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Peuple québécois, puis-je compter sur ta solidarité?

Djemila Benhabib - Essayiste  13 mars 2010  Actualités en société
Vous avez été très nombreux, à travers tout le Québec et même au-delà, à me témoigner votre appui dès la parution de mon livre Ma vie à contre-Coran. Une femme témoigne sur les islamistes pour saluer mon courage et ma détermination face à mon combat contre l'hydre islamiste et ses tentacules.

J'ai rencontré plusieurs d'entre vous, d'un bout à l'autre du Québec, pour partager mes réflexions et mes aspirations. Je parcours des milliers de kilomètres pour honorer vos invitations et échanger de grands et de petits moments de bonheur. Au fil du temps, une proximité s'est installée entre vous et moi. Est-ce pour cela qu'aujourd'hui j'ai envie de vous interpeller directement pour partager avec vous mes terribles inquiétudes? C'est fort probable.

Des inquiétudes qui me rongent l'esprit. Des inquiétudes qui me tiennent éveillée des nuits entières. Des inquiétudes qui obscurcissent des jours heureux qui ont un parfum de printemps. Des inquiétudes qui me rappellent les jours les plus sombres de ma vie, en Algérie, lorsqu'au tout début des années 1990, un parti politique du nom de Front islamique du salut et ses armées menaçaient de prendre le pouvoir et de voiler toutes les femmes de mon pays. Le projet politique du FIS pouvait se résumer en une phrase: l'islam est religion et État et la charia est notre Constitution. La charia, qui se fonde sur la supériorité du musulman sur le non-musulman et la supériorité de l'homme sur la femme. En découle, entre autres, la condamnation à mort des apostats comme moi.

Enjeu politique

L'islamisme politique est une idéologie misogyne, sexiste, xénophobe et homophobe qui porte en elle la haine et la violence. Dans ce contexte, les violences à l'égard des femmes sont monnaie courante, car les islamismes s'attaquent aux corps des femmes, qui sont devenus un enjeu politique. Au printemps de l'année 1994, j'habitais à Oran, en Algérie. J'avais 21 ans et des rêves plein la tête. Cette ville m'a collé à la peau pendant longtemps. J'y ai fréquenté ses quartiers de bout en bout, des minables aux plus raffinés, me suis pavanée sur ses boulevards bordés de palmiers et me suis laissé bercer par ses musiques et ses vagues en cultivant secrètement, mais non candidement, le goût de la rébellion.

Un jour, tout cela s'est arrêté. La ville qui m'a vue grandir ne ressemblait plus à ce qu'elle avait été. Le 10 mars 1994, Abdel-Kader Alloula, ce géant du théâtre, venait d'être assassiné, et Oran avec lui. À la même période, le Groupe islamique armé (GIA) a ordonné aux femmes de mon pays le port du voile islamique. Deux options s'offraient à nous: dissimuler nos corps dans des cercueils ambulants ou résister. Certaines ont résisté et ont été assassinées. Ce fut le cas de Katia Bengana, une jeune lycéenne, âgée de 17 ans, assassinée le 28 février 1994 à la sortie de son lycée à Meftah.

Ce jour-là, j'ai compris que ma vie dépendait de la mise en échec de cette idéologie de la mort, que sa victoire sera ma négation, que sa progression sera mon enfermement. J'ai compris aussi que mon corps portera pour toujours, à tout jamais, les marques indélébiles de cet affrontement si inégal. Ce n'est pas un hasard si le FIS en Algérie a imposé le voile islamique et a assassiné des militantes féministes ou de simples femmes avec une sauvagerie inouïe. Des têtes nues ont été tranchées à la hache, au sabre, au couteau, à la lame et même à la tronçonneuse.

Je l'ai toujours dit et je le répète encore aujourd'hui: le voile islamique n'est pas un simple vêtement. Il est un élément parmi tant d'autres de tout un système de valeurs qui est incompatible avec nos choix démocratiques. L'attachement de certains, voire leur entêtement, à le porter traduit l'état de misère dans lequel a sombré vertigineusement le monde arabe et musulman depuis une trentaine d'années. Le voile islamique est devenu, ici, en Occident, le premier pilier de l'islam alors que de plus en plus de femmes en Iran, au Soudan, en Arabie saoudite et en Afghanistan le condamnent au péril de leur vie.

Chapitre douloureux

Lorsque j'ai quitté l'Algérie, je ne connaissais rien du Québec. Une chose était sûre, je pensais laisser la terreur islamiste loin derrière moi. Je ne pensais jamais qu'un jour je rouvrirais ce chapitre si douloureux de ma vie. La douleur était tellement vive que je voulais oublier, taire ce que j'avais vécu et surtout ne rien dire. Je ne pensais jamais devoir crier dans une salle bondée de féministes toute ma douleur de femme pour dire que j'ai été condamnée à mort à l'âge de 20 ans parce que femme, parce que féministe, parce que laïque.

Je ne pensais jamais devoir convaincre une salle de féministes que le voile est un objet d'asservissement sous lequel des femmes étouffent dans plusieurs pays musulmans. Je ne pensais jamais devoir dénoncer des féministes ou des gens de gauche, car ils font partie de ma famille politique naturelle. Pourtant, en mai dernier, lorsque la

Fédération des femmes du Québec (FFQ) a pris la responsabilité d'ouvrir grandes les portes au voile islamique dans la fonction publique du Québec, je ne pouvais faire autrement que de dénoncer cette prise de position qui nous disait abruptement, à nous, femmes de culture musulmane, qu'on doit s'accommoder de l'intégrisme lorsqu'il est musulman et qu'il faut le combattre lorsqu'il est catholique.

C'est cette bataille du port des signes religieux dans la fonction publique du Québec qui se joue en ce moment sous nos yeux. Or rappelez-vous une chose: le voile islamique, quel qu'il soit, porte en lui la négation des femmes et leur asservissement. Lorsque les voiles avancent, les valeurs démocratiques reculent et les droits des femmes avec elles. Soyons nombreux à manifester, auprès de nos députés, notre aversion à l'endroit du port de TOUS les voiles islamiques dans la fonction publique ainsi que dans les établissements scolaires, aussi bien pour les enfants que pour leurs enseignantes. Peuple québécois, j'ai besoin de ta solidarité concrète et agissante, aujourd'hui plus que jamais.

***

Djemila Benhabib - Essayiste
 
 
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  • André Loiseau - Abonné
    13 mars 2010 01 h 45
    Un témoignage qui appel à la réflexion

    Quel témoignage brûlant de vérité et de malheur!
    Pourquoi donc le port du voile devrait être protégé par la charte des droits quand il symbolise la négation du droit à l'existence de cette moitié de l'humanité qu'est la femme, de même que la condamnation de sa liberté. Quel genre d'amour filial ces gens portent-ils à leur mère, la première des femmes et qui leur a permis naissance? On juge l'arbre à ses fruits.
    Nous sommes d'une naïveté sans bornes.
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  • Claude Archambault - Inscrit
    13 mars 2010 02 h 21
    @ Djemila Benhabib
    Premièrement, laissez-moi vous corriger, vous n'êtes pas venue au Québec, vous êtes venue au Canada, et dans ce Canada vous êtes dans la province de Québec. Le Canada a une charte des droits et libertés individuels qui protège toutes personnes sur le territoire du pays.
    Vous dites que vous avez été condamné à mort parce que : parce que femme, parce que féministe, parce que laïque. Mais ce que vous revendiquez maintenant c'est brimer les libertés individuel et les droit des certaines personnes justement pour les mêmes raisons, Parce qu'ils ne sont pas féministes, parce qu'ils ne sont pas laïque mais religieux. Car au Canada les droits de la personne sont protégés, et le droit à la religion et de la pratiquer librement est protégé.
    La différence avec ce que vous raconter, c'est qu'ici la femme est libre de porter ou non le voile, et que plus on lutera contre le voile plus il y aura un mouvement qui se radicalisera pour l'exiger. Et à partir de ce moment certaines femmes seront contraintes de le porter.
    Aussi longtemps que je serai convaincu que la majorité des femmes qui porte le voile le font librement et par choix individuel. Je serai au coté d’eux pour faire respecter leur droits, sans pour autant approuver leur choix ou dire que ce choix me plait, mais ici on a des droits et des libertés individuels et ils doivent être respectés.
    Les seules limites que l’on doit imposer, c’est le port de la burka ou de tout autre acabit qui cacherait totalement le visage de la personne dans les services publiques, et ou il y a question de sécurité, aéroport, gare, photos passeport, photo de permit de conduire. La personne devra TOUJOURS se découvrir même devant un homme quand elle requise de le faire pour s’identifié. Un caissier peu demander è une femme au visage caché de se montrer si elle paye avec une carte de crédit et qu’elle doit s’identifier. Le port de ce vêtement n’accorderait aucun privilège.
    L’exemple de la jeune égyptienne en est un excellent, elle pourrait être obligé de se découvrir seulement à certain moment et juste pour le professeur même si masculin. Mais elle aurait droit de porter son costume en tout temps à son choix.
    La charte nous protège tous contre les abus de la majorité qui voudrait subjuguer la minorité. Et tous les canadiens ont les mêmes droits.
    Le peuple québécois à lui seul ne peu limiter les droits d’une personne qui lui sont garantie par la charte des droits et libertés. C’est pour cela que le peuple canadien ne doit pas être solidaire de votre combat qui s’apparente à du radicalisme laïque et qui s’attaque aux droits fondamentaux garanties au Canada, votre pays d’accueil.
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  • Dominique Châteauvert - Abonnée
    13 mars 2010 07 h 11
    Appel à toutes les femmes musulmanes qui choissent le voile
    C'est à vous que j'en appelle ce matin.

    Choisissez le camp de vos soeurs opprimées, celles qui ne peuvent pas se libérer du joug psychologique et physique que des hommes leur imposent, ces millions de femmes qui essaient de vivre et d'élever leurs enfants dans des conditions inhumaines, que ce soit ici au Québec, au Canada ou ailleurs.

    Que votre identité se noue avec elles et non avec les hommes de votre religion, ceux qui sont incapables de voir la pureté dans votre visage, votre chevelure, votre taille et vos mains, qui n'y voient que leurs désirs, des désirs qu'ils se disent à tord, incapables de contrôler.

    Si vous voulez plaire à Allah, préférez la prière et le jeûne au voile comme piliers de l'Islam, et toutes ces magnifiques vertus qu'il a mentionnées dans le Coran. Choisissez l'essentiel de l'essentiel.

    Lisez le Coran si ce n'est déjà fait, devenez des exégètes de votre religion. Allez au fond des choses. Vérifiez tout ce qu'on vous dit à la mosquée.

    Si quelqu'un de votre entourage fait des pressions pour que vous portiez le voile et vous menacent , portez plaine à la Commission des droits de la personne. Elle a été créée pour vous. Sans avoir à donner un sous, vous pourriez recevoir des dédommagements importants de la part de vos oppresseurs, faire cesser leurs comportements et obtenir la protection dont vous avez besoin.

    Vous avez beaucoup plus de pouvoir que vous le pensez.

    Et n'oubliez pas, la pureté est d'abord intérieure, autant pour les hommes que pour les femmes.

    Ici, au Québec, la plupart les hommes sont en train de devenir les amis des femmes, des égaux, des partenaires. Ils sont prêts à vous respecter dans le choix de vos vêtements.

    Beaucoup de grands enjeux sont entre vos mains en ce moment.
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  • Rodrigue Tremblay - Inscrit
    13 mars 2010 07 h 56
    "le voile islamique n'est pas un simple vêtement."
    Mais Francoise ELLE NE VEUT PAS COMPRENDRE. Francoise est INCLUSIVE. Elle ne veut pas que la pauvre Égyptienne reste chez elle. Alors Francoise, elle ferme les yeux sur le voile pis elle se dit qu'en était patitent, en étant INCLUSIF, la pauvre Égyptienne va enlever son voile. Françoise fait partie de notre gogogauche naive qui, hier encore, voyait dans le modèle albanais le nec plus ultra pour notre classe ouvrière.

    Québec
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  • Lucie Marchand - Inscrit
    13 mars 2010 08 h 12
    réponse et amitié à Djemila
    Djemila,

    Depuis longtemps j'attends cette parole d'une mulsulmane que je trouvais trop silencieuse.
    Je n'ai jamais cru la femme mulsumane voilée qui me disait choisir le port du voile. J'ai toujours considéré ces femmes, soit des idiotes inconscientes ou bien des femmes sous monopole (rapporteuse d'un discours qu'elle n'ont pas le choix de véhiculer quelle qu'en soit la raison).
    Les femmes québécoises tenons à notre liberté acquise de chaude lutte.

    Je travaille chez Vidéographe et nous accueillons l'artiste Khadiga Baker dont le travail pourrait vous intéresser.
    Vous trouverez notre invitation sur le lien Facebook suivant :
    http://www.facebook.com/search/?q=Lucie Marchand
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  • Guy LeVasseur - Inscrit
    13 mars 2010 08 h 52
    Merci madame Benhabib !!!!
    Je souscrit entièrement à votre témoignage et à votre analyse et vous pouvez compter sur ma totale solidarité.

    J'ai aussi lu votre livre "Ma Vie À Contre Coran".

    On ne peut qu'espérer que les médias électroniques
    ( radio et télévision ) du Québec vous inviterons pour que
    vous puissiez faire valoir votre juste point de vue.

    Merci encore !!!!

    Guy LeVasseur
    Rimouski
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  • Normande Poirier - Inscrite
    13 mars 2010 09 h 46
    Merci Madame Benhabib pour ce vibrant témoignage!

    Si davantage de voix comme la vôtre se faisaient entendre, les choses seraient plus claires pour tous. On comprendrait que les femmes porteuses de voile, quel qu’il soit, sont victimes d’une aliénation dont elles ne sont pas peut-être pas conscientes et dont le port du voile n’est que la pointe de l’iceberg.

    Ici, au Québec, nous n’avons pas encore réalisé l’égalité entre les hommes et les femmes dans les faits, comme plusieurs le constatent, mais sur le plan de l’égalité devant la loi, l’égalité est chose faite et nous sommes loin en avance sur l’islam. C’est pourquoi nous devons résister à toutes ces coutumes de voiler la femme qui nous viennent d’un autre âge et dire non aux manifestations de fondamentalisme musulman au moins dans la fonction publique et les institutions de l’État.

    En mettant le pied au pays, les immigrants musulmans doivent comprendre qu’ils entrent dans un État de droit et que les lois adoptées par nos Parlements passent désormais devant les exigences de leur constitution coranique, celle-ci dut-elle être inspirée par Dieu Lui-même!
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  • France Marcotte - Abonnée
    13 mars 2010 10 h 59
    Une parole forte
    Cette femme est certainement mieux placée que plusieurs ne le sont pour affirmer que: "Le voile islamique n'est pas un simple vêtement(...)Lorsque les voiles avancent, les valeurs démocratiques reculent et les droits des femmes avec elles". Cette unique parole forte, prise au péril de sa tranquillité et peut-être même de sa sécurité, vaut bien tergiversations élaborées sans conséquences dans le confort de nos salons.
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  • Christian Montmarquette - Inscrit
    13 mars 2010 11 h 28
    Merci madame Benhabib !
    Vous m'avez particulièment touché avec certains arguments..

    Devons être solidaire de celles qui se soumettent ou de celles qui se battent..?

    Pour moi la réponse est claire...


    Merci madame Benhabib !


    Christian Montmarquette

    .
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  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    13 mars 2010 11 h 39
    À Mme Djemila Benhabib:
    Excusez-moi, mais... ce que vous avez vécu en Algérie est pénible, pourtant je pense qu'il est réducteur de fonder le discours et les stratégies pour contrer cet islam politique et intégriste uniquement sur la condition des femmes, et la religion, comme on le fait présentement, avec des appels à la compassion. Il y a là, ce que j'appelerais, je sais que c'est un gros mot, du sexo-centrisme.

    Après la victoire du FIS aux élections algériennes, invalidée par le pouvoir en place, l'Algérie a vécu une décennie... de déni des droits civiques et de boucherie. Et suite à cette décennie, lors d'un référendum il y a quelques années à peine, la population a choisi, étonnamment, une sorte d'amnistie pour les égorgeurs et les éventreurs, contrairement à tant d'autres nations, et je ne vous apprends rien. Évidemment, le seul motif qui explique ce résulat c'était la peur, et cette peur nous dit la force de l'islam politique, actuellement et un peu partout, alors en faire une affaire de voile c'est minimiser cette réalité. Et en Algérie, ceux qui ont été égorgés, éventrés c'étaient des hommes, des femmes et mêmes des enfants. Faut-il taire cette violence?

    Je crois plutôt qu'il faut faire de ce combat une affaire de droits humains, ET DE SÉCURITÉ, celle de l'État et de la société civile, dans les deux cas pour contrer les chartes qui protègent en priorité les droits religieux. À ce titre, on doit commencer par arrêter et condamner sévèrement (pas juste des tappes sur les doigts), ceux qui manifestent ou chahutent cagoulés. On doit réfléchir et ne pas agir dans l'urgence, et pas juste sur le dos des femmes qui portent le voile, car qui sait où cet islam nous mène tandis que nous philosophons? Et je ne parle pas juste du Québec, mais surtout.

    Pour une laïcité solide, une charte qui est un "work in progress" à laquelle vous pouvez participez: massicotte620@ymail.com
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  • Gérard Lévesque - Abonné
    13 mars 2010 12 h 03
    Appel surréaliste !
    Appel surréaliste !

    Quelle est l’erreur flagrante de l’argumentation de Djemila Benhabib et qu’on peut facilement dépister sans même avoir suivi minimalement un cours de philo 101, du moins si notre oeil n'est pas atteint de vision idéologique ou si la tendre sensibilité de notre oreille n'est pas en attente d'un vibrant appel émotif ?

    C’est bien connu, la laïcité épouse divers modèles à travers l’Occident. À chaque société d’établir ce qui lui convient à partir de sa situation particulière. Mme Benhabib se fonde quant à elle sur la dramatique situation de l’Algérie de la décennie 90 ( coupage de têtes de femmes musulmanes refusant de se voiler ( laquelle situation n’est d’ailleurs heureusement plus la même aujourd’hui ) pour déterminer le modèle québécois qui devrait selon elle interdire le port de tout voile islamique. La position de la Fédération des femmes du Québec qu’elle dénonce avait au moins l’avantage de s’appuyer sur une lecture de la situation québécoise, laquelle lecture est d’autant plus être circonspecte qu’elle est loin d’être facile à faire comme le montre le fait que le Conseil du statut de la femme arrive, à partir de la lecture qu’il en fait, à une position contraire à celle de le Fédération.

    Pourtant, Djemila Benhabib croit ne pas devoir s’embarrasser de pareilles analyses de la société québécoise. Pourquoi tiendrait-elle compte de ce que dit plus haut Claude Archambault au sujet de la protection que nos chartes accordent à la liberté, dont celle que Lucie Marchand qualifie d’acquise de haute lutte ? Pourquoi tiendrait-elle compte du fait que sa position pour interdire le voile est un appel à la même répression sociale et légale que celle qu’utilisent les pays intégristes pour l’imposer de force ! Mme Benhabib croit ne pas devoir sortir mentalement de l’Algérie d’autrefois même si elle en est sortie physiquement.

    On est loin de la prudence politique requise. L’appel aux Québécois de Mme Benhabib est un appel surréaliste. Il s’agit de plus d’un appel à la xénophobie que dénonce avec beaucoup d’à-propos l’article au bas de celui de Djemila intitulé finement « Le voile de la xénophobie ». Doit-on voir dans cette mise en page le procédé que Camus rattache à l’intelligence journalistique, lequel consiste à formuler un jugement critique par la juxtaposition des articles …
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  • Pierre Rousseau - Inscrit
    13 mars 2010 12 h 10
    Conflits de droits
    Quel témoignage poignant d'une personne qui a vécu dans sa chair l'oppression religieuse et qui pensait trouver refuge ici au Canada dans une société dite libre. Quel malheur elle souffre maintenant de voir que ses efforts, son déracinement au nom de sa liberté, risquent de devenir vains. Si une société libre et démocratique comme le Canada se laisse entraîner dans la spirale de l'intolérance religieuse, où va-t-elle aller pour vivre libre et en paix?

    Il semble évident que nous vivons une situation de conflits de droits où le droit à l'égalité entre les personnes et, en particulier, entre femmes et hommes est reconnu mais où la liberté de religion entre en conflit et au nom d'un certain Dieu, quel que soit son nom, on impose et on vit l'inégalité justement entre femmes et hommes. Lequel de ces droits doit primer? La Commission royale sur les peuples autochtones dans son rapport de 1996 était d'avis que le droit à l'égalité prévaut sur les droits autochtones. On peut faire un parallèle et il est probable que le droit à l'égalité prévaudra sur le droit à la liberté de religion car, en fait, ce dernier, est un droit privé qui s'exerce en privé alors que le droit à l'égalité est universel, public et s'applique partout, que ce soit en public, dans l'administration, le commerce etc, que dans la vie privée.

    On devrait donc crier haut et fort que le droit de Djemila à l'égalité et à vivre en paix dans ce pays prévalent et ont préséance sur les soit-disant droits à la liberté de religion et que les symboles d'inégalité et d'asservissement n'ont pas leur place en public dans ce pays.
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  • mustapha akchich - Inscrit
    13 mars 2010 12 h 45
    BENHABIB, J`AI PITIÉ POUR VOUS.
    S'en prendre a toute une religion et a tout un monde demontre un manque de jugement evident. Permettez-moi d'exprimer ma pitie et mon souhait a ce que vous vous decideriez un jour de reviser vos convictions. Bonne chance
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  • Robert Daoust - Inscrit
    13 mars 2010 13 h 38
    @Claude Archambault, une correction
    Claude Archambault ci-dessus dit que "le peuple canadien ne doit pas être solidaire de votre combat qui s’apparente à du radicalisme laïque et qui s’attaque aux droits fondamentaux garanties au Canada".

    Je ne vois pas de radicalisme chez Djemila Benhabib, mais j'en vois chez des chrétiens d'ici qui veulent continuer de nous imposer l'État religieux actuel. Mon droit fondamental de citoyen est d'avoir un État laïque, indépendant de toute confession religieuse. Le radicalisme pour moi qui suis athée serait de demander un État athée, mais je préfère respecter les droits et libertés de chacun...

    Je ne veux pas chanter "God keep our land" et je revendique que mon policier ne porte pas de turban. Djemila ne fait que s'élever contre le port des signes religieux dans la fonction publique du Québec, et elle ne dit pas qu'elle n'est pas venue au Canada, et elle ne parle pas de la charte québécoise qui a précédé celle du Canada. Bien qu'elle soit radicalement contre le port du voile, elle ne préconise pas de l'interdire en toutes circonstances. Alors il me semble que vous méritez une correction à votre tour, Claude, quand vous dites: "Mais ce que vous revendiquez maintenant c'est brimer les libertés individuel et les droit des certaines personnes (...) parce qu'ils ne sont pas laïque mais religieux. Car au Canada les droits de la personne sont protégés, et le droit à la religion et de la pratiquer librement est protégé."
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  • Guy Fafard - Inscrit
    13 mars 2010 14 h 05
    On avance l'heure ?
    Djemila Benhabib vous avez tout mon respect pour votre courage et votre lucidité.

    Trop de gens se perdent dans les phrases vides et les technicalités juridiques.

    Je déplore que ces gens manquent de ces qualités qu'on nomme:
    - " Le jugement", - " L'information", - " Le gros bon sens".

    Merci madame Djemila Benhabib
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  • Françoise Breault - Abonnée
    13 mars 2010 14 h 19
    "J'ai porté le voile pendant dix ans..."
    "J'ai porté le voile pendant dix ans. C'était le voile ou la mort." C'est ainsi que commence le livre de Djavann Chahdortt, Bas les voiles! Gallimard 2003

    Je vous invite tous et toutes à le lire.
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  • maurice bourassa - Inscrit
    13 mars 2010 14 h 29
    Une grande Québécoise
    Le combat que mène Djemila Benhabib suscite l'admiration. Mais sa lutte ne sera pas facile car chez nous, le plus grand obstacle aux avancées de l'intégrisme demeure l'aplatventrisme des Québécois eux-mêmes.
    Plusieurs sont prisonniers d'un discours qui ne parvient pas à dissocier la tolérance aveugle de la bêtise. Ceux-là sont prêts à grimper aux barricades pour défendre la liberté de religion quelle qu'en soit le message.
    Pourtant quand on parle de liberté de religion, je connais fort peu de ces mêmes beaux parleurs qui ont eu la liberté de choisir la leur.
    Le grand obstacle, madame Benhabib, est, pour le moment, moins dans les mosquées que dans l'attitude de toutes ces carpettes qui ne sont à l'aise qu'à genoux.
    Bravo, madame Djemila. Vous êtes une grande dame que je verrais fort bien dans l'arèene politique québécoise.
    Je suis preneur.
    Mes respects
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  • Françoise Breault - Abonnée
    13 mars 2010 15 h 12
    Liberté, c'est le coeur de ce débat!
    Ce qui « achalle » les QuébecoisEs ce n’est évidemment pas le voile en soi. Les femmes africaines portent toutes sortes de beaux « turbans » sur leur tête, et ça ne dérangerait personne ici de les voir occuper un travail dans la fonction publique. Francine Grimaldi aime bien porter un genre de turban depuis des années et ça nous est égal. C’est que pour Mme Grimaldi, on est certain que c’est un choix!

    Justement, ce qui dérange les gens au Québec, c’est qu’ils doutent sérieusement que les femmes qui réclament la liberté de porter le hijab le font vraiment librement. Liberté! C’est là le cœur de ce débat!

    Pourquoi ce doute? Évidemment, toute cette question fait partie d’un contexte! On ne peut la traiter en vase clos. Si hommes et femmes musulmanEs avaient les mêmes droits légalement ( face au mariage, divorce, héritage, etc) si tous avaient la liberté de s’exprimer sur leur religion sans subir de menace, comme subit Irshad Manji, (auteure de The Trouble with Islam Today ) si chacun pouvait changer de religion, ou devenir athée sans problème, s’il croit bon de le faire, etc nous aurions moins de mal à croire que ce port du voile est un vrai choix.

    Une personne me racontait qu’un couple au Québec qu’elle connaît très bien, ont fait, à contre cœur, exciser leur petite fille. Bien sûr dans les meilleures conditions possibles. Pourtant les deux possédaient un doctorat ! Raison? S’ils ne se soumettaient pas à cela, elle et eux seraient mis au ban de leur famille, de leur société.

    Si un couple intelligent et informé se résigne à poser un geste aussi douloureux on peut comprendre que pour ne pas être rejetée, ou simplement pour ne plus avoir à subir de pression continuelle, même subtile, une femme consente à porter le voile, (c'est quand même plus doux que l'excision) voire même se fasse accroire que c'est son choix.

    Quand on vit dans un contexte où cette liberté est comprimée, où on ne peut s’affirmer sans danger ou sans rejet de ses proches, inconsciemment on se crée une raison…afin de pouvoir vivre tout cela moins douloureusement. Dans la fable de Lafontaine, le renard qui ne pouvait atteindre les raisins s’est consolé en se disant : « qu’ils étaient trop verts » Il s’est convaincu que c’était son choix! .

    C’est le propre de l’aliénation : Selon le Petit Robert : « État de l’individu qui, par suite des conditions extérieures (économiques, politiques, religieuses) cesse de s’appartenir » […] « rend l’individu comme étranger à lui-même »

    Au Québec, cette forme d’aliénation s’est vécue aussi lorsque des femmes combattaient le droit de vote aux femmes. Sans s’en rendre compte, elles avaient adopté le point de vue des dominants de l'époque.

    Si bonne mémoire, suite à la loi en France interdisant tout signe religieux ostentatoire dans les écoles, un sondage auprès des femmes musulmanes indiquait qu’une grande partie appuyait cette loi, car cela les aidait à diminuer la pression sur elles.

    Loin d’être xénophones et fermé-e-s, les QuébecoisEs sont sensibles à l’insidieuse et subtile pression, à cette violence sournoise faite aux femmes musulmanes. De là, la croyance de la majorité qu'une loi interdisant tout signe religieux dans la fonction publique, serait une alliée précieuse pour faire face à des situations de contrainte.

    Qui sait? Une telle loi aurait peut-être évité le meurtre de Aqsa Parvez.
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  • Michel Mongeau - Inscrit
    14 mars 2010 10 h 04
    Merci de venir enrichir le Québec!
    Djemila Benhabib,
    Votre personnalité et vos idées viennent enrichir notre pays. Vous parlez franc, avec la tête et le coeur. Vous stimulez, par vos propos, la réflexion et le débat. Je partage assez largement vos idées, à la différence que je crois que nous pouvons accepter le port du ''petit'' voile islamique, puisqu'il est difficile de conclure que toutes les femmes musulmanes du Québec le portent par crainte, menace ou autres formes de pressions psychologiques. L'équilibre entre les droits collectifs et individuels se réalise difficile à établir et je pense qu'il est possible de défendre fermement les idées et valeurs ''québécoises'', sans pour autant se montrer réfractaire à toute forme de différence. Quand je croise une femme portant le hidjab, au Marché Jean-Talon par exemple, je ne peux m'empêcher de me questionner sur ce qui se cache derrière ce voile. Mais j'aimerais qu'elle sache que si elle porte ce signe religieux par la force de la contrainte, elle peut se fier à nos institutions et à notre solidarité pour dénoncer ceux qui lui refusent le droit à être ce qu'elle souhaite être.
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  • Khayman - Abonné
    14 mars 2010 11 h 31
    Vous pouvez compter sur moi
    Pour le moment, je ne suis pas trop inquiet de la réaction de mes concitoyens. Ils sont encore nombreux à se souvenir douloureusement du règne catholique québécois dont plusieurs ont subi les abus. En conséquence, toute tentative de poser un geste à connotation religieuse dans l'espace public entraînera, encore un temps, une réaction épidermique de la part d'une grande partie de la population et ce, peu importe les tortueuses tentatives de diversions d'intellectuels perdus dans leur tour d'ivoire.

    Mon inquiétude a diminuée à nouveau depuis que j'ai vu la réaction ferme de Yolande James concernant le niqab à l'école ou dans les services publics. C'est bien le seul député de ce gouvernement qui a (des cou*lles) un peu de courage.
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  • Dominique Châteauvert - Abonnée
    14 mars 2010 11 h 41
    Rôle des médecins
    Hier, j'ai soupé avec un groupe d'amis médecins.

    Sans toutefois briser le secret professionnel, ils en ont beaucoup à dire.
    Leur profession les met en contact avec l'intimité des couples musulmans lors des consultations.

    Le rapport de domination hommes/femmes semble flagrant chez les couples où la femme doit porter le voile, même si ce n'est que le hijab.

    Nous avons besoin de toutes les forces vives de notre société pour aider les femmes à se libérer du joug qui écrase leur tête et leur épaules et punir les coupables de l'oppression par des dédommagements financiers aux victimes.
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  • Nicole-Patricia Roy - Abonnée
    14 mars 2010 11 h 57
    La tyrannie de la majorité ou de la minorité ?
    Le débat actuel sur le port du voile, qu'il soit intégral ou non, par les femmes musulmanes existe en raison de nos Chartes des droits et libertés qui défendent les droits individuels plutôt que les droits collectifs. La chronique de Denise Bombardier explique les effets pervers des Chartes sur nos sociétés d'aujourd'hui qui ne sont plus les sociétés homogènes de 1982.

    Vaut-il mieux se protéger de la tyrannie de la minorité qui compte sur ces Chartes pour nier à la collectivité les droits qui reflètent son histoire et son évolution? Dans une démocratie, il me semble logique que ce sont les droits de la majorité qui doivent prévaloir, sinon n'importe lequel individu ou minorité peut réclamer des droits qui lui soient favorables aux dépens de la majorité qui les considèrent inacceptables dans une société juste et éclairée qui se reconnait à travers des valeurs communes d'aujourd'hui et non pas du Moyen-Age.

    Quant à moi, le choix s'impose facilement. Je préfère la tyrannie de la majorité à celle de la minorité, je ne tiens pas à imposer mes choix individuels à qui que ce soit. Oui Djemila, vous pouvez compter sur la solidarité de la société québécoise qui n'accepte pas en grande majorité cet asservissement des femmes musulmanes.
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  • Annie-Eve Collin - Inscrite
    14 mars 2010 15 h 55
    @messieurs Claude Archambault et Gérard Lévesque
    Messieurs,
    cette dame ne dénonce que la permission du port du voile islamique DANS LA FONCTION PUBLIQUE. Bien sûr que les droits et libertés laisse à chacun la possibilité de faire des choix vestimentaires qui ne plaisent pas à tous, mais il y a des limites à imposer dans certains contextes, et dans les faits, des limites sont déjà imposées. Le voile est un symbole d'oppression d'un groupe d'êtres humains, comme Madame Benhabib l'explique. À ce titre, on a les mêmes raisons de l'interdire dans certains contextes qu'en ce qui concerne d'autres symboles d'oppression, tels que les croix gammées par exemple. Diriez-vous que si des pays d'Europe avaient interdit le port de croix gammées par des représentants de l'État à l'époque de l'Allemagne nazie, il se serait agi alors de xénophobie contre les Allemands ?

    M. Archambault, j'aimerais aussi vous faire remarquer que vous corrigez à tort Madame Benhabib : il n'est pas faux de dire qu'elle est venue au Québec. Elle n'est pas obligée de dire qu'elle est venue au Canada, et que dans ce Canada, elle est venue au Québec. Dire qu'elle est venue au Québec est tout aussi vrai, ça ne nie aucunement que le Québec soit dans les faits encore une province canadienne. Si vous admirez le multiculturalisme à la canadienne, c'est votre droit, même si je suis en total désaccord avec vous, mais il ne faudrait pas faire dire à cette dame des choses qu'elle ne dit pas.
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  • Annie Jean - Inscrit
    14 mars 2010 17 h 09
    Égalité et liberté; Un héritage à protéger
    Mme Djemila Benhabib votre message m’a profondément bouleversée, en ce sens qu’il porte un appel à la solidarité dans lequel je me reconnais totalement et que je désire aujourd’hui appuyer ouvertement. De fait, je salue votre courage car telle une femme violentée par son époux pendant des années et qui, un jour, se sort de cette emprise destructrice, sait par la suite reconnaître les signes subtiles de la violence, avant même qu’elle ne se manifeste concrètement. Votre message en est donc un de mise en garde face à notre tolérance par trop naïve au voile islamique et nous nous devons de l’écouter attentivement.

    Ceci étant, je voudrais maintenant adresser ce message à toutes les femmes qui vivent aux Québec et qui portent, « de gré ou de force », le voile sous toutes ses formes. Je suis une citoyenne québécoise née de parents québécois et dont les origines lointaines sont française et écossaise. Je suis née au début des années 60 à l’époque où le mouvement féministe québécois a pris son envol après des décennies de gestation. J’ai connu la réforme scolaire qui a permis à des milliers de jeunes filles d’avoir accès à la même éducation que les garçons de leur âge. J’ai vu des religieuses se dévoiler tout en demeurant liées à leur communauté. J’ai bénéficié des grandes transformations sociopolitiques du Québec qui ont découlé de la révolution tranquille. Je profite aujourd’hui des avancées que nous a procuré le combat de milliers de femmes pour la reconnaissance de l’égalité entre les femmes et les hommes, si chère maintenant aux Québécoises et Québécois. Ainsi, le Québec dans lequel vous vivez aujourd’hui, par choix je l’espère, s’est construit à travers différentes luttes portées en grande partie par nos arrières-grands-mères, nos grands-mères et nos mères. Les valeurs qui font ce que je suis sont celles qu’elles m’ont transmises et s’appuient sur deux principes majeurs : égalité et liberté.

    Et vous, en choisissant de porter « ce voile », ici, au Québec, c’est comme si vous disiez à mes aïeules que leurs luttes n’avaient été qu’hérésie. C’est comme si vous me disiez que l’héritage qu’elle m’ont légué et dont je suis fière ne valait rien. Car ce voile qui semble vous définir socialement est aussi lourd d’un symbolisme d’exclusion plaçant la femme en état de soumission et de victime. Il va ainsi à l’encontre même de nos valeurs d’égalité et de liberté. Et pour cela, je suis en accord avec Djemila Benhabib : les voiles islamiques n’ont pas leur place dans la fonction publique du Québec et dans les établissements scolaires. C’est un question de cohésion sociale et de respect envers celles et ceux qui ont façonné l’histoire collective du Québec.


    Annie Jean
    Drummondville
    15 mars 2010
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  • Jean de Cuir - Abonné
    14 mars 2010 23 h 10
    Rxamen de la chose religieuse !

    Mme Djemila Benhabib, bravo ! Note : Il est difficile de constater l’ampleur de la souveraineté de la personne et de sa liberté. Pourquoi tout d’ une religion ne tomberait sous l’examen par la raison, si l’ on tient que la personne est réellement souveraine? Serait-ce que l’esprit humain est d’ emblée limité lorsqu’il façonne un objet ou une réalité en objet? Il est curieux que certains osent faire l’examen de quelques pratiques dites religieuses et non d’autres au nom de critères qui relèvent de valeurs autres que celles de la dite religion. C’est que l’on fait appel à la raison et à tel des valeurs qu’elle a conçues et interprétées. Cependant , pourquoi y aurait-il une limite au tribunal qu’institue la raison? Pourquoi refuser l’examen de telle conduite, de telle idée, de tel symbole, de tel rite et de telle organisation? Lors d’ un refus, pourquoi invoque-t-on la tolérance et le respect parce qu’il y aurait une “raison religieuse”?
    Raison religieuse valable ici et non là. Deux poids, deux mesures. Pourquoi est-ce ainsi? Ne serait-ce pas parce que seule la raison juge et que c’ est d’elle qu’émane les critères! Tout du religieux est sous le regard de la raison, car c’est elle seule qui déploie sa souveraineté, celle de la personne. Qu’il s’ agisse du christianisme, du judaïsme, de l’islam ou du bouddhisme, la règle dernière sous les récits, sous les théologies, sous les morales, les rituels, ce ne peut être que celle créée par la raison. Elle a élaboré depuis quelques siècles les balises de son règne tout en affirmant qu’elle résidait au sein de l’interrelation toujours en procès des humains. Elle a délimité des valeurs et un point de départ: l’auto-reconnaissance par la personne de son autorité sur le sens et le destin des humains et du monde.
    De la souveraineté des personnes, homme ou femme, émane ce que permet les mesures, les pesées, les jugements sur la conduite des humains, à savoir ce que l’on nomme des valeurs. Tout le travail de la raison ou de l’esprit des personnes est d’interpréter la portée de ces valeurs dans la vie. Nous en sommes au balbutiement, car d’une part nous nous sommes délestés en partie des divers dogmatismes et d’ autre part nous n’avons pas encore saisi l’immense portée de la responsabilité qui nous incombe. Seuls les humains peuvent sauver les humains. Seuls les humains peuvent instaurer une forme de paradis sur cette terre. Seuls les humains peuvent reconnaître les bêtises comme les succès. Seuls les humains peuvent juger de ce qui est humain, de ce qui est réel, de ce qui est imaginaire. C’est aussi le lot d’humains de s’inventer un état d’être où ils sont soumis à une autorité déclarée supérieure ou suprême qui leur dicte leurs pensées, leur conduite et leur destin. Paradoxalement, ce sont certains humains qui se dotent du pouvoir de savoir ce que révèle cette autorité supérieure et de le contrôler. Or, la raison peut établir que tout cela peut devenir objet d’ examen; donc la raison peut se distancier et de la dite révélation et de son contrôle. Pourquoi? Parce que si la raison n’était pas indépendante, autonome et souveraine, elle serait déterminée et ligotée. Sa seule responsabilité serait d’ obéir.
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  • Guy LeVasseur - Inscrit
    15 mars 2010 05 h 18
    Le salafisme en 10 questions !!!!
    Je me permet de réagir à la note de M. Archambault qui mentionnait ci-haut et je cite :

    "Premièrement, laissez-moi vous corriger, vous n'êtes pas venue au Québec, vous êtes venue au Canada, et dans ce Canada vous êtes dans la province de Québec".

    "Le Canada a une charte des droits et libertés individuels qui protège toutes personnes sur le territoire du pays".

    Fin de la citation

    1. Le Québec ou le Canada

    Brandir le fameux "Cadenas du Canada" envers le Québec dans vos arguments est contre productif.

    Vous me faites penser à ces anglophones de Montréal qui refusent de parler français et qui nous disent : "I do not live in Quebec, I live in Canada".

    Sachez monsieur Archambault que le Québec a été déclaré comme NATION par la chambre des communes d'Ottawa et que, qui plus est, le Québec n'a toujours pas signé la constitution canadienne de 1982.

    Il est d'ailleurs très peu probable que le Québec signe un jour cette constitution dépassée.

    Les sociétés canadiennes et québecoises évoluent chacunes de leur côté sur le plan des valeurs et depuis plusieurs années ils ont pris des directions diamétralement opposées.

    Notons entre autre le multiculturalime du "vivre un à côté de l'autre" canadien et l'interculturalisme du "vivre ensemble" québecois.

    Dans mon réseau social, je connais de nombreux immigrants, éduqués, de gauche et laïques qui vivent maintenant avec nous. Il avaient déjà à leur arrivée une très bonne connaissance de l'histoire contemporaine du Canada et du Québec.

    Ils disent eux même que ce n'est pas le Canada qu'ils ont choisi. C'est le Québec qu'ils ont choisi et plusieurs d'entre eux sont même souverainistes....tout comme moi.

    2. La charte canadienne :

    La charte canadienne actuelle a aussi été adoptée en 1982 à une époque ou la montée planifiée en occident, de mouvances politico-religieuses obscuratiste telle que le "salafisme islamique" n'existait
    pas encore.

    Et depuis le 11 septembre 2001, la montée du "salafisme" en occident est fulgurante. Le terrorisme spectaculaire des deux tours
    de New York a fait la place à la tactique du "cheval de troie".

    De plus, comme le mentionnait M. Pierre Rousseau dans sa note, la jurisprudence dans l'interprétation des chartes canadiennes et québecoises implique que le droit à l'égalité entre les hommes et les femmes prévaudra toujours sur le droit à la liberté de religion.

    En effet comme mentionné par M. Rousseau :

    "La Commission royale sur les peuples autochtones dans son rapport de 1996 était d'avis que le droit à l'égalité prévaut sur les droits autochtones. On peut faire un parallèle et il est probable que le droit à l'égalité prévaudra sur le droit à la liberté de religion car, en fait, ce dernier, est un droit privé qui s'exerce en privé alors que le droit à l'égalité est universel, public et s'applique partout, que ce soit en public, dans l'administration, le commerce etc, que dans la vie privée".

    3. Le "Salafisme" en 10 Questions

    Finalement M. Archambault, je vous invite à lire le texte suivant "Le Salafisme en 10 questions" paru dans le journal francais Le Figaro.Fr

    Vous comprendrez alors beaucoup mieux les actions préméditées et planifiées des "Madames Niqab" qui oeuvrent actuellement au Canada et au Québec.

    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/11/07

    Guy LeVasseur
    Rimouski
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  • monamilechat - Inscrit
    15 mars 2010 17 h 18
    Au nom de toutes les femmes
    Madame vous avez mon appui; ç'est tout ce qu'il y a à dire. Je me demande souvent pourquoi les musulmanes qui ne sont pas islamistes ne se prononcent pas plus souvent. Merci de votre courage. J'aimerais même savoir comment mieux m'impliquer dans cette cause car ceux qui croient que le port du voile est anodin sont bien gentils mais manquent de renseignements sur la philosophie prônée par l'Islam. Je les invite à laisser leurs lunettes roses de judéo-chrétiens et de lire attentivement le Coran. Si ils savent lire celà devrait suffire à les convaincre.
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  • Ennazus - Inscrit
    17 mars 2010 11 h 54
    SOYONS COHÉRENT: QUEBEC LAIQUE
    Afin d'être cohérent avec les choix que nous avons posés depuis les 40-50 dernières années concernant la laïcité dans les institutions publiques québécoise, je demande que tout signe religieux soit banni.
    On ne peut d'un côté sortir les crucifix et l'enseignement de la religion catholique romaine de nos classes et de l'autre côté permettre à des musulmanes de porter le voile sous prétexte religieux. Soyons cohérent et conséquent avec nos choix.

    Le Québec vit une crise identitaire au même titre que les gens du Maghreb lors de la présence française trop grande dans leurs pays. Faudrait-il que nous prenions les mêmes moyens que l'on fait les arabes en jetant hors de chez eux tous les français sous prétexte d'identité nationale.

    Afin d'éviter cette situation, mettons des balises claires: pas de signes religieux dans nos institutions publiques.

    Le crucifix à l'assemblée nationale est justifiable en tant qu'artéfact historique au même titre qu'un totem indien. Ceci montre et rappelle à partir de quelle structure notre peuple a été construit. Sans cette structure il n'y aurait pas autant de gens qui choisissent le Québec comme terre d'accueil.
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  • Idir Juba - Inscrit
    24 mars 2010 15 h 31
    ils profitent de la tolérance pour imposer leur intolérance
    Reponse a Mr Claude Archambault
    La tolérance aveugle avec laquelle le monde occidental accepte
    le déluge islamique qui, - au nom des chartes des droits de l’homme,
    des libertés de culte (qui n’en est pas un !) et à toutes ces libertés que sont les fondations des valeurs humaines du monde occidental,acquises au prix fort et au prix de longues luttes, seront et sont déjà, à coup sûr, remises en question, voire bientôt bannies du monde par ce monstre qu’est l’islam (qu’il soit modéré ou pas).

    Un islam rétrograde qui, grâce à la tolérance du monde démocratique
    instruite sur des droits humains, sera celui qui mettra fin à l’existence
    de toute l’humanité, car lui, il est inculte et il ne peut connaître la tolérance.

    ils profitent de la tolérance pour imposer leur intolérance
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