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    Image de marque de Québec - Rapaille ne fera que la moitié du travail

    L'expert en marketing soutient que le Québec ne se sortira jamais de sa relation sadomasochiste avec le Canada

    Le gourou du marketing Clotaire Rapaille devrait remettre son rapport ce printemps. Il quittera Québec demain pour y revenir une dernière fois le 22 mars.
    Photo: Yan Doublet Le Devoir Le gourou du marketing Clotaire Rapaille devrait remettre son rapport ce printemps. Il quittera Québec demain pour y revenir une dernière fois le 22 mars.
    Québec — Le «code» de Québec que Clotaire Rapaille travaille à déchiffrer ne permettra à la Ville que de réaliser une partie de ses objectifs de mise en marché. Et contrairement aux codes de villes comme Dubaï et Hong Kong sur lesquels l'expert en marketing a travaillé dans le passé, le code de Québec sera accessible à un très large public. Ce «code» auquel il fait référence est un symbole de l'inconscient représentant l'identité.

    «C'est vous qui allez devoir reprendre tout cela et le mettre en pratique», a-t-il déclaré hier matin devant des professionnels des relations publiques.

    La profession, qui avait fort mal accueilli à l'origine la décision de la Ville d'opter pour quelqu'un de l'extérieur pour la modernisation de son image de «Vieille Capitale», s'est ainsi fait garantir qu'elle aurait sa part.

    «Le code de la ville, ça va être partagé avec vous de façon complètement ouverte, a précisé M. Rapaille devant les journalistes. Ce code-là, il ne va pas être à vendre. Il vous appartient.»

    Une approche qui tranche manifestement avec les mandats du spécialiste dans d'autres villes. «Les codes des différentes villes, ç'a été fait par des entreprises qui ont payé ce prix pour avoir accès au code», a-t-il expliqué à propos de Dubaï, de Hong Kong et de Singapour.

    À la mi-février, une collègue du Journal de Québec qui avait tenté d'en savoir plus sur les expériences de M. Rapaille dans d'autres villes s'était à cet égard fait répondre par les représentants de l'entreprise à New York qu'il fallait débourser au minimum 135 000 $ pour avoir accès à chacun de ces codes.

    Impossible par ailleurs de connaître l'identité de ces entreprises. Les codes de ces villes auraient-ils été percés pour le compte d'entreprises étrangères souhaitant percer leurs marchés? Est-on en train de trouver la recette pour conquérir Québec plutôt que celle des gens de l'extérieur?

    Rapaille rétorque que Québec doit connaître son code avant de se vendre. «Avant de communiquer au reste du monde quelque chose qu'on a ici, il faut trouver ce qu'on a», a-t-il dit.

    Prié d'évaluer le prix de la mise en marché qui en découlera, Clotaire Rapaille a dit que ça ne relevait pas de lui, mais que les villes investissaient déjà dans ce genre d'opérations de toute façon. Une information corroborée par le cabinet du maire, où on nous dit qu'aucune somme additionnelle aux budgets réguliers de promotion n'était prévue «pour l'instant».

    Seule exception connue à ce jour, la Ville compte consulter des groupes échantillons (focus groups) sous peu, auprès de jeunes de Montréal, de Toronto et de Moncton, pour savoir ce qui les attire ou non à Québec, la priorité du maire étant de rajeunir l'image de la ville et la débarrasser de son étiquette de «Vieille Capitale».

    Le mois dernier, lors d'une séance du conseil municipal, le maire Régis Labeaume s'était fourvoyé en affirmant haut et fort que la consultation de groupes échantillons faisait partie du mandat de M. Rapaille.

    Une relation sadomaso avec le Canada anglais

    Les séances à saveur psychanalytique, lors desquelles M. Rapaille sonde l'inconscient des gens de Québec, doivent prendre fin ce soir lors d'une séance spéciale organisée pour les médias. Le gourou du marketing quittera Québec demain pour y revenir une dernière fois les 22 et 23 mars. La Ville attend son rapport ce printemps.

    Lors de la conférence d'hier, M. Rapaille a soutenu que les Québécois, et les gens de Québec en particulier, se distinguaient par leur nature hautement émotionnelle et leur «passion» pour la ville. Une attitude qui tranche, selon lui, avec l'approche très instinctive des Américains et celle plus rationnelle du Canada anglais. À un intervenant dans la salle qui lui a demandé pourquoi, d'après lui, le Québec n'avait pas encore réalisé l'indépendance, M. Rapaille a répondu avec humour que les Québécois étaient très émotionnels, donc «complètement névrosés», et qu'ils entretenaient une relation «sadomasochiste» avec le Canada anglais. «Et vous allez durer comme ça pour toujours parce que, si vous vous séparez, c'est fini, on ne peut plus jouer.»

    Le conférencier a néanmoins su flatter la présumée émotivité de son auditoire en soulignant par ailleurs à quel point le Québec était un «modèle» pour les petites nations parce qu'il avait réussi à «préserver sa culture et sa façon de vivre».












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