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Libre opinion - Le registre des armes à feu, un gage de sécurité

Yves Francoeur et Denis Côté  13 mai 2010  Actualités en société
On ne se prive pas d'un outil précieux sous prétexte qu'il n'est pas parfait, surtout quand il est déjà payé et qu'il ne reste qu'à l'entretenir... Le projet de loi C-391 (abrogeant le registre des armes d'épaule) qui détruirait l'efficacité d'un instrument utile aux policiers et à la sécurité de la population doit être battu et l'enregistrement des armes d'épaule doit demeurer.

Si les conservateurs s'y opposent pour des raisons idéologiques sans fondement rationnel, le Bloc québécois et les libéraux imposeront une ligne de parti pour voter contre le projet de loi et maintenir ainsi le registre des armes d'épaule. Malheureusement, Jack Layton, en s'y refusant, risque de transformer les néo-démocrates en fossoyeurs du registre. Les policiers canadiens consultent le registre des armes à feu environ 11 000 fois par jour. En plus d'offrir une information très pertinente en matière de sécurité, le registre actuel crée des conditions pour que les armes légales demeurent entre les mains des bonnes personnes. Il responsabilise les propriétaires, qui doivent disposer avec soin d'une arme enregistrée à leur nom.

Est-ce que le registre peut prévenir tous les crimes commis avec des armes à feu? Non. Est-ce une raison pour faciliter la possession d'armes à feu aux personnes dangereuses? Non plus. On ne saura jamais combien de drames auront été évités grâce au registre. Mais ce que l'on sait, c'est que depuis l'adoption de la Loi sur les armes à feu, les homicides commis avec des armes d'épaule ont diminué de plus de 40 %.

Si le projet de loi C-391 est adopté, le Ruger mini 14 — utilisé par l'assassin à l'École polytechnique le 6 décembre 1989 — n'aura plus à être inscrit au registre, ce qui est aberrant. De plus, 14 des 16 derniers policiers ayant été abattus avec des armes à feu l'ont été avec des armes longues. Combien y en aurait-il eu de plus sans le registre? C'est impossible à dire.

Mais indéniablement, il est faux de prétendre que ces armes ne servent qu'à la chasse. D'ailleurs, rarement aura-t-on vu une telle unanimité parmi les policiers canadiens, soit l'Association canadienne des policiers, l'Association canadienne des chefs de police et l'Association canadienne des commissions de police qui sont du même avis que les groupes de femmes et de prévention du suicide: le registre doit demeurer intact.

Maintenir l'enregistrement des armes d'épaule coûte environ quatre millions de dollars par année, un montant insignifiant lorsque comparé aux coûts associés aux blessures et aux décès par armes à feu. Certes, mettre en place le registre a coûté plus cher que prévu, mais maintenant qu'il est instauré, il ne reste qu'à l'entretenir. On ne brûle pas sa maison parce qu'elle a coûté cher. Au contraire, on l'entretient, justement parce qu'elle a coûté cher et qu'elle représente un investissement majeur et surtout, extrêmement utile.

***

Yves Francoeur - Président de la Fraternité des policiers de Montréal

Denis Côté - Président de la Fédération des policiers municipaux du Québec
 
 
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  • Claude Archambault - Inscrit
    13 mai 2010 09 h 47
    Dawson?
    L'arme était enregistré!
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  • Bernard Terreault - Abonné
    13 mai 2010 10 h 13
    Merci MM. les policiers !
    On critique souvent, et pas toujours à tort, le travail des policiers, mais votre intervention nous fait comprendre que, pour la majorité d'entre vous, vous avez les bons réflexes sur des questions de cette importance. Tant qu'au NPD, qui se prétend progressiste, malgré tous les sparages et manifestations d'amour de MM. Mulcair et Layton, il est toujours déconnecté du Québec.
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  • Pierre Rousseau - Inscrit
    13 mai 2010 10 h 13
    Faux!
    il est très décevant de voir les policiers donner une information qui est très en marge de la réalité. Qu'ils consultent le registre pour savoir s'il y a des armes à feu dans un endroit, soit, mais s'ils se fient là-dessus, ils sont naïfs sans borne. La plupart des crimes commis avec des armes à feu sont commis avec des armes à autorisation restreintes non enregistrées... et ce registre existe depuis plusieurs décennies et n'est pas visé par le projet de loi C-391. S'ils sont assez naïfs pour ne pas prendre de précautions en entrant dans un lieu parce qu'il n'y a pas d'armes d'enregistrées, c'est carrément négligent. Donc, en fait le registre leur donne une information sur laquelle ils ne peuvent pas vraiment se fier.

    Ensuite ils écrivent: « le registre actuel crée des conditions pour que les armes légales demeurent entre les mains des bonnes personnes » Faux! Le registre ne fait rien de tel - c'est l'autorisation d'acquisition d'armes à feu (AAAF) qui déclenche les enquêtes et qui permet à une personne d'acquérir une arme à feu et il n'est pas question d'abolir l'obligation d'être titulaire d'une AAAF.

    Ils écrivent: « Il responsabilise les propriétaires, qui doivent disposer avec soin d'une arme enregistrée à leur nom » Encore faux! Les dispositions de la loi sur les armes à feu couvrant l'entreposage et le maniement sécuritaire des armes à feu n'ont rien à voir avec le registre et ne seront pas abolies, loin de là. Le registre ne fait que les enregistrer, un point c'est tout et ça ne responsabilise personne. Par contre les disposition sur le remisage des armes sont très pertinentes et elles visent directement la sécurité des gens - par exemple le fait d'avoir à garder ses armes et munitions sous clé prévient bien des cas de manipulation accidentelle des armes, par des enfants par exemple. Il n'est pas question d'abolir ces dispositions.

    Ils disent: « Est-ce une raison pour faciliter la possession d'armes à feu aux personnes dangereuses? » Faux! Que le registre soit là ou pas, ça ne fait aucune différence pour faciliter la possession d'armes à feu - c'est l'AAAF qui fait la différence et, encore, il n'est pas question de l'abolir.

    Ils écrivent «depuis l'adoption de la Loi sur les armes à feu, les homicides commis avec des armes d'épaule ont diminué de plus de 40 % » Vrai, mais la loi à laquelle ils réfèrent c'est la loi générale qui impose les AAAF et le remisage et transport sécuritaires des armes à feu. Le registre n'est qu'un accessoire insignifiant à côté de ces dispositions sérieuses et il ne faut en rien voir la diminution des homicides commis avec les armes de chasse comme une conséquence du registre - ce serait une grave erreur. La preuve c'est qu'il n'y a aucune diminution des crimes commis avec des armes de poing (à autorisation restreintes) qui doivent être enregistrées depuis plusieurs décennies...

    Le type d'arme utilisée à Polytechnique pourrait être mis sur la liste des armes à autorisation restreinte mais ça ne changerait strictement rien car enregistrée ou pas, le crime aurait été commis de toutes manières. Mais là où la manipulation est la plus évidente c'est lorsqu'ils écrivent: « 14 des 16 derniers policiers ayant été abattus avec des armes à feu l'ont été avec des armes longues. Combien y en aurait-il eu de plus sans le registre? » Voyons donc! Le registre existe et c'est ce qui se passe et ça prouve que ça n'a rien changé - les policiers savaient ou devaient savoir que ces personnes étaient possesseurs d'armes enregistrées et ces événements terribles sont quand même arrivés.

    La manipulation continue avec « il est faux de prétendre que ces armes ne servent qu'à la chasse »! Sur quoi se basent-t-ils pour dire ça? À quoi servent les milliers d'armes de chasse au pays si ce n'est pour la chasse et pour les pratiques de tir? Pour se protéger? Alors vous pensez qu'une arme verrouillée est efficace pour ça? À commettre des crimes? Alors expliquez-nous comment ça se fait que le taux de crimes par armes à feu soit si bas ici, au Canada, comparé à d'autres pays? C'est de la pure spéculation basée sur rien de concret.

    C'est bien dommage que les policiers se livrent à une telle campagne de désinformation et qu'ils se servent de leur pouvoir à des fins politiques en parlant du NPD. Ils démontrent malheureusement qu'ils ont soif de plus de pouvoirs et que nous allons de plus en plus vivre dans un état policier s'il n'en tient qu'à eux. Prochaine étape: l'enregistrement des couteaux de cuisine car en fait la plupart des homicides au Canada sont causés par des armes blanches...
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  • Robert Geoffrion - Inscrit
    13 mai 2010 10 h 21
    La nature du problème
    C'est en milliards de dollars que se comptabilise les coûts du registre des armes à feu. Du vrai gaspillage. Le vrai problème n'est pas l'arme à feu mais plutôt le doigt qui est sur la gachette. Je souhaiterais voir autant d'argent investi en soins psychologiques plutôt que dans une liste virtuelle.
    Pensez-vous réellement qu'une liste préviendra un désaxé de commettre l'irrémédiable?
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  • Byron Altair - Inscrit
    23 mai 2010 11 h 56
    Infantilisé un Peuple par la peur.
    Un peuple sans arme et sans la connaissance des armes est un peuple
    infantilisé et fragilisé. Toute personne honnête devrait avoir la possibilité de vivre dans un pays libre avec la responsabilité de se défendre, défendre son pays, défendre sa famille. Les bandits ont des armes et savent s'en servir. Pensez-vous qu'ils s'occupent de la faire enregistrer ??? Le policiers sont assez intelligents pour savoir que le registre et les bandits font deux et je pense pas qu'ils ajustent leurs interventions selon le registre.
    Savez vous seulement comment charger une arme, l'armer, l'utiliser et vous en servir en toute sécurité ???
    Si la réponse est non, vous avez un sérieux problème et vous ne le savez même pas.
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  • Roland Cote - Inscrit
    29 mai 2010 20 h 59
    MISE AU POINT SUR LE REGISTRE des armes à feu
    Je suis un policier à la retraite, spécialiste de la sécurité dans le maniement sécuritaire des armes et formé par l’armée canadienne de 1958 à 1963. De 1967 à 1997, j’ai donné des cours de sécurité dans le maniement des armes à plus d’une vingtaine d’associations de chasse et de pêche pour l’obtention du certificat du chasseur. Comme membre de la Gendarmerie Royale du Canada j’ai aussi été instructeur, moniteur et officier de tir pendant près de 20 ans.

    Et pourtant, je considère que le registre des armes à feu est inutile et trop coûteux.


    À QUOI SERT LE REGISTRE ?

    Depuis 15 ans le registre des armes à feu, mis en vigueur en 1995, a coûté environ deux milliards de dollars de nos taxes.
    Le registre n’a donné aucun résultat.

    Selon des rapports publiés par Statistiques Canada, nous savons qu’environ 98 % des armes à feu utilisées pour l’exécution d’un crime ne sont pas enregistrées. Dans une même période donnée, depuis que le registre est en place, jamais dans toute l’histoire du Canada autant de policiers sont tombés sous les balles des criminels.

    Commençons par le dernier, le policier Tessier de Ville de Laval, abattu lors d’une intervention chez des narcos-trafiquants. Son meurtrier était propriétaire de quatre armes de poings, dont trois non enregistrées et la quatrième non réadressée, chargées à bloc dans sa demeure. Résultats : acquitté du meurtre et condamné pour possession d’armes non enregistrées. Sentence… quelques mois de prison !

    Autre cas : Valérie Gignac, policière de Laval abattue en service alors qu’elle répondait à un appel, pour un individu bien connu des policiers, considéré comme violent et dangereux. Interdit d’armes à feu, ce dernier aurait eu, semble-t-il, une permission de la Cour pour avoir une arme de chasse, pour chasser l’orignal. Valérie Gignac n’était pas en territoire de chasse. Valérie Gignac est décédée inutilement.

    Le bilan dans les provinces de l’ouest est très lourd. En Alberta quatre membres de la Gendarmerie Royale du Canada ont été abattus. Au Manitoba, deux autres membres de la GRC abattus, et finalement, deux de plus dans les Territoires du Nord-Ouest.

    L’Agent L’Écuyer de la police de Montréal a lui aussi été tué au cours d’une opération. Du côté civil, on se rappellera le cas de cette dame de Sorel-Tracy en instance de divorce qui fût abattue par son ex-mari, reconnu comme violent par son entourage de même que par les différents corps policiers de la région.

    Nous avons là quelques-uns des faits qui démontrent que le registre est inutile.

    Onze policiers sont décédés en devoir : bien que le registre ait été consulté, les résultats sont négatifs !


    OÙ METTRE LES EFFORTS ?

    Toutes les armes à feu sont déjà dans un processus de suivit très strict. Voici le cheminement : de l’usine aux grossistes, et ensuite des magasins aux acheteurs, donc répertorié à quatre reprises. Ce dernier (l’acheteur) doit, lors de l’achat, posséder un certificat d’acquisition et de possession d’armes à feu qui confirme que le client est qualifié et a reçu la formation adéquate pour posséder une arme à feu.

    Tout le processus que je viens d’énumérer ne coûte rien aux payeurs de taxes Cependant les utilisateurs doivent payer. De plus, toutes ces informations, importantes pour les différents corps de police, sont disponibles pour fin d’enquête.

    Pourquoi alors ajouter un autre registre coûteux ?


    RETIRER LES ARMES LONGUES (de chasse) DU REGISTRE

    Considérant qu’approximativement 90 % des crimes sont commis avec des armes blanches et qu’au-delà de 95 % des armes à feu utilisées sont des armes à autorisations restreintes, (armes de poings) pourquoi avoir un registre pour les armes longues qui sont utilisées par les chasseurs et tireurs sportifs, alors qu’un très faible pourcentage de crimes sont commis avec des armes longues ?

    Ce processus complètement inutile et coûteux n’est pas en mesure de contrer les crimes commis avec des armes à feu longues.
    Mon expérience de 26 ans comme policier me permet d’affirmer, sans crainte de me tromper, que ce sont des amendements au Code criminel concernant les crimes commis avec armes à feu, qui serviront les policiers dans leur travail. Dans pareil cas, des sentences d’emprisonnement ferme selon le type d’infraction pourraient avoir des effets dissuasifs.

    Le Gouvernement Harper a proposé le retrait des armes longues du registre des armes à feu, ce qui est entièrement justifié. Cette mesure permettrait d’économiser environ deux cent millions de dollars annuellement.

    Les budgets accordés au registre devraient être investis pour augmenter les effectifs des corps policiers qui sont nettement insuffisants pour lutter efficacement contre le crime organisé, les gangs de rue et autres organisations criminelles. L’augmentation des effectifs policiers est absolument nécessaire au Québec.

    Mais qui aura le courage de modifier les Lois, en amendant le Code criminel, afin de punir les criminels et non de faire porter le fardeau par les honnêtes citoyens du pays tout entier ? Quand cesserons-nous de voir les sentences (bidon) avec des ententes entre la Couronne et la Défense ?

    La réponse est entre les mains du Gouvernement fédéral en place, qui, je l’espère, comme tous les citoyens du pays et nous chasseurs et tireurs sportifs, passera à l’action dans ce dossier urgent.

    Voulez-vous le retrait des armes longues du registre ?
    Si oui, signez la pétition : www.fedecp.qc.ca
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