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J'sais plus écrire - Est-ce la fin de l'écriture manuscrite?

Photo : Newscom

À retenir

    Appel à la plume...

    L’écriture manuscrite dépérit sous l’effet du clavier, c’est vrai. Et la seule façon «d’inverser la tendance, c’est d’écrire à la main le plus possible sur une base personnelle et d’inciter les gens autour de vous à en faire autant», dit l’auteure Kitty Burns Florey. Le Devoir a décidé de la prendre au mot et invite donc ses lecteurs à fourbir leurs plumes et à dépoussiérer leurs beaux papiers à lettres. Pourquoi? Pour commenter ce papier à la main, s’ils le désirent, ou encore pour reproduire les deux premiers paragraphes de la chanson L’Âme à la tendresse de Pauline Julien et de nous transmettre le tout par la poste (Le Devoir, 2050 rue de Bleury, 9e étage, Montréal, Québec, H3A 3M9). Les adeptes du scanner et du courriel peuvent aussi partager leurs lettres en format numérique (redaction@ledevoir.com). Leurs pleins, déliés, jambages et hampes seront alors exposés sur notre site, www.ledevoir.com... pour faire un pied de nez à la modernité.
De la douleur naît parfois... le sujet d'un article. Ça s'est passé un mardi soir, après la réception d'une lettre manuscrite envoyée par un lecteur. Sur deux pages, l'homme y commentait un récent dossier, avec une délicate graphie, équilibrée, cohérente, bien alignée, posée, comme dans le bon vieux temps, sur un papier blanc à entête, de qualité.

Élégante, la missive se démarquait dans un univers où la réaction d'un lecteur apparaît désormais dans une boîte de courriels. Mais surtout, avec sa question ouverte en guise de conclusion, elle appelait une réponse dans une forme forcément similaire, par politesse. Réponse qui allait donner le coup d'envoi à une aventure désastreuse jonchée d'obstacles — calligraphie approximative, lignes difficilement droites, difficulté de mise en page, lenteur du geste —, à trois faux départs, à une douleur persistante dans l'avant-bras et, au final, à un point d'interrogation: à l'ère du «tout-technologique», l'humain serait-il en train de perdre sa capacité à écrire autre chose que des notes à la main, avec un crayon ou une plume? Où tout ça peut-il bien le conduire?

«Je ne crois pas que l'écriture manuscrite va totalement disparaître, répond l'Américaine Kitty Burns Florey, auteure de Script and Scribble: The Rise and Fall of Handwritting (Melville House Publishing), mais le fait est que de moins en moins de personnes vont être capables à l'avenir de s'en servir et même de la lire. Je ne sais pas si cela va prendre 50 ans, ou plus. Mais nous avançons dans cette direction. Les premiers signes commencent déjà à apparaître.»

La Terre tourne, les temps changent et la technologie impose désormais un style dont l'échange épistolaire sur quatre pages et le billet doux, coquinement substitué à un marque-page, ne pourront jamais se remettre.

Avec ses correspondances généralisées par courriel, ses cartes postales — et ses (insupportables) cartes de Noël — en format numérique, ses confidences, mots d'encouragement ou banalités du quotidien envoyés par texto, ses exposés magistraux assemblés dans un PowerPoint, ses listes d'épicerie mémorisées dans un iPhone ou encore ses journaux intimes devenus blogues, le temps du scribe, du copiste et du gratte-papier semble bel et bien révolu.

«Récemment, j'ai demandé à un jeune de 24 ans d'écrire à la main, avec une écriture cursive [en lettres attachées], raconte Christine Rasetti, présidente de l'Association des graphologues du Québec. Il n'a pas réussi du premier coup. L'habileté n'était plus là. Quand on n'écrit pas beaucoup à la main, on devient rouillé. L'écriture se fait plus lente, la dextérité est moins bonne, les lettres sont moins bien formées, les lignes moins droites, la mise en page déficiente...» Et ce cas particulier tend finalement à trouver un écho dans le général.

La faute au clavier

Ce serait une question de muscles, du fléchisseur et des adducteurs du pouce, du premier interosseux de l'index et de ses fléchisseurs, le superficiel et le profond, que le cerveau n'est plus habitué à commander de la même façon. Ce serait aussi une question d'environnement où le clavier, sous toutes ses formes, se répand désormais de manière épidémique.

À l'université, il est en voie de devenir le chemin royal pour la prise de notes de cours sur un ordinateur, relié au reste du monde par une connexion Internet sans fil. Au travail, c'est par lui qu'on rédige les rapports, qu'on prépare les réunions, qu'on tient à jour les agendas — forcément numériques —, qu'on échange les potins du jour, qu'on organise les rendez-vous, qu'on remplit les bons de commande, qu'on écrit les bons scénarios ou les mauvais romans, ne laissant finalement au crayon que de petits espaces de liberté, au mieux pour griffonner une idée cruciale sur un bout de papier ou un détail à ne pas oublier sur un papillon adhésif amovible. À condition que ce «post-it» ne se soit pas déjà dématérialisé sur un fond d'écran.

«Oui, tout est la faute de l'ordinateur, lance Kitty Burns Florey. Mais l'ordinateur est une chose formidable. J'écris mes livres sur un ordinateur, pas à la main. Les deux méthodes d'écriture — à la main et au clavier — peuvent d'ailleurs facilement coexister», mais dans un déséquilibre technologiquement inévitable, qui pourrait très vite tout faire basculer.

C'est que l'éloignement de l'humain et de l'art du manuscrit n'est pas seulement en train de malmener les épaisseurs des pleins et des déliés et les belles rondes pleines de volutes, ou de sonner le glas des ligatures parfaites et des majuscules imposantes. Elle risque aussi à la longue de nuire à notre capacité collective de comprendre ce que toutes ces formes veulent dire. «C'est un des impacts possibles, poursuit-elle. Les écrits qui existent aujourd'hui, comme les manuscrits d'écrivains, les lettres de nos grands-parents, les journaux intimes, pourraient, à l'avenir, ne plus être lisibles pour la moyenne des gens.»

Rendre une époque illisible

La perspective est d'ailleurs confirmée par François Cartier, archiviste au Musée McCord à Montréal, qui peut déjà constater cet effet pervers du clavier sur la lecture de textes écrits à la main. «Quand on reçoit des jeunes stagiaires dans notre service, confie-t-il, on constate qu'ils ont de la difficulté à déchiffrer des manuscrits, surtout s'ils n'ont pas été souvent exposés à cette forme d'écriture. La plupart sont pris au dépourvu, mais ils finissent par s'y faire.»

Il y a certainement pire, toutefois, pour la mémoire d'une époque: les écrits restent, dit la formule éculée, mais surtout dans la sphère privée, lorsqu'ils sont posés sur une feuille de papier, pourrait-on ajouter aujourd'hui. «Dans le monde des lettres manuscrites, il y a toujours un original quelque part, dit Mme Florey. Ce n'est plus le cas avec les courriels. Les gens ne sauvegardent pas leurs courriels et, s'ils le font, cela est certainement un document moins personnel qu'un document manuscrit, mais aussi une chose que l'on peut plus facilement falsifier.»

Moins personnel! Plus homogène, mécanique et sans âme? Le gros mot vient d'être lancé. Il est aussi attrapé au vol par la graphologue Christine Rasetti, qui voit également dans l'affaissement progressif de l'écriture manuscrite — sans l'intermédiaire d'un clavier, s'entend — un drame pour la lecture de l'état d'esprit du temps présent et même futur. Car si les mots utilisés en disent un peu sur les idées de celui qui les assemble, la forme qu'il donne à ses lettres pour former ces mots en dit, elle, davantage sur sa façon de penser, ses intentions, son rapport à l'autre, au monde, à l'autorité, à l'avenir... comme l'a un jour exposé le théologien suisse Johann Lavater, un des pères fondateurs de la graphologie.

«En délaissant le crayon, les gens finissent par moins développer une écriture personnelle, dit la présidente de l'Association des graphologues du Québec. Leur écriture est moins rapide, plus conformiste. Le clavier modifie aussi leur personnalité et ils vont finir par se mettre à penser comme des machines.»

L'humanité devrait toutefois s'en sortir, croit Jean-Claude Guédon, spécialiste des nouvelles technologies à l'Université de Montréal, qui rappelle que, devant toutes les innovations, les comportements humains finissent toujours par «s'équilibrer en fonction des besoins de la société». «C'est vrai, dit-il, les gens écrivent moins à la main dans le cadre actuel de la technologie. Mais tout ça n'est peut-être que temporaire», surtout avec l'avènement des tablettes, dont le iPad est le plus bruyant représentant et qui finalement pourrait bien permettre au manuscrit de revivre, en format binaire.

Une éventualité qui n'est pas pour déplaire aux graphologues, d'ailleurs, dont la profession tend depuis quelques années à s'essouffler, sous la pression des mots qui dansent désormais dans des logiciels de traitement de texte. «Dans les années 70, il y avait cinq écoles de graphologie au Québec, rappelle Mme Rasetti. Aujourd'hui, il n'en reste que deux, avec très peu d'élèves.» Des élèves qui pourraient devenir des perles rares pour comprendre un temps que les moins de 20 ans...
 
 
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  • epervier
    Inscrit
    samedi 13 mars 2010 08h35
    J'sais plus écrire... comme je vous comprends!
    Sommes-nous heureux de l'enseignement exercé auprès de nos jeunes?
    Il y a un prix à payer car l'écriture a son importance, c'est l'expression de l'esprit.
    Maintenant, c'est la désolation, l'orthographe douteuse, presque
    des illétré(e)s.
    Un bilan douloureux, très douloureux.

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    samedi 13 mars 2010 09h16
    On pourrait au contraire la revaloriser
    Avec les techniques modernes d'imprimerie, il pourrait être amusant d'éditer des livres manuscrits...

  • Bernard Gervais
    Abonné
    samedi 13 mars 2010 10h32
    La faute à l'ordinateur ?
    Curieux quand même de déclarer, comme le fait Madame Kitty Burns Florey (dont les propos sont cités dans le présent reportage), que serait la faute au clavier (donc l'ordinateur) si les gens savent de moins en moins écrire !

    En tout cas, dans mon cas, c'est plutôt le contraire qui est arrivé ! Depuis que je suis branché à Internet, je n'ai jamais autant écrit de toute ma vie.

    Par exemple, très souvent, au lieu communiquer avec des gens par téléphone, je leur fais parvenir des courriels. De plus j'envoie chaque jour des commentaires à différents blogues et sites Web de journaux.

    Par ailleurs, certains logiciels m'ont aidé à corriger les erreurs de grammaire et d'orthographe que je faisais souvent avant d'utiliser l'ordinateur.

    En terminant, il importe de rappeler que plusieurs grands écrivains se servent déjà depuis plusieurs années d'un PC ou un Mac pour écrire leurs romans ou essais !

  • mala
    Abonné
    samedi 13 mars 2010 11h13
    Oh! surprise.
    La joie d'un grand-père qui a enseigné 32 ans au primaire fut fort grande quand il a reçu de son petit fils de 8 ans, une belle lettre écrite en lettres attachées, le remerciant des timbres qu'il a eu pour commencer une collection de timbres-poste. Oui, ça existe encore...

    De belles lettres, bien formées, bien attachées. La belle émotion que j'ai eu! Tout n'est pas perdu.

    Tout enseignant que j'ai été, je n'ai jamais compris, ni jamais appliqué, qu'il fallait passer par le script pour en arriver à la lettre attachée. Ça me rappelle la grosse folie du Sablier où il fallait apprendre l'alphabet de phonétique international pour apprendre à lire... La bêtise n'est pas toujours dans l'ignorance, elle sévit souvent chez les diplômés patentés du Ministère de l'éducation.

    Mario Laprise
    Québec

  • Rodrigue Guimont
    Abonné
    samedi 13 mars 2010 11h22
    Signe des temps d’hier?
    Très significative votre photo en tête de votre article. Il semble bien que l’être humain revient à ses origines. S’il ne sait plus écrire, par contre il sait compter.

    Au Québec, depuis le début des années 70, l’apprentissage de l’écriture se fait non par la formation de l’écriture cursive mais par la méthode dite des «lettres carrées», droites et détachées comme des nombres.

    L’écriture est née de besoins bien particuliers : calculer l’engrangement des réserves de grains, mémoriser les ententes d’échanges, vérifier la distribution des denrées alimentaires, établir des comptes agricoles. Besoin sommaire en somme.

    Par la suite, les signes graphiques se sont raffinés afin de représenter des idées, des concepts, des émotions, en un système graphique qui pouvait tout exprimer. La main, projection du corps se tendait, enserrait le medium d’écriture, cernait la pensée en agençant en un mouvement fluide et précis, un tracé qui nous était infiniment personnel. Telle était du moins l’évolution de l’écriture.

    Aujourd’hui l’écriture est standardisée, informatisée, et la pensée qui la nourrit comptabilise…

  • France Marcotte
    Abonnée
    samedi 13 mars 2010 11h51
    Garde-fou
    Nous serions fous d'abandonner l'écriture manuscrite (d'ailleurs, il fallait de l'indépendance d'esprit pour constater qu'elle pourrait nous échapper) et sans vouloir s'y restreindre bien sûr. C'est un peu comme si nous perdions l'usage de la parole et qu'on s'en remettait aux voix synthétiques pour se parler. Écrire est un phénomène fabuleux qui demande très peu de moyens pour se réaliser: papier, crayon et bien sûr mains et pensée. C'est l'autonomie, la liberté et, si on le désire, la discrétion assurée. Avec le clavier, la liberté est compromise parce que la communication est conditionnelle à plusieurs facteurs dont la présence d'électricité ou du moins une source d'énergie dont on ne peut se passer (imaginez qu'on en soit soudainement privé). Et le message peut toujours être intercepté; la communication privée devient hasardeuse, incertaine. Avec l'arrivée en masse des calculatrices, on a compris combien il serait stupide de ne plus apprendre à compter; garder en main l'écriture nous rendra moins facilement aliénables.

  • desjardm5
    Inscrit
    samedi 13 mars 2010 11h58
    Perdez pas espoir...
    On peut dire que je fais partie de l'ancienne génération qui a connu les cours de calligraphie en classe à bien former ses lettres et ses lignes (malgré que je fut un cas désespéré, surtout avec ma dyslexie) et j'avoue que l'avènement du clavier a grandement simplifié ma vie quant à la rédaction.

    J'ai appris "sur le tas" à taper sur un clavier, et n'ai jamais autant écris depuis. Sans compter que mon français s'est amélioré, car je vise toujours une phrase fluide et structurée de mots appropriés, et non pas d'un croisement avec la sténo, comme sur MSN.

    Oui il y a une inquiétude quant à la perte de cette capacité d'écrire à la main, et de lire autrui ! Mais si cela me permet de savoir que des arbres seront sauvés du à la consommation décroissante de papier (dont le gaspillage est encore honteux), et donc de pouvoir les apprécier dans une sortie de plein air, de pouvoir respirer un air plus pur, et, qui permettra à abaisser le cout du bois afin d'avoir une maison enrichie de bois, et d'y lire un savoureux texte (sur un iPad) eh bien soit. Ce qui m'importe d'abord, c'est d'augmenter la facilité d'échanger avec autrui (on s'est jamais autant écrit dans le monde!) et de préserver l'environnement.

    Oui, je sais, c'est moins environnemental un iPad qu'une feuille de papier. Je vous l'accorde. Et je n'ai pas d'argument pour le contrer...

    Mais dites-vous que ces pad permettrons d'écrire directement dessus, et ainsi de réapprendre... à écrire, et ainsi de démontrer ses émotions à travers les lettres...

    Qu'en pensez-vous ?

  • Hummm
    Abonné
    samedi 13 mars 2010 12h18
    Chroniques d'une mort annoncée
    Avant propos:
    CLICHER: Nom masculin. 1578. Mot d'origine onomatopique, vient de CLIC, du son de l'appareil photographique.
    Tiens! Quelqu'un a dû écrire au son à un moment donné dans l'histoire du français. Il va de soit qu'on devrait bannir ce mot, isnt-it?

    J'ai 47 ans.
    Je suis de la génération qui a grandi un pied dans les collèges classiques et l'autre pied dans ce qu'ils appellaient "l'école expérimentale". Ce que ces 2 univers pédagogiques laissent gravés en moi:
    pour le classique: dictée quotidienne (que j'adorais), textes sans aucune virgule superflue (qui demeure pour moi la règle du savoir composer un texte) et humiliation perpétuelle des enfants moins doués.
    pour l'école expérimentale: pupitres placés en cercle autour de la classe, lecture photographique (mots-étiquette) et répartition du pouvoir (équipe d'élèves : 1 fort avec 1 faible et 2 moyens).

    J'ai 47 ans ET JE SUIS LE BÉBÉ d'une famille de 10 enfants.
    C'est à dire que mes 9 frères et soeurs ont fait le collège classique.
    Ainsi, depuis mes 6 ans, mes douces oreilles sont bercées du son famillier des voix outragées de mes aînés devant les méthodes pédagogiques MODERNES (moderne... le mot parfait pour faire ringard).

    J'ai 47 ans, je viens d'un milieu ouvrier et ça fait 41 ans qu'on m'annonce que ma génération en sera une d'analphabètes.

    TOUT CECI pour vous dire: ON S'EN FOUS!
    Leurs analphabètes annoncés, je les vois ENFIN apparaître! Maintenant...
    Et quelle paix s'installe en moi!
    C'est meilleur que l'arrivée du Messie!!!!
    Ils sont encore mieux que dans l'Annonce: ils sont malhabiles avec un crayon... Le cursif et le scripte se perdent...
    Ils sont souriants. Ils rigolent à l'école. Ils ne tremblent pas devant la classe à faire leur douloureuse dissertation. Non, ils sont forts et droits et fiers de présenter leur production PowerPoint.
    Et ils sont malhabiles avec un crayon...
    Ils sont ouverts sur le Monde comme nous ne l'avons jamais été au même âge, grâce à InterNet.
    Et ils sont malhabiles avec un crayon...
    Ils lisent des bouquins comme jamais auparavant; les collections jeunesses sont la mine d'or des éditeurs.
    Et ils sont malhabiles avec un crayon...
    Ils sont sortis de l'antre des incultes du hockey et font du ski, du snow, du wake, du hiking, de l'escalade, du canoe, du squach, du soccer... et des jeux vidéo... houuuuuuu!!!!!!!!!!!!!!
    Et ils sont malhabiles avec un crayon...
    Et ils correspondent les uns avec les autres au quotidien, PAR ÉCRIS, restent en contact malgré les déménagements et les divorses. Ils écrivent, parlent, S'EXPRIMENT à l'aide des mots comme jamais.
    Et ils sont malhabiles avec un crayon... et ils font des fautes d'ortpgraphe, de grammaire et de syntaxe.
    Ce ne sont certes pas mes chics-et-de-bon-goût frères et soeurs aînés qu'on verra communiquer leurs vraies émotions ou leurs opinions aussi librement et abondamment qu'eux, oh que non!. Même pas avec un osti de crayon, et sans fautes.

    OUI, ils sont malhabiles avec un crayon...PARCE QU'ILS TAPPENT AU CLAVIER, EUX.
    ET LE BON FRANÇAIS BIEN ACCORDÉ ET BIEN CONJUGUÉ SE PERD.
    OUI... PIS!
    PIS!
    Le latin, les hiéroglyphes des pharaons, l'égyptien classique, le grec ancien, le celte, le saxon... qui s'écrivaient avec un crayon (disons...) SONT MORTS. C'est faux, ils ne sont pas morts. Ils sont devenus les langues d'aujourd'hui.
    La langue est vivante ET IMMORTELLE. C'est une perpétuelle mutante. Elle se tranforme et évolue selon les contextes et événements qui composent la vie sur Terre. Chaque jour la langue meurt et renaît mutée sous une autre forme. La langue ÉCRITE est une langue morte. Arrêter de l'embaumer, merde!!!! Elle se décompose et se recompose, c'est innévitable. C'est la vie d'une langue.
    Maudits combats stériles!

    Et pendant que vous occupez toutes les antennes pour jetez votre regard méprisant sur ces jeunes générations que vous salissez de votre peur de regarder en face la mort de vieux monde, il ne reste plus d'auditoire pour les écouter vivre. Et vous creusez l'éternel fossé entre les générations, fossé qui empèche la comparaison des expériences, processus necessaire à l'émergeance de la sagesse.
    Et s'il y a un danger qui menace le monde, c'est le manque de sagesse, pas la malhabileté à écrire en cursif ou en script ou à ne pas faire de PHÖTTE (sans S, en plus, tien!).
    Les enfants de tous milieux au Québec n'avaient jamais eu une telle richesse de vocabulaire.
    Non mais!... quelle perte que la méthode de transmission des messages par tambour ou nuages de fumé dans la culture Amérindienne du centre sud des USA... parlez-en aux Indiens Zuni du désert de Névada.
    Ou plus près de nous, qu'elle dommage que ENVOIE ne soit plus ce qu'il était à l'origine, alors que nous vivions tous sur le vieux continent, soit ENWOYE. ENWOYE, ça c'était le vrai français, celui parlé à la cours de France! Quelle perte! Le français se pert! C'est sûrement la faute des colonies! À moins que?... Si les colons disent encore EnWoye et envoYe parce qu'ils consevrent le français d'origine, peut-être est-ce le Québec qui sauve le français sur la planête?!! Euh...?!

    Et les anglicismes!!!!! OUTRAGE!!!!!!
    Surtout, ne nous laissons pas imprégnier des autres cultures. Notre culture pourrait disparaître!!!!
    Comme si une culture pouvais disparaître.
    Aucune culture n'est jamais disparue de la surface de notre chère Terre. Elles ont toutes muté. Ne me dites pas que vous avez cru à l'auto-naissance de notre monde, quand-même. Je vais vous renvoyer à Darwin avec un bon coup de règle sur le doigts.
    Tiens, je craque le dictionnaire.
    Op!
    Clicher: mot d'origine onomatopique
    Drain: naissance du mot:1849, mot anglais
    Drakkar: naissance du mot: 1840. mot suédois
    Draver: mot canadien, origine anglaise, to drive
    Drêche: origine gauloise
    Clenche: mot picard
    Arrosage: naissance du mot:1611, de arrOUsage
    Arsenic: bas latin, d'origine grec
    Amitié: déformation (mutation) du mot amistié, 1080
    Chaloupe: déformation du mot chaloppe, 1522
    Latte: origine germanique
    Nuisible: 1120, mutation de nuisAble
    Nubuck: 1951, origine, anglais américain
    Sniffer: 1978, de l'anglais To snif, issu de l'onomatopée sniff

    De la langue écrite et la langue parlée, l'écrite sera toujours celle qui est dépassée; manuscrite ou tapée à l'aide un clavier.

    Et pardonnez mes fautes, et oui, j'en fais.
    Mais mon ouverture d'esprit, mon amour des jeunes vies humaines, mon accueil aux changements salutaires bien que dérangeants font qu'il n'y a pas eu de fossé générationnel entre mes enfants et moi. Ce qui m'a permis de toujours les guider dans l'équilibrage entre les richesses du passé et les richesses du présent, dans une vision d'avenir projetée.
    Tiens, une prédiction en cadeau:

    Je lolle
    J'ai lollé
    Je lollais
    J'avais lollé
    Que je lolle
    Que je lollasse
    Je lolai
    je lollerai
    Je lollerais
    Lollant
    Ayant lollé
    Lolle

  • Bernard Gervais
    Abonné
    samedi 13 mars 2010 12h47
    Il faut connaître les deux !
    Comme je le mentionne dans mon premier commentaire, je n'ai jamais autant écrit que depuis que j'utilise l'ordinateur.

    Cependant, cela ne signifie pas pour autant que nous devons délaisser l'écriture manuscrite.

    Au contraire, il demeure essentiel, selon moi, de savoir faire les deux !

  • Godefroy
    Abonné
    samedi 13 mars 2010 13h25
    Courriel
    Peu importe le support pourvu qu'on sache écrire. J'adore diffuser des mots par courriel. Trouvez mieux ?

  • Ariane Lessard
    Inscrit
    samedi 13 mars 2010 16h08
    Manifestement mouche
    Moi j'ai 19 ans.
    Mais déjà au secondaire j'étais inquiète de l'avenir de la patte de mouche. J'ai grandi en déchiffrant les écritures très attachées de père et mère. En essayant de comprendre l'écriture sinueuse et bizarre de ma famille. J'ai appris les lettres attachées au primaire et jamais plus ensuite je ne les ai délaissées...
    Pas même au secondaire, alors que la mode était au mixage des lettres majuscules et minuscules dans les mêmes mots, pas même quand on me disait qu'on ne comprenait rien, ou même quand mon prof de biologie m'avait dit que j'écrivais comme un gars..
    J'ai toujours tenu tête à ces personnes, parce que mes amis arrivaient à me lire.
    Je sais aujourd'hui que cette écriture de plus en plus marginalisée est dangereusement en voie d'extinction, comme les gros gorilles, et je trouve ça profondément déplorable.
    Rendue au cégep, j'ai eu la chance d'avoir des profs qui savaient lire.. Même une qui me complimentait sur ma calligraphie aquatique.. Merde, une chance que je n'ai pas été moulée avant, sinon mes doigts n'auraient jamais pu être complimenté sur leur amour de la vague...
    http://www.facebook.com/group.php?gid=294222074030

  • Venne,Stéphane
    Abonné
    samedi 13 mars 2010 16h09
    Bourgeoise nostalgie
    L'objet de l'écriture est le mot, et l'objet du mot est la pensée (ou l'art). Nulle part dans cette équation n'intervient la joliesse calligraphique. La pensée n'est pas un exercice en maîtrise de la motricité fine. Et si quelqu'un a besoin de colifichets graphiques pour - comme il est dit dans ces articles - "laisser voir son âme", c'est qu'il ne sait pas écrire: c'est en version imprimée qu'on lit Rimbaud depuis toujours, pas en manuscrit, et son âme passe très bien merci. L'ordinateur (et ses variantes) a ouvert le monde de l'écriture aux masses qui n'écrivaient pas et n'avaient jamais écrit. De ne pas voir cela - ou pire: d'y résister - sent l'élitisme bourgeois à plein nez (je suppose que les scribes de naguère ont eu le même haut-le-coeur hautain quand vint l'imprimerie). Ce qu'il faut plutôt souhaiter, maintenant que le geste d'écrire est allégé par la technologie, c'est qu'on apprenne collectivement à penser, donc à manier les mots... et, j'ose ajouter, à les respecter, y compris dans leur épellation, qui est elle-même une forme de pensée.

  • Jacques Baril
    Inscrit
    samedi 13 mars 2010 17h00
    Scribes et palimpsestes...
    «[...] «Récemment, j'ai demandé à un jeune de 24 ans d'écrire à la main, avec une écriture cursive [en lettres attachées], raconte Christine Rasetti, présidente de l'Association des graphologues du Québec. [...]»

    Merci de me de me rappeler qu'une écriture cursive est une écriture en lettres «a_t_t_a_c_h_é_e_s.

    Une petite ligature avec ça!? J'ai mal au cœur.

  • Steve Barriault
    Inscrit
    dimanche 14 mars 2010 01h04
    Bienvenu au XXIème siècle
    Au risque de vous paraître inculte, ma réaction à tout ça, c'est que l'on ne peut vivre dans le passé.

    L'écriture cursive, c'est peut-être joli pour certains, mais pour moi, c'est juste une manière de complexifier inutilement la langue sans obtenir quelque chose de concret en retour. Quand j'avais 3-4 ans, c'était impossible pour moi de lire ce que mes parents écrivaient parce que je ne savais pas lire les cursives. Par contre, mes enfants, eux, au même âge, ont déjà commencé à pouvoir me lire. Merveilleux!

    Et comme les livreurs de lait et de pain, les calèches tirées par les chevaux en ville et les distributeurs de glace, l'écriture cursive n'a plus sa raison d'être aujourd'hui. Que certains veuillent l'apprendre pour des raisons historiques, soit, mais la grande majorité des gens ont autre chose à apprendre de plus urgent, comme... taper à l'ordinateur! C'est comme le grec ancien - oui, c'est pas une mauvaise chose de le savoir, mais entre ça et apprendre l'anglais, l'espagnol, le chinois ou le russe, c'est évident que c'est pas ce qui est de plus utile pour le commun des mortels.

    Qui plus est, qui peut prétendre aujourd'hui pouvoir lire dans leur version intégrale les écrits d'il y a 300 ans sans se forcer les yeux? Même quand ils sont tapés dans un texte, ces écrits contiennent des formulations et une orthographe bizzares à nos yeux. Ça reflète le fait que les langues vivantes continuent d'évoluer, et que de maintenir la compatibilité avec des versions antérieures à tout prix a ses limites.

  • Danielle Cote
    Inscrit
    dimanche 14 mars 2010 03h58
    Moi en tout cas, il est vrai que j'écris de plus en plus mal
    Je suis tellement habituée à tout écrire à l'ordinateur, étant secrétaire de profession, que lorsque j'ai à écrire un petit message sur un bout de papier pour motiver l'absence de mon enfant à l'école par exemple, ou encore dans les cartes d'anniversaires traditionnelles, je dois m'y appiquer car mon écriture est presque devenue illisible. J'ai tenu un journal intime de l'âge de 15 ans jusqu'à 39 ans. Et quand j'en prends un, je peux vous affirmer qu'il est plus facile de me lire quand j'étais jeune qu'à partir de 35-38 ans environ. Je n'écris plus de journaux intimes depuis presque 10 ans. (Depuis que j'écris de long courriels à mes amis intimes. Mais je sauvergarde certains courriels car ils sont pour moi des pages de ma vie.) J'écris tellement plus vite, aussi vite que ma pensée sur un clavier, ce qui n'est pas le cas à la main, c'est aussi pour cette raison que je préfère l'écriture tapée au clavier. N'empêche que de recevoir une carte d'anniversaire ou de Noël traditionnelle écrite à la main (et c'est encore notre coutume dans ma famille) même si on se voit lors de nos fêtes, c'est bien mieux qu'une carte virtuelle ! J'ai conservé toutes mes cartes d'anniversaires et mes lettres d'amour.....écrites à la main...mais je ne conserve pas mes cartes virtuelles...d'ailleurs après un certain temps elles disparaissent d'elles-mêmes....elles ont une date d'expiration !

    Et voilà mon opirion personnelle.

  • vervex
    Inscrit
    dimanche 14 mars 2010 23h39
    Pas la même chose
    Cet article semble associer le déclin de l'écriture cursive avec la diminution de l'écriture à la main. J'aimerais préciser que les deux phénomènes ne sont pas directement liés. En effet, si beaucoup de jeunes ne savent plus comment écrire en lettres attachées, c'est que l'enseignement au primaire ne valorisait plus cette méthode à partir de la quatrième année. Je suis au début de la vingtaine et bien que mes professeurs nous obligeaient à écrire en lettres cursives en deuxième et troisième du primaire, il n'y avait plus de pression à partir de l’année suivante sur les étudiants qui étaient ainsi libres d'écrire comme ils le voulaient tant qu'ils respectaient les règles d'écriture normales.

    Hors, bien que je n’écrive plus en lettres attachées aujourd’hui, faute de pratique depuis mon enfance, j’écris toujours sur papier plusieurs fois par semaine. Dans mes cours, deux étudiants sur trois ne possèdent pas d’ordinateur portable et doivent prendre des notes dans leurs cahiers, comme ils le faisaient au primaire. J’ai développé mon propre style en lettres détachées. Je concède que la calligraphie est moins recherchée et raffinée, mais cela ne veut pas dire que j’ai perdu mon habileté à écrire manuellement.

    Enfin, mon intervention a seulement pour but de préciser que le déclin de l’écriture cursive n’est pas relié à une incapacité à écrire, ou encore aux fautes d’orthographes (que je retrouve malheureusement aussi dans des textes écrits par des adultes et baby boomers).

  • christine rasetti
    Inscrit
    lundi 15 mars 2010 16h20
    le savoir et le vocabulaire
    Je veux répondre à M.Baril à propos du terme «lettres attachées».

    Voyez-vous ce jeune homme de 24 ans n'avait pas votre grand savoir,pour lui le mot cursif ne voulait rien dire donc il faut utiliser des mots plus simples pour s'assurer d'être bien compris.

    Je vois que M.Baril n'a pas été dans l'enseignement, il faut maintenant de plus en plus simplifier le vocabulaire car dans une classe où près de 80% de la clientèle n'a pas le français comme langue maternelle et une fois la porte de classe franchie , la langue parlée devient l'anglais ou l'arabe ou l'espagnol ou le mandarin , l'enseignant doit faire preuve d'imagination pour faire comprendre des mots aussi simples que «superficie» ,«vertical» , «cursif» .......

    Merci.

  • Anthropo
    Inscrit
    mercredi 17 mars 2010 22h22
    Commentaire d'une jeune étudiante de 19 ans.
    Eh bien moi qui croyais que les lecteurs du Devoir étaient des gens qui lisaient vraiment les textes et qui ne faisaient pas que prendre les informations qu'ils voulaient. Presque tous le monde a hurlé que les gens écrivaient énormément par courriel et que le fait de ne plus écrire à la main n'enlevait rien à notre langue... C'est bien beau MEH CE N'EST PAS LE BUT DE L'ARTICLE. C'est clairement indiqué que l'on écrit moins bien à la main puisque les articulations de notre main s'affaiblissent ce qui nous donne beaucoup moins de mobilité! Le but de cet article n'était pas, comme tant d'autres, de dénoncer la médiocrité de la langue française.

    J'ai lu cet article dans le cadre d'un cours qui porte sur la conservation des savoirs et à tous ceux qui affirment que l'écriture manuscrite est maintenant inutile et bien vous vous trompez. Tous les historiens se servent de textes manuscrits, pour expliquer le français, on doit se baser sur des manuscrits, pour expliquer la vie, on se base sur des manuscrits. Parce que non l'histoire ce n'est pas uniquement ce que l'on trouve dans les livres.

    Eh un dernier commentaire concernant la personne qui a écrit ceci : « Comme si une culture pouvait disparaître. Aucune culture n'est jamais disparue de la surface de notre chère Terre. Elles ont toutes muté. Ne me dites pas que vous avez cru à l'auto-naissance de notre monde, quand-même. Je vais vous renvoyer à Darwin avec un bon coup de règle sur le doigts". Peut-hêtre que pour vous ce n'est pas important, mais pour moi qui suis historienne et futur anthropologue, je trouve cela blasphématoire de tenir de tel propos. Il ne suffit que de penser au génocide maya, plus près de nous, la culture yiddish ne fait que décroitre. Il y a des centaines de peuples et donc de culture qui se perdent..., et ce, sans laisser de traces, de manuscrit.

    La durée de conservation d'un certain papier (pas comme de nos jours puisque c'est très « cheap » comme papier) se calcule en siècle et même voir plus... combien de temps peut-on conserver des données sur un DVD ou une clé USB, non la réponse ce n'est pas l'infini. La technologie n'est pas toujours synonyme de perfectionnement...

  • beaumont
    Inscrit
    mardi 29 juin 2010 10h25
    Est-ce la fin de l'écriture manuscrite?
    Mais la main de l’écrivain me semble oisive, du moins celle des maudits qui écrivent à la main. J’envie ceux dont le clavier écrit les livres. Pour ma part, quand j’écris directement à l’ordinateur, je dois recommencer, ce n’est pas mon style. J’ai l’idée, purement imaginaire bien sûr, mais les images sont tenaces, que la cigarette, quand j’écris, travaille à ma place ou avec moi. Inspirer la fumée m’inspire. <a href="http://uk.bestessays.com">essays</a>

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