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S'intégrer ou pas

Il arrive que les mots manquent aux politiques et aux journalistes. Il arrive que la réalité se dérobe au seul vocabulaire de la raison et du droit. À ceux qui voudraient comprendre le débat qui fait rage dans nos sociétés sur l'identité nationale et l'intégration des immigrants, je ne conseillerai donc pas de relire les jugements de la Cour suprême à ce sujet ni même d'acheter le dernier livre de Charles Taylor.

À ceux qui voudraient plonger dans ce débat sans oeillères et aller au vif du sujet, je suggère plutôt d'aller voir deux films qui nous en apprennent plus à ce propos que tous les rapports Bouchard-Taylor de ce monde. Deux oeuvres qui ont été primées la semaine dernière à la cérémonie des César. En cette époque où les Occidentaux blancs ont la culpabilité facile, il ne faut pas s'étonner que personne n'ait remarqué que les prix du cinéma français ont récompensé cette année deux films qui abordent de front les problèmes de l'immigration: Un prophète de Jacques Audiard, qui a remporté neuf César, et La Journée de la jupe, avec lequel Isabelle Adjani a décroché son cinquième César.

Quel symbole d'intégration plus réussie peut-on imaginer que ce comédien de 29 ans, Tahar Rahim, acclamé à la cérémonie des César? Rahim est pourtant né à Belfort d'un couple d'immigrants algériens. Or, quelle est la leçon magistrale que nous sert le film de Jacques Audiard? Dans cette histoire où la prison est une métaphore de la société, un jeune délinquant maghrébin va gravir tous les échelons de la réussite et devenir un caïd. Pour cela, le jeune Malik refusera la solution facile qui consisterait à s'enfermer dans sa communauté, arabe ou musulmane. Au contraire, ce jeune analphabète va apprendre à la dure le métier de bandit, il va même apprendre le corse et acquérir tous les traits culturels de la société à laquelle il veut s'intégrer. Jusqu'au jour où il lancera à la face des caïds de la prison: «Je suis corse!»

Devenu plus corse que les Corses, Malik ira négocier avec les chefs de la pègre de Marseille. C'est alors qu'il reviendra vers ses coreligionnaires, non pas en perdant, mais en gagnant, libéré de cette «communauté» qui l'empêchait de réussir. Il n'y a pas le moindre angélisme dans le film d'Audiard. Celui-ci montre bien comment l'intégration à la culture majoritaire est un processus difficile, mais aussi combien il est payant.

***

Le film qui a valu à Isabelle Adjani son cinquième César aborde le même sujet, mais sous un autre angle. La Journée de la jupe met en scène une enseignante blanche, cultivée et portant la jupe, qui prend ses élèves en otages pour leur faire jouer Molière. Elle le fait, car elle constate que la ghettoïsation de ces jeunes Maghrébins et leur enfermement dans la culture fast-food est un cul-de-sac. Elle le fait en dépit de la démission de la société qui l'entoure. Les penseurs à la mode du multiculturalisme préfèrent en effet enfermer les immigrants dans leur culture d'origine plutôt que de leur offrir les instruments culturels, ceux de la culture majoritaire, qui leur permettront de progresser.

Or, qu'apprend-on à la fin du film? Que cette enseignante brillante et intelligente qui a réussi à sa façon n'est autre que la fille d'un immigrant arabe. Comme Malik, c'est en s'abreuvant à la culture que lui offrait la société d'accueil qu'elle a réussi. Elle seule sait combien Molière est essentiel pour ces jeunes élèves de la banlieue parisienne alors que les Français purs beurre qui enseignent avec elle se contentent de les flatter dans le sens du poil. Comme si le multiculturalisme n'était au fond qu'une version plus douce et plus gentille de l'apartheid colonial.

Le film a une charge symbolique d'autant plus forte que l'on sait qu'Isabelle Adjani, comme Tahar Rahim, est elle-même un symbole réussi d'intégration. Fille d'un père kabyle et d'une mère allemande, elle a grandi dans une banlieue pauvre et a progressé à la force du poignet. Fait significatif, Adjani a connu son premier triomphe en interprétant le rôle d'Agnès dans L'École des femmes de Molière à la Comédie française. C'est ensuite que François Truffaut est venu la chercher.

Ceux qui flattent les immigrants en leur faisant croire qu'ils pourront réussir en s'enfermant dans un ghetto culturel et ethnique ne leur rendent pas service. Et ceux qui, par grandeur d'âme, font mine de négocier ce genre d'accommodements se trompent tout autant. La voie de la réussite pour les immigrants n'est pas celle de la négociation permanente que nous propose le modèle des accommodements. La saga du cégep Saint-Laurent vient de nous en fournir une illustration par l'absurde. Je ne connais pas beaucoup de pays où professeurs et administrateurs auraient poussé l'aplaventrisme et le reniement aussi loin. Quel message d'impuissance pour tous ces immigrants qui rêvent de réussir au Québec! Il serait douteux que cet exemple ne soit pas que la pointe de l'iceberg.

Après avoir entendu à la télévision Naïma Atef Amed, cette étudiante d'origine égyptienne qui a choqué le Québec avec son voile intégral au cégep Saint-Laurent, je me suis dit qu'elle devrait aller plus souvent au cinéma.
 
 
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  • jean-jacques@streliski.com - Abonné
    5 mars 2010 06 h 52
    Excellent papier
    Merci pour cet excellent papier Christian. Votre conclusion avec le cas de Naïma Atef Amed est tout à fait pertinent. J'ajouterais qu'au Québec, on a même saisi la dimension impuissante de nos dirigeants politiques qui, accommodements raisonnables ou pas, n'ont toujours pas donné de cadre à l'intégration de l'immigration dans notre société civile et laïque.
    Cordialement. JJS
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  • Sylvio Le Blanc - Abonné
    5 mars 2010 07 h 07
    Génial !
    .
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  • Esseghir Amine - Inscrit
    5 mars 2010 07 h 56
    Comment se créent les ghettos ?
    C'est évident tout ce que vous dites c'est même tout simplement du gros bon sens. Il reste toutefois une question qui me turlupine. En France le ghetto ce n'est pas les immigrants qui l'on créé mais les pouvoirs politiques successifs. Les milliers d'immigrants analphabètes embarqués dans des bateaux on été déchargés dans les chantiers et dans les usines d'après guerre. Tout a été fait pour que les ouvriers restent ensembles, pour qu'ils ne soient pas dépaysés. "Casés" dans des foyers, ou dans des bidonvilles avec femmes et enfants (y'a aussi un film à ce sujet "le gone du chaba" inspiré du livre au même titre de Azouz Beggag), puis "tous ces arabes" regroupés dans des cités ghettos. Aujourd'hui, comme à l'arrivée de son père ou de son grand père en France, cet arabe, français par ses papiers, demeure non intégrable car il semble qu'on n'a jamais voulu qu'il s'intègre.
    Au Québec, la situation est différente. On n'importe pas de la main d'œuvre illettrée du Maghreb. Selon les statistiques près de la moitié des maghrébins immigrants ont fait des études universitaires. La majorité parle français et arrive au Québec en sachant où ils mettent les pieds (la CSQ a au moins ça d'utile). Pourtant, à chaque fois qu'un barbu hausse le ton, qu'une voilée intégrale fait le clown dans une salle de Cegep, qu'une bande d'allumés veulent faire la prière dans une cabane à sucre que voit-on ? On pointe du doigt toute la communauté musulmane alors que les Marocains et les Algériens sont quasiment des ennemis naturels quand ils sont dans leur pays d'origine et par les temps qui courent, il est bien difficile de trouver des affinités entre une Egyptienne et un Algérienne. Question à 10 piastres : comment se créent les ghettos ?
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  • lephilosophe - Inscrit
    5 mars 2010 08 h 11
    le crime comme preuve d'intégration
    Vraiment votre texte est une pièce d'anthologie. En effet pourquoi donc lire monsieur Taylor, lecture ardue et difficile, quand vous pouvez «simplement» voir des films Français. Nonobstant la qualité de ses films, la métaphore du «plus corse que Corse» que vous utilisez est totalement consternante. En effet, on dira à l'avenir au chauffeur de taxi algérien, qui était médecin dans son pays, de ne plus se soucier de sa communauté mais bien plutôt de se convertir en braqueur de banques. On pourra alors lui chanter «il est des nôtres, il a bu son verre comme les autres». On comprend mieux la perspective totalement communautariste qui est la vôtre, la défense extrême de «votre communauté» bien pensante cela va de soi, du moins celle que l'on perçoit «vue des salons de Paris». Joignez-vous par le crime s'il le faut mais prouvez-nous que vous êtes déracinés, et totalement assimilés à nos «valeurs». Pas de burqa, adoptez l'omerta. Quel progrès social en perspectives!
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  • Vezina Caroline - Inscrit
    5 mars 2010 08 h 28
    Ridicule!
    Tout cela est ridicule. Peut-être ces immigrants dont vous parler pourraient s'intégrer plus facilement si des gens comme vous leur en donnaient la chance. Mise à part la question d'identification qui restait problématique avec le niqab, rare sont les immigrants qui se trouvent un travail et non pas parce qu'il manque de compétences au contraire, mais bien parce que nous sommes encore trop fermés pour les intégrer dans nos entreprises. Avez-vous des amis immigrants? Même dans nos cercles d'amis la plupart des gens ne connaissent aucun immigrants.
    Et svp arrêter de parler de société laïque puisque le Canada est encore considéré comme un pays séculier surtout lorsque notre charte des droits et libertés commence par "Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu".
    Ouvrez vos esprits, vous êtes pitoyablement fermés sur vous même.
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    5 mars 2010 08 h 53
    Ce n'est que du cinéma
    Il serait remarquable que les français saluent ces films de grande qualité parce qu'ils seraient "édifiants", quarante ans après "Guess who's coming to dinner" avec Sydney Poitier. Dans un tel cas, il y aurait décalage avec l'Amérique ne trouvez-vous pas? Mais c'est très plausible. La République française, une et indivisible ne reconnaît pas ses enfants laïques et isole les yeux bandés ses immigrants de première ou deuxième génération dans des banlieues sordides ou des cités HLM. Il suffit d'entendre un chauffeur de taxi de Nice vous expliquer le monde arabe pour comprendre que les barrières sont là, qu'elles sont même électrifiées. Vous connaissez sûrement le cas de cet africain gradué des grandes Écoles qui a dû s'exiler à Londres pour réussir, et avec quel brio! Au Québec, nos infrastructures urbaines (laides j'en conviens) favorisent l'éparpillement plutôt que la ghettoïsation, ce qui encourage l'intégration. L'hospitalité des québécois et nos structures d'accueil font le reste, si bien que la possibilité d'échapper à son destin est plus grande ici qu'en France à mon avis. Je souligne enfin que l'application des accommodements raisonnables fait partie de notre attirail d'accueil. Ceux-ci visent l'individu libre, doté d'une culture et d'un passé, et non pas des "classes citoyennes" anonymes, exclues des statistiques nationales. J'y crois parce que j'ai la conviction que l'intégration est un échange et non pas un embrigadement.
    J'irai donc voir avec grand plaisir Un prophète en raison de ses qualités intrinsèques et non pas pour son caractère "disculpant".
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  • France Marcotte - Abonnée
    5 mars 2010 09 h 37
    Exclure tout en accommodant.
    D'abord M.Rioux dit que nous sommes à une époque où les Occidentaux blancs ont la culpabilité facile. Puis il parle d'intégration réussie dont le comédien Tahar Rahim est selon lui un symbole. Le premier film dont on parle raconte une histoire où la prison est une métaphore de la société. Après être devenu caïd, le héros "reviendra vers ses coreligionnaires, non pas en perdant, mais en gagnant, libéré de cette «communauté» qui l'empêchait de réussir." L'histoire ne dit pas s'il a dû rompre avec ses "coreligionnaires" ou ce qu'il a gardé de son identité en devenant plus corse qu'un Corse mais on comprend que M.Rioux nous dit qu'en encourageant les immigrants à rester dans des ghettos (que nous avons créés comme dit M.Amine), sous un apparent respect de leur identité, ils sont en réalité méprisés et empêchés de partager les avantages de la majorité en se voyant condamnés à la négociation permanente avec elle, une façon assez subtile de les exclure tout en faisant mine de les accueillir.
    Plutôt tordu mais intéressant...
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  • nonauracisme - Inscrit
    5 mars 2010 10 h 27
    @Esseghir Amine,Vezina Caroline: Bravo a tout les deux.
    Je le dit depuis un bout de temps ces memes propos. Aux Quebec, on aime bien citer la France comme exemple, beaucoup ne connaissent pas les antecedents de la situation actuelle. Les immigrants non musulmans connaissent la meme discriminiation dans le monde du travail au quebec, ca c'est un fait que personne ne peux denier car les statistiques le prouvent. Quand allons demander des lois contre la discrimination comme on le veut pour le port du nicab et burqa?
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  • nonauracisme - Inscrit
    5 mars 2010 10 h 32
    Concernant l'integration
    Comment ca se fait qu'il ya personne des communites culturelles au devoir? Tous les gens qui mettent les articles sont tous blancs. avant de donner des lecons aux immigrrants, je crois qque le devoir devrait se regarder au mirroir.
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  • Martin Auclair - Inscrit
    5 mars 2010 10 h 52
    comme d'habitude
    Il vaut probablement mieux que nous ne lisiez pas le dernier livre de M. Taylor. Vous en feriez sans doute une caricature grossière, comme d'habitude.
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  • Jean-G. Lengellé - Inscrit
    5 mars 2010 11 h 01
    Excellent article qui illustre un point de vue.
    Du reste bien supérieur à ce qu'écrit Mme Payette sur le même sujet et qui pour éviter le ghetto islamiste en propose un autre soit le matriarcat péquiste...
    Ceci dit quelques-uns des commentaires ci-dessus font abstraction de certains faits pourtant avérés concernant l' appartenance à l'immigration de personnalités françaises, comme:
    Sarkozy :origine hongroise
    Beregovoy: origine russe
    Badinter : origine polonaise
    Dati : origine marocaine
    Kouchner : origine lettone
    La liste pourrait s'allonger de ce que l'on pourrait appeler des "success stories" infiniment plus motivantes que les légendes urbaines habituelles.
    Autrement dit, le point de vue véhiculé avec style et élégance par Christion Rioux pourrait se résumer par un chaleureux " Aide-toi et le ciel t'aidera" au lieu de l'enfermement fondé sur une croyance imaginaire et partant débilitante.
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    5 mars 2010 12 h 05
    L'intégration
    Les immigrants et les immigrantes qui veulent continuer à vivre au Québec de la même façon qu’ils vivaient dans leur pays d’origine (par leur habillement et leur comportement dans l’espace public) ne se donnent pas beaucoup de chances de s’intégrer au Québec et d’être bien acceptés dans la société québécoise. Ils envoient le message qu’ils ne veulent pas réellement être des nôtres puisqu’ils tiennent tellement à se différencier sur la place publique, là où le NOUS se manifeste, dans la société.

    Par effet d’association, l’attitude des personnes immigrantes qui agissent en public selon ce qu’elles croient être des obligations divines auxquelles elles ne peuvent déroger nuit considérablement à l’intégration de ceux de leurs compatriotes qui font de l’exercice de leur religion une affaire privée se manifestant dans leur logis ou dans leur lieu de culte.

    Qu’on le veuille ou non, les dérives de quelques-uns déteignent sur tous.

    Le vieux dicton: “À Rome, comme les Romains” contient une certaine sagesse.

    Il est cependant rassurant de voir que de plus en plus de non-francophones et de voix musulmanes s'élèvent contre les accommodements religieux. On apprécie chez ces personnes le désir de s'intégrer au Québec moderne et laïc, et de ne pas se réfugier dans un communautarisme fermé.

    Malheureusement, il y a par contre d'autres québécois qui se disent lucides et ouverts mais qui ne voient pas les dérives qui s'en viennent si on n'affirme pas fermement la laïcité dans le domaine public, qui est le meilleur gage de paix sociale dans le respect réciproque de tous. La religion doit rester une affaire privée.

    Des accommodements raisonnables pour motifs de santé ou de handicap, oui.

    Des accommodements pour accommoder les idiosyncrasies souvent farfelues des multiples religions, non.
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  • Pierre Marinet - Inscrit
    5 mars 2010 12 h 31
    Pour l'objectivité de l'information.
    Le cas de monsieur Tidjane Thiam français d'origine ivoiriène au poste de directeur général de l'assureur britannique Prudential. Fuyant en 2002 une « France ingrate incapable de lui offrir un emploi à sa mesure. » Il disait de plus:"La France à moi est une idée et les idées ne meurent jamais", écrit-il avec pudeur dans un ouvrage collectif publié en octobre 2009 par l'Institut Montaigne sur le thème "Qu'est-ce qu'être français ?". Et d'ajouter être "frustré de voir que l'Angleterre sait me donner aujourd'hui tout ce que la France n'a pas toujours voulu - ou tout simplement pas su me donner : opportunités et - ce qui est sans doute le don le plus précieux - indifférence à ma couleur".

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/03/02/
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    5 mars 2010 14 h 58
    La dérive dans un courant faible
    Monsieur Saint-Arnaud, je pense que si bien des québécois ont à ce point peur de dériver en raison d'une immigration qui nous enrichit, c'est qu'ils manquent de quille. S'ils ne croient pas vraiment à la solidité de leurs valeurs, c'est leur problème, pas celui de ceux qui viennent chercher ici la liberté. Il est toujours important de souligner que les fondamentalistes religieux, qui veulent importer avec armes et bagages leurs idées reçues, sont une infime minorité. Il faudrait cesser d'avoir peur d'avoir peur.
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  • Georges Paquet - Abonné
    5 mars 2010 17 h 27
    À Jean-G. Langellé
    Intéressante liste de personnalités françaises d'origine étrangère. Je suis certain que vous pourriez établir des listes beaucoup plus longues en pfrenant des exemples au Québec et ailleurs au Canada. En commençant par notre chef d'État, Michaël Jean, d'origine haïtienne..
    Petite remarque, on ne trouve pas de noirs dans votre liste.
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  • jacques noel - Inscrit
    5 mars 2010 18 h 50
    @Georges Paquet
    Normal, il n'y a qu'une seule noire à l'Assemblée nationale française représentant les Français de l'Hexagone.
    On est loin du Québec avec ses 4 députés noirs sur 200.
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  • Frederick Plamondon - Abonné
    5 mars 2010 19 h 42
    la culture majoritaire
    Il y a 2000 ans, Sénèque mettait en garde contre l'envie de suivre la foule ou de "faire" la foule. Il semble que ça leçon soit restée lettre morte.

    C'est une chose qu'un peuple désireux de protéger son identité ait recours à des instruments juridiques et demande à la classe politique d'agir en conséquence. C'est une demande légitime et les récents événements soulève la nécessité de tenir quelque chose comme des États généraux de la culture et de l'éducation.

    C'en est une autre de confondre "intégration" et "assimilation". Que cette regrettable erreur soit commise par un peuple qui se défend becs et ongles contre cette assimilation, c'est plutôt surprenant. On ne s'attend pas à constater quelque chose comme un "syndrome de l'enfant battu", où un adulte ayant été abusé pendant l'enfance reproduit le comportement de l'abuseur étant adulte, dans une société qui claironne qu'elle a des valeurs fondamentales d'équité et d'ouverture.

    Il me semble que c'est une erreur que le chroniqueur vient de faire. On ne peut pas demander à un nouvellement immigré de faire partie de la "majorité consentante et majoritaire" sans aussi reconnaître qu'il peut bien vouloir défendre ce qui le caractérise le plus. C'est quelque chose que le Québec devrait être vraiment bien placé pour comprendre. Ce qui est écrit dans cette chronique, c'est un appel à la Durham, c'est de l'impérialisme, c'est du cinéma.

    À mon humble avis, on ne peut pas demander à qui que ce soit de "devenir la culture majoritaire". Pas seulement parce que les droits fondamentaux d'une démocratie libérale ne nous l'autorisent pas, mais aussi parce que c'est demander l'impossible. Quoi? on met en prison ceux et celles qui refusent de devenir "la culture majoritaire"? On les évinces? On donne des contraventions?

    Je suis prêt à admettre toute la pertinence de certaines politiques d'intégration, mais je le répète, ce qu'on décrit ici, c'est de l'assimilation pure et simple et je pense que le chroniqueur fait fausse route dans ce coup là.
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  • Mohamed Mistmurt - Inscrit
    5 mars 2010 19 h 49
    Ce n'est que du cinéma, en effet.
    Comme l'a si bien articulé Jacques Saint-Cyr, ce n'est que du cinéma.

    La vraie intégration c'est bien l'emploi et que les citoyens de souche, eux-meme immigrants de longue date mais pas si longue que ca comparée au séjour des autochtones sur le sol sous nos pieds, ne regardent pas les immigrants plus récents d'en haut.

    Voilà le test ultime!
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  • Jean Pierre Bouchard - Inscrit
    5 mars 2010 21 h 21
    La réussite ou l'intégration?
    M.Rioux, vous confondez l'intégration des immigrants dans les pays occidentaux avec la notion élective hyper libérale de la réussite individuelle. Quitte à passer pour une sorte d'hérétique d'imprégnation marxiste voué à l'opprobre, j'ai toujours considéré la notion de réussite comme une manifestation inégalitaire du libéralisme, une notion ouverte à toute la violence sociale masquée ou brute que diffuse notre système politique.

    Pour que la notion de réussite fasse consensus, il faudrait que la condition théorique d'égalité des chances soit assuré pour tous, gens d'origine du pays comme immigrants. Nous savons bien qu'il n'en n'est rien tout dépendant des milieux de vie rencontrés par les individus depuis leur naissance, ces milieux familiaux autant que sociaux existent qui sabordent l'estime personnelle de milliers d'individus qui enfants d'abord avant d'être adultes commencent leurs vies en recevant claques sur claques. Nos sociétés qui organisent la concurrence aveugle dans le monde du travail et dans les écoles brisent davantage d'âmes humaines à travers le chômage et le décrochage sur un fond de dépression psychologique que de réussir à mettre sur un podium quelques élus qui en France pourront recevoir la légion d'honneur dont une poignée seulement à leur mort seront destinés on le sait au mausolée sanctuaire ou sectaire du Panthéon à Paris!

    Le film d'Audiard le dit que tout est affaire de milieu, de micro société et d'intégration ou de désintégration dans un milieu quel qu'il soit de type criminel ou bourgeois. Et il est nécessaire de reconnaître que chaque milieu humain est l'expression d'une part de violence irréductible et cela ne concerne pas que les milieux religieux. S'il faut de la communication pour vivre en société et cela inclus les immigrants qui ne doivent pas s'enfermer dans l'évasion religieuse encore faut t-il donner accès à l'égalité des chances autrement que sur le seul plan verbal, égalité vraie autant pour les occidentaux de souche dirais je que pour les nouveaux citoyens de ces sociétés.

    La notion de réussite personnelle par ailleurs en parlant ici de religions n'emprunte t’elle pas au christianisme qui jadis pendant son triomphe médiéval a divisé le monde entre une poignée d'élus, une masse d'âmes vouées au purgatoire dominant une minorité de damnés le jour du jugement dernier condamnés aux flammes éternelles. N'est t-il pas vrai que la bourgeoisie naissante du premier capitalisme s'est servie du puritanisme chrétien pour asseoir les conditions de sa domination de classe et que sa valorisation de la réussite n'est jamais que la caution idéologique de son pouvoir dirait Marx.

    Le vieux Karl Marx ne s'est pas trompé sur tout, son analyse est toujours pertinente pour comprendre comment la liberté n'est rien sans l'égalité, celle qui permet au moins d'avoir une chance de développer ses talents sans censure intérieure ou physique. Monsieur Rioux tout cela dit sans mépris en espérant de votre part curiosité envers les réactions des lecteurs du Devoir. Votre article bien intentionné mais irritant au final offre au moins l'opportunité de s'interroger non pas sur l'intégration c'est raté mais sur ce que bien vouloir dire la réussite personnelle. La réussite de qui de quoi pendant que les trois quarts de la société sont condamnés au silence social.
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  • Daniel Valiquette - Inscrit
    5 mars 2010 21 h 50
    M. Rioux, quittez la France
    Je crois que vos trop fréquents passages en France vous mine l'esprit m. Rioux. S'il y a un exemple à ne pas suivre c'est bien celui de la France. Leur histoire de loi contre le Niqab dans l'espace public s'embourbe irrémédiablement car, il n'y a pas là de possible réalité juridique. Ils ne savent d'ailleurs plus quoi faire de cette histoire ratée. Le Québec saura très bien se tirer d'affaire et la commission Bouchard-Tayler en sera l'inspiration. Je ne comprends pas que vous puissiez passer sous silence la bourde française en ces matières.
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  • nonauracisme - Inscrit
    5 mars 2010 21 h 58
    Monsieur Rioux:Vous aurez du regarder une heure sur terre ce soir
    Je suis tres critique de beaucoup de choses au quebec, mais l'emission de une heure sur tette de ce soir m'a beaucoup surpris. Le theme du jour etait le racisme en europe, France, Italie, Espagne. Bravo a cette equipe qui a pu identifier le probleme de la discrimination que subissent les immigrants inclus au quebec.
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