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Lettres - L'île d'Orléans, arrondissement historique

Joseph Melançon - Sainte-Pétronille, le 12 février 2010  15 février 2010  Actualités en société
L'île d'Orléans a une préhistoire méconnue. Un artefact a été retrouvé à Sainte-Pétronille, en 1988, qui remonte à plus de 3600 ans avant notre ère. D'autres sont sans doute à découvrir. Des vestiges nombreux signalent la présence historique des Amérindiens nomades, qui faisaient «grande pêcherie» dans le fleuve et chassaient dans la forêt.

L'île d'Orléans a une histoire plus récente de «visages pâles». Jacques Cartier, Samuel de Champlain et d'autres pionniers obscurs, comme Antoine Pépin, dit Lachance, ou Christiane Perron nous l'ont racontée sur le vif.

L'île d'Orléans a une histoire militaire. Wolfe l'a occupée et y a brûlé la plupart des habitations, en 1759, comme le voulait la coutume de la terre brûlée de l'époque. C'est à partir de la pointe de Sainte-Pétronille qu'il a planifié sa prise de Québec et de la Nouvelle-France.

L'île d'Orléans a une histoire symbolique. Elle est la représentation vivante d'un peuplement, non d'un comptoir. Ses ancêtres y sont venus pour rester. Ses archives des 300 familles souches en sont la preuve. Ils ont rebâti leur maison, leur grange, leur fenil. Elle est le symbole d'un pays qui ne veut pas mourir.

L'île d'Orléans a une histoire mythique. Elle a été chantée par d'éminents poètes. Elle a été récitée tout au long de son histoire. Elle a pris la dimension d'un mythe, c'est-à-dire d'un récit fondateur qui raconte la création d'une identité nationale de façon lyrique, fervente, ardente, passionnée.

L'île d'Orléans est aussi et surtout un milieu de vie où habitent, demeurent, respirent, subsistent plus de 7000 résidants. C'est peu, mais c'est autant de gardiens d'un précieux héritage du Québec. Comme «arrondissement historique», elle prend place dans le patrimoine national. Le peuple de tout le Québec la considère, à juste titre, comme sienne. La déposséder de ses caractères patrimoniaux, la dégrader de ses propriétés historiques et nationales, c'est déshonorer tous les Québécois et les Québécoises qui perdront ainsi un sujet de fierté bien légitime. Citoyens et citoyennes de cette île, par naissance ou par adoption, nous avons un devoir de protection de ce patrimoine, qui est celui de tout le pays du Québec. Rester indifférent à toute dégradation, comme il arrive maintenant, c'est une trahison nationale. J'en ai des mouvements d'humeur.

***

Joseph Melançon - Sainte-Pétronille, le 12 février 2010
 
 
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