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Superinfirmières - Question de priorités

Cela fait sept ans que chemine dans les instances politiques le projet des superinfirmières, destiné à soulager la crise éternelle dont souffre notre réseau de santé. Sept ans que les discours officiels font de ces infirmières praticiennes spécialisées (IPS) de véritables bienfaitrices, par lesquelles le désengorgement doit passer. Sept ans que cette idée, qui ne connaît pas de détracteur, n'est soutenue que par des promesses.

La journaliste du Devoir Louise-Maude Rioux Soucy a récolté les aveux des universités, qui soutiennent depuis trois ans les programmes de formation de ces superinfirmières sans l'ombre d'un budget fourni par Québec. À bout de ressources, elles ne peuvent plus garantir l'inscription de nouvelles venues. Leur recul n'est qu'une addition à un ras-le-bol général: même diplômées, ces superinfirmières, censées soulager les médecins de certaines tâches, ne trouvent pas de postes. Les hôpitaux, qui doivent payer ces employées à même leur budget, n'ont pas d'argent frais — et ils dépensent des fortunes en infirmières d'agences! Abattues par un horizon aussi obscur, les étudiantes abandonnent en cours d'études.

Il semblerait que les idées révolutionnaires destinées à solidifier une première ligne défaillante ne se réalisent jamais. Virage ambulatoire, groupes de médecine familiale, superinfirmières: à la pièce et à l'aveugle, on retouche l'organisation du travail sans parachever les projets. En résulte un système de santé coûteux, complexe, qui n'adopte pas le virage du partage des compétences.

L'Ontario compte 1240 infirmières praticiennes spécialisées. Au Québec, elles ne sont encore que 19. Il aura fallu cette semaine que les médecins se postent aux côtés des infirmières pour attester du sérieux de leurs revendications, un geste symbolique qui traduit malheureusement la faible portée de la voix des infirmières. Elles occupent pourtant un rôle névralgique.

Tous dénoncent le manque de volonté politique qui chapeaute cet échec en santé — censée être l'absolue priorité politique. En cette matière, le gouvernement Charest n'est pourtant pas entièrement statique. N'a-t-il pas récemment annoncé son intention de financer la fécondation in vitro (FIV)?

Dans un contexte où deux millions de Québécois n'ont toujours pas accès à un médecin de famille, où faute de ressources sur la première ligne 70 % des patients qui atterrissent à l'urgence auraient dû être vus ailleurs, ce choix politique est insensé, si chargé émotivement soit-il pour les couples infertiles.

Côté pile, il en coûterait 80 millions pour soutenir la procréation assistée, une option qui suscite encore des réserves, même en science. Côté face, il en coûterait apparemment 100 millions pour financer la réalisation du projet des superinfirmières, que tous associent à l'option du succès. Si ce choix peut soulager l'ensemble du réseau de la santé, il s'agit sans contredit d'une voie prioritaire.

***

machouinard@ledevoir.com
 
 
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  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 18 mars 2010 07h50
    Affaiblir les soins de santé publics
    « Si ce choix [ajout de superinfirmières] peut soulager l'ensemble du réseau de la santé, il s'agit sans contredit d'une voie prioritaire », écrit Marie-Andrée Chouinard. Justement, Jean Charest vise au contraire à affaiblir le système public de soins de santé jusqu'à ce que le population le supplie de faire davantage de place, sinon toute la place, au privé.
    Comment se fait-il que journalistes, chroniqueurs et commentateurs politiques aient enfoui au plus creux de leur mémoire l'intention avouée de Jean Charest de détruire les institutions issues de la Révolution tranquille ?
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • Mario Tremblay
    Abonné
    jeudi 18 mars 2010 08h00
    Superinfirmières!?
    Relevez donc la saga des sages-femmes ... Je vous fais une prédiction : il n'y aura pas de superinfirmières au Québec; avant que le projet ne démarre véritablement, la mode sera passée !
    D'ailleurs dans la réalité, faute de superinfirmières, les cliniques se sont adjoint les services de secrétaires-videurs (doorman): la cédule de ce mois-ci est complète, rappelez dans 1 mois pour obtenir un rendez-vous dans 2 à 3 mois. Ah! c'est parce que c'est pour une grippe! Ou encore : tous vos résultats sont négatifs, le médecin n'aura pas à vous revoir! Et cela, c'est à la condition d'avoir un médecin de famille!
    Savez-vous ce que c'est qu'une superinfirmière? C'est ma mère qui nous faisait une «mouche de moutarde» ou un «cataplasme à l'antiphlogistine» lorsqu'on réussissait à passer le test du thermomètre; et si en 2 jours ce n'était pas réglé, elle appelait le médecin qui passait à la maison après son bureau. Formez plutôt le personnel en garderie ... ce sera plus rapide et plus efficace!

  • Yvon Bureau
    Abonné
    jeudi 18 mars 2010 11h16
    Population, soins et ÉQUITÉ
    L'Assemblée nationale du Québec devrait mettre sur pied un Comité des sages sur l'ÉQUITÉ. Avec un pouvoir de recommandations.

    Tant que le budget pour la santé est limité, place à l'ÉQUITÉ.

    C'est une belle valeur sociétale, le plus près possible du réel de la réalité !!

    Cela donne la responsabilité aux citoyens pour des consentements et des refus éclairés et libres aux soins.

    L'équité est belle !

  • Jean Laflamme
    Abonné
    jeudi 18 mars 2010 12h30
    Prioriser les besoins non l'offre technologique
    Les super-experts qui conseillent le ministre de la santé ont toujours besoin d'argent pour financer une nouvelle percée technologique. Les vrais besoins sur le terrain attendent toujours, particulièrement ceux qui sont associés à la prévention, un domaine où la gloire ne les attire pas. L'argent va à la recherche de pointe, au financement des laboratoires de l'industrie phamaceuthique et des grands hôpitaux. Sur le terrain, les superinfirmières, les médecins de famille ou les sages femmes attendent toujours. Dans le domaine de la fertilité, les besoins ont laissé la place aux désirs, tout comme dans le domaine de la puissance sexuelle. Comme ils font d'habitude, les super-experts créent un climat de peur, la peur de devenir infertile avant la ménopause. C'est avec une peur semblable qu'ils ont financé la campagne de vaccinisation de la grippe porcine, qui a permis aux gens d'appendre de se laver les mains. La sous-fertilité est un problème qui va durer longtemps alors que l'âge de la première grossesse, soit près de 30 ans, se rapproche de l'âge où la fertilité a déjà diminué de moitié. Avec les percées technologiques de la contraception les femmes, qui avaient commencé à observer leur cycle dans les années 60, ne s'y retrouvent plus entre leurs menstruations retrouvées une ovulation qui se fait attendre. Pas de problème pour les super-experts, rien de mieux pour voir l'ovualtion que de stimuler les ovaires des femmes. Et comme les sprematozoïdes se font plus rares et plus faibles, rien de meux que de les porter un à un jusqu'au noyau d'un ovule maturé en laboratoire. Pourquoi ne pas montrer aux femmes à observer leurs cycles tout simplement? Elles pourraient voir venir les jours les plus propices à une fécondation in vivo après avoir demandé à leur conjoint de prendre soin de ses spermatozoïdes qui prennent trois mois à se préparer au grand voyage. Il faut admettre que quand le temps presse trouver et préparer l'homme idéal est un peu long. La clinique offre une solution plus rapide et sans frais.
    Jean Laflamme, Saint-Bruno

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