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« Les gens n'en revenaient pas qu'il se passe quelque chose en région »

À Victoriaville, certains passionnés ont réussi à se tailler une place enviable dans le monde de l'art et de la culture. Bienvenue au FIMAV, au Grave, chez Parminou et au Musée Laurier.

Le musicien montréalais Sam Shalabi
Photo : Sean O'Hara
Le musicien montréalais Sam Shalabi
Le Festival international de musique actuelle de Victoriaville (FIMAV) est un morceau important de la scène culturelle et artistique de Victoriaville. «Au début, ça nous a aidés de ne pas être dans un grand centre. On était une curiosité. Les gens n'en revenaient pas qu'il se passe en région quelque chose qui n'était pas présent dans les grands centres», affirme Michel Levasseur, directeur général et artistique du FIMAV.

Mais, 27 ans plus tard, après le 25e anniversaire célébré en 2008 et une année de pause en 2009, la réputation du FIMAV n'est plus à faire. «C'est 15 % de notre clientèle qui vient de la région et les autres 85 % viennent de l'extérieur, dont 35 % hors Québec. Nous avons une couverture médiatique internationale et plusieurs producteurs viennent de différents pays pour faire du repérage», explique M. Levasseur.

Avec le marché qui s'est beaucoup développé au fil des ans, notamment à Montréal avec Élektra et Mutek, le FIMAV doit toutefois continuer à travailler pour attirer bon nombre de spectateurs. «C'est de plus en plus difficile de faire découvrir des choses aux gens, qui sont maintenant très au courant de ce qui se passe! On présente donc le FIMAV comme un happening concentré. C'est aussi un événement de proximité. Le public, les journalistes et les artistes se côtoient, entre autres parce qu'ils logent tous au même hôtel, c'est le seul de toute façon!»

À quoi peut-on s'attendre pour la 26e édition qui se tiendra du 20 au 23 mai? «Nous aurons une présence québécoise particulièrement importante, avec près de 50 % des artistes, précise M. Levasseur. Lors du concert d'ouverture, le Montréalais Sam Shalabi présentera une création avec une vingtaine de musiciens et cinq chanteuses. Nous aurons aussi en clôture René Lussier, à qui on doit la trame sonore du Moulin à images, de Robert Lepage. Il nous présentera en première mondiale sa création intitulée 7 têtes.» Et, cette année, le festival présentera aussi un volet extérieur, avec des installations sonores et des projections de films.

- Pour plus d'information: www.fimav.qc.ca

Un 25e déjà

Le Grave, Groupement des arts visuels de Victoriaville, fête pour sa part son 25e anniversaire cette année. «Notre soixantaine de membres sont actifs dans l'art actuel, dans la recherche, dans l'expérimentation. Nous essayons tous de trouver de nouvelles façons de faire de l'art», explique Jocelyn Fiset, directeur général et artistique du Grave.

Alors que Victoriaville a clairement pris le virage du développement durable en mettant sur pied différentes initiatives en matière de recyclage et de récupération il y a quelques décennies, le Grave a décidé d'accompagner la ville dans sa démarche. «Tous les membres intègrent à leur façon des notions de recyclage et de récupération dans leur art. Mais on ne se limite pas aux matières. Il peut aussi être question de récupération d'images vidéo, de concepts, d'oeuvres, etc. On ne veut pas limiter la création», affirme M. Fiset.

En tant que seul centre géré par un collectif d'artistes en arts visuels dans la région du Centre-du-Québec, le Grave se fait un devoir de montrer à la population différentes formes de création, comme la photo, la vidéo et la performance. Tout cela, gratuitement.

Le Grave travaille actuellement à accroître sa visibilité locale et internationale. «En septembre, précise M. Fiset, nous aurons deux artistes du Japon en résidence. Nous aurons aussi des artistes français, et d'autres pays sont dans les plans.»

- Pour plus d'information: www.oculiartes.org

Et près de 40 ans

Où se rendent plusieurs comédiens amateurs de théâtre social d'intervention de la province pour trouver du boulot? À Victoriaville, pour rejoindre le Théâtre Parminou, un incontournable en la matière qui a près de 40 ans.

«Nous faisons des créations à partir de différents thèmes et nous engageons des comédiens d'ici, mais nous devons aussi aller en chercher ailleurs, comme à Montréal et à Québec. Nous présentons d'abord nos spectacles dans la région et, ensuite, nous allons les jouer partout au Québec», explique Maureen Martineau, codirectrice artistique du Théâtre Parminou. En moyenne, la troupe joue environ 350 représentations par année de ses différents spectacles, dont environ la moitié sont consacrés aux jeunes.

Le Théâtre Parminou a aussi une bonne visibilité internationale, notamment grâce à la Fondation One drop, de Guy Laliberté. «Nous agissons à titre de troupe-conseil pour des troupes du Nicaragua et du Honduras qui font des pièces sur l'eau, les sécheresses, etc.», affirme Mme Martineau.

La troupe de théâtre d'intervention a aussi créé des liens solides avec ses pendants européens. Elle se rend fréquemment en Belgique notamment, pour participer au Festival Théâtre Action, qui amène le groupe à parcourir quelques pays européens.

- Pour plus d'information: www.parminou.com

Présent depuis 1929

Wilfrid Laurier, premier Canadien français à devenir premier ministre du Canada, de 1896 à 1911, s'est fait construire une résidence de style victorien en 1879 en face de son bureau d'avocat à Arthabaska, aujourd'hui fusionnée à Victoriaville. Depuis 1929, les gens peuvent la visiter. «C'est toutefois seulement en 1989 que le bâtiment a été classé Monument historique du Québec et, en 2000, Lieu historique national du Canada», précise Richard Pedneault, directeur conservateur du Musée Laurier.

En 1996, le Pavillon Hôtel des postes a été ouvert, un bâtiment de style Second Empire construit en 1911. «L'an prochain, pour son centième anniversaire, nous changerons son nom pour le Musée de l'Hôtel des postes et on dédiera le premier étage à la réalité des postes de l'époque», explique M. Pedneault.

Le Musée Laurier, qui reçoit en moyenne 12 000 visiteurs par année, possède aussi une collection d'oeuvres contemporaines composée principalement de dessins et d'estampes. «Nous avons aussi bien sûr quelques oeuvres de Suzor-Côté et d'Alfred Laliberté, deux artistes de la région», précise le directeur et conservateur.

- Pour plus d'information: www.museelaurier.com

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