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Les routes se vident des vieux «bazous»

Québec — Les vieilles voitures disparaissent plus vite que prévu des routes du Québec. En effet, le programme qui vise à envoyer à la casse les voitures construites avant 1996 dépasse toutes les attentes.

Plus de 15 000 de ces véhicules ont été jetés à la ferraille en un an, alors que l'objectif était de 10 000. Le programme intitulé «Faites de l'air» a ainsi surpassé sa cible de 50 %, entre mars 2009 et mars 2010.

Mandatée par les gouvernements pour gérer le programme, l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) attribue ce succès à la bonification des programmes incitatifs mis en place par le gouvernement du Québec.

«C'est un programme incitatif, mais on bat tous les records, cela dépasse nos espérances», a commenté le président de l'AQLPA, André Belisle, hier.

«Au départ, tout le monde disait que ça ne marcherait jamais, notre affaire. Nous étions même gênés de parler de notre objectif de 10 000 voitures en un an [...]. Donc, ça a fonctionné à tous égards, et nous en sommes bien fiers.»

L'AQLPA est d'ailleurs en partie victime de son succès. Le ministère fédéral de l'Environnement, qui fixe la cible pour chaque province, demande à l'organisme de rabattre 20 000 véhicules supplémentaires pour la prochaine année, soit le double de l'objectif initial.

Depuis le sommet environnemental de Copenhague en décembre, le ministère de l'Environnement du Québec accorde une enveloppe de trois millions pour bonifier la mise à la casse. Il offre 15 mois de laissez-passer de transport en commun, alors qu'auparavant, le forfait était de six mois. L'offre a également été étendue à plusieurs sociétés de transport.

Le gouvernement propose aussi des rabais importants pour l'achat de vélos et de vélos électriques, pouvant aller jusqu'à 790 $. De même, il offre 1000 $ pour les scooters électriques.

Québec offre aussi un montant de 600 $ applicable à un contrat avec un organisme de partage de voitures. Enfin, la vieille voiture peut être simplement rachetée pour 300 $. M. Belisle a toutefois rappelé qu'elle devait être immatriculée, assurée et en usage pour être admissible.

Le programme s'applique à pas moins de 600 000 véhicules, soit environ 10 % du parc automobile du Québec.

Cependant, en réalité, le nombre réel avoisine les 200 000 ou 300 000, puisque les autres sont des vieilles voitures en bon état de marche qui valent davantage que la prime à la casse proposée. Selon M. Belisle, l'AQLPA n'a donc pas intérêt à les retirer de la route, tout comme leurs propriétaires.

Les véhicules d'avant 1996 polluent 19 fois plus que ceux d'après 2004, parce que les normes étaient alors moins élevées qu'aujourd'hui.
 
 
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  • Jean Richard
    Abonné
    mardi 20 avril 2010 08h46
    Où est le supposé progrès ?
    « Les véhicules d'avant 1996 polluent 19 fois plus que ceux d'après 2004, parce que les normes étaient alors moins élevées qu'aujourd'hui. »

    Voilà qui ressemble à une idée lancée en l'air sans preuves à l'appui. Et voilà qui sert à soutenir un programme douteux - qui ne sert au fond qu'à vendre de nouvelles voitures.

    Entre 1995 et 2005, le seul domaine où il pourrait y avoir eu des progrès est celui des véhicules diesel, grâce à un abaissement du taux de souffre, qui permet maintenant l'utilisation de technologies nouvelles. Or, les voitures particulières à essence ne courent pas les rues au Québec.

    Entre 1995 et 2005, la consommation des voitures à essence n'a pas baissé d'un iota : elle pourrait même avoir augmenté, grâce à la course à la puissance et aux moteurs de plus en plus gros. Difficile de croire qu'on diminue certaines formes de pollution en augmentant la consommation d'essence (du moins au niveau du rejet de gaz à effet de serre).

    Ce programme de mise à la casse de voitures en fonction de leur année de mise en service et non de l'hypothétique niveau de pollution qu'elles engendrent vient aussi mettre dans l'ombre un autre programme qu'on attend depuis longtemps : celui de l'inspection périodique obligatoire, qui, s'il était mis en vigueur, nous ferait peut-être découvrir qu'il y a des véhicules récents qui polluent beaucoup plus que des plus anciens, suite à un dérèglement des systèmes antipollution ou encore d'une carence d'entretien.

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