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Le syndicaliste Michel Chartrand nous quitte à l'âge de 93 ans

La photo la plus récente de Michel Chartrand
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
La photo la plus récente de Michel Chartrand

À retenir

    «Tout le monde doit faire de la politique. En démocratie, c'est un devoir: assumer ses responsabilités à son niveau, voir à ce que le monde s'épanouisse»

    Michel Chartrand sur Wikipedia
Un fort en gueule, un insurgé, un combattant de toutes les causes politiques et sociales qui ne se sera jamais résigné jusqu'à son dernier souffle. Michel Chartrand aura marqué plusieurs décennies de l'histoire syndicale et sociale du Québec.

Caricaturé pour son bagout, son langage inspiré du marxisme, Michel Chartrand savait aussi rire de lui-même. Il s'est déjà décrit comme «pessimiste intellectuellement et optimiste volontairement».

Famille nombreuse

Né à Outremont le 20 décembre 1916, Michel Chartrand est le 13e d'une famille de 14 enfants.
 
En 1929, il entre au Collège Brébeuf, puis devient pensionnaire au collège Sainte-Thérèse. De 1933 à 1935, il est moine à la Trappe d'Oka, y médite et y prie. Il travaille ensuite bénévolement pour les jeunesses catholiques et nationalistes.
 
Michel Chartrand a déjà dit être devenu indépendantiste à l'âge de 18 ans, en lisant l'Acte de l'Amérique du Nord britannique.
 
Il commence à s'engager politiquement en adhérant à l'Action libérale nationale et en devient organisateur, aux élections provinciales en 1939. C'était l'époque de Maurice Duplessis.

Simonne Monet-Chartrand

En 1940, il suit des cours d'histoire donnés par l'abbé Lionel Groulx à l'Université de Montréal, l'homme qui, devenu chanoine, l'unira à Simonne Monet le 17 février 1942, à la chapelle de l'église Notre-Dame, et qui baptisera tous ses enfants.
 
En 1941, il suit un entraînement militaire et est renvoyé pour avoir refusé de remplir des formulaires qui étaient seulement en anglais. Il était aussi un défenseur du fait français.
 
Cette année-là, il milite à la Ligue de défense du Canada, travaille contre la conscription en vue de la Deuxième Guerre mondiale et devient membre fondateur du Bloc populaire.
 
Il a son premier enfant en 1943, Marie-Mance-Micheline. Suivront six autres: Hélène, Marie-Andrée, Louis-Lionel-Alain, Suzanne-Geneviève, Madeleine et Dominique.

Bloc populaire

Son action politique se précise: en juin 1945, il devient candidat du Bloc populaire aux élections fédérales dans Chambly-Rouville. Il est battu mais récolte tout de même 2333 voix.
En 1949, lors d'une des plus célèbres grèves de l'histoire du Québec, celle d'Asbestos aussi appelée grève de l'amiante, il s'engage dans le syndicalisme et y trouve la voie pour canaliser ses idéaux d'égalité et de solidarité.
 
Son engagement syndical se poursuit: il devient organisateur pour la Fédération nationale du vêtement de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC), l'ancêtre de la CSN, en 1950.
 
En 1953, il est engagé à la CTCC, mais se confronte vite au secrétaire général Jean Marchand, qui ne veut pas reconduire son contrat. Le dossier se rend en arbitrage, où le président du tribunal, nul autre que Pierre Elliott Trudeau, le rétablit dans ses fonctions.
Durant ces années-là, Chartrand sera arrêté à plusieurs reprises pour s'être retrouvé aux abords des piquets de grève.
 
En 1954, il se présente contre Jean Marchand au poste de secrétaire général de la CTCC et est battu.
 
En 1956, il flirte avec la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), où il travaille à l'information pour le syndicat des Métallos.
 
La même année, il adhère au CCF (Cooperative Commonweath Federation). Le CCF devient, au Québec, le Parti social-démocratique et Michel Chartrand en devient le chef au Québec.

Murdochville

Chartrand va soutenir les grévistes lors de la célèbre grève de Murdochville, à la Gaspé Copper Mines de Noranda.
 
Connu pour ses talents d'orateur, en 1958, il anime des soirées dans le cadre de la grève des réalisateurs de Radio-Canada.
 
À compter de 1959, il prend une pause dans son action syndicale et se lance dans l'imprimerie. Il publie alors les Gilles Vigneault et Pierre Vadeboncoeur.
 
En novembre 1963, il devient président du Parti socialiste du Québec et assiste au congrès du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN).
 
En 1967, il participe aux Etats généraux du Canada français, puis revient au syndicalisme en 1968, à la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

Loi sur les mesures de guerre

En 1970, comme bien d'autres, il est arrêté en pleine nuit et emprisonné dans le cadre de la Loi sur les mesures de guerre. Il passera quatre mois en prison, au cours desquels il redécouvrira la poésie.
 
Suivent plusieurs années au cours desquelles il est conférencier, à l'invitation de groupes populaires et de syndicats.
 
Il s'intéresse ensuite à la cause des travailleurs accidentés. Avec une quarantaine de personnes, il fonde en février 1983 la Fondation pour l'aide aux travailleurs accidentés, plus connue sous son acronyme de FATA.
 
Il devient collaborateur de L'aut'journal en 1992, un «journal indépendant, ouvrier et populaire».
 
Son épouse décède en janvier 1993 à la suite d'un cancer. Michel Chartrand la louangera alors pour avoir enduré «un mari insupportable comme moi».

Référendum

Lors du référendum sur la souveraineté de 1995, même âgé de 78 ans, il s'engage comme bénévole pour le camp du Oui. «Tout le monde doit faire de la politique. En démocratie, c'est un devoir: assumer ses responsabilités à son niveau, voir à ce que le monde s'épanouisse», justifiait-il en entrevue.
 
Il dit à l'époque, en posant un regard sur sa propre vie: «Je n'ai pas beaucoup changé. J'ai fait mon règne. Je ne juge pas mes contemporains. Je juge les hommes politiques sur les actes politiques.»
 
Il tente de nouveau de se faire élire en novembre 1998, lorsqu'il se présente comme candidat indépendant contre le premier ministre péquiste d'alors, Lucien Bouchard, dans Jonquière, pour y défendre ses idées de gauche. Ce n'est pas parce qu'il est souverainiste qu'il est péquiste. Il arrive tout de même en troisième place, récoltant 15 % du suffrage exprimé, soit 5023 voix, alors que le gagnant Lucien Bouchard en récolte 60 % ou 20 475 voix.
Chartrand s'élève alors contre l'objectif du déficit zéro, disant y préférer un objectif de pauvreté zéro.
 
Toujours réputé pour son langage coloré, Michel Chartrand admettait dans le cadre d'un rassemblement de la gauche à Québec, en mars 2003: «J'ai peut-être un pied dans la tombe, mais l'autre, je suis encore capable de le lever assez haut pour botter le cul d'un ministre».

Il a fêté ses 90 ans dans la mythique salle de spectacle Le Lion d'Or, à Montréal, en janvier 2007, le mois suivant son anniversaire, aux côtés des Séguin, de Louise Forestier et d'autres artistes.
 
En janvier 2008, on l'a aussi vu assister aux funérailles de l'ancien avocat des felquistes, Me Robert Lemieux.
 
Encore au printemps 2008, toujours actif, il assistait aux «Journées Michel Chartrand», des journées de réflexion organisées par le parti de gauche, Québec solidaire. Ces journées sont justement dédiées à l'éducation populaire sur le monde du travail et sur les politiques sociales.

«Un géant à sa manière»

«Michel, ça a été un grand prophète, ça a été quelqu'un qui a porté le message très haut, très clair, compris à la fois par ceux qui étaient visés comme par celles et ceux que ça concernait», résume l'ancien président de la CSN aujourd'hui président du Conseil de la souveraineté, Gérald Larose. «Ca a été un géant à sa manière.»
 
«Il remplissait une mission que peu d'hommes ont remplie à son époque et que personne ne remplit aujourd'hui. Michel, ça a été depuis 1949 quelqu'un qui a fait en sorte que les hommes et les femmes se sont mis debout. Il nettoyait la 'canisse', il nous nettoyait la boîte à poux pour qu'on se désaliène et qu'on apprenne à marcher, qu'on apprenne à se solidariser et qu'on apprenne à transformer notre réalité», a résumé M. Larose, qui l'a côtoyé pendant de nombreuses années à la CSN.
 
Jean Charest

Le premier ministre du Québec Jean Charest s'est dit «fasciné par le personnage» de Michel Chartrand, un homme qui a contribué à l'évolution du Québec pendant plusieurs années, a-t-il affirmé, au cours d'une rencontre avec la presse.
 
Actuelle présidente de la CSN, Claudette Carbonneau dépeint Michel Chartrand comme un syndicaliste qui avait atteint «un statut quasiment mythique».
 
Les funérailles auront lieu samedi à l'église Saint-Antoine-de-Padoue, de Longueuil.
La photo la plus récente de Michel Chartrand
 
 
 
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  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 13 avril 2010 09h30
    Chartrand et Arcand
    http://www.ledevoir.com/culture/livres/286681/essa

    Le Devoir de samedi évoquait les liens entre Michel Chartrand et Adrien Arcand. Hélas, c'était un peu court.

    Est-ce que Le Devoir pourrait publier tout l'extrait du livre de Nadeau évoquant l'admiration de Chartrand pour le fuhrer canadien?

    Idem pour Pierre Dansereau, le père de l'écologie, André Laurendeau et Jean Marchand.

    Voilà une époque où notre histoire est bien nubuleuse, pleine d'interrogations

  • Carol Cote
    Inscrit
    mardi 13 avril 2010 09h34
    L'autre d'abord
    R.I.P Nous retiendrons votre humanisme et vous faites parti de notre memoire.

  • Quedubon
    Inscrit
    mardi 13 avril 2010 10h44
    Le décès de Michel Chartrand

  • omeline
    Inscrite
    mardi 13 avril 2010 10h51
    Un grans syndicaliste du Québec.
    Etant actuellement à Strasbourg, c'est avec émotion que j'ai appris le décès de Chartrand. C'est un homme qui a participé à l'histoire politique et syndicale du Québec, et avec une contance admirable. Une vie aussi active et combattive, c'est une somme considérable d'énergie non suffisamment reconnue. Il a fait évoluer les conditions de travail au Québec à une période où il n'était pas toujours facile de s'exprimer. Ces quelques mots lui disent toute mon admiration et mon profond respect.

  • Jean-Luc Gouin
    Abonné
    mardi 13 avril 2010 10h53
    Je vous salue, Chartrand !

    Puisse la nation du Québec donner de nouveau naissance à des hommes de votre race - hommes ou femmes indistinctement, dont, incidemment, l'individu qui nous fait office de premier ministre depuis une éternité de sept ans constitue proprement la plus dramatique, sinon tragique, des antithèses.

    Reconnaissance à vous, Michel Chartrand, concitoyen compatriote et Fils de la Liberté de notre temps.

    JL Gouin,
    13 avril 2010

  • Francois Piazza
    Inscrit
    mardi 13 avril 2010 10h54
    Une partie de ma mémoire....
    Michel - on se tutoyait - a été un compagnon de combat: on s'est fait embarqué à la Macaza, devant le consulat américain en tant que MDN ( Mouvement pour le désarmement nucléaire Il m'a permis de publier Les Chants de l'Amérique. il m,a conseillé en tant que syndicaliste... Tout ça pour vous dire qu'il était un grand pacifiste, malgré ses justes colères ( «La fesse, j'ai ça dans le bras» mais il n'a jamais frappé qui que ce soit ) Avec Simone. il a donné au Québec plus qu'il n'a reçu. J'ai mal. Comme dit le poète : « Il fait grand jour au large et nuit noire en nos coeurs »
    François Piazza

  • Marc Donati
    Abonné
    mardi 13 avril 2010 10h59
    Un grand s'est éteint
    Un de nos derniers grands hommes politiques s'est éteint. Michel Chartrand, aimé de la gauche des jeunes comme des vieux, était la preuve vivante que l'âge ni est pour rien dans la perte des idéaux, que vieillir ne signifie pas nécessairement vieillir en vieux con.
    Chartrand était l'antidote contre ces anciens idéologues, autrefois marxistes, et qui maintenant rendus sexagénaires et chroniqueurs de La Presse, font la morale à la jeunesse tout en plaidant pour les Lucides.
    R.I.P. Michel.

  • France Marcotte
    Abonnée
    mardi 13 avril 2010 11h21
    M. Noël
    Même ses adversaires prendront un moment pour se recueillir sur la dépouille de ce Québécois remarquable avant de régler leurs comptes. Quel sorte d'homme êtes-vous donc?

  • Peterball
    Inscrit
    mardi 13 avril 2010 11h27
    LE DÉFENSEUR DU PEUPLE
    Les syndicats auraient des leçons à prendre de Mr Chartrant.Les teamsters qui ont imposés de force leurs services aux cies de transports qui refusaient de vendre à Transfoce.
    On est plus en démocratie,Transforce achète les agences de placements de camionneurs,t'as le choix de l'agence de placement où du syndicat qui sont menés tous deux par les mêmes.
    La nomination douteuse de juges par le parti libéral aide surement une cie comme Tranforce a maintenir un monopole dans le transport.
    Mr Chartrant ne se laissait pas acheter par les criminels.
    Regardez ce qui se passe en Californie ,est-ce que vous souhaitez ça pour vos enfants???
    En Californie,l'État n'a plus d'argent pour l'éducation,les services publics sont réduits au minimum.Des jeunes étudiants à l'université vivent dans des tentes.
    Mr Chartrant avait les intérêts du peuple à coeur,ils ne faisait pas que s'emplir les poches comme les syndicats et les politiens du parti libéral.

  • JAMAIS UN QUeBEC PAYS
    Inscrit
    mardi 13 avril 2010 11h34
    Adieu M. Chartrand
    Vous avez été un grand homme, une grande gueule et un partisan des droit de l'homme.

    Certain au Québec vous manquerons, moi je garderez une certaine admiration pour votre persévérance, mais comme nos objectif politique était diamétralement opposés, je regrette de vous dire que votre départ ne me manquera pas sur ce point.

    Allez au paradis ou les autres vous attendent, vous le méritez bien, vos écarts de langage, n'était pas des sacres mais des expression colorés et LUI le sait et ne vous en tiendra pas rancune.

  • Patrice-Hans Perrier
    Inscrit
    mardi 13 avril 2010 11h37
    LA CITOYENNETÉ RÉELLE
    Amis, lecteurs du Devoir, citoyens et citoyennes, politiques et journalistes,


    Michel Chartrand fut un esprit novateur, ayant compris très tôt la problématique du corporatisme sous toutes ses latitudes.

    Invitant les citoyens à se joindre au procès [dans le sens de déroulement historique] politique, il tente, avant tout le monde, d’indiquer des voix alternatives à la praxis du pouvoir telle qu’elle avait été consolidée chez nous. Il s’agit d’un prophète, tant qu’à moi.

    Michel aura mis son sens du devoir civique au service du plus grand nombre et, sur le tard de sa carrière d’«homme publique», il aura compris que le corporatisme syndical ne fait que renforcer d’autres formes de corporatisme encore plus … virulentes. Il aura prôné la solidarité de la plèbe, du peuple, des citoyens dans l’agora publique.

    Il s’agit d’un plébéien avant la lettre, d’un tribun hors-pair, mais aussi d’un visionnaire.

    À la politique citoyenne correspondent, désormais, les médias citoyens. Cette mouvance ne sonne pas le glas de la classe politique (j’inclus la profession journalistique dans cette classe), elle vient plutôt recentrer le débat autour de la notion de CITÉ, comme dans civisme. Les citoyens viennent se prononcer dans l’agora publique et mandater leurs hérauts pour mener à bien certaines entreprises.

    Mais, il y a une différence entre les médias citoyens et … les médias sociaux. C’est crucial et j’espère qu’un analyste du Devoir reviendra là-dessus. De toutes façons je souhaite pondre un papier sur ce sujet pour la section IDÉES… du moment que je n’y sois pas persona non grata (…). Je me méfie, comme de la peste, de la mouvance sociale et des «styles de vie» qui ont le haut du pavé par les temps qui courent.

    Michel Chartrand s’adressait au citoyen et à la citoyenne qui sommeillent en nous. Avant que la décadence de l’ère du consumérisme ne vienne fracturer les précieux consensus de la nation québécoise. Car, avant de songer à un traitement ou un autre de la «cause québécoise», il ne faudrait pas perdre de vue que nos valeurs collectives tablaient sur le partage, le respect de la nature, l’écoute et la solidarité, le sens du devoir. Individuel et … collectif. Merci Monsieur Chartrand !

  • hugues2
    Inscrit
    mardi 13 avril 2010 11h39
    Un grand homme !
    Je l'ai croisé deux ou trois fois dans ma vie, notamment dans un métro en 1989, il était assis, et lisait son journal, Le Devoir, si ma mémoire est bonne, je n'ai pas osé le déranger. À une autre occasion, j'étais allé l'entendre à une assemblée de citoyens.

    Il a certainement marqué l'histoire du Québec, dommage qu'un autre grand journal de Montréal ne lui rende pas hommage à la Une, on comprendra que même mort, il dérange encore.

  • bernard bujold
    Inscrit
    mardi 13 avril 2010 11h44
    Des funérailles nationales
    Des centaines de témoignages circulent sur Internet rendant hommage à Michel Chartrand, à son honnêteté et à son dévouement pour les autres.
    Un très grand Québécois!
    On devrait lui offrir des funérailles nationales!
    Bernard Bujold
    http://www.LeStudio1.com

  • Patrice-Hans Perrier
    Inscrit
    mardi 13 avril 2010 12h07
    GÉNÉROSITÉ DE COEUR !
    @ François Piazza,

    j'ai découvert vos poèmes lorsque j'étais adolescent... ils m'ont BEAUCOUP touché.

    vos commentaires dans les pages de ce quotidien sont toujours engagés, mais jamais acidulés ou plein de fiels.

    votre générosité de COEUR démontre que vous faites partie de cette agora spirituelle qui comptait un certain CHARTRAND dans ses rangs.

    malheureusement, plusieurs intervenants, ICI et ailleurs, n'ont toujours pas compris que la lutte pour des «ailleurs meilleurs» est indissociable de la générosité de coeur.

    l'amour, ce n'est pas de la miévrerie ou du Roman Savon, c'est le LIT de toute action collective constructive et ... durable.

    paix aux hommes et aux femmes de bonne volonté !

  • Nestor TURCOTTE
    Inscrit
    mardi 13 avril 2010 12h18
    Merci
    J'ai encore un enregistrement de Monsieur Chartrand (conférence donnée devant les étudiants de l'Université Laval en 1971). Je l'écoute à nouveau.
    On dirait qu'il parle pour notre monde actuel. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil.

    Bonne éternité Michel !

  • Andrew Savage
    Inscrit
    mardi 13 avril 2010 12h22
    La voix imparfaite du juste
    Mes condoléances à sa famille et à ses amis.

    Malgré certaine aspérités, il était la voix du juste, du véritablement lucide ; et même moqueuse cette parole va nous manquer.

    Ses combats contre l'injustice, et pour l'égalité demeuront exemplaires.

    Ç'était l'oxygène des méprisés, la bouffée d'air nécessaire dans l'atmosphére irrespérable d'une société seulement orientée vers l'enrichissement.

    Adieu monsieur.

  • Augustin Rehel
    Inscrit
    mardi 13 avril 2010 12h26
    Un grand québécois
    Michel Chartrand a été de toutes les luttes pour la défense de la veuve et de l'orphelin, pour les petits salariés, pour les exploités de notre société. Nationaliste jusqu'au fon de l'âme, il était de toutes les luttes.

    Repose en paix. mon ami, tu le mérites; et j'espère que d'autres Québécois se lèveront pour poursuivre ta lutte.

  • Daniel Breton
    Inscrit
    mardi 13 avril 2010 13h25
    Il va nous manquer
    Après le départ de Pierre Bourgault et Hélène Pednault, voici que Michel Chartrand nous quitte. Des voix libres et intègre, il ne nous en reste pratiquement plus au Québec.

    Au moment où le Québec s'enlise dans la corruption, la collusion, la lâcheté et la médiocrité, sa voix nous manquera cruellement...

  • l poisson
    Inscrit
    mardi 13 avril 2010 13h44
    Une vie au service du monde ordinaire
    http://archives.radio-canada.ca/societe/syndicalis

    Quelques extraits vidéo, pour connaître un peu mieux Michel Chartrand et nous aider à réfléchir. ''Avant d'agir...'' ajoute sa voix familière.

    Prière de ne pas envoyer de fleurs,
    mais pourquoi pas une petite marche de santé en groupe le samedi premier mai ?
    On lui doit ça. Et on se le doit à nous-mêmes de plus en plus.

  • France Marcotte
    Abonnée
    mardi 13 avril 2010 13h45
    Marcher
    Avec cet autre phare tombé, il fait un peu plus froid sur les plateaux du pays. Il faudra pourtant se remettre à marcher, s'éclairer de l'intérieur. Monsieur Chartrand ne sera plus là pour nous gronder, il est resté derrière, s'est engourdi dans le froid et la poudrerie, en compagnie des autres grands disparus qui nous regardent aller. Il faut marcher sans eux, sans trop savoir vers où.

  • PictBridge
    Inscrit
    mardi 13 avril 2010 14h06
    Un homme exemplaire
    Je ne connais pas personnellement M. Chartrand mais j'ai toujours eu de l'admiration pour cet homme de conviction. Il est de cette trempe que peu d'entre nous franchirons, un militant de tous les instants désapprouvant l'injustice, un homme avec un franc parlé qui allait droit au but. Ce n'était pas un gérant d'estrade, il était dans le feu de l'action et j'en suis convaincu jusqu'à la fin de sa vie. D'autres injustices se passent en ce moment, qui prendra votre place ?

    Mes condoléances à sa famille et à ses amis.

    Bon repos M. Chartrand.

  • Maxime Leduc
    Abonné
    mardi 13 avril 2010 15h03
    Viande froide
    C'est toujours intéressant de lire une «viande froide», ce qui veut dire, en termes journalistiques, un article écrit à l'avance qui résume la vie de quelqu'un qui pourrait bientôt mourir.

    Néanmoins, M. Chartrand nous manquera. La lutte de sa vie mérite d'inspirer les générations futures.

  • Richard Langelier
    Abonné
    mardi 13 avril 2010 16h22
    Le crépuscule des idoles
    Michel Chartrand a combattu les idoles et les dogmes. Or sa proposition de revenu de citoyenneté de l'ordre de 15 000$ par année était irresponsable. Dans la gauche populiste, cette proposition est devenue un dogme. Quiconque y émet des réserves sur le principe ou sur le montant est voué aux gémonies. Je suis une personne assistée sociale et je considère qu'une telle proposition accroitrait ma stigmatisation. Je ne veux pas envoyer le message à la population: "parce que la majorité d'entre vous travaille, je réclame ma part de la richesse nationale".

  • Marie Lauzier
    Inscrite
    mardi 13 avril 2010 16h45
    Respect
    Chartrand, avec qui j'ai eu l'occasion d'échanger à quelques reprises, était un homme absolument intègre, combatif et fascinant. Je salue aujourd'hui en lui le citoyen épris de justice sociale et je garde en mon coeur un souvenir ému. Pensées particulières à sa compagne de toute une vie, Simonne Monet.

    Dieu réunit ceux qui s'aiment, chantait Piaf.

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    mardi 13 avril 2010 17h43
    Michel Chartrand, père de la nation et gardien de nos valeurs
    Michel Chartrand est sans doute le plus grand indépendantiste de gauche du Québec.

    Il a appuyé l'UFP et Québec Solidaire.

    Jamais je n'aurai vu un homme aussi fort de ma vie.

    Il fallait l'entendre en assemblée ou dans ses dicours.

    J'estime avoir eu l'honneur et la chance de recevoir mon mandat et ma mission politique de ce vétitable titan, devant une salle de 750 personnes à l'école Gérard Fillion à Longueuil lors d'une de ses conférences sur le revenu de citoyenneté qui lui tenait tant à coeur.

    Faut-il qu'il y ait des gouvernements assez batards pour laisser crever du monde ici dans la misère à 500$ par mois dans un pays aussi riche que le Québec !

    Je suis de sa colère !

    Honte à nous de ne pas l'être tous !


    _______________________

    Christian Montmarquette
    Membre de Québec Solidaire
    Militant pour l'éradication de pauvreté et l'indépendance du Québec



    Michel Chartrand, le plus grand indépendantiste de gauche
    Père de la nation et gardien de nos valeurs :

    http://www.vigile.net/Michel-Chartrand-le-plus-gra

  • pierre m de ruelle
    Inscrit
    mardi 13 avril 2010 18h26
    sinceres condeleances
    sinceres condeleances a la famille de cet homme bien et bon
    pierre m de ruelle

  • Jacques Baril
    Inscrit
    mardi 13 avril 2010 20h13
    Aujourd'hui, la Richelieu perd son deuxième et dernier phare...
    «[...]» Salut, camarade!

  • Gordon Sawyer
    Inscrit
    mardi 13 avril 2010 21h05
    FUNÉRAILLES NATIONALES !
    AIE ! Michel Chartrand mérite des funérailles nationales. Il fut le bloc (du peuple) face au rouleau compresseur de l’establishment. Si on accorde de telles funérailles à un simple cinéaste (Carle), comment peut-on décréter qu’un libérateur de peuple s’éteigne sans consécration ? Câlisse, réveillez-vous, bande de caves !

    Gordon Sawyer

  • Francois Taylor
    Inscrit
    mardi 13 avril 2010 23h28
    Une voix pour les petits
    Je garde le souvenir de mon père avec ses coudes appuyé sur le comptoir et qui s'approchait le plus possible du poste de radio. Une voix un peut tonitruante s'en échappait. Ma mêre de dire:" il pourrait dire la même chose sans sacrer". Mon père de se porte tout de suite à sa défense en disant:"oui, mais c'est comme cela que l'on parle les Québécois quand on est en colère. Mon père jubilait à l'entendre. Chartrand, c'était la voix des sans-voix et des gagnes-petits. La virulence de son propos captait et diffusait sur les grandes tribunes la colère inexprimée des gens humiliés voire brisé par la dureté de notre système économique et social. Une sainte colère et un tarbanac de bon gars!

  • Pierre Allard
    Inscrit
    mercredi 14 avril 2010 02h26
    La fin d'une époque
    Je lai connu, côtoyé souvent, admiré. Personne aujourd"hui ne peut chausser ses bottes. il faisait Asbestos et Murdochville. Maintenant on fait des grèves contre l'État, de la magouiile dans la construction et on gère des fonds de placement. Il y a plus de syndicalisme.

    Je propose que la rue Ontario devienne la rue Michel-Chartrand

    Pierre JC Allard

  • Democrite101
    Inscrit
    samedi 17 avril 2010 10h37
    Un chêne vient de tomber
    Président-fondateur du syndicat des professeurs du CNDF en 1981, j'avais toujours en tête les êtres dignes d'admiration qui, tels des phares, éclairaient ma vie. Michel Chartrand en faisait partie. Il a été le modèle, l'inspiration, l'idole même du syndicalisme lucide et combatif dont toute société a besoin.

    Quelle splendide beauté dans ses indignations en feux d'artifices ! En «feux» parce que vraies; «artifices» en tant qu'art rhétorique fait de métal en fusion le plus pur. Il n'y a que la poésie pour dire ce que ses harangues portaient, et que la science politique pour révéler ce qu'il avait de sérieux et de solide.

    Hélas, il fut trop exigeant dans ses propos pour que les gens votent pour lui. Ancien président de syndicat, je puis affirmer que les gens sont si peureux, si limités dans leurs connaissances (économiques, politiques, philosophiques, sociologiques, etc.) qu'ils sont les victimes volontaires de ceux qui les bernent. C'est le drame vécu par tous les gens de gauche.

    Cependant, rien n'est désespérant puisqu'il suffit de quelques Justes, que d'un seul Juste pour tout soit sauvé, comme Jean Moulin a sauvé l'honneur de la France déshonorée par des centaines de milliers de pétainistes et collabos. Précisons: des Justes appuyés par les gens ordinaires.

    Tant que les medias seront, sinon au service, du moins dans l'orbite culturelle et politique de ceux qui mènent le monde, tant que les peuples s'abreuveront de tous les «opiums du peuple» qui épaulent la religion dans cette morbide fonction, nous avancerons tout de même, mais à petits pas...

    Michel Chartrand a vécu plus longtemps que Claude Ryan. Sans doute a-t-il joui de cette idée en y pensant et en vivant 93 ans. Qu'il a dû bien en rire !

    Jacques Légaré, ph.d. en philosophie politique

  • Quedubon
    Inscrit
    samedi 17 avril 2010 13h30
    Lettre ouverte – Décès de Michel Chartrand
    "En conséquence, je demande au nom de ceux qui croyaient à ce grand combattant de la justice sociale et de la liberté des Peuples que le Premier Ministre décrète un jour de deuil national, samedi, le 16 avril 2010 ou ultérieurement et qu’il s’engage à ériger un monument en sa mémoire"

    Lire la suite : http://www.quedubon.info/?p=1549

    Nous vous invitons aussi à nous faire parvenir des lettres ouvertes.

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    dimanche 18 avril 2010 08h50
    Le Petit pain... de Langelier...
    Richard Langelier joue les éteignoirs depuis 10 ans que je le connais.

    Il semble être le parfait exemple du "Québécois né pour un p'it pain"..

    - Qu'il le mange.. Si c'est ce qu'il aime !

    Et qu'il laisse les autres se battre pour la "DINGNITÉ"!

    Ce n'est pas avec 575$ par mois pour vivre qu'une personne peut arriver à se sortir de sa condition !

    La misère engendre la misère..

    La pauvreté engendre la pauvreté..

    Avec, par dessus le marché, une augmentation des coûts sociaux et des coûts de santé que l'État devra payer de toutes manières !

    Le tout, nous laissant sur la consience la "VIOLENCE ÉCONOMIQUE" faite au plus faibles d'entre nous.

    Ne soyons pas dupe, l'hypocrisie du système actuel ENFERME les gens dans leur pauvreté et nous payons " DE TOUTES MANIÈRES ! ".

    ...Avec l'odieux de remettre le fric nécessaire entre les mains de personnes déjà riches, des médecins et des multinationales pharmaceutiques pour soigner la détresse que nous créons nous mêmes !

    - Sortons-en bout d'ciarge !!

    La misère et la violence économique sont : "IN-JUS-TI-FIABLES".

    Références :

    « Quand j’ai rencontré Madame Marois… » :
    http://www.pressegauche.org/spip.php?article2938


    ,

  • Nelson
    Inscrit
    lundi 26 avril 2010 22h23
    NOUS DEVONS TOUS DEVENIR DES MICHEL CHARTRAND !!!!
    LE MONDE A BESOIN QUE TOUT LE MONDE S'IMPLIQUE, S'ENGAGE, SE MOBILISSE, POUR LUI DONNER UNE CHANCE DE SURVIVRE. LES APPETITS ET AMBITIONS ILÉGITIMES, LES ABUSEURS, LES CROSSEURS QUE DIRIGENT LE MONDE, CEUX QUE LES JEAN ZIEGLER ET LES NOAM CHOMSKY DÉNONCENT VERTEMENT, DOIVENT ÊTRE CONTRA-CARRÉES PAR LA SOCIETÉ CIVILE, MAYORITAIREMENT SAINE ET ÉQUILIBRÉE. L'HUMANITÉE S'EN VA DIRECTE VERS LA CATASTROPHE S'ON DÉTRUIT NOTRE PROPRE ENRIRONEMENT, OU S'ON S'AMUSE A SE LANCER DES BOMBES ATOMIQUES SUR LA TÊTE. LE SYSTHÈME CAPITALISTE QUE MICHEL CRANTRAND A CRITIQUÉ TOUTE SA VIE, ET QUI L'A COUTÉ MÊME FAIRE LA PRISON, EST INTRINSÈQUEMENT DANGEREUX, PARCE QU'IL S'AGIT D'UN SYSTHÈME DU ''LAISSER FAIRE'', CE QUE PERMET JUSTEMENT AUX AMBICIAUX FAIRE N'IMPORTE QUOI, EN INCLUENT DÉTRUIRE LA NATURE, LES DEMOCRACIES AUTOUR DU MONDE, LE SYSTHÈME FINANCIER, LA CORRUPTION, ET EMPÊCHE LE PARTAGE ÉQUITABLE DES RICHESES COLLECTIVES QU'APPARTIENENT A TOUS. LA SURVIE DE L'HUMANITÉ PASSE PAR LE BESOIN INCOURTOUNABLE QUE NOUS DEVENONS EN GRAND NOMBRE DES MICHEL CHARTRAND. EN CAS CONTRAIRE, L'HUMANITÉ CONTINUERA SON CHEMIN, SANS LES HUMAINS.

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