Québec finance des garderies à vocation religieuse
Faute de balises de l'État, les services de garde ont le champ libre pour transmettre valeurs et croyances
Québec — Québec finance des garderies destinées à propager l'islam et à initier les enfants au judaïsme, selon ce qu'a appris La Presse canadienne.
Ainsi, l'apprentissage des rites et des dogmes religieux, dans certains cas ultraorthodoxes, fait partie du programme éducatif offert dans certains services de garde dont la principale source de financement est publique.
Cette situation s'explique par le fait que le ministère de la Famille, qui est chargé d'attribuer les places, ne s'est donné aucune balise en la matière.
Par exemple, le ministère a accordé, en 2007 et 2008, 80 places à 7 $ à l'Association islamique des projets charitables, pour ouvrir la garderie privée Oasis Bout'chou, à Laval.
Son but, tel qu'il apparaît au Registraire des entreprises: «Propager l'enseignement islamique parmi les musulmans et les non-musulmans.»
Autre exemple, cette fois au profit de la communauté juive, le ministère a aussi accordé des places, il y a une dizaine d'années, au rabbin ultraorthodoxe Yosef Minkowitz, qui dirige le Centre de la petite enfance (CPE) Beth Rivkah, à Montréal. Sa subvention gouvernementale, en 2009, a atteint 1,3 million de dollars, en hausse de 31 797 $.
Le CPE Beth Rivkah ne fait pas mystère de son programme éducatif: «Apprendre la Torah, c'est vivre la Torah. Toutes nos activités journalières sont pénétrées de l'esprit de Torah et de la tradition juive, exposant ainsi l'enfant vers un riche mélange d'études juives et laïques», peut-on lire sur son site Internet.
Ce CPE est le plus important au Québec, avec ses 124 places, soit 44 de plus que le maximum autorisé.
Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que Québec assouplit ses règles pour contenter la communauté juive.
En 2006, le ministère de la Famille avait aussi contourné ses propres règles pour confier un bureau coordonnateur à l'organisme Gan unifié, qui peut depuis gérer quelque 600 places de garderies à Montréal.
La communauté juive a même sa propre association de CPE.
L'essentiel (82 %) de la facture du programme de places à contribution réduite (7 $ par jour) est assumé par l'ensemble des contribuables.
Mais pour ce qui est du contenu du programme éducatif, il est laissé à la discrétion des conseils d'administration.
La voie est libre
En l'absence de toute balise, les services de garde ont donc la voie libre pour transmettre les valeurs et les croyances correspondant à leur appartenance religieuse.
L'Association islamique des projets charitables — qui possède la garderie Oasis Bout'Chou, de même qu'une école à Laval — entend ainsi «propager les vraies valeurs de l'islam, en dehors de tout intégrisme ou terrorisme», a indiqué récemment en entrevue téléphonique, son porte-parole, Bassam Derbas.
«Nos enfants vont savoir ce qu'est la croyance d'un musulman, ce qu'on fait comme musulman pour prier», a-t-il ajouté, à propos du programme éducatif des institutions dirigées par l'association.
La garderie Oasis Bout'chou avait fait les manchettes récemment, quand l'opposition péquiste avait mis au jour que ses administrateurs étaient d'importants contributeurs à la caisse du Parti libéral du Québec (PLQ).
Quelques clics de souris révèlent que les cas soulevés ne font pas exception: plusieurs services de garde s'affichent sur Internet en misant sur leur vocation religieuse pour attirer les parents.
Dans le cas des garderies privées non subventionnées, on fait valoir que les parents peuvent obtenir l'équivalent d'une place à 7 $, grâce aux crédits d'impôt offerts par Québec.
Quelques exemples parmi d'autres glanés sur Internet: la garderie privée Petite fleur, de l'arrondissement Saint-Laurent à Montréal, table sur le fait qu'elle est située «à côté de la mosquée Rawda et Madani», dans un «cadre idéal pour apprendre l'arabe et le Coran».
La garderie Sindibad, à Montréal, met à l'horaire des «activités islamiques», tandis que celle de l'École de l'excellence, à Québec, s'inspire du «Coran et de la Sunna» et offre «le service de dîner et prière».
Le ministre de la Famille, Tony Tomassi, n'a pas donné suite à une demande d'entrevue.
Ainsi, l'apprentissage des rites et des dogmes religieux, dans certains cas ultraorthodoxes, fait partie du programme éducatif offert dans certains services de garde dont la principale source de financement est publique.
Cette situation s'explique par le fait que le ministère de la Famille, qui est chargé d'attribuer les places, ne s'est donné aucune balise en la matière.
Par exemple, le ministère a accordé, en 2007 et 2008, 80 places à 7 $ à l'Association islamique des projets charitables, pour ouvrir la garderie privée Oasis Bout'chou, à Laval.
Son but, tel qu'il apparaît au Registraire des entreprises: «Propager l'enseignement islamique parmi les musulmans et les non-musulmans.»
Autre exemple, cette fois au profit de la communauté juive, le ministère a aussi accordé des places, il y a une dizaine d'années, au rabbin ultraorthodoxe Yosef Minkowitz, qui dirige le Centre de la petite enfance (CPE) Beth Rivkah, à Montréal. Sa subvention gouvernementale, en 2009, a atteint 1,3 million de dollars, en hausse de 31 797 $.
Le CPE Beth Rivkah ne fait pas mystère de son programme éducatif: «Apprendre la Torah, c'est vivre la Torah. Toutes nos activités journalières sont pénétrées de l'esprit de Torah et de la tradition juive, exposant ainsi l'enfant vers un riche mélange d'études juives et laïques», peut-on lire sur son site Internet.
Ce CPE est le plus important au Québec, avec ses 124 places, soit 44 de plus que le maximum autorisé.
Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que Québec assouplit ses règles pour contenter la communauté juive.
En 2006, le ministère de la Famille avait aussi contourné ses propres règles pour confier un bureau coordonnateur à l'organisme Gan unifié, qui peut depuis gérer quelque 600 places de garderies à Montréal.
La communauté juive a même sa propre association de CPE.
L'essentiel (82 %) de la facture du programme de places à contribution réduite (7 $ par jour) est assumé par l'ensemble des contribuables.
Mais pour ce qui est du contenu du programme éducatif, il est laissé à la discrétion des conseils d'administration.
La voie est libre
En l'absence de toute balise, les services de garde ont donc la voie libre pour transmettre les valeurs et les croyances correspondant à leur appartenance religieuse.
L'Association islamique des projets charitables — qui possède la garderie Oasis Bout'Chou, de même qu'une école à Laval — entend ainsi «propager les vraies valeurs de l'islam, en dehors de tout intégrisme ou terrorisme», a indiqué récemment en entrevue téléphonique, son porte-parole, Bassam Derbas.
«Nos enfants vont savoir ce qu'est la croyance d'un musulman, ce qu'on fait comme musulman pour prier», a-t-il ajouté, à propos du programme éducatif des institutions dirigées par l'association.
La garderie Oasis Bout'chou avait fait les manchettes récemment, quand l'opposition péquiste avait mis au jour que ses administrateurs étaient d'importants contributeurs à la caisse du Parti libéral du Québec (PLQ).
Quelques clics de souris révèlent que les cas soulevés ne font pas exception: plusieurs services de garde s'affichent sur Internet en misant sur leur vocation religieuse pour attirer les parents.
Dans le cas des garderies privées non subventionnées, on fait valoir que les parents peuvent obtenir l'équivalent d'une place à 7 $, grâce aux crédits d'impôt offerts par Québec.
Quelques exemples parmi d'autres glanés sur Internet: la garderie privée Petite fleur, de l'arrondissement Saint-Laurent à Montréal, table sur le fait qu'elle est située «à côté de la mosquée Rawda et Madani», dans un «cadre idéal pour apprendre l'arabe et le Coran».
La garderie Sindibad, à Montréal, met à l'horaire des «activités islamiques», tandis que celle de l'École de l'excellence, à Québec, s'inspire du «Coran et de la Sunna» et offre «le service de dîner et prière».
Le ministre de la Famille, Tony Tomassi, n'a pas donné suite à une demande d'entrevue.
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