Lettres - L'anglicisation
Il y a des jours où une certaine cohérence semble rattacher des articles en apparence disparates. Robert Dutrisac nous apprend ainsi que Québec abolit 31 classes de francisation, classes pour lesquelles les futurs étudiants avaient déjà passé l'examen de classement. Marie-Andrée Chouinard juge, quant à elle, que Québec se désiste quand vient le moment de l'insertion professionnelle des immigrants. Puis on apprend, toujours par Robert Dutrisac, que d'ici 2016, le poids des francophones à Montréal atteindra 43 %. Tout ça n'est finalement qu'une seule et même nouvelle, l'une entraînant l'autre.
Pour contrer cette anglicisation grandissante, on connaît les remèdes. Il est question d'obliger les entreprises de moins de 50 employés à se franciser et de rendre obligatoire le cégep en français pour tous. Car la seule loi 101, telle qu'elle est, ne semble pas être la panacée à tous les maux linguistiques.
Mais serait-il possible qu'à ce seul et même problème, il y ait plus qu'une solution? Ou, mieux encore, qu'il faille envisager une approche plus globale? Certes, la francisation offre une réponse partielle à cette problématique. Il faudrait donc nous activer à la rendre plus efficace. Mais il faudrait aussi cesser de faire de la langue une coquille vide qu'on respecte si mal. Quel message transmet-on aux immigrants quand ceux-ci voient que ceux qui enseigneront demain à leurs enfants connaissent si mal leur propre langue qu'ils éprouvent du mal à réussir des examens de français? Et quand ils comprennent que cette langue vénérée, si mal aimée qu'on ne sait l'écrire correctement, est un simple véhicule qui n'est lesté d'aucune culture propre? Et comment, sans cette connaissance de ce que cette langue a pu créer, peut-on espérer qu'ils développent respect et amour pour celle-ci?
Après en être nous-mêmes venus à considérer la langue comme un véhicule dont le chargement a si peu d'importance, comment peut-on être surpris que les immigrants choisissent un véhicule qui leur assure de couvrir une plus grande distance en Amérique du Nord?
Bref, il faut une approche concertée à laquelle éducation et francisation devront contribuer à parts égales.
***
Sylvain Campeau - Le 9 avril 2010
Pour contrer cette anglicisation grandissante, on connaît les remèdes. Il est question d'obliger les entreprises de moins de 50 employés à se franciser et de rendre obligatoire le cégep en français pour tous. Car la seule loi 101, telle qu'elle est, ne semble pas être la panacée à tous les maux linguistiques.
Mais serait-il possible qu'à ce seul et même problème, il y ait plus qu'une solution? Ou, mieux encore, qu'il faille envisager une approche plus globale? Certes, la francisation offre une réponse partielle à cette problématique. Il faudrait donc nous activer à la rendre plus efficace. Mais il faudrait aussi cesser de faire de la langue une coquille vide qu'on respecte si mal. Quel message transmet-on aux immigrants quand ceux-ci voient que ceux qui enseigneront demain à leurs enfants connaissent si mal leur propre langue qu'ils éprouvent du mal à réussir des examens de français? Et quand ils comprennent que cette langue vénérée, si mal aimée qu'on ne sait l'écrire correctement, est un simple véhicule qui n'est lesté d'aucune culture propre? Et comment, sans cette connaissance de ce que cette langue a pu créer, peut-on espérer qu'ils développent respect et amour pour celle-ci?
Après en être nous-mêmes venus à considérer la langue comme un véhicule dont le chargement a si peu d'importance, comment peut-on être surpris que les immigrants choisissent un véhicule qui leur assure de couvrir une plus grande distance en Amérique du Nord?
Bref, il faut une approche concertée à laquelle éducation et francisation devront contribuer à parts égales.
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Sylvain Campeau - Le 9 avril 2010
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