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    Jeux de hasard en ligne - La santé publique demande à Loto-Québec de reporter son projet Québec et la société d'État rejettent la requête

    Selon François Desbiens, directeur de santé publique de la Capitale-Nationale, «le jeu en ligne est le jeu de hasard et d’argent qui crée le plus de problèmes chez ses participants».
    Photo: Agence Reuters Toby Melville Selon François Desbiens, directeur de santé publique de la Capitale-Nationale, «le jeu en ligne est le jeu de hasard et d’argent qui crée le plus de problèmes chez ses participants».
    Ajouter le jeu en ligne à l'offre de Loto-Québec pourrait attirer de nouveaux joueurs et quadrupler le nombre de cas problématiques, ont averti hier les 18 directeurs de santé publique de la province pour demander à Québec de retarder le projet. Mais ni le ministre des Finances, Raymond Bachand, ni la société d'État n'entendent reculer.

    «C'est bien de continuer à faire entrer de l'argent pour le gouvernement, mais il faut voir aussi quels sont les impacts sociaux», a déploré le directeur de santé publique de Montréal, Richard Lessard.

    Loto-Québec a annoncé début février qu'elle se lancerait dans les jeux d'argent et de hasard en ligne dès le mois de septembre, avec l'aval du ministre des Finances.

    En faisant des projections à partir de ce qui s'est produit en Suède, où le jeu en ligne a été étatisé il y a 10 ans, les directeurs de santé publique soutiennent que 105 907 Québécois pourraient éventuellement éprouver des problèmes associés aux jeux d'argent, sans être nécessairement des «joueurs pathologiques». Un à deux pour cent le deviennent.

    «Le jeu en ligne est le jeu de hasard et d'argent qui crée le plus de problèmes chez ses participants. Des études démontrent que ceux qui jouent en ligne [au poker] sont trois ou quatre fois plus à risque de devenir des joueurs compulsifs que ceux qui jouent au poker autour d'une table», a souligné François Desbiens, directeur de santé publique de la Capitale-Nationale.

    En plus d'un moratoire d'un an, les directeurs de santé publique demandent la mise sur pied d'un comité d'experts indépendants.

    Québec va de l'avant

    Québec ne reculera pas, dit l'attachée de presse du ministre des Finances. Pour sa part, Loto-Québec s'est défendue en mettant en doute les données scientifiques sur lesquelles se basent les directeurs. Ces données sont rassemblées dans un avis récent de l'Institut national de santé publique (INSP). L'auteure du rapport, la scientifique Élisabeth Papineau, maintient ses conclusions. «On a cité 57 études, a-t-elle expliqué au Devoir. Elles sont claires: si on augmente l'accessibilité, on augmente la participation et donc les problèmes.»

    Loto-Québec met en doute les conclusions tirées des résultats d'une des 57 études utilisées. «Je pense qu'ils sont à court d'arguments», soupire un chercheur de l'UQAM spécialisé dans les dépendances, Jacob Amnon Suissa.

    Loto-Québec rappelle que les Québécois ont actuellement accès à plus de 2000 sites de jeu en ligne illégaux, non réglementés.

    Quant au ministre des Finances, Raymond Bachand, il a simplement vu dans la sortie des directeurs de santé publique l'expression de ceux qui font leur travail, à savoir: «amener sur la table des risques au niveau de la santé publique». Avec Loto-Québec, a-t-il plaidé, ce sera «canalisé et contrôlé» et cela permettra de «déplacer le crime organisé».

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    Avec La Presse canadienne












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