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Culture d'accueil et cultures immigrées - Insufflons un peu d'âme au débat

Marco Micone - Écrivain  23 février 2010  Actualités en société
Culture d'accueil et cultures immigrées
Photo : Illustration: Christian Tiffet
Culture d'accueil et cultures immigrées
Il n'y a pas si longtemps, dans un texte paru dans ce journal, je proposais de remplacer la notion d'accommodement par celle de compromis, lorsque les situations s'y prêtent, pour que les Québécois d'ascendance canadienne-française reconnaissent les efforts d'adaptation faits par les immigrants et n'aient plus l'impression que les accommodements se font toujours à leurs dépens. Dans ce même esprit victimiste, on a laissé entendre, ici même récemment, que la majorité francophone pourrait devoir renoncer à soi-même en accueillant les immigrants.

En plus des problèmes de définition que soulève le «soi-même» d'un point de vue historique et culturel, l'hypothèse qu'un pays d'immigration puisse renoncer à quoi que ce soit de fondamental au profit des immigrants, relève, au mieux, d'une ignorance élémentaire du phénomène migratoire et, au pire, d'une crainte que seuls peuvent nourrir les tenants d'une vision assimilationniste.

Intégration

Le Québec est une société parmi les plus riches de la planète (reconnue comme nation) qui possède une langue officielle, une culture dominante et des lois qui déterminent les règles du vivre-ensemble telles qu'elles sont voulues par la majorité. Les immigrants s'y établissent individuellement ou par petits groupes familiaux. Sauf pour les réfugiés politiques et les immigrants rejoignant leurs familles, ils sont choisis en fonction de nos besoins d'ordre démographique, économique et culturel. D'où la forte proportion de francophones et un bon nombre d'immigrants investisseurs.

Un immigrant qui quitte son pays pour des raisons politiques ou économiques, n'a aucun intérêt à reproduire ici ce qui ne lui convenait pas. Le voudrait-il qu'il n'y arriverait pas, ne serait-ce que pour des considérations démographiques. La très grande majorité des immigrants (malgré l'importance que l'on accorde à quelques cas atypiques) ne demande qu'à s'intégrer économiquement, socialement et culturellement (dans cet ordre), se doutant qu'au bout de ce processus long et diversifié, il ne sera plus le même qu'à son arrivée et sa culture d'origine se sera transmuée en culture immigrée.

Car parler de culture grecque, vietnamienne, portugaise, italienne, etc., au Québec, ce serait utiliser le vocabulaire de ceux qui proposent une conception non dynamique de la culture ou adhérer à une vision intégriste du soi-même. Comme tous les autres citoyens, l'immigrant est un être en évolution constante et capable d'adaptation. À moins qu'il ne subisse une ségrégation absolue, il sera transformé par la culture d'accueil et en retour exercera une certaine influence sur celle-ci. Mais dans cet échange, si harmonieux soit-il, la culture immigrée est vouée à l'étiolement progressif vu les faibles moyens dont elle dispose par rapport à la culture dominante.

Interculturalisme

La culture immigrée est une culture de transition qui, à défaut de pouvoir survivre comme telle, pourra, dans une situation d'échange interculturel véritable, féconder la culture québécoise et ainsi s'y perpétuer. L'immigrant devient alors un porteur de culture aux multiples composantes lesquelles constituent un amalgame en perpétuel changement dû, non seulement à l'interaction entre les valeurs d'origine et celles du pays d'accueil, mais aussi à l'évolution de celui-ci. Comme tout autre citoyen, il vit des contradictions et des déchirements propres à tout être humain appelé à faire des choix dans une société parcourue par de multiples valeurs et courants idéologiques dépassant ainsi largement le cadre étriqué de l'ethnicité.

Le Québec a adopté l'interculturalisme comme stratégie devant mener à l'intégration des immigrants, se démarquant ainsi du multiculturalisme canadien. Dans ce contexte, aucune des cultures immigrées ne constitue une culture ghettoïsée évoluant dans une mosaïque dont les composantes seraient juxtaposées les unes aux autres. Dans une optique interculturelle, la culture immigrée est considérée comme une expression culturelle métissée au contact de la culture majoritaire. L'interculturalisme est fondé sur la conviction que, dans une société démocratique et tolérante comme la nôtre, dès lors qu'on respecte les éléments essentiels de la culture d'accueil et que l'on ne remet pas en question les règles fondamentales de la société, il y a place pour les cultures immigrées avec tout ce que cela implique d'échanges, d'emprunts et de contaminations.

Nous reconnaître en eux

À l'avenir, si l'on veut éviter les dérapages dus à la démagogie des uns et à la frilosité des autres, il faudra bien reconnaître ce que la majorité des immigrants sacrifient en quittant leur pays et l'importance des accommodements que la nouvelle situation leur impose. Du jour au lendemain, ils sont plongés dans l'inconnu, désorientés et ne pouvant communiquer. Combien de fois aussi avons-nous pris un taxi conduit par un ingénieur égyptien ou roumain? Et l'infirmier de la clinique privée n'était-il pas chirurgien dans un pays lointain?

Nous est-il déjà arrivé d'avoir une femme de ménage détenant un diplôme universitaire ou, exceptionnellement, comme la mère de Kim Thuy dont le magnifique roman Ru est le plus bel hommage qui soit à la fois au Québec et à des parents ayant tout sacrifié pour leurs enfants? Un livre rare où le beau se confond avec le vrai. Il ne faudrait pas que quelques burqas ou hidjabs nous détournent de ce qu'il y a de plus émouvant et admirable chez l'humain.

Insufflons un peu d'âme dans ce débat et reconnaissons qu'au-delà des élaborations théoriques et des considérations politiques, il y a des hommes et des femmes qui ne nous demandent qu'à nous reconnaître en eux. Car, que nous venions du bassin méditerranéen, des Antilles, de l'Extrême-Orient, ou que nous soyons les descendants des premiers colons français, ne ressentons-nous pas tous la même perplexité devant l'opacité du monde? Ne devons-nous pas, pour pouvoir vivre ensemble, transcender nos mémoires blessées?

Étant en outre régis par les mêmes lois et baignant dans le même univers kafkaïen, ne sommes-nous pas appelés à nous solidariser afin de préserver paradoxalement le droit à la différence dans une destinée commune? Les grandes oeuvres littéraires le prouvent de manière éclatante: sans exception, elles mettent à nu un noyau de désirs et d'angoisses, de rêves et de doutes enfouis en chacune de nos singularités.

C'est parce que ces similitudes fondamentales existent qu'il est possible d'accepter les différences de chacun.

***

Marco Micone - Écrivain
 
 
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  • Johanne St-Amour - Inscrite
    23 février 2010 07 h 31
    "Changer les mots ne changent pas les maux"
    Changer le mot accommodement pour compromis ne changent absolument rien à la situation. Changer les mots ne changent pas les maux! C'est plutôt une très belle façon de camoufler les débats actuels. Malheureusement le débat actuel sur les accommodements religieux et la laïcité est en train de dévier sur l'immigration. Le débat concerne des valeurs et des principes établies dans la société québécoise et que nous voulons préserver. Le débat se fait aussi face à la montée du conservatisme religieux partout en Occident.

    Par ailleurs, dans la société actuelle, tout le monde, tout le temps, doit faire des compromis pas uniquement les immigrants. Un COMPROMIS est demandé, en autres, de ne pas afficher de signes religieux ostentatoires dans l'espace public, de respecter le fait que nous vivons dans une société où les hommes et les femmes ont les mêmes droits. La plupart des intellectuels qui écrivent dans ces pages escamotent, à escient (?) ces principes.
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  • France Marcotte - Abonnée
    23 février 2010 09 h 18
    Faire parti de la solution plus que du problème
    Moi j'aime quand on parle de l'immigrant à partir de son point de vue d'immigrant (c'est encore mieux quand il parle en son nom mais...). L'immigrant n'est pas un être passif qui attend qu'on décide de son sort (intégré, accommodé, assimilé?). Il est actif et peut expliquer lui-même les problèmes qu'il rencontre, quelles sont ses valeurs, ce à quoi il aspire, comment il se transforme en Québécois tout en restant singulier. On découvre, comme dans ce texte, qu'on a souvent plus de ressemblances que de différences.
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  • Normande Poirier - Inscrite
    23 février 2010 10 h 17
    Le droit à la indifférence
    Sous couvert de beaux sentiments, d’ouverture et de tolérance, ce pamphlet distille une vision pernicieuse : Celle que les Québécois ont besoin d’être éduqués pour apprécier ce qu’il y a de beau et admirable chez l’humain. Je cite :

    « Il ne faudrait pas que quelques burqas (vêtement en forme de tente avec un grillage pour les yeux qui recouvre toute la femme) ou hidjabs (foulard qui couvre les cheveux, le cou et parfois le visage de la femme) nous détournent de ce qu’il y de plus émouvant et admirable chez l’humain. »

    Depuis longtemps, le Québec accueille sans problèmes des immigrants de toutes nationalités (Polonais, Brésiliens, Colombiens, Asiatiques, etc.). La preuve de l’ouverture des Québécois à l’autre n’est plus à faire. Nos aptitudes au « vivre ensemble » ont été démontrées. Aucun idéologue n’est justifié de nous faire la morale et de nous faire avaler des couleuvres.

    Un fait demeure, reconnu par plusieurs pays : Le foulard islamique est un symbole de l’inégalité entre les hommes et les femmes. Accepter le port de ce symbole religieux dans les institutions de l’État constitue un recul pour la société québécoise et une défaite pour les femmes. C’est pourquoi nous devons nous y opposer.

    Proclamons notre droit à l’indifférence : que tous et toutes soient traités de la même façon, sans passe-droit. C’est là que réside la vraie « ouverture ».

    De plus, mettre sur le même pied, culture québécoise et autres cultures récemment implantées au Québec, fait insulte au peuple québécois, à ses traditions et à son patrimoine.
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    23 février 2010 10 h 40
    Les différences
    Les Québécois ont le droit de conserver leur identité francophone et de culture chrétienne. Ils ont le droit d’être ainsi différents, comme tous les autres pays ou nations qui ont des langues et des cultures qui leur sont propres.

    L’insistance de groupes communautaristes qui veulent continuer à vivre au Québec comme dans leur pays d’origine et qui ont de la difficulté à accepter une meilleure intégration nous montre que l’inquiétude de la majorité francophone du Québec est fondée. Il est normal que cette majorité francophone veuille garder son identité. C’est aussi la situation dans plusieurs pays, pourtant beaucoup moins vulnérables que le Québec, où l’on sent une inquiétude face à la dilution de l’identité nationale suite à l’afflux d’immigrants plus ou moins intégrés. Ainsi, au Canada anglais on commence à insister plus sur l’identité canadienne que sur le multiculturalisme (triste héritage de Pierre Trudeau).

    Au Québec en particulier, îlot francophone dans une mer anglophone, il faudrait mettre plus d’accent sur l’identité québécoise et sur l’intégration des immigrants que sur les communautés culturelles. Il est grand temps de revoir l’à-propos des politiques de multiculturalisme et de communautés culturelles.

    Un grand principe : « Immigrer dans un pays est un privilège, pas un droit. » Et ce privilège doit se mériter. Dans le cas du Québec, ce privilège se mérite par l’engagement de la part de l’immigrant d’apprendre la langue officielle qui est le français s’il ne la connaît pas suffisamment. Et la citoyenneté québécoise ne devrait être accordée qu’aux immigrants qui connaissent suffisamment la langue française, politique analogue à celle qui est appliquée dans de nombreux pays.

    C’est à l’immigrant qu’il appartient de faire l’effort de s’intégrer à la majorité francophone et de respecter notre mode de vie et nos coutumes. Malgré ce que certains peuvent dire, les Québécois ont été très accueillants, même trop accueillants diront d’autres. Mais notre bonnasserie commence à nous jouer de vilains tours, la moitié des immigrants s’intégrant plutôt à la minorité anglophone.
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  • SusanK - Abonné
    23 février 2010 11 h 24
    Votre texte est INSULTANT
    M. MICONE,

    Avez-vous écouté les débats de la Commission Ding et Dong - Bouchar et Taylor? Je ne crois pas sinon vous ne feriez pas passer les immigrants comme des victimes. Nombreux furent les immigrants de tous pays qui se sont présentés pour défendre les québécois et les remercier de leur aide et excellent accueil pour les soutenir dans leur nouvelle vie.

    M. Cicone, vous faîtes comme les philosophes et compagnie i.e. vous victimiser tous les immigrants au détriment des québécois. Les québécois veulent des immigrants et sont prêts à tout faire pour les aider, ceci est un fait. Mais pas à n'importe quel prix.

    On dirait que vous (et les autres penseurs) êtes incapable de comprendre la vraie nature du débat. C'est incroyable.

    Les québécois et la majorité des nouveaux immigrés l'ont compris: l'imposition du religieux de certains dans la vie de tous. C'est le seul débat en cours. Alors, de grâce, lâchez cette victimisation des immigrants car elle est non-existante en plus de votre dénigrement des québécois.

    Si vous pouviez consacrer autant d'efforts pour vous renseigner au sujet de l'islamisation en cours en Eurabie, tous s'en porteraient mieux, à moins que vous soyez d'accord avec l'islamisation du Québec.
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  • Nelson - Inscrit
    23 février 2010 11 h 29
    COMPROMIS AVEC CE QU"EST INACEPTABLE ???????????
    Des couteaux dans les écoles secondaires, cacher la face et son identité dans les espaces publiques, inegalité hommes-femmes, discours et comportements homophobes, enlever le clitoris des femmes, SONT DES COMPORTEMENTS INACEPTABLESSSSSSSSSS !!!!!!!! Il est imposible demander a de gens normeaux accepter ce que n"est pas normal !!! imposible des accomodements raisonables avec ce qu"est irrasonable, inaceptable. IL FAUT SORTIR LES RÉLIGIONS ET LES ÉGLISES DE LA CONSTITUTION CANADIENNE ET L"ESPACE PUBLIQUE, PARCE QUE SE PLACENT VOLONTAIREMENTTTTTTTTT DANS L"ILEGALITÉ.!!! Message aux croyants, Dieu n"existe pas, il est juste un mot récente chez les humains et disparaitra avec le Soleil et la Terre, en 5 milliards d"années. ARRETEZ DONC DE CROIRE, ADAPTEZ VOUS AUX VALEURS LIBERTAIRES DE LA MODERNITÉ, ET RESPECTEZ LES LOIS DU PAYS D"ACCUEIL !!!!!!!!! (NOTE, JE M"ATTAQUE AUX COMPORTEMENTS INACEPTABLES, NON AUX PAUVRES GENS CROYANTS)
    NELSON
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  • Denis Paquette - Abonné
    23 février 2010 13 h 15
    interculturalisme, oui mais pas aveugement
    La culture de résistance que nous avons due développer pour continuer à être, a fait de nous des êtres quelques peu frileux par rapport a l’inter culturalisme, les résultats des derniers referendums nous le rappelle amèrement, une société menacée n’a pas les mêmes réflexes qu’une société bienimplantée, mais je suis convaincu que dans chaque québécois il y a une volonté de partage, la difficulté que nous éprouvons actuellement , ce sont les conditions, nous savons aujourd hui que l’angélisme est mauvaise conseillère et peut etre extremement dangereux.L'accueuil c'est un idéal mais le respect est également un autre aspect de l'accueuil et pas le moindre. Je crois que je n'ai pas a démontrer le peut d'empressement qu'on certains émigrants envers leur société d'accueuil, il y a des exemples qui sont tellement pénibles qu'en parler serait tout a fait maso
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  • Thony Jean - Inscrit
    23 février 2010 13 h 58
    Je suis d'accord avec M. Micone
    L'avis d'un immigrant-québecophile...

    J'ai visité le Québec avec ma famille en 1986 de Boston. On a été dans tous les sites de pélerinage de Sainte Anne de Beaupré, l'oratoire Saint Joseph, la basilique, les vieilles églises de la ville de Québec. Durant cette semaine j'étais au paradis car j'ai jamais imaginé qu'il y avait un endroit en Amérique du Nord comme le Québec. C'était pour moi un coup de foudre immédiat. Je souviens du discours de maman qui nous disait que le Québec est un Oasis pour nous les francophones d'amérique du nord.
    Après les études je me suis rendu au Mexique pour le travail et ensuite en France pour des études avancées. De retour aux États-Unis, j'ai travaillé pour une multinationale quand j'ai débuté par moi-même de visiter Montréal chaque mois durant mes jours libres. J'ai dévellopé des amitiés dont je garde jusqu'à nos jours. Je me suis rendu au Sud pour le travail, alors plus loin de mon cher Québec. Alors, mes visites étaient limitées que 2 fois par année. J'aurais pu voyager n'importe ou dans le monde durant les grandes vacances mais j'ai fait le choix de venir passer mes vacances d'un mois entier au Québec. A chaque retour à l'aéroport Dorval il y avait une vague de tristesse qui m'accaparait comme si j'étais entrain de laisser un être cher ou mon coeur. En effet, mon coeur appartenait déjà au Québec sans le savoir pour autant.
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  • Jean-Pierre Audet - Abonné
    23 février 2010 14 h 37
    À première vue
    À première vue, ce texte de Marco Micone est «bouldum», bouleversant l'humanité. Mais à bien y penser, je rejoins SusanK qui le trouve insulant. Insultant à notre intelligence comme peuple, insultant à notre capacité d'accueil de la différence, insultant à notre âme et à notre coeur capables d'aimer l'autre tel qu'il est.

    Bien sûr on pourrait amener le débat sur le terrain de l'accueil de l'immigrant. Mais là n'est aucunement le projet d'une laïcité tout court. Celle-ci n'a rien contre l'immigrant, quelle que soit sa religion ; elle n'a rien non plus contre la majorité des musulmans. Ses revendications sont simples et faciles à rappeler : d'abord un État qui ne se mêle pas de juger, apprécier ou déprécier quelque religion que ce soit, tout en se tenant hors des religions, tout autant que de l'athéisme. Ensuite le principe d'égalité entre les hommes et les femmes.

    Pour la première revendication, celle qui a trait à un État clairement laïque, ce sont tous les signes religieux ostensibles qui devraient être bannis, non pas des lieux publics, comme plusieurs semblent encore le penser, mais seulement des emplois étatiques. Ce n'est que la seconde revendication qui s'applique au voile islamique. Quiconque essaie de démontrer que tout voile au 21e siècle n'est qu'un bout de tissu, est ou bien fort naïf ou bien fort ignorant, ce qui en pratique revient au même. Tout voile islamique est un étendard religieux. Cela me semble avoir déjà été suffisamment démontré.

    Pour ce qui est du voile intégral, un État laïque serait en droit de l'interdire partout, sauf à la maison ou dans un lieu de rassemblement religieux ou communautaire. Dans une voiture, il ne faudrait pas que la conductrice porte le voile intégral. C'est là une question de sécurité. Ce qui rejoint par la bande la réflexion de Marco Micone : la musulmane est un être humain que l'État se doit de protéger, tout comme il a l'obligation de protéger tous les autres usagers des rues contre une personne qui conduirait en voyant à peine devant elle. Comme tout voile, et là de façon majeure, le voile intégral s’oppose clairement aussi à l’égalité entre les hommes est les femmes, raison supplémentaire pour qu’un État vraiment laïque soit en droit de l’interdire partout.

    Finalement, la démarche de M. Micone peut paraître un recentrement du débat. C'est en réalité tout le contraire. Le débat initial portait clairement sur la laïcité. Parler d'accueil de la différence, c'est justement essayer, sincèrement j'espère, d'amener le débat sur un autre terrain et d'éviter ainsi de discuter des principes universels qui sous-tendent toute la réflexion : la distinction entre la religion et l'État, ainsi que l'égalité entre les hommes et les femmes.

    JPA
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  • PASCAL HILOUT - Inscrit
    23 février 2010 16 h 21
    Immigrés et heureux
    Pour la première fois, je viens à Montréal où j´ai trouvé de la famille et des amis. En deux semaines, j´ai pu constater que bien des Québecois d´origine nord-africaine sont heureux et fiers d´avoir obtenu la nationalité canadienne. Ils sont tous très épanouis.

    Alors penser que l´immigré ne fait que faire des sacrifices et se retrouve victime d´un déclassement social tels que les exemples donnés ici le laissent penser est plutôt réducteur à mon avis.

    Oui, il y a beaucoup plus d´immigrés heureux et qui apprécient la liberté, s´émancipent en arrivant ici que d´immigrés qui doivent concéder des accommodements avec ce beau pays.

    Considérer les migrants uniquement comme victimes n´est ni valorisant ni juste à leur égard.
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  • Sator - Inscrit
    23 février 2010 16 h 33
    si le ridicule ne tue pas
    Un peu de fiction admettons quelques instant q un groupe de personnes décide de créer une religion et que dans leur doctrine il faut qu’il soit nu. Je ne suis pas certain que l’ouverture d’esprit de certains serait la même. Mais aujourd’hui ya toute sorte de gens avec toutes sortes d idées et il y a le politically correct un peu intello . Ce serait les premiers à implorer tous les saints du ciel parce que ça n’a pas une graine de bon sens
    Quand on a fait la charte des droits et libertés, on a oublié le principales les Obligations
    Lentement on est en train de gruger les droits de la majorité et quand on va se réveiller y sera peut-être trop tard
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  • Benoît Evans - Inscrit
    24 février 2010 12 h 17
    Intégration ou assimilation?
    Pour plusieurs, le mot « intégration » est synonyme d'« assimilation ». Pour ces gens, il faut que la société et tous ses citoyens soient sécularistes et coulés dans le même moule. Voilà une mentalité contre laquelle Antoine de Saint-Exupéry à donné un avertissement :

    « La démagogie s'introduit quand, faute de commune mesure, le principe d'égalité s'abâtardit en principe d'identité. »
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  • Caroline Jarry - Abonné
    24 février 2010 12 h 56
    D'accord bien sûr pour construire des ponts!
    Mon Dieu que les réactions des lecteurs sont étranges et pointilleuses. Pourquoi se sentir insulté devant ce beau texte, qui cherche avant tout à construire des ponts entre les Québecois et les immigrants et à faire entendre un autre point de vue? Réécoutons un peu les chansons Mon Pays, de Gilles Vigneault, et L'étranger, de Pauline Julien, des chansons autrement plus accueillantes et solidaires que ces récriminations chagrines. Qu'est-il donc arrivé pour que nous en arrivions là? Il est temps d'en finir avec le "backlash" du 11 septembre 2001 et la méfiance exagérée envers l'islamisme. Quels immigrants voudront s'intégrer à une société aussi frileuse?
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  • Monia Ayachi - Inscrite
    24 février 2010 13 h 22
    À première vue, je suis la femme concernée
    M. Audet,
    Je valorise votre vigueur vis-à-vis de l’égalité homme-femme, j’allais supporter votre démarche et votre persévérance mais je trouve que votre conscience des facteurs économiques, religieux et sociopolitique de toute injustice que vous contestez avec courage ne tient pas compte de mes propos comme femme qui porte un bout de tissu sur la tête( voilée) dans ce forum. Je suis présente avec vous et j’exprime mes idées, et vous mettez tout ceci à coté pour ne répéter que votre conception que je suis manipulée par l’homme ou l’imam ou je ne sais pas qui ou quoi? C’est vraiment bizarre!!!!
    Comment M. Audet le grand féministe oublie ou ignore mes propos de ne plus se mêler de ce que je porte comme femme pour confirmer la laïcité car tout simplement c’est une affaire personnelle. Comment vous permettez-vous de vous mettre à ma place pour juger et m’indiquer comment dois-je m’habiller. Quel genre de féminisme défendez-vous? Quel genre d’égalité êtes-vous entrain de promouvoir. Suis-je femme ou ceci ne compte plus pour vous, le plus important c’est votre tutelle pour me sauver????
    M. Micone parle en toute rationalité pour vous éclairer sur les premières préoccupations d’un nouvel immigrant et les éléments culturels qui interviennent dans son attitude et vous M. Audet vous trouvez ses arguments insultants!!!
    J’apprends de vous une autre façon de critiquer!!!! Continuez….
    Comment je vais vous faire confiance pour soutenir mes efforts de la libération si vous refusez déjà de m’écouter. Comment je vais croire à votre sincérité si votre façon de procéder n’est pas différente du religieux fanatique : « Ignorer les opinions des femmes »!!!!.
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  • Ken Ko - Inscrit
    24 février 2010 17 h 15
    Bonnes perceptions et observations
    Merci M. Micone pour des commentaires et des observations qui ressemblent beaucoup au trajectoire emprunté par beacoup des immigrants. Je me vois réfléchi aussi dans le drame de changements des croyances, et l'evolution des valeurs dans un ésprit inter-relié avec la société quebecoise. Je crois que les lecteurs comme Mme SusanK est trop vite à crier "Insultante" chaque fois on fait des observations et des opinions differemment. Le processus de transition apporte en soi des changements non seulement sur la société d'acceuil (que fait admirablement le Québec) mais aussi sur les immgrants eux-mêmes. Le métissage que parle M. Micone se passe tous les jours, et il me rappel tout ce que je dois à tous mes amis de Québec avec qui j'ai vecu mes 13 premières années suite à mon arrivée au Canada. C'est bizarre à voir qu'une société qui avait réussi à se libérer du dogme catholique ne voit pas la difference avec la conformité que plusieurs exigent pour une minorité qui ne veut que s'intégrer sans perdant leur propre ame dans le processus, même en sachant que leurs valeurs et leurs moeurs ne cesseront pas à changer et à évoluer. Il n'y a pas une peur qui est plus effrayant que la peur elle-même...
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  • Marc Provencher - Inscrit
    25 février 2010 13 h 47
    Lévi-Strauss doit se retourner dans sa tombe !
    M. Micone serait plus cohérent avec lui-même s'il n'ouvrait sa lettre, hélas, avec ce concept naturaliste et immobile d'"ascendance", qui contredit hélas ses propos subséquents.
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  • Marc Provencher - Inscrit
    3 mars 2010 21 h 34
    Le racisme involontaire mais pas moins dangereux de Marco Micone
    « En tant qu'historien, je constate à quel point improbables, arbitraires et fantastiques sont les théories de la race. » - Benedetto Croce

    Il s'en trouvera sûrement pour dire que j'ergote, que je ratiocine, que ma rage jupitérienne part d'un simple malentendu sémantique. J'espère pourtant qu'il s'en trouvera d'autres pour admettre avec moi qu'après avoir entendu si souvent le mot « culture » circuler dans ce débat - comme dans diversité CULTURELLE, multiCULTURalisme, interCULTURalisme - c'est un sacré anticlimax de voir rappliquer, dans le texte de M. Micone, le CONTRAIRE DE CULTURE pour désigner un peuple, une nationalité.

    Je veux parler bien entendu de cette abracadabrante histoire d'ASCENDANCE, au début et à la fin de son article. "Les Québécois d'ascendance canadienne-française..." écrit-il. Ça lui écorcherait les lèvres, au citoyen Micone, d'écrire la vérité, soit : "Les Québécois de CULTURE canadienne-française", hein, vu qu'il est tout le temps censé être question de culture, vu que la diversité dont nous parlons tout le temps est censée être culturelle ?

    Mais ça alors ! me dis-je, ébaubi, mais Dieu du ciel, qu'est-ce qui, dans notre époque, tire comme ça l'esprit humain vers la répugnante ornière, vers l'immonde cloaque du déterminisme biologique ? Quelle(s)pernicieuse(s) influence(s) intellectuelle(s) se balade(nt) dans les idées contemporaines pour arriver à ce terrifiant résultat : un antiracisme mâtiné de pensée raciale ?? C'est incroyable le degré que nous avons atteint dans la confusion des langues. Comment un type par ailleurs solide, normal, plein de bonnes intentions et d'idées intéressantes, comme le citoyen Micone, peut-il n'y voir que du feu ?

    M. Micone comprend-il au moins qu'on peut tout à fait s'appeler Welsh et être canadien-français ? Comprend-il qu'on peut tout à fait s'appeler Lafrenière et être canadienne-anglaise ? Comprend-il qu'on peut tout à fait s'appeler Gassman et être typiquement italien ? Comprend-il qu'on peut avoir un visage "aux traits asiatiques" ou d'un beau noir d'ébène et être pourtant canadien-français ? Comprend-il qu'un jeune homme adopté à la naissance par un couple de Mohawks et qui a grandi sur le territoire mohawk, entouré de Mohawks, est donc un Mohawks et qu'il ait la peau noire ne change rien à l'affaire ? Bref, comprend-il que ces notions d'ASCENDANCE ou de DESCENDANCE ne sauraient expliquer l'identité culturelle de qui que ce soit, précisément parce qu'elle est CULTURELLE, c'est-à dire acquise DU VIVANT de chaque individu APRÈS son arrivée dans le monde ? Comprend-il que la culture par définition ne saurait être héréditaire ? Comprend-il que culture est le contraire de nature et se rend-il compte que "ascendance" ou "descendance" ne sont que des euphémismes de RACE ? Se rend-il compte que lorsqu'il écrit "les Québécois d'ascendance canadienne française", il prend le fait français pour un fait racial ? Comprend-il que le racisme au sens le plus strict, le plus dangereux consiste précisément à prendre un fait de civilisation pour un fait naturel-biologique ?

    Je soupçonne ce prétendu interculturalisme de n'être rien d'autre qu'un internaturalisme, exactement comme le soi-disant multicuturalisme est en réalité un multinaturalisme. N'est-ce pas Leonardo Sciascia, dans son journal 'Noir sur noir', qui évoquait - mais il est vrai au sujet du fascisme, non du racisme - l'image du poison dissimulé dans le remède ?
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