corriger. De toute façon, les programmes imposés par le Ministère de l'Éducation laisse très peu de temps aux professeurs pour proposer des activités où la créativité et la COMMUNICATION entre les jeunes seraient possibles. Les professeurs et tous les intervenants dans le milieu scolaire sont tous pris dans un tourbillon nourri par des valeurs ayant trait à la performance et la compétition. L'attrait pour les écoles privées en est la démonstration.

  • Marie-France Legault
    Inscrit
    jeudi 24 juin 2010 09h20
    De quelle langue s'agit-il?
    je me demande toujours quelle langue protège la Loi 101;
    le franglais, le joual ou le français international?
    celui-ci est COMPRIS par tous les francophones de la planète.

    l'argot, le créole, le joual ne sont aps compris par tous...

  • d.lauzon
    Inscrit
    jeudi 24 juin 2010 11h51
    le français à l'école: une exercice académique
    Tant et aussi longtemps que le français enseigné dans les écoles va continuer d'être un pur exercice académique, on ne pourra pas espérer que se développe un plus grand attachement pour notre langue. Pour que les jeunes puissent y découvrir une vraie richesse, il va falloir y intégrer des éléments de créativité et promouvoir la COMMUNICATION VERBALE ENTRE LES JEUNES au lieu de leur imposer le SILENCE. Jacques Salomé, ce grand psycho-sociologue et écrivain français disait dans une de ses livres que nous sommes tous des handicapés de la relation et que l'école est en grande partie responsable de ce problème. Il dit aussi à peu près ceci: que le seul temps où les jeunes ont le droit de parler c'est pour répondre aux questions des professeurs et rien d'autre. Les jeunes doivent apprendre les longues formules mathématiques, les sciences, l'histoire etc. et la majorité d'entre eux le font strictement pour les besoins des examens et aussitôt l'examen terminé, aussitôt la matière oubliée. Il serait intéressant de refaire passer les examens de maths. ou d'histoire ou autres à des jeunes 4 ou 5 ans après pour savoir ce qu'ils ont retenu. J'ai l'impression que beaucoup échoueraient.

    Je déplore surtout qu'on n'enseigne pas aux jeunes dans les écoles, dans des ateliers et non pas des cours magistraux, ce dont ils ont tant besoin pour mener une vie intellectuelle et émotive équilibrée (relations humaines, psychologie, créativité) et ce manque a un impact à long terme. Cela se traduit par un manque d'aptitude dans les rapports sociaux (amis, famille, travail).

  • France Marcotte
    Abonnée
    jeudi 24 juin 2010 13h32
    Ne soyons pas stupides
    "En général, les Québécois favorisent plutôt les solutions collectives alors que les Canadiens anglophones ont tendance à être plus individualistes". Ceci est-il toujours vrai? Il me semble que les Québécois deviennent très individualistes. Après tout, c'est peut-être depuis que le français recule au profit de l'anglais... "La langue est le premier système d'organisation de la pensée, elle conditionne notre perception de ce qui nous entoure", dit encore la professeure Bouchard. Faut croire que quand le français en usage s'appauvrit au profit d'un anglais lui aussi baragouiné, les perceptions s'uniformisent, se nivellent par le bas? Vite qu'on retombe en amour avec le français avant de devenir stupides!

  • S Allard
    Inscrit
    vendredi 25 juin 2010 08h29
    Langue et pensée, une vieille idée
    Cette idée voulant que la langue soit «t le premier système d'organisation de la pensée» et qu'en ce sens, «elle conditionne notre perception de ce qui nous entoure» est une vieille idée bien connue sous le nom de l'hypothèse Whorf-Sapir ou le principe de la relativité linguistique.

    Sans entrer dans les détails techniques, ce qu'il faut savoir c'est qu'au-delà de grandes déclarations de principe sur le rapport entre la culture et la langue, on n'a jamais prouvé aucun lien que ce soit entre un fait linguistique et un fait de pensée ou de culture. En quoi est-ce que le système verbal du français conditionne la perception du monde? Est-ce que la présence du genre féminin ou masculin des substantifs en français fait en sorte que les francophones voient le monde différemment des anglophones?

    La réponse à ces questions, comme à toutes celles de même nature, est toujours NON.

    Ce qui est vrai, et ce qui cause beaucoup de confusion, c'est que dans la mesure où 'une langue est fortement associée à une histoire et à une culture, elle est perçue comme le symbole même de cette culture, comme c'est souvent le cas au Québec. On investit la langue de toutes sortes de vertus. L'explication des spécificités culturelles du Québec n'est pas dans la langue mais plutôt dans l'histoire.

    Or, il se passe quelque chose de très intéressant en ce moment au Québec. Le français est de plus en plus parlé par des gens qui ne sont pas de culture québécoise d'origine. Est-ce que leur perception du monde est en train de changer? On verra. Je me demande si ce n'est le contraire qui est en train de se passer, C'est à dire que le français québécois est appelé à changer parce qu'il est de plus en plus parlé par des gens d'autres provenances. Ce n'est qu'une hypothèse.

  • jpab
    Inscrit
    samedi 26 juin 2010 11h32
    Le prix de l'universalisme
    Il me parait bon d'indiquer ici que l'approche académique de la langue française, telle qu'elle a été développée par la France, semble aujourd'hui faire école. En effet, le Royaume-Uni vient de créer une académie à la française en vue de tenter de protéger la langue anglaise. Celle-ci de par son utilisation généralisée est, en effet, en voie de créolisation qui risque à long terme de voir cette langue éclater en plusieurs langues, comme cela s'est passé, par exemple, pour le latin. D'autre part, le multiculturalisme en vogue au Royaume-Uni a entrainé de fait une division linguistique du pays. C'est ainsi, par exemple, que dans certaines villes du Royaume il est possible de vivre sans jamais utiliser la langue anglaise. Aux Etats-unis d'Amérique également, les autorités tentent d'endiguer la progression de la langue espagnole depuis la frontière mexicaine.
    Ces constatations me permettent de rappeler que la seule solution pérenne à la survie des langues du monde serait d'instituer partout un véritable plurilinguisme qui placerait la langue anglaise au même rang que les autres langues de communication internationale.

  • d.lauzon
    Inscrit
    samedi 26 juin 2010 20h51
    Sommes-nous plus individualistes que les anglophones?
    Je crois que les individus qui composent les sociétés dites "modernes" tendent à être de plus en plus individualistes. Cet individualisme n'est pas le lot d'une communauté en particulier. Il faut plutôt regarder du côté du système d'éducation qui s'est donné comme objectif la réussite scolaire pour qu'éventuellement ;es jeunes puissent, une fois les études terminées, devenir des travailleurs productifs et de bons consommateurs. Il ne faut donc pas se surprendre à constater que les gens deviennent de plus en plus individualistes et matérialistes car l'école les a préparé à ça.

  • Celine A. Massicotte
    Abonnée
    samedi 26 juin 2010 22h10
    Drôle de débat... que je me disais; mais drôle d'article, finalement.
    Hélène Buzetti, d'habitude si rigoureuse, base son article, incluant les interventions extérieures qu'elle y rapporte, sur de fausses prémisses. Suite à un épisode de Quebec Bashing médiatique, Mme Buzetti elle-même avait écrit un article intitulé "Le niqab des deux solitude"; le 24 mars, elle en écrivait un autre, intitulé celui-là "Le niqab des deux solitudes: vraiment?". De nombreux lecteurs du ROC avait réagit à cette affaire, et il en ressortait que finalement une grande majorité d'entre eux pensaient la même chose que les Québécois, et plusieurs s'indignaient de la manière dont les journalistes et spécialistes anglophones avait été traitée notre réaction dans cette affaire. Donc ce n'est pas une question de langue, c'est ce qu'elle a conclu dans son deuxième article.

    Pourquoi donc, fait-elle semblant aujourd'hui d'accorder du crédit à une théorie qu'elle a elle-même invalidée? C'est à n'y rien comprendre!

    L'art de faire semblant de parler d'un sujet " Le français, pivot de l'identité québécoise" tout en parlant de N'IMPORTE QUOI?

  • Allophone
    Inscrit
    dimanche 27 juin 2010 01h17
    Et la lecture de romans traduits?
    S Allard a écrit:
    En quoi est-ce que le système verbal du français conditionne la perception du monde? Est-ce que la présence du genre féminin ou masculin des substantifs en français fait en sorte que les francophones voient le monde différemment des anglophones?..... L'explication des spécificités culturelles du Québec n'est pas dans la langue mais plutôt dans l'histoire.

    Je suis d’accord. Et que dire de la lecture en français des milliers de romans traduits des auteurs internationaux? Comment est-ce que nous sommes conditionnés à la perception du monde par la lecture en français de Robert Ludlum (La Mémoire Dans la Peau / américain), de J.K. Rowling (Harry Potter / anglais), de J.R.R. Tolkien (Seigneur des Anneaux / anglais), de Lars Stieg (Millenium / suédois), Homère (Odyssée / grec) et de Dostoïevski (Crime et Châtiment / russe) pour ne nommer que quelques uns? Est-ce que, en les lisant en français, nous serions conditionnes différemment a la perception du monde que si nous les lisions en anglais ou dans la langue originale des livres? Est-ce que l’interprétation serait différente de ce que l’auteur aurait voulu transmettre parce que la lecture est faite dans une autre langue que la langue d’origine? Et si un anglophone lisait Bonheur d’Occasion/The Tin Flute (Gabrielle Roy), est-ce qu’il manquerait quelque chose?

  • S Allard
    Inscrit
    dimanche 27 juin 2010 01h42
    Une académie de la langue anglaise?
    J'ai beau chercher sur le net, je ne trouve aucune mention d'une académie de la langue anglaise au Royaume-Uni. Est-ce que l'internaute jpab pourrait nous donner des précisions?

  • jpab
    Inscrit
    dimanche 27 juin 2010 11h12
    Réponse à S. Allard
    L'information sur la création de l'académie à la française au Royaume-Uni est parue dans le journal "Le Monde" en date du 15 juin dans un dossier intitulé "L'anglais est-il en danger" signé par Delphine Papin et Brigitte Perucca.
    Je reste à votre écoute.
    JP Asselin de Beauville

  • S Allard
    Inscrit
    dimanche 27 juin 2010 18h21
    Quelle académie de la langue anglaise
    Après quelques recherches, j'ai trouvé l'article sur cette soi-disant académie de la langue anglaise. (je remercie l'internaute jpab). Mais le phénomène en question n'est tout à fait conforme à la citation de jpab: "En effet, le Royaume-Uni vient de créer une académie à la française en vue de tenter de protéger la langue anglaise..".

    Tout d'abord, ce n'est pas le Royaume-Uni, le gouvernement ou le pays, qui vient de créer une académie mais un groupe d'individus issus du Queen's English Society. L'article du Monde s'intitule "Pour préserver leur langue, des Anglais veulent créer une Académie" On constate en effet que c'est un aéropage de puristes anglais préoccupés par le déclin de la langue et par la correction des fautes. N'importe qui peut devenir membre de la QES English Academy moyennant une cotisation de 20 livres.

    Appeler ça une académie à la française, c'est mal connaître l'histoire de l'Académie française et surtout c'est faire insulte à cette dernière. Ça fait rire. Je crois que cela ne vaut pas la peine d'en parler plus. On n'est pas près de voir arriver quarante ringards immortels anglais habillés de l'équivalent de nos habits verts. Vraiment, ce n'est pas sérieux.

  • d.lauzon
    Inscrit
    mardi 29 juin 2010 23h27
    L'attachement à la langue
    Ce n'est pas la langue qui donne aux individus une perception particulière du monde. Les francophones par exemple ne voient pas tous le monde de la même manière et chaque entité à ses propres perceptions qui peuvent rejoindre celles d'une communauté linguistique différente de la sienne.

    Ce qui fait que les anglophones ou les francophones tiennent tant à leur langue c'est plutôt dû au fait que celle-ci leur a appris à communiquer avec les autres humains et que la culture inhérente à cette langue les a d'une certaine manière marqués et nourris.

  • Marc Tremblay
    Inscrit
    mercredi 30 juin 2010 10h58
    Vive la langue française
    Puisqu'il s'agit de communiquer adéquatement, il est nécessaire d'enseigner le français international. Dire que je parle québécois n'a pas plus de sens que de dire que les Mexicains parlent le mexicain ou que les Étatsuniens parlent l'américain. Les Mexicains parlent l'espagnol et les Étatsuniens parlent l'anglais.

  • Celine A. Massicotte
    Abonnée
    vendredi 2 juillet 2010 11h06
    À Marc Tremblay: petit désacord.
    Je crois effectivement qu'on doit enseigner le français international, mais en même temps on doit tenir compte du québécois ou du joual car, contrairement à ce que vous dites, dans la plupart des cas, si on lit une oeuvre littéraire écrite aux États-Unis EN TRADUCTION, on apperçoit la mention suivante "traduit de l'américain ", des fois en français international, des fois en québécois. Même phénomène au cinéma, mais sans tambour ni trompette.

    Le français, ou l'anglais, international c'est une chose, la culture en est une autre... tout aussi importante, ce qui s'applique aussi au créole. L'important, justement, c'est de faire ces disctinctions et que l'enseignement ne soit pas un fourre-tout. Hélas, chez nous je crois que toutes ces nuances ont été abandonnées.

  • Claude Jean
    Inscrit
    samedi 3 juillet 2010 06h27
    La définition que donne l'UNESCO de la culture
    En sociologie, la culture est définie comme "ce qui est commun à un groupe d'individus et comme ce qui le "soude". Ainsi, pour une institution internationale comme l'UNESCO : « Dans son sens le plus large, la culture peut aujourd'hui être considérée comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l'être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. »[1] Ce "réservoir commun" évolue dans le temps par et dans les formes des échanges. Il se constitue en manières distinctes d'être, de penser, d'agir et de communiquer.

    Soldat Sanspareil
    2ème bataillon du régiment de la Sarre
    Vive le Roy!
    http://www.regimentdelasarre.ca
    http://www.tagtele.com/videos/voir/46581
    http://www.ameriquebec.net/actualites/2009/08/03-r
    François Mitterrand
    Un peuple qui n'enseigne pas son histoire est un peuple qui perd son identité.

  • Claude Jean
    Inscrit
    dimanche 4 juillet 2010 20h23
    La Fête nationale du Québec... au-delà des mots
    Il s'est passé bien des choses dans notre pays, mais à chaque année, le 24 juin est venu rappeler à tous les Canadiens et Canadiennes que le français est une réalité dans ce grand bassin situé au milieu du monde anglophone.

    Certes, le territoire du Québec est immense, mais en le regardant sur le plan géographique, nous réalisons qu'il est entouré de provinces dont la langue de la majorité est l'anglais et au Sud, ce sont les États-Unis. Vivre au Québec tout en conservant cette langue est alors un véritable défi, un combat quotidien qu'il faut mener pour conserver notre langue française et nos traditions.

    Outre la simple volonté – qui est noble en soi – c'est l'effort constant qu'il faut mettre pour parler et écrire un bon français qui prime; pour ce faire, il faut que la fierté d'être francophone ne soit pas un simple slogan que l'on crie lors des fêtes populaires, mais une façon de vivre au quotidien. Pour que les Québécois et Québécoises réussissent à protéger leur langue, il va falloir qu'ils cessent de s'en remettre exclusivement aux politiciens et plutôt faire l'effort personnel d'améliorer leur façon de parler, de s'exprimer, d'écrire. La fierté, c'est d'abord dans la tête et dans le cœur, dans la façon de vibrer intérieurement au point de passer à l'action. La facilité, c'est de s'envelopper dans un drapeau et de porter haut une pancarte nous affirmant comme francophone. La facilité, c'est de crier comme un enfant que nous sommes Québécois ou Québécoises. La maturité, c'est de bien parler et de bien écrire. Par la suite, le mot «fierté» pourra prendre son véritable sens...

    Pour faire lecture du texte intégral:

    http://www.patriotes.cc/portal/fr/ArticleView.php?


    François Mitterrand
    Un peuple qui n'enseigne pas son histoire est un peuple qui perd son identité.

  • Marc Tremblay
    Inscrit
    lundi 5 juillet 2010 12h31
    À Céline A. Massicotte.
    Je ne dis pas qu'on doit parler pointu, comme les journalistes de R.C. Mais l'américain ou le québécois ne sont pas des langues. Je ne nie pas les différences, mais les Québécois qui persistent à parler le joual ou les Haïtiens (le créole ) ne se font pas comprendre dans les autres pays fancophones.

    On a peut-être un petit désaccord, comme vous dites, mais il est mineur. Amicalement.

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