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Manifeste pour un Québec pluraliste

Pierre Bosset, Dominique Leydet, Jocelyn Maclure, Micheline Milot et Daniel Weinstock - Les auteurs sont tous professeurs (sciences juridiques, philosophie ou sociologie) à l'UQAM, à l'Université de Montréal ou à l'Université Laval.  3 février 2010  Actualités en société
Photo : Illustration: Christian Tiffet
Le débat sur l'identité prend un virage dangereux. Une vision ouverte et pluraliste de la société québécoise subit les foudres conjuguées de deux courants en rupture avec les grandes orientations du Québec moderne.

D'un côté, une vision «nationaliste conservatrice» voit le Québec d'aujourd'hui comme ayant trop concédé à la diversité culturelle. L'interculturalisme, la laïcité ouverte, les pratiques d'accommodement raisonnable mettraient en péril une culture québécoise authentique, éclipsant la mémoire de la majorité historique. De l'autre côté, une vision stricte de la laïcité récuse les manifestations religieuses ostentatoires dans la sphère publique. Elle entend renvoyer le religieux hors de l'espace public, au nom cette fois d'une conception de la société qui limite tout signe d'allégeance religieuse au seul espace privé.

Ces deux courants, a priori différents, se rejoignent d'abord dans une même attitude d'intransigeance envers les minorités, exigeant qu'elles se plient à une vision de la société québécoise qu'elles n'auraient pas contribué à forger. Ils se rencontrent ensuite dans l'invocation d'une stricte application des principes de la laïcité à l'encontre de citoyens professant des croyances religieuses tenues pour incompatibles avec les valeurs québécoises.

Mais il existe une autre vision de notre société, plus tolérante et surtout plus dynamique dans sa conception des rapports sociaux. Elle correspond mieux aux exigences du Québec contemporain et doit être défendue.

Le pluralisme et l'interculturalisme

Le pluralisme est taxé de relativisme, de multiculturalisme trudeauiste, de «chartisme», d'antinationalisme, d'élitisme, etc. Mais loin de tous ces «ismes», la position pluraliste considère que les membres des minorités ne doivent pas être victimes de discrimination ni d'exclusion sur la base de leur différence, et l'intégration des immigrants à la société québécoise ne doit pas exiger une assimilation pure et simple. Si l'immigrant doit s'efforcer de s'intégrer à la société d'accueil et de respecter ses lois et ses institutions, cette dernière doit veiller à lever les obstacles à son intégration. Le devoir d'adaptation est réciproque.

La position pluraliste se fonde sur le respect et la reconnaissance de la diversité. Cela ne signifie pas qu'il faille tolérer toutes les pratiques culturelles et religieuses, ni que la société québécoise doive être conçue comme la juxtaposition de communautés repliées sur elles-mêmes. Au contraire, le pluralisme favorise les rapports interculturels et se veut un approfondissement des valeurs démocratiques.

La laïcité

C'est à tort que l'on revendique parfois la laïcité comme si ses principes étaient absents de notre culture publique. Au Québec, l'État élabore les normes collectives indépendamment des groupes religieux ou de conviction. Il exerce sa neutralité en s'abstenant de favoriser ou de gêner, directement ou indirectement, une religion ou une conception séculière de l'existence, dans les limites du bien commun. Cette orientation politique répond à l'exigence de protéger la liberté de conscience et sa libre expression, de même que l'égalité des citoyens. Cela signifie que les droits civiques et politiques ne sont pas conditionnels à l'abdication des croyances et des pratiques de ceux qui les expriment.

On voit cependant surgir au Québec l'idée que l'appartenance religieuse exprimée publiquement serait préjudiciable à l'identité nationale, d'où la nécessité d'adopter une charte de la laïcité. Mais, dans les faits, une telle charte serait avant tout un instrument juridique interdisant la manifestation de l'adhésion religieuse dans la sphère publique ainsi que les demandes d'accommodement pour motif religieux.

S'il est essentiel de s'entendre sur la signification et la portée de la laïcité, l'interdiction pure et simple de toute manifestation d'appartenance religieuse ne répond à aucune nécessité sociale. Une telle interdiction aurait un effet discriminatoire, car elle ne viserait que les croyants appartenant aux religions comportant des prescriptions vestimentaires ou alimentaires. Mais surtout, elle serait disproportionnée par rapport aux objectifs, notamment la neutralité des services publics.

La laïcité s'impose à l'État

Cette neutralité institutionnelle exige que les normes collectives soient appliquées de manière impartiale, quels que soient le sexe, l'origine ethnique ou l'appartenance religieuse. Le fait qu'un agent de l'État affiche un signe d'appartenance religieuse ne l'empêche nullement d'appliquer les normes laïques de façon impartiale; le citoyen ne peut que constater ce signe religieux, de la même façon qu'il peut remarquer l'origine ethnique du fonctionnaire.

Pas plus que la couleur de peau ou le sexe, on ne peut présumer que cette affiliation religieuse constitue une subjectivité qui interfère dans la manière dont le fonctionnaire applique la loi ou le règlement. En revanche, l'interdiction de signes religieux peut être justifiée si ceux-ci entraînent un dysfonctionnement du service, un problème de sécurité, un traitement discriminatoire à l'égard d'autres personnes ou encore, s'ils donnent lieu à un prosélytisme. La laïcité s'impose à l'État, non aux individus.

Les valeurs communes

On parle beaucoup des «valeurs québécoises». Selon certains, les accommodements, le programme Éthique et culture religieuse et autres mesures feraient primer les valeurs minoritaires sur celles de la majorité ou favoriseraient le relativisme. La majorité aurait, au contraire, le droit d'exiger des immigrants qu'ils se conforment à «nos» valeurs. Mais qu'en est-il de celles-ci?

Selon certains nationalistes conservateurs, la diversité ne serait qu'apparente. Il y aurait au Québec une majorité silencieuse qui n'aurait jamais renié ses valeurs traditionnelles, représentant notre véritable identité. Cette rhétorique reflète davantage le volontarisme de ses défenseurs qu'une quelconque réalité de la société québécoise. Par quelle symbiose mystique parviennent-ils à déceler le contenu véritable des valeurs de cette majorité? Force est de constater qu'ils y projettent leurs propres préférences, postulant qu'elles font l'objet d'un vaste consensus.

D'autres critiques prétendent plutôt trouver ces valeurs communes en deçà du foisonnement des modes de vie, dans des principes formulés abstraitement comme la démocratie, les droits, la liberté, le pluralisme et l'égalité entre hommes et femmes. Mais comment définir les limites concrètes de ces droits? Et qu'implique précisément cet engagement au-delà du respect des lois? Tenter de répondre à ces questions, c'est retrouver la complexité à laquelle on espérait échapper. Il serait vain de tenter de réduire la diversité du Québec contemporain, il nous faut plutôt trouver les moyens du dialogue, permettant ainsi la prise de décisions communes par-delà nos différences.

Les chartes des droits et les institutions

La «crise des accommodements raisonnables» a révélé chez certains une crise de confiance dans nos institutions, notamment dans la capacité du droit et des tribunaux à encadrer la mise en oeuvre de ces accommodements sur la base de valeurs et de principes fondamentaux.

Si nos institutions politiques et la délibération purement politique ont un rôle à jouer dans la délimitation des pratiques d'accommodement, on doit veiller à ne pas dévaluer les textes fondamentaux que sont les chartes des droits. C'est pourtant ce que l'on fait lorsqu'on les met en concurrence avec d'autres valeurs, par exemple lorsqu'on présente comme leurs contrepoids nécessaires l'égalité des sexes, la séparation de l'Église et de l'État, la primauté de la langue française ou encore, selon un projet de loi récemment déposé à l'Assemblée nationale, le patrimoine historique du Québec. Mais c'est là un exercice tautologique.

En effet, certains de ces éléments (comme l'égalité entre hommes et femmes) sous-tendent déjà des concepts juridiques généraux tels que l'interdiction de la discrimination. De même, la séparation de l'Église et de l'État, explicitement reconnue par nos tribunaux dès les années 1950, est conceptualisée depuis comme découlant des libertés fondamentales garanties par les chartes des droits.

Les droits et libertés sont plus qu'un ensemble désincarné de normes. Au contraire, le respect des droits des minorités, notamment religieuses, fait partie de notre tradition, dont les chartes des droits sont les héritières.

La voie de la continuité

Les critiques du pluralisme l'accusent souvent de rompre avec la trajectoire historique du Québec. Mais ce sont plutôt les tenants d'une laïcité stricte et d'un nationalisme identitaire conservateur qui choisissent la voie de la rupture.

La Charte québécoise des droits et libertés, l'interculturalisme, la Charte de la langue française, la laïcité ouverte visent à établir un équilibre, toujours mouvant, entre les préoccupations légitimes de la majorité et celles des minorités. La recherche constante de cet équilibre honore le Québec et demeure la condition d'un authentique vivre-ensemble. Nous souhaitons qu'elle se perpétue.

*****

Pierre Bosset, Dominique Leydet, Jocelyn Maclure, Micheline Milot et Daniel Weinstock - Les auteurs sont tous professeurs (sciences juridiques, philosophie ou sociologie) à l'UQAM, à l'Université de Montréal ou à l'Université Laval.

Quelque 150 signataires additionnels appuient le contenu de ce manifeste, dont la version longue et la liste complète des auteurs se trouvent sur le site http://www.pourunquebecpluraliste.org.
 
 
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  • nonauracisme
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 01h40
    Bravo aux chers professeurs: Vous avez mis le point sur un probleme si pas regler va deborder comme en france.
    Quand je vois le debat sur l identite et la burqa en france, je suis tres blesse.J ai peur que ce debat virulent ne vienne au quebec car c est le quebec entier qui seront perdant. J appuies votre initiative pour un quebec pluraliste, mais nous devons elargir ce sujet dans toute la societe pour que la population comprenne les enjeux qui nous guettent.
    Sans etre mechant, je ne pense pas que la france pourra s en sortir comme societe, ils ont trop balayer sous la table beaucoup de problemes, maintenant le diable est sortit de la tombe. Le quebec peux faire mieux que ca.

  • René Girard
    Abonné
    mercredi 3 février 2010 05h35
    Les défenseurs du cours ECR ont de l'ambition
    Depuis que le cours d'Éthique et culture religieuse a trouvé place dans le cursus scolaire (septembre 2008) et que l'on ne cesse de rabattre la dissidence en la situant du côté d'une rupture avec les grandes orientations du Québec moderne, voilà que ce groupe 'sélect' qui ne fait toujours pas l'unanimité, loin s'en faut, décide d'appliquer sa grille d'analyse, savamment mais tendancieusement trafiquée, au concept d'identité. Ce groupe sélect a-t-il été inspiré d'élargir le débat, commencé autour du cours d'Éthique et culture religieuse, sur l'identité? à l'instar de la France qui se penche actuellement sur cette épineuse question de l'identité nationale? Remarquez ici que l'on a sans doute sciemment évité d'accoler l'épithète 'nationale' au concept d'identité car cette connotation nationaliste aurait affaibli l'argument visant un des groupes récalcitrants à qui elle attribue une vision 'nationaliste conservatrice', qui vise ici les cathos purs et durs, genre Ouellet ou Parents catholiques.

    Ces habiles mais malhonnêtes défenseurs de la laïcité ouverte, de l'interculturalisme, prétextant s'appuyer sur la Charte québécoise des droits et libertés et sur la Charte de la langue française en les interprétant selon leur grille d'analyse, prétendent-ils être les seuls à définir ce que veulent l'ensemble des québécois pour un mieux vivre-ensemble? Mais à vouloir tant s'expliquer sur cette question de l'identité qui, à leurs yeux, serait menacé par deux groupes en particulier, n'avouent-ils pas par là leur incapacité à promouvoir ces mêmes grandes orientations? Quelle est l'identité qui est menacée ici? La leur? Ou celle de tous les québécois? Si c'est celle des québécois qu'ils nous disent en quoi est-elle menacée? Et si ils sont si sensibles à la diversité pourquoi alors ne vouloir proposer que leur vision des choses? Est-il normal d'imposer un cours dont un grand nombre d'individus ne veulent pas? Y a-t-il un mal autre que la menace de perdre la raison d'être du Secrétariat des sciences religieuses ou de la Faculté des sciences religieuses de l'UQAM, même appuyée par les signataires de cette lettre, y a-t-il un mal dis-je à exiger que nos enfants soient exemptés de ce cours? Et les incroyants et les athées et les véritables laïques qu'est-ce que vous en faites sinon les baîllonner?

    N'y a-t-il pas conflit d'intérêt en la matière? Le lobby des sciences religieuses dont vous faites partie, de quelque horizon que vous soyez, sciences juridiques, sociologie, philosophie parle davantage suivant un seul scénario, sans aucun respect pour la diversité, car lorsqu'elle se présente, on ne l'écoute pas, on lui dicte quoi faire. Je dis cela tout en étant contre le multiculturalisme, et aussi le multiculturalisme dilué dans la sauce interculturaliste qui revient au même, car la diversité dont je parle s'applique aux individus alors que le multiculturalisme comme l'interculturalisme considère la diversité à l'échelle de groupe qui se distingue principalement selon leur appartenance à une religion, ce qui résulte en une ghettoisation. La diversité s'applique à tous les individus et à chaque individu, qu'il soit de souche ou nouvel arrivant, qu'il croit en dieu ou qu'il croit en rien. Chaque être humain a droit au respect. Malheureusement les défenseurs de l'identité mythique qu'ils essaient de nous faire avaler, et du cours ECR qui va bien avec cette identité mythique, semblent avoir oublié cette simple notion.

    Vous prétendez vous situez en équilibre entre le nationalisme conservateur des cathos radicaux et les laïcs qui 'limite tout signe d'allégeance religieuse au seul domaine privé'. soit, mais s'il est justifié de reprocher aux premiers d'être refermé sur leur seule religion il ne l'est pas d'accuser les laïcs de vouloir être neutre en matière de religion et de l'exprimer concrètement en reléguant la religion ou la culture religieuse dans le domaine privé. La neutralité doit être entendu dans le respect de la séparation de l'Église et de l'État. Une école laïque n'a pas à se porter à la défense de quelque religion que ce soit parce qu'elle a compris l'importance de privilégier l'enseignement des valeurs humanistes universelles qui, au risque de déplaire à certains, n'ont rien à voir avec la religion qui elle, trop souvent, contredit la saine morale.

    La laïcité telle que défendue par ceux et celles qui exigent une Charte de la laïcité se situe vraiment à l'opposé des deux autres positions qui semblent éloignées l'une de l'autre mais en réalité elles sont apparentées. Les radicaux cathos comme les laïcs ouverts défendent les valeurs du catholicisme, les premiers trop exclusivement alors que les seconds arrivent au même résultat en faisant croire à une ouverture aux autres mais qui demeurent AUTRES. La seconde méthode, même si elle est plus efficace et racoleuse, demeure tout de même extrêmement hypocrite.

  • Fabien Nadeau
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 07h01
    Site web
    Le site web mentionné ne fonctionne pas. Mais j'adhère aux idées de cette lettre. Notre identité comme peuple, comme celle de toute personne, est en devenir. Elle se développe dans un tourbillon de forces plus ou moins anarchiques, et ce que nous serons demain sera différent. Pas mieux, pas pire, juste différent.

  • Johanne St-Amour
    Inscrite
    mercredi 3 février 2010 07h23
    Les accomodements religieux ont eu primauté sur l'égalité entre les sexes!
    Dans les faits, il appert que des accomodements religieux ont eu primauté sur l'égalité entre les sexes et étaient totalement sexistes!

    Regardons les structures de pouvoir et le fonctionnement des religions, à la base et au top, elles discriminent les femmes. Parlant juste au niveau des structures de pouvoir, des femmes catholiques se battent pour être prêtre, évêque ou cardinal. Verrons-nous un jour une FEMME PAPE ou une FEMME IMAM? À Québec, Monseigneur Ouellet paient des études actuellement à de jeunes garçons afin qu'ils accèdent un jour à ces postes de pouvoir. Égalité??? On engage des prêtres Africains, Sud-Américains et des laïcs pour ne pas engager de femmes dans ces postes. Sexisme??? Et je ne parle même pas ici de l'imposition de valeurs religieuses rétrogrades qu'on impose à des femmes dans plusieurs religions, la discrimination à la petite semaine!

    Ce texte fait également fi des demandes de plus en plus croissantes partout en Occident de religieux de s'imposer dans l'espace public. Il fait également fi des discriminations que vivent des femmes dans d'autres pays à cause de ces religions.

    Ce texte est une très belle envolée intellectuelle mais il contourne les problèmes de fond! Les gens qui, comme moi, pronent la laïcité se battent pour que les valeurs religieuses qui se vivent au détriment des femmes ne prennent pas le pas sur les valeurs d'égalité. C'est aussi le combat d'une démocratie plus juste.

  • mercredi 3 février 2010 07h46
    L'hyperlien a été activé
    L'hyperlien mentionné à la fin du texte a été activé. Merci aux lecteurs qui ont signalé l'anomalie.

    Le Devoir

  • Pierre Marinet
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 08h14
    Manque de rigueur intellectuelle.
    « (…) car elle ne viserait que les croyants appartenant aux religions comportant des prescriptions vestimentaires ou alimentaires. » À ne pas nommer, cela signifie qu’on cache quelque chose et que donc votre discours risque fort d’être démagogique. Réfléchir sur la société, c’est mettre des mots et des significations là où il le faut. Posons clairement les énoncés du problème.

    « (…) le citoyen ne peut que constater ce signe religieux, de la même façon qu'il peut remarquer l'origine ethnique du fonctionnaire. » Là, on tremble face à votre perception « raciste » car qui vous dit que moi, citoyen, je perçois autrui uniquement par son « origine ethnique »? Vous abusez de ma perception a priori dans votre analyse.

    « (… ) on ne peut présumer que cette affiliation religieuse constitue une subjectivité qui interfère dans la manière dont le fonctionnaire applique la loi ou le règlement. » Et la femme demandant uniquement un médecin autre que homme?

    « (…) s'ils donnent lieu à un prosélytisme (…) » Expliquez-nous comment le voile ou autre objet/habit ostentatoire ne serait pas du prosélytisme?
    Ostentatoire : « Qui est montré avec insistance et sans discrétion »; « qui est fait pour être montré »
    Prosélytisme : le mot « prosélyte » se dit d'une personne récemment gagnée à une cause. Par extension, le voile serait cet objet ostentatoire qui démontre que la personne est gagnée par une cause religieuse ou autre.

    « (…) dans des principes formulés abstraitement comme la démocratie, les droits, la liberté, le pluralisme et l'égalité entre hommes et femmes. » Abstraitement? En êtes-vous certains? J’éprouve ma liberté de manière bien concrète. Pensez-vous qu’un prisonnier politique vit sa détention de manière « abstraite » comme en Iran ou ailleurs?

    Les droits et libertés sont plus qu'un ensemble désincarné de normes. « Désincarné»? On voit que vous n’avez jamais eu de véritables problèmes politiques. Oui, c’est plus que ça mais vous ne le dites pas mais comme vous ne nommez pas, on ne peut vous comprendre.

    « Mais ce sont plutôt les tenants d'une laïcité stricte et d'un nationalisme identitaire conservateur qui choisissent la voie de la rupture. » Le croyez-vous vraiment ou êtes-vous contre les institutions démocratiques qui en termes de libertés se doivent d’êtres strictes? De stricte: « Rigoureux, qui laisse très peu de liberté d’interprétation. » Sinon, vous savez comment on fait avec les interprétations concernant la liberté ou les libertés (cf. à l’Iran pour l’Histoire, avec une grand hache, contemporaine).

  • mercredi 3 février 2010 08h21
    Haute voltige intellectuelle
    Les signataires de ce manifeste ont beau faire preuve de haute voltige intellectuelle, il me semble que leur grande ouverture d'esprit est complètement déconnectée de la réalité culturelle du Québec où l'on a toujours respecté les différences. À ce que je sache, les Hassidim ont toujours vécu en paix à Montréal, malgré le fait qu'ils ont toujours refusé de s'intégrer à nos valeurs sociétales qu'ils rejettent en bloc.
    Pour moi, il ne fait aucun doute que le Québec doit devenir une République et adopter les valeurs républicaines et les récentes décisions de la France d'interdire le port du voile intégral dans l'espace public est tout à son honneur si elle ne veut pas répéter les erreurs historiques de la Tour de Babel.
    Les Québécois sont extrêmement accueillants et tolérants, mais "quand tu habites à Rome, tu as intérêt à vivre comme les Romains..."
    Menacé dans sa survie, le Québec doit absolument se protéger et intégrer ses immigrants plutôt que d'encourager la guettoïsation du multi et de l'inter culturalisme.
    Liberté individuelle, OUI, mais la liberté collective doit primer quand il est question de ces questions fondamentales.
    Le Québec sera républicain, laïque et francophone...ou il disparaîtra.

  • Robert Henri
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 09h06
    Oui mais...
    Si tu viens au Québec sans vouloir te voir assimilé à la langue, aux coutumes, à la culture québécoise, bref si tu refuses de t'assimiler à la majorité québécoise francophone, tu n'as pas ta place ici. Tu seras malheureux et nous aussi.

    C'est aussi simple que ça.

  • Martin Auclair
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 10h03
    Bravo
    ENFIN! Bravo à ce groupe d'universitaires. Nous étions plusieurs à attendre une intervention de ce genre, en particulier dans les pages du Devoir. Merci.

  • Claude Simard
    Abonné
    mercredi 3 février 2010 10h16
    Pourquoi?
    Tout cet écrit de bla bla ne veut pas dire grand chose!!Pourquoi par comparaison ne pas nommer les endroits sur cette terre où un peuple dont la langue parlée dont il est fier devient de plus en plus minoritaire et exige un combat incessant!! On vit en parfaite harmonie avec les immigrés qui font des efforts pour s'intégrer.L'époque de la grande noirceur fait partie du passé.

  • Michele
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 10h19
    Entre réalisme et utopie
    À mon avis, le choix du pluralisme et la prise en compte de la différence au Québec remontent à 1975. L'Assemblée Nationale a adopté la Charte québécoise des droits de la personne en lui conférant un statut de primauté. Par après, toutes
    les institutions publiques hormis l'école (jusqu'en 1997) ont apporté des ajustements afin d'introduire des processus permettant de respecter les normes véhiculées par la Charte.

    Or, le débat malheureusement tourne souvent vers des enjeux politiques occultant le fait que le pluralisme implique aussi, la prise en compte de la femme, des personnes handicapées, ect. . Le pluralisme et la différence ici ne renvoient pas qu' à l'ethnie mais à la personne dans toute son essence.

  • mercredi 3 février 2010 10h22
    Belle enveloppe
    Votre lecture biaisée de la réalité québécoise est enrobée d'une belle enveloppe et d'un vernis qui chantent la grandeur d'âme des concepteurs de ce manifeste et de ceux qui le promeuvent. Mais en réalité, que de mépris déversé sur une majorité qui ne demande que justice pour les femmes du monde entier.

    Ouverture, quel beau mot. Encore faudrait-il la réciproque : ouverture de l'immigrant à nos valeurs dont la tolérance est des plus exemplaires au monde. Notre tolérance excessive est en train de nous jouer des tours. Que d'entourloupettes des intellectuels de votre acabit pour nous faire croire que nous sommes intolérants.

    Je trouve dommage l'amalgame entre la laïcité et les intégristes pure laine comme les Parents catholiques. Je serais plutôt pour un cours d'ECR s'il était bien donné et surtout retardé au niveau secondaire. Mais c'est là une autre question. Votre manifeste s'attaque de front à la cause féministe encore si peu gagnée même chez nous. Ce qui me désole, c'est la furie machiste qui se déverse actuellement encore sur au moins les deux tiers des femmes dans le monde.

    Vous faites l'apriori que les volets ostentatoires des signes religieux s'équilibreront chez nous. Sur quoi vous vous trompez lourdement. Cela fait quarante ans que l'Église catholique chez nous a elle-même démarré le retrait des signes ostentatoires dans les emplois étatiques. Elle s'est faite si discrète que parfois je la trouve retirée dans ses terres, au point où ses représentants ne nous disent qu'en privé à quel point ils seraient prêt à vivre dans une démocratie à la laïcité clairement définie et respectée.

    Vous préjugez, messieurs-dames intellectuels, de la position du bon peuple au nom duquel vous vous prononcez ex cathedra. Ce ne sont pas des extrémistes qui prônent la laïcité totale. Plusieurs ont réfléchi depuis des décennies à la question. M. Guy Rocher n'est pas un fanatique. Sa tolérance est proverbiale. Mais lui comme beaucoup d'autres, dont une majorité de femmes qui sont en désaccord total avec vos positions, de même qu'avec celles de la FFQ et de QS, vont un jour vous amener, je l'espère, à sortir de vos positions intellectuelles d'un angélisme à faire pleurer quand il ne fait pas rire.

    Jean-Pierre Audet

  • mercredi 3 février 2010 10h27
    Une réflexion à approfondir
    Cette réflexion suscite pour moi encore beaucoup d'interrogations mais elle a le mérite d'inviter à plus de rigueur dans ce questionnement majeur. Malheureusement, il m'est impossible d'accéder au site Internet mentionné à la fin de l'article, lequel est irrémédiablement bloqué par mes systèmes de sécurité.

  • Denis Paquette
    Abonné
    mercredi 3 février 2010 10h33
    l'antériorité
    Avec ou sans les droits de l'homme le pluralisme culturel sans antériorités est une chimere

  • mercredi 3 février 2010 10h33
    ...et les subventions aux écoles ?

    Si nous laissons aller, en vertu de notre grande "ouverture d'esprit", il faudra s'attendre un jour prochain à devoir subventionner aussi des écoles coraniques parce que nous subventionnons déjà des écoles juives orthodoxes...
    Et une fois partis, les autres, comme Rael et co se mettront en ligne pour faire respecter leur droit à la différence !

  • Marthe Savoie
    Abonnée
    mercredi 3 février 2010 10h41
    Applications pratiques,
    Dans mon milieu de travail, on rapporte le plus sérieusement du monde qu'un chirurgien oblige les infirmières de sa salle d'op à comprendre sa langue d'origine (arabe pour ne pas la nommer) et la gestion de l'hôpital n'ose pas intervenir et lui fournit du personnel parlant sa langue. Ou encore, une communauté à demandé,il y a quelques années, que la piscine municipale fournissent un rideau partageant la piscine en deux pour la période des bains mixtes et cela a été accepté, séparant et empêchant les hommes et les femmes de se voir durant la baignade. Quelles positions prendraient les signataires du Manifeste pour un Québec pluraliste?
    Je trouve qu'il y a un trop grand écart entre théories et pratiques lors des débats sur les accommodements et les personnes restent sans réponses sur le terrain.

  • mercredi 3 février 2010 10h44
    Le titre est erroné..Manifeste pour le communautarisme et l'islam politique!
    Ce que défendent ces intellectuels à la Bouchard-Taylor est en fait le communautarisme et la ghettoïsation.. Leur interculturalisme n'est rien d'autre que le multiculturalisme et ils le savent.. Hypocrisie!

    Selon eux, il faudrait tolérer les idéologies intolérantes au nom de ce relativisme culturel et religieux. Peut-être ont-ils raison..alors dans ce cas l'État a le droit de choisir et sélectionner l'immigration en fonction de critères d'intégration et de compatibilité culturelle à la société d'accueil.

    Qui sont-il? Pour la plupart, ce sont des idéologues et universitaires épousant des thèses d'intellectuels marxistes tels que Bourdieu , Foucault , etc.

    Ils sont déconnectés de la réalité!!

    M. Weinstock a déjà louangé le rapport Boyd et la charia! Pour Daniel Weinstock, le rapport de Mme Boyd était «extrêmement intelligent, extrêmement fin et rigoureux». Il est en faveur de l'implantation de la charia au Canada. Il faut se rappeller que l'Assemblé nationale du Québec, sous l'impulsion de Mme Fatima Houda-Pépin, a voté à l'unanimité contre ce rapport et l'implantation de tribunaux islamique en Ontario. C'était avant Charest...et Bouchard-Taylor!

    M. Weinstock a déjà été plus honnête lorsqu'il a affirmé que l'interculturalisme était la même chose que le multiculturalisme...


    M. Weinstock était de mauvaise foi ce matin en affirmant que les libéraux et les péquistes étaient dans le même camp..
    Les libéraux..Charest, James et Saint-Pierre épousent en grande partie vos thèses..alors cessez votre démagogie!

    C'est aussi la thèse de Québec Solidaire!

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 10h59
    Attention à l'attrape
    «le respect des droits des minorités, notamment religieuses, fait partie de notre tradition, dont les chartes des droits sont les héritières»

    On peut mettre n'importe quoi là-dedans, des vitres givrées aux tests de conduite sexiste.

    Moi je n'ai pas la moindre confiance en Weinstock qui a tenu des propos méprisants sur les Québécois l'automne dernier

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 11h09
    La liberté
    Imaginez vous les intégristes musulmans majoritaires au Québec: vous verriez apparaître des lois comme la charia et notre liberté se limiterait au droit de nous convertir à l'islam. Nous n'avons pas à concéder ce qui ne nous serait pas concédé. La religion aux lieux de culte et à la maison, point à la ligne. Fini les discussions et les belles paroles doucereuses. L'heure est à l'action. Fini les accommodements raisonnables. Le dernier en liste est l'obligation de permettre à un enseignant de s'absenter AVEC SOlDE tous les vendredis pour lui permettre de prier en communauté. Ridicule.

  • SusanK
    Abonné
    mercredi 3 février 2010 11h40
    SUGGESTION pour Weinstock et ses amis
    Allez-donc vivre avec les intégristes à Montréal pendant trois mois.

    Vous verrez les yeux tristes de ces femmes qui sont forcées à se rendre invisibles aux yeux de la société. Ces mêmes femmes qui constituent la majorité des voilées auxquelles vous ne donnez aucune voix, ni aucune chance de partager la vie avec nous.

    Après, vous pourrez écrire à ce sujet.;

  • mercredi 3 février 2010 11h41
    Et la «correctitude» intellectuelle et politique?
    Intéressante intervention provenant d'intellectuels respectables et «compétents»
    Mais je considère, à tort ou à raison, que je vois poindre la bonne vieille «correctitude» du politiquement correct. Et je pense, à tort ou à raison, que les auteurs manifestent un relativisme absolutiste, ce qui est une contradiction majeure et dangereuse.

    Je pense être un esprit très ouvert. Mais, au risque de passer pour borné, il m'arrive souvent de poser la question: «ET LA MAJORITÉ?».

    Intéressant débat!

    JSB

  • Marco
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 12h09
    Bien beau tout ça!...

    La Charte québécoise des droits et libertés, l'interculturalisme, la Charte de la langue française.... bien beau tout ça! Mais dans les faits, est-ce bien cette charte de la laïcité québécoise qui va prévaloir ou bien ce sera encore et toujours la charte canadienne des droits et libertés, celle qui prévaut présentement et qui balise les droits des nouveaux arrivants?!...,

    Cette charte canadienne garantit aux nouveaux arrivants, entre autres choses, le droit de pratiquer leur langue et leur religion et ne les limite surtout pas quant au port de signes ostentatoires dans les espaces publics. Cette charte prend nécessairement en compte les demandes d'accommodements pour ces mêmes immigrants, si besosin est! Elle leur garantit le droit de choisir leur langue d'enseignement (anglais ou français) Et il n'est pas exclu qu'avant un certain temps cette charte ne puisse leur assurer un quelconque financement pour la construction d'écoles de leur appartenance culturelle!!...

    Alors, jugez par vous-mêmes et voyez combien de ces immigrants connaissent cette charte canadienne, combien ils y tiennent et comment ils l'utilisent afin de préserver des attitudes sectaires et parfois perverses et rétrogrades (les inconvénients et les excès liés au port de la burka dans les lieux publics, par exemple ou quand vient le temps d'aller voter, le visage voilé!!) et éviter ainsi une intégration harmonieuse.

    Quant au pluralisme, ça demeure une attitude, une "vision" comme il est dit plus haut (comme certains illuminés peuvent en avoir à l'occasion!!), une théorie fumeuse qui s'appuie avant tout sur la pensée magique et sur le bon vouloir de ses adhérents!!!

    Par contre, le Droit, enchassé dans une charte reconnue, ça devient une réalité tangible fondée sur le sens commun et sur les valeurs que prévlégie une société à tel moment de son Histoire. Il s'agit d'un cadre de référence et de fonctionnement incontournable qui a été au préalable soumis à une réflexion approfondie et toujours perfectible.

    Une charte de la laïcité peut parfois être contraignante, à la fois dans son élaboration, dans son interprétation et dans son application. Mais elle constituera toujours et, le temps nécessaire, le cadre de référence reconnu et accepté.

    Sans être la panacée universelle, et malgré ses limites propres, une charte de la laïcité a ce très précieux avantage de pouvoir être réexaminée à la lumière de la réalité d'une société dont les valeurs, les moeurs et les mentalités changent et évoluent avec le temps.

    Il est grand temps et pressant qu'une certaine raison éclairée définisse nos agissements autant dans la sphère publique que privée; plutôt que de vouloir élaborer de grands principes inapplicables et/ou de concepts nébuleux par lesquels l'émotivité risque de prendre encore et toujours le dessus! Pour notre plus grand malheur à tous!...

    Le Québec sera républicain, laïc et francophone... ou ne sera plus!! Je suis en accord seulement avec la première partie de votre affirmation, M. Scheider. Mais je sais que le Québec saura faire si on se laisse pas faire!... Nous sommes Québécois!!...

  • Gebe Tremblay
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 12h45
    Des professeurs !
    "Le fait qu'un agent de l'État affiche un signe d'appartenance religieuse ne l'empêche nullement d'appliquer les normes laïques de façon impartiale; le citoyen ne peut que constater ce signe religieux, de la même façon qu'il peut remarquer l'origine ethnique du fonctionnaire."(Les professeurs)

    L'origine ethnique d'un individu ne représente aucune loi spécifique. Un signe religieux, parcontre, représente les lois de la religion ou institution religieuse qu'il représente.

    Les religions abrahamiques ont des codes de lois et se comportent donc en États. Ils ont leurs livres de lois.
    Voilà ce que représentent ces signes ou logos ou "drapeaux".

    Je trouve bien suspects des professeurs universitaires qui tentent de faire croire que la laïcité de l'État doit innévitablement renvoyer le religieux hors de l'espace public. Il me semble évident que le seul but de leur exercice ici est de faire la promotion du multiculturalisme intégral.

  • lephilosophe
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 12h46
    Passer à l'offensive
    Bravo M. Weinstock, il est grand temps de passer à l'offensive contre les forces politiques qui véhiculent la peur de l'autre, son mépris lorsqu'il ne partage pas les mêmes valeurs que l'interlocuteur véhicule. La machine électoraliste qu'est devenue le P.Q. s'est mise en mode de reconquête de la base adéquiste en tablant sur le seul aspect de l'identitaire. Ce faisant ils nagent en plein paradoxe, la majorité canadienne-francaise et d'ascendance catholique bat en retraite dans le confort de la certitude de ses convictions faisant en cela, étrangement, exactement ce que prescrit le multiculturalisme. Chacun défend son identité chacun dans son coin...
    Cette faction péquiste, qui aime également se promener dans les salons huppés et les cénacles du pouvoir politique français, et on se demande quelquefois s'ils ou elles ne sont pas plutôt les représentants de la France au Québec, semble avoir planifier une certaine convergence des forces politiques de l'intolérance.
    Ayant milité plusieurs années à la fois pour l'acquisition des droits égaux pour les communautés gaies et lesbiennes, et pour l'accroissement de leur visibilité dans l'espace public, je comprend très bien certains groupes minoritaires de vouloir accroître leur visibilité à défaut d'une véritable reconnaissance économique, sociale et politique de leur existence. Vouloir les cacher ne fera que renforcer leur détermination. Ainsi va la logique du minoritaire.
    En tant que blanc, québécois de souche, de culture catholique quoique non-croyant, on voudrait me faire croire que j'appartiens à cette majorité dont les droits et les valeurs sont menacés? Faites-moi rire, je ne sais que trop que lorsque l'intolérance progresse elle avance de plus en plus visage découvert dans tous les aspects des libertés civiles qui sont les garantes de nos libertés politiques.
    De plus il est quand même incroyable que des nationalistes québécois s'en prennent à des minorités FRANCOPHONES,alors que la menace qui pèse sur le français ressurgit partout à Montréal. Il semble que le réflexe de repli ne soit que la répétition de celui des années trente quand les écoles francophones refusèrent d'intégrer les enfants juifs pour cause de religion avec pour résultat que la communauté juive s'est résolument tournée vers les anglophones. Nos élites nationalistes ne sont-elles pas en train de commettre la même bévue.
    Toujours est-il que votre manifeste pluraliste arrive à un bon moment et doit être suivi de la mise sur pied d'une véritable organisation civique visant à contrer la visible montée de l'intolérance et de la xénophobie au Québec comme d'ailleurs dans l'espace francophone 'européen'.
    le philosophe

  • mican
    Abonné
    mercredi 3 février 2010 12h58
    Belle masturbation intellectuelle
    <Ding dong>

    Bonjour bonjour !! Entrez !! Faites comme chez-vous !!

    Si votre religion vous interdit d'enlever vos bottes d'hiver avant de marcher sur mon tapis de salon, j'espère que vous les conserverez car je suis un intellectuel qui vous respecte. De par ma culture, j'aime bien voir le visage des gens à qui je m'adresse car le langage non-verbal de mon interlocuteur est pour moi aussi important que le langage verbal et votre sourire me fait le plus grand bien mais j'espère que vous vous respecterez suffisamment pour ne pas respecter votre hôte. Enfin, si ce que je suis vous dérange trop, j'espère que vous serez suffisamment à l'aise pour m'indiquer ma propre porte de sortie. Je m'excuse d'exister et de vous avoir accueilli à bras trop grands ouverts.

    -- Un Québécois de banale origine canadienne-française.

  • Monia Ayachi
    Inscrite
    mercredi 3 février 2010 13h13
    Quand les intellectuels brisent le silence avec beaucoup d’objectivité et de délicatesse

    Je tiens à saluer tous (te)s les professeurs et les intellectuel(le)s qui se sont mobilises pour briser le silence et expliquer le fait religieux.
    Ce sujet n’est pas propre à la société québécoise, il préoccupe le monde entier et nécessite une compréhension universelle.
    Le fait religieux a toujours existé. L’ignorer pourrait être la source de plusieurs problèmes et constituer un trouble social pour nous et pour les nouvelles générations.
    Le fait religieux est malheureusement instrumentalisé politiquement et intellectuellement et représente une forme d’agression contre toute résistance humaine et contre des populations faibles pour les asservir et les priver d’une liberté supposée la seule évidence qui permet le développement et le bonheur humain.
    Le fait religieux est devenu de nos jours lié à la peur et la terreur alors qu’il a toujours existé pour assurer une harmonie humaine entre l’intellect, l’esprit et le corps, et entre l’individu et son environnement et sa relation avec l’autre. La terreur empêche même la compréhension de ce malaise que vit l’individu dans la société et l’expose à une série de clichés et de préjugés comme s’il sortait à l'instant des cavernes ou qu'il soit inapte à la modernité alors qu’il est son produit et sa conséquence. Une opposition incompréhensible qui ne permet pas une jouissance sociale et individuelle.
    La peur de l’autre qui manifeste une certaine religiosité nous renvoie vers une sphère très étroite de la laïcité et nous prive du vivre ensemble paisible entre croyants et non croyants.
    Le fait religieux est gravement instrumentalisé dans les pays en voie de développement pour servir d'opium et éloigner les populations de leurs vrais droits et problèmes et les maintenir en état de sujets interdits de demander des reformes et domestiquer par une culture religieuse d'esclavagisme.
    Pour ces raisons et d’autres nous assistons à une manifestation religieuse très différente de ce qu'on appelle les signes ostentatoires.
    Dans une société universelle, tous les individus pourraient vivre leurs convictions et leurs libertés principales : manger, boire et s’habiller sans contrainte tant que ceci ne nuit pas à autrui. Le contrat social est basé sur le respect des lois et aussi sur un bien collectif qui est la paix sociale et la solidarité entre les citoyens.
    L’expression de « signes ostentatoires » n’était pas loin de ce concept de fabrication moderne et qui traduit le déchirement et le malaise que vit le monde arabo-musulman qui s’est trouvé à la marge sans jouir des mêmes droits à la liberté et à la démocratie comme en occident : Un double discours. Pourtant ses richesses sont toujours exploitées sans qu’il puisse rétablir une certaine quiétude à son interne.
    Devant ce fait les populations arabes et musulmanes se sont refugiées dans des courants différents de résistance :
    Une résistance intellectuelle inspirée du communisme et du socialisme.
    Une résistance intellectuelle inspirée des lumières et de la laïcité des états modernes..
    Une résistance intellectuelle inspirée de la religion et donc de l’islam qui est la constitution fondamentale des pays arabo musulmans.
    Tous ces courants souffrent et n'arrivent pas à trouver des solutions venant en aide aux populations pour réconcilier le politique avec les libertés. L'action de domination très politisée nous plonge dans le choc des civilisations et le conflit entre le religieux et l’athéisme pour transformer la simple pratique religieuse pour acquérir la paix interne en une forme de stigmatisation ,de discrimination et d’exclusion à l’intérieur et à l’extérieur des pays arabo-musulmans. Une projection de peur internationale et de terreur du fait religieux islamique même par le plus futile des éléments un vêtement qui a toujours existé pendant l’histoire humaine. Je me demande qui en profite de tout cet amalgame et pourquoi on ne cherche pas dans les raisons.
    Je vous remercie cher (e)s professeurs et intellectuel(le)s pour votre implication et votre profond sentiment de responsabilité d’expliquer à la population la nécessité de vivre cette pluralité religieuse en paix et en tout respect pour le bien commun.
    Mes sincères et respectueuses salutations du fond de mon cœur.

  • Gebe Tremblay
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 13h17
    Bras dessus bras dessous
    L'hypocrisie ici est de se présenter comme un groupe de professeurs universitaires lorsqu'en fait nous avons à faire avec un représentant de la communauté juive, Daniel Weinstock, qui supporte l'intégrisme islamique tout comme le fait aussi le Vatican, ces trois religions ennemies liées comme des mousquetaires pour leur cause contre la laïcité.

    Voilà l'influence politico-religieuse à l'oeuvre dans nos institutions d'État, en éducation, et pourquoi il faut une laïcité à 100% dans tout l'appareil d'État.

  • mercredi 3 février 2010 13h40
    Bravo Marco
    Si tous ces beaux discours ronflants n'avaient pas fait monter jour après jour mon émotivité au sujet des soi-disant «ouverts», voilà ce que j'aurais pu écrire à la place de mon brûlot plus haut. Merci à vous de l'avoir fait a ma place. Je partage votre point de vue, de même que son calme et sa rationalité. Viendra un jour, du moins j'espère, où toutes les religions reconnaîtront avantageux de laisser tomber le prosélytisme et ses corollaires que sont les signes religieux ostentatoires au service de l'État québécois.

    JPA

  • Godefroy
    Abonné
    mercredi 3 février 2010 14h18
    Manifeste du Parti pluraliste du Québec
    Un manifeste puis un colloque pour quoi faire ?

    Il n'y a que des universitairres dans ce groupe ! Qui d'autres vous appuient ?

    Qui se chargera de définir et faire appliquer les possibles accommodements ! Vous peut-être.

    Vous être entre l'arbre et l'écorce.

    Sortez dehors, regardez et écoutez. Qu'est-ce que vous proposez concrètement ?

    On attend

  • mercredi 3 février 2010 15h28
    Vent et tempête
    Le vent semé par le Manifeste pour un Québec pluraliste a récolté suffisamment de tempêtes dans les commentaires qui précèdent pour que je n'en ajoute pas plus.
    Je m'inquiète seulement du discrédit pour la profession universitaire que ce Manifeste entraîne. Parler de vision «stricte» de la laïcité «qui limite tout signe d'allégeance religieuse au seul espace privé» est indigne d'un-e universitaire, quelque discipline qu'il ou elle enseigne. Comparer le port de signes religieux à la couleur de la peau (origine ethnique), est du même ordre.
    Quant à «la trajectoire historique du Québec», nos signataires du manifeste oublient souvent qu'elle comporte le Mouvement laïque de langue française, dès le début des années soixante. Il y a cinquante ans, donc. Je vous vois aujourd'hui prétendre décider des «grandes orientations du Québec moderne». Je vous recommande, pour arriver à cet «authentique vivre-ensemble» que vous dites souhaiter, de répondre aux arguments que ne cessent de répéter les laïques authentiques plutôt que d'inventer des épouvantails, d'accuser (intransigeance,discrimination, exclusion, interdiction de l'expression religieuse), et décréter le bien du haut de vos chaires.
    À bon entendeur,
    Bernard La Rivière, Ph.D théologie

  • Claude Gilbert
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 15h30
    Un fait demeure, et il est têtu.
    Tant que le Québec fera partie du Canada, la charte canadienne des droits et libertés s'appliquera au Québec et aura préséance sur la charte québécoise et les lois provinciales.

    Et tant que la Charte canadienne s'appliquera au Québec, il sera impossible de faire une charte de la laicité applicable, à moins d'obtenir un amendement constitutionnel ou d'adopter une clause nonobstant à tous les cinq ans. Dans un cas comme dans l'autre, ce serait politiquement et médiatiquement très difficile à faire passer dans le reste du pays. Les Canadiens des autres provinces ne veulent pas entendre parler de Constitution et l'usage de la clause nonobstant, quoique légale, est de plus en plus discrédité à mesure que le temps passe (ceux qui y ont recours passent pour hostiles aux droits individuels). Il serait impossible de prétendre que le Québec est une société oû la diversité religieuse est plus problématique qu'ailleurs (comparé à l'Ontario ou à la Colombie-Britannique), quand dans les faits elle est la plus homogène sur ce continent au nord du Mexique (selon la Commission des droits de la personne analysant les données du recensement fédéral de 2001, 90% des Québécois sont de confessions chrétiennes diverses, incluant nombre d'anglos et d'immigrants). À mon avis, le projet de charte de la laicité est mort né aussi longtemps que le Québec ne sera pas indépendant. Je l'affirme comme un constat brut, et non comme un argument en faveur de la souveraineté.

  • Paulyne Gauvin
    Abonnée
    mercredi 3 février 2010 15h32
    Excellente mise au point et bel engagement
    Je suis heureux de la publication de ce manifeste, de l'excellente mise au point qu'il constitue sur le pluralisme, l'interculturalisme et la laïcité ouverte à promouvoir au Québec qui, d'ailleurs, en vit déjà, enfin de l'engagement dont il témoigne de la part de nos universitaires.

  • Godefroy
    Abonné
    mercredi 3 février 2010 15h51
    Est-ce qu'ils se voilent la face ?
    « Comme je l’ai expliqué à M. Weinstock et à son audience de l’UNESCO, le voile de ma sœur musulmane crie à tous ceux qui ont un peu de cœur pour l’entendre, qu’elle est réservée aux musulmans et aux convertis bien circoncis. Les voiles sont, à n’en pas douter, des cloisons ambulantes, si elles ne sont pas carrément hideuses et dégradantes (voiles intégraux). Le vivre-ensemble (j’insiste sur ensemble) dans ce cas est forcément très difficile, si ce n’est impossible. A moins que M. Weinstock ne se voile la face, son concept de « laïcité ouverte » risque de se révéler résolument promoteur d’un laisser aller, d’un laisser vivre à côté, à part ou carrément à l’écart. Ceci n’est pas un projet d’avenir, nullement souhaitable pour un Canada ou pour tout autre pays libre, accueillant et ouvert. »

    Pascal Hilout

  • mercredi 3 février 2010 16h23
    Ce qui est Manifeste
    Le « Manifeste pour un Québec pluralise » a l’avantage de pouvoir servir de puissant contrepoids au laïcisme, non seulement par le nombre de ses adhérents, mais surtout par son rejet de l’intolérance à l’égard du religieux.

    Il a par contre le travers de tomber, de façon Manifeste et là aussi de tout son poids, dans la négation de la nation québécoise qui ne lui semble pas avoir existé avant l’adoption des Chartes. Pour ses auteurs en effet, les « valeurs traditionnelles » du Québec n’existent pas, et pas beaucoup plus ses valeurs de modernité, telles la démocratie, la liberté, l’égalité entre hommes et femmes, tout cela étant de beaux principes abstraits vides de portée pratique.

    Que reste-t-il alors et que faire de façon Manifeste ? Il ne reste plus, nous dit-on, qu’à « trouver les moyens du dialogue, permettant ainsi la prise de décisions communes par-delà nos différences. »

    Nous retrouvons bien là l’idéologie qui sous-tend le cours ECR et qui conduit au relativisme, au multiculturalisme ou au chartrisme, faute de proposer des valeurs communes et pas davantage de balises et de critères permettant les décisions communes face à une mosaïque éclatée de cultures ou de conceptions séculières de l’existence.

  • Johanne St-Amour
    Inscrite
    mercredi 3 février 2010 16h29
    Le Dalaï Lama féministe?
    Si même le Dalaï Lama prend position pour l'égalité des femmes dans les religions pourquoi pas d'éminent(e)s professeur(e)s québécois?

    Si même Jimmy Carter, Desmond Tutu, Nelson Mandela qui font partie du groupe The Elders, dénoncent le rôle des religions dans l'oppression des femmes, pourquoi pas Québec Solidaire et la FFQ qui ont le font à moitié, du bout des lèvres affirmant un féminisme mou, un féminisme-gélatine, "un féminisme light" comme disait un Internaute ou encore un féminisme à deux vitesses comme disait un autre Internaute?

    "The Elders (2) se penchent sur le rôle de la religion dans l’oppression des femmes et ont émis une déclaration commune exhortant les chefs religieux à « corriger toutes les pratiques discriminatoires de leur culte et de leurs traditions »."

    "Bien sûr, les chefs de guerre du Congo ne citent pas les Écritures pour justifier leurs innombrables viols - même si le dernier chef de guerre que j’ai rencontré là-bas se prétendait pasteur et arborait un macaron portant la mention « Rebelles au service du Christ ». L’assassinat par le feu de jeunes mariées en Inde ne fait pourtant pas partie des rites hindous. Et aucun verset du Coran n’ordonne à des Afghans sans scrupules d’asperger d’acide le visage des fillettes qui osent aller à l’école."

    Tiré de "La religion et les femmes", un article de Nicholas D. Kristof, du New York Times, traduit par Marie Savoie, ici:

    http://sisyphe.org/spip.php?article3503

  • Pierre Bernier
    Abonné
    mercredi 3 février 2010 17h05
    Bel exercice théorique… désincarné !
    Le Québec, à l’instar de n’importe quelle autre société vivante, n’est pas destiné à perdre son âme en se prenant pour ce qu’il n’est pas.

    L’ambition manifeste d’exemplarité universelle derrière cette vision qui se veut mobilisatrice (à la manière de celle imposée à nos ancêtres qui se voyaient conférer la mission naïve, mais néanmoins impérialiste et colonisatrice, d’évangéliser le continent !), occulte les potentiels biens réels de la situation sociologique, politique et juridique qui prévaut aujourd’hui sur le territoire québécois.

    L’apport attendu de la société québécoise par la planète n’est certainement pas que celle-ci se prenne pour une ONU des religions (ou autres mœurs non respectueuses de l’égalité des personnes dans la sphère publique et de la légalité de leurs rapports dans la sphère privée) en session permanente.

    Seuls, peut-être, le territoire antarctique ou la lune pour quelques temps encore ? pourrait se prêter cette ambition, dans l’indifférence général.

    Par ailleurs, en ce qui concerne les conditions de fonctionnement dans la sphère publique, on n’est pas au Québec devant une page blanche. Toute vision proposée pour l’organisation de la vie des individus sur le territoire québécois ne peut encore une fois laisser croire aux citoyens québécois, si naturellement « accueillants », que l’État québécois, avec son statut d’« État-nation fédéré à la canadienne » par une constitution que ses représentants légitimes n’ont jamais été autorisés à entériner, est le seul « maître des horloges ».

    On a beau se complaire dans l’abstrait, il est étonnant que les premiers signataires de ce qui se veut un manifeste mobilisateur (les autres parapheurs étant réduits à souscrire à l’œuvre élaboré, à titre de « nouveaux arrivants » bien évidemment non autorisés à réécrire le texte) n’est pas mieux pris acte de l’existence d’un cadre juridique et de deux Chartes des droits (de l’homme ou de la personne) sur le territoire québécois ainsi que de la hiérarchie concrète des dispositifs d’application des normes qui en découlent, aussi bien pour la collectivité que pour les individus.

    Le monde n’attend pas du Québec qu’il se transforme en une Tour de Babel échafaudée par des penseurs engagés dans une réflexion étroite et désincarnée qui ne souhaitent pas prendre la mesure de l’épaisseur de la réalité.

    De même, la majorité des concitoyens de la planète qui connaissent déjà cette société et ses œuvres ne souhaite pas que le Québec implose (à la manière du Liban) après être devenu le lieu permanent de tous les affrontements issus de l’histoire des autres.

  • mercredi 3 février 2010 17h21
    Du pipeau!
    « Le fait qu'un agent de l'État affiche un signe d'appartenance religieuse ne l'empêche nullement d'appliquer les normes laïques de façon impartiale; le citoyen ne peut que constater ce signe religieux, de la même façon qu'il peut remarquer l'origine ethnique du fonctionnaire »

    Selon le second article de la loi sur la laïcité de 1905, la République ne doit reconnaître, ni salarier, ni subventionner aucun culte. Donc pas de propagande religieuse dans l'État, fonctionnaires inclus. On naît avec une couleur de peau et un genre, pas avec une religion, pas avec des signes religieux!

    En tant que citoyen, avec votre pluralisme et votre «laïcité ouverte» ma liberté de financer aucun culte religieux est bafouée.

    Marc-Aurèle Lachance
    Partisan pour la laïcité.
    Et non partisan d'une laïcité avec épithète!

  • Passeport rouge
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 17h37
    Des belles idées!
    Des beaux mots: "discrimination", "intolérance", "exclusion". Mais qui manque de respect à qui dans ce débat? Qui refuse les valeurs et les coutumes de notre société en essayant de changer nos lois en se servant de notre Charte des droits et libertés? Qui s'exclue de lui-même en portant des signes ostentatoires pour affirmer sa différence? Qui est vraiment xénophobe? Peut-on à la fois prétendre être Québécois et Canadien, profiter de tous les avantages que le monde occidental offre, et refuser d'adhérer à la vision et à notre plan social élaborés au fil de 400 ans d'histoire?

    J'ai vécu deux ans dans un pays musulman. Contrairement aux propos des Bouchard-Taylor et des intellectuels imbus d'idéologies complètement déconnectées de la réalité des pays musulmans, ignorants de la montée de l'instrumentalisation de l'islam à des fins politiques partout dans le monde, aveugles sur les conséquences négatives sur nos valeurs fondamentales telles que la démocratie, la liberté d'expression et l'égalité de l'homme et de la femme, je sais, par mon vécu, ce que vivre dans un pays musulman géré par la charia signifie au quotidien. Non seulement pour la femme, mais aussi pour l'homme. Perte de la liberté. Endoctrinement. Totalitarisme. État géré par le Coran.

    Il y a trois ans, un an après la tentative de légaliser la charia en Ontario, j'ai quitté un emploi pour écrire un roman inspiré de ma vie en Algérie et intitulé "Passeport rouge". Ce n'est pas une thèse didactique d'une intellectuelle reconnue. Non. C'est le témoignage d'une citoyenne ordinaire plongée dans la réalité quotidienne d'un pays dominé par un régime militaire appuyé par la religion. J'aimerais bien que les initiateurs et initiatrices de "Pour un Québec pluraliste" vivent en Arabie saoudite quelques mois. Qu'ils confrontent leurs idéologies à la réalité pure et dure avant d'appuyer le discours des islamistes qui nous accusent de "racistes", de "xénophobes", "d'intolérants" à chaque fois que nous voulons protéger notre identité nationale et nos valeurs.

    Quel peuple digne de ce nom veut se compromettre à ce point? Où sont notre fierté et notre dignité? Sommes-nous devenus amnésiques? Des groupes soi-disant bien intentionnés veulent réintroduire dans notre société l'intolérance, l'exclusion, la discrimination dont nos grands-mères et nos mères ont été victimes pour l'appliquer à des immigrantes pour qu'elles deviennent des citoyennes de second ordre, au nom de la "tolérance" et de "l'intégration"? Car ne nions pas que tous ces beaux discours se cristallisent autour du voile, de la femme que toutes les religions aiment asservir. Au nom de Dieu!

    Je ne comprends pas que ceux qui adhèrent au propos de Messieurs Bouchard-Taylor ne comprennent pas qu'ils vont à l'encontre de la modernité. Que diraient les intellectuels du Siècle des Lumières?

    Suzanne Gagnon.

  • Claude Gilbert
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 17h39
    @ M. Marc-Aurèle Lachance
    Dans la France régie par la loi de 1905, la République ne salarie et ne subventionne aucun culte... mais elle répare et entretient toutes les églises (pas seulement les monuments historiques) par l'intermédiaire des municipalités. Et l'école républicaine n'enseigne aucune religion et interdit aux élèves le port de signes religieux ostentatoires; mais l'horaire est aménagé de manière à laisser quelques heures d'activités parascolaires chaque semaine, durant lesquelles un curé peut venir faire de la pastorale à l'école. Eh oui!

    Si on proposait au cardinal Ouellette le choix de cette laicité à la française, j'ai l'impression qu'il l'achèterait encore plus vite que les autres évêques.

  • Marie Lauzier
    Inscrite
    mercredi 3 février 2010 19h38
    Texte magistral
    J'y adhère.

    Surtout parce que je suis CONTRE l'assimilation de qui que ce soit mais je suis POUR l'intégration de forces vives dans notre société non-sclérosée.

    C'est une question de vie ou de mort pour le Québec francophone.

  • mercredi 3 février 2010 20h11
    Laisser mijoter à feux doux pendant quelques années...
    Bravo pour ce texte. Un hyme intelligent à la diversité. Le Québec est une terre d'accueil depuis 400 ans; à l'exception d'une minorité d'entres nous, les Premières Nations, dont on ne peut qu'apprécier la mention dans le manifeste, nous sommes tous des immigrants.

    L'immigration est l'histoire et surtout l'avenir du Québec. Une attitude d'ouverture est souhaitable et nécessaire si l'on veut profiter de cette richesse que peut représenter ces arrivés pour un pays comme le nôtre appelé à réunir sous son toît plusieurs perspectives culturelles. Quand vous connaissez 2 cultures, 2 langues, 2 pays, vous en savez 2 fois plus que les autres. À mon sens, vous êtes donc une richesse. Oui, il faut bien se garder de tomber dans le relativisme culturel, mais le dialogue lui, sera toujours souhaitable dans toutes circonstances. Je me réjouis donc et remercie ce groupe d'universitaires qui à leur façon, ouvrent le dialogue de manière civilisée et intelligente.

    Laisser mijoter à feux doux pendant quelques années... le secret est dans la cuisinière!

  • Martin Auclair
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 20h49
    @ Marie Lauzier et Alexandra Lapierre
    Merci pour vos commentaires, rafraichissants et rassurants

  • mercredi 3 février 2010 23h32
    Quelle bouffée d'oxygène!

    Excellente analyse de la situation.

    ''...l'interdiction pure et simple de toute manifestation d'appartenance religieuse ne répond à aucune nécessité sociale.''

    Bien vu.

    Ne vous découragez pas chers professeurs et professeures!

    Vive la liberté de choisir pour tous les citoyens du Québec!

  • René Girard
    Abonné
    jeudi 4 février 2010 00h39
    Raisonnement puéril
    De la part d'une élite intellectuelle il est surprenant de voir étaler sans gêne un raisonnement aussi puéril que celui-ci : "Pas plus que la couleur de peau ou le sexe, on ne peut présumer que cette affiliation religieuse constitue une subjectivité qui interfère dans la manière dont le fonctionnaire applique la loi ou le règlement." À moins de s'appeler Michaël Jackson on ne choisit pas sa couleur de peau. On ne choisit pas non plus son sexe, ni vers quel sexe nous serons attiré une fois devenu adulte. Par contre la religion est le résultat d'un choix, imposé ou non. Semblerait que cela vous ait échappé. La religion donc n'est pas un attribut naturel et c'est pour cela que l'on utilise le terme surnaturel que moi je traduis plus justement par contre-nature. Car il s'agit bien de cela lorsque l'on regarde de près les enseignements des religions, monothéistes principalement. Contre la nature, contre la raison, contre la science, enfin contre l'être humain qu'elles avilissent au profit d'une surnature mythique mais ô combien payante pour les diffuseurs du mensonge, qui se plaisent à faire passer pour vrai des stupides contes de fées.

  • nonauracisme
    Inscrit
    jeudi 4 février 2010 02h50
    Liberte,egalite, fraternite: nouveau slogan du quebec.
    Avec l immigration vient la diversite et le pluralisme. Cela ne veux pas dire que les nouveaux arrivants doivent se permettre tout, mais en tant que payeur dimpots doivent avoir les memes droits que le reste de la population. On ne peut vivre au quebec en 2010 comme on vivait en 1900? Pas de bon sens. Le monde a change et evolue, ceux qui se ferme se retreverons derriere et en retard.
    Vivle pluralisme, vive la republique.

  • De St-Éloi
    Abonné
    jeudi 4 février 2010 06h59
    Contradiction
    Les auteurs de ce manifeste utilisent le bon vieux truc qui consiste à se positionner au centre de deux courants extrêmes, le courant nationalisme conservateur et celui de l'une licite extrémiste.

    Pour ces auteurs et leurs cosignataires, il n'y a pas de valeurs communes définissables au Québec :

    «Selon certains nationalistes conservateurs, la diversité ne serait qu'apparente. Il y aurait au Québec une majorité silencieuse qui n'aurait jamais renié ses valeurs traditionnelles, représentant notre véritable identité. Cette rhétorique reflète davantage le volontarisme de ses défenseurs qu'une quelconque réalité de la société québécoise. Par quelle symbiose mystique parviennent-ils à déceler le contenu véritable des valeurs de cette majorité? Force est de constater qu'ils y projettent leurs propres préférences, postulant qu'elles font l'objet d'un vaste consensus.

    D'autres critiques prétendent plutôt trouver ces valeurs communes en deçà du foisonnement des modes de vie, dans des principes formulés abstraitement comme la démocratie, les droits, la liberté, le pluralisme et l'égalité entre hommes et femmes. Mais comment définir les limites concrètes de ces droits? Et qu'implique précisément cet engagement au-delà du respect des lois? Tenter de répondre à ces questions, c'est retrouver la complexité à laquelle on espérait échapper. Il serait vain de tenter de réduire la diversité du Québec contemporain, il nous faut plutôt trouver les moyens du dialogue, permettant ainsi la prise de décisions communes par-delà nos différences.

    Autrement dit ces valeurs communes sont le fruits du phantasme de chacun, et dans leur optique de chaque minorité culturelle.» (je souligne)

    ET POURTANT :

    «La «crise des accommodements raisonnables» a révélé chez certains une crise de confiance dans nos institutions, notamment dans la capacité du droit et des tribunaux à encadrer la mise en oeuvre de ces accommodements sur la base de valeurs et de principes fondamentaux.

    Si nos institutions politiques et la délibération purement politique ont un rôle à jouer dans la délimitation des pratiques d'accommodement, on doit veiller à ne pas dévaluer les textes fondamentaux que sont les chartes des droits. C'est pourtant ce que l'on fait lorsqu'on les met en concurrence avec d'autres valeurs, par exemple lorsqu'on présente comme leurs contrepoids nécessaires l'égalité des sexes, la séparation de l'Église et de l'État, la primauté de la langue française ou encore, selon un projet de loi récemment déposé à l'Assemblée nationale, le patrimoine historique du Québec. Mais c'est là un exercice tautologique.»

    Autrement dit , étant donné que nous sommes incapables ou qu'il est difficille de définir des valeurs communes nous devons nous en remettre à l'application de la charte par les tribunaux.
    Pourtant, même si empiriquement, on ne peut définir de telles valeurs nous savons que les sociétés et les nations ont des valeurs différentes. Au Canada, il n'y a pas de définition de valeurs culturelles communes, la seule politique culturelle commune est celle du multiculturalisme, soit un dialogue des communautés culturelles. C'est la position que défendent les auteurs de ce manifeste.
    Et pourtant nous savons à terme qu'à Toronto, ou ailleurs au Canada, les individus en viennent à parler anglais, à lire des best-sellers américains, â regarder des films américains et canadiens, etc. Dans tous les pays du monde, les immigrants parlent la langue du pays, adhérent à ses valeurs, et consomment ses productions culturelles. Est-ce de l'assimilation? Comment appeler ce phénomène? Les individus se détachent de leur communauté d'origine pour adhérer, au cours d'un processus qui peut durer deux ou trois générations, à un corpus commun de culture et d'attitudes. Pour ma part je prétends que ce processus est individuel et qu'il implique un détachement de la communauté d'origine, vers un nouveau tronc commun d'attitudes, modifié par l'apport de chacun. C'est le sens profond de l'immigration, il me semble. Celui partir pour se retrouver ailleurs. Seulement, quand la culture de ce pays dans lequel on s'insère est définie comme le dialogue de communautés culturelles, on a un problème, parce que le geste de l'immigrant est un geste de rupture de sa communauté d'orginine vers un ailleurs qu'il désire autre.
    Pour ce qui est du port de la burka, je pense comme bien d'autres que la burqua n'est pas un signe religieux, mais un signe politique avant tout. Que son imposition dans les pays musulmans est un geste politique précisément dans des états où la séparation entre religion et état n'a pas été consommée. C'est pour cette raison que le port de burka est tellement problématique, elle signifie le rejet de la liberté individuelle, qui est une des valeurs fondamentales des états démocratiques comme le Québec. Le problème de l'Islamisme et de l'intégrisme ne peut-être résolue par une approche communautariste et multiculturelle, mais par une approche qui met la liberté individuelle au coeur de l'expression des hommes et des femmes, ce qui n'a rien à voir avec le communautarisme, mais à l'adhésion d'une culture démocratique commune, culture recherchée par celui ou celle qui fuit justement sa communauté d'origine.

  • Denis Beaulé
    Abonné
    jeudi 4 février 2010 07h02
    D'accord avec ce Manifeste
    Il est 'complet'. Il fait le tour.

  • jeudi 4 février 2010 09h10
    Bouchard-taylorisme impénitent
    À lire ce manifeste, on se demande si l’institution qui emploie ses auteurs – tous des universitaires – n’est pas devenue une redoutable fabrique d’idées confuses. L’Université de Montréal ne se veut-elle pas de nos jours « un haut lieu de savoir… VIVRE » ? Voilà où conduit l’école primaire lorsque sa mission fondamentale n’est plus de promouvoir l’esprit critique, mais d’apprendre à être avant toute chose GENTIL.

    Quel écart abyssal entre cette macédoine de bons sentiments et la lettre que le professeur Abdeljalil Akkari adressait récemment à ses amis du Québec (http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religio !

    Trop las pour commenter par le menu, je me contenterai de pointer lapidairement l’essentiel.

    La problématique identitaire est une invention réactionnaire, nationaliste, résolument de droite. On ne saurait donc, sans contresens, renvoyer là-dessus dos à dos des conservateurs antilaïques ou pseudo-laïques n’ayant à la bouche que « les racines », « la tradition », « l’héritage judéo-chrétien », et des tenants de la laïcité que tout sépare.

    La question cruciale de la laïcité n’a absolument rien à voir avec la fausse question de l’identité collective. La séparation absolue de l’Église et de l’État ne définit point une identité nationale particulière mais caractérise la démocratie partout où elle existe véritablement.

    L’État démocratique est laïque, c’est-à-dire non-confessionnel, irréligieux ou areligieux (ce sont là des termes largement synonymes), mais il n’est certainement pas « neutre » à l’égard de la religion, puisqu’il relègue la pratique religieuse et le port de signes religieux ostentatoires à la sphère privée. Un tel État fait ainsi preuve non pas de laïcité « ouverte » ou « stricte », mais de laïcité tout court — l’ouverture ici ne pouvant l’être qu’au retour de la confessionnalité.

    « La laïcité s’impose à l’État » et à tous ceux qui le représentent dans la moindre de ses fonctions, car il n’y a pas d’État désincarné. Cette imposition vise donc tout candidat à la fonction publique, quelle que puisse être son origine ethnique et son appartenance communautaire.
    « Le fait qu’un agent de l’État affiche un signe d’appartenance religieuse – écrivent nos universitaires – ne l’empêche nullement d’appliquer les normes laïques de façon impartiale ». Sans doute veulent-ils dire par là que du port d’un tel signe on ne peut inférer le comportement professionnel du porteur. Mais l’un autorise cependant le doute raisonnable quant à l’autre. C’est bien pour cela qu’il doit y avoir justice et apparence de justice, et que l’apparence de conflit d’intérêt est tout aussi inacceptable que le conflit d’intérêt lui-même. Pour quoi en irait-il autrement en matière de laïcité ?

    Les droits civiques et politiques ne sont certes pas « conditionnels à l’abdication des croyances et des pratiques [religieuses] de ceux qui les expriment », comme l’affirment maladroitement les signataires de ce manifeste pluriconfus. Tout ce qu’un État laïque exige de ceux qui veulent le représenter, c’est qu’ils s’abstiennent d’afficher leur appartenance religieuse pendant l’exercice de leurs fonctions. Y a-t-il vraiment là de quoi crier à la brimade et à la persécution sans se couvrir de ridicule ?

  • Pierre Marinet
    Inscrit
    jeudi 4 février 2010 09h10
    Monsieur Missmurt et les haruspices vous y croyez?
    "Vive la liberté de choisir pour tous les citoyens du Québec!"

    Pour les femmes aussi? Mais alors pourquoi n'ont-elles pas le droit de conduire en Arabie Saoudite? Pourquoi n'ont-elles pas le droit de se promener sans voile ou de faire du Rock en Iran sans recevoir de coups de baton? Pourquoi doivent-elles être enterrées vivantes en Turquie à 16 ans pour cause d'amour et de sexualité?
    Pouvez-vous avec la liberté d'expression que vous avez chez nous, "chez nous" au sens laïque qui n'est pas chez vous puisque vous ne voulez pas de laïcité, nous expliquer sans haine pourquoi? Moi pas comprendre votre désir de mettre dieu à toutes les sauces.

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/02/04/01011

    On aimerait comprendre pourquoi ça se passe en pays coranique et aussi pourquoi faire exploser des pélerins, femmes et enfants compris?

    Une fois qu'on aura compris, on pourra enfin choisir si votre belle religion "d'amour" est compatible avec nos valeurs de démocraite et de liberté. Dautant plus que votre eeligion est un plagiat des premiers monothéismes. Allah n'est pas Dieu, il n'est qu'un Elohim comme Yahvé. Demain je m'habille comme César et je demande un temple et des haruspices. Des poulets bio pour leur ouvrir le ventre comme on le faisait jadis. C'est pas plus idiot. Je prendrai le méto etirait travailler au bureau de fonctionnaire ou au marché Jean-Talon en toge ou clhamide. Suis d'accord avec vous. Ou en Druide, pour les irlandais.
    "Un haruspice ou aruspice est le pratiquant de l'haruspicine (de l'étrusque haru, entrailles et spicio, « je regarde » transcrit haruspex en latin), un devin étrusque qui examinait les entrailles d'un animal sacrifié pour en tirer des présages quant à l'avenir ou à une décision à prendre. Vive la liberté de religion." Wikipedia.

  • jeudi 4 février 2010 09h30
    Enfin!...
    un texte avec lequel je suis confortable... Merci aux auteurs d'offrir un autre point de vu... rassembleur.

  • jeudi 4 février 2010 10h13
    Une province comme les autres

    Je pense également que Monsieur Weinstock a reçu le mandat de faire de la société québécoise encore majoritairement « néofrançoise » (descendant de la Nouvelle-France, peuple établi avant la conquête britannique) une identité canadienne comme les autres provinces.

  • Jean Laberge
    Abonné
    jeudi 4 février 2010 10h22
    Critique du Manifeste pour un Québec pluraliste

    Tout le monde est en faveur de l’ouverture aux autres, de la différence, de la tolérance, du dialogue en vue d’assurer un vivre-ensemble harmonieux et paisible, et autres flonflons du même genre. Qui veut la fermeture, le refus de l’autre et de sa différence ? Personne. Dans la meilleure des sociétés possibles, tous sont vertueux et en faveur de la vertu. Aussi, dans une société parfaitement «libérale» (au sens large, philosophique, du terme), le type de pluralisme que propose le Manifeste pour un Québec pluraliste est un idéal à jamais inaccessible tout simplement parce que cet idéal est leurre inextricable, une sorte de «catch-22». Le problème avec la position libérale du Manifeste ce n’est pas tant qu’il soit pluraliste, mais qu’il trompe en nous laissant croire qu’il est pluraliste alors qu’il est manifestement de facture moniste. En proposant en effet un pluralisme du «juste milieu» - reprenant ainsi la doctrine du même nom chez Aristote -, les signataires ignorent sans doute que leur projet de société pluraliste repose sur une conception moniste. Il n’y a rien d’étonnant à cela puisque la pensée libérale qu’épousent les signataires se présente toujours sous des dehors de la neutralité, de la tolérance et de l’ouverture, alors qu’elle cache un parti-pris en gommant les désaccords et les conflits.
    Le libéralisme est foncièrement moniste, pas du tout pluraliste. Il laisse entendre qu’il l’est ou qu’il veut le devenir, mais il cache son monisme intransigeant derrière un système de droits ou de principes de justice. La thèse centrale du pluralisme est qu’il est impossible de résoudre des conflits de valeurs. La thèse philosophique opposée, le monisme, soutient au contraire que les valeurs sont hiérarchisées et qu’une valeur unique a priorité sur toutes les autres.
    Voyez - un exemple parmi tant d’autres – le cas du droit à l’enseignement religieux et moral énoncé dans la Charte québécoise des droits et libertés de la personne (article 41). L’État libéral gère si bien ce conflit de droits qu’il brime purement et simplement le droit des croyants à recevoir l’enseignement religieux qu’ils réclament de droit! Tolérant, l’État libéral? Une farce grossière! Il se réfugie derrière l’existence d’autres droits jugés plus fondamentaux, en l’occurrence celui de la liberté de religion, pour soustraire le droit à l’enseignement religieux et moral. Et quand l’exercice d’un droit menace soi-disant «le bien commun», l’État invoque alors la clause de L’exercice des libertés et droits fondamentaux (article 9.1 de la Charte québécoise) où il est stipulé que «Les libertés et les droits s’exercent dans le respect des valeurs démocratiques, de l’ordre public et du bien-être général des citoyens du Québec.» Voilà une procédure nettement conséquentialiste dans sa mouture, parfaitement contraire à la nature déontologique des droits! Qui croit encore que le libéralisme soit une philosophie politique parfaitement cohérente?
    Il y a incompatibilité logique entre le libéralisme et le pluralisme. Il suffit d’une simple réflexion pour comprendre ce point crucial. Le pluralisme, au sens propre du terme, c’est la doctrine éthique qui affirme que les conflits de valeurs sont irréconciliables et insolubles, c’est-à-dire qu’on ne saurait les intégrer à l’intérieur d’une totalité intégratrice. Aucune autorité politique ne peut donc imposer à qui que ce soit une solution à des conflits qui, par nature, sont insolubles. Ce qui signifie qu’un État libéral ne peut en principe résoudre des désaccords s’il veut toujours être conforme au pluralisme. Ce qui signifie qu’un État libéral devrait s’abstenir de légiférer, c’est-à-dire cesser d’exister. Donc, les penseurs libéraux qui veulent intégrer le pluralisme doivent cesser de rêver : ils doivent abandonner le libéralisme s’ils veulent véritablement être cohérents avec le pluralisme.
    Dans le langage courant, celui qu’adopte le Manifeste, lorsqu’il est question du pluralisme, on entend une sorte de doctrine rose-bonbon qui se veut accueillante de toutes les valeurs et qu’on confond souvent avec le relativisme où toutes les valeurs se valent.
    Bien souvent encore, les gens adhèrent immédiatement au pluralisme une fois reconnue la diversité des cultures, des modes de pensée et de vie des populations qui nous entourent. Mais, comme David Hume l’a montré, on ne peut passer automatiquement sans légitimité d’un «est» à un «doit». Ce n’est pas parce que nous vivons dans la diversité de facto qu’il faille pour autant épouser le pluralisme de jure.
    Pour se dédouaner de cette épineuse situation, les adeptes du libéralisme font en appel à la philosophie politique de John Rawls (1922-2000), connue sous le nom de libéralisme politique qui paraît intégrer un pluralisme qualifié de «raisonnable». Ce qu’on oublie souvent de rappeler c’est que Rawls a élaboré sa conception de la justice comme équité en privilégiant, au départ, un concept unitaire de justice, celui en fonction des besoins qui rivalisait jusque là avec celui de la justice fondée sur les mérites. Ce qui signifie que le concept de justice chez Rawls n’est pas du tout pluraliste mais foncièrement moniste.
    Le pluralisme «raisonnable» du Manifeste loue l’initiative récente d’un cours d’Éthique et de culture religieuse (ECR) imposée à tous, au nom de la soi-disante neutralité de l’État et du respect non moins absolu du droit à l’égalité en matière de liberté de conscience et de religion. Un sondage Léger-Marketing réalisé en mai 2009 révélait pourtant que la vaste majorité des Québécois, 76%, était d’accord pour que les parents aient le choix entre l’enseignement religieux confessionnel et le cours ECR. Selon le fameux mot de Rawls, si «la liberté ne peut être limitée qu’au nom de la liberté elle-même», le soi-disant pluralisme raisonnable du Manifeste, n’est qu’une forme déguisée d’imposition d’une pensée unitaire.

    Jean Laberge
    Département de philosophie
    Collège du Vieux Montréal

  • Hubert Larocque
    Abonné
    jeudi 4 février 2010 10h23
    Les dessous du pluralisme
    Pierre Bourgault disait: "Nous n'avons aucune idée de ce qu'est la normalité". Pourquoi un "Québec moderne" signifierait-il que le peuple fondateur, dans ses composantes originelles, française et catholique (deux faits culturels), accepte de se fondre d'égal à égal avec des immigrants de tous horizons? Il ne faut pas confondre la diversité de provenance des immigrants des derniers quarante ans avec la diversité culturelle du Québec. C'est pourtant la confusion dans laquelle tombent tous ces pseudo-intellectuels qui ne font ainsi qu'étaler au grand jour et justifier leur propre ambiguïté identitaire.
    Les Québécois (de souche) ne se perçoivent nullement comme des immigrants. Ils se sont installés sur des terres du roi de France, c'est-à-dire dans une extension de leur propre pays. Le premier et le seul nom authentique du pays en fait foi: en Nouvelle-France. La question amérindienne est toute récente et a été largement inventée par des Québécois aliénés et haineux d'eux-mêmes, et des "Sauvages" colonisés par ceux-ci. Quant aux immigrants, n'ont-ils pas un pays d'origine où leur culture première conserve son aire naturelle et toute latitude de s'exprimer? La normalité pour le Québec est de considérer l'acte d'immigrer ici comme le choix de renoncer à son pays et à sa culture pour adopter les us et coutumes, la langue et la culture d'un pays à la personnalité déjà fixée dans ses traits essentiels.
    Aussi , tout le débat des accommodements est-il artificiel et de mauvaise foi en plus d'avoir été créé et légiféré du dehors par des instances étrangères. Le problème n'est pas chez les immigrants authentiques ,qui savent ce que veut dire immigrer, mais chez ces intellectuels ambivalents qui trouvent de l'emploi et des oreilles complaisantes dans des médias à leur image. Du reste, tous leurs écrits relèvent de la quadrature du cercle: ils voudraient que l’on s’intègre au Québec tout en restant identique à sa provenance étrangère. Personne n'a jamais réussi à définir la frontière qui règle cette diversité d'où le soupçon et le juste rejet que ce concept fumeux soulève chez les Québécois (de souche). Pour un peuple normal, la diversité est une affaire strictement privée, de l’ordre du souvenir, de l’affectivité, en décroissement, qui ne doit jamais inquiéter et mettre en cause la définition nationale. Le Québec n’est pas la synthèse flottante de faits statistiques mais la fondation de 1608, toujours actuelle, et une décision de l’esprit de s’y tenir, sans cesse réaffirmée et maintenue inébranlable.
    Depuis que le déplorable Bouchard a promené son désarroi identitaire avec sa triste Commission qui n'a même pas accouché d'une souris, combien d'universitaires ne le suivent-ils pas en tentant de donner des contours théoriques aux sables mouvants de sa dangereuse mystification?
    Il faut bien comprendre que l'indécision à faire l'indépendance est le reflet politique d'une hésitation sur soi-même, d'une intériorisation de la Conquête de 1759. L'interculturalisme ne serait-il pas la forme que prend aujourd'hui le néo-fédéralisme? Nombre d'intellectuels se sont approchés si dangereusement de l'Anglais, de l'assimilation à celui-ci, que pour rétablir la problématique coloniale dont ils ne peuvent sortir, il clone l'Anglais dans l'immigrant avec la servitude à l’un et à l’autre. Aussi ne le voient-ils pas celui-ci pour ce qu'il est mais comme le complément nécessaire de leur identité vacillante, Hier, c'était le rapport anglais-français qui, par mutation, est devenu le rapport québécois-immigrant, tout aussi imaginaires et néfastes l'un que l'autre. Se pencher sur ces jumeaux pathologiques constituerait un vrai sujet d'étude pour nos chercheurs, beaucoup plus que ces palinodies multi ou inter-culturelles qui augmentent l'opacité des débats publics en agitant à l’aveuglette les fantômes de notre histoire.
    Pourquoi ne pas essayer tout simplement d'être normal? Cela impliquerait d'être fier et sûr de soi, d'embrasser notre filiation d'origine, de travailler à sa restauration, là où la violence de l'histoire, la trahison et la médiocrité l'ont dégradée. Rectifier en conséquence notre définition politique, redonner au Québec un système d'éducation qui enseigne notre histoire réelle, notre langue et notre culture dans ses sources judéo-gréco-latines, sans exclure la modernité qui s'y superpose. Nous pourrions ainsi donner à l'immigrant une image claire de nous-mêmes, digne de respect et douée pour lui d'un pouvoir attractif. Le seul devoir que nous ayons à son endroit, c’est de lui donner promptement et impérativement les moyens de s’instruire et d’acquérir l’identité québécoise.
    En lisant des manifestes qui se proposent de détruire le Québec par un pluralisme littéral et simpliste, l'immigrant éprouve une grande perplexité. Mais enfin, ces Québécois, pourquoi, sous prétention de modernité, projettent-ils sur nous les indécisions de leur histoire et pourquoi nous instrumentalisent-ils pour une vaine et impuissante réparation?
    Hubert Larocque, Gatineau.

  • jeudi 4 février 2010 10h38
    Un manifeste futile et alambiqué
    Si l'on doit admettre les trois catégories crées pour le besoin de la démonstration qui est faite dans le Manifeste pour un Québec pluraliste, nous devrions tout au plus retenir ceci; ni la "laïcité identitaire", ni la "laïcité ouverte" ne sont à stictement parler cette véritable laïcité dont nous voudrions qu'elle fasse l'objet d'une charte. En ce sens, nous pourrions dire que, pour une fois, la nouvelle épithète trouvée par M. Weinstock et ses acolytes est juste; qualifier la laïcité de "stricte" n'est ni dénigrant, ni démagogique.

    La "laïcité identitaire" rejette la religion des immigrants mais préserve les privilèges religieux catholiques opportunément qualifiés de "patrimoniaux".
    Il s'agit alors effectivement d'un détournement ou d'une récupération identitaire de la laïcité. Que vaut une telle laïcité? Une société véritablement laïque pourrait-elle maintenir un enseignement de nature religieuse à prépondérance catholique dans ses écoles primaires et secondaires ? Est-il du ressort de l’école laïque d’accompagner le « cheminement spirituel » de l’élève en accaparant les ressources dédiées aux services complémentaires pour ce faire ? Une société laïque peut-elle permettre la récitation de prières lors de conseils municipaux ou tolérer qu’un symbole religieux domine son assemblée législative nationale ? Ne s’agit-il pas là d’énormes accommodements religieux ? Telles sont cependant les accommodements religieux que les promoteurs de la « laïcité identitaire» souhaitent voir perdurer sous prétexte de perpétuer une certaine conception, somme toute passéiste, certainement discriminatoire et inéquitable de l'identité culturelle des québécois.

    D'autre part la "laïcité ouverte [aux accommodements religieux ]" est de fait "pluraliste" puisque qu'elle ne prône pas le maintient dans l'espace publique d'une seule religion, la catholique, mais d'une pluralité de religions.

    Les religions sont inquiétantes lorsqu’elles manifestent des prétentions normatives et font des tentatives répétées pour réinvestir les champs de l’éthique, de la politique et de la justice. Les conservateurs religieux n’ont jamais renoncé à l’espoir de réinstaller les préceptes religieux en position de critère absolu du bien et rêvent toujours de reconquérir la position décisive occupée par les Droits de l’Homme depuis près de six décennies. Les conservateurs religieux se sont entichés du relativisme culturel lorsqu’ils ont découvert que cette conception de l’éthique met les pratiques religieuses à l’abri des critiques rationnelles à condition de lier irrémédiablement « culture » et « religion ». Bénéficiant d’un préjugé favorable à la diversité des expressions culturelles, certaines pratiques religieuses ne respectant pas la dignité humaine ou les lois civiles trouvent ainsi un semblant de légitimité. Cette pagaille conceptuelle permet aux religieux de confondre aisément les classes politiques et juridiques qui se croiront dans l’obligation, pour éviter d’être taxés d’intolérance, de prendre des décisions contraires aux fondements d’une société juste et démocratique.

    Nous retrouvons plusieurs conservateurs religieux parmi les signataires de ce manifeste dont certains sont de fervents adeptes de la "laïcité identitaire". Cependant ceux-ci ont la prudence ( ou la générosité ?!) de ne pas présenter les privilèges religieux qu'ils veulent à tout prix préserver au nom d'une certaine conception de l'identité "canadienne françaises catholiques" comme une exclusivité réservée au seul peuple fondateur. Plus astucieux, (ou moins honnêtes que les tenants de la "laïcité identitaire"), ils laissent les immigrants passer devant pour mieux profiter, par derrière, de l'ouverture ainsi pratiquée. Ce sont de "fins stratèges dignes de la traditions des Jésuites", comme ils se plaisent à se qualifier eux-mêmes. Cette stratégie est cependant lourde de conséquences puisque une telle instrumentalisation des immigrants met ces dernier en porte-à-faux et par conséquent les expose à la vindicte identitaire des "non-immigrants" les plus «crispés».

    Le Québec est pluraliste. C'est un constat. Il est donc futile de manifester pour que cela se réalise.

    Le Québec est aussi une société moderne et démocratique. Les décisions publiques se prennent donc sur la base de considérations rationnelles et les finalités de ces décisions publiques sont humanistes.

    L'article premier de la déclaration universelle des droits de l'homme se lit comme suit : «Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.»

    Ce principe, bien que «formulé abstraitement» par les philosophes rationalistes et humanistes, constitue le critère ultime permettant de juger les actions privées et publique dans les sociétés modernes. Ce principe rend caduque tout précepte religieux ou pratique ancestrale qui ne rencontre pas cette exigence de respect mutuel de la dignité de tous les êtres humains.

    Les accommodements religieux ont pour effet de réintroduire dans la sphère publique des sociétés modernes des considérations irrationnelles et aliénantes propres à faire régresser les acquis de la modernité. Les religieux ne reconnaissent toujours pas des droits pleins et entiers aux femmes, aux homosexuels et souvent même aux enfants. Les religieux contestent sans vergogne les faits scientifiques et font entrave à la création artistique.

    Le débat sur la laïcité des institutions publiques est lié au processus de modernisation et de démocratisation des sociétés. Les problématiques de laïcisation des institutions publiques sont antérieures à l’immigration importante que le Québec connaît actuellement et par conséquent ne sont donc pas nécessairement liées aux phénomènes d’immigration ou de diversité ethnoculturelle. Le temps fort de la laïcisation (encore inachevée) des institutions publiques québécoise se situe autour des années 60. La société civile québécoise n’a donc pas attendu l’arrivée des dernières vagues d’immigration pour réclamer que les décisions médicales, l’administration de la justice et l’éducation soient indépendantes des dictats religieux.

    Telle est la définition stricte de la laïcité à laquelle la société québécoise a adhéré au moment de réaliser les importantes et nécessaires réformes de la "révolution tranquille".

    Le débat sur la laïcisation a cours dans tous les pays en voie de modernisation. Le débat sur la laïcité est universel ; ce débat aurait eu lieu au Québec sans l’apport de l’immigration et le débat sur la laïcité a lieu ou aura lieu dans toutes les sociétés d’où proviennent les immigrants. Il est donc tout à fait erroné de lier le débat sur les accommodements en matière de religion à l’immigration ou à la diversité ethnoculturelle.

    Le Manifeste pour un Québec pluraliste est fondé sur l'a priori voulant que tous les immigrants soient contre la laïcité et ce faisant contre une gestion strictement rationnelle et résolument humaniste de des institutions publiques. Cette perception erronée de l'immigrant est somme toute très condescendante en ce qu’elle suppose que l’immigrant est toujours en quelque sorte incapable d’avoir un recul réflexif sur les questions religieuses.

    Loin de contribuer à éviter les dérapages racistes et xénophobes les déclarations alambiquées du Manifeste pour un Québec pluraliste sont au contraire susceptibles de nourrir le ressentiment de part et d'autre; les uns étant d'emblée taxés d'intolérance et les «autres» confinés à un rôle victimaire, maintenus dans un statu d'éternelle minorité*.

    Le débat sur la laïcité des institutions publiques est un débat fondamental de philosophie politique qui interpelle tous les citoyens raisonnables au niveau des principes humnistes universels. L'enjeu de ce débat est le maintient, répétons-le, des principes fondamentaux de la modernité et de la démocratie.

    Les intervenants qui font la part belle à l’éducation interculturelle et à l’idéologie du multiculturalisme (dont les intentions sous jacentes ne sont pas toujours louables) entraînent le débat sur les accommodements religieux dans une impasse et ne font que préparer un terrain politiquement miné pour les années à venir. L’éducation à la "tolérance mutuelle" et la gestion au «cas par cas» ne pourront jamais suffire à endiguer la volonté manifeste de plusieurs organisations religieuses, toutes confessions confondues, de réinvestir le champ politique.

    Mais enfin, soyons clairs et allons à l'essentiel; le rôle de la laïcité authentique, cette laïcité qui ne souffre d'aucune récupération identitaire ou religieuse, est d'offrir un cadre constitutionnel et législatif permettant de prémunir les démocraties modernes contre le retour de la théocratie.

    Marie-Michelle Poisson

    *Le sens premier de cette expression selon le Petit Robert est "état d'une personne qui n'a pas encore atteint l'âge ou elle sera légalement considérée comme légalement capable et responsable de ses actes ( opposé à majorité)".

  • Martin Dufresne
    Abonné
    jeudi 4 février 2010 10h47
    Les vrais Québécois de souche
    Le "peuple fondateur" est autochtone. Il est ici depuis 5 000 ans, pas 400. Un peu plus de respect et d'écoute SVP: ils et elles ont sans doute des choses à nous apprendre sur les accommodements et la coexistence pacifique et imaginative avec les nouveaux arrivants, "raisonnables" ou pas! ;-)

  • jeudi 4 février 2010 11h02
    Rassembleur?
    Pardon, c'est un manifeste de combat. Il faut relire les commentaires qui précèdent, monsieur Morrissette. Il y a un débat ici, et vous êtes, avec les gens du Manifeste, une des parties à ce débat. Il ne faudrait pas nier jusqu'à notre existence. Nous croyons que d'«ouvrir» toutes les institutions publiques (sauf le juridique, disent certains. —Pourquoi?) à tous les signes religieux, n'est par une bonne façon d'assurer l'harmonie du vivre-ensemble dans une société qui se veut gouvernée par un État laïque. Vous pensez le contraire. Discutons. Il y aura sûrement des réponses à cet article qui déforme la laïcité en «stricte» laïcité. Quelle est cette laïcité du Manifeste, comment l'appeler? Laxiste? Lâche? Débraillée? (Ce sont les antonyme que suggère le Petit Robert).

  • jeudi 4 février 2010 12h59
    L´identité
    Le Québec a le droit de conserver son identité.

    Immigrer dans un pays est un privilège, pas un droit.

    Et ce privilège se mérite par la volonté de s´intégrer au peuple québécois et à ses valeurs.

  • jeudi 4 février 2010 13h26
    Cher Martin
    Tu as raison. Nos «ancêtres» les missionnaires devraient nous en parler plus souvent. Ils en parlent dans les cours d'Éthique et de culture religieuse paraît-il. J'espère qu'ils disent bien que les autochtones font la différence entre le chef, le conseil de bande, les femmes, le chaman et le sorcier.

  • Martin Auclair
    Inscrit
    jeudi 4 février 2010 14h13
    @ Jean Laberge
    J'ai assisté au colloque sur le programme ECR à l'UQAM en novembre. Vous avez exprimé la même position, qui s'est faite déconstruire de façon convaincante. N'est-ce pas de votre devoir de répondre aux arguments et de modifier votre discours? N'est-ce pas cela la probité intellectuelle? Vous préférez marquer des points?

  • Normande Poirier
    Inscrite
    jeudi 4 février 2010 14h17
    L'argumentaire ne tient pas la route
    Bravo René Girard pour votre intervention. Les partisans du multiculturalisme ont gagné un point avec l'instauration du cours ERC dans le cursus scolaire et font la démonstration par ce manifeste qu'ils ont bien l'intention de consolider leurs acquis. Malheureusement pour eux, comme le démontrent plusieurs réactions, l'argumentaire de leur texte savant et « déconnecté » ne tient pas la route.

  • René Girard
    Abonné
    jeudi 4 février 2010 14h57
    Merci madame Poirier
    Il ne faut pas oublier non plus que cette position défendue par les propagateurs de cette pensée concilie la pensée nationaliste et le multiculturalisme alors qu'une laïcité bien comprise ne privilégie ni l'une ni l'autre. Ce qui ressort de ce manifeste c'est une ouverture à l'Autre pour que ce dernier rentre dans le moule mythique de la pensée nationaliste. Cette prétendue ouverture à la diversité est plutôt un mépris de la diversité au profit d'une pensée unique qui privilégie les valeurs patrimoniales afférentes au mythe nationaliste, soit la religion catholique débarrassée de sa structure institutionnelle et la langue française utilisée seulement comme outil de discrimination.

    Pendant ce temps-là nos enfants servent de cobaye et en seront les plus affectés. Ils apprendront à conjuguer leurs pensées à travers un dialogue de sourds. À tout relativiser ainsi ils ne sauront pas comment départager la vérité du mensonge et la pilule nationaliste de nos brillants concepteurs de cours religieux sera plus facile à faire avaler à nos jeunes. Dommage vraiment, dommage.

  • Marc Racine
    Abonné
    jeudi 4 février 2010 15h15
    Merci
    J'attendais avec impatience une telle réponse.
    Merci pour ce manifeste.

  • Carole Dionne
    Inscrite
    jeudi 4 février 2010 16h00
    À TOUS LES CLOWNS QUI ONT SIGÉS CET ARTICLE...
    Moi c'est la sécurité publique qui m'intéresse. Vos idées sociologiques ou philosophiques ne m'intéresse pas. J'en ai un intello dans ma famille et il me fait suer.

    Pas le droit d'avoir des vitres trop teintés dans un véhicule mais parce que l'on veut identifier le conducteur mais conduire avec une BURKA sur la tête, c'est pas grave. Je suis très content de pas me prendre pour un intello.

  • Martin Dufresne
    Abonné
    jeudi 4 février 2010 16h18
    "Derrière la loi foulardière, la peur"
    Un article bien senti de l'écrivain Alain Badiou sur la dérive répressive qui s'empare de l'Europe: http://pagesperso-orange.fr/felina/doc/laic/badiou

  • ysengrimus
    Inscrit
    jeudi 4 février 2010 16h46
    Il faut doser...
    Sur ces questions, il faut doser. Qu’est-ce qu’il faut doser…

    http://ysengrimus.wordpress.com/2008/06/16/le-chen

    Prudence et patience…
    Paul Laurendeau

  • Gebe Tremblay
    Inscrit
    jeudi 4 février 2010 16h51
    Manifeste pour un Québec pluri-intégriste
    Un manifeste qui se prétend le contraire de ce qu'il est vraiment, tout comme Daniel Weinstock qui se présente à la queue de la liste quand en fait il en est la tête.

    Pourquoi Daniel Weinstock a-til supporté la charia islamiste en Ontario ? Par soucie de pluralisme ? Voyons donc ! Depuis quand un juif supporte la charia !

    Daniel Weinstock sait très bien que tous freins à l'intégrisme musulman dans un pays à charte égalitariste comme le Canada multiculturaliste risque de se répercuter sur l'intégrisme juif.

    Un tel manifeste en faveur du mariage des lobbies religieux avec l'État venant de nos universités devrait tirer la sonnette d'alarme face à la dégradation de nos institutions d'enseignement complètement à la merci d'idéologues au service de lobbies.

  • Martin Auclair
    Inscrit
    jeudi 4 février 2010 17h42
    @ carole dionne
    Ne vous en faites pas; il n'y aucun risque de confusion

  • Mario Jodoin
    Inscrit
    jeudi 4 février 2010 18h38
    Excellente initiative !


    Au Québec, on reproche souvent aux intellectuels de ne pas intervenir sur la place publique. Quand ils le font, beaucoup de personnes les accusent de n'être que des intellectuels isolés dans leur tour d'ivoire... Moi, je salue cette initiative appuyée par un texte bien élaboré, lisible et complet.

    Il n'y a aucun problème à critiquer le fond de ce document, je déplore toutefois les attaques ad hominem, ne visant qu'un seul des quelque 400 signataires et utilisant souvent son appartenance ethnique comme argument. Comme contradiction, difficile de faire mieux.

  • jeudi 4 février 2010 19h09
    Les docteurs de la vertu auto proclamé
    Ce manifeste qui ose parler de dangerosité et d'une tentation intolérante relève du charabia universitaire ou mieux d'une encyclique papale qui identifierait les critères de la vertu dans le pluralisme en opposition à ses éléments de perversion qui seraient contenus à la fois dans un nationalisme conservateur et dans une laïcité stricte. Ce manifeste qui dévoilerait au grand jour ces démons ou jacobins québécois méritant d'être vilipendés étale tellement un manichéisme insidieux masqué plus ou moins dans un jargon qu'il en devient vide de sens.

    À lire ces doctes docteurs de la sainteté du pluralisme qui à une autre époque pourraient déclencher les foudres de l'excommunication pour non respect du caractère supposé sacré de chartes de droits formels on se rend bien compte que des intellectuels marqués par les dogmes des religions monothéistes sont toujours bien présents au Québec et qu'ils tentent de nous imposer leurs tables des lois et de la vérité.

    Que la pratique religieuse des immigrants soit réservé aux temples et au domicile privé n'offense en rien leur liberté tout en leur permettant dans les lieux de fonction publique de prendre connaissance avec l'obligation démocratique occidentale d'évacuer la dimension religieuse comprenant ses querelles de doctrine et de mœurs de la vie sociale. Si les femmes musulmanes choisissent à la fois par décision personnelle et par conditionnement culturel de porter le voile à la maison, il relève de l'équilibre que dans les écoles ou les hôpitaux, elles puissent trouver un espace public neutre des religions qui puissent leur permettre de s'adapter à un mode de vie qui leur fait comprendre que de vivre avec la tête nue n'est pas synonyme d'indécence ni d'adultère.

    Les auteurs de ce manifeste pour un pluralisme formel dépourvu d'un pluralisme nuancé qui défend la lettre plutôt que l'esprit font penser aux pharisiens.

    -Pharisiens: Il se dit, par analogie, de Ceux qui n'ont que l'ostentation de la piété ou de la vertu, et aussi de Ceux qui, sûrs d'eux-mêmes, jugent de haut, avec orgueil et dureté, les actions ou les opinions des personnes étrangères à leur secte, à leur parti. Wikipédia

    Les signataires de ce manifeste se retrouvent assez souvent à Radio Canada pour proclamer leur doxa. On connaît leur leçon infantilisante dirigé contre le Québec que le réseau public fédéral ne peut que nous réciter régulièrement puisque lié au multiculturalisme canadien.

  • Yves Claudé
    Inscrit
    jeudi 4 février 2010 21h13
    Manifeste pour la Vertu !
    Afin de rallier toute la population québécoise sous une même bannière consensuelle, et pour en finir avec les déviants « nationalistes conservateurs » ou « laïcistes stricts » fort justement épinglés par Mesdames Leydet et Milot, et Messieurs Bosset, Maclure et Weinstock, je propose à ces éminents penseurs le lancement d’un Manifeste pour la Vertu !

    Étant donné qu’ils ont, de par leur statut intellectuel, universitaire et moral, le monopole de cette Vertu, qu’ils concevront très intelligemment comme à la fois particulariste (pluraliste) et universelle, il leur appartient donc, de droit divin, de guider le peuple vers la Sagesse et la Lumière.

    Je sollicite très humblement de leur part, la bienveillante rémission de mes péchés « nationalistes » et « laïcistes ».

    Yves Claudé - sociologue
    Montréal, le 4 février 2010
    ycsocio[@]yahoo.ca

  • Torrieu
    Inscrit
    jeudi 4 février 2010 22h16
    Manifeste version Torrieu
    Je suis en total accord avec ce manifeste qui me fait du bien à lire, contrairement aux commentaires des nationalistes, laïcs et féministes qui tentent de le faire dérailler. Ce genre d'initiative m'inspire, et je copie ici la conclusion d'un billet que je viens de terminer:

    "[...] Sincèrement, il y a quelque chose qui dérape sérieusement au Québec. Si on se cherche des prétextes pour devenir une société distincte, il faudrait arrêter de fouiller dans les poubelles pour les trouver. Le Québec où je veux vivre est libre d'ingérence dans ma vie personnelle et celle des autres. Le Québec où je veux vivre est confiant dans sa culture, pas toujours craintif de la perdre. Le Québec où je veux vivre est fraternel, accueillant, amical. Le Québec où je veux vivre encourage le développement social organique et accepte comme elles sont toutes les branches de l'arbre."

    Le texte complet au http://wp.me/pKNRM-3P

  • jeudi 4 février 2010 23h02
    Pédagogie et information au lieu de l'interdiction

    Vous ne trouverez pas chaussure à votre pied ici au Québec en fondant votre argumentaire sur les violations de droits et libertés fondamentaux ailleurs, dans des pays qui se disent musulmans tout en violant parfois massivement l'esprit de l'islam!

    Nous vivons ici au Québec et non en Iran ou en Arabie Séoudite.

    Ici au Québec, si l'exercice de certaines libertés nuisait à certaines personnes qui les pratiquent, sans pour autant nuire à l'ordre et la sécurité publics, alors la solution passe par un exercice pédagogique et d'information et non par l'interdiction.

  • Godefroy
    Abonné
    jeudi 4 février 2010 23h28
    Raciste Trembay.
    M. Gébé Tremblay a encore exagéré. Le Devoir ne devrait publié ses textes racistes. C'est déguelasse.

  • vendredi 5 février 2010 00h41
    Incohérences dans l'interprétation des principes de la modernité et de la démocratie!

    ''Loin de contribuer à éviter les dérapages racistes et xénophobes les déclarations alambiquées du Manifeste pour un Québec pluraliste sont au contraire susceptibles de nourrir le ressentiment de part et d'autre; les uns étant d'emblée taxés d'intolérance et les «autres» confinés à un rôle victimaire, maintenus dans un statu d'éternelle minorité*.'' (Marie-Michelle Poisson)

    Ce n'est pas un rôle victimaire pour les immigrants que d'exiger le respect de leurs droits fondamentaux, notamment le droit à l'expression religieuse aussi bien en public qu'en privé. C'est un exercice citoyen, une participation citoyenne, un devoir pour s'assurer que les droits et libertés acquis de haute lutte ne sont pas écrasés sous la pression de lobbies qui souhaitent ériger au titre de droit absolu ce qui n'est au fond qu'un outil de gestion de la diversité (laicité). L'outil au service des droits et libertés fondamentaux et non l'inverse.

    ''L'enjeu de ce débat est le maintient, répétons-le, des principes fondamentaux de la modernité et de la démocratie.'' (Marie-Michelle Poisson)

    Justement, le respect de la liberté de conscience fait partie de ces principes fondamentaux de la modernité et de la démocratie. La protection des minorités contre la tyrannie de la majorité aussi.

    Par ailleurs:

    ''Au Québec, depuis 1774, aucun croyant n’est tenu d’abjurer une partie de sa foi pour avoir accès aux fonctions publiques.'' (Source: http://www.pourunquebecpluraliste.org/le-texte/)

    Que pensez-vous de ce fait historique?

    Votre souhait de fermer l'accès à l'expression religieuse dans la fonction publique ne représente-t-il pas une rupture avec la tradition québécoise en matière de protection de la liberté de conscience et sa libre expression, de même que l’égalité de tous les citoyens?

  • Guy LeVasseur
    Inscrit
    vendredi 5 février 2010 05h28
    Xénophilie Utopiste
    Globalement ce manifeste traduit la pensée "Xénophile Utopiste" d'une certaine gauche de luxe BcBg snobinarde.

    Utopie :
    L'utopie est une représentation d'une réalité idéale et sans défaut.

    Cela se traduit, dans les écrits, par un régime politique idéal (qui gouvernerait parfaitement les hommes), une société parfaite (sans injustice par exemple, comme la Callipolis de Socrate) ou encore une communauté d'individus vivant heureux et en harmonie (l'abbaye de Thélème, dans Gargantua, de Rabelais, en 1534).

    Tout le monde il est beau. Tout le monde il est gentil. Même les "croisés" fondamentalistes salafistes.

    Ils doivent être accueillis sans contrainte dans notre société et c'est à la majorité de la population qu'incombe le fardeau de les accepter tels qu'ils sont.

    Xénophilie :
    Bien que peu usité, ce terme désigne paradoxalement une forme d’ethnophobie non plus à l’encontre de l’étranger, mais à l’encontre de ses propres concitoyens.

    Bien que le sens étymologique suppose que le terme désigne le fait d’« aimer les étrangers » il s’emploie uniquement dans le sens de
    « préférer les étrangers aux siens ».

    On observe ce phénomène dans certains pays où, pour des raisons historiques ou culturelles complexes, l’étranger est favorisé au détriment des autochtones.

    Xénophobie et Xénophilie sont finalement deux facettes d’une même forme de haine.

    En d'autres temps Lénine parlait des idiots utiles du capitalisme.

    Les signataires du manifeste pour un Québec pluraliste et autres
    "chantres" Bouchard-Tayloriens ne seraient-ils pas en fait ........

    les idiots utiles de l'islamisme fondamental ?

    Diplômés, Beau Perlé, Moulte Vocabulaire Compliqué Auto-Flatteur
    mais idiots quand même.

    Idiots utiles de l'islamisme vous ai-je dit ?

    Le cours d'éducation aux cultures religieuses ECR conçu par un des
    initiateurs de ce manifeste propose même aux jeunes élèves un
    exercice visant à redessiner le drapeau du Québec pour qu'il soit plus "acceuillant", et si possible sans la croix !!!

    Avec des croissant et des étoiles ? Peut être ?

    Pourquoi donc même de pas proposer de changer le nom du Québec ?

    QuébeKistan ? peut être ?

    Guy LeVasseur
    Rimouski

  • vendredi 5 février 2010 09h27
    M. Mismurt dépasse les bornes
    On comprend, M. Mismurt, que vous vouliez faire flèche de tout bois pour défendre le seul droit qui vous semble important, à savoir la liberté d'expression religieuse considérée à vos yeux comme un absolu.

    Mais cette fois vous dépassez les bornes.

    Vous citez hors contexte une des pages les plus sombre de l'histoire du Québec soit la conquête anglaise puis le régime d'occupation qui s'en est suivi.

    Insinuer que ce que subissent les immigrants aujourd'hui puisse de près ou de loin ressembler à la situation subie par les canadiens français d'alors est proprement odieux. Laisser entendre que l'adoption d'une charte de la laïcité implique l'abjuration de la foi et complètement hors de proportion.

    Savez-vous seulement ce que signifie "abjurer sa foi" en contexte d'occupation étrangère... au 18e siècle, au main d'ennemis contre lesquels les français sont en guerre, pour des questions de religion précisément, depuis... déjà au moins quelques siècles en Europe?!?

    Avez-vous seulement idée M. Mismurt des fantômes ideux de l'histoire que vous libérez lorsque vous évoquez les événement du 18e siècle!?? Ne craignez-vous pas que cette instrumentalisation insensible que vous faite de l'histoire extrêmement complexe du peuple qui vous accueille ne puisse être perçu comme du pur mépris de votre part?

    Tous les immigrants ne pensent pas comme vous M. Mismurt, loin s'en faut, et vous les servez bien mal en vous auto-proclamant porte-parole de cette "communauté".

  • Pierre Marinet
    Inscrit
    vendredi 5 février 2010 10h06
    @poisson marie-michelle
    Monsieur Missmurt est un vendeur postmoderne frustré de morale comme l’intégrisme islamique a tendance à calomnier les mouvements de recherche d’émancipation (cf. aux écrivains et artistes dans la situation post-chrétienne). Pourtant malgré le bilan dévastateur de l’énergie polémogène des religions monothéistes, il y en a qui continue à ne rien y comprendre. Il est vrai que la culture religieuse du sentiment de faute, noyau des constitutions monothéistes du sur-moi, ne fournit pas une base affective appropriée à un projet de société moderne. C’est pour cette raison, ou dé-raison, que monsieur Missmurt prend un exemple dé-contextualisé sorti du fin fond de l’histoire québécoise. 1774 et 2010, une société à culture religieuse versus la nôtre à culture laïque??? Bonjour la subtilité puisqu’il désire nous faire revenir bien avant le siècle des Lumières qui n’avait pas encore atteint le Québec. La Révolution Tranquille s’est passée dans les années 60 où il y eut la mise en place d'une véritable séparation de l'Église catholique et de l'État. Ce monsieur est contre le Québec, son histoire et ses valeurs. Si au moins il y comprenait quelque chose. Tous les moyens sont bons, surtout les plus stupides. À suivre sa logique et celui de ce manifeste, on irait jusqu’avant nos ancêtres communs les primates.

  • vendredi 5 février 2010 11h20
    Contre ce manifeste
    Je pense qu'il faudra bientôt organiser un immense manifeste contre ce manifeste, et ce avant même qu'il prenne trop d'expansion.

    Par contre, sa publication permet à des personnes lucides comme Maire-Michelle Poisson de répliquer à ces penseurs de haute voltige, comme elle l'avait fait brillamment à la rencontre organisée à l'UQAM par Normand Baillargeon et À Bâbord.

    S'il est une chose qui me réjouit actuellement, c'est le retour en force du féminisme qui avait perdu un peu de vigueur ces dernières décennies. La FFQ et QS n'ont plus la légitimité pour parler au nom des femmes du Québec. D'autres voix de femmes s'élèvent chez nous, autrement plus percutantes que celles de la FFQ ou de Françoise David.

    La compassion pour ces femmes voilées semble issue d'un sentiment de charité chrétienne. Le problème vient justement de cette différence fondamentale entre l'islamisme envahissant et notre christianisme ouvert à l'autre. C'est pourquoi il faut une instance dégagée de tout volet religieux pour installer quelques balises qu'aucune religion ne devrait franchir quand ses adeptes briguent des postes étatiques.

    L'idée d'un manifeste pour la laïcité ne serait finalement pas si bête !

    JPA

  • vendredi 5 février 2010 12h36
    À Marie-Michelle Poisson

    De grace, épargnez-nous votre hystérie autoritaire habituelle!

    Des centaines d'intellectuels signataires du manifeste considèrent ce droit de 1774 comme étant une ''protection constitutionnelle'' (lisez le texte complet de leur manifeste par cette source que Le Devoir mentionne en haut de cette page). Inutile de soulever toute une tempete contre un éventuel ''pur mépris'' de la part de ces signataires du manifeste. Ce sont des universitaires qui connaissent aussi bien que vous l'Histoire du Québec.

    Au lieu de bruler le feu rouge et de passer à des attaques ad hominem, relisez plutot vos interprétations incohérentes des principes de la modernité et de la démocratie et le ''rôle victimaire'' que vous attribuez aux immigrants comme si toute revendication de leurs droits n'était pas un devoir citoyen et les maintiendrait ''dans un statu d'éternelle minorité''.

  • Mohamed Lotfi
    Inscrit
    vendredi 5 février 2010 13h18
    Le manifeste de Foglia sur la laïcité..
    Bien avant ce manifeste indigeste, Foglia a publié deux chroniques dans lesquelles il réplique, avec son style, à tous les bien pensants de la laïcité ouverte dont Gérard Bouchard. À lire et à faire suivre:

    http://www.vigile.net/La-laicite-ouverte

    http://www.vigile.net/L-integrisme-de-Son-Eminence

  • M. Julien
    Abonné
    vendredi 5 février 2010 14h26
    À quand les premiers jeux talibans au Canada?
    N’en déplaise à ceux et celles pour qui la question du port de la burqa relève du simple choix vestimentaire et pour qui ce choix se doit à tout prix d’être protégé par nos Chartes, au nom du sacro-saint principe de la liberté de conscience et de religion, ceux et celles au nombre desquels on retrouve une poignée d’intellectuels, avérés ou autoproclamés, qui ont fait des principes du multiculturalisme, de l’interculturalisme et du pluralisme à tout crin, une religion en soi, je considère que l’on fait fausse route quand on circonscrit le débat au seul aspect vestimentaire, fusse-t-il à connotation religieuse ou culturelle, car c’est de tout autre chose dont il s’agit ici.

    Il n’est pas question ici du chandail des Canadiens de Montréal, de l’accoutrement de Don Cherry ou de la ceinture fléchée du Bonhomme Carnaval. C’est d’un instrument de torture moyenâgeux digne de l’Inquisition, voire de l’ère du néolithique, dont il s’agit ici. Je reviendrai ultérieurement sur la notion de châtiment cruel et inusité, dont relève le port imposé de cette chose, tel que défini par la Cour Suprême du Canada.

    La croix gammée est au nazisme ce que la burqa est au talibanisme et à l’intégrisme religieux. Deux symboles extrêmement puissants de soumission et de domination. Et j’ai bien peur que la burqa ne soit que la pointe de l’iceberg si je me fie, entre autres considérations au nombre croissant de celles qui le portent dans nos grandes agglomérations occidentales, y compris à Montréal, Toronto et Vancouver, dont un nombre de plus en plus imposant de très jeunes filles.

    En matière d’intégrisme religieux, toutes dénominations confondues, une vigilance de tous les instants s’impose plus que jamais en ce moment, et il ne faut surtout pas se fier à nos gouvernants et aux tribunaux, encarcannés dans les Chartes jusqu’au cou, pour faire preuve de vision sur cette question. Hier encore, le Ministre Canon, bras droit de notre premier Ministre au comportement de plus en plus idéologique et antidémocratique, affirmait que la pression populaire n’y étant pas il n’y a pas lieu d’intervenir sur la question. Pas question donc d’imiter la France et d’initier un débat sur le sujet. C’est ce qu’on appelle « gouverner à la petite semaine ».

    La liberté de conscience et de religion n’est même pas en cause ici puisqu’il est admis que le Coran n’obligerait pas le port de ce scaphandre. Et même s’il l’obligeait, il ne faudrait surtout pas l’accepter pour autant.

    Les histoires d’horreur liées à l’intégrisme et à l’extrémisme religieux ne datent pas d’hier. Et elles sont légion. Les affres de l’Inquisition ont beau être choses du passé, du moins jusqu’à ce jour, celles de l’intégrisme et de l’extrémisme religieux moderne, encore là toutes dénominations confondues, sont chose courante dans les pays où règne la loi de la terreur religieuse, comme en Afghanistan par exemple. Quoi de mieux que les bonnes vieilles méthodes orthodoxes intégristes de certaines religions pour mettre à genoux tout un peuple! N’oublions pas que « les religions sont avant tout des institutions d’affaires de nature politique » (L’Allumeur de réverbère, éditions Alternativa, Zone libre) et qu’elles disposent d’un pouvoir pratiquement absolu sur leurs ouailles, du moins sur les plus soumises d’entre elles.

    Parlant de l’Afghanistan, que sommes-nous censés être allés y faire au fait? Ne sommes-nous pas censés y être allés pour promouvoir le respect des droits et libertés et la démocratie? On aura compris ici que « promouvoir » tient lieu d’euphémisme, le mot « imposer » n’étant pas de mise dans la bouche de nos représentants sur cette question, Combien de pertes humaines et monétaires à ce jour ont été consacrées à cette prétendue bonne et juste cause? Et combien d’autres à venir encore? Comment se fait-il que ces milliers de femmes encarcannés dont nous volons au secours depuis des années à des milliers de kilomètres d’ici nous arrivent en si grand nombre par la porte d’en arrière tout en conservant et perpétuant ce qu’il est convenu d’appeler leurs traditions? Mais que se passe-t-il donc? Quelque chose ne tourne pas rond dans tout cela.

    Comment expliquer que ces femmes que l’on est censé libérer de leurs entraves là-bas, ces milliers de femmes opprimées dont les tortionnaires à la solde de la dictature théocratique s’assurent d’en brûler chaque jour un certain nombre sur la place publique, histoire de donner l’exemple, soient en train de proliférer de la sorte chez nous tout en perpétuant les mêmes prétendues traditions dont on nous fait croire qu’elles veulent se départir? D’aucuns voudraient bien croire à première vue que c’est pour fuir l’enfer de l’Afghanistan, mais il semble que non justement puisque la tradition se perpétue.

    «Les graines d’un futur régime théocratique auraient-elles déjà commencé à germer sur nos propres terres »? (Une césure dans le temps, éditions Alternativa, Zone libre)

    Qui dit burqa dit madrasa et qui dit burqa et madrasa dit extrémisme religieux. Invoquera-t-on un jour les Chartes pour défendre le principe de la mise sur pied de madrasas au motif qu’il serait discriminatoire de s’y opposer au nom du sempiternel sacro-saint principe de la liberté de conscience et de religion, et pour être plus certaine encore, de la liberté d’expression?

    Combien de fatwas pèsent actuellement sur tous ces écrivains, artistes et intellectuels, au nombre desquels plusieurs femmes, dont Talisma Nasreen, tous condamnés à mort pour avoir osé contester l’ordre intégriste établi et ainsi défier la loi du Guide suprême? À quand la première fatwa sur notre territoire? À quand notre première Rayana aspergée d’essence? (À ce sujet, lire l’article de Christian Rioux dans Le Devoir du 29 janvier 2010)

    À quand le fouet ou la crucifixion pour notre premier caricaturiste à oser représenter publiquement le saint des saints?

    À quand la première bombe humaine à exploser en pleine rue ou dans le métro à l’heure de pointe?

    Combien d’excisions pratique-t-on annuellement ici même dans notre propre pays? Ne comptons pas sur nos gouvernants pour nous le faire savoir.

    A-t-on oublié qu’un procès pour crime d’honneur est actuellement en cours à Kingston en Ontario? Pour qui ne le saurait pas ou l’aurait oublié, trois personnes sont accusées d’avoir assassiné quatre femmes qui auraient contrevenu aux règles de stricte observance de leur religion machiste? Au fait, comment se fait-il que les médias ne nous parlent pas de ce procès, et encore moins nos gouvernants?

    Pour les intégristes musulmans, comme pour tous les intégristes religieux, politique et religion vont de pair, l’un ne va pas sans l’autre. Faut-il attendre le jour où ils seront démographiquement en position de contrôle avant d’agir? Rien n’est acquis en ce monde, surtout pas de nos jours! D’aucuns voudraient-ils troquer les Chartes pour la charia? Souvenons-nous qu’il s’en est fallu de peu récemment pour que l’Ontario autorise la charia. Il a fallu que les citoyens descendent dans la rue pour contraindre le gouvernement à faire marche arrière.

    Plus que jamais la vigilance s’impose. « Il ne faut pas attendre le jour où la religion nous sera imposée par la force, [...] où nos mères, nos sœurs, nos conjointes et nos filles se verront imposer en permanence le port d’un scaphandre d’acier à double coque cadenassé à double tour en remplacement de l’actuel scaphandre de bure, leur chapelet leur tenant lieu de tuba, [...] où nous serons témoins, sinon victimes, de nos premières attaques kamikazes, et où nous aurons droit à des séances hebdomadaires, voire quotidiennes, de flagellation, de crucifixion et de lapidation… » (Une césure dans le temps, éditions Alternativa, Zone libre)

    Il n’y a pas plus aveugle que celui que ne veut pas voir.

    Ceux qui ne veulent pas voir pourraient bien être témoins malgré eux, et ce plus tôt que plus tard, de la tenue ici même dans notre beau grand pays, tant convoité et prisé à travers le monde pour son ouverture et sa générosité, des premiers jeux talibans!

    On aura compris que ce n’est pas à la religion musulmane traditionnelle et modérée ni à quelque autre religion traditionnelle et modérée en particulier à laquelle je fais spécifiquement référence dans cet article mais bien à l’intégrisme et à l’extrémisme religieux.

  • vendredi 5 février 2010 14h32
    Merci Mohamed Lotfi
    Excellentes réflexions de Foglia.

    Je ne sais par quel hasard je les avais manquées toutes les deux.

    Au cas où une autre longue réaction s'intercale entre mon propos et le vôtre, je remets ici ces deux adresses :

    http://www.vigile.net/La-laicite-ouverte

    http://www.vigile.net/L-integrisme-de-Son-Eminence

    JPA

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    vendredi 5 février 2010 14h40
    Les grands penseurs
    Les grands penseurs qui ont écrit ce manifeste approuvent le fanatisme. Ils pensent que les opposants aux caprices des fanatiques des religions sont rétrogrades et étroits d'esprit. Je dirais que c'est tout à fait le contraire. Les Québécois sont lucides et savent très bien qu'accorder des accommodements aux fidèles de différentes religions et en particulier de la religion islamique ne peut qu'éroder la fragilité de la culture québécoiise fancophone. Peut-être que le ROC ne se sent pas menacé, mais il en est autrement pour les Québécois dont la densité de sa population est extrèmement faible et dissiminée dans un immense territoire , par rapport à la population de l'Amérique et toute atteinte à la culture Québécoise risque de faire basculer l'équilibre précaire dans lequel nous vivons. Les Québécois ne sont pas contre l'immigration mais insistent pour que les immigrants s'adaptent à notre langue et culture et qu'ils conservent leurs traditions et leur religion dans leur lieu de culte et dans leur maison. Si nos grands penseurs n'ont pas réfléchi à ce problème, il est gand temps qu'ils le fassent. Si les Chartes, lois et jugements Canadiens ne tiennent pas compte de ce fait, ne vous étonnz pas que la Souverainetéreprenne vie.

  • Pierre Marinet
    Inscrit
    vendredi 5 février 2010 14h59
    Monsieur Missmurt nous raconte des fables.
    Il n’y a pas plus anti-démocratique et violent que le Coran et ses parents, le Judaïsme et le christianisme. En somme depuis les monothéismes nés à l’époque égyptienne. Dans le Proche et le Moyen-Orient, trois eschatologies explosives se disputent l’espace sacrée, Jérusalem. Dans l’histoire du monde, ces trois monothéismes sont en conflit chronique. Si vous prenez le Coran, il est dit, redit et répété, que si nous ne croyons pas, nous sommes des infidèles dignes des pires punitions, la mort ou l’enfer. Dans le Coran, on ne respecte pas la liberté de ne pas croire. Je ne peux vous citer le texte car ce serait le citer presqu’en entier. Lisez-le ou parcourez-le, cela sera suffisant. Dans le Coran, on ne vous dit pas sympathiquement : « bon, tu ne crois pas, cela ne fait rien moi je crois en Allah et ça me suffit. Tant pis pour toi. » Non, on vous attaque, on veut vous tuer ou vous faire disparaitre. Si vous ne croyez pas, c’est que vous avez de bonne raison de ne pas croire et même sans raison, vous êtes libre de ne pas croire. Pourtant combien d’écrivains, de cinéastes et autres innocents ont-ils perdu leurs vies parce qu’ils/elles ne croyaient pas ou n’ont soi-disant pas respecté cette parole dite divine? Monsieur Missmurt nous parle de liberté de conscience et de croire mais le fondement même de sa foi dépend d’un texte qui interdit explicitement cette possibilité démocratique. Pour lui et pour le Coran je suis un infidèle même si je suis athée ou totalement allergique ou indifférent à n’importe quelle transcendance divine, je suis un infidèle (même si vous n’avez jamais cru en Dieu vous l’êtes quand même. Rien n’y fait. Même si je n’ai jamais aimée cette femme, elle me dira que je lui suis infidèle. C’est fort la liberté de l’amour dans cet exemple trivial et elle serait donc capable de m’empoisonner pour cause d’infidélité ou de trahison. C’est pathologiquement grave). Ce que je sais c’est que si je lui laisse la place d’installer sa religion tueuse de liberté de conscience (l’Histoire des monothéismes le prouve), je perds mon espace de liberté dans le futur. La laïcité nous offre une hygiène de bonne distance qui laisserait chacune-chacune libre dans sa sphère privée de faire ce que bon lui semble. Ce manifeste est superficiel, liberticide dans le sens ou il désire sous de faux prétexte de « liberté de conscience » remettre dans le politique et le civil des machines à décerveler les êtres humais vers le pire.

  • Pierre Marinet
    Inscrit
    vendredi 5 février 2010 15h09
    @Lofti.
    Monsieur Foglia est sans intérêt habituellement. Il n'est qu'un spécialiste du café du commerce. Il est préférable de boire un pastis en meilleure compagnie. J'avoue cependant que ses textes sont très bons. Merci pour les références qui sont excellentes. On ne peut être que d'accord. Vous m'avez réconcilié avec Foglia.

  • Michel THYS
    Inscrit
    vendredi 5 février 2010 15h23
    Un autre point de vue ...
    Je comprends que les Québécois veuillent conserver leur patrimoine judéo-chrétien.
    Pourtant, à notre époque de pluralité des cultures et des convictions, les esprits et les mentalités doivent évoluer et s’adapter à la nouvelle réalité sociologique, pour qu’un « vivre ensemble » harmonieux indispensable soit possible. Mais, à mes yeux, ce ne sera possible qu’à la condition de repenser en profondeur les deux programmes afin de les améliorer.

    Les Québécois croyants me semblent avoir peur de la laïcité. Je rappelle qu’il y en a deux : la laïcité « politique », condition sine qua non de la coexistence pacifique des croyants et des incroyants, qui sépare les influences de l’Etat et celles des religions, et d’autre part, la laïcité « philosophique ». Tout en n’ayant pas besoin d’une référence transcendantale, celle-ci n’est pas pour autant antireligieuse. En effet, la laïcité « philosophique » souhaite seulement un système éducatif permettant à chacun de choisir aussi librement et tardivement que possible de croire OU de ne pas croire, après une information minimale, objective et non prosélyte, à la fois sur le fait religieux ET sur le fait laïque.

    Revenons au fond du problème soulevé par le cours d’ECR.
    Même en démocratie (la majorité n’ayant pas nécessairement toujours raison), l’Enseignement ne relève pas des citoyens, ni des religions, mais d’abord de l’Etat, qui a la responsabilité de l’émancipation de tous. Plutôt que de supprimer le cours d’ECR, ou de le rendre facultatif, je pense qu’il faudrait le repenser et donc l’améliorer.

    De nos jours, la religion est une affaire privée et elle devrait être confinée au sein de la famille et dans les lieux de culte. Excepté au cours d’histoire ou de philosophie, elle n’a donc rien à faire à l’école, dont la vocation n’est pas d’évangéliser mais d’instruire et de préparer à une citoyenneté responsable.
    Faire découvrir d’autres religions à des adolescents fait sans doute partie de la culture générale, mais avec autant de détails, cela jette la confusion dans leur esprit et, par comparaison, cela ne peut que renforcer la religion traditionnelle et majoritaire.
    Les évêques l’ont bien compris ! C’est même, à mes yeux, le but hypocrite de ce cours : tenter de compenser le déclin du catholicisme, la « déconfessionnalisation » et la laïcisation croissantes de la société. Initialement, en effet, il devait être fait mention de l’existence de conceptions non religieuses. C’était un minimum, par simple honnêteté intellectuelle. Or actuellement, même la mention de l’athéisme a été expurgée !

    Les parents catholiques qui, au nom de leur liberté de conscience et de choix, demandent que ce cours soit optionnel, sont-ils bien conscients de leur responsabilité morale ?
    Comme s’ils étaient infaillibles, ils s’arrogent le droit d’imposer leur propre croyance à leurs enfants, comme si toute autre option, agnostique ou athée par exemple, était impensable, voire une abomination !
    Comme si, plus tard, le « libre choix » de leur enfants n’allait pas en être influencé !

    A notre époque de pluralité des cultures et des convictions, la liberté de croire OU de ne pas croire est devenue légitime.. Mais elle reste souvent compromise, à des degrés divers, par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale, forcément affective puisque fondée sur l’exemple et la confiance envers les parents, et confortée par l’influence d’un milieu culturel unilatéral puisqu’il exclut toute alternative laïque non aliénante. L’éducation coranique en témoigne hélas à 99,99 % …

    Cela s’explique : dès 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l’Université catholique de Louvain, a montré, sans doute à son grand dam, qu’en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît PAS spontanément, et que la religiosité à l’âge adulte en dépend (et donc aussi, comme mécanisme de défense, la capacité du seul néo-cortex humain à imaginer un « Père » protecteur, substitutif et anthropomorphique).

    Par ailleurs, des neuro-physiologistes ont constaté que chez le petit enfant, alors que les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures, les amygdales (celles du cerveau émotionnel) sont déjà capables, dès l’âge de 2 ou 3 ans, de stocker des souvenirs inconscients (donc notamment ceux des prières, des cérémonies, des comportements religieux des parents,…, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur.
    Ces « traces » neuronales sont indélébiles : l’ IRM fonctionnelle confirme que le cortex pré-frontal et donc aussi bien l’esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s’en trouvent anesthésiés à des degrés divers, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect, du moins dès qu’il est question de religion.

    Dans un souci de réduire les inégalités socioculturelles, l’école, via le cours d’ECR, devrait donc compenser l’influence des parents, certes légitime et constitutionnelle mais affective et unilatérale, par une DOUBLE information minimale, objective et non prosélyte : d’une part, au cours d’histoire, sur le « fait religieux » (certes « l’amour du prochain » du christianisme, mais aussi la soumission inhérente et commune à toutes les religions, la part de responsabilité des trois religions monothéistes dans l’origine de l’intolérance, de la violence et des guerres,dont celle de 39-45), ET d’autre part, sur le « fait laïque » (l’humanisme laïque, ses principes de libre examen, d’esprit critique, d’autonomie et de responsabilité individuelle, ses valeurs « universalisables » – puisque bénéfiques à tous, telles que le respect de la dignité humaine -, ses options, ses objectifs, la spiritualité laïque, …, actuellement occultés).

    Cela permettrait enfin à chacun de choisir ses convictions philosophiques OU religieuses en connaissance de cause, aussi librement que possible, d’accepter la différence enrichissante de l’autre et de tendre ainsi vers une réelle citoyenneté, fondée un meilleur « vivre ensemble ».
    Je lirai vos commentaires avec intérêt.
    Michel THYS à Waterloo (de 1815), en Belgique. michelthys@base.be http://michel.thys.over-blog.org

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    vendredi 5 février 2010 16h06
    Un melting pot
    Enfin, ce que vos éminentes sagesses recommandez, c'est la création d'un melting pot au Québec, sachant très bien que la langue française n'y survivrait pas et encore moins la culture.

  • Pierre Marinet
    Inscrit
    vendredi 5 février 2010 16h15
    Merci monsieur Thys.
    Merci pour votre précieux commentaire. Je tiens à re-souligner en reprenant un de vos paragraphes ce que la culture reçoit des premiers enseignements dès le plus jeune âge. On n'est pas sans savoir que le véritable noeud du problème se situe à ce niveau, celui du conditionnement et comme l'avez déjà Nietzsche que "l'homme est un animal domestique pour l'homme". Voici donc votre paragaphe que beaucoup devrait méditer et notamment monsieur Missmurt et autres complices intégristes comme quoi la la notion du libre choix, sans en faire une véritable phénoménologie de l'esprit, reste douteux:
    "Par ailleurs, des neuro-physiologistes ont constaté que chez le petit enfant, alors que les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures, les amygdales (celles du cerveau émotionnel) sont déjà capables, dès l’âge de 2 ou 3 ans, de stocker des souvenirs inconscients (donc notamment ceux des prières, des cérémonies, des comportements religieux des parents,…, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur.
    Ces « traces » neuronales sont indélébiles : l’ IRM fonctionnelle confirme que le cortex pré-frontal et donc aussi bien l’esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s’en trouvent anesthésiés à des degrés divers, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect, du moins dès qu’il est question de religion." On retrouvera aussi quelques travaux de Malibou comme réflexion du sujet et la plasticité du cerveau. Laïcité se doit de penser dans le cheminement scientifique. cela aiderait à éviter toutes formes d'obscurantismes gratuits et aliénés. Les traditions participent de ce conditonemnt comme le port du voile par exemple ou de passer sous une échelle.

  • vendredi 5 février 2010 16h46
    Les propos de Foglia...
    Le principe de laïcité implique une différence entre l'espace de la société civile et la sphère de l'autorité publique: alors que l'espace de la société civile est régie par le principe de tolérance, la sphère de l'autorité publique est tenue à une abstention absolue en matière religieuse.

    Le propos de Foglia concernant l'«espace civil» et «espace public» est des plus confus.

    Sinon, pour le reste et pour une fois, je suis d'accord avec lui. La laïcité n'a pas besoin d'épithète et seul les amateurs de la règle de plomb peuvent lui vouloir en ajouter, tout comme ceux qui en France souhaitent minimiser l'importance de l'article 2 de la loi de la laïcité de l'État de 1905: c'est-à-dire

    « La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte »

    Et si l'on veut ici vraiment assurer la liberté de conscience des citoyens, et donc la liberté de ne financer aucun culte, il faudra que le Québec se donne une disposition équivalente. Brimer la liberté de conscience des citoyens est précisément ce que souhaite les partisans de cette «laïcité ouverte» et l'extrait

    « Le fait qu'un agent de l'État affiche un signe d'appartenance religieuse ne l'empêche nullement d'appliquer les normes laïques de façon impartiale; le citoyen ne peut que constater ce signe religieux, de la même façon qu'il peut remarquer l'origine ethnique du fonctionnaire »

    illustre assez clairement le type de génuflexion qu'il imposera... A force de confusion entre l'inné et l'acquis, entre «origine ethnique» (i.e. la couleur) et signes religieux, c'est comiques vont finir par dire que la religion est consubstantielle à la nature humaine!

    Nous l'avons déjà dit, cette «laïcité ouverte», c'est du pipeau... dans l'ouverture de Carmen!

    Marc-Aurèle Lachance
    Militant pour la laïcité,
    Et non à genou devant une laïcité à épithète!

  • Mohamed Lotfi
    Inscrit
    vendredi 5 février 2010 17h35
    Rédiger contre-manifeste..
    Je lis avec beaucoup plus d'intérêt et de plaisir la plus part des commentaires suscités par ce manifeste. Les éléments d'un contre-manifeste s'y trouvent déjà. Il suffit peut-être de les organiser dans un seul texte. Les adeptes de la laïcité ouverte semblent plus organisés. Apparemment ils jouissent d'une entrée plus privilégiée dans les médias. Winstock est devenu le chouchou régulier de Charette et au Devoir, je sens également une tendance à privilégier les tenants de la laïcité ouverte. J'espère que je me trompe.

    Si jamais un contre-manifeste est publié il devrait davantage mettre l'accent sur les avantages de la laïcité que sur les défauts des religions. J'aime bien l'expression de Pierre Marinet ''La laïcité nous offre une hygiène de bonne distance qui laisserait chacune-chacun libre dans sa sphère privée de faire ce que bon lui semble''.

    Je me permet cependant de nuancer ses propos sur le Coran. Le livre saint des musulmans s'attaque aux mécréants, mais pas aux juifs et aux chrétiens, ils sont considérés par le Coran comme faisant partie des ''Gens du Livre'' ''Vous avez votre religion et j'ai la mienne'' extrait du Coran.

    Voilà pourquoi, à mon avis il serait contre-productif dans un éventuel contre-manifeste de s'attaquer aux religions. Il suffit de les rétablir dans la sphère privée qui devrait être la leur, comme dans toute société laïque qui se respecte. La laïcité n'est pas née pour mettre fin aux religions, mais pour les empêcher de se faire la guerre. Le seul moyen pour y arriver, c'est d'empêcher le politique d'être instrumentalisé par le religieux. 75% des musulmans de France adhèrent à ce concept. Au Québec aussi, la majorité silencieuse des musulmans adhèrent aux principes de laïcité. Une étude de la commission des droits de la personne démontre qu'une majorité de musulmans du Québec ne s'identifient pas d'abord à leur religion.

    Dans plusieurs textes, dont certains publiés au Devoir j'ai essayé de relater les origines politiques du voile politique parce que là encore, certains adeptes de la laïcité errent dans des analyses superficiels sur le voile en l'associant exclusivement à un symbole de soumission. L'émergence du voile politique, il y a une trentaine d'années, est étroitement lié aux évènements qui ont tué dans l'œuf tous les élans de démocratisation dans certains pays musulmans dont l'Iran. Les démocraties occidentales ont leur part de responsabilités. Aujourd'hui, elles récoltent un peu de ce qu'elles ont semé.

    Voici trois textes sur le sujet:

    - http://www.ledevoir.com/non-classe/48224/agora-dev
    - http://www.ledevoir.com/non-classe/140775/lettre-a
    - http://www.latribuduverbe.com/archives/2006/02/svp

    Dans un contre-manifeste, les termes, voile, burqua, musulmans et immigrants, ne devraient pas y figurer. C'est la seule façon de lui donner un caractère rassembleur.

  • vendredi 5 février 2010 17h51
    Pluralisme contre pluralisme 1 Attention aux normes des religions
    Première partie

    Les auteurs du manifeste se présentent comme des défenseurs du pluralisme. On sait qu'un philosophe comme Michel Foucault a été une influence importante en France et moindrement au Québec en tant que penseur critique des pouvoirs et du caractère normalisateur émanant de la rationalité occidentale. Certains critiques du manifeste s'en prennent facilement à Foucault qui dans ses études a démonté les mécanismes d'asservissement des pratiquants catholiques au moment de la confession de leurs péchés dans le confessionnal présent dans toutes les églises. La défense des différences par Foucault ne s'est pas faite dans un refus de la laïcité mais dans le rejet plutôt d'une tradition chrétienne qui en séparant le monde entre saints et pécheurs a préparé les conditions d'une pensée humaniste et ultérieure qui traque le pathologique dans ce qui apparaîtrait comme les éléments de la normalité.

    Structuration du normal et du pathologique dont la première forme balbutiante ou dualité (s'est mise en place par le christianisme monothéiste) qui en s'infiltrant dans le domaine de la médecine scientifique naissante mais surtout dans celui de la première psychiatrie a permis le développement d'institutions d'internement qu'ont été les asiles afin de séparer les fous, les marginaux des gens insérés socialement dans les sociétés du 17ème jusqu'à celles du 20ème siècles.

    En quelque sorte, Foucault a relevé en (simplifiant) que le schéma du catholicisme précisément en inventant un monde ou le bien est constamment traqué par les forces du mal a préparé le terrain pour le premier monde humaniste après le Moyen âge, un monde qui réinvente à sa manière les catégories du christianisme pour les réinvestir dans les catégories nouvelles de ségrégation entre le normal et le pathologique. Catégories qui si se sont- elles révélées heureuses pour le développement de la médecine physiologique à partir de la découverte de la dissection dont Rembrandt a témoigné par ses peintures. Ces mêmes catégories se sont révélées erronées et catastrophiques pour le traitement des marginaux et simples d'esprits emprisonnés dans les asiles ce que le sort d'un Nelligan au Québec pourrait témoigner tout comme celui plus tard d'une Alys Robi lobotomisée. En médecine cérébrale et psychiatrique, le cerveau humain restant l'organe le plus difficile à comprendre scientifiquement en 2010!

    Tout cela pour dire que si des intellectuels se servent des pensées de Deleuze et Foucault pour défendre leurs conceptions de l'interculturalisme ou multiculturalisme, ils sont dans le champ. L'origine de la pensée multiculturelle est anglo-saxonne et c'est celle ci qui veut créer une laïcité dite ouverte aux religions tandis que la pensée grossièrement résumé dans le concept de post moderne tente d'élargir les conditions d'acceptation de la différence en considérant le sort des marginaux, des gais et lesbiennes, des handicapés et des individus en souffrance psychologique.

    À suivre.

  • vendredi 5 février 2010 19h05
    Fort intéressant, M. THYS
    Et merci de vos commentaires d'Outre-mer.

    Je partage votre avis. Je constate qu'il est difficile de présenter également les deux côtés de la médaille. Vous et moi... et plusieurs autres sans doute, nous présenterions à nos jeunes la laïcité comme l'emportant largement. Votre accumulation de qualités pour la laïcité était impressionnante.

    Vient un moment où tant la science que la religion ne peuvent prendre les décisions charnières : il faut une instance neutre. C'est l'État. Pour jouer adéquatement son rôle neutre, notre État, comme tous les États devraient le réaliser, devra se donner une laïcité claire et nette avec des lois et les sanctions qui vont avec. Autrement nous serons bientôt dans la merde. Nous aurons perdu notre âme si rapidement que nous nous demanderons comment cela aura bien pu nous arriver. Ce sera le retour de l'Inquisition pire que celle de Torquemada. « Femme, soumets-toi, couvre-toi, tais-toi. »

    Ce sont nos femmes mures, dans la cinquantaine ou la soixantaine, qui commencent à râler d'abord de l'intérieur. Car elles sont patientes les Québécoises. Mais vient un temps où elles en ont ras le bol de faire encore les frais d'un autre retour de l'obscurantisme. Non merci, disent-elles en choeur. Dans l'Église, la plupart se taisent encore ou participent à la Parole pensée par d'autres qu'elles. Des courroies de transmission, voilà ce qu'elles sont encore chez nous. Mais la marmite, même là, commence de nouveau à bouillir.

    Je penserais que nous sommes dans une étape charnière de l'évolution de l'humanité. Serons-nous pour une autorité divine ou pour notre pure et simple liberté d'êtres humains. C'est déjà maintenant que nous construisons certaines barricades qui sauveront nos arrière petites-filles de l'esclavage religieux.

    JPA

  • Marie Lauzier
    Inscrite
    vendredi 5 février 2010 19h14
    L'antithèse du melting pot
    @ Paul Lafrance

    Ce que suggèrent les auteurs de ce manifeste est l'antithèse du melting pot.

    Et contrairement à vous, je crois que la survie de la langue française au Québec passe par l'interculturalisme. Si les "Canadiens français" continuent de se replier sur eux-memes, il vont mourir d'une mort lente. C'est déjà amorcé. Il n'y a de vie que dans l'évolution. Nous sommes arrivés à la croisée des chemins. Ou nous étouffons ensemble (les Canadiens français) ou nous devenons plus forts parce que des forces vives mais forcément différentes se joignent à nous.

    Un peuple c'est un peu comme une langue. Pour ne pas mourir il doit évoluer, c'est-à-dire se transformer par étapes successives, passer progressivement d'un état à un autre.

    Le contraire d'évoluer? Piétiner, s'arrêter, se figer, stagner.

  • M. Julien
    Abonné
    vendredi 5 février 2010 19h28
    Un référendum sur la laïcisation de la société québécoise
    Pour ceux et celles que la chose intéresserait et qui ne seraient pas au courant, sachez qu’au moins un site internet québécois se consacre expressément à la question de l’islamisation de notre société.

    Ce site porte le nom de « Point de bascule »
    http://www.pointdebasculecanada.ca/index.php

    Le Monde diplomatique publie également des articles intéressants sur la question: http://www.monde-diplomatique.fr/recherche?s=burqa

    L’article 1 de la Charte canadienne des droits, à laquelle le Québec n’a pas adhéré, est-il besoin de le rappeler, stipule expressément que la Constitution canadienne est fondée sur le principe de la « suprématie de Dieu ». Sans compter bien sûr la référence à la Reine d’Angleterre qui est officiellement le chef du gouvernement canadien que je sache. Que d’aberrations n’est-ce pas pour une société qui se dit moderne……!

    « Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit »… (Article 1)

    Cela dit, je crois que la société québécoise est mûre pour un débat sincère et profond sur la laïcisation de l’espace public et il y a fort à parier que tel débat susciterait une adhésion fortement majoritaire au principe de la laïcisation officielle de notre société.

    Une fois le débat terminé, débat qui pourrait être précédé au départ de la tenue d’états généraux, un référendum pourrait être tenu sur la question Ultimement, assumant que la majorité adhère au principe de la laïcisation et que les balises de sa mise en application seraient arrêtées selon l’assentiment de la majorité, l’Assemblée nationale n’aurait plus qu’à officialiser la chose. Mais convenons que ce n’est pas là chose faite…il y a loin de la coupe aux lèvres!

    Nul doute qu’on pourrait s’attendre à des contestations de toutes sortes, notamment sur le plan juridique. Mais ce serait déjà quelque chose que de mettre le train sur les rails. Ne comptons pas cependant sur la seule laïcisation de la société pour tout régler, mais ce serait déjà quelque chose.

    Comme chacun le sait, il ne faut pas compter sur nos gouvernants pour aller de l’avant avec un tel projet. Monsieur Ignatieff vient de se prononcer pour sa part en faveur du port de la burqa, ce qui est peu dire!...

    À défaut de dirigeants qui ont une colonne et des couilles, il appartient aux forces dynamiques de notre société d’initier le mouvement qu’il faudra bien initier un jour si on ne veut pas se faire imposer un jour la charia ou quelque loi religieuse intégriste. Il ne faut jamais allier politique et religion car il s’agit là d’un mélange explosif. Les dangers inhérents aux religions sont connus, certaines plus que d’autres.

    Au-delà de l’ignorance et de l’inconscience, le plus grand danger qui nous guette en ce moment sur cette question est l’indifférence. Le seul fait de prendre conscience que nous ne parlions pas de ce sujet il y a quelques années à peine et que c’est le cas de plus en plus aujourd’hui devrait nous faire réaliser que quelque chose est en train de se passer. Et j’ai bien peur que nous n’ayons rien vu encore!

    La vigilance s’impose. On ne le dira jamais assez.

  • vendredi 5 février 2010 19h45
    Retour sur «Les propos de Foglia... »
    Le principe de laïcité implique une différence entre l'espace de la société civile et la sphère de l'autorité publique: alors que l'espace de la société civile est régie par le principe de tolérance, la sphère de l'autorité publique est tenue à une abstention absolue en matière religieuse.

    Le propos de Foglia concernant l'«espace civil» et «espace public» est des plus confus.

    Sinon, pour le reste et pour une fois, je suis d'accord avec lui. La laïcité n'a pas besoin d'épithète et seuls les amateurs de la règle de plomb peuvent lui vouloir en ajouter, tout comme ceux qui en France souhaitent minimiser l'importance de l'article 2 de la loi de la laïcité de l'État de 1905: c'est-à-dire

    « La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte »

    Et si l'on veut ici vraiment assurer la liberté de conscience des citoyens, et donc la liberté de ne financer aucun culte, il faudra que le Québec se donne une disposition équivalente. Brimer la liberté de conscience des citoyens est précisément ce que souhaitent les partisans de cette «laïcité ouverte» et l'extrait

    « Le fait qu'un agent de l'État affiche un signe d'appartenance religieuse ne l'empêche nullement d'appliquer les normes laïques de façon impartiale; le citoyen ne peut que constater ce signe religieux, de la même façon qu'il peut remarquer l'origine ethnique du fonctionnaire »

    illustre assez clairement le type de génuflexion qe celle-ci imposera... A force de confusion entre l'inné et l'acquis, entre «origine ethnique» (i.e. la couleur) et signes religieux, ces comiques vont finir par dire que la religion est consubstantielle à la nature humaine!

    Nous l'avons déjà dit, cette «laïcité ouverte», c'est du pipeau... dans l'ouverture de Carmen!

    Marc-Aurèle Lachance
    Militant pour la laïcité,
    Et non à genou devant une laïcité à épithète!

  • vendredi 5 février 2010 20h01
    Pluralisme contre pluralisme 2 Tarik Ramadan ou le pluralisme intolérant
    Seconde partie

    D'autant que les religions instituées et dominantes perçoivent généralement que les handicapés, homosexuels et marginaux ne sont jamais que l'expression de vices possibles les ayant conduits à leur sort.

    Cette citation alambiquée de l'islamiste *Tarik Ramadan pouvant en donner une idée.

    (....) Sur l’homosexualité, Tariq Ramadan rappelle que l’islam condamne l’homosexualité au même titre que les autres religions ou que la *pensée freudienne (qui parle de « perversion », de « contre nature » et d’« expression d’un déséquilibre »). Cependant pour Ramadan « on peut être en désaccord avec le comportement d’une personne (sur le plan public ou privé) mais respecter la personne en tant qu’être. » « Une personne qui prononce l’attestation de foi islamique devient musulmane et si, par ailleurs, elle pratique l’homosexualité, il n’appartient à personne de la sortir de l’islam. Un comportement considéré comme répréhensible par les règles morales ne suffit pas à excommunier un individu. » (..) Wikipédia.

    *pensée freudienne: la continuité de la pensée psychologique ou psychiatrique classique avec les grands monothéismes ce que Foucault a tenté de démontrer. Ramadan en donne lui même un exemple qui se retourne contre lui. Ramadan qui perçoit l'homosexualité comme pathologique malgré tous ses sophismes.

    Il est étrange donc après ceci que les auteurs du Manifeste incapables de voir leurs contradictions ne prennent pas conscience que le nationalisme n'est pas en cause tant que cela dans l'affaire des accommodements et pas tant que cela non plus la laïcité stricte parce qu'également, il y a une pensée plus discrète du pluralisme mais néanmoins réelle qui s'oppose au pluralisme pour l'extension des religions.

    Le pluralisme qui défend le droit des individus marginalisés s'oppose au dit pluralisme qui valorise à outrance la diversité religieuse au nom d'un relativisme culturel qui devient absolutiste. Le pluralisme qui défend les toxicomanes et tente de les aider sans les juger avec des a priori n'a rien de convergent avec un prétendu pluralisme qui veut renforcer l'action dans nos sociétés de normes religieuses.

    Sur la condition des immigrants musulmans, il faut dire et rappeler qu'il y a des laïques et des pratiquants. Et que parmi l'immigration qui veut maintenir ses traditions musulmanes au Québec, il faut remettre en contexte que les arrivants se réunissent en communautés avec les avantages et les désagréments que cela apporte pour l'intégration. Q' autrement dit, la pratique de la religion coranique peut se maintenir à travers la construction de mosquées ou location de lieux. Que le support de la communauté algérienne par exemple du Québec pour l'ensemble de ses membres devrait s'ouvrir au fait que dans les lieux comme les hôpitaux ou les écoles, les femmes musulmanes doivent s'adapter aux critères qui neutralisent le port de signes religieux. Dans le domaine des religions en Occident, il faut que les croyants acceptent de relativiser leurs convictions normatives qui sont rarement démocratiques et seul la neutralisation d'un grand espace public permet de le faire.

    Le texte est long, espérant compréhension de la part du Devoir.
    Commentaire aux auteurs de blogue. Faites des paragraphes afin de faciliter la lecture. La touche enter sur le clavier et on fait des paragraphes.

  • vendredi 5 février 2010 20h06
    De la nouveauté, enfin.
    Bonjour,

    Qu'on soit pour ou contre, on ne peut pas nier que ce Manifeste soulève les passions et invite au débat. De mon point de vue, c'est une excellente chose.

    On y trouve aussi un réel souci de synthèse d'une situation très complexe et une analyse très fine des "caractères" des différents interlocuteurs. À ce sujet, le Manifeste est à mon humble avis, un tour de force. Il va droit au but, sans détour et sans laisser de restes. Les enjeux, comme l'extrême fragilité du lien de nécessité entre un principe de laïcité et la protection de l'identité culturelle, sont clairement énoncés.

    À dire vrai, la lecture d'une option modérée, qui se veut raisonnable et informée, me rassure beaucoup puisque les revendications fortes pour une solution juridique, donc coercitive et qui justifierait aussi des "punitions justes", commençaient à m'inquiéter.

    Dans tous les cas, il s'agit d'un beau débat d'idées dans lequel plusieurs intellectuels participent, qu'ils soient universitaires, citoyens, laïques ou religieux. C'est une chose rare au Québec, ce serait bien si on pouvait lire moins d'attaques ad hominem et plus d'examens critiques.

    Anyway, je le répète, qu'on soit d'accord ou pas, c'est un bon travail, de qualité et qui présente une lecture originale de la situation. Un bonus pour le débat. Merci aux auteurs.

  • vendredi 5 février 2010 23h24
    Pour une charte de la laïcité
    J'imaginais un contre manifeste. J'ai appris récemment qu'il y a déjà mieux. Une pétition issue de la revue Sisyphe circule déjà à l'adresse suivante :

    http://sisyphe.org/spip.php?article3310

    Ne nous gênons pas pour la signer. Elle clarifie très bien les principes d'une laïcité de l'État québécois. Je l'ai déjà signée et je la recommande à tous ceux qui désirent une véritable séparation entre l'État et les religions.

    JPA

  • samedi 6 février 2010 02h37
    Un concours de titres
    On dirait un concours de titres. Voilà maintenant que nous avons des « "professeurs d’Université" » [1] qui disent du haut de leur grand savoir ce que les pauvres gens "sans connaissances" (sic) et par conséquent "sans jugement" (sic) doivent penser.

    Les titres universitaires servent à donner du poids aux opinions en dispensant de les étayer avec des arguments structurés. La rhétorique universitaire sert souvent à perdre le sens des choses et à couvrir d’un glaçage intellectuel hautain des discours soporifiques et désorientants.

    N’écoutant que leur lucidité universitaire, nos professeurs nous indiquent « LA » voie à suivre si on veut que notre société connaisse le salut éternel par « le pluralisme et l’interculturalisme ». Il est malheureux que leurs brillantes études n’aient pas été suffisantes pour se rendre jusqu’au communautarisme. La pluralité c’est bien, mais le communautarisme c’est un réel danger pour toutes les sociétés. Cette ghettoïsation de la société en communauté plus ou moins hermétique.

    Aucune société ne peut vivre en Paix si on ne réussit pas à unir les Êtres Humains derrière des valeurs communes. Au Moyen-Orient les sunnites font sauter des chiites, en ex-Yougoslavie, les ethnies religieuses ( !) se sont entretuées de façon génocidaire, au Rwanda les ethnies se sont massacrées. Partout où les valeurs communes disparaissent, il y a source de conflits violents ethniques ou religieux. La laïcité, l’égalité entre les Femmes et les Hommes, sont des valeurs universelles qui peuvent servir de dénominateur commun et permettre la vie paisible avec nos différences.

    L’État laïc favorise la société neutre et les valeurs communes. Personne n’est exclu. La neutralité n’est pas le contraire de la diversité. La neutralité est le dénominateur commun de la diversité. Ce dénominateur commun est essentiel pour vivre la diversité de façon pacifique. Sans ce dénominateur commun, nous nous dirigeons vers le communautarisme et les tensions qu’il peut engendrer.

    Nos professeurs semblent penser que la laïcité de l’État est l’imposition d’une loi obligeant les citoyens à renoncer à leur croyance et pratique religieuses. Comme si le devoir de réserve politique pour les agents-es de l’État imposait l’abdication des convictions politiques et enlevait le droit de vote.

    Quelle magistrale absurdité de dire : « on ne peut présumer que cette affiliation religieuse constitue une subjectivité qui interfère… » Lorsque dieu ou allah nous guide, on ne se trompe pas (sic) et notre subjectivité interfère beaucoup dans l’application des lois.

    À quoi donc sert cette halucinante lutte pour le voile ?
    Elle sert à faire valoir le retour du religieux dans l'État.


    http://www.vigile.net/Cette-hallucinante-lutte-pou



    Serge Charbonneau
    Québec

  • M Dubois
    Inscrite
    samedi 6 février 2010 04h09
    L'ÉCHEC DU PLURALISME À L'ANGLAISE
    La Grande Bretagne vient de se rendre compte qu'à permettre que chaque minorité culturelle puisse vivre selon ses coutumes sans valoriser de valeurs nationales communes conduit à n'avoir plus d'identité nationale mais une foule d'identité rivales. Ce qui peut mener à des extrémismes...

    Pourquoi ne pas affirmer less valeurs fondatrices du Québec et les proposer aux nouveaux arrivants ? Il ne s'agit pas de les exclure mais de leur offrir de s'inclure. Pourquoi devrions-nous reculer de 50 ans sur les droits des femmes en acceptant que certains hommes les voile jusque dans la sphère publique. Zoro et Lone Ranger ce n'est que de la télé après tout.

  • M Dubois
    Inscrite
    samedi 6 février 2010 04h15
    PAS DE PROSÉLITISME RELIGIEUX DANS LES SERVICDES PUBLICS
    @ M. Lachance.

    Lorsque le serviteur de l'Etat arbore un signe religieux comment ne pas penser qu'il puisse avoir une préférence pour son groupe d'appartenance et qui sait le favoriser ? Il ne doit y avoir aucune ambiguité pour quiconque.

  • Pierre Marinet
    Inscrit
    samedi 6 février 2010 07h17
    @Jean Pierre Bouchard
    Jean Pierre Bouchard merci pour le conseil paragraphe.
    Merci aussi pour votre mise au point concernant Foucault et votre démonstration critique. L’esprit critique nous est indispensable afin d’éclairer des enjeux dont les auteurs du « Manifeste » n’en ont pas vraiment conscience. Ou plutôt, c’est leur « bonne conscience » politiquement correcte qui les pousse à ne pas les voir en toute clarté. On a déjà analysé que le multiculturalisme
    serait une forme « de racisme désavoué, invertie, autoréférentielle, un « racisme avec une distance »- il reste l’identité de l’Autre, le concevant comme une communauté « authentique » fermée sur elle-même par rapport à laquelle l’adepte du multiculturalisme maintient, lui, une distance qui rend possible sa position universelle privilégiée. Le multiculturalisme est un racisme qui vide la position qui est la sienne de toute teneur positive (le défenseur du multiculturalisme n’est pas un raciste franc du collier, il n’oppose pas à l’Autre les valeurs particulières de sa propre culture), mais conserve néanmoins cette position comme le point vide d’universalité privilégié à partir duquel il est possible d’apprécier et de déprécier) de manière appropriée d’autres cultures -- le respect du multiculturalisme pour spécificité de l’Autre est la forme même qu’adopte l’affirmation de sa propre supériorité. (Slavoj Ziziek, « Playdoyer en faveur de l’intolérance », éd. Climats).

    Aussi ce Manifeste rentre bien dans le cadre de la société des médias puisqu’il joue de manière inconséquente, n’oublions que ce sont des « intellectuels » aux intérêts divers qui écrivent non seulement des citoyens dits « ordinaires » (ce sont eux qui signent leur écrit par leurs attributions de mandarins patentés), des épidémies médiatiques servant à gérer le stress de nos sociétés. Il nous faut devoir prendre distance avec cette épidémie d'opinion. Il nous faut refuser le service en excitation offert si sympathiquement par les médias. Nous vivons de plus en plus dans un champ d'excitation collectif qui finit à ne rien faire ni comprendre à quoi que ce soit. Cette sorte d'auto-émotion ne permettra pas, loin de là, de voir l'univers capitaliste/marchand aller vers des lendemains qui chantent grâce à sa ruine. Puis comme rien ne pourra effectivement changer, nous aurons comme consolation la religion et leurs lieux de cultes, synagogues/églises/mosquées. C'est à croire que cette excitabilité, celle du voile et de l'Islam entre autres plus les divers fois sous prétextes de "liberté de conscience" (Hitler aurait demandé la même chose à ce compte. C.f à Eric Voegelin qui interprétait le nazisme comme une "religion politique" malgré son scoutisme primaire), est désormais le premier devoir civique. Le danger nous guette. Merci.

  • Pierre Marinet
    Inscrit
    samedi 6 février 2010 07h19
    @Marie Lauzier :
    « Ou nous étouffons ensemble (les Canadiens français) ou nous devenons plus forts parce que des forces vives mais forcément différentes se joignent à nous. »

    Vous voyez la situation d’une façon bien linéaire et binaire. Pourquoi pensez-vous uniquement aux « Canadiens français » alors que cette problématique concerne aussi les immigrants et par extension un « vivre-ensemble ». N’est-ce pas vous en vérité qui faites ce que vous critiquez? Vous remarquerez qu’il y a des immigrants qui participent à ce débat. Il ya des immigrants qui ne désirent pas, plus, revivre ce qu’ils ont quitté ailleurs. C’est dans l’intérêt de tous. Il nous faut penser « l’intégrisme musulman » comme force d’action politique et de déstabilisation de la paix civile. Réfléchir sur les intégrismes, aussi bien celui de la droite dure républicaine américaine comme exemple, peut nous préserver du pire.

  • Pierre Marinet
    Inscrit
    samedi 6 février 2010 07h41
    Un excellent article par Caroline Fourest

  • Augustin Rehel
    Inscrit
    samedi 6 février 2010 08h47
    Une charte de la laïcité, rien de moins.
    Sur un autre forum de disuccion, monsieur Julien disait ceci:


    «À défaut de dirigeants qui ont une colonne et des couilles, il appartient aux forces dynamiques de notre société d’initier le mouvement qu’il faudra ...

    En effet! Si on laisse faire Charest et Ignatieff, notre société sera islamique dans 10 ans... avec plus de musulmanes foularisées et turqanées, que de garçons qui portent la tuque... pour utiliser la comparaison de Georges Paquet!

    Il faut agir maintenant et revoir la Charte des droits et libertés, en précisant bien les mêmes droits et les mêmes obligations à tous les hommes et toutes les femmes.

    UN ÉTAT LAÏC AU SERVICE DU BIEN COMMUN, poursuit les buts suivants:

    1- Il s’assure qu’aucun groupe, aucune communauté n’impose à quiconque une appartenance ou une identité confessionnelle, en particulier en raison de ses origines.

    2- .Il privilégie l’application de lois civiles par opposition à des lois dites divines.

    3- Il protège chacune et chacun contre toute pression, physique ou morale, exercée sous couvert de telle ou telle prescription religieuse

    La démarche qui permettra à la société québécoise de se doter d’une telle charte serait l’occasion de construire un consensus social sur cette question complexe. C'est en proclamant officiellement et en faisant respecter la neutralité et le caractère laïc de ses institutions et des services publics que l’État assurera à tous les citoyens et citoyennes la liberté de religion et de conscience.

  • Guy LeVasseur
    Inscrit
    samedi 6 février 2010 08h46
    Caroline Fourest aux Franc-Tireurs
    Une excellente entrevue de Mme Caroline Fourest
    aux Franc-Tireurs de Télé-Québec.

    http://video.telequebec.tv/video/2786/entrevue-ave

    Je souscris entièrement à la démonstration de Mme Fourest.
    Et je ne suis pas le seul.

    En contre partie écoutez Messieurs Bouchard et Taylor en entrevue récente à l'émission Second Regard de Radio-Canada.

    http://www.radio-canada.ca/emissions/second_regard

    Pathétique.
    Deux idiots utiles de l'islamisme.
    De la Xénophilie Utopique à son meilleur.

    Guy LeVasseur
    Rimouski



    Guy LeVasseur
    Rimouski

  • Monia Ayachi
    Inscrite
    samedi 6 février 2010 09h44
    Concept de infidélité
    M. Marinet « Il n’y a pas plus anti-démocratique et violent que le Coran et ses parents, le Judaïsme et le christianisme. En somme depuis les monothéismes nés à l’époque égyptienne »
    R : Faux! Le fait religieux est civilisationnel qu’on le veuille ou pas ( Revoir l’histoire humaine)
    « Nulle contrainte en religion!» (256)Al Baqara
    « Tu (Mohamed) ne guides pas celui que tu aimes: mais c'est Allah qui guide qui Il veut. Il connaît mieux cependant les bien-guidés. »Al Qasas
    M. Marinet « Dans le Coran, on ne respecte pas la liberté de ne pas croire »
    R : Faux! « Quiconque le veut, qu'il croit, et quiconque le veut qu'il mécroie »(28) Al Kahf
    M. Marinet « Pour lui et pour le Coran je suis un infidèle même si je suis athée ou totalement allergique ou indifférent à n’importe quelle transcendance divine, je suis un infidèle (même si vous n’avez jamais cru en Dieu vous l’êtes quand même. »
    R : Et alors si vous êtes infidèle par rapport à l’islam, pourquoi ceci vous dérange-t-il? Vous n’aimez pas la conception de Dieu créateur du monde, voulez- vous qu’il vous dise SAHIT ! Comment ça ?
    M. Marinet « Même si je n’ai jamais aimée cette femme, elle me dira que je lui suis infidèle »
    R : Quelle comparaison!
    Homme= Femme, Homme # Dieu. La relation n’est pas la même. Une femme n’oserait demander la fidélité d’un homme qui ne l’aime pas, un mélange très épicé au piment fort d’Espagne!!!!
    M. Marinet « Si je lui laisse la place d’installer sa religion tueuse de liberté de conscience (l’Histoire des monothéismes le prouve), je perds mon espace de liberté dans le futur »
    R : Faux, Le futur devrait être vu et compris dans le respect mutuel et non pas dans l’égoïsme, l’intégrisme de tout bord, l’individualisme et l’amalgame, voulez vous me convaincre qu’ 1 milliard 500 de musulmans veulent tuer ceux et celles qui ne croient pas, d’où sort cette théorie?
    M. Marinet « La laïcité nous offre une hygiène de bonne distance qui laisserait chacune-chacune libre dans sa sphère privée de faire ce que bon lui semble. »
    R : Mme Badinter croit en un islam des lumières et moi aussi je veux croire en une laïcité des lumières!

    M. Marinet « C’est fort la liberté de l’amour »
    R : En islam le concept de la liberté de l’amour est très clair, et si l’humain ne veut pas comprendre le catalogue de sa machine et fait des erreurs, ce n’est pas la faute au catalogue ni au créateur de la machine.
    Bonne fin de semaine
    PS : Ah j’ai oublié, je préfère lire ces belles expressions de M. Yvon à ce qu’a écrit M. Fourest qui me fait peur, elle ne sourit jamais:
    « Mes yeux sont la stratification des larmes de
    Dieu. Les ouvrir, Il pleure. Les fermer, Il chante. Mes yeux sont le
    regard aveugle de l'homme. les ouvrir, l'orgueil. les fermer, l'amant.
    Dieu, l'homme Pleurent,chantent l'orgueil de l'amant. L'amour, unique
    flamme humaine Regard de Dieu, respir' du face à face. Lorsque Dieu chante
    en fermant ses yeux Ce sont les miens tournés sur la feuille vierge de son
    respir' à lui que j'entends dans les mots.
    Ps: Magnifique.
    Cela me donna toutes les larmes de l'âme dans mon corps. Le coeur tente de suivre.
    C'est une bénédiction que je prends avec allégresse »

  • Diane Guilbault
    Abonnée
    samedi 6 février 2010 09h56
    @Frédérick Plamondon- Du nouveau, vraiment?
    Ce texte n'apporte absolument rien de nouveau car ce n'est que la redite du rapport Bouchard-Taylor, et même du document de consultation pré-tournée qui campait déjà les conclusions avant même d'avoir entendu (?) les citoyennes et les citoyens. Ce qui ne surprend guère puisque ces professeurs ont, à l'exception de Mme Leydet, participé de très près aux travaux de la Commission BT.

    TOUS PROFESSEURS, tiennent-ils à nous dire. Que peut le petit peuple face à cet argument d'autorité, lui pourtant qui paye ces professeurs qui lui concoctent une vision postmoderne et relativiste dénigrant ses valeurs? En passant, ce Manifeste aurait dû s'intituler : Pour un Québec du multiculturalisme*, car le pluralisme est d'ores et déjà un fait.

    Ce manifeste, Ph.D.ou pas, est une profonde déception car il contient des erreurs conceptuelles fondamentales, à commencer par le fait de mettre sur le même pied la couleur de la peau et l'appartenance religieuse. Celle-ci n'est pas une caractéristique essentielle que la personne ne peut changer. La religion est une idée, une opinion, une vision qui n'a rien à voir avec la race ou le sexe.

    Les auteurs ne défendent pas la laïcité, mais une certaine idée de la liberté religieuse, à laquelle ils ne voient aucune limite. Ce faisant, ils désarment les citoyens face à l'extrémisme religieux.

    Loin d'être rassembleur, ce texte reprend, en plus policé, le même mépris que celui manifesté par Monsieur le Secrétaire général de Qs en janvier 2010. (http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-soci

    * Multiculturalisme dans son sens idéologique.

  • Pierre Marinet
    Inscrit
    samedi 6 février 2010 10h35
    Ben voyons, ça c'est cool. Sourate Al-Kahf
    (29) Et dis: «La vérité émane de votre Seigneur». Quiconque le veut, qu'il croie, et quiconque le veut qu'il mécroie». Nous avons préparé pour les injustes un Feu dont les flammes les cernent. Et s'ils implorent à boire on les abreuvera d'une eau comme du métal fondu brûlant les visages. Quelle mauvaise boisson et quelle détestable demeure!

    (55) Qu'est-ce qui a donc empêché les gens de croire, lorsque le guide leur est venu, ainsi que de demander pardon à leur Seigneur, si ce n'est qu'ils veulent subir le sort des Anciens, ou se trouver face à face avec le châtiment.

    (1OO) ET ce jour-là Nous présenterons de près l'Enfer aux mécréants,

    (1O1) dont les yeux étaient couverts d'un voile qui les empêchait de penser à Moi, et ils ne pouvaient rien entendre non plus.

    (102) Ceux qui ont mécru, comptent-ils donc pouvoir prendre, pour alliés, Mes serviteurs en dehors de Moi? Nous avons préparé l'Enfer comme résidence pour les mécréants.
    (105) Ceux-là qui ont nié les signes de leur Seigneur, ainsi que Sa rencontre. Leurs actions sont donc vaines». Nous ne leur assignerons pas de poids au Jour de la Résurrection.
    (106) C'est que leur rétribution sera l'Enfer, pour avoir mécru et pris en raillerie Mes signes (enseignements) et Mes messagers.

  • bkarim
    Inscrit
    samedi 6 février 2010 10h48
    Se comparer à la France
    Cela fait une dizaine d'années que je suis au Québec. On sent que depuis quelques années (deux dernières) une volonté des québécois de se rapprocher des cousins français. Si ce n'est même de se calquer à elle. Surtout d'une certaine élite. Connaissant la France très très bien (ma mère est française et mon père est marocain), je pense que les québécois font mauvaise route. La France, comme l'Italie, comme l'allemagne est une ancienne culture, elle n'a de considération que pour elle même, c'est une culture vieillote. Ce n'est pas une societe "innovante". Ce n'est pas une societe qui se questionne. Si elle le fait, c'est juste pour gérer ses archaïsmes.
    D'autre part, se comparer a la France pour gérer la différence et le pluralisme (je suis tout a fait d'accord avec l'auteur), c'est comme demander aux enfants d'éduquer les parents. C'est a la France d'apprendre du Québec, pas le contraire. La France a toujours été débordante de mépris pour les immigrés parce qu'il y a historiquement un rapport de force et de pouvoir. "ce sont les gens de nos anciennes colonies" , " des barbares avec des coutumes différentes, laissons les a leur pratiques". "tassons les dans les HLM, l'important c'est que les usines Renault marchent et que la France soit reconstruite".
    Les français n'ont jamais eu de "plan", de "politique" pour intégrer les immigrés qui ont bâti la France après la guerre. Au contraire, il les ont couvert de mépris. Vous n'avez qu'a lire la littérature des années 70 issue de l'immigration.
    Je suis parmi les gens qui se disent libertins. Ma morale est tout a fait a l'opposé des intégristes. Mais je sais que je suis condamnable par plusieurs personnes qui paraissent comme vous et moi "en apparence" mais puisque je ne porte pas de burka, les gens ne vont pas nécessairement émettre un premier jugement. Ils vont montrer leur désaccord quand je vais leur parler de ma vision du monde.
    Vive le pluralisme.

  • samedi 6 février 2010 12h19
    @Mme Guibault : Vous n'avez pas tort, mais...
    Je suis prêt à vous concédez qu'il a pas mal de parenté entre les auteurs du Manifeste et la Commission BT. Vous semblez toutefois mieux informée que moi à ce sujet là, alors j'en prendrai bonne note lors de ma prochaine incursion "critique"!

    Cependant, le fait que ce soit la redite d'un rapport n'enlève rien à l'intelligence ou à la qualité de la réflexion. Ce n'est pas parce qu'on répète quelque chose que cette chose perd de la qualité. Je ne peux donc pas retenir votre argument pou mon propre examen critique de la situation. Par ailleurs, on ne peut pas vraiment en vouloir aux auteurs d'avoir voulu parfaire et poursuivre un débat qui leur tient à coeur... pour les même raisons qu'on ne pourrait pas vous reprocher d'essayer de les critiquer si cela vous interpelle.

    Je vous concède aussi qu'ils sont tous professeurs, mais je ne vois pas nulle part qu'ils mentionnent le "petit peuple", il s'agit là d'une inférence de votre part. Au contraire, je suis très heureux que des professeurs et chercheurs aient la générosité de sortir de leur tour d'ivoire et de partager les fruits de leur réflexion avec le public. C'est là une rare attention et je ne peux leur reprocher de faire dans l'obscurantisme. Que voulez-vous dire par "vision post-moderne" et "relativisme dénigrant ses valeurs"? Ce sont des questions d'éclaircissement qui mériteraient un autre débat sans doute... je m'excuse pour la digression.

    Je comprends mal pourquoi on pourrait leur reprocher d'être des "professeurs" avec un grand P... Ce sont des professionnels qui ont consacrés une grande partie de leurs vies à faire de la recherche, à enseigner et à participer activement à la collectivité. Pour ma part, je ne vais pas mépriser leur travail pour la simple raison qu'ils sont des professionnels et des professeurs! C'est là un drôle de trait de caractère que de se méfier de ceux et celles qui désirent faire une carrière universitaire. Vous préféreriez sans doute l'inverse? Aucune université, aucun intellectuel? Ou bien, puisque vous payez une partie de leur salaire, croyez-vous que les intellectuels devraient mettre de côté leur esprit critique et présenter des recherches qui sont toujours en accord avec vos propres conclusions?

    J'ai une dernière question. Vous admettrez avec moi que vous avez des valeurs, que certaines d'entre elles sont fondamentales et qu'elles font parties intégrantes de votre subjectivité. Est-ce qu'il en serait différemment avec la foi, la spiritualité, etc.? Comprenez moi bien, je suis un athée de la pire espèce, celle qui revendique le droit de ne pas respecter les mythes religieux. Je revendique le droit de pouvoir exercer ma liberté d'expression et je ne désire pas me censurer pour satisfaire la liberté de conscience. Mais je suis en désaccord avec les mesures punitives qu'impliqueraient une "charte" de la laïcité.

    C'est là où je rejoins entièrement les auteurs du manifeste:
    Pour préserver, garantir et enrichir l'identité québécoise, une "charte" de la laïcité est PEUT-ÊTRE une option, mais il n'y a pas de nécessité, elle n'est pas LA SEULE option.

    Si j'ai bien compris, les auteurs du Manifeste ne plaident pas pour faire taire le débat sur la laïcité ni pour garantir une liberté religieuse universelle. Au contraire, ils soulignent très clairement qu'il "est essentiel de s'entendre sur la signification et la portée de la laïcité". Cette laïcité ne devrait pas devenir une entreprise "correctionnelle" légitimée par un pouvoir juridique. La laïcité que les auteurs proposes entend respecter les principes fondamentaux qui garantissent l'égalité, la liberté, etc. Il s'agit de penser une institution plurielle, dans laquelle le Québec reste fort, mais accueille (et non "corrige" ou "assimile") ceux et celles qui décident (fort légitimement d'ailleurs) de vivre selon leurs préférences.

    Rien n'indique dans le manifeste que nous devrions accepter les iniquités ou les débordements, mais il rappelle que ce n'est pas parce qu'on est un fonctionnaire catholique qu'on persécutera un citoyen athée en ne lui donnant pas les services auxquels il a droit.

    Bref, moi je trouve ça plutôt intelligent comme proposition.

  • Augustin Rehel
    Inscrit
    samedi 6 février 2010 12h30
    Entre le dire et le faire
    Faux! « Quiconque le veut, qu'il croit, et quiconque le veut qu'il mécroie »(28) Al Kahf

    Oui, Mahomet a écrit cela... mais dans dans sa vie il a fait le contraire. Ainsi, de son temps, des musulmans qui refusaient «d'écouter» Mahomet, ou qui le critiquaient, étaient mis à mort. Voici quelques exemples:

    624 : décapitation du poète Kab been Al Ashraf à Médine, opposant à Mahomet ;

    624 : après la bataille de Badr, Mahomet à une femme: ta place et celle des tes enfants est en enfer. s'ils ne deviennent pas croyants, je les ferai tuer..."

    Les exemples ne manquent pas et qui démontrent que les pays conquis par Mahomet, de son vivant comme après sa mort, n'avaient pas le choix: ils choisissaient l'islam ou ils mourraient.

    Je défie tout musulman de me prouver le contraire!

  • Augustin Rehel
    Inscrit
    samedi 6 février 2010 12h52
    À monsieur B Karim
    «...une volonté des québécois de se rapprocher des cousins français. Si ce n'est même de se calquer à elle. »

    D'abord, permettez que je vous dise, que les Québécois se sont toujours sentis proches des cousins de France. Ne sommes-nous pas de la même famille ? Mes ancêtres sont venus de la Bretagne au milieu du XVIIe siècle et nous nous sommes intégrés même si les Bretons sont reconnus pour leur caractère austère et têtu!


    Je suis bien d'accord avec vous quand vous affirmez que les cousins de France n'ont pas su traiter les immigrés comme des citoyens à part entière; ils en retirent aujourd'hui les fruits de «leur mépris», comme vous dites, et de leur condescendance. J'espère que nous ne tomberons pas dans le piège qui fera de nos immigrants des citoyens de deuxième classe. Et, si le passé est garant du futur, je suis assuré que nous réussirons mieux que la France à établir des lois équitables pour tous.

    Comme vous l'avez constaté depuis votre arrivé, les musulmans vivant au Québec, ont toujours bien été traités, mais il a fallu que la frange intégriste qui s'installe dans les sociétés occidentales exigent des accommodements qui ont dépassé de loin le raisonnable. Je n'ai pas à vous donner d'exemples, vous vivez parmi nous depuis assez longtemps pour avoir constaté la dérive de certains musulmans qui a mal fait paraitre toute votre communauté.

    Je disais à monsieur Amarouche, que vous avez sans doute lu, et qui a été pris à parti avec virulence par les intégristes de ce forum, qu'il n'a pas à les craindre puisqu'il est l'un des nôtres. Je crois que je puis vous dire la même chose puisque vous vous êtes bien intégré à notre société sans verser dans l'intégrisme religieux musulman qui propose des valeurs différentes de la société que nous avons bâtie depuis 50 ans.

    Bienvenue parmi nous.

  • samedi 6 février 2010 13h12
    Comprendre, référence à Pierre Marinet
    M.Marinet. J'ai bien apprécié votre commentaire inspiré de Slavoj Ziziek. Les interculturalistes ne seraient que des intellectuels condescendants considérant l'autre dans son immigration dans les pays occidentaux que comme des indigènes dont il ne faut pas toucher au -folklore- sous peine de les rendent inaptes à quelque adaptation que ce soit tant ils seraient non conformes à la modernité.
    Je reconnais là plusieurs tics réflexifs de Gérard Bouchard qui réduit les gens d'Afrique du Nord à leur caractère musulman comme si ces gens n'avaient pas rencontrés aussi pour le meilleur comme pour le pire la culture française. Comme si les cultures arabes et kabyles n'existaient pas aussi à travers leurs spécificités et ayant résisté jusqu'à un certain point aux injonctions du coran.

    Quant à Foucault, pour ceux qui n'auraient pas compris la démonstration qui a été faite parce que de ma part ou de celle de d'autres faire le résumé d'une pensée n'est pas si simple. Le message de Pluralisme contre le Pluralisme est le suivant: comment augmenter la dimension publique des religions sous prétexte de pluralisme lorsque ces mêmes religions secrètent en leur sein une intolérance certaine envers tous ceux qui ne suivent pas les normes ou les prescriptions bibliques ou coraniques?

    À travers Foucault, grossièrement résumé, ce qui a été dit c'est que toute pensée, tout système religieux, philosophique qui détermine les catégories du bien et du mal ou plus savamment du normal et du pathologique créé des conditions pour établir que tel ou tel types de personnes est voué à l'exclusion sociale. Un Sigmund Freud a marché dans les chemins des religions monothéistes en utilisant ses notions normatives ou prescriptives du ça, moi ou surmoi. Conditions nécessaire selon Freud pour fonctionner en civilisation. Le ça étant l'expression d'un engloutissement dans ses désirs, ceux pervers compris tandis que le moi s'avérant la voie dans l'équilibre de l'intégration à la civilisation. Le surmoi lui signifiant un excès d'intériorisation des valeurs de rectitude et de discipline en civilisation. Dernière notion ici plus ouverte, il est juste de Freud qui lui a sauvé sa réputation en philosophie.

    Je me perds en Freud? Non, ce qui est dit c'est qu'aujourd'hui, il faut comprendre les phénomènes qui alimentent l'exclusion et le rejet ce dont les religions ne se sont pas privés dans l'histoire. La question? Peut t'on encourager les religions en termes de pluralisme si elles mêmes produisent des inquisitions et des excommunications?

    Référence à un texte de C.Fourest.

    http://www.voir.ca/publishing/article.aspx?zone=1

  • samedi 6 février 2010 14h18
    Je vous recommande fortement
    Un reportage vidéo très intéressant pour ce débat sur la laïcité est à visionner.

    J'oserais dire qu'il est presque "essentiel" pour nourrir la réflexion.

    Il s'agit de l'entrevue d'un cuisinier français converti à l'islam.
    Ses propos sont révélateurs de son état d'esprit totalement dominé par une sorte d'hypnose religieuse pratiquée dans certaines mosquées.

    Le reportage nous fait assister, à l'aide d'une caméra cachée, au prêche de l'imam Salem.
    Ce prêche est aussi révélateur de l'endoctrinement que certains musulmans subissent dans leur mosquée.

    Le reportage nous laisse un frisson dans le dos.
    Le converti français (né catholique) nous donne son opinion sur la laïcité, sur la démocratie ainsi que sur le système d'éducation.

    Un reportage de l'émission française "Envoyé spécial" que je vous recommande vivement.

    http://www.lepost.fr/article/2010/01/06/1873246_un



    Serge Charbonneau
    Québec

  • Diane Guilbault
    Abonnée
    samedi 6 février 2010 14h27
    @ Frédérick Plamondon
    Loin de moi l'idée de reprocher à des intellectuels de participer au débat public, mais l'emphase mise sur leur titre ( TOUS professeurs) m'a agacée. Que peut répondre le simple citoyen, face à un manifeste – qui est un geste politique et non pas une simple analyse universitaire – signé par des protagonistes qui ne se présentent pas comme simples citoyens mais comme des gens de savoir... Mais c'est un détail.

    Je ne m'étendrai pas trop sur vos (intéressantes) questions, mais je donnerai quelques exemples. Le relativisme, c'est croire qu'un tribunal basé sur la charia est aussi démocratiquement acceptable que les tribunaux qui appliquent nos lois. C'est le cas de MM. Weinstock (http://www.islamlaicite.org/IMG/mp3/weinstock.mp3) et de Taylor (http://www.radio-canada.ca/radio/indicatifpresent/ Le relativisme, c'est considérer que toutes les différences se valent, ce qui est d'une naïveté surprenante ou encore, une conviction dangereuse.

    Autre sujet d'agacement dans ce texte, les auteurs s'amusent à utiliser indifféremment «espace public» et «institutions publiques». C'est une distinction importante que font les tenants de la laïcité qui réclament une charte de la laïcité pour mettre fin aux réponses aléatoires et souvent contradictoires des institutions publiques face aux revendications religieuses.

    Ce texte laisse entendre que la vision des autres rejette le pluralisme. Moi qui suis du camp de la laïcité, je le suis justement pour favoriser le vivre-ensemble d'une société pluraliste. Les promoteurs d'une charte de la laïcité ne demandent à personne d'abjurer sa foi, ils ne demandent pas la démolition de notre patrimoine bâti. La liberté religieuse n'est possible que dans un État laïc, véritablement laïc. Or, quand la SAAQ incorpore dans ses politiques d'accueil la possibilité de refuser de transiger avec une personne de l'autre sexe pour motifs religieux, elle manque à son devoir de neutralité, puisqu'elle privilégie ainsi des règles religieuses. Le Manifeste fait l'impasse sur ce genre de situations.

    La société québécoise a fait des choix fondamentaux pour le bien commun : la charte de la langue française, l'abrogation de l'Article 93 de la Constitution canadienne pour ENLEVER DES DROITS aux catholiques et aux protestants. Plusieurs n'avaient pas apprécié, mais le geste politique a été posé au nom du bien commun, Le Québec en est sorti grandi. Mais après avoir accepté de ne plus gérer la société sur la base de l'appartenance confessionnelle, les Québécois ont raison d'être surpris de constater que de nouveau, des privilèges peuvent être accordés sur la base d'autres appartenances religieuses...

    C'est au nom de ce bien commun que nous sommes de plus en plus nombreux à réclamer une Charte de la laïcité. Et ce nous, il est pluraliste...

  • Martin Auclair
    Inscrit
    samedi 6 février 2010 14h27
    @ mme Guibault
    que des affirmations, pas d'arguments.

    La discrimination sur la base de la religion, comme celle sur la base de la couleur de la peau, est proscrite dans toutes les chartes (québécoise, canadienne, internationales)

  • samedi 6 février 2010 14h38
    M. Dubois
    Vous écrivez

    « PAS DE PROSÉLITISME RELIGIEUX DANS LES SERVICDES PUBLICS

    Lorsque le serviteur de l'Etat arbore un signe religieux comment ne pas penser qu'il puisse avoir une préférence pour son groupe d'appartenance et qui sait le favoriser ? Il ne doit y avoir aucune ambiguité pour quiconque. »

    Exactement! Et l'absence d'ambuïté est justement ce qu'implique l'article 2 de la loi sur la laïcité de 1905, à savoir

    « La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte »

    Et à partir du moment où un employé de l'État porte un signe religieux ostentatoire immanquable d'une religion quelconque, l'État contrevient à cette loi, car il se trouve alors à financer le prosélytisme en faveur de la dite religion. Il n'y a donc pas d'ambiguïté.

    Le principe de laïcité interdit tout signe religieux ostentatoire immanquable dans la sphère de l'autorité publique (i.e. l'État). Par contre, en vertu du principe de tolérance valant dans l'espace de la société civile (principe qui est impliqué par le principe de laïcité), les citoyens ne sont pas tenu de renoncer à leurs signes religieux ostentatoires dans l'espace de la société civile. Ainsi, selon le principe de laïcité, un employé de Ubisoft ou de la TD n'est pas tenu de renoncer à ces signes religieux, mais un employé de l'État oui: l'abstention est obligatoire dans l'État. C'est sans équivoque conséquemment.

    Salutations à vous M. Dubuc,

    Marc-Aurèle Lachance
    Citoyen pour la constitution d'un État laïque.

  • Pierre Marinet
    Inscrit
    samedi 6 février 2010 14h38
    @ Jean Pierre Bouchard. Méditation pour une laïcité claire. (1)
    La question de l’intolérance est d’actualité. À l’heure des attentats-suicides et de la radicalisation de groupes politico-religieux, des chercheurs se penchent de plus en plus vers une réflexion concernant l’élaboration des monothéismes. Vous n’êtes pas sans savoir que jadis les divinités des différentes aires culturelles étaient « traduisibles » d’une cité à l’autre, d’une aire géographique à l’autre (l’Égyptienne Isis eut pour équivalent la Grecque Artémis, par exemple) mais que cet « échange » s’est arrêté à la naissance/ propagation d’une civilisation à Dieu unique où dominent l’exclusivisme et la violence de l’incompatibilité entre “vraie” et “fausse” religion. D’où mon petit humour concernant la notion d’infidèle (ou de mécréant) comme une atteinte à la liberté de penser.
    Et vous nous parlez de Freud. Pensez à son Moïse. La révélation faite à Moïse au Sinaï a représentée une coupure brutale entre le paganisme et la “contre-religion” (entendez ce Dieu unique ne faisant aucune concession aux religions « païennes » existantes). Une nouveauté dans un monde antique où, au contraire, il n’était pas rare qu’une cité ménage un autel au “dieu étranger » comme je le disais plus haut. Moïse, surement un égyptien et non un habirou, fut le principal continuateur du premier « inventeur » historique du monothéisme qui nous indiqua l’existence, et les spécialistes de la haute Antiquité Égyptienne à a suite le constatent par la recherche, d’un certain pharaon Akhenaton comme fondateur, au XIVe siècle avant notre ère, du culte d’Aton, première expérience connue de monothéisme. Seul un Dieu existe et point d’autres. Si vous ne le suivez pas, si vous ne lui êtes pas fidèle gare à vous (garde à vous pourrait-on dire face au peloton d’exécution de la naissance, petite, d’une inquisition à venir). De plus, ce Dieu est JALOUX. Pas calme un jaloux, n’est-ce pas? Tout pout lui, rien pour les autres dieux. Brûlez-moi donc tous ces diables en bois, en or, en fer, en statues. Ça a commencé là.

  • Pierre Marinet
    Inscrit
    samedi 6 février 2010 14h43
    Jean Pierre Bouchard. Méditation pour une laïcité claire (2)
    Pour Freud, Moïse était un adepte du culte solaire d’Akhenaton et il aurait transmis aux Hébreux l’enseignement révolutionnaire du pharaon hérétique. Ces derniers, après avoir tué le prophète, auraient intériorisé dans une “crypte” un sentiment de culpabilité réveillant la mémoire douloureuse d’un autre assassinat fondateur, celui du “père primitif” décrit avec force détails dans Totem et tabou (1912). Par là, Freud prétendait rendre compte tant des origines du monothéisme que de la haine que ses inventeurs bibliques, en l’occurrence les juifs, avaient suscitée au long des âges.
    Il y eut comme une fusion entre Moïse et d’Akhenaton qui s’est opérée. Les travaux actuels se posent la question si ce n’était pas sous le stylet de l’historien égyptien de l’époque hellénistique (IIIe siècle avant J.-C.) Manéthon, dans un contexte où la confrontation hostile entre le monde païen et le judaïsme commençait à se faire sensible. Dans le contre-récit que Manéthon propose de l’Exode, en effet, il est question de la migration d’une bande de lépreux chassés d’Égypte sous la houlette d’un certain Osarseph - “peut-être un acronyme de Joseph et de Moïse”. Là, je m’interroge au regard d’autres textes et notamment la création de la Bible juive vers l’époque de Josué. Passons.
    De plus, Dieu ce jaloux unique ne laissant de place à nul autre qu’à sa propre personne, possède un bilan dévastateur de l’énergie polémogène des religions monothéistes, et même si l’on contrebalance ce bilan par des éléments positifs, les objections restent fortement majoritaires. La culture religieuse du sentiment de faute, noyau des constitutions monothéistes du sur-moi, ne fournit pas une base affective appropriée à un projet de société moderne. (CF. à Johan Galtung (le fondateur de l'irénologie, science de la paix).

    L’intéressant du point de vue historique est de réaliser que notre laïcité occidentale fut conceptualisée par des Européens progressistes, depuis le 18ième siècle, et qui étaient presque tous des grécophiles qui ont choisi Athènes et méritent donc tout à fait d’être qualifiés de néo-païens (Voir la perception du 18ièmesiècle de la période gauloise païenne). La science, la technique, le parlementarisme, l’économie financière, l’art, le divertissement de masse, la médecine, la culture du corps – pratiquement tout ce qui fait le monde moderne : rien de tout cela n’est un projet chrétien, et ces éléments n’ont pas non plus de présupposés spécifiquement monothéistes. On peut même se demander si l’héritage religieux des cultures régionales avancées, si le monothéisme peut servir de matrice à une éthique contemporaine, ou si l’on ne pas voir en lui, au contraire, le père de tous les fanatismes?

    Merci pour Fourest. excellent.

  • Guy LeVasseur
    Inscrit
    samedi 6 février 2010 14h46
    Cambriolage à la Burqa !
    Si une note plus légère voici le dernier scoop provenant de France :

    Deux hommes armés, maquillés et déguisés en femme portant le Niqab ( voile intégral noir qui ne montre que les yeux ) ont cambriolé une bureau de poste en France.

    Il est évident que nos 488 signataires pour un Québec pluraliste
    vont tous hurler tous en choeur qu'il s'agit d'un coup monté du Front
    National francais !

    http://www.rtl.fr/fiche/5932741910/la-poste-d-athi

    Dossier à suivre.
    Guy LeVasseur
    Rimouski

  • Augustin Rehel
    Inscrit
    samedi 6 février 2010 16h48
    Monsieur Amarouche
    Je conserve précieusement votre document et j'aimerais demander à Sentinelle ce qui pense de ce fait:

    «Dans un pays du golfe, un collège de filles fut l' objet d' un incendie. Comme partout dans le monde en ces cas là, les filles affolées se précipitèrent à la porte pour sortir.Mais la police était là, non pour les aider à s' extraire du bâtiment en flammes, mais pour vérifier qu' elles étaient bien voilées à leur sortie. La police refoula à l' intérieur du bâtiment en flammes celles qui , dans la panique, n' avait pas pris la précaution de se voiler. Les filles criaient , pleuraient, suppliaient, mais rien n' y fit , le voile est plus important que leurs vies.»

    Merci aussi monsieur Mistmurt de vouloir commenter.

  • Pierre Marinet
    Inscrit
    samedi 6 février 2010 17h10
    Merci monsieur Serge Charbonneau
    Quelle belle illustration de mes propos (vceux de Réhel compris et autres) comme quoi c'est contre la liberté d'expression et de penser.
    Lisez le texte de Mustapha Amarouche ici, comme complément:
    samedi 6 février 2010 11h50
    "Si on batissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d' attente(J.Renard)"
    http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-soci

    Toutes les réactions dans ce forum de la part des intégristes musulmans le démontrent assez clairement. On n'a pas besoin d'apprendre l'histoire, les mathématiques comme le dit ce jeune simplet de français dont le cerveau est mou comme une éponge. Il doit être heureux en ménage, pas sa femme. Ils ne veulent pas de la laïcité.

  • samedi 6 février 2010 17h29
    Je suis totalement pour le pluralisme
    Les gens d'une même culture peuvent avoir des croyances totalement différentes.

    Bien que la religion influence considérablement les cultures, lutter pour un État laïc ce n'est pas refuser les cultures différentes.

    Tous les États sont confrontés au problème de l'ingérence religieuse. Lorsque la religion envahit l'État et les tribunaux, la société devient très vulnérable.

    L'État laïc favorise la société neutre et les valeurs communes. Personne n'est exclu. La neutralité n'est pas le contraire de la diversité.

    La neutralité est le dénominateur commun de la diversité. Ce dénominateur commun est essentiel pour vivre la diversité de façon pacifique. Sans ce dénominateur commun, nous nous dirigeons vers le communautarisme et les tensions qu'il peut engendrer.

    Nous avons toujours été une société accueillante et nous le serons toujours.
    Les sociétés ont leur Histoire et leur cheminement. Nous n'installerons pas notre mode de vie en Afghanistan et nous ne changerons pas notre mode de vie pour des nouveaux arrivants. Chaque société chemine à sa propre vitesse. Chez nous nous en sommes à la séparation du religieux et de l'État et nous en sommes à l'égalité indiscutable sur tous les plans de l'Homme et de la Femme.

    Nous adorons le pluralisme et nous sommes convaincus que plusieurs immigrants venant de partout à travers le vaste monde choisissent d'adopter le Québec comme Pays parce que cet État vit en fonction de valeurs qui les attirent et qui nous sont communes.

    Les fallacieux arguments de nationalisme identitaire conservateur sont insultants. Ils s'apparentent aux insultes du secrétaire général de Québec Solidaire qui traitait ceux en désaccord avec sa vision de racistes, de xénophobes et d'islamophobes.

    La laïcité fait partie de ces valeurs universelles communes que nous avons avec les immigrants de toutes les cultures. Ces valeurs (laïcité, égalité Femme-Homme) sont les dénominateurs communs qui peuvent faire en sorte que notre société évolue pacifiquement vers une pluralité enrichissante et vivante.

    Seules ces valeurs communes peuvent garantir un authentique vivre-ensemble.
    Il faut éviter à tout prix les "accommodements" favorisant le communautarisme et effritant par le fait même, les valeurs qui nous unissant.

    Je jouis d'un Québec pluraliste, j'adore me mêler aux différentes cultures qui nous arrivent, mais je tiens mordicus que l'on respecte nos valeurs pour lesquelles nous nous sommes battus lors de notre Révolution tranquille, c'est-à-dire la laïcité complète de l'État (image et fonctionnement) ainsi que l'égalité indiscutable en toute circonstance de la Femme et de l'Homme.

    Je suis pour la laïcité complète et je suis totalement pour un Québec pluraliste.


    Vive la laïcité des institutions
    et vive le pluralisme de la société.

    Serge Charbonneau
    Québec


    http://www.vigile.net/Cette-hallucinante-lutte-pou

  • samedi 6 février 2010 17h57
    Pluralisme et réciprocité
    @ Mme. Guilbault

    Je comprends votre réserve quant au chapeau un peu ronflant de l'article, mais je crois qu'il s'agit d'un choix de la rédaction qui ne vise qu'à introduire et à identifier la provenance et les champs de compétences des auteurs. Je ne serais pas étonné de constater que les auteurs du Manifeste se considèrent tous comme des citoyens avant tout! Il faut toutefois aussi reconnaître l'expérience qu'il possède dans leurs domaines respectifs, mais en tenant compte que l'autorité ne fait jamais la vérité, là je ne saurait être plus que d'accord avec vous.

    Je n'ai pas énormément de temps pour formuler une réponse informée, alors j'irai droit au but. Il me semble vous partagez plusieurs idées avec celles présentées dans ce qui est, sans l'ombre d'un doute, un geste politique.

    À mon humble avis, les auteurs ne sont pas contre la laïcité, mais contre ce qu'ils identifient à un "virage dangereux" qu'implique l'apparition de "l'idée que l'appartenance religieuse exprimée publiquement serait préjudiciable à l'identité nationale, d'où la nécessité d'adopter une charte de la laïcité".

    Évidemment, il est facile d'entrevoir qu'une Charte de la laïcité qui tirerait sa légitimité d'une idéologie nationaliste ne serait ni véritablement neutre ni véritablement équitable. Certainement pas dans la mesure où elle serait, comme semble le penser les auteurs du Manifeste, l'incarnation de l'idée que les minorités ne contribuent pas à l'identité québécoise. À mon avis, ils sont loin d'avoir tort.

    Mais je ne retrouve pas ce genre d'idées ou ce genre de relations dans votre discours. Au contraire, vous ne demandez pas une abjuration de la foi, mais vous revendiquez un lieu d'arbitrage qui serait neutre et qui serait représenté par une nouvelle institution issue d'un consensus réfléchi. Je crois bien, mais peut-être que je m'avance un peu trop, que beaucoup de signataires seraient d'accord avec vous, tout comme les instigateurs de ce Manifeste. Mais je crois aussi que ce qu'ils ciblent c'est véritablement une opinion publique qui transformerait une réflexion sur la laïcité (qui est nécessaire selon moi et selon les auteurs... que nous menons dans le moment en fait) en un combat identitaire...

  • samedi 6 février 2010 18h55
    Pierre Marinet, la religion et le présent 1
    1-

    En accord avec tous vos commentaires et analyse P.Marinet. Il y a quelque chose tout de même de plus ou moins paradoxal dans le monde moderne qui est redevable du christianisme ce sont les droits de l'homme qui progressivement ont étendus la série de droits jusqu'à faire l'impasse sur les droits accordés aux minorités religieuses.
    La religion de la faute et de l'enfer a créé les conditions dans la terreur psychique pour arracher l'homme à la nature et au panthéon des dieux et des déesses pour le contraindre à la verticalité, à la transcendance et surtout à l'élévation d'une cité céleste qui le rapproche de la perfection, de Dieu et des anges.

    L'homme chrétien contraint au bien et à la vertu mais cessant un jour d'être prêtre devenu philosophe redécouvrant les Grecs et les Romains a inventé les droits de l'homme pour en quelque sorte se découvrir comme un nouvel homme capable de retenir un certain enseignement chrétien tout en s'en délivrant de ses aspects totalitaires pour s'investir dans un nouveau monde très marqué par une tradition antique redécouverte. On peut voir les choses comme ça en résumant de manière imagée.

    Et si l'homme et la vie sont plongés dans un mystère cosmique que les religions polythéistes ou monothéistes ont tentés d'expliquer cela signifie que maintenant que nous sommes confrontés au scepticisme engendré par le développement scientifique et par la concurrence de grandes religions comprenant le bouddhisme nous ne pouvons comme nos ancêtres ont pu le faire se réfugier dans des certitudes inébranlables. Dans le polythéisme religieux, il n'est plus question de pratiquer une économie d'échange rituel à travers des offrandes végétales ou des sacrifices de chèvres ou de bœufs parfois d'humains afin de contenter tel ou tel Dieu ou déesse qui autrement pourrait rendre la terre stérile de grains ou de fruits. Tout comme dans le monothéisme religieux, on ne peut plus vivre le dos courbé par sentiment de la faute devant des Dieu le père, des Yahvé ou des Allah sous le prétexte qu'on s'écarterait un tout petit peu seulement de la table des lois ou des dix commandements.

    L’interrogation, les auteurs du manifeste sont t’ils ouverts à la perspective et à la déduction? Le recul.

  • samedi 6 février 2010 19h05
    M. Marinet
    Merci!

  • Monia Ayachi
    Inscrite
    samedi 6 février 2010 20h07
    Dénominateur commun
    M.Serge « La pluralité c’est bien, mais le communautarisme c’est un réel danger pour toutes les sociétés. Cette ghettoïsation de la société en communauté plus ou moins hermétique. »

    R : Oui, c’est vrai. Je viens d’un pays civilisé, j’ai cru qu’en immigrant ici, j’appartiendrai à un pays plus et grand plus civilisé. Je me suis retrouvée renfermer dans une communauté et une minorité visible, ça me choque et me révolte énormément et je ne comprends pas cette logique.

    M. Serge « Aucune société ne peut vivre en Paix si on ne réussit pas à unir les Êtres Humains derrière des valeurs communes. »
    Tout à fait d’accord avec vous mais en respectant la liberté du vêtement pour tous les citoyens à égalité et non pas à afficher la haine contre les vêtements et la religion des musulmans

    R : Je ne suis pas venu pour qu’on m’apprenne à me vêtir. Je connais bien l’étiquette, n’essayez pas de me dire qu’un vêtement va me rendre soumise? Cette chanson ne me plait pas.

    M. Serge « Partout où les valeurs communes disparaissent, il y a source de conflits violents ethniques ou religieux. »

    R : Non partout où l’injustice, le manque de liberté, la corruption, la manipulation, la machination internationale intervient, les droits de l’homme sont bafoués.

    M.Serge « La laïcité, l’égalité entre les Femmes et les Hommes, sont des valeurs universelles qui peuvent servir de dénominateur commun et permettre la vie paisible avec nos différences. »

    R : Oui c’est vrai j’aimerais bien vous croire mais 2 siècles que cette laïcité est théorique, rien de pratique. Regardez la situation des immigrants maghrébins en France, troisième génération et ils sont toujours considérés comme des étrangers. Ou est cette laïcité? Ou est l’égalité entre homme et femme? Ou est la fraternité? Et on se demande d’où vient l’intégrisme!

    M. Serge « Sans ce dénominateur commun, nous nous dirigeons vers le communautarisme et les tensions que ca peut engendrer »

    R : Ça existe mais vous n’arrivez pas à l’identifier, il est cache sous plusieurs noms.

    M. Serge « À quoi donc sert cette hallucinante lutte pour le voile ?
    Elle sert à faire valoir le retour du religieux dans l'État »

    R : Non M. Serge, elle sert à camoufler les vrais maux de la société et à droguer les âmes qui n’aiment ou aiment la religion. A nous donner à chaque période une dose de médiatisation à partir d’un incident pour nous noyer dans un délire qui ne se termine jamais. La fièvre de H1N1 en est un bel exemple.

    Cordialement

  • samedi 6 février 2010 20h54
    la religion et le présent 2 Monia Ayachi
    Avant de terminer mon texte. Je questionne Monia Ayachi, vous cohabitez avec des Québécois francophones dont vous partagez la langue. Faites attention de ne pas importer le conflit France- Maghreb au Québec. Nous ne sommes pas des Français. La laicité par ailleurs n'a rien avoir avec le bannissement de la religion par l'URSS. Votre francophonie est gage d'ouverture, c'est déjà cela.

    2-

    Il y a un patrimoine artistique religieux indéniable qu'il faut protéger tout comme l'histoire des religions est insurmontable parce qu'elle est une pièce essentielle de l'histoire humaine néanmoins les religions ne peuvent plus prétendre de nos jours prendre la place qu'elles pouvaient prendre il y a tout juste 60 ou 100 ans.
    La société contemporaine n'a pas réinventé le mode de vie d'encadrement de la personne qui a été trop valorisé par les religions sans vouloir répéter leurs erreurs. Le communisme a prétendu procurer cet encadrement tout en maintenant les libertés sans recourir aux religions, on sait ce qui est arrivé.

    Nous vivons dans un monde libéral et capitaliste pas très responsable plutôt égocentrique et malsain à plusieurs égards toutefois cela ne veut pas dire que les religions institutionnelles ou les nouvelles sectes peuvent s'avérer une solution à la dérive du libéralisme. Il faut chercher et trouver de nouvelles voies patiemment plutôt que de revenir en arrière. Et puis il y a l'art, le petit, le classique, l'élitiste ou le populaire. L'art, le cinéma, le roman peuvent exprimer nos angoisses sans vouloir s'enfermer dans des chapelles qui nous feront croire que notre liberté se trouve dans notre enfermement volontaire.

  • samedi 6 février 2010 22h19
    Un larmoiement déplacé
    Ma chère dame Ayachi, vous avez le commentaire facile.

    J'aimerais bien que vous commentiez le reportage de l'émission française "Envoyé spécial" Victime de l'islam.

    http://www.lepost.fr/article/2010/01/06/1873246_un

    De plus, pour comprendre ce que veut dire le communautarisme, je suggère à tous de visionner ce clip vidéo dont l'adresse suit.
    Il illustre en 70 secondes ce que veut dire "communautarisme".

    Le communautarisme, c'est quoi ?

    http://www.dailymotion.com/video/xthze_le-communau


    Un excellent court reportage et un excellent clip pour faire réfléchir et pour alimenter vos commentaires, chère madame Ayachi.

    Ici, madame, vous pouvez vous vêtir comme vous l'entendez. Cependant si vous conduisez un autobus, vous devez, tout comme moi portez l'uniforme. Si vous occupez certains autres emplois, vous devez vous plier au code vestimentaire requis. Lorsque vous êtes en fonction, votre employeur peut exiger de vous une tenue vestimentaire adéquate. Personne ne vous oblige à faire ce travail, c'est votre choix.

    Ici lorsqu'une personne occupe un poste d'agent ou d'agente de l'État elle est contrainte à un devoir de réserve politique et religieux. La religion est une chose personnelle tout comme les convictions politiques et lorsque vous êtes employé-e de l'État au service des citoyens, vous ne portez pas un macaron de votre parti politique ni votre signe religieux. Ici, c'est comme ça.

    Par contre dans votre vie courante, hors de vos fonctions, vous portez ce qui vous plait. Je peux décider de me promener avec mon drapeau québécois pour bien faire comprendre mes élans séparatistes si je veux et vous votre voile pour publiciser votre croyance religieuse.

    Nous vivons dans un pays libre et nous avons un gouvernement laïc qui affiche une neutralité envers tous les citoyens et toutes les croyances religieuses.

    C'est comme ça. Votre larmoiement de victime est déplacé et ridicule.

    J'attends vos commentaires sur Victime de l'islam.

    http://www.lepost.fr/article/2010/01/06/1873246_un


    Cordialement,



    Serge Charbonneau
    Québec

  • nonauracisme
    Inscrit
    dimanche 7 février 2010 00h07
    Ce manisfeste doit etre signe par tous les quebecois.
    Le quebec manque d unite. Nous ne pouvons pas continuer a vivre dans une societe a double vitesse. Les problemes economiques de la france sont pas du aux immigrants, ces derniers depuis 1960 n ont jamais connu l integration car la societe francaise ne les a jamais inclut comme francais. J ai vecus en france et c etait l horreur, je n etais ni musulman, ni demandeur d accomodements, c est la societe francais qui est depassee, se croyant toujours pendant la colonisation. Voulons suivre cet exemple d echec biblique ou allons nous commencer un mouvement de changement ou chaque individu aura la chance de reussir par le contenu de son cerveau et pas sa couleur ou religion.

  • dimanche 7 février 2010 01h03
    Mme. Ayachi
    La conjonction

    « Je me suis retrouvée renfermer dans une communauté et une minorité visible, ça me choque et me révolte énormément et je ne comprends pas cette logique. » -AYACHI, Monia, samedi 6 février 2010 20h07

    et de

    « Je ne suis pas venu pour qu’on m’apprenne à me vêtir. Je connais bien l’étiquette, n’essayez pas de me dire qu’un vêtement va me rendre soumise? »-AYACHI, Monia, samedi 6 février 2010 20h07

    est une des causes principales de vos maux. Vous tenez mordicus à tout l'apparat de vos signes religieux et vous vous plaignez de vous « retrouver dans une communauté et une minorité visible ». Il n'y avait pas de musulmans au Québec en 1950, il est donc trivial que les premiers qui arrivent ne constituent pas la majorité de la population; les musulmans sont en nombre inférieur. Et le repli communautaire découle en parti de l'attachement au costume: on est plus facilement visible lorsque costumé et on se retrouve plus facilement entre costumés. Vous vous choquez donc et vous révoltez tout autant contre vous-même...

    Et vous osez nous en blâmer... Même pour moi qui suit très ouvert aux autres cultures, cette attitude suscite la haine. Ces propos et l'attitude qu'ils sous-tendent ont si peu de charme comparés à la musique d'un Ablaye Cissoko, d'un Munir Bashir ou des frères Joubran; bien au contraire, ces propos vous rendent peu aimable.

    « Ça existe [un dénominateur commun] mais vous n’arrivez pas à l’identifier, il est cache sous plusieurs noms. » -AYACHI, Monia, samedi 6 février 2010 20h07

    On peut trouver un démoninateur commun qui ne soit pas «allah» vous savez, et d'ailleurs il le faut puisque nombreux sont ceux qui ne sont pas convaincus de son existence, qui sont sans lien ou ont d'autres croyances...
    Des athées, des agnostiques, des incroyants, des confucianistes, des taoistes, ils y en a aussi dans la société québécoise, et il faut aussi vouloir et protéger leur liberté de conscience.

    Bon réveil,

    Marc-Aurèle Lachance

    P.S.: Merci pour le «Mr».

  • Guy LeVasseur
    Inscrit
    dimanche 7 février 2010 06h36
    Pensée "Montréaliste" ???
    Il est intéressant d'analyser la composition des 488 signataires du manifeste "Pour un Québec Pluraliste".

    Une majorité effarante de professeurs d'université, quelques étudiants et très peu de citoyens ordinaires.

    Une immense concentration de signataires travaillant dans les universités localisés à Montréal dont principalement l'Université de Montréal, l'Uqam et McGill.

    Un nombre relativement faible de signataires provenant des autres régions du Québec à l'exception peut être de signataires de l'Université Laval.

    Premier constat :
    Un réseau de confrères, d'amis et de connaissances rencontrés dans le cadres d'activités professionnelles, le tout gravitant autour des 13 initiateurs du manifeste dont le fameux concepteur de la formation ECR, Georges Leroux.

    Second constat :
    Le caractère hautement "Montréaliste" des signataires

    Montréalisme ? Vous connaissez ?

    Il s'agit de ce sentiment voulant que Montréal soit le centre de l'univers québecois et que tout ce qui se passe sur cette île doit conditionner et modeler l'ensemble du Québec pour le futur.

    Selon le concept de Montréalisme, l'urbanité multiculturelle de Montréal génère des individus ayant un niveau de conscience supérieure parce qu'exposés jour après jour à la diversité et ceux-ci ont la mission divine d'illuminer de leurs pensée multiculturaliste, le reste du Québec, ces "provinciaux" ignares, incultes et surtout ....ethniquement trop homogènes.

    Les signataires sont d'ailleurs éminemment embêtés par cette hômogénéité ethno-socio- démographique du reste du Québec qui déssert leur vision idéaliste absolutiste de la société.

    Sur la grande ile de Montréal, les différentes minorités immigrantes disposent d'un seuil critique en nombre qui facilite le communautarisme, la création de ghettos et l'exigence d'accomodements non-raisonnables de toutes sortes.

    À contrario, les immigrants qui font le choix des régions du Québec n'atteignent jamais ce seuil critique en nombre parce que trop dispersés sur une vaste territoire à faible densité de population, ce qui les oblige à leur intégration pleine et entière à leur société d'accueil et impose de facto le respect de la société d'accueil envers ces immigrants "régionaux".

    Ma ville, Rimouski, est en ce sens, un exemple de réussite qui honore les citoyens de ma région. Une réussite qui, je le redis, embête les signataires parce que les immigrants qui y vivent s'assimilent à la majorité franco-québecoise et en font partie intégrante, soit l'antithèse du multiculturalisme communautarisme des grand ensembles urbains "canadian" promu par les signataires.

    En conclusion
    Montréal et ces particularités fait évidemment parti du Québec mais .....
    Montréal n'est pas le Québec.
    Je le redis
    MONTRÉAL N'EST PAS LE QUÉBEC

    La vision exprimée dans le manifeste des signataires est hautement "Montréaliste" et ne tiens pas compte de la spécificité du reste du Québec, spécificité qui déssert leur pensée tordue.

    Guy LeVasseur
    Rimouski

  • Pierre Marinet
    Inscrit
    dimanche 7 février 2010 07h40
    Monsieur Bouchard. Fin de la réflexion (1)
    Vous remarquerez que l’industrie du divertissement contemporain change de produit (Avatar par exemple et les discussions à propos de ce film d’un point de vue darwinien, écologique, démocratique et guerre, race et culture etc.) Une industrie qui est ces derniers temps complétée par une très étrange complice, une sorte d’industrie de la morale. Il y a un commerce de produits dérivés de l’effroi qui prend la 1ère place, phénomène dont il est impossible d’évaluer le potentiel de danger. C’est menaçant. L’Islam pour un musulman ou non fait partie de ce produit toxique post-guerre froide.

    Vous savez aussi que depuis le 19ième siècle, l’Occident est devenu un labo de la civilisation dans lequel, avec l’abolition de tabou et l’extension de ce qui est moralement autorisé, on mène des expériences sur tous les fronts. La société émancipée, et qu’il faut continuer à émanciper, se conçoit d’elle-même, par principe, comme exempte de tabous. Elle doit pouvoir parler de tout et considérer que tout est négociable (ce que refuse l’intégrisme islamique et ce que tente de faire par des moyens détournés, l’église catholique), elle doit aussi remplacer les effrois archaïques (nous y sommes et l’exemple du vidéo de Charbonneau et autre texte et expériences à ce sujet nous le démontrent très facilement) qui débouchent sur le rejet, par des interdictions ordinaires, prononcées « sous peine de sanction » (voir al réflexion en France sur la burqua et son aspect juridique). Le mot polynésien étudié par Freud, tabou, reste implicite dans ce manifeste rétrograde malgré les apparences car il nous dit qu’il ne faut pas toucher à la valeur culturelle des autres peuples. Ce qu’il ne dit pas c’est que notre culture occidentale est passée à l’épreuve du feu (du grec puri, purification) comme remise en question justement des tabous. C’est toute notre 19ième siècle et 20ième siècle (en littérature, philosophie, science sociale voyez Gabriel Tarde/Ortega Y Gasset, 14/18, dadaïsme/surréalisme, psy et autres mouvements de 68 etc.).

  • Pierre Marinet
    Inscrit
    dimanche 7 février 2010 07h47
    Monsieur Bouchard. Fin de la réflexion (2)
    Vous remarquerez qu’en ayant célébré l'inversion des valeurs au 19ième siècle par Nietzsche interposé : « Serait-ce donc possible! Ce vieux saint dans sa forêt n’a pas encore entendu dire que Dieu est mort! » (Zarathoustra), et que les derniers hommes « en clignant des yeux » (sans doute éblouis par les lumières de la société du spectacle) disent encore aujourd’hui : « Nous avons inventé le bonheur », nos sociétés se meurent de trop et pas assez de jouissance. Sauf qu’à ce compte, l’art est mort aussi car ce fut le seul lieu transcendantal humain où on pouvait exprimer notre rapport au monde libre et sans subordination (soumission). Le bonheur une fois là, rien ne nous fait plus aspirer à quelque espoir justement, espoir qui fut l’essence même de la recherche du bonheur. L’art et les artistes ça ne fait pas toujours un. La récupération par la société médiatique de l’imaginaire artistique nous interdit d’espérer quoi que ce soit. Ainsi donc, l’intégrisme islamique (pas le catholique qui fut un des grands lieux de l’art occidental) « s’intègre » bien dans un contexte de désintégration morale due à la disparition de l’art qui est souvent révolutionnaire par définition (Baudelaire, Rimbaud, Flaubert etc.). Nous entrons donc dans une sorte de complicité tacite entre cet intégrisme de mort, de refus et de damnation avec les forces les plus extrêmes de la droite la plus pure. Il y a donc un paradoxe nouveau, d’un côté vous avez la montée des pires droites néo-nazies et racistes et de l’autre, vous avez une vision théologique de combat qu’est l’islam (dont les sources spirituelles est le Coran mais aussi le Protocole de Sion et les références de la période allemande nazie telle qu’exprimées par monsieur Missmurt) et de haine contre toutes formes de modernité (émancipation/épanouissement) avec en plus une coalition que nous remarquerons dans cette inconséquence grave historiquement entre le voile islamique et un parti trotskiste en France. Résultat? Société occidentale de plus en plus fermée, ultra-protégée, policière et totalitaire.
    Madame Fourest et autres ont raison de combattre ce monstre intégriste très chaud. Le fascisme/intégrisme sont une politique de la vengeance intégrale; ils s’adressent à des collectifs de perdants et les incite à aller chercher des compensations autodestructrices. Danger. Merci.

  • dimanche 7 février 2010 08h41
    J'aimerais connaitre l'opinion de Mme Ayachi
    Ma chère dame Ayachi, vous avez le commentaire facile.

    J'aimerais bien que vous commentiez le reportage de l'émission française "Envoyé spécial" Victime de l'islam.

    http://www.lepost.fr/article/2010/01/06/1873246_un

    De plus, pour comprendre ce que veut dire le communautarisme, je suggère à tous de visionner ce clip vidéo dont l'adresse suit.
    Il illustre en 70 secondes ce que veut dire "communautarisme".

    Le communautarisme, c'est quoi ?

    http://www.dailymotion.com/video/xthze_le-communau


    Un excellent court reportage et un excellent clip pour faire réfléchir et pour alimenter vos commentaires, chère madame Ayachi.

    Ici, madame, vous pouvez vous vêtir comme vous l'entendez. Cependant si vous conduisez un autobus, vous devez, tout comme moi portez l'uniforme. Si vous occupez certains autres emplois, vous devez vous plier au code vestimentaire requis. Lorsque vous êtes en fonction, votre employeur peut exiger de vous une tenue vestimentaire adéquate. Personne ne vous oblige à faire ce travail, c'est votre choix.

    Ici lorsqu'une personne occupe un poste d'agent ou d'agente de l'État elle est contrainte à un devoir de réserve politique et religieux. La religion est une chose personnelle tout comme les convictions politiques et lorsque vous êtes employé-e de l'État au service des citoyens, vous ne portez pas un macaron de votre parti politique ni votre signe religieux. Ici, c'est comme ça.

    Par contre dans votre vie courante, hors de vos fonctions, vous portez ce qui vous plait. Je peux décider de me promener avec mon drapeau québécois pour bien faire comprendre mes élans séparatistes si je veux et vous votre voile pour publiciser votre croyance religieuse.

    Nous vivons dans un pays libre et nous avons un gouvernement laïc qui affiche une neutralité envers tous les citoyens et toutes les croyances religieuses.

    C'est comme ça. Votre larmoiement de victime est déplacé et ridicule.

    J'attends vos commentaires sur Victime de l'islam.

    http://www.lepost.fr/article/2010/01/06/1873246_un


    Cordialement,



    Serge Charbonneau
    Québec

  • Pierre Marinet
    Inscrit
    dimanche 7 février 2010 09h34
    Monsieur Levasseur.
    MONTRÉAL N'EST PAS LE QUÉBEC MAIS LE QUÉBEC C'EST MONTRÉAL.
    Jusqu'à preuve du contraire et il faut le voir et le comprendre ainsi. Au Québec, nous sommes tous des québécois. Je le suis depuis plusieurs générations, vous n'allez pas m'enlever ma québécité? Et Michel Tremblay comme simple exemple?

  • Guy LeVasseur
    Inscrit
    dimanche 7 février 2010 09h55
    Relisez moi bien !
    @Pierre Martinet

    svp relisez moi bien M.Martinet :

    Montréal et ses particularité fait évidemment parti du Québec
    ( je ne vous enlève pas votre québécitude tout au contraire )
    Mais Montréal n'est pas le Québec

    et je rajoute

    Le Québec est composé d'un ensemble de régions dont la région de Montréal mais la majorité de ces régions n'ont pas les caractéristiques socio-démographiques de Montréal.

    Et Michel Tremblay fait parti de mes auteurs préférés.
    Et j'écoute du Leonard Cohen, etc...etc...

    Guy LweVasseur
    Rimouski

  • dimanche 7 février 2010 10h04
    À Serge Charbonneau,

    Vous amenez à notre attention un vidéo d'un converti à l'islam qui parle de laicité et vous prenez la précaution de nous dire que cela vous laisse un frisson dans le dos en relation avec ce qu'il aurait appris à la mosquée.

    Qu'est-ce que cela prouve au juste? Que sommes-nous censés déduire de ce cas? Que ce cuisinier, qui donne son opinion sur l'islam, a une manière de penser qui ressemble à celle de tous les musulmans de la Terre et en particulier à ceux présents avec vous sur cette tribune? Est-ce une manière indirecte d'affaiblir l'argumentaire de certains de ces musulmans sur cette tribune? Serait-ce parceque vous etes à court d'arguments?

    Vous agissez comme si vous n'étiez pas capable de connaitre par vous-meme les enseignements de l'islam.

    Laissez de cote ce vidéo, et dites-nous qu'avez-vous retenu de vos lectures personnelles sur l'islam? Ne laissez pas le vidéo parler à votre place!

  • dimanche 7 février 2010 10h17
    Les monothéismes
    J'ai un ami en visite de France.

    Il est né Juif, a dû devenir catholique pour échapper au nazisme. Ensuite il s'est converti à l'Islam pour marier une musulmane. Le voilà donc triplement monothéiste. Le Père de sa naissance, le Fils de son sauvetage pendant la seconde guerre mondiale, enfin l'Esprit de sa conversion pour cause de mariage.

    Le plus comique de l'affaire, c'est ce que l'on a exigé de lui pour se marier dans l'Islam. Il n'avait qu'à prononcer la petite phrase coranique : « Allah est Dieu et il n'y a pas d'autre dieu que Lui. » Voilà, c'était fait, m'a-t-il confié, il était devenu musulman. Il avait fait le tour des trois monothéismes. En réalité il n'avait jamais adhéré à aucune de ces religions du Livre. Mais son épouse était profondément croyante, même si elle ne portait pas le voile.

    Cette petite anecdote ne veut surtout pas insulter quelque religion que ce soit. Elle veut simplement illustrer à quel point les trois monothéismes peuvent servir de blanc bonnet ou bonnet blanc sans faire des esclandres. C’est pourtant bien de ces trois religions que viennent chez nous la plupart des exigences d'accommodements dits raisonnables. Il y eut bien une exception avec les Sickhs. Ce n’est pas tout à fait étonnant, puisque «Le sikhisme est une religion monothéiste fondée dans le nord de l'Inde au XVe siècle par le gurû Nanak. » (Wikipedia).

    À ne servir des accommodements qu’à ces quatre monothéismes, nous allons finir par croire qu’il n’y a qu’eux qui comptent dans notre société. Que fait-on des hindouistes, des bouddhistes, des agnostiques et des athées ? Que fait-on surtout d’une grande partie des gens que je fréquente et qui, tout en n’adhérant plus à aucune religion établie, disent faire une démarche d’intériorité, de spiritualité et d’amour pour tout ce qui vit ? Je n’ai évidemment pas sondé les reins et les cœurs de tous ceux qui n’adhèrent à aucune religion, mais je ne serais pas surpris qu’ils constituent une majorité au Québec. Si l’on additionne les agnostiques et les athées, je crois bien que l’on y est : une majorité qui commence à en avoir ras le pompon de ces guerres de drapeaux : « Mon Dieu est plus fort que le tien!»

    Tiens, toi ! répétait une ex-copine quand elle plaçait un plat quelque part. Tien, toi ! Avale mon signe ostentatoire, semblent nous proclamer tous ces gens qui insistent pour que cela se sache au sujet de leur Dieu plus fort que tous les autres et surtout plus fort que tous les «mécréants» qui osent se dire incroyants. À chaque fois que j’ouvre le magnifique Coran reçu en cadeau d’une étudiante musulmane, je tombe sur cette introduction qui devrait pourtant guider tout le reste du texte : « Au nom de Dieu le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux. » Or voilà ce que je trouve, parlant des femmes, à quelques pages de cette belle introduction : « Et quant à celles dont vous craignez l’infidélité, exhortez-les, abandonnez-les dans leurs lits, et battez-les. »

    Pourquoi l’homme peut-il battre sa femme au simple soupçon d’infidélité ? La réponse est donnée quelques lignes plus haut : « Les hommes sont les directeurs des femmes, à cause de l’excellence que Dieu accorde aux uns sur les autres… » N’est-ce pas suffisamment clair, ce que le Coran lui-même dit des femmes ? Les Imams colériques peuvent bien tonner dans les mosquées contre les femmes désobéissantes. L’interprétation stricte du Coran, sans le moindre recul critique, amène un Ramadan à condamner toutes les personnes qui ne pensent pas comme lui. Les chrétiens ont fait certes pire que Ramadan durant des siècles. Mais les voilà assagis, sauf quelques excités du bonnet qui ont emboité le pas à Mgr Lefebvre, au pape Ratzinger et au cardinal Ouellet.

    Même majoritaire, un groupe trop tolérant, surtout s’il ne fait plus d’enfants, va se faire engloutir à moyenne échéance par un groupe prosélyte, intolérant et qui fait plus de huit enfants par couple. Nous n’y échapperons pas. Madame Josée Legault écrivait récemment que jamais le Canada ne permettra au Québec une charte de la laïcité ou quoi que ce soit s’opposant à son multiculturalisme pour société pluraliste parce que sans identité propre. Est-ce bien cela que nous voulons pour nous dont l’identité a déjà été plutôt forte, mais dont la loi 101 a déjà subi deux cents assauts démolisseurs de la part de la Cour suprême du Canada. Ma foi, si le futur est si fermé à l’intérieur de ce pays, peut-être devrai-je repenser à mon option politique quant à la souveraineté du Québec.

    JPA

  • dimanche 7 février 2010 11h11
    Le pluralisme, incontournable!
    Le Québec sera obligé d'accepter le pluralisme.
    Des citoyens fuient leur pays, parfois de dictatures, pour venir habiter ici, pour enfin être LIBRES.

    Cependant la "terre d'accueil" n'a pas à s'ajuster à toutes les cultures et religions. Sans doute que c'est une richesse pour nous, mais il faut être prudents! C'est nous qui accueillons...donc, nous devons mettre des balises.

    D'abord le québec est un état laïque, français. La langue prioritaire est le français, la langue SECONDE est l'anglais...

    Pour accepter le multiculturalisme , il faut être solide, fort...le sommes-nous vraiment?

    N'avons-nous pas maltraiter notre langue depuis des années?
    Les enfants, les adolescents, les adultes maîtraisent-ils suffisamment notre langue?
    N'y a-t-il pas eu une sorte de MÉPRIS, une sorte de HONTE à bien parler, à bien écrire le français?

    Serions-nous les fossoyeurs de NOTRE langue en louangeant le JOUAL, le franglais, en crachant sur le français international?
    pas besoin des autres (anglais) pour nous détruire!

  • dimanche 7 février 2010 11h12
    M.Mistmurt!
    En date du vendredi 5 février 2010 17h17 à la page

    http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religio

    je vous ai posé une question à laquelle vous n'avez toujours pas répondue. J'attends votre réponse.

  • Pierre Marinet
    Inscrit
    dimanche 7 février 2010 11h24
    @ Messieurs Lachance, Levasseur.
    Mille excuses, j'ai écrit avec précipitation. Merci de la correction, bien d'accord avec vous. Merci pour vos interventions.

  • Pierre Marinet
    Inscrit
    dimanche 7 février 2010 11h28
    @Missmurt.
    "Que ce cuisinier, qui donne son opinion sur l'islam, a une manière de penser qui ressemble à celle de tous les musulmans de la Terre et en particulier à ceux présents avec vous sur cette tribune? Est-ce une manière indirecte d'affaiblir l'argumentaire de certains de ces musulmans sur cette tribune? Serait-ce parceque vous etes à court d'arguments?"

    Bien entendu que oui et cela fait partie d'un argument en plus. Vous en êtes l'exemple patent. De plus vous ne répondez pas ou alors qu'avec des salamalecs, sinon jamais. Les enseignements de l'Islam ne sont-ils pas donné par cet imam dans la dite mosquée montrée dans le vidéo?

    On attend votre réponse non par une entourloupette comme d'habitude.

  • dimanche 7 février 2010 11h33
    Cher Mohamed
    Lorsque j'ai entendu les propos de ce converti à l'islam, j'ai eu un frisson dans le dos.

    http://www.lepost.fr/article/2010/01/06/1873246_un


    Monsieur Mistmurt semble trouver ces propos "normaux". Lui ne ressent aucun "frisson dans le dos".
    De toute évidence, nous n'avons pas les mêmes sensibilités.

    Lorsque j'ai entendu le prêche de l'imam Salem, j'ai aussi eu des "frissons dans le dos".

    Je ne tente pas de prouver quoi que ce soit. Je ne fais que montrer une réalité. Dans certaines mosquées, on tient de tels propos. Ça fait réfléchir.

    Je n'ai nullement dit que le cuisinier était représentatif de tous les musulmans de la terre. J'ai bien précisé que certains dans certaines mosquées.

    Les atrocités commises par le Front islamique du salut (FIS) en Algérie ont aussi existé. Les dérives fanatiques d'intégristes islamiques existent aussi, tout comme les dérives fanatiques des intégristes chrétiens ont aussi existé (et existent encore, combien de bons chrétiens ont voulu et veulent encore assassiner Morgentaler?).

    Le débat en cours, Monsieur Mistmurt, concerne la laïcité dans l'État. Les libertés de religions sont garanties dans notre société. N'ayez crainte, ici au Québec, vous pouvez priez librement qui que ce soit.

    Par contre si vous êtes au service de l'État, vous avez un devoir de réserve politique et religieux. Vous ne pouvez afficher ni vos préférences politiques, ni vos préférences religieuses lorsque vous êtes en fonction au service des citoyens. Ce n'est tout de même pas difficile à comprendre.

    Pour ce qui est de l'autre débat, celui des dérives des intégristes islamiques, il y a de nombreux exemples à travers le monde qui donne des frissons dans le dos.

    Il faut lire Madame Ayan Hirsi Ali ou encore Mme Djemila Benhabib. Ces témoignages sont éloquents et font réfléchir sur les dérives religieuses des hommes.

    Mon cher Monsieur Mistmurt, vous agissez comme si vous n'étiez pas capable de reconnaitre par vous-mêmes les dérives de l'islam.
    C'est malheureux et vos propos vous discréditent.

    Pour les lectures sur l'islam, il serait long de vous en faire part.

    Je vous invite à voir un autre vidéo où sont lus des versets du coran. Il incite aussi à réfléchir sérieusement.
    L'auteur de ce film a payé de sa vie pour avoir eu l'audace de le faire:

    http://www.youtube.com/watch?v=JYmikJ4yuE8

    Visionnez et écoutez bien, vous avez sans doute la chance de parler arabe, alors vous n'aurez donc pas besoin de lire les sous-titres.

    C'est un film à voir, ne serait-ce que par sympathie pour l'auteur qui en a payé de sa vie.

    Bon visionnement et tenter de lire autre chose que des livres religieux.
    Ne laissez pas celui que vous appelez allah parler à votre place.


    Serge Charbonneau
    Québec
    veliserdi@hotmail.com

  • dimanche 7 février 2010 11h35
    M. Audet
    Parfaitement d'accord avec vous. La droite anglaise est et demeure la droite de la foi britannique et de la King James, et à droite les provinces anglaises resteront, feront tout pour y rester, pour la restaurer, et feront tout pour nous assujettir à leurs vues. Ils ne veulent pas d'un Québec libre et de québécois libres et conséquemment pas de la laïcité; ils feront tout pour l'empêcher! Weinstock met selon moi le bâton dans notre roue.

    Vivement la laïcité et
    la souveraineté du Québec!

    Marc-Aurèle Lachance
    Militant pour la laïcité,
    Et non à genou devant une laïcité à épithète!

  • dimanche 7 février 2010 13h01
    À M. Audet
    Vous avez écrit: "Ma foi, si le futur est si fermé à l’intérieur de ce pays, peut-être devrai-je repenser à mon option politique quant à la souveraineté du Québec.". Mais faites M. Audet!

    Même sans référence à la loi 101, Mme Legault a bien raison. Comme je l'ai écrit à au moins vingt reprises sur l'un ou l'autre des sites du Devoir qui nous permettent de nous exprimer: le chef du Canada est Élisabeth II, reine par la grâce de Dieu, cela conformément à la constitution. Il n'y a donc pas de place pour une vraie laïcité, les droits religieux auront toujours priorité sur le reste, ce qui explique que les autorités judiciaires d'une province de l'ouest hésitent toujours à pousuivre une secte mormone polygame, dont la polygamie se fonde sur l'abus sexuel des jeunes filles, voire des fillettes: ils craignent de se faire débouter par la cour suprême, ce qui mettrait fin au semblant d'espoir qui leur reste.

    Finalement, la cause nonobstant ne s'applique pas sur demande comme certains semblent le croire, et pour ce qui est de la constitution... ben personne ne veut y toucher.

  • Jean Laberge
    Abonné
    dimanche 7 février 2010 13h03
    @Martin Auclair
    Indépendamment de vos perceptions, cher monsieur, il demeure que l'objection principale que je soulève contre ECR ainsi que le Manifeste, à savoir que la position défendue dans les deux cas est moniste et non pluralisme, tient toujours. C'est ce qui explique vous avez l'impression que je me répète.

  • dimanche 7 février 2010 13h35
    À Bayle: désolée...
    Vous avez écrit: D'abord le québec est un état laïque, français.

    Le Québec n'est pas vraiment laïc, pour citer M.A Lachance, "il s'agit d'une laïcité à épithète", ou dit autrement, de façade. Cela explique qu'on retrouve des crucifix dans presque toutes les chambres des hôpitaux ou dans les couloirs, des chapelles, et des aumoniers qui y font librement la chasse aux mourants, cela explique aussi que le ministère de l'Éducation subventionne des écoles privées de confession religieuses, catholiques, hassidiques, etc., et l'existence d'une patente nommé "Comité aux affaires religieuses", au sein du même ministère.

    Pour ce qui est d'un Québec français... c'est de moins en moins le cas, le budget le L'Office est famélique, la Charte de la Loi 101 ressemble de plus en plus à une passoire, grâce surtout à la Cour suprème du Canada, et les différents ministères offrent, mur à mur, la correspondance en anglais aux nouveaux arrivants, s'ils le désirent, ce qui est souvent le cas.

    Et surtout, dire que le Québec est un État... c'est un genre de jeu de mot, le Québec est une province traitée comme les autres, et tout cela reconnu, il est facile de voir où se situe le vrai problème...

  • Guy LeVasseur
    Inscrit
    dimanche 7 février 2010 13h50
    Caroline Fourest à Dimanche Magazine
    Et une autre excellente entrevue avec la journaliste Caroline Fourest, cette fois-ci, ce dimanche à l'émission Dimanche Magazine de la radio
    de Radio-Canada :

    http://www.radio-canada.ca/emissions/dimanche_maga

    avec en plus un livre récemment publié chez Grasset :
    La Dernière Utopie

    http://www.grasset.fr/Grasset/CtlPrincipal?control

  • Monia Ayachi
    Inscrite
    dimanche 7 février 2010 14h18
    Lecture socaile et historique
    M. Serge "Bon visionnement et tenter de lire autre chose que des livres religieux."
    Vous avez raison, il faut avoir une lecture diversifiée car c'est monotone d'écouter la même musique chaque jour.

    A lire un extrait du chapitre 4 de La mode hypersexualisée, un livre de Mariette Julien, publié aux éditions Sisyphe, janvier 2010.

    http://sisyphe.org/spip.php?article3472

    un autre article interessant ecrit par Ikbal El Gharbi-Universitaire -Université Ezzeitouna-Tunis


    "Afin de relativiser la situation actuelle, il nous paraît utile de rappeler que durant la période préislamique, nommée à tort Jahilya, un grand nombre de femmes se distinguaient par leur personnalité, leur esprit critique et leur capacité à prendre des initiatives. Elles prenaient activement part à l'économie de la société et étaient les égales des hommes. Les régimes matrimoniaux existants variaient de la polyandrie, à la polygamie, en passant par la monogamie dans cette société transitoire.

    Parmi les femmes arabes qui jouissaient d'une grande notoriété, il y avait Khadija, la première femme du prophète. Femme d’affaire, héritière d'une grosse fortune léguée par son précédent mari, elle la faisait fructifier en investissant dans des opérations de commerce international.

    Femme de caractère, elle se réservait la liberté de choisir librement son époux. C'est ce qu'elle fit lorsqu'elle décida d'épouser le prophète. Elle envoya auprès de lui une émissaire, Nefissa, pour le demander en mariage. L'historien Ibn Saad a rapporté les paroles de Nefissa "elle me dépêcha en secret auprès de lui avec une proposition de mariage. Et il accepta". Le prophète vécut vingt cinq années avec Kadhija sous le régime de la monogamie. Toujours chez les Quraychites, la petite-fille d'Abu Bakr, compagnon du prophète et premier calife de l’Islam, Aicha bent Talha eut plusieurs maris. Elle est comptée au nombre des mutazawidjat .Dans ses contrats de mariage, elle refusa le principe de Ta’ä, c’est-à-dire de l'obéissance au mari. Sukeina, arrière petite-fille du prophète Mohamed et fille de Hussein le martyr de Karbala et donc membre de ahl el beit, refusa l'institution de la polygamie et stipulait cette condition dans ses multiples contrats de mariage.

    La secte musulmane ésotérique des quarmatiens, qui a régné plus d'un siècle en Arabie, a abolit la polygamie et à institué l'égalité entre homme et femme en matière de droit de succession.

    En outre, en Tunisie , au 10eme siècle, les documents juridiques ayant trait aux Fatwas –décrets religieux – nous informent sur les victoires des femmes musulmanes qui ont pu détourner la rigueur de l'orthodoxie et imposer leurs droits. En effet à cette époque de grands bouleversements sociaux, les femmes ont pu obtenir le droit au divorce si le mari s'absent pour une durée déterminée, par exemple quatre mois, stipulée dans le contrat de mariage. Le Cadhi -juge musulman- pouvait permettre le remariage de l'épouse et lui octroyer la garde des enfants et la gestion du patrimoine du mari en cas d'absence prolongée. A la même époque, un type de contrat de mariage, appelée le contrat de Kairouan, instituait la monogamie comme régime matrimonial et attribuait à l'épouse le droit de répudier la seconde femme si le mari se hasardait à devenir polygame !

    Le plus célèbre contrat de mariage kairouannais est le contrat du fondateur de la dynastie fatimide el moiz lidin allah el Fatimi dont l'épouse tunisienne lui a imposé la monogamie.

    Et lui a interdit par conséquent de construire un harem.
    En poursuivant cette remontée historique des fragments de la mémoire féminine en terre d'islam on découvre que la condition féminine n'est ni une, ni indivisible. La situation de la musulmane est plurielle, elle varie selon les circonstances historiques et géographiques.

    Elle est surtout fonction de la dialectique des luttes féminines et des rapports de forces existants. La femme étant selon Simone de Beauvoir, "de toutes les femelles mammifères celle qui est la plus profondément aliénée, et celle qui refuse le plus violemment cette aliénation".

  • Monia Ayachi
    Inscrite
    dimanche 7 février 2010 14h35
    Mémoire de la femme musulmane en terre d'Islam ( Wallada)
    M. Serge,
    Ce n'est pas si facile d'effacer la mémoire de la femme musulmane en terre d'islam, il ne faut stéréotyper la femme musulmane et la réduire à un seul état mais plutôt la penser dans les diverses dimensions de son vécu historique:
    "Wallâda bint Al Moustakfi, fille du dernier calife omeyyade dans le Royaume de Cordoue… Être princesse c'est peu de chose mais Wallada était, et reste, l'expression d'une poésie féminine andalouse, et cela s'inscrit dans le temps. De mère grecque, elle est le symbole manifeste d'une Andalousie métisse. La racine de son nom, en arabe, signifie “ mettre au monde “… Wallâda veut donc dire féconde. Oui, une extraordinaire fécondité artistique : elle n'est plus à démontrer mais on peut fièrement l'évoquer et s'en inspirer. Wallâda, la femme, la flemme, la princesse, la poétesse, la belle, la rebelle, la cruelle, l'amoureuse, la mystérieuse, la joyeuse, la boudeuse, la taquine, la coquine, reste dans les mémoires pour deux choses: son histoire d'amour tapageuse avec le grand poète andalou Ibn Zaydoun -encore une idylle rendue célèbre par la poésie- et son fameux salon littéraire à Cordoue. Wallâda… S'investir dans le champ des belles-lettres et de la poésie c'était s'imposer dans un environnement masculin. Malgré l'assassinat de son père, elle fait face à la vie : elle garde son statut de princesse, mieux : sa noblesse de caractère et sa dignité de femme. Comme du temps de son père, elle continue à animer son “Majlis Adabi”: un Salon littéraire destiné à accueillir les poètes et artistes qui viennent de tous les coins de l'Andalousie du XIème siècle, des gens de cultures multiples, témoignage de cette civilisation riche d'un très grand raffinement." Adnan Taha

  • dimanche 7 février 2010 16h15
    S.V.P. Votre opinion sur ce converti à l'islam, Mme Ayachi

    Mme Ayachi, vous vous perdez dans diverses considérations.

    J'aimerais connaître votre opinion sur ce cuisinier converti à l'islam.

    http://www.lepost.fr/article/2010/01/06/1873246_un

    Que pensez-vous de ces propos?
    Comment acceptez-vous sa vision de la femme?

    Des questions simples.

    Et dites-moi, Mme Ayachi, y a-t-il une loi dans l'histoire humaine qui a contraint la liberté de l'habillement de la femme?


    Serge Charbonneau
    Québec
    veliserdi@hotmail.com

    P.S.: Votre cours d'Histoire est très intéressant. Vous semblez pourtant ne pas en avoir tiré beaucoup d'enseignement.

  • dimanche 7 février 2010 16h25
    Un parallèle historique en forme d’hypothèse
    M.Marinet. J'ai pris connaissance de vos constats sur la civilisation libérale et son spectacle permanent. Pas grand chose à ajouter sur le caractère nihiliste d'une civilisation qui en levant les tabous en s'arrachant à la nature s'est procuré la possibilité de libérer Dieu de ses obligations envers l'être humain.

    La situation actuelle en Occident peut être se rapprocher de celle de la fin de l'Empire romain qui ouvert à la pluralité des religions, à l'importation de religions orientales ou grecques comme le mithraïsme s'est finalement fait dévorer de l'intérieur par les fidèles non de ceux de Mithra mais de Jésus. Assimilé d'abord à une religion de mystère initiatique ou se révélant progressivement une religion attirante par son caractère politique spécifique et original, le christianisme a su recruter un nombre important de fidèles dans la Rome ancienne jusqu'au point de rendre relativement instable l'empire par la concurrence qu'il a encouragé entre le statut de l'empereur et le rôle créateur d'un Dieu unique.

    Plus tard, Constantin, empereur romain en 306 après J.C aurait réglé le problème en se convertissant en 312 au christianisme et en plaçant Dieu le père au dessus de son rôle d'empereur et en donnant à l'église des moyens grandissants pour son développement dans l'empire. À ce moment, les dés ont été jetés et un processus historique s'est mis en branle dont nous connaissons les conséquences de nos jours.

    Si le parallèle peut se faire aujourd'hui entre un monde romain plus ou moins anarchique dans ses cultes religieux entre 100 et 300 après J.C et notre monde actuel ouvert à la diversité religieuse mais à travers une cohésion sociale très individualiste voire marqué par le nihilisme. Il n'est pas interdit de penser que le multiculturalisme contemporain peut s'apparenter aux conditions romaines de pluralisme religieux dont les conséquences dans ce type de situation sociale se traduisent souvent par le triomphe du système religieux le plus accaparant, le plus impérial et théocratique.

    En ce début de millénaire, serait t'il plausible donc que l'islam devienne l'équivalent en Occident de ce qu'aura été le christianisme dans la Rome ancienne au 4ème siècle de notre ère?

    La question qui se pose est interrogation sur un péril réel fondé sur la puissance d'encadrement des populations par l'instauration d'un système théocratique qui ne laisse aucune place ni au hasard et ni au relâchement des mœurs. Le rôle d'un Tarik Ramadan qui agit à la fois comme défenseur du multiculturalisme anglo-saxon et en tant que rénovateur et agent de valorisation de l'islam peut apporter des indices concluants sur les stratégies adoptées par un certain islam politique qui n'est pas sans faire penser à la vigueur du premier christianisme à Rome, mode d'opération lent mais sûr sur le long terme pour pénétrer une civilisation de l'intérieur hostile a priori à une religion théocratique.

    L'action des défenseurs de la laïcité (en considérant cette hypothèse) doit reposer aussi sur les précédents apportés par l'histoire qui préviennent contre des phénomènes qui se sont déjà produits historiquement.

  • Pierre Marinet
    Inscrit
    dimanche 7 février 2010 18h15
    M Bouchard.
    "En ce début de millénaire, serait t'il plausible donc que l'islam devienne l'équivalent en Occident de ce qu'aura été le christianisme dans la Rome ancienne au 4ème siècle de notre ère?"

    Non, impossible car l'Occident et le monde asaitique sont trop en avance d'un point de vue culturel et technologique sociétale. La Chine commence à vivre à l'heure du gadget et la sexualité est largement plus libre qu'en Islam où l'hystérie et la frustration sexuelle/affective demeurent. En Asie, on commence à vivre l'homosexualité sous de meilleurs rapports externes aussi. L'Ilsam est une théologie de soumission non de libération de l'être humain. Avez-vous regardé le film de Theo van Gogh envoyé par Charbonneau? Soumission d'abord à Allah et soumision au plus fort. Rien d'autre. Le Christianisme à l'époque de Constantin à fait aussi des ravages mais l'Occident est passé sous le feu de divers "Rennaissances". le chritianisme a profité des structures du pouvoir romain et il s'est incrusté par la suite dans les institutions. Il ya eu un mélange cuturel entre Athènes et Jérusalem. L'islam refuse ces institutions et cette héritage. L'Islam est le dernier bastion de l'irrationnel théologique dans l'univers humain. Il n"est pas un enfant de la démocratie grecque telle que nous l'avons imitée jusqu'à nos jours. La démocratie est la parole donnée à tous. C'est pourquoi le peuple à l'époque de Platon apprennait la rhétorique pour pouvoir accéder au pouvoir tout court. Rien de tel en Islam ou seule la parole de Dieu compte pas celle de l'Homme, des hommes même sans dieu. L'Islam est un nihilisme théologique contre un nihilisme humain qui est l'occident. La différence est abyssale. Il va fondre à cause de lui ou par les partis conservateurs qui le noieront dans une société autoritaire telle que nous l'éprouvons de plus en plus. La globalisation fera le reste. C'est le dernier sursaut de l'archaisme théologique sur cette terre. Tout le monde en souffrira malheureusement.
    Il y a eu dans la Byzance du VI siècle, des hommes qui sont descendus dans la rue pour défendre la différence entre l'identité de Dieu et la similitude avec Dieu. On peut penser que ce ne serait pas si bête que bientôt des gens manifestent pour défendre leur conception de la différence entre l'identité avec l'homme et la similitude avec l'homme. Ce serait donc la définition d'un nouvel humanisme qui en serait l'enjeu actuellement. L'islam est très loin de ce trajet.

  • M. Julien
    Abonné
    dimanche 7 février 2010 18h19
    "À bras ouvert" ou "à bar ouvert"?
    « Toute religion qui s’impose est une dictature » (L’Allumeur de réverbère, éditions Alternativa, Zone libre)

    Qui dit burqa dit islam radical. Qui dit islam radical dit terreur. Et qui dit terreur dit « fous de Dieu ». C’est aussi simple que cela, et c’est précisément ce dont il est question ici.

    Pas un seul jour sans qu’on nous fasse le récit d’attentats meurtriers sanglants dans les pays musulmans où l’intégrisme est de rigueur, pléonasme s’il en est, y compris par des femmes sous la burqa. Les histoires d’horreur à ce chapitre sont légion dans ces contrées comme on le sait.

    On se bat là-bas pour sa religion comme à l’époque des guerres de religion ou des croisades. Pire encore!

    Nous ne sommes pas à l’abri de l’islam radical. Loin de là.

    En fait, nous ne l’aurons jamais été aussi peu que maintenant parce que les intégristes savent très bien notamment que bon nombre d’entre nous ont perdu leurs repères, voyant dès lors une occasion en or pour occuper le terrain qu’on leur offre pratiquement sur un plateau d’argent, et que la protection accordée par les Chartes à leur endroit est quasi absolue.

    Sans oublier bien sûr notre complaisance et notre indifférence sur lesquelles ils savent si bien qu’ils peuvent compter, à commencer par celles de nos gouvernants qui ne semblent pas voir venir les choses, à moins bien sûr qu’ils feignent de jouer les aveugles.

    Je veux bien croire qu’on doive avoir les bras ouverts pour accueillir l’Autre, mais il y a une différence entre l’accueillir "à bras ouverts" et l’accueillir "à bar ouvert". Et encore là, il faut savoir de quel Autre on parle…

    Le pluralisme à tout crin prôné par certains, dont notre brochette d’intellectuels, avérés ou autoproclamés, nous mènera tout droit vers le précipice.

    Comment pouvons-nous ne pas voir venir ce qui nous pend au bout du nez?

  • M. Julien
    Abonné
    dimanche 7 février 2010 20h05
    Prothèses mammaires explosives
    La BBC, RDI et TV5 annoncent que les services secrets britanniques, connus sous le nom de code MI5, viennent de mettre au jour la mise au point d’une nouvelle technique permettant l’insertion mammaire d’un engin explosif qui serait pour l’instant indétectable.

    Ceux qui ont pour mission d’implanter cet engin ont étudié la technique à Londres et sont retournés dans leur pays d’origine respectif, notamment le Yémen et le Pakistan.

    De quoi faire réfléchir quelques sceptiques…!

    http://www.20minutes.fr/article/382782/Monde-Alert

  • dimanche 7 février 2010 20h46
    façade laïque?
    @ Celine A Massicotte...

    -. laÏcité de façade? d'accord qu'elle n'est pas encore complète...mais il y a une prise de conscience récente, alors il faut être patient...

    -. les crucifix sont devenus des objets au même titre, que le croissant ou le marteau...la faucille.

    -. les aumoniers ne se promènent plus librement dans les hôpitaux, ils viennent sur demande spéciale des malades.

    -. si j'ai bien compris, votre solution à TOUS nos problèmes serait l'Indépendance. Même là, je ne crois pas que tous nos problèmes seraient réglés. Nous serons toujours entourés de 300,000,000 anglophones et les nouveaux arrivants habitent le Québec temporairement.

    C'est un pied à terre en attendant d'aller en Ontario s'assimiler à la MAJORITÉ anglophone en AMÉRIQUE.

    -. depuis 1968 avec le R.I.N. nous sommes harcelés régulièrement pour changer de statut politique et faire l'Indépendance, mais ça ne pogne pas...

    -. nous sommes un ilot dans une mer anglophone.

    -. Solutions?: s'assimiler, se séparer et devenir une nouvelle Louisianne ou demeurer dans le Canada et continuer à revendiquer...

    -. Je verrais le Canada comme les USA: dix états à la place de dix provinces.

    -. les changements se font toujours sur une longue période de temps.

  • dimanche 7 février 2010 21h53
    La parole de César, la parole de Dieu. M.Marinet
    Avant la Renaissance, suite à l'Antiquité, il y a eu la grande noirceur du Moyen Age pour reprendre ce schéma classique. Bien sûr, on peut parier sur une dynamique chrétienne médiévale plus forte que dans la même tradition musulmane. Après tout, le christianisme s'est distingué par cette parole évangélique: -Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu”-, ce qui serait le fondement de la future laicité.

    La modernisation de l'islam est problématique on le voit passablement en Iran qui connaitrait pourtant un (modèle politique supérieur) à celui de l'Arabie Saoudite. En citant ou référant aux messages et vidéos de M.Charbonneau et M.Julien, l'idée qu'un processus peut nous échapper dans l'interculturalisme.


    (...)Nous ne sommes pas à l’abri de l’islam radical. Loin de là.

    En fait, nous ne l’aurons jamais été aussi peu que maintenant parce que les intégristes savent très bien notamment que bon nombre d’entre nous ont perdu leurs repères, voyant dès lors une occasion en or pour occuper le terrain qu’on leur offre pratiquement sur un plateau d’argent, et que la protection accordée par les Chartes à leur endroit est quasi absolue. (...) R.Julien.

  • nonauracisme
    Inscrit
    dimanche 7 février 2010 22h43
    Le manifeste doit son elan grace a Bouchard et Taylor
    Pour tous ceux qui sont contre ce manifeste et le le principe de pluralisme, ou sont vos idees et propositions? Il ne faut pas melanger le debat du pluralisme a celui des des accomodements religieux car les deux ne sont pas lies. Le pluralisme parle va au dela du la religion, le but est d avoir une societe egalitaire. Je n ai rien contre le principe d egalite homme femme, mais avec la diversite que faisant nous pour proteger les droits des non quebecois de naissance qui paient les memes impots que tout le monde. L integration doir se faire des deux sens, certain croiyent que seul les immigrants doivent faire ce pas. En tant qu immigrant je suis d accord avec le guide qui a mis en ouvre pour expliquer les valeurs canadiennes, mais en meme temps la societe d acceuil doit respecte. Si les immigrants parlent francais, respecte l egalite homme femme, vont t ils avoir un taux de chomage plus bas?

  • dimanche 7 février 2010 23h50
    Un Québec manifestement dogmatique
    Un Québec manifestement dogmatique
    En réponse aux universitaires qui ont rédigé le Manifeste pour un Québec pluraliste (voir Le Devoir 3 février 2010 p. A7).
    Ce serait un bel effort si les idées défendues étaient lancées dans le public, débattues et qu’une solution respectueuse des volontés pluralistes de la population étaient avancées et mises en place. Ce n’est pas le cas.
    Voyons un peu quelques-unes des citations attirantes à première vue de ce manifeste :
    Ce manifeste déplore l’intransigeance des nationalistes conservateurs et des laïcistes envers les minorités, « exigeant qu’elles se plient à une vision de la société qu’elles n’auraient pas contribué à forger. »
    Les auteurs ne remarquent pas leur propre intransigeance envers la majorité religieuse chrétienne qui jusqu’à l’obligation du contraire, choisissait librement un enseignement chrétien pour leurs enfants. Ils ne se soucient pas du fait que les politiciens de même pensée qu’eux, « exigent » que cette majorité de parents chrétiens (plus de 80%) « se plient à une vision de la société qu’elles n’ont pas contribué à forger » et même auxquels ils ont résisté. Ils ne se soucient pas non plus que ces minorités aimeraient peut-être une autre vision de la société que celle qu’ils sont en train de forger en ce moment.
    « La position pluraliste se fonde sur le respect et la reconnaissance de la diversité, » lit-on, à condition, doit-on comprendre, que cette diversité de penseurs ou de religions n’aient pas une opinion, une conviction ou une exigence différente de la vision que les auteurs proposent comme étant la meilleure. Or, plusieurs penseurs (lire citoyens, parents et non seulement universitaires) ont effectivement une idée différente d’une société idéale : celle où ils pourraient transmettre leur foi et culture à leurs enfants sans interférence de l’État.
    Les auteurs manifestent un mépris manifeste pour ceux qui ne partagent pas leur idée. Si un groupe veut transmettre sa culture et foi à ses enfants, il devient une communauté « repliée sur elle-même ». Ici les auteurs sautent une étape, celle de laisser les enfants sous le soin de leurs parents et communautés. Ils veulent les soutirer à ces influences par exemple par le biais du cours d’éthique et culture religieuse. Là les enfants apprennent dès le primaire à remettre en question les valeurs de leurs familles et communautés, aidés en cela par les enseignants qui les guident à en débattre, à en délibérer, à s’exprimer et à écouter ce que les autres (élèves, chefs religieux, gais, athées, etc.) ont à en dire.
    Favoriser une ouverture entre communauté peut se faire sans démagogie en laissant plutôt les adultes dialoguer entre eux et entre leurs communautés d’appartenance. Des mesures peuvent être mises en place pour cela dans les médias, les municipalités, les commissions scolaires même. Mais laissons les enfants à l’enfance, sous la garde et l’autorité de leurs parents et l’influence de leurs communautés. Les changements sociaux seront moins rapides, mais plus réfléchis, respectueux de la population et plus authentiques.
    Les auteurs disent que « l’État exerce sa neutralité en s’abstenant de favoriser ou de gêner, directement ou indirectement, une religion ou une conception séculière de l’existence, dans les limites du bien commun. » C’est une affirmation à l’emporte pièce. Prenons la religion catholique. Il semble effectivement que ce cours ECR gêne plusieurs répondants de cette religion à différents degrés, le cardinal Ouellet de Québec, le cardinal Grocholewski de Rome, le nonce apostolique sortant Mgr Ventura, et l’AECQ. Mais au-delà de gêner cette « religion », il gêne ses adhérents, les parents qui retirent leurs enfants de ce cours, ont plaidé devant le tribunal ou en subissent les effets dans leurs familles. On met comme barème que l’État n’exige pas d’abdiquer de sa religion. Pour les enfants la question se pose autrement : ils sont empêchés d’y adhérer, de la pratiquer, de la défendre, de la connaître par la déformation que le cours ECR fait du christianisme et par l’exigence de réponses politiquement correctes lors de ses exercices de dialogue.
    « L’interdiction de toute manifestation d’appartenance religieuse », contrairement à ce qu’en disent les auteurs, ne s’applique pas seulement aux prescriptions vestimentaires ou alimentaires. Elle peut aussi bien s’appliquer à la prière ou des processions en public, l’architecture, les symboles religieux ou écrits sacrés dans les lieux publics. L’appartenance religieuse se manifeste dans toute religion.
    Les auteurs demandent par « quelle symbiose mystique ses défenseurs parviennent-ils de déceler le contenu véritable des valeurs de cette majorité? » Rien de mystique : les parents choisissaient à plus de 80% l’enseignement chrétien à l’école. Si ce nouveau cours ECR était optionnel il serait facile de savoir combien de parents le choisiraient.
    Les auteurs en bout de ligne, semblent vouloir défendre le fait des chartes, qui selon eux incarnent les principes de notre tradition. Pas un mot sur le fait que, à deux reprises, les chartes ont été changées pour pouvoir imposer le cours ECR en privant les parents de leurs droits et position traditionnels d’éducateur premier de leurs enfants et en privant les chrétiens québécois de l’accord fondamental sur lequel le Canada a été construit. Aucun mot sur le fait que la Loi sur l’instruction publique et sur l’enseignement privé ne respectent pas les grands principes enchâssés dans les conventions internationales sur les droits des parents et des enfants et sur la liberté religieuse. Car ces derniers reconnaissent le rôle premier du parent dans l’éducation de son enfant.
    La recherche d’un « équilibre entre les préoccupations légitimes de la majorité et celles des minorités » « demeure la condition d’un authentique d’un vivre-ensemble », selon les auteurs.
    Pourtant les auteurs laissent dans le froid, malgré leurs grands principes, cette majorité mouvante que sont les parents avec des enfants à l’école. Car, avouons-le. Cette catégorie de citoyens n’est jamais stable alors que les institutions demeurent. Le parent a quelques années pour s’informer de ce qui se passe à l’école, à travers ses nombreuses autres préoccupations, pour trouver le moyen de faire connaître son point de vue, pour se lier à d’autres de même vision et pour acheminer leurs demandes. Le temps que ça prend, leurs enfants sont déjà grands. Et les institutions n’ont plus à s’en préoccuper. Les élèves sont une proie facile pour l’exploitation. Ce cours demeure cela : une exploitation du fait que les enfants sont tenus d’être à l’école, qu’ils sont tenus de suivre les cours du ministère, qu’ils sont tenus de réussir. Les idéologues de tout temps ont reconnu en l’école un lieu propice pour l’endoctrinement. Au lieu de dialoguer dans l’égalité entre adultes formés, on met sur le dos des enfants le fardeau d’un interculturalisme qu’ils ne peuvent pas assumer puisqu’ils n’ont pas encore de …culture.

  • Godefroy
    Abonné
    dimanche 7 février 2010 23h59
    Dieux rotisseurs à la Saint-Hubert
    A bon entendeur salut :

    « Enfer chrétien, du feu. Enfer païen, du feu. Enfer mahométan, du feu.
    Enfer hindou, des flammes. A en croire les religions, Dieu est né rôtisseur. »

    Victor Hugo

  • Godefroy
    Abonné
    lundi 8 février 2010 00h11
    Manifeste athéiste licencieux
    Qu'en pensez-vous, vous les nouveaux prêtres pédagogues pontifiants :

    « Cet état d'athéisme complet, il faut beaucoup de vertu pour y atteindre ; plus encore pour s'y maintenir. Le "croyant" n'y verra sans doute qu'invite à la licence. S'il en allait ainsi : vive Dieu ! Vive le sacré mensonge qui préserverait l'humanité de la faillite, du désastre. Mais l'homme ne peut-il apprendre à exiger de soi, par vertu, ce qu'il croit exigé par Dieu ? Il faudrait bien pourtant qu'il y parvienne ; que quelques-uns, du moins, d'abord ; faute de quoi la partie serait perdue. »

    André Gide / 1869-1951 / Journal

  • lundi 8 février 2010 00h48
    De la guerre par extraits vidéo interposés.
    ''Monsieur Mistmurt semble trouver ces propos "normaux". Lui ne ressent aucun "frisson dans le dos". (Serge Charbonneau)

    Je ne peux pas encore avoir des frissons dans le dos avant d'avoir visionné vos vidéos soit-disant accablants sur ce malheureux cuisinier que certains sont allés cuisiner derrière son dos.

    Je n'ai pas le temps de visionner quoi que ce soit ces derniers temps. Si vous avez vu ou entendu quelque déclaration de ce cuisinier, alors n'hésitez à le déballer ici sur table. Ainsi, nous créverons l'abcés plus vite et vous saurez enfin si j'ai des frissons ou non.

    En attendant, si je pouvais vous envoyer un vidéo, ce serait plutot une longue série de vidéos de ces guerres occidentales du 20è sìècle organisées par l'Occident (mais avec les arabes et les musulmans comme esclaves sur la ligne de front) avec ses dizaines de millions de victimes, la palme d'or allant bien-sur aux américains avec leurs essais nucléaires sur les civils japonais, lesquels japonais ont vu des Lumières dans leur ciel, du matin pourtant! Jamais l'Humanité n'avait vu une ampleur aussi grande de la détresse humaine que pendant le siècle dernier, siècle gouverné encore par le colonialisme occidental et les nouveaux empires.

    Des guerres déclenchées et menées soit par des ultranationalistes très laiques soit larguées par de grands humanistes illuminés par les Lumières.

    Pourtant, je n'ai pas perdu la foi en l'Occident ou en les chrétiens, surtout après la déclaration universelle des droits de l'Homme qui s'en est suivie. Et je pense savoir faire la nuance entre Jésus et Bush. Entre le nationalisme hitlérien et le nationalisme québécois. Par contre, vous n'avez pas l'air d'apprécier la différence entre les textes fondateurs de l'islam et les méfaits de certains disciples de cette religion. Non pas que vous n'avez pas les qualités intellectuelles pour mener à bien cette entreprise.

    Mais à ma question de savoir le fruit de vos lectures personnelles et sérieuses sur l'islam, vous vous cachez. Vous avez peur de dire haut et clair ce que vous en pensez, sans doute par peur qu'on sache lire entre les lignes de vos prochaines interventions sur cette tribune. Vous préférez engager des vidéo mercenaires pour faire la job à votre place.

    Au fond, vous n'etes pas mieux que ces politiciens politiquement corrects que vous dénoncez au Québec. Vous avez peur de l'opinion de vos lecteurs comme ils ont peur de l'opinion de leurs électeurs.

  • lundi 8 février 2010 01h14
    Question cruciale à Serge Charbonneau et cie!
    ''Par contre si vous êtes au service de l'État, vous avez un devoir de réserve politique et religieux. Vous ne pouvez afficher ni vos préférences politiques, ni vos préférences religieuses lorsque vous êtes en fonction au service des citoyens.'' (Serge Charbonneau)

    Si on laissait les femmes et les musulmans en paix pour un instant, et que l'on concentrait notre esprit sur les hommes et les autres communautés religieuses, diriez-vous par conséquent que, selon cette forme de laicité que vous défendez, JAMAIS un juif portant kippa sur la tete, JAMAIS un sikh portant turban sur la tete, ne deviendrait cadre de l'Etat québécois, député, ministre ou premier ministre?

    Croyez-vous sincérement que les juifs ou sikhs pratiquants accepteraient que vous démontriez que leur kippa ou turban ne font pas partie de leur religion, comme certains essaient de le faire si facilement avec le voile islamique? Vous savez que cela fait partie de leur religion et ils se batteront pour faire valoir leur droit à l'exercice de leur foi à travers les Chartes. Et Madame Poisson, qui sait très bien que ces communautés, bien établies ici au Canada, et qui savent se défendre bien mieux que les musulmans, ne pourra pas leur attribuer un caractère victimaire et mettre en doute la défense de leurs droits garantis par les Chartes comme devoir citoyen, comme elle le fait avec les immigrants mais vise en réalité les musulmans.

    Je vous écoute.

    La question est posée aussi à vos camarades de classe laique pure et sans égratignure.

  • lundi 8 février 2010 01h39
    De l'iconoclasme (À Pierre Marinet)
    ''Il y a eu dans la Byzance du VI siècle, des hommes qui sont descendus dans la rue pour défendre la différence entre l'identité de Dieu et la similitude avec Dieu. On peut penser que ce ne serait pas si bête que bientôt des gens manifestent pour défendre leur conception de la différence entre l'identité avec l'homme et la similitude avec l'homme. Ce serait donc la définition d'un nouvel humanisme qui en serait l'enjeu actuellement. L'islam est très loin de ce trajet.'' (Pierre Marinet)

    Lisez Images Brisées de Fred A. Reed, vlb éditeur, 2010 (Shattered Images, 2003) et vous comprendrez combien vous vous trompez sur les arabes et l'islam.

  • Monia Ayachi
    Inscrite
    lundi 8 février 2010 02h48
    Le cuisinier musulman!!!
    M. Serge,
    Le cuisinier musulman est un homme ordinaire traditionnel, très spontané, il mélange entre la religion et les traditions comme n’importe quel autre homme au Québec et dans le monde entier. Les traditions et la peur pour sa fille car elle constitue l’honneur de la famille ce qui projette la vertu, je ne le blâme pas c’est la faute d’une éducation très ancrée dans ce genre de discours. Ce que je n’ai pas aimé c’est que les imams et les spécialistes en théologie n’ont pas compris que les obligations sont partagées entre l’homme et la femme et qu'il n'y a pas de différence. Le prophète faisait lui même les besognes domiciliaires, et qu’en islam la notion d’honneur est traité dans une autre perspective et de façon égale sans faire la différence entre homme et femme.
    Ce que je n’ai pas aussi aimé c’est cette image stéréotypée projetée du musulman en ne le filmant qu'au moment ou il brandit un grand couteau, il est clair que c'est une scène truquée,
    Je trouve que c'est une scène folklorique, par la façon d'insister maladroitement sur les études en langue arabe de sa fille, sinon il allait l'obliger à ne pas fréquenter l'école ou l'envoyer en Arabie saoudite pour éviter la mixité, ça devient comique.
    Si on considérerait que cette scène est réelle, son message projette un respect à sa femme, il a dit ma femme m’obéit et moi je la satisfais, c’est une relation saine d’obligation et de droit. Je ne pense pas que cet homme pourrait être dangereux, il a besoin d’une vraie éducation civile et religieuse et il pourrait améliorer son comportement par la suite.
    J’écoutais depuis quelques jours une émission ou l’animatrice interrogeait les jeunes sur la mixité à l'école et ce qui m’a étonné qu’un adolescent a préféré fréquenter une classe de garçons seulement pour comprendre comment ça fonctionne et une adolescente préfère être dans une classe de filles pour pouvoir se concentrer sur ses études et ne pas s’occuper des garçons. Je me suis dit SI on a entendu ceci d’un jeune garçon ou fille arabes, On aurait dit qu’ils sont passéistes, fanatiques. Je respecte l’avis des jeunes et si j’ai pris cet exemple c’est pour vous montrer que notre problème est plus profond qu’un simple stéréotype d’un pauvre musulman. J’ai fait mes études dans la mixité et on n’a eu aucun problème car l’école et la maison et la rue travaillaient en harmonie et dans le bon sens pour une meilleure éthique et esthétique de la vie sociétale.
    C'est naturel de tolérer les problèmes à condition de rester vigilant qu'ils ne cachent pas une profondeur malsaine. Croyez- vous qu’un homme occidental ne pourrait pas être aussi traditionnel!!
    Oui bien sur M. Serge, les laïques d’aujourd’hui sont en grande lutte et croient qu’une charte de lois pourrait bien résoudre le problème. Ils ne font pas attention à l’éducation sociale et aux droits de l'homme qui n’ont pas été appliqués et toute leur manœuvre se limite à interpeller quelques victimes arabes pour prouver leurs agendas de stéréotypes et alimenter leurs acharnements envers les musulmans (l’ennemi N0 1…..!!!!).
    Je vous ai dit, je suis pour une laïcité dans la modération et la diversité. Il ne faut pas mélanger mon petit foulard qui ne me dérange pas et j’espère qu’il ne vous dérange pas si l’un des jours on travaille ensemble dans la même institution publique!!! J’ai dit SI!!!! avec le phénomène international d’intégrisme ni avec ce voile afghan très ancien et très traditionnel et qui n’a rien à voir avec le concept de code vestimentaire décent en islam.
    Voila, si vous aimez regarder ce genre de film, je pourrais vous donner plusieurs liens. Vous savez le fait musulman fait travailler beaucoup de gens. Avec la médiatisation de l’islam. Pas de crise économique!!! Tout le monde travaille très fort! Allez, demain on va nous filmer les femmes entrain de manger les spaghettis avec la burqa et ha ha ha regarder ces musulmanes?
    Vous savez rien ne m’étonne depuis que j’ai eu ce choc en écoutant des citoyens s’exprimaient publiquement pendant les AR à la télé. Oh mon dieu! J’ai eu peur. Sans blague, j’ai cru que c’est … et après on vous parle des droits de l’homme…de sa dignité … de la psychologie des enfants … de la psychanalyse… de l’analyse…et voila on est bien intégré… et on vous appelle minorité visible pour vous aider à vous insérer facilement dans la fonction publique…et voila 30% taux de chômage…M. Serge il faut espérer ou retourner au pays d’origine… Qu’en pensez-vous? Ne me dites surtout pas que je délire!!! Il se peut!! Il est 2h 49 min!
    Bonne journée

  • Guy LeVasseur
    Inscrit
    lundi 8 février 2010 05h38
    Ethique et culture religieuse à Second Regard
    Cours d'éthique et de culture religieuse: l'épreuve du dialogue :

    C'est le titre du reportage de l'émission Second Regard du 7 février
    à la télévision de Radio Canada.

    http://www.radio-canada.ca/emissions/second_regard

  • Trobadorem
    Inscrit
    lundi 8 février 2010 08h01
    Le conformisme intellectuel vaut l'inquisition....aux profs derrière le manifeste: allez refaire vos devoirs!!!!
    Primo, c'est la loi de la force (pas de la force physique) qui prévaut depuis des siècles. Demandez le aux autochtones qui, dans leur accomodement raisonnable, se sont fait lavés dans le temps de le dire....et maintenant, on parle des Québecois de souche en oubliant completement qu'ils représentent les premières "souches" du Québec. Vous avez vu ce que l'on fait avec les souches???

    Continuez, messieurs et mesdames les "intellectuels" comme vous le faites avec ce manifeste, et vous allez vous retrouvez dans 100 ans avec une deuxième Jerusalem au Québec (Montréal est une bombe à retardement!) où, d'abord sous une tolérance édulcorée, puis au nom de la foutue religion, chrétiens, juifs et musulmans s'entre déchireront pour que "leur dieu" remporte la "game"....

    ...oui au souffle qui porte les choses, oui au spirituel qui permet à l'action de mieux comprendre et assister son voisin....mais non à cette religiosité...qui par ailleurs, commence à prendre ses aisances dans le milieu universitaire....

    Secundo, à tous ces profs qui ont signé, je vous invite à ouvrir vos deux yeux et deux oreilles bien grand ouverts....

    ...vous vous rappelez L'AFFAIRE MICHAUD ? Bien, continuez dans vos "pirouettes" accomodantes, et je vous promets une chose, cette ineptie de l'histoire passera tristement aux régistres des bons coups de notre société et ce faisant, vous verrez la pseudo tolérance, faire place à son contraire.

    Revenons en arrière, de fait, nous avons été témoins dans l'affaire Michaud au "conformisme" de la totalité des politiciens (à part une exception) à la tolérance à son extrême. Oui, le "politically correct" a amené Bouchard et sa gang (libéraux et PQuiste) à s'accomoder des pressions du lobby juif pour condamner un citoyen sur des propos que l'on jugea comme intolérants, voire racistes...une dérive comme ca ce peut pas, à la lumière de ce qui a été vraiment dit!. N'étant pas sûrs de notre courage, nous ne voulons pas avoir l'air de douter du courage d'autrui...et on s'accomode...le juste et le courageux en prend pour son rhume....

    Qu'en sera t'il, lorsque l'on aura accomodé tout ce beau monde, Juifs, musulmans, chrétiens,etc. Vous allez vous retrouver à raccommoder le tissu social....et il sera trop tard.

    Il y a un silence qui m'embête, le même silence qui enveloppa l'assemblée nationale au vote de condamnation de Michaud. Et derrière le voile de la conviction des politiciens, un net manque de courage et un désir subtil de se conformer. Se conformer à quoi? Tout bêtement, à leurs intérêts, les amenant à oublier leur devoir de raisonner leur conduite...

    Votre manifeste est tout simplement une tentative malheureuse et maladroite de se placer au centre...alors qu'en réalité....vous êtes ni à droite, ni à gauche, ni au Centre...mais derrière...

    ....serait-ce le chant du cygne?

  • lundi 8 février 2010 08h24
    À Bayles: les aumoniers et le reste
    Les aumoniers ne vienne plus dans les hôpitaux sauf sur demande? Depuis quand, hier 15 h.? Un de mes amis est décédé le 28 décembre 2009: il y avait deux crucifix dans sa chambre, à "l'hôpital" Champlain, qui est un centre d'hébergemenet lié au CLSC, et où crêche les soins palliatif. Et à l'hôpital de Verdun, l'aumonier rôdait à chaque jour. Mon ami, qui le connaissait bien, m'en a lui même parlé, excetionnellement. Je lui ai dit, "vous jasez ensemble?" et il a acquiessé. J'ai compris qu'il le faisait maintenant dans les moments où il était seul, car après tout il venait d'apprendre qu'il allait mourrir; mais ça n'a rien changé à son athéisme: il prenait ça en riant.

    Mais... ce n'était pas par hasard qu'il le connaissait: en 2007-2008, cet ami travaillait sur un programme pour les assistés sociaux, et il prenait de méchante chicanne avec cet aumonier, sur place tous les jours ouvrables, et aux heures ouvrables. Il a même failli perdre son programme à cause de ça. Et après sa mort, je suis allé chercher ses effets: quelqu'un avait glissé un crucifix dans le sac... Et ce n'était pas l'aumonier, de toute façon je crois qu'il n'avait pas accès aux agonisants. Quant à mon ami, il ne pouvait même plus parler. Alors vous disiez quoi déjà? Sur demande... Depuis ce matin?

    Et symbolique le crucifix? Faites-moi rire: je fréquente des groupes de gauche installés dans des building de la ville de Montréal, vétustes, et il n'y a de marteau ni de faucille où que ce soit.

    Notre laïcité, elle, se résume à cette phrase, séparation de l'église et de l'État, mais comme on dit... il n'y a pas pas un milligrame de chair autour de l'os. Mais ça va se faire par miracle d'après vous?

    Pour ce qui est de la souveraineté, je n'ai jamais cru ou écrit que c'était la solution à tous les problèmes: je ne crois au paradis ni sur terre ni ailleurs. Je crois juste que c'est une position qui nous permettra de clarifier beaucoup de choses, et de prendre des décisions qui ne seront pas invalidés par la charte des droits canadienne, par sa cour suprême, celle d'un état dont le chef, constitutionnellement parlant, est la reine qui elle-même a accédé au pouvoir par la volonté d'un dieu quelconque.

    Pour le reste de vos propos, ce n'est pas la place pour en débattre...

  • Pierre Marinet
    Inscrit
    lundi 8 février 2010 08h26
    Monsieur Mismurt
    « vous vous cachez. Vous avez peur de dire haut et clair ce que vous en pensez, sans doute par peur qu'on sache lire entre les lignes de vos prochaines interventions sur cette tribune. Vous préférez engager des vidéo mercenaires pour faire la job à votre place. »

    Peur des lecteurs de dire que nous sommes contre TOUTES formes d’intégrisme? Vous rigolez? Toutes formes d’intégrismes religieux et autres! C’est clair. Sinon, vos comparaisons ne sont pas des réponses simplement une façon de tourner autour du pot.

    « L’attitude du discours religieux contemporain à l’égard des sciences coraniques et les sciences du Hadîth est une attitude de soumission, car nombre de nos ulémas s’imaginent que ces sciences sont « saturées », si bien que l’on ne peut strictement rien ajouter à ce qu’avaient dit les Anciens. » (Nasr Abou Zeid, « Critique ulémas et autres imams ont toujours refusé les avertissements de Suyûtî alors qu’ils le citent souvent : «Les sciences, bien que nombreuses et forts répandues, sont en réalité un océan dont on ne peut sonder le fond, une montagne dont on ne peut atteindre le sommet. C’est pourc ela qu’il restera toujours, génération après génération, de nouvelles portes ouvrir. » (Itqân, I, 3.Là aussi ce n’est ni Wikipedia ni le Net.)

    C’est en connaissance de cause que je vous parle seulement vous êtes fermé. D’où votre colère et vos gênes..

  • Pierre Marinet
    Inscrit
    lundi 8 février 2010 09h01
    M Bouchard , il faut lire après correction.
    « L’attitude du discours religieux contemporain à l’égard des sciences coraniques et les sciences du Hadîth est une attitude de soumission, car nombre de nos ulémas s’imaginent que ces sciences sont « saturées », si bien que l’on ne peut strictement rien ajouter à ce qu’avaient dit les Anciens. » (Nasr Abou Zeid, « Critique du Discours religieux », Sindbad, 1999, page 15.Ce n’est pas Wikipedia ni le Net) Ces ulémas et autres imams ont toujours refusé les avertissements de Suyûtî alors qu’ils le citent souvent : «Les sciences, bien que nombreuses et forts répandues, sont en réalité un océan dont on ne peut sonder le fond, une montagne dont on ne peut atteindre le sommet. C’est pour cela qu’il restera toujours, génération après génération, de nouvelles portes ouvrir. » (Itqân, I, 3.Là aussi ce n’est ni Wikipedia ni le Net.)

  • lundi 8 février 2010 09h16
    Les symboles religieux.
    Il y a encore des crucifix, des croix de chemin, des églises, des cathédrales au Québec. Certains diront c'est: notre "héritage culturel". Mme Marois disait que NOS églises sont nos "châteaux"...Plusieurs se promènent à travers tout ça, sans développer de l'urticaire, mais avec indifférence.

    Je ne crois pas que la laïcité fera "table rase" de tout ce patrimoine religieux.

    Il faudrait se renier soi-même...

    Même si les églises sont désertes, qu'on les vend, qu'on les transforme en bibliothèques, en Centres d'art, (église St-Coeur de Marie à Québec) la laïcité n'effacera pas 400 d'existence du catholicisme au Québec.

    Le changement total du Québec ne se fera pas en un tour de main.

    Encore une fois, je suis convaincue: les québécois ont un "compte à régler" avec l'Église catholique et la laïcité en fait partie.

    L'Église nationaliste a remplacé l'Église catholique. Difficile de croire en rien dans la vie.! Les dogmes sont devenus la nation, la langue. Même pattern que l'Église catholique: pape: chef du P.Q. dogme: indépendance. clergé: députés péquistes avec bureau-chef à Ottawa.

    En ce qui me concerne la "laïcité pure et totale" est un mythe: aucune religion, aucune croyance, aucun symbole, aucun temple (église, synagogue, mosquée) aucun clergé: prêtre, rabbin, mollah. c'est impossible dans les faits.

    Faire un absolu de l'athéisme, de la laïcité c'est renier le besoin de transcendance inné dans chaque être humain. Nous sommes faits pour l'infini et rien de ce qui est terrestre ne nous satisfait.

    Faudrait-il appliquerr une DEUXIÈME révolution française (1789) à la manière québécoise en 2010 ? Tous ceux qui ont fomenté la révolution française sont morts sur l'échafaud: Roberpierre, Marat...

    On a voulu faire table rase, mais la cacophonie s'est installée, le désordre et on est revenu au gros bon sens...

    Le clergé, les communautés française chassés de FRANCE sont venus s'installer au Québec, et nous ont maintenus sous leur joug jusqu'en 1960.

  • lundi 8 février 2010 10h01
    Vous avez tout compris, Monsieur Mismurt
    La laïcité complète de l'État ne fait pas d'exception.

    Lorsqu'on parle de laïcité, on ne parle pas que du voile. On parle de tous les signes religieux, crucifix, soutane, kippa, kirpan, turban, etc. Tout ce qui est "religieux" et qui est "obligé" par les religions.

    Notre État est laïc et doit conserver son image laïque.

    Comment croyez-vous que des musulmans accepteraient un premier ministre à kippa? Et comme le lobby juif accepterait une première ministre voilée?

    Jamais nous n'accepterions une soeur portant la croix ou un premier ministre incapable de se défaire de son col romain.

    Voilà,
    la laïcité ce n'est pas que pour la femme voilée.
    Nous demandons le retrait du crucifix au parlement et son rangement au musée. Il fait partie de notre Histoire. Il fut très important et nous a beaucoup marqués, mais aujourd'hui sa place est au musée. Nous avons évolué. Vous pouvez toujours accrocher le crucifix dans votre maison et le prier, mais il n'a plus sa place au parlement.

    Tout comme les élus doivent mettre de côté leur prière lors de leurs réunions.

    Notre pays n'est pas régi par des lois divines, mais par des lois Humaines et ayant aussi une longue Histoire.

    Je sens que vous découvrez la laïcité, Monsieur Mismurt.

    Serge Charbonneau
    Québec
    veliserdi@hotmail.com

  • lundi 8 février 2010 10h04
    J'ai grandement apprécié, Mme Ayachi
    J'ai grandement apprécié votre opinion, Mme Ayachi.

    Lorsque vous dites que vous comprenez des phrases comme:

    « ma femme m’obéit et moi je la satisfais, c’est une relation saine d’obligation et de droit. »

    C'est justement ces aspects que vous défendez que plusieurs personnes rejettent:

    Pour moi, il n'y a absolument rien de «sain» à ce que "MA" femme m'obéisse.
    Vous touchez exactement une valeur que je considère totalement non négociable au Québec. Celle de l'égalité entre la Femme et l'Homme.


    Une autre question Mme Ayachi:

    Que pensez-vous de la burqa ?

    Je me demande pourquoi les hommes musulmans ne portent pas la burqa ?


    Serge Charbonneau
    Québec
    veliserdi@hotmail.com


    P.S.: Vous n'avez toujours pas répondu à ma question, Mme Ayachi: y a-t-il une loi dans l'histoire humaine qui a contraint la liberté de l'habillement de la femme?

  • Augustin Rehel
    Inscrit
    lundi 8 février 2010 10h52
    Obéir et être d'accord

    «...il n'y a absolument rien de «sain» à ce que "MA" femme m'obéisse...»

    Les femmes québécoises n'obéissent plus au doigt et à l'œil, comme les femmes de la «génération silencieuse», celle qui a précédé la génération des Baby Boomers qui commence en 1946...

    J'ai souvent entendu dans mon village des « Tais-toi la femme! Les créatures ne se mêlent pas de ces affaires-là!»

    Aujourd'hui, la femme québécoise, après dialogue avec son conjoint, est d'accord ou non avec son époux. C'en est ainsi dans mon couple depuis toujours: ma femme est souvent d'accord avec ce que propose ou discute avec elle, mais pas toujours... et c'est bien ainsi.

    Je ne voudrais pas revenir à cette époque où «certaines» femmes étaient douces et soumises. De toute façon, ma mère ne l'a jamais été, et je crois avoir hérité d'elle ce caractère non pas «ostineux», comme l'écrit madame Massicotte, mais un caractère ferme et résolu.

    Je me plie aisément à l'argumentation des autres, mais je dois y voir le bien-fondé et la logique. Ce qui manque énormément dans le discours de madame Ayachi. Quelle chance elle manque de faire avancer les droits des femmes musulmanes au Québec, au lieu de se fagotter les pieds dans des restrictions religieuses qui l'obligent à faire ce que des millions de musulmanes de par le monde voudraient tant s'affranchir.

  • Pierre Marinet
    Inscrit
    lundi 8 février 2010 10h54
    Pourquoi ce malheur?
    Pourquoi c'est comme ça et personne ne nous l'explique? C'est effarant et ça commence à devenir dingue d'agir de la sorte. Ils parlent de mort pour leur Dieu jamais d'amour. Il y a un problème liberticide dont nous ne voulons pas. Si c'était à l'occasion mais c'est partout où sévit l'Islam intégriste. Ils se tuent même entre eux sunnites, schiites. Pourquoi?
    Y-a-t-il quelqu'un de ce monde coranique pour répondre à ces interrogations? En Iran des jeunes tournent un film sur le rock iranien, sitôt la dernière scène tournée, ils doivent prendre leur valises et se sauver en Occident terre des infidèles pour sauver leur peau. Pas normal. On a raison de nous interroger sur cette culture religieuse.

    « Fazil Say (…) témoignait de ses inquiétudes de citoyen devant la montée de l'intégrisme en Turquie, accusant "le régime de l'AKP, parti conservateur islamiste" au pouvoir depuis 2002 d'avoir censuré ses oeuvres et annulé plusieurs concerts "pour des raisons politiques, (...) actes révélateurs d'une mentalité qui ne devrait pas trouver sa place au XXIe siècle. Elle est incompatible avec l'art. Elle est antidémocratique". »

    Est-ce que lui aussi déconne monsieur Missmurt? N’est-ce pas ce que je disais plus haut et d’autres avec moi sur laliberté de conscience et d'agir? Est-ce que nous sommes si stupides ou ignorants face à ce malheur? Pourquoi?

    Puis ne dites-pas que c'est de la propagande médiatique occidentale parce que vous pouvez, si vous comprenez l'arabe ou le farsi, voir les blogues, la littérature, les amis, les voyages, l'histoire etc.

    http://www.lemonde.fr/culture/article/2010/02/08/f

  • Nicodeme C
    Inscrit
    lundi 8 février 2010 10h55
    UN MANIFESTE ET SON DOUBLE

    Aberrant ce manifeste. On se croirait, au beau milieu d'un triangle «amoureux» Et s’en est tout un ! Faut être complètement dépassé par les évènements pour signer ce genre de truc ou alors avoir une peur morbide de l’autre…

    Je cite :

    […S'il est essentiel de s'entendre sur la signification et la portée de la laïcité, l'interdiction pure et simple de toute manifestation d'appartenance religieuse NE RÉPOND À AUCUNE NECCESSITÉ SOCIALE. Une telle interdiction aurait un effet discriminatoire, car elle ne viserait que les croyants appartenant aux religions comportant des prescriptions vestimentaires ou alimentaires. Mais surtout, elle serait disproportionnée par rapport aux objectifs, notamment la neutralité des services publics.]

    S’Il faut s’entendre moi je veux bien mais s’il faut expliquer la signification ou la portée de la laïcité à des universitaire de l’UQAM il y a comme un sérieux problème. Expliquez-moi, s’il vous plait, comment – après avoir signé un tel manifeste –peut-on prétendre que l'interdiction pure et simple de toute manifestation d'appartenance religieuse ne correspond à aucune nécessité sociale ? Ah que je suis bête ! J’oubliais ! ils veulent en débattre… Un accommodement ce serait bien ici. C’est comme les religions, une interdiction en vaut bien une autre, non ?. Quant aux manifestations qui ne visent que la neutralité des services publiques on gonfle un peu fort la «balloune». Comme la grenouille qui voulait se faire plus gros que le bœuf…

    La dernière phrase du manifeste m’étonne :

    [La recherche constante de cet ÉQUILIBRE honore le Québec et demeure la condition d'un authentique vivre-ensemble. Nous souhaitons qu'elle se perpétue.]

    Bravo pour l’ÉQUILIBRE !

    C’est à en tomber en bas de sa chaire.

  • Monia Ayachi
    Inscrite
    lundi 8 février 2010 11h06
    Same same M. Charbonneau !
    M. Serge
    "Pour moi, il n'y a absolument rien de «sain» à ce que "MA" femme m'obéisse."
    "Vous touchez exactement une valeur que je considère totalement non négociable au Québec. Celle de l'égalité entre la Femme et l'Homme."
    Mais voyons M. Serge, c'est un homme ordinaire, laissez le vivre en paix.
    Il a dit je SATISFAIS à ma femme et dans le dictionnaire le Grand Robert , satisfaire: Faire ou être pour (qqn) ce qu'il demande, ce qu'il attend, ce qui lui convient
    Pensez-vous que c'est facile de satisfaire à une femme?
    M. Serge, vous avec votre femme c'est autre chose, il ne faut compliquer la vie des gens simples. Les pauvres! Ils n'ont aucune attitude agressive envers la femme. Oubliez ce gentil cuisinier, n’ayez pas peur de son couteau, ce sont les medias ni plus ni moins!!!. Notre charte et notre conception intellectuelle de l'égalité nécessite une éducation et une conscience libre.
    Bizarre, vous me demandez de répondre sans que vous répondiez à toutes mes questions ou interrogations.
    y a-t-il une loi dans l'histoire humaine (loi positive ou civile) qui a contraint la liberté de l'habillement de la femme? Répondez SVP

  • lundi 8 février 2010 11h19
    Les monothéismes et les femmes
    M. Charbonneau, vous avez mis là madame Ayachi dans une contradiction dont elle est inconsciente : elle défend sa liberté de porter le voile, tout en affirmant haut et fort qu'il est sain pour une femme d'obéir à l'homme. Il faut dire que cette exigence d'obéissance que doivent les femmes aux hommes ne vient pas d'elle, mais bien du Coran. Ne trouve-t-on pas, dans la sourate intitulée « Les femmes » le texte qui suit : « Et quant à celles dont vous craignez l’infidélité, exhortez-les, abandonnez-les dans leurs lits, et battez-les. » Ne pourrait-on pas, en Occident, parler à ici de verset satanique ? :-)

    Voici à au sujet des monothéismes une petite anecdote :

    J'ai un ami en visite de France. Il est né Juif, a dû devenir catholique pour échapper au nazisme. Ensuite il s'est converti à l'Islam pour marier une musulmane. Le voilà donc triplement monothéiste. Le Père de sa naissance, le Fils de son sauvetage pendant la seconde guerre mondiale, enfin l'Esprit de sa conversion pour cause de mariage.

    Le plus comique de l'affaire, c'est ce que l'on a exigé de lui pour se marier dans l'Islam. Il n'avait qu'à prononcer la petite phrase coranique : « Allah est Dieu et il n'y a pas d'autre dieu que Lui. » Voilà, c'était fait, m'a-t-il confié, il était devenu musulman. Il avait fait le tour des trois monothéismes. En réalité il n'avait jamais adhéré à aucune de ces religions du Livre. Mais son épouse était profondément croyante, même si elle ne portait pas le voile.

    Cette petite anecdote ne veut surtout pas insulter quelque religion que ce soit. Elle veut simplement illustrer à quel point les trois monothéismes peuvent servir de blanc bonnet ou bonnet blanc sans faire des esclandres. C’est pourtant bien de ces trois religions que viennent chez nous la plupart des exigences d'accommodements dits raisonnables. Il y eut bien une exception avec les Sikhs. Ce n’est pas tout à fait étonnant, puisque «Le sikhisme est une religion monothéiste fondée dans le nord de l'Inde au XVe siècle par le gurû Nanak. » (Wikipedia).

    À ne servir des accommodements qu’à ces quatre monothéismes, nous allons finir par croire qu’il n’y a qu’eux qui comptent dans notre société. Que fait-on des hindouistes, des bouddhistes, des agnostiques et des athées ? Que fait-on surtout d’une grande partie des gens que je fréquente et qui, tout en n’adhérant plus à aucune religion établie, disent faire une démarche d’intériorité, de spiritualité et d’amour pour tout ce qui vit ? Je n’ai évidemment pas sondé les reins et les cœurs de tous ceux qui n’adhèrent à aucune religion, mais je ne serais pas surpris qu’ils constituent une majorité au Québec. Si l’on additionne les agnostiques et les athées, je crois bien que l’on y est : une majorité qui commence à en avoir ras le pompon de ces guerres de drapeaux : « Mon Dieu est plus fort que le tien!»

    Tiens, toi ! répétait une ex-copine quand elle plaçait un plat quelque part. Tiens, toi ! Avale mon signe ostentatoire, semblent nous proclamer tous ces gens qui insistent pour que cela se sache au sujet de leur Dieu plus fort que tous les autres et surtout plus fort que tous les «mécréants» qui osent se dire incroyants. À chaque fois que j’ouvre le magnifique Coran reçu en cadeau d’une étudiante musulmane, je tombe sur cette introduction qui devrait pourtant guider tout le reste du texte : « Au nom de Dieu le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux. » Or voilà ce que je trouve, parlant des femmes, à quelques pages de cette belle introduction : « Et quant à celles dont vous craignez l’infidélité, exhortez-les, abandonnez-les dans leurs lits, et battez-les. »


    Pourquoi l’homme peut-il battre sa femme au simple soupçon d’infidélité ? La réponse est donnée quelques lignes plus haut : « Les hommes sont les directeurs des femmes, à cause de l’excellence que Dieu accorde aux uns sur les autres… » N’est-ce pas suffisamment clair, ce que le Coran lui-même dit des femmes ? Les Imams colériques peuvent bien tonner dans les mosquées contre les femmes désobéissantes. L’interprétation stricte du Coran, sans le moindre recul critique, amène un Ramadan à condamner toutes les personnes qui ne pensent pas comme lui. Les chrétiens ont fait certes pire que Ramadan durant des siècles. Mais les voilà assagis, sauf quelques excités du bonnet qui ont emboité le pas à Mgr Lefebvre, au pape Ratzinger et au cardinal Ouellet.

    Même majoritaire, un groupe trop tolérant, surtout s’il ne fait plus d’enfants, va se faire engloutir à moyenne échéance par un groupe prosélyte, intolérant et qui fait plus de huit enfants par couple. Nous n’y échapperons pas. Madame Josée Legault écrivait récemment que jamais le Canada ne permettra au Québec une charte de la laïcité ou quoi que ce soit s’opposant à son multiculturalisme pour société pluraliste parce que sans identité propre. Est-ce bien cela que nous voulons pour nous dont l’identité a déjà été plutôt forte, mais dont la loi 101 a déjà subi deux cents assauts démolisseurs de la part de la Cour suprême du Canada. Ma foi, si le futur est si fermé à l’intérieur de ce pays, peut-être devrai-je repenser à mon option politique quant à la souveraineté du Québec.

    Jean-Pierre Audet

  • Monia Ayachi
    Inscrite
    lundi 8 février 2010 11h21
    Apparence et appartenance!
    "Comment croyez-vous que des musulmans accepteraient un premier ministre à kippa? Et comme le lobby juif accepterait une première ministre voilée?"
    Par son nom et son prénom , par sa couleur de peau, par son accent, vous allez comprendre son appartenance religieuse et son origine Regardez Amir Kadir, on dit toujours l'iranien. Comment expliquez-vous ce phénomène, il n'est pas voilé. Obama la même chose. Les vêtements ne reflètent pas forcement des pensées intégristes des juifs, des musulmans ou des chrétiens.

  • lundi 8 février 2010 14h44
    Le cuisinier manie son instrument de travail
    Mme Ayachi, je n'ai jamais eu peur du couteau d'un cuisinier, surtout si celui-ci est manié par le cuisinier.

    Dans ce converti à l'islam radical, ce n'est pas de son banal couteau dont j'ai peur, ce sont ses propos qui me donnent froid dans le dos.

    Alors, veuillez, svp, nous lâcher un peu le couteau et parler un peu plus de ses propos.
    Il y a aussi l'imam Salem dont vous respectez le prêche. Élaborez un peu plus sur son contenu. Ce serait très intéressant.

    La femme musulmane, comme en Afghanistan est considérée comme un animal de compagnie que l'on promène en cage, Madame.
    Et vous semblez considérer cette chose "normale".

    Ici, nous demandons à ce que ces signes rétrogrades et de mauvais aloi ne soit pas toléré pour les agentes de l'État au service du citoyen afin de ne pas nuire à l'image de neutralité du gouvernement.

    Nous demandons aussi que ce signe d'indignité humaine n'ait pas sa place dans le fonctionnement et l'image de l'État québécois.

    Ce n'est pas difficile à comprendre, Madame.
    Vous pouvez toujours vous promener avec votre burqa dans les rues. En hiver elle peut être confortable, mais pour la plage de l'Île Ste-Hélène, je crois qu'on devrait vous permettre à vous ainsi qu'à toutes les femmes musulmanes de la retirer, tout comme lorsque vous occupez un emploi aux services des citoyens.

    De toute façon dans ce débat, aucune loi n'est prévue pour interdire la burqa dans les rues. Le débat concerne le port des signes religieux pour les agents et les agentes de l'État au service des citoyens.

    Vous avez beaucoup de difficulté à saisir ce point.
    Vous nous parlez de liberté (sic) pour les femmes musulmanes et vous luttez avec acharnement pour que l'islam s'ingère en douce dans l'appareil de l'État québécois. Cette lutte de l'ingérence islamique dans les gouvernements se fait partout présentement.

    Nous sommes une société très tolérante, mais il ne faudrait pas en profiter pour faire en sorte que les lois divines islamiques s'immiscent dans nos lois humaines. Nous avons repoussé une à une les lois divines du dieu chrétien, ce n'est pas pour accepter quelques années plus tard les lois du dieu de l'islam. Vous savez, les dieux se valent l'un l'autre.

    Vous dites Mme Ayachi:

    « Bizarre, vous me demandez de répondre sans que vous répondiez à toutes mes questions ou interrogations.
    y a-t-il une loi dans l'histoire humaine (loi positive ou civile) qui a contraint la liberté de l'habillement de la femme? Répondez SVP »

    Cette question est la vôtre, vous me l'avez posé sous l'article « La laïcité est dans l'impasse » un article de Lisa-Marie Gervais

    http://www.offres.ledevoir.com/societe/actualites-

    Dans votre commentaire «Les haies» vous me demandiez:
    «M. Serge,
    Y a-t-il une loi dans l'histoire humaine qui a contraint la liberté de l'habillement de la femme? »

    Je vous ai clairement et prestement répondu, madame, juste un peu plus bas sous le titre:
    « En réponse à Mme Ayachi »
    Mme Ayachi dit:
    " Y a-t-il une loi dans l'histoire humaine qui a contraint la liberté de l'habillement de la femme? "

    Oui, les lois religieuses. Entre autres, la charia

    Revoyez ce lien, vous verrez que ma réponse y est en date du 30 janvier à 1h26

    http://www.offres.ledevoir.com/societe/actualites-


    Vous tentez de manipuler la réalité, madame.


    Serge Charbonneau
    Québec
    veliserdi@hotmail.com

  • lundi 8 février 2010 15h03
    De la variété des formes d'intégrisme
    M.Mistmurt, Les Québécois sensibles à la politique internationale majoritairement n'ont jamais appuyés les Américains dans leurs interventions et évasions en Amérique Latine pas plus qu'ils n'ont appuyés l'évasion de l'Irak décidé par une administration Bush dirigé par des Rumfeld et des Cheney qui auraient pu figurer à une autre époque dans le groupe dirigeant nazi!

    En plus du partage du français, un point convergent réunit Québécois et immigrants arabes musulmans ou laïques c'est celui d'une méfiance envers l'empire américain même si le Québec tout comme le Canada sont très marqués par le voisin U.S.

    En pensant sous forme de flash parfois à notre mémoire de lectures de livres sans même consulter l'aide mémoire ou informative de Wikipédia qui énerve un peu, M.Marinet. Plusieurs d'entre nous reconnaissons faire la distinction entre les mystiques propres aux religions et leur application sociale sous forme de rites et de commandements divins sous la directive de prêtres, de rabbins ou d'imans. La mystique passe par un rapport avec Dieu ou une entité cosmique (bouddhiste) à travers soi, la prière ou la méditation à travers le silence opère une sorte de travail sur soi qui généralement ne provoque personne.

    Toutefois, la religion dans ses applications sociales apparaît généralement autoritaire pour les peuples, pour les femmes notamment réduites à leurs rôles de -couveuses-. Les auteurs du manifeste qui ont accès facilement aux caméras radio canadiennes esquivent ainsi la dimension problématique propre au religieux qui déborde de loin la dimension mystique mieux perçue.

    Nous écrivons avec nos mots, nos tournures de phrases, notre degré de connaissance, la recherche petite ou grande que nous faisons. Nous sommes généralement néanmoins suffisamment informés pour savoir ce qu'est le racisme. La condescendance d'universitaires officiels nous pouvons la contester.



    Ici, un extrait d'un texte personnel écrit sur un autre blog sur les É.U, sur leur rapport culturel à la religion et la société. Façon de dire que l'intolérance fondamentaliste est aussi américaine.

    (....) Le mot clé de toute cette tradition yankee c'est liberté, une liberté à ce point proclamé depuis le génocide des amérindiens et le Vietnam qu'elle en devient paradoxalement intégriste et indigeste. Une liberté disponible pour réorganiser Haïti ou autrement pour faire une guerre de cent ans à l'Afghanistan c'est selon.

    Sarah Palin est l'expression même de toutes les contradictions américaines, porte parole du conservatisme chrétien et républicain, elle nourrit en même temps par son personnage de jolie bourgeoise, l'industrie pornographique parmi les plus florissantes du monde. Ce qui n'est pas sans poser quelques problèmes involontaires pour son image et sa crédibilité politique future dans ce pays tant marqué par l'hypocrisie.

    C'est la religion civile américaine qui est inquiétante par son ambivalence hostile marqué ou non par le néo conservatisme. Les Américains pensent mal la liberté, elle reste pour eux une manifestation religieuse qui apporte soit le salut soit la chute pour l'individu. Autrement dit, la liberté américaine est une manifestation morale et hyper individualiste. La liberté peut te propulser au sommet de la société et te faire voir dans les talk-shows télé ou te procurer la corde nécessaire pour te pendre. C'est une liberté du tout un ou du tout autre, ce qui explique que l'assurance santé d'Obama soit perçue comme malsaine et parasitaire. Ce qui explique pourquoi sur un autre angle, qu’Obama qui est également un rejeton à la sauce démocrate de la religion civile soit un adepte du multiculturalisme. Qu'il accepte et encourage au premier degré la femme musulmane dans sa liberté prétendue de porter le voile dans les lieux publics. Pour les Américains, la liberté n'est pas circonstancielle, relative ou systématiquement manipulée, elle se vit est immédiate sans contexte et surtout elle est une manifestation de valeur personnelle. (....)


    Voix Publique, J.Legault. Less government and more God!

    http://www.voir.ca/blogs/jose_legault/archive/2010

  • lundi 8 février 2010 15h19
    Imaginez comment Amir se ferait appeler?
    Mme Ayachi dit:
    «Regardez Amir Kadir, on dit toujours l'iranien.»

    Imaginez comment Amir se ferait appeler s'il portait le voile?

    On ne l'appellerait pas l'Iranien (qui n'est d'ailleurs pas une insulte), il se ferait appeler le Taliban.


    Amir Kadhir est un Québécois pure laine d'origine iranienne. Il est une personne respectée et respectable au Québec. D'ailleurs, la population québécoise l'a élu au parlement. Il représente la diversité des cultures qui enrichissent notre société.

    Il se bat pour faire avancer notre pays vers un fonctionnement plus humain. Son point de vue concernant le port des signes religieux n'est pas très clair. Il se contente d'être le porte-parole des politiques "officiels" de Québec Solidaire.

    Québec Solidaire est un parti profondément divisé sur ce point du port des signes religieux par les agentes de l'État (ici, la bisbille concerne surtout le voile donc je ne mentionne que les "agentEs").

    Si le port des signes religieux par les agents de l'État avait été le crucifix, sûrement que QS aurait dit un non catégorique exprimant clairement que la religion doit rester dans les églises. QS est un parti de gauche et la gauche a toujours défendu les minorités. QS veut défendre cette minorité de femmes voilées. Cependant, par un manque d'analyse, QS ne se tient pas compte d'une multitude de facteurs de société ainsi que du contexte mondial. QS ne voit que la femme voilée et croit que l'oppresseur de cette femme est comme, le dit Mme Ayachi, le gouvernement laïc. QS et Mme Ayachi ne se rendent pas compte que l'oppresseur de ces femmes est leur mari, leur, frère, leur communauté, leur iman et leur dieu.

    Amir Kadhir est un Iranien que j'admire beaucoup et j'apprécie lorsqu'il me fait découvrir sa culture natale. Aujourd'hui, Amir Kadhir est devenu aussi Québécois que je peux l'être, sa femme et ses filles ne portent pas le voile et sa femme (aussi médecin) ne lui obéit pas. Il forme un couple où l'Homme et la Femme sont égaux.

    Ceux qui traitent Amir Kadhir d'Iranien en voulant l'insulter sont une minorité. Cette catégorie raciste et islamophobe, sans grande culture n'est pas majoritaire au Québec. Par contre, elle existe, tout comme le parti de Le Pen en France existe. Ces gens ne se calmeront pas en voyant des femmes portant leurs signes religieux dans la fonction publique. Au contraire, leur irritation envers ceux qui s'installent ainsi dans l'appareil gouvernemental risque d'accentuer leur racisme. Ces gens, comme beaucoup, confondent culture et religion. La religion influence grandement les cultures, mais la religion n'est pas LA culture.

    Il y a des Israéliens musulmans, chrétiens, athées. Il y a des Algériens et des Égyptiens chrétiens et athées. Il y a des Québécois pure laine musulmans. La religion ne fait pas LA culture.




    Serge Charbonneau
    Québec
    veliserdi@hotmail.com

  • lundi 8 février 2010 15h22
    On constate
    On constate en lisant M. Jean-Pierre Audet qu'il connait bien certains versets du coran. Des versets que Mme Ayachi connait aussi sûrement

    Serge Charbonneau
    Québec
    veliserdi@hotmail.com

  • lundi 8 février 2010 15h30
    La laïcité ne touche pas à l'histoire
    Bayle, le patrimoine religieux catholique au Québec n'est pas si bien traité. L'église Saint Vincent de Paul de Québec a été sauvagement détruite par un promoteur que l'on récompense maintenant chez les libéraux de Charest en lui permettant de construire son hôtel de type contemporain en plein Vieux Québec sur la Côte d'Abraham.

    Théoriquement, maintenir le patrimoine religieux de la société dite de souche est conforme au respect de son histoire et n'est pas incompatible avec la laicité. Les monuments que sont les églises comprenant leurs objets sacrés c'est une chose, le crucifix à l'assemblée nationale comme en fait mention S.Charbonneau c'est un symbole catholique pas particulièrement artistique qui devrait être enlevé demain matin.

    Quant à l'affirmation du catholicisme remplacé par une religion nationaliste c'est faire l'impasse sur le partage d'une langue commune, le français québécois qui induit une sensibilité culturelle qui reste occidentale mais qui ne s'en distingue pas moins de la sensibilité hollandaise, allemande, canadienne, américaine ou française. Une nation porte sa part de mythes, ce qui ne signifie pas qu'une nation est synonyme d'une mythologie.

  • Martin Dufresne
    Abonné
    lundi 8 février 2010 15h42
    La paille et la poutre
    Je trouve plaisant de voir des gens s'autoriser pour leur lutte dite laïciste contre les droits des Musulmanes d'une Assemblée nationale où trône encore le crucifix et d'une Charte des droits et libertés dont la première phrase dicte que "le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu".
    La métaphore de la paille et la poutre, vous connaissez?

  • Pierre Marinet
    Inscrit
    lundi 8 février 2010 16h20
    Pédagogie scolaire simple et pourtant.
    Monsieur Martin Dufresne plutôt que de plaisanter, le mieux serait que vous lisiez les commentaires. Nous travaillons à ce que les signes restent à leur place comme celui de la route, le signe Stop.
    Oui un citoyen à le droit de « s'autoriser », c’est sa liberté acquise de haute lutte pour la démocratie et si elle se trouve être « laïciste » c’est parce qu’il comprend qu’il vaut mieux faire vivre tout le monde sous le principe d’égalité que la loi humaine permet que sous les coups de fouet d’un Dieu quelconque.
    En Espagne l’inquisition dura de 1480 à 1834. 354 ans. Ça prend du temps pour échapper aux intégrismes religieux. Il faut comprendre que le moindre relent d’inquisition islamique ou non, ça nous donne « des frissons ». Ne pas comprendre cela et ne pas comprendre l’excellente pédagogie de monsieur Charbonneau nous interroge face aux intégristes. Soit ils sont bêtes, soit ils font exprès de l’être, soit ils sont si peu libres dans leur conditionnement que ça fait effectivement peur. «Dans ce converti à l'islam radical, ce n'est pas de son banal couteau dont j'ai peur, ce sont ses propos qui me donnent froid dans le dos. » (Charbonneau). Ce converti et son imam. Et pourtant, rien n’y fait, on ne parle ni ne répond sur le fond. Il n’y a tout bonnement pas de dialogue intellectuel, citoyen, de gens à respect mutuel. Monsieur Charbonneau parle de « propos » pas de « couteau ». Est-ce si difficile à comprendre si on se dit posséder le moindrement une raison digne de ce nom? C’est une question fondamentale de savoir pourquoi le dialogue ne peut se faire avec des intégristes qui veulent instaurer un « fascislamisme » dont on ne veut pas pour le bien de la communauté en générale. Pourquoi est-ce si difficile à comprendre? Ce phénomène de non dialogue est évident partout chez les intégristes ici et ailleurs. Étonnant non?

  • lundi 8 février 2010 16h31
    M. Dufresne
    Effectivement, il faut tourner la page. Le Québec doit poursuivre la voie de sa laïcisation. Les Québécois sont de plus en plus d'accord pour que soit enlevé le crucifix à l'Assemblée nationale et les provinces du Canada anglais seront encore longtemps attachées à la King James Bible et donc à la « suprématie de Dieu ».

    L'Optimisation des libertés des QuébecoisES passe donc par laïcisation ET la souveraineté.

  • lundi 8 février 2010 16h35
    M. Mistmurt, je répète
    Ainsi, M. Mistmurt, selon vous le voile est un signe matériel et immatériel. Raisonnons à partir de là si vous voulez bien.

    Soit une femme qui a la foi en allah. D'après votre conditionnel, c'est-à-dire

    « Le bout de tissu est une des conséquences de la foi » -MISTMURT, Mohamed, mercredi 3 février 2010 16h34

    cette femme portera le dit «bout de tissu». Considérons ensuite que cette femme soit enceinte et accouche d'une fille. Comment la vêtira-t-elle?

  • lundi 8 février 2010 17h18
    A.Khadir se fait hara kiri politiquement
    Dans les blogues, j'ai lu deux personnes identifié Khadir en tant qu'Iranien. Ce n'est pas une norme.
    Malheureusement, les déclarations récentes de A.Khadir sur le sujet du voile me posent problème.

    (....Du côté de Québec solidaire, le député Amir Khadir croit que «le voile est un symbole archaïque et un symbole de soumission». Si ça ne tenait qu’à lui, il le «mettrait au feu», ajoute-t-il.
    Cela dit, au nom de la «neutralité de l’État», le représentant de Mercier mentionne que Québec serait mal avisé d’interdire les signes religieux, même quand ils sont très visibles. «La bataille pour la laïcité et contre la mainmise du religieux doit se faire de façon idéologique, insiste-t-il. Il ne faut pas instrumentaliser l’État pour ça.» (...)

    Khadir a peur de l'instrumentalisation de l'État, de sa capacité -totalitaire- à intervenir sur le port des signes religieux. La laicité qui lui donne des frissons établit un espace privé pour les religions, c'est dangereux cela? Et cette obsession de sa part, sa volonté de faire réciprocité à tout coup entre la symbolisation catholique et le port du voile.

    (....) Selon lui, la posture de «laïcité rigoriste» prônée par l’ADQ conduirait logiquement ce parti à demander le retrait de la croix à l’Assemblée nationale. «Sinon, ils seraient laïcs quand ça touche les autres religions et catholiques quand ça concerne le catholicisme», critique M. Khadir. (....)

    Si le PQ et l'ADQ confondent le crucifix au parlement avec le patrimoine religieux c'est leur problème mais pas celui de tous les Québécois. Ceci dit, sur un autre plan, Khadir ne peut agir comme si la religion de la société majoritaire pouvait être traitée historiquement sur un pied égal avec celles provenant de nouveaux arrivants.

    Il apparaît qu'Amir Khadir se situe dans la lignée du multiculturalisme. Or, la condition québécoise n'est pas celle d'un tapis sur lequel on marche à force de compromis et de compromissions.


    http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/archives/201

  • lundi 8 février 2010 18h51
    Le maître et l'endoctriné, J.P.Audet.
    La relation de maître à disciple, un phénomène ancien, s'il signifiait seulement se transmettre le flambeau des connaissances de générations en générations. Certains philosophes contemporains tel Foucault ont rejeté la notion même de disciple par refus de systèmes totalisants.

    Il met en scène ce phénomène par contre sous une forme monothéiste, le rapport du prêcheur avec le converti celui d'une vérité révélée qui ne souffre pas de discussions ni de remise en questions. Comme la religion monothéiste prend toujours une forme politique, celle ci se détermine d'autant plus explosive. Comme la vidéo du cuisinier musulman l'a démontré.

    C'est tout comme certains partis de gauche radicale tel Q.S ou celui trotkyste de Besancenot en France, leur structure emprunte à des catégories de vérités héritées du judéo-christianisme. Ce qui rend aptes ces partis politiques aux dérives et au dérapage le plus flagrant parce que leurs vérités proclamées doivent transformer l'homme et la nature à la fois! En URSS, cette vérité destructive a pris la forme du stalinisme. Aujourd'hui, ces partis ne dépassent pas les 5 ou 6% de suffrages. On le sait trop pourquoi. Ces partis en outre ne prennent pas connaissance de l'ensemble des travaux en philosophie ou sciences sociales qui permettent de comprendre la réalité complexe de l'humanité. Ou comment les rapports de pouvoir chez l'humain débordent largement la sphère de l'économie et de la lutte des classes! Q.S, hum..

    En passant, un film sort en France sur le personnage de Staline.

    http://www.commeaucinema.com/tournage/andre-dussol,107245


    J.P.Audet, votre message répété deux fois a été lu une première fois pour au moins tous ceux qui tentent de tout lire. Votre texte était intéressant. Peu d'entre nous sont mentionnés. Au nombre de messages, si chacun de nos textes sont lus par 10 ou 20% des lecteurs ou participants c'est au moins cela.

  • M. Julien
    Abonné
    lundi 8 février 2010 19h43
    La burqa est la représentation caricaturale de l’islam radical
    Le Figaro publiait récemment les résultats d’une enquête qu’il a menée l’automne dernier sur le port de la burqa en France, et plus particulièrement sur la façon dont celles qui le portent vivent leur quotidien.

    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/11/06

    Le Figaro a par la même occasion publié un article intitulé « Le salafisme en dix questions », article qu’on peut consulter en cliquant sur ce lien :

    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/11/07

    De quoi éclairer quelques lanternes…

    Un nombre considérables d’articles et d’échanges sont par ailleurs régulièrement publiés sur le site de Daniel Pipes. Bon nombre d’entre eux sont publiés en français. Daniel Pipes serait un des premiers analystes à avoir décelé l’éclosion de la menace islamiste en Europe et aux États-Unis. Il est directeur du Forum du Moyen Orient aux États-Unis.

    http://fr.danielpipes.org/

    Chez nous, le Point de bascule traite de la question de l’islamisation de la société par la frange intégriste. Nous ne parlons pas ici de l’islam modéré mais bien de l’islam radical.

    http://www.pointdebasculecanada.ca/

    Voir la burqa comme un simple bout de tissu tient de l’aveuglement.

    « Il ne faut pas attendre le jour où la religion nous sera imposée par la force, [...] où nos mères, nos sœurs, nos conjointes et nos filles se verront imposer en permanence
    le port d’un scaphandre d’acier à double coque cadenassé à double tour en remplacement de l’actuel scaphandre de bure, leur chapelet leur tenant lieu de tuba, [...] où nous serons témoins, sinon victimes, de nos premières attaques kamikazes, et où nous aurons droit à des séances hebdomadaires, voire quotidiennes, de flagellation, de crucifixion et de lapidation… » (Une césure dans le temps, éditions Alternativa, Zone libre)

    Et on pourrait en rajouter bien sûr.

  • lundi 8 février 2010 20h06
    Comment battre la femme désobéissante

    Voilà que circule une vidéo fort instructive. Un imam influent explique à ses fidèles comment d'abord morigéner sa femme désobéissante. Ensuite la priver de plaisirs, mais prendre quand même son propre plaisir sexuel. Enfin, la frapper physiquement. Faire cependant attention de ne pas laisser de marques qui le ferait passer pour un mari batteur. Est-ce assez clair ? Les prochaines améliorations de la charia en ce domaine porteront sans doute sur l'utilisation de techniques modernes, comme la garcette électrique. Comme cela, on cessera de passer pour des attardés moyenâgeux. Et on s'assurera de la sujétion de toutes les femmes.

    JPA

  • lundi 8 février 2010 20h47
    Les intellectuels, une classe méprisée.
    Il est réjouissant de voir la classe intellectuelle se joindre au débat sur les accommodements raisonnables, alors qu’elle fut singulièrement absente en 2007 et 2008. Aurait-t-elle appris sa leçon ? Mais en même temps, sera-t-elle au moins entendue?
    Marcel Gauchet, philosophe français bien connu (Le désenchantement du monde), traite de cette question dans « Quand les droits de l’homme deviennent une politique », qui constitue le dernier chapitre d’une réunion de textes intitulée « La démocratie contre elle-même » publiée en 2002. Après avoir rappelé que la démocratie libérale est advenue grâce à la combinaison synthétique du politique, du droit et du social - historique, Marcel Gauchet s’applique alors à démontrer la place démesurée prise par le droit dans nos sociétés actuelles, en donnant les raisons de cette hypertrophie et en illustrant ses effets négatifs.
    D’abord, pourquoi la référence excessive aux droits de l’homme déplace-t-elle le politique ? Parce que leur force principale dans la nouvelle conjoncture tient à leur capacité de tenir lieu de substituts de discours politiques et sociaux usés ou disqualifiés depuis les années ’80. Disqualifiés parce que l’État se révèle un gestionnaire défaillant, incapable de prévoir l’imprévisible. Le rôle de l’État étant dévalué, les citoyens écoutent et regardent ailleurs. L’idéologie dominante se confond désormais avec la société de l’information et l’on assiste à la montée des médias. Le discours des droits de l’homme, dans son nouveau rôle, devient sa caisse de résonance et lui confère son efficacité.
    L’unité sociale a cessé d’être un problème dans les démocraties libérales, alors qu’il y a 20 ans, nous invoquions encore la lutte des classes et craignions la victoire d’idéologies totalitaires, de même que les dangers d’un nationalisme exacerbé. La société pacifiée, unie dans sa diversité extrême sur fond d’un conformisme écrasant, aborde désormais ses problèmes sous l’aspect des droits de l’homme, qui « « s’érige en vérité exclusive de la démocratie, et refoule en arrière-plan le politique et le social -historique, en s’installant à leur place, en se donnant pour eux ». Mais cette usurpation se fait au détriment d’une vision à long terme, puisque les droits de l’homme ne révèlent pas les raisons de ce qui est, pas plus qu’ils ne délivrent d’idées sur les moyens du changement. La foi de jadis dans l’avenir, même lointain, au temps des grandes religions séculaires, est remplacée par l’indignation ou la culpabilité devant le fait que cet avenir ne se réalise pas sur le champ. On sait par ailleurs qu’au nom de la liberté et de l’égalité des individus, il y aura toujours matière à critiquer le fonctionnement de nos sociétés, quels que soient leurs degrés de tolérance et de justice. C’est ainsi qu’on « conçoit comment l’idéologie des droits de l’homme ouvre la porte à un recyclage généralisé de la critique sociale, comment elle se prête à la prise de pouvoir intellectuel par les médias, comment elle implique un reprofilage du métier politique. Les médias deviennent ainsi le théâtre de la réflexion publique, le foyer du travail de la société sur elle-même. Ils ne faisaient jusqu’alors que relayer, de façon plus ou moins attentive, des mouvements qui se déroulaient et se définissaient en dehors d’eux. Ils sont désormais le lieu même ou çà se passe, la scène de l’élaboration collective prend consistance aux yeux de ses acteurs en acquérant la visibilité».
    Nous sommes dorénavant loin de l’analyse patiente et féconde des faits : « Le pouvoir intellectuel est passé du côté de l’acte qui montre, qui dévoile, qui signale à l’attention publique, qui appelle à la mobilisation des esprits ». Les journalistes et les intellectuels à petite main (dont je suis) ont du pain sur la planche ! En fait, ils ont le champ libre parce que devant cette réalité, nos intellectuels patentés, les spécialistes provenant des milieux universitaires, se retrouvent à l’extérieur du réseau des acteurs pertinents et ont bien peu de chances d’être entendus. Ils ont même perdu leur capacité de nuisance. Le manifeste pour un Québec pluraliste dans ce contexte risque fort d’être un coup d’épée dans l’eau, rapidement fondu dans une multitude de faux débats secondaires mais imagés et prétendument plus actuels.

  • Johanne St-Amour
    Inscrite
    lundi 8 février 2010 21h05
    Derrière la religion, la peur mais aussi le désir de contrôle et de pouvoir...
    Derrière la foulardière, la peur, dit Alain Badiou (qui d’ailleurs traite les opposants au voile d’islamophobes, bien sûr !). Moi je dis, DERRIERE LA RELIGION, LA PEUR (et pour plusieurs le désir de CONTRÔLE et de POUVOIR).

    Caroline Fourest mentionne cette alliance des gens de l’extrême-gauche avec notamment les islamistes contre un ennemi commun : l’Occident (pour eux, un continuel dominant et colonisateur). Pour ces extrémistes de gauches, toutes les minorités sont perçues comme les damnés de la terre. Alors, imaginez quand ce sont les femmes de cette religion minoritaire intégriste qui essentiellement portent un signe religieux, un signe imposé ou non!!! Elles deviennent les damnées des damnés ??? Et ceux qui revendiquent le respect de la démocratie, de l’égalité entre les hommes et les femmes, un espace publique exempt de signes religieux sont les responsables de tous ces supposés damnés !

    Le débat actuel n’est pas un débat contre les musulmanEs, c’est un débat contre l’intégrisme religieux, contre tous les intégrismes religieux. Comme le dit Caroline Fourest : « C’est un combat des démocrates de toutes cultures, de toutes religions, contre les intégristes de toutes cultures et de toutes religions. » Arrêtons de victimiser les musulmanEs.