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L'Entrevue - Plaidoyer contre la culpabilité

La philosophe Élisabeth Badinter déplore la nouvelle oppression des mères

La philosophe Élisabeth Badinter
Photo : Photo © Hélène Bamberger Flammarion
La philosophe Élisabeth Badinter
De l'éloge de l'allaitement à celui de l'enfant parfait, c'est toujours la femme que l'on culpabilise. Élisabeth Badinter s'en prend au nouveau féminisme écolo qui veut renvoyer la femme à sa seule fonction de mère biologique.

Paris — Avouons-le, Élisabeth Badinter ne se reconnaît plus dans le féminisme d'aujourd'hui. À l'époque où elle avait publié L'Amour en plus, une critique magistrale de l'«instinct maternel» et de la «nature féminine», elle avait été acclamée par la critique. Trente ans plus tard, il n'est pas exagéré de dire que son nouvel essai, Le Conflit - La femme et la mère (Flammarion), a été accueilli dans certains milieux avec «une brique et un fanal». Et les critiques sont particulièrement virulentes dans certains cercles féministes.

«Aujourd'hui, j'ai le vent de face, reconnaît-elle. Il est très difficile de s'élever contre une idéologie qui est en train de devenir dominante et qui veut ramener les femmes à la nature.» Le défi est peut-être «un peu rude», mais la philosophe n'a jamais eu peur de la polémique.

Ce n'est pas elle qui a changé, dit-elle, mais le féminisme qui a viré à 180 degrés. «Il y a deux féminismes. Celui auquel j'appartiens, héritier de Simone de Beauvoir, défendait le partage des rôles et des fonctions. Il mettait donc en sourdine la différence des sexes. Un autre féminisme, né aux États-Unis au début des années 1980, cherche au contraire à l'accentuer. Il célèbre la nature, la bonté et la morale maternelles. Il exalte tout ce qui est de l'ordre physique de la maternité. C'est un féminisme profondément réactionnaire.»

Élisabeth Badinter explique ce virage radical par la déception des femmes des années 80 face à un combat qui n'a pas abouti assez vite. Les filles se sont rebellées contre leurs mères en affirmant que celles-ci avaient rayé la maternité de la carte. La philosophe admet que certains groupes marginaux, peu présents en France, ont pu tenir un discours plus extrémiste sur la maternité, mais elle refuse que l'on juge le féminisme de cette époque sur cette base.

«Je ne crois pas du tout que le féminisme universaliste avait rayé la maternité, dit Mme Badinter. La maternité restait pour nous une expérience inouïe et importante, mais ce n'était pas le tout de la vie des femmes et ça ne définissait pas une essence féminine. Ce n'est pas parce que Simone de Beauvoir n'a pas eu d'enfant et qu'elle n'en voulait pas que ce fut le cas des autres qui se réclamaient de ce féminisme. Jamais, en France, la maternité n'a été déconsidérée.»

L'écologie radicale

Le nouveau féminisme fusionne plusieurs courants de pensée, dit Mme Badinter. Qu'il s'agisse du retour à la «nature féminine», de l'exaltation du lien biologique, de la théorie de l'enfant parfait ou de l'écologie radicale, tous renvoient les femmes à la maison.

Le livre d'Élisabeth Badinter heurte de front certains écologistes. «Je ne condamne pas l'écologie en soi, c'est-à-dire le souci de la nature, mais l'écologie radicale. Conseiller aux femmes de laver des couches comme solution à la conservation des arbres relève du non-sens. C'est incroyable de revenir à des pratiques qui asservissaient nos mères! L'idée selon laquelle tout ce qui est artificiel ou chimique est dangereux mène aussi à la condamnation de la pilule et de la péridurale. Quel progrès!»

Mme Badinter remet aussi en question la thèse selon laquelle la relation mère-enfant serait compromise si le bébé n'entre pas en contact dès sa naissance avec la peau de sa mère. La philosophe a eu de nombreux échanges avec la célèbre primatologue américaine Sarah Blaffer Hrdy, qui soutient que les deux hormones déclenchant la montée de lait sont les facteurs essentiels du rapport mère-enfant.

«Je ne suis pas idiote. Je ne nie pas l'existence de ces hormones. Mais je dis que le poids des désirs féminins, de l'histoire de chaque femme et surtout des valeurs d'une société pèse plus lourd. Il y a 40 ans, des millions de femmes à qui l'on conseillait de donner le biberon ont été de très bonnes mères.»

Les statistiques montrent que, dans tous les pays, la durée de l'allaitement est en hausse constante. Dans certains cas, comme la Norvège, il atteint facilement un an. Selon Mme Badinter, les femmes ont de moins en moins le choix à cause de la pression sociale. Or, l'allaitement est, dit-elle, un choix privé. «Nul ne devrait intervenir pour peser sur le choix d'une femme.»

Le rôle des pères

L'auteure de L'Amour en plus s'en prend particulièrement aux grands prêtres de la science dont les théories prétendent régler la vie des mères... jusqu'à ce qu'elles soient contredites. Elle cite notamment les études de Michael Kramer, de l'Université McGill, qui a réfuté les thèses pourtant largement répandues selon lesquelles l'allaitement maternel protégeait l'enfant contre l'asthme et les allergies.

Il n'y a guère de journée sans qu'un médecin brandisse une nouvelle interdiction dans les médias. Mme Badinter pourfend ces ayatollahs qui interdisent aux femmes enceintes de fumer une cigarette et de prendre un verre de vin à l'occasion. «Ça me fait hurler! C'est une application radicale du principe de précaution. Pour ne pas se faire accuser, le corps médical se retranche derrière des interdictions totales. Il y a 35 ans, les femmes ont pourtant fait des enfants qui étaient aussi bien que ceux d'aujourd'hui. Leur espérance de vie est même exceptionnelle. Tout cela avec des mères qui fumaient et qui buvaient un verre de vin le soir!»

On a beaucoup reproché à Mme Badinter son silence sur le rôle des pères. Celui-ci tient au fait, dit-elle, que la nouvelle oppression des mères vient moins des hommes que d'une idéologie plus générale. «Je ne vois pas de complot masculin dans cette affaire. Ce que je constate en écoutant certains pédiatres à succès, c'est que l'on conseille au père de ne pas trop se mêler des rapports qu'entretient la mère avec son nourrisson. On lui conseille même de ne pas donner le biberon pour ne pas nuire à cette relation.»

La grève des ventres

Le poids qui pèse sur les épaules de ces mères à qui l'on demande de réussir professionnellement, d'être belles et d'élever des enfants parfaits est en train de provoquer un nouveau phénomène, dit Mme Badinter: la grève des ventres. Elle cite l'Allemagne, l'Autriche et l'Italie, où la maternité est en chute libre. Aujourd'hui, 26 % des Allemandes n'ont pas d'enfant. Ce chiffre atteint 38,5 % chez les plus diplômées. «C'est radicalement neuf. À force de charger la barque des devoirs maternels, de multiplier les obligations et les interdictions, certaines femmes choisissent de s'épanouir ailleurs que dans la maternité.»

Le livre de Mme Badinter met en évidence une réalité déjà connue des démographes. Les politiques familiales volontaristes, comme la création de garderies et l'allongement des congés de maternité, ne suffisent pas à convaincre les femmes de procréer. Encore faut-il que la société accepte que certaines de ces femmes retournent travailler après trois mois de congé en mettant leur enfant à la garderie. «Même dans les pays scandinaves, dont les politiques familiales sont très soucieuses de l'égalité des sexes, les femmes qui refusent de prendre un congé d'un an sont vues d'un mauvais oeil. Ce sont des mères indignes», dit Mme Badinter. Les records de natalité que détient la France s'expliqueraient en partie par l'absence d'une telle pression sociale.

Au fond, Le Conflit - La femme et la mère est un plaidoyer contre la culpabilité. «Que l'on cesse donc d'imposer aux femmes tous ces devoirs. On les rend responsables de tout, de la santé psychique et physique des enfants comme de leur épanouissement psychologique et intellectuel. Une spécialiste américaine avait déjà constaté qu'il fallait maintenant plus de temps pour élever deux enfants que pour en élever six il y a 50 ans. Et je ne suis pas convaincue que les enfants d'aujourd'hui sont plus heureux que ceux d'hier...»

***

Correspondant du Devoir à Paris
 
 
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  • julia - Inscrit
    8 mars 2010 04 h 32
    Feminisme dinosaurien : //
    Mme Badinter ne supporte pas que le féminisme avance vers l'humain. Elle reste coincée dans l'époque des soutiens- gorge en étend art, et dans des revendications qui mènent les femmes au travail et uniquement. Les féministes d'aujourd'hui travaillent depuis la fin de leurs études, c'est un combat qu'elles ne mènent plus, pour autant elles n'ont pas envies de tout sacrifier sur l'autel du Dieu travail. Les femmes d'aujourd'hui, ont aussi envie de consacrer du temps aux enfants qu'elles ont mis au monde. Elles se soucient de ces enfants des la naissance en revendiquant des naissance "naturels" sans violence (clinique des Lilas par ex), elles se soucient de leur développement, elles se soucient du stress qu'on leur demande de gérer dans une société qui court tout le temps. Elles se soucient du début de vie primordiale, ou le lien d'attachement principal n'est pas bradé sous couvert de carriérisme, illusoire parfois. Elles ont envies de prendre du temps pour élever leurs enfants, quand elles le peuvent, et quand elles le veulent au moins jusqu'à leur entrée en maternelle. Elles ont conscience des rythmes de vies effrénées qu'impose travail et maternité, du "jeté" de bb à la crèche des 6 heures, du "récuperage" d'enfants le soir harassées, pour un maigre bénéfice financier, quand il y en a un. Elles ont conscience de ces rythmes de vies qui laisse peu de temps consacré à la vie de famille. Mme Badinter est outrée de voir des mères qui tiennent à allaiter et fustige le retour à la nature des choses, qui devient du "masochisme et du sacrifice féminins". Pourtant l'humain a visiblement intérêt à se rapprocher des fondamentaux et à aller vers une version écologique" de la vie, tant au niveau de notre consommation qu'au niveau du processus de vie. On s'interroge face a cette campagne de dénigrement des mères d'une (vieille féministe) Mme Badinter dénonce la maternité et s'est vu coller 3 enfants , mais la pilule s'est pas fait pour les chiens madame, mais pour les femmes qui ne souhaitent pas d'enfant.
    Héritière de Marcel Bleustein-Blanchet, fondateur de Publicis, elle est aujourd'hui la deuxième actionnaire et la présidente du conseil de surveillance de la multinationale publicitaire. Elizabeth Badinter n'aime pas le retour à la nature et l'écologie qui pousse à consommer moins, moins de couches culottes, moins de lait maternel.... on peut comprendre, pas assez consumériste comme projet ?

    "Les femmes savent ce qu’elles veulent. Elles ne sont pas victimes consentantes d’une dictature économique, naturaliste ou pédiatrique. Il y a un caractère épanouissant de la grossesse qu’il est illusoire de vouloir nier ou minorer. Sinon des actrices ou des femmes avec de très hautes responsabilités ne s’embarrasseraient pas d’un “tel fardeau”. Tout ceci n’est peut-être qu’un désir symbolique mais il est réel!"
    François Olivennes, gynécologue-obstétricien
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  • ysengrimus - Inscrit
    8 mars 2010 07 h 20
    Féminisme de droite
    Il est de plus en plus observable qu’il existe un féminisme de droite

    http://ysengrimus.wordpress.com/2009/10/15/sur-le-

    Nier cette sorte de « consécration » sociale du féminisme, c’est quand même un peu se mentir… Ce débat "naturaliste" que signale Madame Badinter me parait simplement une crise interne du féminisme de droite.
    Paul Laurendeau
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  • Hubert Grégoire - Abonné
    8 mars 2010 07 h 57
    La parentalité
    Nous avons récemment eu un bébé et j'ai été très étonné de constater cette pression sociale à laquelle fait référence cet article.
    En tant que père, je me suis effectivement senti mis de côté. Il n'y a rien pour les pères, peu de conseils, notre rôle est mal défini et les attentes envers nous sont très nébuleuses. Nous nous sommes effectivement fait dire que je ne devrais pas donner le biberon (même du lait maternel!) pour ne pas briser ce lien entre la mère et le bébé! J'ai même dû argumenter plusieurs minutes au CLSC afin qu'ils me donnent le fichu guide gouvernemental "Mieux vivre avec son enfant"; on m'a expliqué que c'est normalement à la mère de venir le chercher!
    Ma conjointe a de plus eu beaucoup de pression pour ne pas avoir recours à la péridurale, pour allaiter, etc. Le plus surprenant, c'est que plus les personnes étaient proches de nous, plus ils se permettaient de lui mettre de la pression. "T'as pas besoin de la péridurale, t'es capable d'accoucher sans ça." une phrase qui est revenue souvent...
    Il y a une pression sociale considérable sur les femmes enceintes et les jeunes mères. Une pression écologique comme Mme Badinter la nomme, qui n'est ni théorique ni exclusivement française. Ça prend beaucoup de caractère pour la refuser et mener sa parentalité de façon agréable.
    Au fond, le rôle du père c'est beaucoup cela : diminuer ou enlever la pression sociale des épaules de la mère, afin que la famille ait une grossesse heureuse et sans stress.
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  • France Marcotte - Abonnée
    8 mars 2010 08 h 18
    Qui a peur de madame Badinter?
    Élisabeth Badinter n'est pas un dinosaure, elle est une intellectuelle et une féministe qui apporte aujourd'hui une contribution inestimable à une question essentielle, permettant à qui le veut de prendre du recul pour apprécier et comprendre une réalité qui de trop près risque de nous échapper. Elle n'impose rien, elle n'est pas législatrice, elle invite à la réflexion et provoque le débat. Même ses opposants, si leurs idées supportent la confrontation, devraient se réjouir qu'une telle femme livre le fruit de ses observations. Ils n'ont qu'à affûter leur argumentaire pour lui répondre intelligemment.
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  • Jacques Lalanne - Inscrit
    8 mars 2010 09 h 21
    Se culpabiliser ?
    Les études démontrent les avantages de l'allaitement. Si à la lecture de ces études une personne se culpabilise, c'est sa réaction. Ce n'est ni l'intention ni l'action des personnes qui publient ces études.
    Quand pourrons-nous discuter des avantages d'une pratique sans se culpabiliser?

    Jacques Lalanne
    jlalanne2007@gmail.com
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  • sanscoeur - Inscrit
    8 mars 2010 10 h 55
    VIVE LE BIBERON LIBRE
    C'est en fait ce dont parle Badiner. Arrêtons de culpabiliser les femmes. Malgré tout le grand bien que je pense de l'allaitement maternel il faut laisser les femmes choisir ce qu'elles veulent et peuvent faire. Promouvoir l'allaitement maternel à tout prix est néfaste, les ayatollah du sein peuvent aller se rhabiller.
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  • Jeanne Guyon - Inscrite
    8 mars 2010 13 h 10
    Beaucoup d'hommes YSENCRISSENT!
    Les propos de la philosophe Élisabeth Badinter
    affirment des vérités irrécusables.

    J'ai 63 ans et ma fille 34 ans. Elle vient d'être mère, sa fille a 4 mois.

    Elle est tombée dans le piège de la maternité ÉCOLOGIQUE, couches de coton, incapable d'allaiter mais se sent tellement coupable, porte-bébés 12 heures par jour pour créer l'attachement de la petite.

    Je me demande laquelle est la plus attachée!

    Ma fille est universitaire, depuis son accouchement, elle ne fait que S'OCCUPER DE SA FILLE! QUI lui a lavé le cerveau?

    Monsieur François Olivennes, gynécologue-obstétricien,
    quel est votre but en ne faisant plus d'épisiotomie aux femmes lors de l'accouchement? Pas assez propre!

    Les déchirures du périnée sont plus ÉCOLOGIQUES$$$ Des points de suture après les déchirures, ça coûte moins cher qu'une épisiotomie?

    Aimeriez-vous ça, vous, qu'en 2010, pour une raison naturelle et écologique, on vous laisse déchirer jusqu'à l'anus?

    Et pourquoi vous appelez-vous JULIA?

    MERCI ELISABETH BADINTER ET BRAVO POUR VOTRE RICHESSE!
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  • Jean Pierre Bouchard - Inscrit
    8 mars 2010 20 h 03
    Le piège des grands courants de pensée
    Le féminisme historique est inévitablement manichéen, celui de madame Badinter
    relève de cette tentative de masculisation des femmes opéré pendant les années 60 et 70. Il est impossible de ne pas voir la part de carriérisme comprise dans le féminisme à la Beauvoir qu'on peut qualifier à la fois d'existentialiste et bourgeois! Néanmoins, Elizabeth Badinter se revalorise lorsqu'elle s'en prend à cet écologisme tendance qui disqualifie des progrès apportés par la science, une science qui non seulement par l'hygiène par des découvertes également a rallongée la vie. Que des femmes donnent le biberon ce n'est pas un mal ce qui importe pour l'enfant c'est de bénéficier de contacts, du toucher de son père comme de sa mère et probablement par dessus tout de bénéficier de cette PAROLE personnalisée qui lui donne les bases de l'encadrement pour vivre dans la société.

    Pas besoin pour revenir aux idéologies d'un féminisme embourgeoisé qui fait de la réussite sociale une vérité théocratique du libéralisme ou de cette écologie candide qui idéalise la nature qui ne donne pourtant la vie qu'en donnant la mort.
    Les espèces vivantes se bouffent entres elles pour survivre, la nature ce n'est pas tant celle de la déesse mère qu'un western!
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  • Francois Lavallée - Abonné
    9 mars 2010 07 h 06
    Les baby-boomers se font servir leur propre médecine
    Les baby-boomers (pas seulement les féministes) ont consacré leur vie à essayer de faire comprendre à la génération qui les précédait que « le monde change » et qu'il ne fallait pas rester coincé avec des vieilles idées qui dates de 50 ans. Aujourd'hui, ils comprennent ce qu'ils ont fait vivre à cette autre génération, qui s'était aussi « battue » pour d'autres valeurs. La relève d'aujourd'hui leur rappelle que les mentalités continuent d'évoluer, et que eux non plus n'ont jamais eu la vérité absolue.
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  • Sanzalure Sanzalure - Inscrit
    9 mars 2010 08 h 45
    Père écolo et féministe
    Je suis père de 5 enfants auxquelles j'ai donné le biberon, changé les couches, préparé les repas, peigné les cheveux, lu les histoires...

    J'ai pu le faire parce que j'ai choisi d'être travailleur autonome à la maison pendant que leur mère enseignait dans plusieurs écoles de la région.

    Il faut faire attention quand on généralise. Tous les membres d'une génération ne vivent pas la même chose de la même façon.

    Dans ma génération, la minorité qui s'est battu pour faire changer les choses a tout simplement poursuivi le combat amorcé par les minorités des générations précédentes et que poursuit la minorité de la génération courante.

    Les majorités sont toujours en retard sur au moins une des minorités.
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  • Sylvie Chiasson - Inscrite
    9 mars 2010 17 h 56
    Femmes plus heureuses??
    Vous soulignez Mme Badinter, à maintes reprises, que selon vous les enfants d’aujourd’hui ne sont pas plus heureux que ceux d’hier. Soit, je veux bien. Toutefois, dans la même veine, pensez-vous réellement que les femmes d’aujourd’hui soient tellement plus heureuses que celles des générations passées? La question ne se pose-t-elle pas également?
    Quand je vois de jeunes occidentales choisirent le foulard islamique, si ce n’est le niquab, je me pose de sérieuses questions. Et c’est sans oublier toutes ces femmes qui passent sous le bistouri pour des seins plus gros, plus fermes, plus tout…, pour effacer leurs rides, ravoir un ventre plat, un cou, des fesses, des cuisses lisses, etc., etc.… Et bien, Mme Badinter, je ne crois pas que les femmes de carrière d’aujourd’hui soient mieux dans leur peau que celles grano et écolo. Je préfère de loin ma vie de mère écolo avec des valeurs plus saines et plus simples que celle de ces femmes toujours en quête de jeunesse éternelle.
    Comment se fait-il que vous n’ayez jamais élevé la voix pour dénoncer cette pression à la jeunesse et à la beauté à tout prix?
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  • Sylvie Chiasson - Inscrite
    9 mars 2010 19 h 06
    Groupes d'entraide vs professionnels de la santé
    Oui, à l’allaitement. Oui et encore oui. Ce fut l’expérience de vie la plus extraordinaire que j’ai vécu. On m’avait mis en garde contre la Ligue La Leche, il y a vingt ans. Des fanatiques m’avait-on dit. Mais lorsque j’ai eu besoin de conseils, ces femmes bénévoles ont été là pour moi. Elles m’ont aidé, soutenu, encouragé. J’ai découvert un autre univers. D’autant plus que j’y mettais les pieds avec des freins puissants, à cause de ce qu’on m’avait raconté. Les femmes qui œuvrent dans des groupes d’entraide en allaitement, le font gratuitement. Elles ne forcent personne et personne n’est obligé de les contacter. Alors, c’est quoi le problème… si leur réponse ne vous convient pas, ben, dites merci et raccrochez. Tout simplement.

    Ah! Allaiter mes enfants… Il m’arrive encore parfois de regretter ces moments magiques et intenses. Ces moments de pur bonheur. Certes, j’ai oublié les moments plus difficiles, les problèmes qui sont survenus, mais n’est-ce pas le cas dans la vie en général!! On le sait bien que la vie n’est pas toujours rose.

    En tant que co-auteure du livre Biologie de l’allaitement : le sein, le lait, le geste, je signale que Mme Badinter se trompe pour ce qui est du lien entre l’allaitement, l’asthme et les allergies. La science, avant (!) Micheal Kramer, n’avait jamais prétendu que le lait humain protégeait contre ces deux maladies. Les études montraient surtout des résultats difficiles à interpréter, avec des résultats parfois positifs, parfois négatifs. Mme Badinter mélange les résultats des études scientifiques avec les affirmations d’un peu tout le monde qui se retrouvent sur la place publique. Les scientifiques se sont toujours montrés sceptiques sur la question de l’asthme et des allergies, particulièrement. M. Kramer a simplement permis, grâce à son étude sur une grande population, en Biélorussie, avec la possibilité de contrôler certains facteurs dits confondants, de répondre avec une plus grande rigueur aux questions concernant les risques associés avec l’alimentation artificielle des nourrissons. Mme Badinter prends soin de citer l’asthme et les allergies, contre lesquels les bébés ne seraient semble-t-il pas protégés grâce au lait humain, mais elle néglige (sciemment ??) de parler des otites, infections respiratoires, diarrhées, gastro-entérites, et beaucoup d’autres maladies pour lesquelles le lait humain aurait un réel effet protecteur. Protection démontrée dans ladite étude de Michael Kramer. Et je ne parle pas des maladies chroniques, et des maladies qui surviennent plus tard dans la vie, des taux d’hospitalisation ainsi que des séjours hospitaliers qui sont moindres chez les bébés allaités.

    Cela dit, je suis d’accord avec elle en ce qui a trait à la pression qu’on exerce sur les mères pour qu’elles allaitent. Mais je considère qu’elle se trompe de cible. Ce ne sont pas les groupes d’entraide comme la Ligue La Leche (aide de mère-à-mère), qui font problème mais la mainmise du milieu médical. Je suis la première à critiquer la façon de promouvoir l'allaitement, je considère que le corps médical a mis la main sur la «fonction» au détriment du «sens» (allaiter pour la santé plutôt que pour vivre une expérience exceptionnelle, «à sa façon et à son rythme»). Et c’est là que le bâts blesse… malheureusement.
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  • Sylvie Chiasson - Inscrite
    9 mars 2010 19 h 22
    @Jeanne Guyon
    Je ne comprends pas. Vous trouvez incroyable que votre fille, universitaire, «ne fait que s'occuper de sa fille»... de 4 MOIS !!!!!!! Pas 4 ans... 4 mois... 4 petits mois... Et vous parlez de lavage de cerveau, mais à quoi vous attendiez-vous? À ce qu'elle la mette à la garderie le lendemain de son accouchement?

    ...4 mois, j'en reviens pas...

    Mais c'est dommage qu'elle se sente coupable de ne pas avoir pu allaiter. Vraiment dommage. Donner un biberon en collant son bébé sur soi est accessible à toutes les mères et ça vaut autant que d'allaiter. Le problème c'est qu'on les encourage à laisser le bébé boire seul, dans son lit, le plus tôt possible. Quel erreur. Tous les bébés, qu'ils soient allaités ou pas, ont les mêmes besoins, soit d'être en contact étroit avec d'autres êtres humains, particulièrement leur mère lorsqu'ils sont très jeunes. Boire seul dans son lit ou dans son berceau, que c'est triste!
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  • Bel Zebuth - Inscrit
    11 mars 2010 10 h 03
    prise II
    Je ne ferai plus de commentaires intéressants sur ce site: le journal se disant libre de penser, il n'en est pas moins libre d'écarter les propos de qui il veut bien!
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