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    Libre opinion - Aides familiales : pour le bien-être de nos enfants

    23 février 2010 |Malina Iordan - Partenaire gérante de l'agence Serenta Nanny Agency | Actualités en société
    Ce texte vise à donner suite à l'article «Mme M. et beaucoup d'autres...» paru le 6 février 2010 dans Le Devoir. L'article mentionné qualifie de «long calvaire» le parcours «des centaines de femmes qui n'arrivent pas à satisfaire aux critères du programme d'immigration temporaire et qui voient dans le Programme des aides familiaux résidants (PAFR) leur seule porte d'entrée vers le Canada». Comme ex-journaliste qui se soucie de l'objectivité et étant partenaire gérante d'une agence de placement qui a une bonne réputation parmi les familles et les aides familiales, j'aimerais apporter quelques précisions.

    Une fois arrivées par ce programme d'immigration, les aides familiales jouissent des mêmes droits que tout autre employé au Québec. Dès leur arrivée, elles sont informées de leurs droits par l'Association des aides familiales ou par notre agence, qui prend très au sérieux le devoir de leur donner des renseignements concernant le salaire, la durée du travail, les heures supplémentaires, les vacances, la cessation d'emploi, etc. Les abus mentionnés dans l'article sont regrettables, mais il faut savoir que ce sont des cas isolés qui se produisent là où les aides familiales sont délibérément désinformées par certains employeurs ou tierces parties qui probablement utilisent l'omission, le mensonge et la menace comme activités courantes.

    Le portrait de l'employeur décrit par votre interlocuteur comme facilitateur «de l'esclavage moderne» ne représente pas la réalité dans la très vaste majorité des cas. Nous rencontrons de cinq à sept nounous par semaine à l'agence, et la plupart de leurs histoires parlent de respect mutuel, de discrétion et d'appréciation dans leur relation avec leurs employeurs. La grande majorité des nourrices connaissent leurs droits et cherchent à se mettre à jour lors de changements législatifs.

    De leur côté, les employeurs de notre agence s'intéressent beaucoup à respecter le contrat et la Loi des normes du travail. Ils sont toujours en contact avec nous pour se savoir comment agir dans certaines situations spéciales, comme le besoin d'heures supplémentaires, les maladies, les vacances, etc. Ils ont leur façon de se montrer reconnaissants pour les services de la nounou: une chambre bien aménagée, accès à Internet, des frais de téléphone interurbain payés, un abonnement pour le gymnase, des cours de langue, des articles nécessaires dans la garde-robe d'hiver, des cadeaux à l'occasion, grande flexibilité dans le cas d'une urgence dans la famille de la nourrice, etc. Tout cela est un bel effort pour mieux l'intégrer dans leur famille et dans la société québécoise.

    À la lumière de cette réalité que l'on vit chaque jour dans notre activité, le chiffre de 50 % avancé par votre interlocuteur comme pourcentage maximal «des aides familiales qui complètent leurs 24 mois de service dans les délais impartis» semble trop diminué. La vaste majorité des nounous rencontrées jusqu'à présent ont fini leurs 24 mois à temps et elles ont entamé le processus pour devenir résidentes permanentes. Nous avons aidé les autres (seulement deux personnes rencontrées au cours d'une année) à se trouver un nouvel employeur pour rester toujours en légalité tout en bénéficiant du programme.

    En généralisant par la mention «conditions de travail des domestiques du XIXe siècle», votre interlocuteur ne fait que discréditer la grande majorité des employeurs, qui sont bien intentionnés et qui sont reconnaissants envers les nounous pour le temps et le dévouement qu'elles leur offrent.

    L'effort et l'attention que les aides familiales portent aux enfants du Québec doivent être appréciés et honorés! Pour leur sacrifice envers leurs propres familles, elles doivent être saluées et récompensées!

    ***

    Malina Iordan - Partenaire gérante de l'agence Serenta Nanny Agency












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