Le Québec est la somme de toutes ses régions
«Ce sont les gens qui font la richesse d'un territoire »
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Selon Claude Villeneuve, de la Chaire de recherche et d’intervention Éco-Conseil de l’UQAC, «si une région n’est intéressante que pour ses ressources naturelles, cela veut dire que les gens qui y vivent n’ont pas d’importance. Ce sont les gens qui font la richesse d’un territoire aujourd’hui, parce qu’ils sont notamment capables d’en tirer quelque chose de durable, donc avec une valeur ajoutée.»
L'organisme a pour nom Solidarité rurale du Québec. On se souviendra des actions de son premier président, d'autant plus que Jacques Proulx avait tout mis en oeuvre pour imposer que les «gens de la campagne» ne soient pas traités comme des citoyens de seconde zone. Aujourd'hui, on mène l'action encore plus loin, et ce qui sera proposé la semaine prochaine à Shawinigan sera un plan d'action dont l'ambition est d'assurer un développement harmonieux de tout le Québec. Et de chacune de ses régions. Un développement n'est durable que si tous les citoyens y trouvent leur compte.
Depuis juin dernier, Solidarité rurale consulte et planche sur un programme où les gens de l'économie, de divers milieux sociaux, des acteurs de terrain comme des intervenants de la société civile sont mis à contribution pour établir un plan d'action visant le développement du Québec, un développement où les citoyens, comme les régions, ne soient plus vus comme de simples ressources identifiées pour satisfaire une recherche effrénée de profits.
Et qui sera donc attendu à la Cité de l'énergie de Shawinigan à compter du 20 avril prochain? Les gens de Solidarité rurale, bien sûr, mais d'autres aussi, dont l'énumération des organismes auxquels ils et elles sont associés décrit l'ampleur de la démarche.
Parole est donc donnée aux gens de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, de l'Association des centres locaux de développement, du Chantier de l'économie sociale, de la Confédération des syndicats nationaux, de la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec, du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité, de Culture Montréal, de Culture pour tous, de la Coop fédérée, du Mouvement Desjardins, de Nature Québec, du Regroupement des sociétés d'aménagement forestier du Québec, du Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement, de l'Union des municipalités, de l'Union des producteurs agricoles, de la Ville de Montréal et de plus d'une fédération, dont celle des cégeps, des commissions scolaires, des coopératives forestières et des municipalités.
Longue énumération, certes, mais qui décrit que l'entreprise en cours n'en est pas une de consultation mais d'engagement pour un projet capable bâtir le Québec de demain.
Perceptions fausses
Il faut d'ailleurs mettre à mal quelques concepts qui sévissent et qui desservent les personnes et les lieux qu'ils identifient. «La première chose à faire, c'est d'abolir à jamais la notion de "régions ressources", dira ainsi Claude Villeneuve, de la Chaire de recherche et d'intervention Éco-Conseil de l'UQAC, parce que, si une région n'est intéressante que pour ses ressources naturelles, cela veut dire que les gens qui y vivent n'ont pas d'importance. Ce sont les gens qui font la richesse d'un territoire aujourd'hui, parce qu'ils sont notamment capables d'en tirer quelque chose de durable, donc avec une valeur ajoutée.»
Priorité, donc, donnée à la personne qui habite un territoire. Mais place aussi au paysage, à son respect, ce qui entraîne que le développement pour le développement est un faux investissement. Et là, on touche à une nouvelle «vache sacrée» quand on aborde les hauts et les bas de l'aventure éolienne. Car, pour un Jean-François Lefebvre, chargé de cours en études urbaines à l'UQAM, au vu des projets en cours pour ce secteur, une conclusion s'impose: «On parlait jadis de "massacrer" et de "détruire" les rivières, on parle maintenant de "massacrer" et de "détruire" les paysages!»
Nécessaires actions
Et la liste est longue, quand on jette un regard sur la pratique en éducation, sur ce qui se fait en agriculture, en foresterie, dans le secteur minier ou même dans les villes. On dira ainsi que le Québec vieillit, que si les régions se vident, les urbains toutefois y débarquent, aménageant des sites de villégiature, s'opposant souvent aux projets des locaux, oubliant que ces derniers ont une première priorité: l'emploi local. Ainsi, Denise Boucher, vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux, pose une question cruciale: «Est-ce qu'il y a encore de l'avenir pour le monde du travail dans les territoires du Québec?», car «les régions ont souvent été construites sur une industrie unique et plusieurs d'entre elles sont éloignées, soit à cause de la forêt, des mines ou d'une spécificité plus particulière».
Et, dans ce débat, les villes, qui ou se dépeuplent ou se développent sur les terres arables, ne sortent pas pour autant gagnantes: Trois-Rivières n'est plus la capitale du papier, Montréal a perdu plus d'une industrie, tout comme Québec, et tant Sherbrooke que Rimouski ou Saguenay présentent aujourd'hui une nouvelle image où les usines et les filatures sont devenues des lieux d'hébergement à vocations multiples.
Et tout cela se fait, en ayant en mémoire, comme c'est le cas pour Claire Bolduc, la présidente de Solidarité rurale du Québec, cette phrase qui agit comme un slogan presque: «Les ruraux ont besoin des urbains et les urbains ont besoin des ruraux.»
À Shawinigan, c'est ainsi un Québec solidaire qui se donne donc rendez-vous.
Depuis juin dernier, Solidarité rurale consulte et planche sur un programme où les gens de l'économie, de divers milieux sociaux, des acteurs de terrain comme des intervenants de la société civile sont mis à contribution pour établir un plan d'action visant le développement du Québec, un développement où les citoyens, comme les régions, ne soient plus vus comme de simples ressources identifiées pour satisfaire une recherche effrénée de profits.
Et qui sera donc attendu à la Cité de l'énergie de Shawinigan à compter du 20 avril prochain? Les gens de Solidarité rurale, bien sûr, mais d'autres aussi, dont l'énumération des organismes auxquels ils et elles sont associés décrit l'ampleur de la démarche.
Parole est donc donnée aux gens de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, de l'Association des centres locaux de développement, du Chantier de l'économie sociale, de la Confédération des syndicats nationaux, de la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec, du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité, de Culture Montréal, de Culture pour tous, de la Coop fédérée, du Mouvement Desjardins, de Nature Québec, du Regroupement des sociétés d'aménagement forestier du Québec, du Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement, de l'Union des municipalités, de l'Union des producteurs agricoles, de la Ville de Montréal et de plus d'une fédération, dont celle des cégeps, des commissions scolaires, des coopératives forestières et des municipalités.
Longue énumération, certes, mais qui décrit que l'entreprise en cours n'en est pas une de consultation mais d'engagement pour un projet capable bâtir le Québec de demain.
Perceptions fausses
Il faut d'ailleurs mettre à mal quelques concepts qui sévissent et qui desservent les personnes et les lieux qu'ils identifient. «La première chose à faire, c'est d'abolir à jamais la notion de "régions ressources", dira ainsi Claude Villeneuve, de la Chaire de recherche et d'intervention Éco-Conseil de l'UQAC, parce que, si une région n'est intéressante que pour ses ressources naturelles, cela veut dire que les gens qui y vivent n'ont pas d'importance. Ce sont les gens qui font la richesse d'un territoire aujourd'hui, parce qu'ils sont notamment capables d'en tirer quelque chose de durable, donc avec une valeur ajoutée.»
Priorité, donc, donnée à la personne qui habite un territoire. Mais place aussi au paysage, à son respect, ce qui entraîne que le développement pour le développement est un faux investissement. Et là, on touche à une nouvelle «vache sacrée» quand on aborde les hauts et les bas de l'aventure éolienne. Car, pour un Jean-François Lefebvre, chargé de cours en études urbaines à l'UQAM, au vu des projets en cours pour ce secteur, une conclusion s'impose: «On parlait jadis de "massacrer" et de "détruire" les rivières, on parle maintenant de "massacrer" et de "détruire" les paysages!»
Nécessaires actions
Et la liste est longue, quand on jette un regard sur la pratique en éducation, sur ce qui se fait en agriculture, en foresterie, dans le secteur minier ou même dans les villes. On dira ainsi que le Québec vieillit, que si les régions se vident, les urbains toutefois y débarquent, aménageant des sites de villégiature, s'opposant souvent aux projets des locaux, oubliant que ces derniers ont une première priorité: l'emploi local. Ainsi, Denise Boucher, vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux, pose une question cruciale: «Est-ce qu'il y a encore de l'avenir pour le monde du travail dans les territoires du Québec?», car «les régions ont souvent été construites sur une industrie unique et plusieurs d'entre elles sont éloignées, soit à cause de la forêt, des mines ou d'une spécificité plus particulière».
Et, dans ce débat, les villes, qui ou se dépeuplent ou se développent sur les terres arables, ne sortent pas pour autant gagnantes: Trois-Rivières n'est plus la capitale du papier, Montréal a perdu plus d'une industrie, tout comme Québec, et tant Sherbrooke que Rimouski ou Saguenay présentent aujourd'hui une nouvelle image où les usines et les filatures sont devenues des lieux d'hébergement à vocations multiples.
Et tout cela se fait, en ayant en mémoire, comme c'est le cas pour Claire Bolduc, la présidente de Solidarité rurale du Québec, cette phrase qui agit comme un slogan presque: «Les ruraux ont besoin des urbains et les urbains ont besoin des ruraux.»
À Shawinigan, c'est ainsi un Québec solidaire qui se donne donc rendez-vous.
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