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À la défense de Kahnawake

Louis Bernard - Ex-candidat à la direction du Parti québécois et secrétaire général du Conseil exécutif sous René Lévesque  9 février 2010  Actualités en société
Tout Québécois francophone soucieux de préserver son identité culturelle et celle de sa nation devrait comprendre instinctivement le geste fait récemment par le Conseil mohawk de Kahnawake d'exiger que les personnes qui ne sont pas membres de la communauté mohawk quittent le territoire de la réserve. C'est un geste de défense identitaire tout à fait analogue à celui que le Québec a fait en adoptant la Charte de la langue française.

Depuis 400 ans, les Mohawks ont réussi à préserver leur société distincte malgré toute la pression sociale, économique et culturelle à laquelle ils ont été soumis au Québec, au Canada et aux États-Unis. Ils ont presque perdu leur langue et ont perdu une large partie de leur capacité de se gouverner eux-mêmes. Ils ont perdu la plus grande part du territoire que le roi de France avait réservé à leur intention sur la rive sud près de Montréal. Il ne leur reste, comme rempart principal de leur identité collective, qu'un petit territoire à l'entrée sud du pont Mercier. Ils tiennent à le défendre, comme ils l'ont toujours fait, comme la prunelle de leurs yeux. Qui pourrait les blâmer?


Sécurité identitaire

Nous sommes près de six millions de Québécois francophones. Et nous craignons pour notre sécurité identitaire, comme l'a constaté la commission Bouchard-Taylor. Ils ne sont que huit mille Mohawks à Kahnawake. Comment pourraient-ils permettre que, par mariage ou cohabitation, de plus en plus de non-Mohawks viennent s'établir sur leur territoire? Quand on connaît les relations de plus en plus étroites et fréquentes entre les personnes dans nos sociétés contemporaines, combien d'années, pensez-vous, cela prendrait-il avant que le caractère mohawk du territoire ne s'atténue et ne vienne même à disparaître?

Je connais bien les Mohawks de Kahnawake. En 1999, j'ai participé à la négociation de dix ententes qui sont le fondement des relations que le Québec entretient avec eux et, présentement, je participe à la révision de ces ententes. J'apprécie énormément leur fierté nationale et leur désir d'assurer la continuation de leur communauté millénaire.

Je sais de manière certaine qu'ils n'entretiennent aucun mépris à l'égard de leurs voisins non mohawks et qu'ils veulent développer avec eux des relations fondées sur la compréhension et le respect mutuel. À nous de les comprendre et de les aider dans cette tâche difficile. La présence parmi nous d'une communauté mohawk vibrante et dynamique est une richesse pour le Québec.

*****

Louis Bernard - Ex-candidat à la direction du Parti québécois et secrétaire général du Conseil exécutif sous René Lévesque
 
 
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  • Michel Chayer
    Inscrit
    mardi 9 février 2010 03h18
    Niaiseries radiophoniques
    Enfin, des commentaires sensés à l’égard des Mohawks.

    J’arrête souvent faire le plein à la réserve. Ce sont des gens sympathiques, dont la société était organisée bien avant la venue des Blancs. Ils n’ont jamais voulu s’en faire imposer, et ils ont raisons de défendre leur territoire ainsi que leur identité.

    Il y belle lurette que je pense moi-même que les Québécois devraient prendre exemple de la détermination des Mohawks, au lieu de stupidement les dénigrer en ânonnant les niaiseries radiophoniques des modeleurs d’opinions à la mode.

  • Tube
    Inscrit
    mardi 9 février 2010 06h27
    Le simple bon sens
    J'adhère de tout coeur aux propos de M. Bernard. Nous avons la « garde partagée » du territoire avec les peuples autochtones. Nous devons bâtir notre relation à partir de ce que nous avons en commun avec eux tout en respectant ce qui nous différencie.
    Nous avons besoin d'eux et ils ont besoin de nous. Les accusations de racisme et d'intolérance ne mènent à rien. Nous vivons avec eux, même si notre relation est encore déséquilibrée. Une chose est certaine: quand nous leur manquons de respect, nous nous abaissons.

  • Georges Paquet
    Abonné
    mardi 9 février 2010 06h45
    Vive un Québec autonome, à l'image des réserves de Kanhawake, dans un Canada uni.
    Je reconnais le bien fondé du respect de M. Bernard pour la culture des peuples autochtones et pour celle des Mohawks en particulier. Ce que je comprends moins bien cependant c'est qu'il ne songe pas à s'inquiéter de la possibilité bien réelle que ces peuples ne se sentent nullement impliqués dans une éventuelle décision des Québécois pour se séparer du Canada. Ils revendiqueraient sans doute leur autonomie culturelle et territoriale, de la même façon que les Québécois l'auraient fait.

    J'ai la conviction que la souveraineté des autochtones sur leur territoire ne les lierait à aucun résultat d'un éventuel référendum sur la souveraineté du Québec. Ils pourraient très bien décider qu'ils veulent continuer d'exercer cette
    souveraineté à l'intérieur du Canada. Situation qui leur convient bien
    maintenant. On assiterait alors à un morcellement du territoire du Québec.

    Il y a 11 nations autochtones à l'intérieur du Québec, et autant
    ailleurs au Canada. Et le statut des "réserves" et territoires autochones
    relève du gouvernement canadien. On pourrait assister alors à un
    morcellement du territoire québécois. Je prétends que ceci est une crainte
    légitime, et qu'un appui inconditionnel à l'affermissement de cette
    autonomie sur des territoires précis conduirait à cette impossibilité de
    prévoir les choix ultimes que feraient ces populations si jamais les
    Québécois décidaient de se séparer du Canada. C'est pourquoi je mettrais
    M. Bernard en garde contre un travail soutenu en faveur d'une autonomie de plus en plus complète de chacun des territoires autochtones.

    Ces autochtones, à l'instar des Québécois, auxquels on ne parle plus du Canada, mais uniquement du Québec, en viendraient peut-être à concevoir leur allégeance, leur identité et leur avenir à l'intérieur de leur culture et de leur territoire.

    On devrait plutôt envisager des alternatives. Mais c'est un autre débat.

  • Jean-Marie Bélisle
    Inscrit
    mardi 9 février 2010 08h17
    Ben voyons donc
    J'en sais malheureusement trop peu sur la demande du conseil de bande, mais le texte de M Bernard laisse un drôle de goût dans la bouche. Est-ce que nous devons ériger des barrières pour préverver des identités culturelles ? Je ne suis vraiment pas certains que l'intolérence des autres soit une voie d'avenir pour n'importe quelle culture. Trouvez autre chose SVP

  • Dumoulin
    Inscrit
    mardi 9 février 2010 08h43
    Un peu fort!
    Qualifier le geste du Conseil mohawk de Kahnawake de "geste de défense identitaire tout à fait analogue à celui que le Québec a posé en adoptant la Charte de la langue française (je souligne), me semble "charrié".

    Le bannissement des "personnes qui ne sont pas membres de la communauté mohawk" ne peut certainement pas être assimilé à l'adoption, par le Québec, de la Charte de la langue française, comme moyen de favoriser l'épanouissement de sa culture et de son peuple. Le premier est un geste de protection par l'exclusion, alors que l'autre a pour objet la protection par l'inclusion.

    Aucune société n'aurait intérêt à s'opposer indéfiniment à l'immigration d'étrangers; elle s'exposerait ainsi à dépérir en qualité et en nombre.

    C'est l'histoire du monde et cela sera d'autant plus vrai au cours des années et des siècles à venir, avec la croissance démographique de certains pays, et les progrès de l'éducation et des moyens de communication à travers la planète. Il appartient aux sociétés qui sentent leurs culture menacée, non pas de se refermer sur elles-mêmes, mais de prendre les moyens raisonnables pour attirer, autant que possible, la crème des immigrants et faciliter leur intégration. C'est, me semble-t-il, ce que tente de faire le Québec, depuis plusieurs années, notamment avec ses chartes des droits et de la langue française (pour ne pas parler de ses programmes d'intégration).

    Inévitablement, certaines sociétés, trop faibles de caractère ou de nombre, pourront être appelées à se fondre dans de plus puissantes, et à disparaître à plus ou moins long terme. Ce sera parfois bien dommage, mais, encore une fois, c'est l'histoire du monde...

    Enfin, je me permets de douter que l'enfermement de la communauté mohawk (à prépondérance anglophone) sur elle-même, aussi "vibrante et dynamique" soit-elle, soit vraiment susceptible d'accroître sa contribution à la richesse culturelle du Québec.

  • Fernand Turbide
    Inscrit
    mardi 9 février 2010 10h36
    La pureté de la race...

    "Bullshit", c'était aussi le rêve de ce fou furrieux de Hitler;la race pure, un grand blond de 6 pieds 2 aux yeux bleus, lui le ti-cul complexé. Tant qu'a y être on pourrait ériger des frontières et exiger un passeport pour laisser entrer les Mohawks en terre Canadienne et Québécoise. Totalement farfelu et passéiste comme vision; une société doit reposer sur le respect de l'individu quelque soit son origine, sa couleur, son orientation sexuelle et son métissage.Rien de plus beau pour moi que la résultante d'une union entre blanc et gens de couleur.Il faut abolir autant que possible les frontières; en créer d'autre c'est aller a contre-courant de l'évolution normale d'une société.

    Fernand Turbide

  • Pierre Bernier
    Abonné
    mardi 9 février 2010 10h55
    Un geste légitime... ?
    Cette décision est légale... dans le cadre de la Loi canadienne sur les indiens.

    Cette « constitution » des « protectorats » de l'ordre fédéral de gouvernement sur le territoire des États fédérés (à la canadienne) fait des « réserves » un territoire ethnique sous l'administration de dirigeants choisis que par les membres de la bande... inscrits au registre fédéral des indiens.

    Vient un jour où il n'y a plus de place ? pour loger les membres de la « bande » reconnus et le « droit du sang » prime, sous le contrôle du ministre fédéral.

    Les principes de ce régime furent adoptés à la fin du 19e siècle.

    Quel est le problème ?

  • Michel Chayer
    Inscrit
    mardi 9 février 2010 10h58
    Mixer de force...

    @Dumoulin


    Oui, mais ! Les Mohawks refusent d’adhérer au multiculturalisme…

    Qu’allez-vous faire pour les convaincre de transformer Kahnawake en Montréal-Nord ?

    Leur envoyer l’armée ?

  • victoriavilleman
    Inscrit
    mardi 9 février 2010 11h07
    Le courrage de ses convictions. BRAVO!
    En général, Les QuébécoisSES connaissent très peu l'histoire de nos peuples autochtones, le traitement fait à ceux-ci, les lois qui les régissent et surtout, surtout, les traités que NOUS AVONS SIGNÉS ET QUE L'ON DOIT RESPECTER. En effet, l'histoire démontre que la société a été très peu généreuse avec eux.

    Ceci étant dit, c'est un peuple qui crois fortement en ses valeurs, culture et en ses convictions. Et ce sont de rares qualités qu'ils serait sage d'apprendres en tant que peuple, et ce pour la préservation de ses droits et culture. Il y a beaucoup a apprende ici!

    Et oui, ça prend beaucoup de courrage pour tenir tête aux détracteursTRICES qui aimeraient que les citoyensNES restent dociles et endormis.

    Je crois que l'on aime blâmer le peuple Mohaks et les autres peuples autochtones, et passer nos frustrations parce qu'en réalité, nous aimerions avoir ce même courrage dans la défence de nos propres convictions en tant que peuple, que l'on se considère nationaliste, fédéraliste ou autre. On aimerais avoir quelqu'un sur notre bord, qui a le même "guts!"

    Mais en général, on aime mieu être gérand d'estrade, chialer (notre sport national) , ne pas agir, ne pas s'impliquer politiquement et rester endormis!

    Yves ROSS
    Retraité de la Gendarmerie royale du Canada
    Membre de la Légion royale Canadienne

  • Michel Gaudette
    Inscrit
    mardi 9 février 2010 11h41
    Les réserves n'ont pas d'avenir...
    Dans leur arrogance, les Mohawks s'enfoncent toujours un peu plus dans l'ethnicité.

    Les réserves n'ont aucun réel potentiel de développement à long terme...

    Et après, les autochtones vont nous accuser de les maintenir dans le sous-développement.

    Or les réserves sont le sous-développement. Pourquoi les Mohawks y tiennent-ils tant ?

  • Albert Descôteaux
    Abonné
    mardi 9 février 2010 17h06
    L'exclusion de l'Autre, un modèle pour le Québec?
    Les Mohawks ont beau avoir une loi pour justifier leur dernière trouvaille (l'expulsion des "Blancs"), il n'en demeure pas moins que c'est un geste raciste. Ce qui est vrai pour les uns doit l'être pour les autres.

    C'en devient lourd à la longue de voir les bien-pensants défendre d'un côté des actes comme ceux-là, et de l'autre côté, voir ces mêmes bien-pensants faire l'éloge du multi-poly-culturalisme et ouverture à l'Autre. Faut se brancher, sous peine de voir sa crédibilté sérieusement minée. Où sont les Bouchard et Taylor, ainsi que les Weinstock et cie? J'aimerais bien les entendre sur ce sujet...

  • Vivianne Lafrance
    Abonnée
    mercredi 10 février 2010 07h34
    Non, Monsieur.
    Je ne crois pas qu'on puisse comparer la situation des Mohawks et celle des Québécois. Et si l'on devait le faire, on ne pourrait soutenir, en toute honnêteté intellectuelle, qu'expulser de son territoire des personnes d'origine différente soit un geste de protection culturelle «instinctivement» compréhensible aux yeux des Québécois. Le Québec d'aujourd'hui, tout francophone qu'il soit, s'est modelé avec (et non pas malgré) l'intégration de personnes d'origine française, bien-sûr, mais aussi irlandaise, italienne, juive, vietnamienne, colombienne, haïtienne, et j'en passe. Si le Québec avait posé un «geste de défense identitaire» analogue à celui qui se joue à Kahnawake, il n'y aurait jamais eu 6 millions de personnes parlant français et habitant le Québec en 2010. Le repli identitaire n'a pas été, n'est pas et ne devrait pas être une solution de survie culturel pour le Québec. À savoir s'il en est un pour les autochtones de Kahnawake ou d'ailleurs, c'est une autre question qu'il leur revient de bien mesurer dans le respect des lois et des droits.

  • Michel Chayer
    Inscrit
    mercredi 10 février 2010 13h05
    @Michel Gaudette


    Cher Monsieur,

    Vous devriez aller vous balader plus souvent à Kahnawake : avec l’abondance de commerces que l’on trouve à Kahnawake, vous viendrez encore nous parler de sous-développement… Kahnawake, ce n’est pas le Manouane des Attikameks… Et puis, oubliez les clichés à la Gilles Proulx ; des bandits, il y en a chez toutes les ethnies, et pas seulement chez les amérindiens…

    Depuis des lustres, les Mohawks se spécialisent dans la construction et la réfection des structures métalliques comme les ponts ou les gratte-ciels. D’ailleurs, ils ont largement participé à l’érection de la vielle de New-York… On est loin des potins des journaux jaune…

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