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Comment adopter une mobilité durable?

Comment peut-on réorganiser nos déplacements urbains individuellement et collectivement de façon à respecter les principes du développement durable? La question est cruciale au moment où Montréal doit refaire l'échangeur Turcot. D'intéressantes pistes de réponse ont été débattues hier lors d'un colloque sur la mobilité durable qui avait lieu hier à l'Université de Montréal, dans le cadre du congrès de l'Acfas.
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  • Jean Richard
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    jeudi 13 mai 2010 09h07
    La voiture individuelle est-elle disciplinable ?
    Parler de transports en commun à Montréal, c'est parler de grands rêves, de beaux projets, puis se dire qu'on ne vivra jamais assez vieux pour assister à leur réalisation.

    Qu'a-t-on fait dans la métropole québécoise pour améliorer les transports au cours des 10 dernières années ? Ajouter trois stations de métro à Laval ? Ça n'améliore pas grand chose car ça ne vient que congestionner la ligne orange, faute de matériel roulant. Bixi ? C'est génial, mais ça reste marginal et en plus, Bixi n'a pas été accompagné des infrastructures nécessaires pour rassurer ceux et celles qui craignent de rouler à vélo. Des pistes cyclables comme celle de la rue Boyer, c'est en plein ce qu'il ne faut pas faire et de toute façon, elle était là avant Bixi.

    Bref, des petits projets sous-exploités parce qu'incomplets, et des grands projets qui ne verront probablement pas le jour : c'est un bilan peu reluisant. Ajoutez-y le MTQ et la SAAQ, à la culture fossile, et vous avez tout ce qu'il faut pour vous inquiéter de l'avenir de Montréal.

    Mais il y a pire. Il y a l'automobile, qui ne cesse de devenir de plus en plus envahissante, et qu'on oublie de discipliner sous prétexte que c'est un temple privé à l'intérieur duquel s'exprime un droit sacré, celui de l'individualisme. Pourtant...

    Si on veut réduire de moitié la quantité de voitures qui envahissent les rues de la ville chaque jour, il y a une solution mathématiquement simple : il suffit de doubler le taux d'occupation de chacune d'elle. Sachant que ce taux d'occupation est inférieur à deux personnes, ça ne semble pas être un défi de taille. Dans le passé, on a avancé quelques solutions pour inciter les gens à partager leur voiture pour en augmenter le taux d'occupation. On s'est empressé de dire que le covoiturage était incompatible avec la culture de l'automobiliste, ce qui n'est pas totalement faux, mais la raison majeure de l'échec ne viendrait-elle pas du fait qu'on est jamais allé très loin dans l'application des mesures proposées.

    Pour inciter les gens au covoiturage, il y a deux domaines où il est possible de jouer : la circulation sur les autoroutes (voies réservées aux voitures ayant plus de 3 personnes à bord - ou 2 personnes si c'est une petite voiture à deux places), et le stationnement en milieu de travail. Parallèlement, il y a des dispositifs de communication requis pour faciliter ce covoiturage, mais comme déjà mentionné, avec internet, c'est assez facile à mettre en œuvre.

    Le covoiturage exige un changement de mentalité, mais avant tout, une approche plus disciplinée de la gestion des déplacements. Il ne doit probablement pas être vu comme une solution à long terme, mais à court terme, il s'impose. La modernisation des infrastructures de transport urbain imposera des chantiers complexes qui viendront fortement perturber la circulation automobile (tous modes confondus), d'où la nécessité de ne pas écarter les mesures à court terme, en particulier quand elles exigent si peu d'investissement.

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