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Chantiers: l'intimidation persiste

Constat d'infraction contre trois membres de la FTQ-Construction

Un constat d’infraction dressé à l’encontre de trois membres de la FTQ-Construction montre que l’intimidation existe toujours sur les grands chantiers.
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
Un constat d’infraction dressé à l’encontre de trois membres de la FTQ-Construction montre que l’intimidation existe toujours sur les grands chantiers.
Québec — L'intimidation, qualifiée de «cancer» rongeant la liberté syndicale par la commission sur la Gaspésia en mai 2005, fait toujours des ravages sur les grands chantiers de construction du Québec. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a dressé le mois dernier un constat d'infraction à l'endroit de trois membres de la FTQ-Construction — dont un agent d'affaires du syndicat — au chantier minier du lac Bloom, se trouvant sur la Côte-Nord, a appris Le Devoir.

C'est à la suite d'une «difficile enquête» entamée en novembre que la Commission de la construction du Québec a transmis son dossier au DPCP en janvier. «C'est pas évident de rassurer le gars qui accepte de témoigner lorsqu'il s'est fait dire qu'il se ferait casser une jambe ou qu'il ne retrouverait pas son pick-up s'il lui prenait l'envie de parler», a-t-on raconté.

D'autres rapports sur d'autres cas d'intimidation, notamment sur le chantier de la Romaine, pourraient déboucher sur «plusieurs constats d'infraction», a soutenu une source bien informée. Ces révélations surviennent alors que l'émission Enquête, à Radio-Canada, a annoncé qu'une partie de son heure de jeudi serait consacrée à l'intimidation et à la discrimination de certains éléments de la FTQ cherchant à «contrôler l'embauche sur les chantiers». Le site Internet de l'émission mentionne au reste de possibles cas de trafic de drogue.

Trois hommes et un constat d'infraction

Le constat dressé à Fermont et daté du 9 février dénonce des actes ayant été commis les 16 et 18 février 2009. Marc Bérubé, un opérateur de machinerie lourde, Maxime Létourneau, un ouvrier, et Bernard Gauthier, un agent d'affaires de la FTQ-Construction, auraient «intimidé une personne ou exercé à son égard des mesures discriminatoires, des représailles ou toute menace ou contrainte ayant pour but ou pour effet de porter atteinte à sa liberté syndicale, de la pénaliser en raison de son choix ou de son adhésion syndicale».

Sur le constat, il est précisé que lorsqu'une telle infraction a été commise par un «représentant d'employeur, un représentant syndical, un agent d'affaires ou un délégué de chantier», le tribunal doit déclarer cette personne «inhabile à représenter» un syndicat durant les cinq ans qui suivent le jour du prononcé de la sentence. L'amende minimale est de 700 $ (plus des frais de 255 $).

Notons que la loi sur la construction (R-20) a été modifiée le 4 décembre 2009 par l'adoption de la loi 73, proposée par le ministre du Travail, Sam Hamad. Les amendes dans les cas d'intimidation ont été doublées. Aussi, pour une infraction semblable concernant des faits s'étant produits après le 4 décembre, les amendes iraient de 1400 à 13 975 $.

Lorsque Le Devoir l'a joint hier soir, l'agent d'affaires Bernard Gauthier a refusé de commenter, indiquant que l'affaire était entre les mains des avocats. Certaines sources craignent qu'un des deux autres accusés ne plaide coupable pour éviter la suspension de cinq ans à M. Gauthier. C'est la compagnie Consolidated Thompson Iron Mines qui a investi quelque 700 millions de dollars à Fermont, de laquelle elle prévoit extraire 8 millions de tonnes de concentré de fer annuellement, lesquelles seront destinées à la Chine.

Dans son «Rapport d'enquête sur les dépassements de coûts et de délais du chantier de la Société Papiers Gaspésia de Chandler», le président de la commission et juge à la retraite, Robert Lesage, écrivait que «l'intimidation emprunte souvent une forme subtile et parfois vicieuse de violence morale, voire physique, qui brime l'exercice d'une réelle liberté syndicale». Après ce rapport, le gouvernement Charest avait élargi la notion d'intimidation dans la loi R-20. «Quiconque commet de l'intimidation et de la discrimination dans l'embauche sera susceptible de pénalités», avait indiqué le ministre du Travail d'alors, Laurent Lessard, au moment de déposer le projet de loi 135, qui modifiait une première fois la R-20.











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  • frankric
    Abonné
    mardi 9 mars 2010 07h18
    Commission d'enquête
    M. Charest, à quand une véritable commission d'enquête dans le domaine de la construction? La corruption et la magouille que l'on y retrouve majorent nos coûts de construction de 30% et plus. Quand on pense à nos dépenses en infrastructures, c'est énorme. En récupérer la moitié rendrait inutile toute hausse de tarifs d'Hydro.
    M. Charest, il me vient à penser parfois que vous êtes non pas insouciant mais vraiment de mauvaise foi.

  • bol
    Inscrit
    mardi 9 mars 2010 09h24
    Chantiers : L'intimidation persiste
    "Eyes wide shut". Cette expression résume assez bien le sentiment que beaucoup de gens ressentent à l'égard des gouvernements. La collusion, la corruption, l'intimidation, nommez les, tous ces termes font parti du patrimoine constructif au Québec et pas seulement sur les grands chantiers. Même certains agents de la RBQ et de la CCQ font leur part pour s'assurer que le manège continue de tourner. On en vient à penser que ceux-là même qui auraient une certaine marge de manoeuvre pour faire en sorte que les choses s'améliorent un peu sont soit inconscientes, soit elles agissent avec un revolver sur la tempe. La construction égale gros sous, gros sous égalent magouilles, désolé pour le dépucelage.

  • Paul Racicot
    Inscrit
    mardi 9 mars 2010 12h17
    L'intimidation sur les chantiers
    Je me souviens d'une bien triste histoire... Un collègue de travail, analyste dans une grande institution financière, se décide enfin à faire le grand saut : costaud, en grande forme, personnalité avenante, il se paie une formation de plâtrier (poseur de G-prok, tireur de joints, etc.) et quitte son emploi de bureau pour les travaux manuels avec l'espoir d'y faire de meilleurs salaires et de bonifier ainsi les conditions et l'avenir de sa vie de couple.

    Mal lui en prit, car quelques semaines plus tard, il était de retour parmi nous. Sous la pression de multiples intimidations, il avait craqué. Le sentant mal à l'aise, je n'ai pas osé m'informer davantage...

    Question. Si des menaces sont proférées, pourquoi des poursuites au criminel ne sont-elles pas entamées ? Et avec tous ces bidules numériques, si compacts, il est pourtant facile d'enregistrer discrètement une conversation, non ? Une telle preuve serait-elle légale et admissible en cour ?

  • Paul Racicot
    Inscrit
    mardi 9 mars 2010 12h32
    La liberté d'adhésion à un syndicat ou un autre...
    Coudon ! ces « gros bras », ces recruteurs syndicaux sont-ils payés à la commission ?

    Les caisses des divers syndicats de la construction ne sont-elle pas pleines à craquer de toutes ces cotisations syndicales ? Ou seraient-elles vides en raison d'une fort mauvaise gestion ? Pourquoi de tels... « efforts » de recrutement ?

    À qui donc profitent de telles pratiques criminelles, toutes ces mesures d'intimidation ? Quelle motivation anime donc ces vilains recruteurs et qui donc soutient, pour quelque raison, de telles pratiques condamnables ?

  • France Marcotte
    Abonnée
    mardi 9 mars 2010 13h36
    Point de rupture
    C'est quand les coffres se vident qu'on commence à couper dans le gras et vouloir colmater les fuites, genre monde occulte de la construction régit par ses propres petites lois occultes. Quand le peuple commence à en avoir marre, il sort la guillotine et se tourne vers les gras-durs, parasites du système. C'est bon signe il me semble mais attention, c'est peut-être la dernière étape avant la colère. J'imagine que la patience de tout peuple a son point de rupture, ce qu'on se garde bien de nous rappeler. Même un Québec amorphe et engourdi par le soupoudrage électoral peut se réveiller. S'en prendre à ses bas de laine et à sa crédulité est le moyen le plus sûr d'y parvenir.

  • Carole Dionne
    Inscrite
    mardi 9 mars 2010 16h49
    POURQUOI TOUJOURS LA FTQ ...
    C'est toujours le FTQ qui est visé: corruption, intimidation, etc.. Qu'ou donc, les autres syndicats, vous êtes de moumounes? Y-a-t-il quelqu'un qui va poser la question qui tue: depuis presque sa fondation que le FTQ a des problÈmes de violence. Est-ce normal? PourquoI pas de violence chez les profs? chez les foNCtionnaires? les infirmières, La CSN? . POURQUOI

  • CSanfacon
    Inscrit
    mardi 9 mars 2010 17h16
    ET SI L'INDUSTRIE DE LA CONSTRUCTION ÉTAIT LIBÉRÉE?
    La "grande industrie" de la construction est corrompue, des patrons (e.g. contrats de pavages à Montréal) aux syndicats. Pourquoi ne pas simplement dé-réglementer cette industrie et la soumettre aux lois générales du commerce et du travail? Il n'y a pas de corruption comparable dans des industries non-réglementées.

  • Gaetan Fortin
    Abonné
    mardi 9 mars 2010 19h14
    À tant peser, il a vraiment peur!
    Dites? Vous le voyez notre frisé de PM assis sur le couvercle de la poubelle? Il a beau y faire les odeurs c'est volatiles. M'est avis qu'il devrait prendre garde, car en nos chaumières ça commence aussi à sentir le roussi.

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