L'appel à la plume - Un profond cri du coeur
Des centaines de lecteurs nous ont fait parvenir des lettres manuscrites
Photo : Le Devoir
«Quel bonheur de pouvoir écrire à la main une lettre à un journal! En 2010, je ne croyais plus la chose possible». «En cette fin de soirée où le sommeil tarde à venir, voilà le moment idéal pour ressortir plume et papier à lettres pour vous écrire». «Écrire à la main, c’est le tissu de ma vie». «Quel plaisir de ressortir ma plus belle et douce plume fontaine achetée à Paris, il y a plusieurs années, un Waterman 18 k, douce comme la chanson...»
Le 13 mars dernier, Le Devoir a décidé de lancer un «appel à la plume» en proposant à ses lecteurs de renouer avec l’écriture manuscrite. L’invitation a été faite en marge d’un dossier portant sur la possible disparition de ce type d’écriture malmenée par la modernité, les claviers d’ordinateur et les mots doux qui désormais s’échangent par l’entremise de téléphones intelligents.
Reprendre la plume
Cité dans nos pages, l’auteur américaine Kitty Burns Florey qui signe le nécessaire Script and Scribble: The Rise and Fall of Handwritting (Melville House Publishing) proposait d’ailleurs, pour conjurer le sort réservé aux épaisseurs des pleins et des déliés tout comme aux belles rondes pleines de volutes, de reprendre autant que possible la plume, sur une base personnelle et quotidienne. Le Devoir a voulu la prendre au pied de la lettre en transmettant le message... qui a été plus qu’entendu.
Vous avez été nombreux à entendre l’appel. L’édition de ce samedi a été le deuxième meilleur tirage du Devoir depuis le début de l’année, après le «spécial centenaire». Près de 300 de vous nous ont fait parvenir des lettres manuscrites, et ce, de partout au Québec, mais également de l’Ontario et de la France. Et trois semaines plus tard, les enveloppes chargées de ces mots tracés avec application, continuent de converger vers nos bureaux de la rue de Bleury.
En grande majorité, vous avez reproduit, comme nous vous le proposions, les deux premiers paragraphes de la chanson l’Âme à la tendresse, de Pauline Julien. C’est le cas de Françoise Morel, Louis Brillant de Montréal, de Pauline Amesse de Sainte-Anne-des-Lacs, de Gilles Champagnes de Repentigny où encore de 105 élèves de l’École secondaire Le Prélude de Mascouche qui se sont prêtés au jeu. Pour ne citer qu’eux.
Pied de nez à la modernité
Comme nous vous l’annoncions, une sélection de ces manuscrits sont exposés depuis aujourd’hui sur notre site Internet, pour faire un pied de nez à la modernité. Ces lettres s’offrent désormais aux internautes dans le cadre d’un montage qui fait résonner la célèbre chanson de Pauline Julien, mais également dans un catalogue qui permet, utilisant paradoxalement son clavier et sa souris, de juger de la grande diversité graphique qui cohabite encore aujourd’hui malgré la domination des outils modernes de communication.
Femmes, hommes, les jeunes et comme les anciens ont renoué avec la plume pour nous écrire et parfois nous en dire très long. «Le papier sur lequel je vous écris est un cadeau de mon frère Guy», écrit Hélène Harbec. «J’ai sorti mon beau papier pour y glisser mes pensées», ajoute Hélène Landry. «Quel plaisir, autant de recevoir que de faire parvenir un mot écrit de la main de l’envoyeur ou de l’envoyeuse, c’est selon!», pose sur un papier beige et décoré Maurice Bernatchez.
Ces lettres étaient vibrantes en évoquant une école de rang, un professeur ou le transparent qui a accompagné les premiers contacts avec l’écriture manuscrite. D’autres parlent d’un fils à qui l’on a offert une plume, d’une carte reçue d’un ami cher et dont l’écriture sur l’enveloppe était chargée d’émotion. Et puis il y a eu Marie-Noëlle Legault, 27 ans, qui se souvient de l’époque où elle avait une vingtaine de correspondantes. «Si je suis devenue amie Facebook avec certaines d’entre-elles, la magie n’y est toutefois plus aujourd’hui», écrit-elle.
Vous avez écrit au Devoir et le Devoir vous a lu. Sans exception et pour de vrai. La preuve, elle, est également disponible sur notre site web aujourd’hui qui présente une lecture de quelques-unes de ces missives par plusieurs artisans de votre quotidien. Michel Garneau (Garnotte), Alec Castonguay, Josée Boileau, Odile Tremblay et Louise-Maude Rioux-Soucy se sont, entre autres, prêtés à cet exercice de lecture. Un peu pour le plaisir et beaucoup pour vous dire... merci.
Remerciements: Pascale Galipeau (Éditions Nicolas)
L'âme à la tendresse: paroles, Pauline Julien; musique, François Dompierre
Avec les lettres exposées de: Françoise Merel (Montréal), Yolande Morin (Rimouski) Jacinthe Lavoie (Valleyfield), Catherine Cantin (Québec), Robert Falcon-Ouellette (Québec), Louis Brillant (Montréal), Mélanie Gélinas (Verdun), Marie Laprise (Québec), Michèle Fairfield (Saint-Bernard), Marie-Marthe Lebel (Saint-Jacques-le-Mineur), Charlotte Ledoux (Montréal), Élyse Leboeuf (Montréal), Annice Caradec (Québec), Véronique Chevalier (Montréal), Éric Gaudet (Québec), Réjane Rancourt (Lemoyne), Monique Saint-Germain (Saint-Hyacinthe), Johanne Hébert (Verdun), Chantal Bouchard (Saint-Jean-Chrysostome), Suzanne Boulay (Baie-d’Urfé), Madeleine Bourcier (Trois-Rivières), Raymonde Proulx (Saint-Jean-Port-Joli), Pauline Amesse (Sainte-Anne-des-Lacs), François Paquet (Québec), Michel Dupuis (Montréal), Monique Langlois (Montréal), Odette Labbé Streicher (Repentigny), Helène Gagnon (Saint-Jean-sur-Richelieu), Gilles Champagne (Repentigny), Christiane Tranier (Laval), Les élèves de l’École secondaire Le Prélude (Mascouche). Et les lettres lues de : Johanne Catherine Berger (Martintown, Ontario), Réjanne Rancourt (Lemoyne), Catherine Tremblay (Québec), Lise Roy (Montréal), Henriette Fortin (Gatineau), Nathalie Dionne (Québec), Constance Sirois (Chicoutimi), Marjolaine Juquel (Clermont-Ferrand, France), Suzanne Lizotte (Pointe-Claire), Christine Brassard (Montréal), Saskia Latendresse (Montréal), Maurice Bernatchez (Saint-Jérôme), Jeannine Lachapelle (Montréal), Marie-Noëlle Legault (Montréal), Magali Roy (Lachute), Martine Facal (Sherbrooke), Guy Simard (Québec), Hélène Landry (Québec), Michèle Corbeil (Montréal), Louise Julien (Rosemont), Muriel Grégoire (Magog), Monique St-Germain (Saint-Hyacinthe)
Remerciements: Pascale Galipeau (Éditions Nicolas); Marc Leclair (Akufen), pour la pièce «114e jour» tirée de son album Musique pour 3 femmes enceintes (Mutek Rec/ www.mutek.org).
Lettres lues: Johanne Catherine Berger, Martintown, Ontario; Réjanne Rancourt, Lemoyne; Catherine Tremblay, Québec; Lise Roy, Montréal; Henriette Fortin, Gatineau; Nathalie Dionne, Québec; Constance Sirois, Chicoutimi; Marjolaine Juquel, Clermont-Ferrand, France; Suzanne Lizotte, Pointe-Claire; Christine Brassard, Montréal; Saskia Latendresse, Montréal; Maurice Bernatchez, Saint-Jérôme; Jeannine Lachapelle, Montréal; Marie-Noël Legault, Montréal; Magali Roy, Lachute; Martine Facal, Sherbrooke; Guy Simard, Québec; Helène Landry, Québec; Michèle Corbeil, Montréal; Louise Julien, Rosemont; Muriel Grégoire, Magog; Monique St-Germain, Saint-Hyacinthe
Le 13 mars dernier, Le Devoir a décidé de lancer un «appel à la plume» en proposant à ses lecteurs de renouer avec l’écriture manuscrite. L’invitation a été faite en marge d’un dossier portant sur la possible disparition de ce type d’écriture malmenée par la modernité, les claviers d’ordinateur et les mots doux qui désormais s’échangent par l’entremise de téléphones intelligents.
Reprendre la plume
Cité dans nos pages, l’auteur américaine Kitty Burns Florey qui signe le nécessaire Script and Scribble: The Rise and Fall of Handwritting (Melville House Publishing) proposait d’ailleurs, pour conjurer le sort réservé aux épaisseurs des pleins et des déliés tout comme aux belles rondes pleines de volutes, de reprendre autant que possible la plume, sur une base personnelle et quotidienne. Le Devoir a voulu la prendre au pied de la lettre en transmettant le message... qui a été plus qu’entendu.
Vous avez été nombreux à entendre l’appel. L’édition de ce samedi a été le deuxième meilleur tirage du Devoir depuis le début de l’année, après le «spécial centenaire». Près de 300 de vous nous ont fait parvenir des lettres manuscrites, et ce, de partout au Québec, mais également de l’Ontario et de la France. Et trois semaines plus tard, les enveloppes chargées de ces mots tracés avec application, continuent de converger vers nos bureaux de la rue de Bleury.
En grande majorité, vous avez reproduit, comme nous vous le proposions, les deux premiers paragraphes de la chanson l’Âme à la tendresse, de Pauline Julien. C’est le cas de Françoise Morel, Louis Brillant de Montréal, de Pauline Amesse de Sainte-Anne-des-Lacs, de Gilles Champagnes de Repentigny où encore de 105 élèves de l’École secondaire Le Prélude de Mascouche qui se sont prêtés au jeu. Pour ne citer qu’eux.
Pied de nez à la modernité
Comme nous vous l’annoncions, une sélection de ces manuscrits sont exposés depuis aujourd’hui sur notre site Internet, pour faire un pied de nez à la modernité. Ces lettres s’offrent désormais aux internautes dans le cadre d’un montage qui fait résonner la célèbre chanson de Pauline Julien, mais également dans un catalogue qui permet, utilisant paradoxalement son clavier et sa souris, de juger de la grande diversité graphique qui cohabite encore aujourd’hui malgré la domination des outils modernes de communication.
Femmes, hommes, les jeunes et comme les anciens ont renoué avec la plume pour nous écrire et parfois nous en dire très long. «Le papier sur lequel je vous écris est un cadeau de mon frère Guy», écrit Hélène Harbec. «J’ai sorti mon beau papier pour y glisser mes pensées», ajoute Hélène Landry. «Quel plaisir, autant de recevoir que de faire parvenir un mot écrit de la main de l’envoyeur ou de l’envoyeuse, c’est selon!», pose sur un papier beige et décoré Maurice Bernatchez.
Ces lettres étaient vibrantes en évoquant une école de rang, un professeur ou le transparent qui a accompagné les premiers contacts avec l’écriture manuscrite. D’autres parlent d’un fils à qui l’on a offert une plume, d’une carte reçue d’un ami cher et dont l’écriture sur l’enveloppe était chargée d’émotion. Et puis il y a eu Marie-Noëlle Legault, 27 ans, qui se souvient de l’époque où elle avait une vingtaine de correspondantes. «Si je suis devenue amie Facebook avec certaines d’entre-elles, la magie n’y est toutefois plus aujourd’hui», écrit-elle.
Vous avez écrit au Devoir et le Devoir vous a lu. Sans exception et pour de vrai. La preuve, elle, est également disponible sur notre site web aujourd’hui qui présente une lecture de quelques-unes de ces missives par plusieurs artisans de votre quotidien. Michel Garneau (Garnotte), Alec Castonguay, Josée Boileau, Odile Tremblay et Louise-Maude Rioux-Soucy se sont, entre autres, prêtés à cet exercice de lecture. Un peu pour le plaisir et beaucoup pour vous dire... merci.
Crédits : Fabien Deglise (montage), Benoît Munger, Paul Cauchon (mise en ligne), Richard Descormiers (numérisation)
Remerciements: Pascale Galipeau (Éditions Nicolas)
L'âme à la tendresse: paroles, Pauline Julien; musique, François Dompierre
Avec les lettres exposées de: Françoise Merel (Montréal), Yolande Morin (Rimouski) Jacinthe Lavoie (Valleyfield), Catherine Cantin (Québec), Robert Falcon-Ouellette (Québec), Louis Brillant (Montréal), Mélanie Gélinas (Verdun), Marie Laprise (Québec), Michèle Fairfield (Saint-Bernard), Marie-Marthe Lebel (Saint-Jacques-le-Mineur), Charlotte Ledoux (Montréal), Élyse Leboeuf (Montréal), Annice Caradec (Québec), Véronique Chevalier (Montréal), Éric Gaudet (Québec), Réjane Rancourt (Lemoyne), Monique Saint-Germain (Saint-Hyacinthe), Johanne Hébert (Verdun), Chantal Bouchard (Saint-Jean-Chrysostome), Suzanne Boulay (Baie-d’Urfé), Madeleine Bourcier (Trois-Rivières), Raymonde Proulx (Saint-Jean-Port-Joli), Pauline Amesse (Sainte-Anne-des-Lacs), François Paquet (Québec), Michel Dupuis (Montréal), Monique Langlois (Montréal), Odette Labbé Streicher (Repentigny), Helène Gagnon (Saint-Jean-sur-Richelieu), Gilles Champagne (Repentigny), Christiane Tranier (Laval), Les élèves de l’École secondaire Le Prélude (Mascouche). Et les lettres lues de : Johanne Catherine Berger (Martintown, Ontario), Réjanne Rancourt (Lemoyne), Catherine Tremblay (Québec), Lise Roy (Montréal), Henriette Fortin (Gatineau), Nathalie Dionne (Québec), Constance Sirois (Chicoutimi), Marjolaine Juquel (Clermont-Ferrand, France), Suzanne Lizotte (Pointe-Claire), Christine Brassard (Montréal), Saskia Latendresse (Montréal), Maurice Bernatchez (Saint-Jérôme), Jeannine Lachapelle (Montréal), Marie-Noëlle Legault (Montréal), Magali Roy (Lachute), Martine Facal (Sherbrooke), Guy Simard (Québec), Hélène Landry (Québec), Michèle Corbeil (Montréal), Louise Julien (Rosemont), Muriel Grégoire (Magog), Monique St-Germain (Saint-Hyacinthe)
Remerciements: Pascale Galipeau (Éditions Nicolas); Marc Leclair (Akufen), pour la pièce «114e jour» tirée de son album Musique pour 3 femmes enceintes (Mutek Rec/ www.mutek.org).
Lettres lues: Johanne Catherine Berger, Martintown, Ontario; Réjanne Rancourt, Lemoyne; Catherine Tremblay, Québec; Lise Roy, Montréal; Henriette Fortin, Gatineau; Nathalie Dionne, Québec; Constance Sirois, Chicoutimi; Marjolaine Juquel, Clermont-Ferrand, France; Suzanne Lizotte, Pointe-Claire; Christine Brassard, Montréal; Saskia Latendresse, Montréal; Maurice Bernatchez, Saint-Jérôme; Jeannine Lachapelle, Montréal; Marie-Noël Legault, Montréal; Magali Roy, Lachute; Martine Facal, Sherbrooke; Guy Simard, Québec; Helène Landry, Québec; Michèle Corbeil, Montréal; Louise Julien, Rosemont; Muriel Grégoire, Magog; Monique St-Germain, Saint-Hyacinthe
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