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L'entrevue - Lionel Meney ou le cauchemar des «endogénistes»

Dans un essai qui pourrait faire date, le linguiste pourfend les «apparatchiks» du «français standard d'ici»

«Au Québec, nous n’avons pas un seul système linguistique, mais deux», estime Lionel Meney.
Photo : Yan Doublet - Le Devoir
«Au Québec, nous n’avons pas un seul système linguistique, mais deux», estime Lionel Meney.
Québec — En 1979, Pierre Bourgault dénonçait le «pire des séparatismes». Lequel? Celui qui consiste à «vouloir à tout prix nous en tenir à la langue québécoise en tout temps et en tout lieu». Il ne reniait pas le «québécois correct» dont il est parfaitement normal de «faire usage entre nous». Mais il ajoutait que, comme Québécois, nous devons «viser à abattre nos frontières linguistiques pour nous permettre de communiquer avec tous les francophones du monde».

À en croire Lionel Meney, les universitaires et les fonctionnaires québécois n'ont pas tellement écouté Pierre Bourgault ces trois dernières décennies. Car l'influence d'un courant de pensée que ce linguiste et lexicographe, retraité de l'Université Laval, a baptisé «endogéniste» n'a cessé de croître. Les endogénistes, comme le terme l'indique, soutiennent qu'«il existe un français québécois standard homogène, autonome, différent du français européen». Lioney Meney documente leur ascension et leur «prise de pouvoir» dans un essai riche, parfois pamphlétaire, plus souvent académique (mais sans jargon), Main basse sur la langue, idéologie et interventionnisme linguistique au Québec (Liber), qui arrive en librairie aujourd'hui.

Il y a là une véritable bombe. Controverses à l'horizon. M. Meney, de façon roborative, décortique, accuse, décrypte, vulgarise, remet en question les thèses et les arguments de ce courant.

Au non-initié, l'enjeu central semblera peut-être, de prime abord, peu important, voire déjà «réglé»: quel standard doit-on enseigner à l'école? Quel standard pour le français soutenu des documents officiels? Le québécois ou le français international? Rapidement, il comprendra que l'on est devant un sujet vital.

Standard propre au Québec

Selon les endogénistes, la tâche qui reviendrait aux lexicographes et aux linguistes du Québec, dès lors, serait de décrire ce français québécois et de l'élever au rang de norme. Léandre Bergeron, avec son Dictionnaire de la langue québécoise, est sans doute la version la plus connue — voire caricaturale — de cette mouvance qui veut qu'une langue québécoise distincte du méchant français «parisien», «bourgeois» et «colonisateur», existe.

Le grand public ne sait toutefois pas qu'un groupe de linguistes oeuvre en quelque sorte dans le même sens que Bergeron — de manière certes plus scientifique. Ceux-là préparent depuis plusieurs années un Dictionnaire du français standard en usage au Québec. Une sorte de nouvelle bible «d'ici» dans laquelle l'État québécois a investi quelque cinq millions de dollars, mais qui accuse retard sur retard (la sortie était prévue pour 2004. On l'attend désormais en 2011). M. Meney a échoué, même en utilisant la Loi d'accès à l'information, à obtenir la liste des neuf experts qui ont recommandé le projet.

De travaux en travaux, les endogénistes répètent qu'il existe un «consensus» sur l'existence d'un «français standard québécois». M. Meney dit refuser cette «chape de plomb». «Affirmer qu'il y a consensus, c'est dénier à ceux qui ont une opinion différente la possibilité même de l'exprimer», dit-il. «Quand ils font des consultations ou organisent des colloques sur ce consensus, les endogénistes évitent soigneusement d'inviter ceux qui ne pensent pas comme eux», se plaint-il.

Polémiques

Depuis des années, Lionel Meney ne s'est toutefois pas privé de s'exprimer. Une tribune dans Le Monde, en 2005, intitulée «L'inquiétante hostilité québécoise au français», lui avait valu des accusations telles qu'il a traîné un journal devant le Conseil de presse. Il y dénonçait sans détour la francophobie d'une certaine élite linguistique québécoise, celle qui soutient qu'après «s'être affranchis des Français dans la littérature, le film, la chanson, les Québécois s'apprêtent à affirmer leur identité par le dictionnaire». La conclusion de M. Meney n'était pas sans écho avec la position d'un Bourgault: «Les victimes de ce séparatisme linguistique seront les Québécois, confinés à un marché de six millions de personnes, ghetto linguistique et culturel ni anglais ni français, première étape vers l'anglicisation complète.»

Dans Main basse sur la langue, M. Meney développe et étoffe cette critique d'un nationalisme qu'il qualifie de «complexé», et porteur de «replis». Il met en relief ce qu'il considère comme les nombreuses incohérences de la thèse endogéniste, qu'il assimile à un «protectionnisme linguistique».

Sa critique du Rapport Larose (2001) sur l'avenir et la situation de la langue française — dans lequel il se plaît à souligner les fautes —, rédigé entre autres auteurs par un des principaux penseurs endogénistes, Jean-Claude Corbeil, est implacable: «Une des commissions les plus inutiles qu'ait connues le Québec. Inutile, en fait, pas pour tout le monde... Le projet de rédaction d'un dictionnaire québécois s'en est trouvé légitimé après coup grâce à des commissaires juges et parties.»

Ne faudrait-il pas faire comme les Mexicains, les Américains, les Brésiliens, les Canadiens anglais, qui se sont donné des «dictionnaires nationaux»? Dans le cas des Canadiens anglais, «c'est faux». Le Canadian Oxford Dictionary n'est qu'une adaptation d'un dictionnaire britannique. Au dire de Lionel Meney, les endogénistes ont tendance à éluder un fait déterminant: le français est, de toutes les langues européennes transplantées au Nouveau Monde, la seule qui ait encore la majorité de ses locuteurs en Europe. Cela ne peut être sans conséquence sur les normes.

«En réalité, au Québec, nous n'avons pas un seul système linguistique, mais deux.» C'est-à-dire? D'abord, «un système partiellement "endogène", le vernaculaire québécois». Ensuite, «un système français standard international commun». Nous passerions de l'un à l'autre en fonction du contexte. On écrit un rapport, ou on parle en public, de manière «surveillée»? On utilisera alors «le français international». Autrement, lorsque l'on parle au quotidien, autour de la machine à café ou lorsque l'on est un humoriste ou un chanteur populaire qui s'adresse à un public, on passera au «vernaculaire québécois ou "franbécois"». Ah bon, est-ce une langue à part? «Non, une variété de français composé d'archaïsmes, de dialectalismes, de néologismes et, surtout, d'anglicismes.» La situation québécoise n'est pas celle d'un bilinguisme français-québécois, mais de «diglossie», terme déjà utilisé par Gaston Miron.

Main basse sur la langue met-il au jour un grand complot? «Le terme ne convient pas dans la mesure où il implique la notion de secret», répond M. Meney. Il reste toutefois «indéniable» à ses yeux qu'un réseau endogéniste «couvre les universités et les organismes gouvernementaux». Cette mouvance s'autoproduit, exclut les autres positions, depuis les années 1990. Pourtant, lorsque l'Office de la langue française a été créé, la norme de référence était le français standard international. Ce avec quoi le public québécois, lorsqu'il est sondé, est d'accord. «C'est pourquoi il faut de nouveau déclarer officiellement que le français standard international est la norme du gouvernement, de l'administration et de l'enseignement au Québec», plaide Meney.

***

À lire: Main basse sur la langue, idéologie et interventionnisme linguistique au Québec, Liber, 508 pages.

Lionel Meney est aussi l'auteur du Dictionnaire québécois-français. Pour mieux se comprendre entre francophones, Guérin, 2003, 1884 pages.
 
 
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  • Manu0712
    Inscrit
    lundi 22 février 2010 06h09
    Frères et soeurs Canadiens
    J'ai beaucoup de plaisir à lire un peu de votre vie dans ces lignes; vu de mon midi ensoleillé, cette question de la langue que l'on doit parler me fait sourire amicalement, j'aime les accents de chez vous , vos expressions, mais je vois que chez vous aussi, il y a des petits malins pour inventer toujours de nouvelles pompes à fric pour s'arrondir les " fins de mois" alors qu'avec la crise , il y a surement mieux à faire avec l'argent public ...alors n'ayez pas peur de perdre votre caractère, qui a survécu jusque là sans dommage, mais bien plutôt vos finances...
    Allez, bon baisers de France et n'oubliez pas qu'on vous aime!
    Manu0712

  • Marc A. Vallée
    Abonné
    lundi 22 février 2010 06h56
    Le mépris du rayonnement
    Il faut avoir observé la difficulté de canadiens anglais, qui ont appris leur français d'un professeur de France, du Brésil ou d'ailleurs, et qui n'ont aucun intérêt à écouter des québécois parler, pour comprendre que la norme québécoise est un cul-de-sac qui ne sert qu'à l'isolement.

  • Roland Berger
    Abonné
    lundi 22 février 2010 07h22
    Enseigner le français des Français
    La très grande majorité des enfants québécois d'âge scolaire parlent ce que des linguistes appellent le français québécois et, de façon générale, cette langue dérivée du français d'autrefois et de l'anglais de maintenant leur permet de communiquer convenablement. Cette parlure n'est pas l'ennemi. L'ennemi, c'est l'obstination du ministère de l'Éducation à ne pas prescrire l'enseignement du français des Français à l'école primaire et à l'école secondaire, un enseignement du type langue seconde évitant à tout prix la pédagogie surannée du «Il ne faut pas dire.... mais....». Mais peut-être l'élite craint-elle de perdre sa différence ?
    Roland Berger
    St Thomas, Ontario

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    lundi 22 février 2010 08h23
    Isolement ou épanouissement?
    Cette discussion a ses mérites. Je suis plutôt d'accord avec M. Meney car il est illogique pour les francophones du Canada de s'isoler encore plus en créolisant leur langue (ce n'est pas que le créole soit moins bon que le français mais il isole ses locuteurs à un petit groupe). Le Québec et le Canada français sont déjà très isolés dans un continent anglo-espagnol et il serait aberrant de se couper du reste de la francophonie à cause d'un jargon incompréhensible pour les autres. La langue est un instrument de communication, pas un instrument d'isolement. Mais il faut admettre qu'il y en a qui aiment l'isolement et voient le joual (ou quelque soit le nom qu'on lui donne) comme un gage d'appartenance à un club exclusif, qui exclut les « autres ». Ce peut être une approche dangereuse car l'anglais peut devenir la langue de communication internationale pour ce groupe isolé.

    Par contre, là où les Québécois ont raison, c'est l'anglicisation galopante du français en France, ce qui pose un danger additionnel au Canada. Il faudrait donc que le français standard international soit déterminé suite à un accord entre Français, Québécois et autres francophones pour éviter que la France ait le monopole de la normalisation de la langue commune et l'anglicisation progressive de notre langue. Nos cousins français ne semblent pas se rendre compte de la détérioration progressive de notre langue commune et font preuve d'un laxisme assez décourageant.

    Alors, non pour l'isolement et la créolisation du Québec, oui pour la communication avec le monde francophone avec le français standard international mais avec le bémol qu'il s'agisse d'un vrai français pas un hybride de français et d'anglais.

  • Jean-benoit Maksymjuk
    Inscrit
    lundi 22 février 2010 08h55
    Les jeunes jargonnent...
    Je suis d'accord avec M Rousseau, cependant, la réalité est un peu autre que ce que nous prônons ici. À l'école, quel français est enseignée croyez-vous? C'est le bon français qui l'emporte, celui gramaticalement correct, sans sacres, sans jargon, mais probablement avec pas mal de diphtongaisons...

    Quel est le français parlé par les jeunes? Un mélange des deux, souvent fonction du quartier où l'on habite. Les jeunes, en ce qui me concerne parlent de plus en plus de québécois. Est-ce que c'est l'école qui promeut ce language? Non... c'est la société, les gens, les moeurs.

    En somme, même si l'on adopte le français international, la culture québécoise, avec ses contradictions à propos de sa belle langue, demeurera.

  • France Marcotte
    Abonnée
    lundi 22 février 2010 09h05
    Cacophonie dans la francophonie
    La volonté des endogénistes n'est certainement pas de faire du Québec "un ghetto linguistique et culturel ni anglais ni français, première étape vers l'anglicisation complète" et pourtant c'est ce dont M.Meney nous met en garde. Mais le français standard québécois, dont le dictionnaire est attendu, est-il si différent du français standard international, au point qu'on ne s'entendrait pas parler? La crainte de G.Miron était de voir que le français parlé au Québec pouvait prendre la structure de l'anglais. Est-ce le cas du français standard québécois? Et merci au Devoir de laisser parler M.Meney. Bombe ou pas, tant mieux si son livre suscite la controverse; la question est trop importante pour qu'on n'entende qu'un son de cloche.

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    lundi 22 février 2010 09h54
    Et les autres grandes langues?
    Toutes les grandes langues -- anglais, espagnol, portugais, arabe -- connaissent le même phénomène. Avec un peu de bonne volonté, Français et Québécois peuvent se comprendre. Le problème avec la promotion du français standard (que les Français ne parlent pas non plus d'ailleurs), c'est de dévaloriser une grande partie des francophones québécois. Je n'y vois aucun avantage pour le statut du français au Québec.

  • André Loiselet
    Abonné
    lundi 22 février 2010 10h18
    La différence

    Il serait dommage que l'idée d'un pays Québec encore virtuel se voit noyée dans une identité francophone européenne n'ayant rien à voir , (mis à part l'intérêt pour l'aspect folklorique) ni à "cirer" avec notre histoire et de nos traditions. M. Meney nous cherche tellement une identité proprette, gentille et dans les règles qu'il refuse jusqu'à notre bon parlé international de forme dite "canadienne". Il nous cherche un modèle paternaliste ailleurs que chez nous. Nous ne sommes plus européens depuis belle lurette et jouissons d'une personnalité qui s'est frottée et transformée par la résistance à tous ces voisins qui vivent dans nos pas et qui peuvent nous avaler d'une seule bouchée. D'ailleurs, si nous nous enlignions sur le français européen international, nous serions disparus le temps de le dire car ces mêmes cousins "éloignés" laissent maintenant la langue anglaise pénétrer à outrance tout leur paysage culturel. Pourquoi le contraire n'existe-t-il pas? C'est devenu une forme de snobisme et une fierté. Ils en sont au "mail" alors que nous avons créé le mot "courriel" et beaucoup d'autres. C'est tout dire pour ce qui est de leur respect de la langue de Molière. Notre usage de la langue est à mille lieues de celle écrite et jasée outremer et nous en sommes, grâce aux combats, devenus plus fiers. Nous possédons tous les signes extérieurs, sauf les frontières, d'un pays différent autant du Canada que de la France.
    Laissons notre richesse identitaire s'exprimer mot à mot et nommer, chaque jour, notre particulière image en en soignant la forme et en conservant, itou et surtout, les accents qui font la couleur de nos plaisirs.
    Sachez que nous fuyons toute idée d'une seconde colonisation en catimini, par l'usage de cette "autre" parlure européenne, tab...!

  • Pierre Calvé
    Abonné
    lundi 22 février 2010 10h23
    Français québécois et français standard: un faux débat sur fond de confusion
    Je vois que M. Meney ne change pas souvent d'idée fixe. Pour lui il ne semble exister que deux niveaux de langue au Québec: le français vernaculaire (le "franbécois"), un fourre-tout regroupant tous les régionalismes québécois, peu importe leur niveau de langue, et le français "standard" qu'il associe faussement au "français international". Voici un texte, paru dans Cyberpresse le 1er mai 2008 (blogue de M. Paul Roux,conseiller linguistique au journal La Presse), où je fais une mise au point sur cette question.

    Il est bien dommage de voir certains associer le parler québécois à sa seule variété populaire et laisser croire qu’ailleurs dans la francophonie, tout le monde parle comme Ségolène Royale ou Bernard Pivot. Le français parlé québécois comprend les mêmes niveaux de langue que dans toutes les communautés francophones. On peut représenter ces niveaux de langue comme s’étalant de haut en bas sur une pyramide, au sommet de laquelle trône, seul, le français écrit littéraire, celui des grands classiques, lequel sert de modèle idéalisé de ce que devrait être la langue écrite. Plus on descend dans la pyramide, vers les niveaux de langue dits “soutenu”, “standard”, “familier” et “populaire”, plus la langue varie d’une région francophone à l’autre, comme l’indique l’évasement progressif de la pyramide. Et tout au bas, au niveau “populaire”, se trouvent le plus grand nombre de variantes dialectales du français, celles qu’on pourra facilement reconnaître en se promenant dans les quartiers populaires de Montréal, de Paris, de Marseilles, de Dakar ou de Yamoussoukro…
    Pourtant, toutes ces variétés de français partagent à très peu de choses près une même grammaire, une base phonologique et un ensemble de mots dont le nombre dépasse de loin ceux qui sont propres à chaque région. C’est ce noyau commun, phonologique, grammatical et lexical, qu’on peut appeler le “français international”, notion qu’il ne faut pas confondre avec le “français cultivé de Paris”, lequel représente traditionnellement la norme, elle aussi idéalisée, de ce que devrait être la langue parlée. Cette norme est très centralisée en français, si on la compare à d’autres langues de grande diffusion qui, telles l’anglais et l’espagnol, se développent et vivent sans continuellement se référer à la norme de la mère-patrie.
    Le niveau standard est une notion relative aux attentes d’une communauté linguistique particulière. Dans notre cas, pour ce qui est de la langue parlée, il s’agit de savoir quel modèle de français est considéré comme acceptable ou souhaitable par les Québécois de la part, entre autres, de leurs enseignants, de leurs politiciens et de leurs journalistes, dans le cadre de leurs fonctions. On s’entend habituellement pour dire que les chefs d’antenne ou les animateurs d’émissions d’affaires publiques de Radio-Canada représentent de bons modèles de ce que devrait être chez nous la norme de ce français parlé “officiel” (plus neutre et moins recherché, ou savant, que le français “soutenu”). Et quoi qu’en disent certains puristes, le français standard québécois possède suffisamment de particularités, surtout aux niveaux de la prononciation et du vocabulaire, pour qu’on puisse immédiatement le reconnaître parmi toutes les autres variétés de français de niveau équivalent. On trouverait tout aussi ridicule d’entendre Jean Charest se mettre à parler avec l’accent d’un Nicolas Sarkozy que d’entendre nos enseignants dire à leurs élèves qu’on ne peut pas faire ses “d’voirs” en deux « s’condes » et qu’il faut prononcer “chacun” “chaquin”, “tête” comme “tète”, “pâte” comme “patte”, et ne plus faire la distinction entre les voyelles finales de “aimerai” et de “aimerais”. Et puis ils ne devraient pas avoir à enseigner à dire “moufles”, “basket”, “parking”, “gant de toilette”, email” et tous ces régionalismes hexagonaux au lieu de leurs contreparties québécoises, en plus de résister, comme le fait l’Académie française, à la féminisation des noms de professions.
    Pour ma part, ce que je trouve déplorable, ce n’est pas le fait qu’il existe au Québec, comme partout ailleurs, un niveau de langue populaire, mais plutôt le fait qu’on se permette de plus en plus d’utiliser ce niveau là où on devrait s’attendre à un langage un peu plus châtié, et ce de la part de gens qui pourraient très bien, s’ils le voulaient, utiliser un registre plus conforme à la situation. Si la télévision d’état décide, à tort ou à raison, de présenter des émissions populaires comme Les Boys ou Les Bougons, on ne peut reprocher aux comédiens qui y jouent d’utiliser le niveau de circonstance, pas plus qu’on aurait pu reprocher à Séraphin Poudrier ou au Père Gédéon d’imiter l’idiome rural de l’époque.
    Par contre, dans une émission comme Tout le monde en parle, où le niveau familier est tout à fait de mise, il est dommage de voir que certains invités s’y permettent un langage populaire, voir grossier ou vulgaire. De même, il semble y avoir un certain snobisme de l’anti-culture, chez certains comédiens ou musiciens qui se méritent un prix lors de galas télévisés, à livrer sans aucune préparation des remerciements incohérents dans un langage qui conviendrait mieux à la rue que devant des milliers de téléspectateurs. Mais il s’agit-là d’un problème plus social que linguistique.
    Pierre Calvé, Ph.D (linguistique)

  • Mathieu Gagnon
    Abonné
    lundi 22 février 2010 10h36
    Les vieux arguments
    Bon, si le frère Untel s'est fait connaître en critiquant notre parlure, ça devrait fonctionner pour M.Meney, être à contre-courant, ce ne peut être l'apanage que d'un visionnaire, d'un libre-penseur.
    Toutefois, j'en connais beaucoup qui, à l'extérieur du Québec, ne parle pas le Français standardisé. Personne ne possède le standard du Français, et l'Académie française n'est qu'une sinécure.
    Maintenant, rien ne nous empêche de nous adapter lorsque l'on rencontre un francophone d'ailleurs, et du Mali à la Bretagne, c'est tout-à-fait possible de faire cela à partir de notre manière de parler à la québécoise. Je ne vois pas pourquoi un Africain et un Nord-Américain devraient absolument passer par un standard parisien afin d'adapter leurs dialectes barbares à la langue de la civilisation.
    Le danger de repli sur soi causé par les langues locales et vernaculaires est l'argument des colonialistes et impérialistes de tout acabit depuis que des lunes.
    Ah! et lorsqu'un bon ami à moi demande un billet de métro à Paris et ne parvient pas à se faire comprendre, jusqu'à ce que le préposé s'illumine : « Ah! un ticket de métro! », on se demande il est où le standard (d'ailleurs, il pensait qu'on voulait acheter quoi, du dentifrice?). Si les habitants des centres avaient les oreilles un peu plus flexibles, et l'orgueil linguistique moins enflé, ils seraient capables de comprendre bien des accents. Nous, on fait bien l'effort de le comprendre l'accent parisien, et les autres accents français, et africains aussi aussi. Alors que chacun fasse son effort. Paris n'est plus une ville lumière, et le Canada fut françophone avant la France, alors le constat de M.Meney ne révèle qu'une autre histoire de capitalisme d'impression, où la puissance de diffusion médiatique détermine le standard.
    « Money talks! »

    Mathieu Gagnon

  • Normand Morrissette
    Inscrit
    lundi 22 février 2010 10h50
    Le but de la souveraineté n'est pas un combat contre les anglophones !
    La souveraineté ne doit pas être une rivalité contre les anglophones comme plusieurs le perçoivent, mais bien de bâtir un pays que tous les Québécois seront fier. Autant d’anglophones que de francophones détestent le système compliqué et ingouvernable de la fédération canadienne.

    Mais en contrepartie, le parti québécois ne doit pas changer sa mission de faire l’indépendance, comme les libéraux ont le devoir de promouvoir le fédéraliste.

    Le parti québécois ne doit pas devenir une remorque pour ceux qui ont choisi de rester fédéralistes. Laissons-les creuser leur troue jusqu'à ils manquent d’espace pour déposer la terre. Peut-être, que rendu là, ils comprendront que les politiciens sont des humains remplis de bonnes intentions pour la plupart, dont leur travail sera toujours anéanti par un système archi pourris qu’est la fédération Canadienne.

    J’aimerais mieux voir disparaitre mon parti que de le voir se prostituer, comme c’est le cas présentement avec Pauline Marois qui est assoiffée de devenir la première ministre. .

    Présentement, les Québécois ne voient que des chiffres du taux d’endettement, le jour qui n’est pas si lointain, où ils auront à souffrir de la dilapidation année après année des fonds publics, ils réaliseront alors qu’ils ont manqué le bateau, comme lors des dernières élections provinciales.

    Normand Morrissette Laval

  • Lukas Lafond-Rivard
    Abonné
    lundi 22 février 2010 11h57
    Faux discours. Fausse représentation.
    Isolement, non. Spécificité, oui.
    La France s'adapte à sa société depuis la création de l'Académie française. Le joual est un faible mot pour décrire . Il ne rend pas compte de l'historicité de la langue. Allez-donc voir les décisions de l'Académie française quant à la graphie d'un mot plutôt qu'une autre: c'est renversant. Le Québec n'a pas inventé une langue qui n'existait pas en France, il n'a simplement pas évolué selon les diktats parisiens, impériaux, royaux. J'ai même une amie qui préfère le mot "herbe" plutôt que gazon. C'est pas très porteur de sens "herbe". Les fondateurs de l'Amérique française ont importé une langue qui n'a pas eu de contacts suffisants avec le français parisien. Molière ne parlait pas "la langue Molière". Il y a même une pièce de théâtre qui a été produite en France et appuyant cette pensée.

    Que faire des inventions maintenant? Une bécosse, un bar laitier, un garde-robe (qui se définit comme penderie ici), une coquerelle (mot français, mort en France, vivant au Québec), un banc de neige (rien à voir avec une congère, qui par définition est une accumulation NATURELLE de neige.)...
    Et que faire des diphtongaisons? Si je vous dis "Faites-donc comme vous voulez pour votre fête?" ou encore "Cet été, j'étais à la fabrique de beurre" avec diphtongaisons ou sans? Je préfère avec. L'accent plat privilégié en France traduit un malaise de la grande ville envers les autre centres et surtout la volonté napoléonienne de franciser la terre française afin que la communication se fasse mieux. Pourquoi? Pour mieux régner et pour mieux faire de la propagande (c'est l'ancêtre de Goebbels et le descendant de Jules César).

    L'exemple de événement/évènement prouve une ambivalence de l'orthographe.

    En passant, la langue n'est pas grammatical. La grammaire en est l'organisation intellectuelle.

    En passant, dans les régions de la France, on prononce par exemple "Vosges" Comme "Vôge" Un O fermé. Si donc on garde la prononciation originale et sa graphie, pourquoi oserions-nous dénaturer la langue française à la manière académicienne, ici au Québec, véritable laboratoire linguistique.

    On ne jettera jamais un trésor à la poubelle, ne faisons pas la même chose avec notre langue.

  • Marc Pelletier
    Abonné
    lundi 22 février 2010 13h39
    Bravo à M. Calvé
    Je n'ai rien à ajouter à l'excellente intervention de M. Calvé, si ce n'est de spécifier par un exemple l'impasse de la thèse défendue par M. Meney.

    Dans le lexique du baseball, la langue populaire emploie beaucoup d'anglicisme, certes. La langue utilisée par le descripteur professionnel M. Jacques Doucet n'est évidemment pas du même niveau. M. Doucet, je crois, exemplifie la norme québécoise.

    La norme québécoise recouvre considérablement la norme française même dans ce champ lexical, bien plus que ne le font les parlers populaires deux côtés de l'océan. Ce fait souligne que maîtriser la norme québécoise ne vous isole pas; au contraire, elle vous rapproche des pratiques normatives du français d'ailleurs. Mais des différences substantielles persistent, lesquelles ne peuvent être réduites au silence.

    Au Québec, le frappeur utilise un bâton, et non une batte. Nous courons autour des coussins, et non autour des bases. On préfère circuit à home run (prononcé avec l'accent français), point gagnant à point décisif, la balle courbe à la balle lobée, le ballon à la balle montante. Et on apprécie le terme "voltigeur" pour désigner le joueur de champ extérieur. (Les termes "européens" sont tirés du lexique suggéré par le Comité olympique pour la discipline du baseball).

    Je considère qu'il existe un consensus au Québec à l'effet que le niveau de langue parlé par M. Doucet exemplifie la norme standard qu'il nous faudrait pratiquer dans ce champ lexical précis. Prenant acte de consensus, il est de mise que l'on enregistre cette norme dans un outil approprié, par exemple un dictionnaire du français standard en usage au Québec. J'ajoute par ailleurs que cette norme n'est pas statique. M. Doucet, ou un prochain analyste de baseball, pourrait introduire le joli "point décisif" dans notre lexique, mais échouerait assurément à introduire "home run". Défendre la norme québécoise ne signifie pas se fermer de toutes les innovations langagières, mais à celle qui enjôlive ou améliore la langue que nous parlons et écrivons.

    M. Meney rejette ce consensus. Si je comprends sa position, le parler de M.Doucet est un mélange arbitraire de français vernaculaire propre au Québec et de français de niveau international, qui ne convient, au mieux, qu'à un usage domestique. Pour M. Meney, M. Doucet gagnerait ses lettres de noblesse s'il abandonnait les termes utilisés ici depuis plus de 150 ans (en fait, 400 ans pour "voltigeur") pour les remplacer par les termes d'usage en France, selon le seul principe du nombre ("ils sont plus nombreux que nous").

  • Yves Rousseau
    Abonné
    lundi 22 février 2010 18h40
    Comme une impression de déjà-vu
    N'étant pas un spécialiste en linguistique, je ne me prononcerai pas sur les thèses respectives de M. Meney et des «endogénistes».
    Cependant, en tant qu'enseignant, j'ai pu constater les ravages d'une langue approximative, bâclée, tolérée pour peu «qu'on arrive à se faire comprendre».

    Faisons l'exercice de remplacer le terme «endogéniste» par «constructivistes radicaux» et appliquons l'article de M. Robitaille à l'idéologie qui règne au MELS...

    On comprendra peut-être le gâchis de la réforme.

    Yves Rousseau
    Québec

  • Jean Pierre Bouchard
    Inscrit
    lundi 22 février 2010 21h58
    Un sujet qui n'est pas à sens unique
    - Des langues populaires existent partout qui cohabitent avec la langue écrite. Les Français connaissent eux mêmes l'argot, la langue des banlieues.

    -Il faut privilégier au Québec comme ailleurs entre les niveaux du langage, la langue écrite du français ou de la langue standard ou international en information, dans les blogs dans tout ce qui est didactique ou prose et aussi eh oui en littérature dans une bonne mesure dans le sens que nous ne sommes plus en 1970 ou le joual intégral par esprit contestataire s'imposait tout le temps en art.

    Michel Tremblay c'est une époque, une expression littéraire comme une explosion faite dans nos mots et nos émotions. Victor Lévy Beaulieu un peu plus tard on y retrouve autrement un français qui connaît des niveaux de langage déjà plus variés tout comme les paroles des chansons des Aieux se partage entre le français correct et plus populaire. Pierre Lapointe chante à travers un français qui n'est pas du type joual et cela lui va bien.

    Personnellement, le Québec n'a pas les moyens de couper les ponts avec les francophones de France, de Suisse ou de Belgique. Nous sommes trop peu nombreux.

    Ceci dit. Cette question du français standard n'est pas le sujet ni le plus préoccupant ni le plus important. M.Meney est t'il conscient que le caractère minoritaire d'une nation ne l'aide pas en éducation ni dans la préoccupation de sa qualité de langue parlée? Sans oublier que le type de langue parlée partout trouve un rapport avec la réalité de classes sociales ou de groupes sociaux. Les réalités linguistiques sont aussi des phénomènes sociaux et politiques.

  • ragazzino
    Inscrit
    mardi 23 février 2010 06h27
    Le français québécois standard existe
    Il y a bel et bien un français québécois standard, qui est un français presque identique au français européén hormis quelques différences de vocabulaire et surtout l'accent. Voilà donc pourquoi on doit parler d'un français QUÉBÉCOIS standard et non pas que d'un français standard international, qui soit dit en passant n'appartient à aucun pays francophone de ce monde, même pas à la France.

    D'accord pour dire que les Québécois parleront un langage plus familier, plus vernaculaire entre eux et c'est tout à fait normal. La disglossie n'est pas un phénomène propre aux Québécois et surtout pas limité qu'au français. On l'appellera donc le français québécois courant, sinon familier ou encore de l'argot...ce que vous voudrez. Reste que d'affirmer l'existence d'un français québécois STANDARD ne veut pas dire qu'on veuiller couper les ponts avec le reste de la Francophonie, rien de cela. C'est d'affirmer seulement qu'un Québécois peut parler français d'un niveau soutenu, avec une grammaire tout à fait correcte et un vocabulaire des plus neutres sans pour autant parler à l'européenne.

    À vous lire, on pourrait croire qu'il n'y a que les Québécois qui utilisent des anglicismes dans leur langue de tous les jours...faudrait sans doute oublier votre image idéalisée de France ou encore d'Europe parfaite. La France, tout comme l'Allemagne ou l'Italie....jusqu'en Slovaquie, souffre d'anglomanie accrue. Les anglicismes québécois ont le ''mérite'' d'avoir une justification historique ou géo-linguistique la plupart du temps et bien souvent les locuteurs québécois les emploient inconsciemment, tandis qu'en France, les anglicismes sont un phénomène beaucoup plus récent, on les emploie à outrance et pleine connaissance de cause. Ils n'ont aucune excuse et plus souvent qu'autrement ils le font pour ''faire chic''. Si ça se trouve, le français québécois STANDARD contient beaucoup moins d'anglicismes que le français européen.

    Je suis assistant de langue française dans une école secondaire allemande et je dois donc m'en tenir aux standards d'enseignement européens, de par lesquels prime le français hexagonal...je dois enseigner à mes élèves des mots du genre: dressing, sponsor, sweat-shirt, pull, roller, le speaker lorsqu'on l'on fait une lecture, hobbys, nurse, mail et j'en passe....c'est ce genre de français que vous voulez amener aux bancs des écoles primaires et secondaires?

    En français québécois standard, donc, nous dirons commanditaire et non sponsor, courriel et non mail, cinéma maison et non home cinema, le sweater sera un chandail et un t-shirt ne pourra jamais avoir de manches longues comme en Europe...un speaker sera l'annonceur ou encore le narrateur, un ferry-boat restera un traversier et les news resteront les nouvelles ou encore les actualités. Nous continuerons de mettre des accents sur nos lettres majuscules, le t final de ''but'' restera muet, je prononcerai ''club'' /klyb/ et non /kloeb/, je continue? Ce sont toutes ces différences et beaucoup d'autres, qui justifient une appellation différente au français standard que nous parlons au Québec (et par la force des choses au Canada francophone).

    D'accord pour dire que le langage des jeunes québécois s'anglicise à vue d'oeil. On vous rappelle la situation géo-linguistique du Québec? Il faut sensibiliser les jeunes québécois à l'importance de pouvoir parler et d'écrire dans un français neutre, les sensibiliser à l'importance de leur langue maternelle, qui dans son ensemble reste tout de même la langue française, et à leur identité de francophones. Ce n'est pas notre refus d'accepter le français européen chez nous qui nous anglicise, mais plutôt la vision qu'ont encore plusieurs Québécois par rapport à leur propre langue, à savoir leur manque de fierté francophone, leur complexe d'infériorité face aux cousins français, croire que de bien parler est faire preuve de snobbisme et parallèlement, les réformes successives du Ministère au programme de français, tout comme la piètre qualité du programme d'anglais langue seconde au secondaire, qui amène les jeunes à aller apprendre leur anglais ailleurs, non ecandrée...

  • Dionne Charles
    Inscrit
    mardi 23 février 2010 08h12
    La langue "québécoise" est le français
    Une étude (notice bibliographique plus bas) intéressante sur le lexique du français utilisé au Québec en rapport à celui utilisé en France (Paris) est claire: le français parlé au Québec est le même qu'en France, simplement il est appliqué à sa région propre, avec ses régionalismes, ses néologismes et l'influence de ses voisins. Le français parlé à Marseille est dérivé d'un français international de la même manière que celui du Québec. Ce n'est pas pour rien qu'un film marseillais en cinéma en France sera traduit à l'instar de certains films québécois.

    Chaque membre de la francophonie parle son français propre, basé sur le français international si l'on veut, ou sur le français parisien quoiqu'il soit aussi dérivé par ses propres néologismes à sonorités anglaises qui pourtant, ne sont en rien des mots anglais. (brushing par exemple).

    La thèse en question qui a été publiée sous la notice bibliographique: Villers, Marie-Éva, _le Vif Désir de durer. Illustration de la norme réelle du français québécois_, Montréal, Québec Amérique, 2005, 347 p. Ill.

  • cpoulin
    Inscrit
    mercredi 3 mars 2010 22h46
    Haro sur les cuistres!
    M.Meney a parfaitement raison de dénoncer les aparatchiks de la langue '' d'icitte'' qui parasitent nos universités à meême nos inpôts, et ce, depuis bien pluslongtemps que 1990. . S'il veut quelques noms, je puis lui en founir. je diffère cependant d'opinion quant à l'explication qu'il donne aux actions de ces faux linguistesqui travaillent `justifier cette langue dégénérée, langue de ceux qui ne savent pas leur langue. Ce long travail de sape est selon .moi le résultat direct d'un nationalisme dévoyé qui a pris son envol dans les années 70, dites anées folles. Ce travail fut hélas supporté autant par des fonctionnaires ignares que par des cuistres des dites sciences de l,éducation.Paule Labrecque

  • Nadine Magloire
    Inscrit
    samedi 6 mars 2010 22h32
    Main basse sur le françcais
    En Haîti, nous avons le même problème. Certains inellectuels veulent faire du créole la langue officielle, littéraire et d'enseignement. C'est parfaitement absurde. C'est couper le peuple haïtien de toute la civilisation occidentale. Qui va se soucier de traduire en créole tout le patrimoine littéraire et scientifique existant en français? J'aborde, entre autre, cette question dans mon roman AUTOPSIE IN VIVO.
    Nadine Magloire

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