Les femmes rechaussent leurs souliers pour l'égalité
«Tant que toutes ne seront pas libres, nous serons en marche!»
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
Première étape d’une mobilisation qui culminera en octobre, la Marche des femmes 2010 a pris son envol hier au centre-ville de Montréal.
Dix ans après la Marche mondiale des femmes, qui avait mobilisé des centaines de milliers de personnes à travers la planète, il reste encore beaucoup de chemin à faire pour que l'égalité entre les sexes soit une réalité, ont soutenu en chœur les participants à une réédition de la Marche des femmes, hier, à Montréal.
Première étape d'une mobilisation qui culminera en octobre, lors d'un grand rassemblement prévu à Rimouski, la Marche des femmes 2010 a pris son envol hier au centre-ville de Montréal. Et comme en 2000, alors que la Marche mondiale des femmes avait commencé au Québec avant de s'étendre au reste de la planète, l'événement montréalais d'hier n'est que le début d'une nouvelle sensibilisation planétaire. Au cours de l'année, des marches auront lieu dans 70 pays sur cinq continents. En 2010, la Marche mondiale des femmes rallie 4500 organismes dans 150 pays.
En début d'après-midi hier, sous un magnifique soleil venu réchauffer la foule, environ 2000 personnes ont usé leurs souliers pour rappeler aux gouvernements et à la population en général que le combat pour l'égalité n'est pas encore gagné.
À 13h15, Alexa Conradi, la présidente de la Fédération des femmes du Québec — l'organisme qui coordonne les activités de la Marche mondiale des femmes — est montée sur un talus du square Phillips pour livrer un discours passionné et résolument à gauche de l'échiquier politique.
«Le caractère anémique des réponses gouvernementales, ces dernières années, l'ampleur de certains reculs, voire l'ignorance envers nos revendications, nous forcent à remettre nos souliers et à marcher, a-t-elle lancé. Les droits des femmes ne doivent pas être sacrifiés aux aléas du marché. Nous sommons les deux paliers de gouvernement d'inscrire, d'ici le printemps, les revendications du mouvement des femmes à leur agenda politique.»
Plusieurs demandes
Au nombre des revendications, on compte «la lutte contre l'hypersexualisation et la marchandisation du corps des femmes», notamment au moyen d'une loi qui empêcherait les publicités sexistes. On souhaite aussi le retour des cours d'éducation sexuelle au secondaire.
Les groupes présents hier, notamment les centrales syndicales, souhaitent aussi «mettre fin au démantèlement des services publics par le recours à la privatisation». La protection de l'eau, le droit à l'avortement, une hausse du salaire minimum à 10,69 $ l'heure, le retrait des soldats d'Afghanistan et la signature par le gouvernement canadien de la Déclaration sur les droits des peuples autochtones font également partie des revendications énoncées hier.
Dans une atmosphère festive alimentée par 25 percussionnistes aux perruques exubérantes et colorées, la foule s'est mise en marche jusqu'au bureau montréalais du premier ministre Jean Charest, situé quelques rues plus loin. On lui a alors remis symboliquement des centaines de souliers usés par 10 ans de combat féministe.
La députée du Parti québécois Louise Beaudoin, qui accompagnait sa chef Pauline Marois hier, soutient que les inégalités perdurent, même au Québec, alors que le salaire des femmes est inférieur à celui des hommes. «On est mieux ici qu'ailleurs, c'est évident, mais l'idéal de l'égalité n'est pas encore atteint. Je suis ici parce que j'y crois, à cet idéal», a dit Mme Beaudoin.
Député de la formation Québec solidaire, Amir Khadir affirme que la violence faite aux femmes demeure une réalité. «On a l'impression que c'est réglé parce que la société ne tolère plus cette violence sexiste, mais sur le terrain, beaucoup de femmes souffrent encore.»
Pour Martine, une jeune femme dans la trentaine qui vit à Longueuil et qui était avec sa fille de cinq ans hier après-midi, le message des féministes de la première heure ne doit pas être oublié. «Je suis là parce que je crois que c'est important de rappeler la lutte des femmes et parce que la sensibilisation et la vigilance ne doivent pas s'arrêter», a-t-elle dit au Devoir quelques minutes avant d'entrer dans le cortège de marcheurs.
Dans la foule, les slogans comme «à bas les emplois précaires, pour les femmes un vrai salaire» ou encore «les grandes entreprises nous prennent pour de la marchandise», avaient droit de cité.
Alexa Conradi a dit souhaiter «une société plus égalitaire, généreuse et solidaire». «Alors que la droite fait du chemin, nous appelons à une mobilisation créative», a-t-elle dit aux participants, qui l'ont chaudement applaudie. Et ce clin d'oeil au reste du monde: «Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche!»
Première étape d'une mobilisation qui culminera en octobre, lors d'un grand rassemblement prévu à Rimouski, la Marche des femmes 2010 a pris son envol hier au centre-ville de Montréal. Et comme en 2000, alors que la Marche mondiale des femmes avait commencé au Québec avant de s'étendre au reste de la planète, l'événement montréalais d'hier n'est que le début d'une nouvelle sensibilisation planétaire. Au cours de l'année, des marches auront lieu dans 70 pays sur cinq continents. En 2010, la Marche mondiale des femmes rallie 4500 organismes dans 150 pays.
En début d'après-midi hier, sous un magnifique soleil venu réchauffer la foule, environ 2000 personnes ont usé leurs souliers pour rappeler aux gouvernements et à la population en général que le combat pour l'égalité n'est pas encore gagné.
À 13h15, Alexa Conradi, la présidente de la Fédération des femmes du Québec — l'organisme qui coordonne les activités de la Marche mondiale des femmes — est montée sur un talus du square Phillips pour livrer un discours passionné et résolument à gauche de l'échiquier politique.
«Le caractère anémique des réponses gouvernementales, ces dernières années, l'ampleur de certains reculs, voire l'ignorance envers nos revendications, nous forcent à remettre nos souliers et à marcher, a-t-elle lancé. Les droits des femmes ne doivent pas être sacrifiés aux aléas du marché. Nous sommons les deux paliers de gouvernement d'inscrire, d'ici le printemps, les revendications du mouvement des femmes à leur agenda politique.»
Plusieurs demandes
Au nombre des revendications, on compte «la lutte contre l'hypersexualisation et la marchandisation du corps des femmes», notamment au moyen d'une loi qui empêcherait les publicités sexistes. On souhaite aussi le retour des cours d'éducation sexuelle au secondaire.
Les groupes présents hier, notamment les centrales syndicales, souhaitent aussi «mettre fin au démantèlement des services publics par le recours à la privatisation». La protection de l'eau, le droit à l'avortement, une hausse du salaire minimum à 10,69 $ l'heure, le retrait des soldats d'Afghanistan et la signature par le gouvernement canadien de la Déclaration sur les droits des peuples autochtones font également partie des revendications énoncées hier.
Dans une atmosphère festive alimentée par 25 percussionnistes aux perruques exubérantes et colorées, la foule s'est mise en marche jusqu'au bureau montréalais du premier ministre Jean Charest, situé quelques rues plus loin. On lui a alors remis symboliquement des centaines de souliers usés par 10 ans de combat féministe.
La députée du Parti québécois Louise Beaudoin, qui accompagnait sa chef Pauline Marois hier, soutient que les inégalités perdurent, même au Québec, alors que le salaire des femmes est inférieur à celui des hommes. «On est mieux ici qu'ailleurs, c'est évident, mais l'idéal de l'égalité n'est pas encore atteint. Je suis ici parce que j'y crois, à cet idéal», a dit Mme Beaudoin.
Député de la formation Québec solidaire, Amir Khadir affirme que la violence faite aux femmes demeure une réalité. «On a l'impression que c'est réglé parce que la société ne tolère plus cette violence sexiste, mais sur le terrain, beaucoup de femmes souffrent encore.»
Pour Martine, une jeune femme dans la trentaine qui vit à Longueuil et qui était avec sa fille de cinq ans hier après-midi, le message des féministes de la première heure ne doit pas être oublié. «Je suis là parce que je crois que c'est important de rappeler la lutte des femmes et parce que la sensibilisation et la vigilance ne doivent pas s'arrêter», a-t-elle dit au Devoir quelques minutes avant d'entrer dans le cortège de marcheurs.
Dans la foule, les slogans comme «à bas les emplois précaires, pour les femmes un vrai salaire» ou encore «les grandes entreprises nous prennent pour de la marchandise», avaient droit de cité.
Alexa Conradi a dit souhaiter «une société plus égalitaire, généreuse et solidaire». «Alors que la droite fait du chemin, nous appelons à une mobilisation créative», a-t-elle dit aux participants, qui l'ont chaudement applaudie. Et ce clin d'oeil au reste du monde: «Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche!»
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