Itinérance - L'Accueil Bonneau ne suffit plus à la tâche
Le sous-financement chronique pourrait mettre en péril certains services
L'Accueil Bonneau ne fait pas que remplir les ventres creux depuis 133 ans. Il nourrit aussi les âmes et les esprits des itinérants montréalais qui s'y pressent par centaines chaque année. Or, ces services se sont construits au fil du temps sans que le gouvernement emboîte le pas. Un désengagement qui met aujourd'hui en péril certains services essentiels, a dénoncé hier son administration.
Sur les 2,3 millions nécessaires annuellement au fonctionnement de l'Accueil Bonneau, près de 90 % dépendent des collectes de fonds privés. Or, le centre de jour a dû bonifier ses services au cours des dernières années pour répondre aux besoins de plus en plus pointus de la clientèle montréalaise, explique son directeur général, Aubin Boudreau. Cette mission plus complexe a été confirmée dans le Plan d'action interministériel en itinérance 2010-2013 déposé en décembre dernier.
Le plan doté d'une enveloppe de 14 millions tarde toutefois à se mettre en place, laissant à découvert une foule de services, qui mobilisent une part grandissante de l'énergie dépensée par l'organisme. «Le visage de l'itinérance a radicalement changé ces dernières années. Les problèmes de consommation sont toujours présents, mais ils sont souvent accompagnés de troubles mentaux. La moitié de notre clientèle en souffre», explique M. Boudreau.
Un peu malgré lui, L'Accueil Bonneau a donc dû prendre le relais des gouvernements en offrant, en plus du couvert et des vêtements, un accompagnement psychosocial aux itinérants dans le but de favoriser leur réinsertion sociale. Des services spécialisés qu'il ne peut pas assurer seul. «Ce sont des choix qui nous dépassent et que l'État doit assumer lui aussi», croit M. Boudreau.
800 à 1000 repas
Chaque jour, L'Accueil Bonneau sert entre 800 et 1000 repas. Son centre de jour voit passer quotidiennement 200 personnes. Une petite proportion (165) est suivie plus étroitement et logée dans l'une des quatre maisons de logement de l'organisme. S'ajoute aussi un suivi psychosocial serré pour 250 autres. Le tout réalisé avec des bouts de ficelle et une enveloppe de seulement 150 000 $ octroyée par l'Agence de la santé de Montréal.
«C'est loin d'être suffisant», calcule le directeur général de l'organisme. Pour vraiment répondre aux besoins de la clientèle, ce dernier estime qu'il faudrait porter cette enveloppe à 500 000 $ cette année, puis à 800 000 $ d'ici 2013. Autrement, ce sera le déficit, une issue qu'il refuse, lui qui s'est déjà résolu bien malgré lui à boucler l'année 2009 avec un déficit de 350 000 $.
Ces derniers mois, les cris d'alarme poussés par les grands refuges leur ont permis d'obtenir un soutien gouvernemental accru. L'Accueil Bonneau estime que c'est au tour des centres de jour d'être entendus. «Les grands refuges sont importants, mais les centres de jour ne le sont pas moins», a dit M. Boudreau qui invite le public à aussi y mettre aussi du sien.
Sur les 2,3 millions nécessaires annuellement au fonctionnement de l'Accueil Bonneau, près de 90 % dépendent des collectes de fonds privés. Or, le centre de jour a dû bonifier ses services au cours des dernières années pour répondre aux besoins de plus en plus pointus de la clientèle montréalaise, explique son directeur général, Aubin Boudreau. Cette mission plus complexe a été confirmée dans le Plan d'action interministériel en itinérance 2010-2013 déposé en décembre dernier.
Le plan doté d'une enveloppe de 14 millions tarde toutefois à se mettre en place, laissant à découvert une foule de services, qui mobilisent une part grandissante de l'énergie dépensée par l'organisme. «Le visage de l'itinérance a radicalement changé ces dernières années. Les problèmes de consommation sont toujours présents, mais ils sont souvent accompagnés de troubles mentaux. La moitié de notre clientèle en souffre», explique M. Boudreau.
Un peu malgré lui, L'Accueil Bonneau a donc dû prendre le relais des gouvernements en offrant, en plus du couvert et des vêtements, un accompagnement psychosocial aux itinérants dans le but de favoriser leur réinsertion sociale. Des services spécialisés qu'il ne peut pas assurer seul. «Ce sont des choix qui nous dépassent et que l'État doit assumer lui aussi», croit M. Boudreau.
800 à 1000 repas
Chaque jour, L'Accueil Bonneau sert entre 800 et 1000 repas. Son centre de jour voit passer quotidiennement 200 personnes. Une petite proportion (165) est suivie plus étroitement et logée dans l'une des quatre maisons de logement de l'organisme. S'ajoute aussi un suivi psychosocial serré pour 250 autres. Le tout réalisé avec des bouts de ficelle et une enveloppe de seulement 150 000 $ octroyée par l'Agence de la santé de Montréal.
«C'est loin d'être suffisant», calcule le directeur général de l'organisme. Pour vraiment répondre aux besoins de la clientèle, ce dernier estime qu'il faudrait porter cette enveloppe à 500 000 $ cette année, puis à 800 000 $ d'ici 2013. Autrement, ce sera le déficit, une issue qu'il refuse, lui qui s'est déjà résolu bien malgré lui à boucler l'année 2009 avec un déficit de 350 000 $.
Ces derniers mois, les cris d'alarme poussés par les grands refuges leur ont permis d'obtenir un soutien gouvernemental accru. L'Accueil Bonneau estime que c'est au tour des centres de jour d'être entendus. «Les grands refuges sont importants, mais les centres de jour ne le sont pas moins», a dit M. Boudreau qui invite le public à aussi y mettre aussi du sien.
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