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La carrière de Lise Bissonnette saluée

L'ancienne directrice du Devoir a reçu hier à Toronto le prix Couronnement de carrière de la Fondation pour le journalisme canadien

Lise Bissonnette
Photo : Fondation du journalisme canadien
Lise Bissonnette
Douze ans après avoir quitté la direction du Devoir, Lise Bissonnette a reçu hier soir un important prix de journalisme, le prix Couronnement de carrière (Lifetime achievement) de la Fondation pour le journalisme canadien.

«J'ai été très étonnée quand on m'a annoncé la nouvelle», a-t-elle indiqué hier en entrevue téléphonique de Toronto, avant la remise du prix. «Le jury a probablement tenu compte du centenaire du Devoir. Mais il faut dire aussi que j'ai eu beaucoup de contacts avec le Canada anglais. J'ai été nommée directrice du Devoir en juin 1990, il y a 20 ans, alors que l'accord du lac Meech agonisait. J'étais sans cesse contactée par les médias du reste du pays, et même par les médias américains, qui m'interviewaient pour comprendre ce qui se passait entre le Québec et le Canada!»

La Fondation pour le journalisme canadien a été créée en 1990 pour encourager l'excellence en journalisme. Depuis 1996 elle a décerné son prix Couronnement de carrière à des personnalités comme Peter Gzowski, Peter C. Newman, Knowlton Nash et Norman Wesbter. Bernard Derome l'a reçu en 1999.

Lise Bissonnette a commencé sa carrière au Devoir en 1974. Rédactrice en chef dans les années 1980, elle a quitté le journal pour y revenir par la grande porte en 1990, devenant la première femme à le diriger. Elle a restructuré l'entreprise, et en 1995 elle a fait du Devoir le seul journal à appuyer en éditorial le projet de souveraineté du Québec. Elle quittait Le Devoir en 1998 pour créer la Grande Bibliothèque (devenue par la suite Bibliothèque et Archives nationales du Québec).

«C'est le journalisme qui m'a amenée à la Grande Bibliothèque, puisque j'y ai découvert que j'aimais diriger une institution», dit-elle. Et du Devoir à la Grande Bibliothèque, elle a retrouvé les mêmes préoccupations pour «le patrimoine, la transmission des valeurs, la réflexion, l'histoire, l'éducation».

Foi en l'avenir

Lise Bissonnette n'a pas l'intention de revenir au journalisme, mais le destin des journaux ne la laisse pas indifférente, bien sûr. Et elle croit fermement en l'avenir des journaux de qualité.

«Lorsque j'étais directrice, dit-elle, je recevais des conseils pour faire du Devoir un journal économique, ou, à l'inverse, pour investir dans le "style de vie", explique-t-elle. Plusieurs journaux nord-américains sortaient alors du politique et du social pour aller dans le style magazine, et pour se lancer dans l'accompagnement de la vie quotidienne, par exemple avec des conseils pour élever les enfants ou avec des recettes... Nous, nous avons voulu recentrer Le Devoir sur sa mission, sur le politique, le social, la culture, la réflexion. Les informations pratiques dans le style magazine, on les trouve maintenant partout sur Internet. Alors qu'un journal de réflexion comme Le Devoir se porte très bien...»
 
 
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  • Yvon Leclerc - Abonné
    11 juin 2010 08 h 31
    La petite mort
    bravo madame Bissonnette
    vos éditoriaux étaient mon inspiration de la journée
    je n'oublierai jamais celui que vous aviez signé pour propos de l'entente de Charlottetown et qui s,intitulait «La petit mort».
    et le NON retentissant qui avait suivi
    vous nous manquerez toujours.
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  • Jean Martinez - Inscrit
    11 juin 2010 10 h 19
    Une très grande dame
    C'est avec nostalgie que je pense à sa plume d'éditorialiste. Une femme extrêmement brillante, qui n'a pas été remplacée dans la réflexion politique au Québec. Comparés à elle, les Pratte et Dubuc de ce monde sont de véritables pygmées.

    Seule Josée Legault s'approche de Madame Bissonnette par son intelligence et sa détermination. Il est à espérer que d'autres suivront, car notre peuple en a aujourd'hui cruellement besoin.
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