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Manifeste pour un Québec pluraliste - Un texte tendancieux

Micheline Bail, Geneviève Corfa et Guilda Kattan - Montréal  8 février 2010  Actualités en société
Le Manifeste pour un Québec pluraliste publié dans la page Idées du Devoir du mercredi 3 février 2010 est un manifeste tendancieux, d'abord parce que son argumentaire débute par un constat gratuit selon lequel le débat actuel sur l'identité aurait pris un virage dangereux, une affirmation qui ne repose sur rien de précis, et aussi parce qu'il prétend avec condescendance que la «vision ouverte et pluraliste de la société québécoise» serait battue en brèche actuellement par deux courants en rupture avec les grandes orientations du Québec moderne.

À savoir une vision «nationaliste conservatrice» et une «vision stricte de la laïcité». Deux approches que les auteurs disqualifient en partant et qui se caractériseraient, selon eux, par la même intransigeance et la même fermeture à l'égard des minorités. Des affirmations que rien ne permet d'étayer. Est-il besoin, pour faire avancer ce débat sur l'identité, de ratatiner toujours le nationalisme québécois en le qualifiant d'intolérant, de figé, de retardataire, d'identitaire, ou de conservateur?

Des valeurs fondamentales

Par ailleurs, si les nationalistes ont pris position comme ils l'ont fait dans ce dossier de l'identité, c'est dans le but de renforcer des valeurs communes arrachées de haute lutte et devenues pour la majorité de la population des valeurs non négociables. Ce sont la démocratie, la laïcité, l'égalité entre les hommes et les femmes, et le français langue commune. Des valeurs qui ne sont pas abstraites, mais bien concrètes pour plusieurs citoyens du Québec.

Lors des audiences publiques de la commission Bouchard-Taylor, un exercice d'expression démocratique, de rapprochement et de tolérance rarement vu, à cette échelle, dans d'autres pays, les gens sont venus nombreux témoigner de leur volonté de conserver à tout prix ces valeurs communes. Cela ne s'est pas fait par une opération du Saint-Esprit ni par une «symbiose mystique», mais par un exercice public qui a eu pour avantage de faire ressortir clairement les véritables valeurs de la majorité québécoise. Le gros bon sens de la population est tout aussi utile et valable, en démocratie, que l'opinion des juristes, des politiciens et des intellectuels de tous acabits.

Une laïcité à renforcer

S'ensuit, dans ce texte, une définition de ce pluralisme rédempteur qui favoriserait les rapports interculturels et approfondirait les valeurs démocratiques, des principes dont se réclament également les tenants des deux approches ci-dessus décriées, parce que personne n'est contre la vertu. Cependant, il est clair pour nous que la protection de la «liberté de conscience et sa libre expression, de même que l'égalité des citoyens» sont des objectifs primordiaux qui ne peuvent être atteints que par l'élaboration d'une charte québécoise de la laïcité, une opinion que ne partagent pas les auteurs de ce texte.

Cette charte permettrait de confirmer le caractère laïque des services publics et pas forcément de la sphère publique, sur laquelle il n'y a guère de consensus actuellement. Et lorsque l'on parle de laïcité, il ne s'agit pas pour nous de laïcité «ouverte», qui n'est qu'un concept vide de sens, mais de laïcité tout court. Un État est laïc ou clérical et ne saurait être les deux à la fois.

Le contexte social et politique actuel fait en sorte qu'il faut éviter que les valeurs religieuses en viennent un jour à primer les autres. Une crainte justifiée par le constat que, depuis ces dernières années, les chartes canadienne et québécoise des droits et libertés n'ont pu empêcher, entre autres choses, la discrimination à l'égard des femmes en faisant primer la liberté de religion sur leur droit à l'égalité. Une charte de la laïcité pourrait pallier la faiblesse du cadre juridique actuel et enverrait un message clair à ceux qui viendraient s'installer au Québec, ainsi qu'à ceux qui seraient tentés d'instrumentaliser les tribunaux pour faire avancer leur projet politique extrémiste.

***

Micheline Bail, Geneviève Corfa et Guilda Kattan - Montréal
 
 
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  • nonauracisme
    Inscrit
    lundi 8 février 2010 00h54
    Cinq cents signataires contre trois: je crois que vous etes perdant.
    Le mouvement pluraliste apporte des idees tandis que vous apportez le meme spin"egalite hommes femmes, langue francaise, laicite." La france a cette recette, l integration a ete un success.

  • charlemagne
    Inscrit
    lundi 8 février 2010 08h13
    Le QUEBEC vieille souche Française
    Bonjour les Canadiens bonjour le Québec ici la France qui vous regarde et vous aime
    Vous avez raisoon sur la laïcité et égalité entre les femmes et les Hommes ce n'est pas le cas dans toutes les religions,aussi faut il se battre pour cette laïcité qui a abattu les ROIS et REINES despotiques
    Vive la République laïque
    merci
    POUPEL Charles Edouard un WIKING

  • Bernard La Riviere
    Abonné
    lundi 8 février 2010 08h24
    Merci à mesdames Bail, Corfa et Kattan
    Il fallait répliquer à ce Manifeste et il le faudra encore. Ils se sont mis à cinq cents professeurs d'université pour faire le poids, c'est comme utiliser une bombe atomique pour écraser une mouche. Or, vos arguments font le poids, malheureusement, ils n'y répondront pas autrement qu'en caricaturant. En lisant nonauracisme (premier commentaire), vous avez un bon exemple de leur attitude en moins «intellectuelle».
    Bernard La Rivière, phD théologie

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    lundi 8 février 2010 08h49
    Pluralisme
    Nous ne sommes pas contre une société plualiste, nous sommes contre une tour de Babel. Les immigrants sont bien acceuillis au Québec, tout ce qu'on leur demande, c'est de respecter notre langue et notre culture. Pour ce faire, ils doivent s'intégrer et non pas se gettoïser. Qu'ils côtoient leur parenté établie au Québec, ça va, mais se réfugier dans leur famille élargie ne peut pas favoriser leur intégration. Il faut donc que les immigrants acceptent de s'installer dans ds villes ciblées en dehors des grands centres pour mieux y arriver. Ce qui ne semble pas être un problème dans le reste du Canada (ROC) en est un our le Québec en raison du combat continuel que nous devons livrer pour conserver notre langue et notre culture en tout temps menacées. Ce n'es pas parce que nou voulons nous replier sur nous-mêmes, c'est une question de survie.

  • Jacques Saint-Cyr
    Inscrit
    lundi 8 février 2010 09h17
    Anti-intellectualisme
    Et voilà, les intellectuels universitaires qui connaissent la question se prononcent finalement en publiant le manifeste pour un Québec pluraliste, alors qu'ils ont été singulièrement absents lors des débats entourant la Commission Bouchard-Taylor. Les commissaires le leur reprochèrent d'ailleurs dans leur rapport final. L'existence d'un courant nationaliste conservateur se confirme ici à la lecture du texte publié ici. Ses représentants utilisent comme arme de combat l'épithète de "tendancieux". J'aimerais qu'on me définisse la différence entre une tendance et un courant.
    En tant que lecteur attentif et athée, je considère que le manifeste pour un Québec pluraliste est équilibré, et fondé. Ses auteurs nous invitent somme toute à délaisser le recours aux chartes des droits, qu'on utilise à toutes les sauces, en particulier nos leaders politiques qui se cachent derrière et s'épargnent ainsi le risque de décider. Après tout gouverner c'est choisir. Ce n'est donc pas ce qu'ils cherchent.
    À ce sujet, je recommande hautement la lecture de l'article intitulé "Quand les droits de l'homme deviennent une politique" du philosophe Marcel Gauchet dans "La démocratie contre elle-même, Tel Gallimard, 2002". Mais il s'agit ici encore de l'un de ces intellectuels, qui n'ont pas très bonne presse au Québec. On les traite généralement de professeurs Tournesol dans les médias. Mais si on est nationaliste et en amour avec son patrimoine, cela nous autorise à déclarer tendancieux toute idée moyennement complexe.

  • Claude Daigneault
    Abonné
    lundi 8 février 2010 09h42
    CQFD
    Il aura suffi que trois femmes réfléchissent pour remettre les pendules à l'heure. Trois femmes contre cinq cents grands "penseurs" universitaires. Faites le calcul. Plus les femmes vont s'exprimer, plus les idées vont circuler. Décidément, il y a peut-être de l'espoir. "La femme est l'avenir de l'homme".

  • Pierrette L. Ste Marie
    Abonné
    lundi 8 février 2010 09h45
    Intéressant
    Merci de nous apporter des arguments qui ne sont pas uniquement des analyses intellectuelles mais des réflexions qui questionnent notre façon de vivre en commun.
    Les intellectuels nous fournissent des théories c'est à nous de leur enseigner le "Know how"
    La vertu n'assure pas la survie.

  • Hubert Larocque
    Abonné
    lundi 8 février 2010 09h48
    Les dessous du pluralisme et de ses synonymes: multiculturalisme, diversité, interculturalisme...
    N.B. Voici une réflexion sur un texte paru dans Le Devoir du 3 février 2010 sous le titre de "Manifeste pour un Québec pluraliste". Nous ne nous proposons pas de répondre point par point à son contenu mais d’isoler le principe empoisonné de son inspiration. L’apparent sérieux du texte, la masse de ses signataires ne doivent point nous en imposer. Il s’agit d’une justification néo-fédéraliste du multiculturalisme dont le principe est que, tous les Canadiens étant égaux, les Québécois sont un groupe parmi d’autres sans aucune antériorité d’histoire et de droits. Les rédacteurs du texte, à défaut des signataires de complaisance, savaient très bien que les Québécois dans la Confédération ne peuvent rien contre la Constitution canadienne, la Charte des droits et les jugements de la Cour « suprême », sauf de s’abandonner sans espoir à leur banalisation historique et à leur disparition par métissage et accommodantisme programmés. Aussi le présent manifeste prend-il son départ dans une acceptation complice, sans aucune distance critique, de l’ordre fédéral. La prétention de loger à des allégeances politiques diverses ne doit pas nous cacher que leur opinion commune les placent du même côté du guichet, celui de l'allégeance canadienne. Tout le reste est un exercice laborieux qui, en confondant la volonté du Canada anglais avec un ordre des choses qualifié de « modernité », invite le Québec à un suicide consentant par « interculturalisme au profit d’immigrants dont les signataires se prétendent les interprètes. Il convient de dénoncer une telle imposture et de la montrer dans sa vérité qui est celle d'une mutation vicieuse de la première aliénation découlant de la Conquête de 1759. Il s’agit d’une fausse mutation parce qu’elle n’affecte que les termes pour la désigner, le phénomène demeurant identique. Quand on se conçoit comme double, mi-anglais, mi-français, pourquoi ne pas de diviser indéfiniment pour s’identifier à toute la smala de la planète?

    Pierre Bourgault disait: "Nous n'avons aucune idée de ce qu'est la normalité". On ne sait pas non plus ce qu’est la liberté de penser ni la liberté d’expression car on répète un discours déjà rédigé et dicté par le pouvoir en place. Pourquoi un "Québec moderne" signifierait-il que le peuple fondateur, dans ses composantes originelles, française et catholique (deux faits culturels), accepte de se fondre d'égal à égal avec des immigrants de tous horizons? Il ne faut pas confondre la diversité de provenance des immigrants des derniers quarante ans avec la diversité culturelle du Québec. C'est pourtant la confusion dans laquelle tombent tous ces « intellectuels » qui ne font ainsi qu'étaler au grand jour et justifier leur propre ambiguïté identitaire et leur complicité avec l’ordre fédéral. Non seulement commettent-ils cette confusion, mais encore ils ne la soumettent pas au soupçon de l’analyse, - ils la professent pour se dérober à la tâche la plus importante qui doit solliciter un intellectuel québécois : réaffirmer l’identité québécoise, indiquer la façon de l’enrichir dans la ligne de ses origines et promouvoir les moyens politiques de l’affranchir d’une sujétion débilitante, à la fois intérieure et extérieure. Ces raisins, de toute évidence, sont trop verts pour la plupart d’entre eux.
    Les Québécois (de souche) ne se perçoivent nullement comme des immigrants. Ils se sont installés sur des terres du roi de France, c'est-à-dire dans une extension de leur propre pays. Le premier et le seul nom authentique du pays en fait foi: la Nouvelle-France. La question amérindienne est toute récente et a été largement inventée par des Québécois aliénés et haineux d'eux-mêmes, et des "autochtones » colonisés par ceux-ci. Quant aux immigrants, n'ont-ils pas un pays d'origine où leur culture première conserve son aire naturelle et toute latitude de s'exprimer? La normalité pour le Québec est de considérer l'acte d'immigrer, ici, comme le choix de renoncer à son pays et à sa culture pour adopter les us et coutumes, la langue et la culture d'un pays à la personnalité déjà fixée dans ses traits essentiels.
    Aussi, tout le débat des accommodements est-il artificiel et de mauvaise foi en plus d'avoir été créé et légiféré du dehors, contre nous, par des instances étrangères. Le problème n'est pas chez les immigrants authentiques, qui savent ce que veut dire immigrer, mais chez ces intellectuels ambivalents qui trouvent de l'emploi et des oreilles complaisantes dans des médias à leur image. Tous leurs écrits relèvent de la quadrature du cercle: ils voudraient que l’on s’intègre au Québec tout en restant identique à sa provenance étrangère. Personne n'a jamais réussi à définir la frontière qui règle cette diversité et conserve au Québec son espace identitaire vital, d'où le soupçon et le juste rejet que ce concept fumeux suscite chez les Québécois (de souche). Pour un peuple normal, la « diversité » est une affaire strictement privée, de l’ordre du souvenir, de l’affectivité, en décroissement, qui ne doit jamais inquiéter et mettre en cause la définition nationale. Le Québec n’est pas la synthèse flottante de faits statistiques mais la fondation française de 1608, toujours actuelle et renouvelée, et une décision de l’esprit de s’y tenir, sans cesse réaffirmée et maintenue inébranlable.
    Depuis que Gérard Bouchard a promené son désarroi identitaire avec sa triste Commission qui n'a même pas accouché d'une souris, combien d'universitaires ne le suivent-ils pas en tentant de donner des contours théoriques aux sables mouvants de sa dangereuse mystification?
    Il faut bien comprendre que l'indécision à faire l'indépendance est le reflet politique d'une hésitation sur soi-même, d'une intériorisation de la Conquête de 1759. L'interculturalisme ne serait-il pas la forme que prend aujourd'hui le néo-fédéralisme? Nombre d'intellectuels se sont approchés si dangereusement de l'Anglais, de l'assimilation à celui-ci, que pour rétablir la problématique coloniale dont ils ne peuvent sortir, il clone l'Anglais dans l'immigrant avec la servitude à l’un et à l’autre. Aussi ne le voient-ils pas le migrant pour ce qu'il est mais comme le complément, le support nécessaire de leur identité vacillante, Hier, c'était le rapport anglais-français qui, par mutation, est devenu le rapport québécois-immigrant, tout aussi imaginaires et néfastes l'un que l'autre. Se pencher sur ces jumeaux pathologiques constituerait un vrai sujet d'étude pour nos chercheurs, beaucoup plus que ces palinodies multi ou inter-culturelles qui augmentent l'opacité des débats publics en agitant à l’aveuglette les fantômes de notre histoire.
    Pourquoi ne pas essayer tout simplement d'être normal? Cela impliquerait d'être fier et sûr de soi, d'embrasser notre filiation d'origine, de travailler à sa restauration, là où la violence de l'histoire, la trahison et la médiocrité l'ont dégradée. Rectifier en conséquence notre définition politique, redonner au Québec un système d'éducation qui enseigne notre histoire réelle, notre langue et notre culture dans ses sources judéo-gréco-latines, sans exclure la modernité qui s'y superpose. Ne pas ignorer certes les cultures et les religions exotiques mais les présenter comme des faits extérieurs qui n’impliquent aucune promiscuité, aucune pénétration dans notre propre univers. Nous pourrions ainsi donner à l'immigrant une image claire de nous-mêmes, digne de respect et douée pour lui d'un pouvoir attractif. Le seul devoir que nous ayons à l’endroit des immigrants, après avoir vérifié leur intention de devenir Québécois, après les avoir accueillis en nombre raisonnable, c’est de leur donner promptement et impérativement les moyens de s’instruire de l’identité québécoise et de l’acquérir. D’où l’importance pour soi-même de la connaître et de l’assumer dans toute l’étendue de ses sources occidentales et de leur déploiement historique afin qu’elle s’impose à l’immigrant comme un degré plus avancé d’être et de civilisation et par conséquent désirable. Il convient donc de suggérer aux intellectuels qui ont élaboré ce manifeste que rien n’est plus dangereux et prétentieux que le magistère des semi-instruits que nos université produisent maintenant à foison. « Un sot savant est plus sot qu’un sot ignorant » nous prévenaient déjà « Les femmes savantes », dans un ordre voisin.
    En lisant ce genre de manifestes qui se propose de détruire le Québec par un pluralisme littéral et simpliste, pourquoi l’immigrant lucide n’éprouverait-il pas une grande perplexité? –« Mais enfin, ces Québécois, pourquoi, sous prétention de modernité, projettent-ils sur nous les indécisions de leur histoire, et pourquoi se servent-ils de nous comme d'un paravent pour mener leur propagande "canadienne?"
    Hubert Larocque, Gatineau.

  • Marthe Savoie
    Abonnée
    lundi 8 février 2010 10h02
    Oui à une charte de laïcité!
    Je trouve votre texte beaucoup plus claire, juste et constructif que celui du Manifeste pour une Québec pluraliste. Je suis en accord avec vos conclusions: une charte de la laïcité au Québec donnerait des appuis solides pour guider équitablement les décisions à prendre par nos institutions publiques.

    Je me demande pourquoi revendiquer une charte de la laïcité de nos institutions est perçue tout-à-coup comme une menace. Pourtant, des balises claires, égalitaires et démocratiques sont la clé pour favoriser justement un vivre ensemble harmonieux et inclusif de la diversité de nos sociétés modernes.

    Continuons de débattre, échanger et réfléchir!

  • Frederick Plamondon
    Abonné
    lundi 8 février 2010 10h06
    L'usage de la caricature
    @ M. La Rivière,

    Je tiens à souligner qu'il ne s'agit pas 500 professeurs comme vous le laissez entendre, mais de 500 citoyens et citoyennes qui représentent presque tout le spectre des professions et des options politiques.

    Par ailleurs, avant de commenter les idées qu'on retrouve dans le texte qui justifie cette colonne, j'aimerais bien comprendre ce que vous entendez par "caricature". Parce que votre usage de la généralisation hâtive et de l'analogie me semble correspondre justement à la "caricature" dont vous accusez ceux et celles qui trouvent un certain intérêt aux idées présentées dans le Manifeste.

    merci.

  • Michele
    Inscrit
    lundi 8 février 2010 10h22
    Erreur de paradigme
    Mmes, votre argumentaire repose sur une prémisse qui appartient au passé, soit l'idée qu'il soit possible pour une personne de se séparer de ses valeurs, de sa religion. Depuis les années 1970, cette manière de voir la personne a été remis en question dans la sphère académique et ne fait plus l'unanimité. Aujourd'hui, on réfère plutôt à la culture de la personne.

    D'ailleurs, comment allez-vous mettre en pratique cette proposition? Le scientologiste ou les croyants ne portant pas de signes religieux pourront-ils oeuvrer dans les services publics?

    Ensuite, vous dites qu'un État doit choisir entre la laIcité ou être clérical, c'est faux. On retrouve de nombreux exemples d'une laicité mixte en Angleterre, en Suède, en Espagne, en Norvège où la religion, la monarchie et l'État ont évolué par un processus de sécularistation versus une révolution prônant une stricte séparation.

    Le Québec a plutôt vécu un processus de sécularisation qu'on a désigné en termes de révolution tranquille.

    Finalement, vous avancez que les valeurs religieuses prévalent sur les droits de la femme, c'est faux. Le juridique ne prône pas une hierarchisation des droits.

  • nonauracisme
    Inscrit
    lundi 8 février 2010 10h37
    Les memes blah blah: nothing new same old bs.
    Vous apportez rien au debat. La laicite francaise a ete un echec bibique comme vous le voyez avec le fameux debat sur l identite. On a pas besoin de ca au quebec.

  • Rodrigue Guimont
    Abonné
    lundi 8 février 2010 11h07
    Un manifeste qui n'en est pas un...
    Ce «manifeste», n’en est pas un au sens strict du terme. Un manifeste n’est ni verbeux ni phraseur, c’est court, incisif, tranchant. Le terme manifeste (du latin manus main, comme prendre par la main, convaincu de…) a donné par extension > manifestation > manifestant > manif. Un « manifeste » c’est le coup de poing de Borduas contre entre autres le Clergé de son époque, l’indignation d’Émile Zola contre le Président de la République française, la colère de Russel et d’Einstein contre la guerre nucléaire.

    Rien de tout cela dans le « manifeste » pour un Québec pluraliste harnaché par Daniel Weinstock. Tendancieux, abusif, la première phrase de la version courte commence ainsi : «Le débat sur l’identité prend un virage dangereux», comme si nous étions au Québec au bord de la guerre civile!!!

    De plus, les rédacteurs de cette pétition (car il s’agit d’une pétition) devisent avec hauteur du « Québec profond » au nationalisme passéiste attardé sur ses origines (cf. version longue, Les valeurs communes, 2e paragraphe) comme si 90% du territoire québécois n’était pas le « Québec profond ». (Voir aussi http://desencyclopedie.wikia.com/wiki/Québe )

    Beaucoup de réserve quant au texte, et encore plus de doute sur les raisons des signataires à parapher sur ce qui semble un accès vers une soupe aux cailloux indigeste.

  • Pierre Bernier
    Abonné
    lundi 8 février 2010 11h09
    « Cinq cents signataires contre trois... »
    En ces matières, ce qui compte c'est la vision et la pertinence.

    Les failles de la thèse des apprentis philosophes auteurs du manifeste pour « cégépiens » ont été largement mises en lumière par les commentaires pointus qu'ils ont mérités dans ces pages.

    C'est une fumisterie de présenter aujourd'hui les déguisements comme la « burqua » comme une affaire de droit religieux. Que disent ces accoutrements: qu'une femme n'est pas une personne mais un scandale ambulant ? Une saleté qu'il faut cacher ? Un agent corrupteur à neutraliser aux yeux des messieurs à qui la morale religieuse de la secte n'a pas imposé de maîtriser leurs pulsions ?

    Ici, ces comportements excessifs de sectes intégristes doivent être traités comme un manquement à l'ordre public. Respecter les droits religieux des concitoyens musulmans c'est agir comme on le fait face à toute attitude fasciste qui bafoue une croyance respectable.

    Et tant pis pour les ignares fils et filles de Lord Durham qui aiment à servir d'instrument à une vision naïve de « multiculturalisme » imaginée pour finir son oeuvre.

    Quand l’État québécois (Parlement et gouvernement) dira-t-il clairement que ces comportements irrespectueux des musulmans démocrates d’ici ne sont pas autorisés dans les services publics ?

  • Jean-Pierre Audet
    Abonné
    lundi 8 février 2010 12h10
    Bravo mesdames
    Comme j'ai écrit à satiété sur ce sujet passionnant, je me contenterai ici de reprendre un extrait de la brève mais percutante réaction de Claude Daigneault : « Plus les femmes vont s'exprimer, plus les idées vont circuler. Décidément, il y a peut-être de l'espoir. "La femme est l'avenir de l'homme". »

    Nos féministes québécoises osent de nouveau s'exprimer. Je m'en réjouis grandement. Et j'appuie leur cause qui est celle de l'humanité entière.

    JPA

  • Gebe Tremblay
    Inscrit
    lundi 8 février 2010 13h01
    McGill n'osait pas...
    ...publier son manifeste en son nom. Elle a plutôt fait appel à ses suppôts à l'UQAM.

    Quel exemple à la génération montante que ces "intellectuels" rampants aux cervelles soumises et formatées.

  • Jacques Saint-Cyr
    Inscrit
    lundi 8 février 2010 14h07
    Les québécois de souche, sans racines
    @Hubert Laroque: Je m'excuse, les québécois de souche ne se sont pas installés sur les terres du Roy de France, ils se sont lovés dans la vallée du Saint-Laurent, avec la permission et en alliance avec les nations indiennes. Cette Alliance est ce qui fait honneur à nos ancêtres et mérite l'attention d'historiens comme David Hackett Fischer, compétent il me semble parce que prix Pulitzer, rien que cela (le Goncourt américain). Cette alliance avec les indiens des pays d'en haut était le début, très porteur, de l'interculturalisme. Porter la ceinture fléchée et se zébrer de bleu tendre ne suffisent pas à faire avancer un débat qui devrait être intellectuel mais qui ne charie que des idées reçues. Si les nationalistes pouvaient se remettre à lire autre chose que des billevesées, nous ne nous en porterions que mieux. Et puis, "écrire, écrire jusqu'à ce que l'on trouve quelque chose à dire" ne rend pas pour autant la pensée plus claire. Je me réjouis de la présence en ce débat d'intellectuels patentés. Il était plus que temps.

  • Martin Auclair
    Inscrit
    lundi 8 février 2010 15h01
    @ M. Daigneault
    Deux des auteurs du Manifeste sont des femmes et plus de deux cents femmes, dont des auteures féministes notoires, ont signé le manifeste. Pourquoi ne pas reconnaître ce simple fait?

  • Normande Poirier
    Inscrite
    lundi 8 février 2010 15h35
    Bravo!
    Je ne peux que vous appuyer. Pour faire avancer le débat, il est important de dénoncer que le Manifeste pour un Québec pluraliste repose sur des prémisses que les signataires supposent admises par tous mais qui sont loin de l'être.

    Si ces intellectuels sont vraiment honnêtes, ils ne pourront pas manquer de le reconnaître et de retourner faire leur devoir!

  • Hubert Larocque
    Abonné
    lundi 8 février 2010 18h23
    Comment définir une identité québécoise?
    Comment définir une identité québécoise? (08-02-2010)
    Socrate, cette noble figure, a prêté flanc à la critique une seule fois. Dans sa recherche de définitions claires, bases de discussion et de savoir, il proposa un jour, par ironie ou erreur, cette définition de l’homme : « Un bipède sans plumes ». Un philosophe rival, Diogène, qui cherchait le défaut de la cuirasse l’entendit et, à quelque temps de là, jeta dans le cercle des disciples de Socrate un coq déplumé : « Voilà l’homme de Socrate! »
    On définit maintenant, avec une étrange unanimité, l’identité québécoise par trois caractéristiques : l’usage de la langue française, l’égalité d’au moins deux sexes et la laïcité. Il s’agit de trois faits dont un seul, l’usage du français, a un ancrage et une réalité identitaires. Après 1960, la Révolution tranquille congédie le lien à la France et la religion nationale. Une fois dépassé le premier défoulement iconoclaste, on se retrouve face au vide, et on reconstruit à la hâte une identité qui tourne vite au dogme.
    La langue française ne suffit pas à cerner l’identité du Québec puisqu’on peut la parler ailleurs sans être Québécois. Ce qui est identitaire, c’est de parler français comme signe de notre histoire et volonté d’y persévérer. Il y a partout des hommes et des femmes. Leur égalité est une question sociale au sens large, nullement identitaire. Quant à la laïcité, elle est un combat sans ennemi, mené par des intellectuels des années 60, contre une Église qui, au même moment, renonçait d’elle-même au cléricalisme. Peut-on exclure le catholicisme de l’identité québécoise alors que nous lui devons en grande partie notre fondation, notre survie, nos valeurs et pendant longtemps notre insertion dans l’histoire universelle?
    Oui, le bipède de Socrate peut encore nous éclairer sur nous-mêmes et nous apprendre à distinguer notre identité de diverses problématiques d’ordres très différents.
    Hubert Larocque, Gatineau.

  • Yves Claudé
    Inscrit
    lundi 8 février 2010 21h46
    L’Idiot vertueux
    Sans vouloir paraître prétentieux, à l’instar de nos pluralistiques « intellectuels » autoproclamés, juchés sur d’improbables chaires universalitaires, j’ai moi même pondu l’autre jour un « Manifeste pour la Vertu » et je me fais fort de trouver moult citoyens de renom, à la douzaine, que dis-je, à la centaine, qui le signeront, ne serait-ce que pour ne pas porter l’odieux d’être sur la place publique « contre la Vertu ». Car je me propose de clouer au pilori tous les malpensants qui refuseront de signer !

    Yves Claudé - Idiot vertueux
    Montréal, le 8 février 2010
    ycsocio[@]yahoo.ca

  • Guy LeVasseur
    Inscrit
    mardi 9 février 2010 05h39
    Une réplique sans diplômes ! Merci
    Merci mesdames pour cet excellent texte éclairant et concis !

    En bonus, en signant votre texte, vous n'avez pas étalé
    vos diplômes qui sont probablement considérables.

    Bravo pour le texte et pour la modestie.
    Ca nous change.

    Guy LeVasseur
    Rimouski

  • Marie-France Legault
    Inscrit
    mercredi 10 février 2010 23h23
    Identité?
    Je ne comprends pas cette éternelle question sur l'identité. Je vis au Canada, donc je suis canadien. That's it.

    Tous ceux et celles qui vivent au Canada sont canadiens. Qu'ils habitent l'Ontario, l'Alberta, le Manitoba, le Nouveau-Brunswick, le Québec.

    Il n'y a pas une nationalité ontarienne, albertaine, manitobaine, québécoise.
    Nous sommes des provinciaux qui habitons un pays le CANADA.

    Tout comme les français qui habitent la Bretagne, la Normandie, le Poitou demeurent français, même s'ils habitent des régions différentes.

    En ce qui me concerne, je suis Canadien...
    Finies les questions: être ou ne pas être? Qui suis-je ?
    Passons à autre chose de plus sérieux.

  • Aghiles Bouktit
    Inscrit
    jeudi 11 février 2010 20h33
    Il y a un seul problème!
    En réalité, un seul phénomène suscite les multiples débats sur les accommodements raisonnables, la charte sur la laïcité, manifeste pour un Québec pluraliste...Ce phénomène politico-socio-religieux est l'islam. Il se passe la même chose en France, en Suisse et d'une manière générale dans toute l'Europe. Des débats précis ont lieu quelquefois ça et là (France, Suisse, Ontario...) sur des éléments nommément désignés de la doctrine islamistre. L'islam est organisé à la manière d’un kit de poupées russes. Il contient l'islam politique qui lui même contient l'islam radical qui contient le fondamentalisme islamique qui contient l'intégrisme islamique qui contient le terrorisme islamique. De l’extérieur, on ne voit que la grande poupée. Les occidentaux ont beaucoup de misère à séparer déjà les deux premières poupées. Les militants de l'islam politique ont l'art de cacher la poupée dérangeante au moment opportun, selon ce qui leur est reproché. Ils ont une "dextérité" intellectuelle telle qu’ils réussissent pratiquement tous les tours de passe-passe qui permet de faire avancer leur agenda politique. Les occidentaux font ce qu’ils peuvent pour cerner ce phénomène nouveau qui ne ressemble à rien de connu dans l’histoire de la civilisation occidentale. Ils ne veulent surtout pas jouer aux poupées russes. Ils pensent qu’à force de considérer ce phénomène comme une chose connue, il finira par devenir cette chose connue. C’est ce que font les rédacteurs du Manifeste pour un Québec Pluraliste. Ils cherchent à « dissoudre » un problème sans le nommer, ni même y faire allusion. C’est la même approche que celle de la commission Bouchard -Taylor. On cherche à escamoter le problème en le noyant dans « le générique », dans le général. Bouchard et Taylor se veulent psychologues : Nous allons désormais traiter les islamistes radicaux comme tout le monde et ils se résigneront à se comporter comme tout le monde. D’où la notion « d’accommodements raisonnables » d’une façon générale. De même, les rédacteurs du manifeste pour un Québec pluraliste essaient de dire aux islamistes radicaux que L’islamisme est banal et n’est qu’un élément du pluralisme, plutôt du multiculturalisme.


    En tant que néo-citoyen canadien, je propose de jouer aux poupées russes. Qu’on arrête de regarder béatement la grosse poupée. Il faut tout défaire pour savoir qui est qui, qui fait quoi, qui veut quoi, qui joue à quoi.
    Si le Québec s’entête, comme l’Europe, à ignorer l’aspect politique radical de l’islamisme en n’ayant d’yeux que pour le pauvre musulman pacifique qui arrive avec peine à joindre les 2 bouts, il va vers de graves problèmes qui perturberont sérieusement la bonne marche de ses institutions et la paix sociale en général. Les islamistes radicaux tiendront la société en haleine et la feront courir jusqu’à l’épuisement.

  • M Dubois
    Inscrite
    dimanche 7 mars 2010 22h47
    IL FAUT RÉSISTER À CE MANIFESTE ET À TOUS CEUX QUI DÉFENDENT LA RELIGION EN SOUS-MAIN
    Ce manifeste fait la promotion de valeurs humanistes avec lesquelles on ne peut qu'etre d'accord, l'ouverture aux autres, le dynamisme culturel, le pluralisme, etc. Mais on sent entre les lignes l'accusation à l'effet que les Québécois ne vivraient pas encore ces valeurs.

    Méfions-nous des philosophes qui auraient trouvé la recette du vivre ensemble et qui ont toujours une religion à nous vendre quand ce ne sont pas toutes les religions comme Leroux.

    Laissons les grands principes de coté pour un moment et essayons de répondre à la question. Voulons-nous des serviteurs de l'état (professeur, infirmières, puéricultrices) portant le voile, le niqab ou d'autres signes religieux ?

    Ils ne sont pas là pour eux mais pour donner des services qui répondent à nos besoins. Ils doivent le faire équitablement sans favoritisme, sans distinction de couleur de peau ni de religion. Comment croire qu'ils seront impartiaux et qu'ils ne favoriseront pas leur groupe d'appartenance si l'on accepte qu'ils s'affichent musulmans, sikhs, etc ?

    On a déjà trop accepté. Dans le quartier Cote-des-Neiges à Montréal, je croise tous les jours au moins quelques femmes au niqab qui vont à la banque. Je ne vois jamais les caissières leur demander de se dévoiler. Comment peut-on accepter uniquement au nom du principe de la sécurité de laisser des gens voilés se promener ainsi. Nous voulons vivre dans une société sécuritaire et pour ce faire nous avons convenu que tous affichent leur visage. Nous combattons en Afghanistan pour qu'un jour les petites filles aillent librement à l'école et puissent vivre à visage découvert. Des soldats canadiens canadiens et québécois sont morts pour cela. Les femmes à la burqa c'est mal en Afghanistan mais c'est ok à Cote-des-Neiges.

    Alors pourquoi le Québec sélectionne-t-il des femmes voilées ? On préfère penser que c'est de l'ouverture alors qu'en fait c'est une dérive. C'est l'acceptation d'une compromission que nous devrons payer un jour de nos libertés.

  • M Dubois
    Inscrite
    dimanche 7 mars 2010 23h13
    UN QUÉBEC COUPÉ EN DEUX
    Les intellectuels d'un coté et le peuple de l'autre. Le récent sondage sur les accomodements déraisonnables montre qu'une grande majorité du peuple québécois est contre le rapport Bouchard-Taylor et contre la molesse du gouvernement Charest. J'entendais Bouchard dire que son rapport est bien reçu à l'extérieur du Québec. Il voulait sans doute dire par le reste du Canada.

    Donc Bouchard-Taylor et maintenant les autres intellectuels du Manifeste ont raison et tout le Québec a tort. Ils sont ouverts et nous sommes frileux. Pourtant je n'ai jamais entendu M. Weinstock auteur du manifeste dénoncer l'Etat d'Israel qui refuse toujours de partager son pays avec les musulmans au nom de la préservation de son identité culturelle et religieuse. Mais il accuse les québécois de ce grand péché de vouloir conserver sa culture, de refuser l'islamisation, de refuser l'irruption de la religion partout alors que la société québécoise est en cours de laicisation.

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