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Éthique et culture religieuse - Un outil de citoyenneté

Élisabeth Garant - Directrice du Centre justice et foi  3 février 2010  Actualités en société
Plusieurs détracteurs du cours Éthique et culture religieuse (ECR) profitent actuellement de la confusion entourant les débats sur l'identité nationale, la laïcité, les accommodements raisonnables et les manifestations religieuses dans l'espace public pour mener la charge contre ce nouveau cours. Pour le Centre justice et foi, qui réfléchit depuis longtemps à la place de la religion et des enjeux de sens à l'école, cela est déplorable.

Les questions soulevées présentement au Québec sur les fondements et le cadre de notre vivre-ensemble sont exigeantes et complexes. Il est donc crucial d'outiller les nouvelles générations pour ces défis qui ne pourront d'ailleurs que s'accentuer. Les jeunes Québécois ont besoin de développer une compréhension des phénomènes religieux qui — qu'on le veuille ou non — seront au coeur des enjeux sociopolitiques du XXIe siècle. Ce qui implique, bien sûr, de pouvoir aussi critiquer et remettre en question certaines manifestations du religieux.

Les jeunes ont également besoin d'expérimenter la pratique du dialogue civique et de l'interrogation éthique dans une société où plus personne ne peut se soustraire au pluralisme des visions du monde et des valeurs. Ce qui implique, entre autres, de dépasser la dichotomie croyants/non-croyants pour se situer d'abord comme des citoyens capables de s'enrichir mutuellement dans la recherche du bien commun. C'est pourquoi la récente introduction dans toutes nos écoles de ce programme ECR est une avancée fondamentale et nécessaire. Dans ce contexte, il nous apparaît aussi démagogique que malhonnête de brandir l'épouvantail du «multiculturalisme à la Trudeau» pour dénigrer ce cours.

Que proposent les détracteurs du cours ECR?

- Revenir à l'ancienne formule? Il faut tout de même se rappeler que l'enseignement confessionnel à l'école a été un échec pédagogique. Les jeunes qui l'ont reçu n'ont pratiquement rien assimilé de notre patrimoine religieux. Et de nombreux professeurs enseignaient alors un contenu auquel ils n'adhéraient pas. Socialement et politiquement, cette voie n'est plus praticable. Et pour les croyants, elle n'est même plus souhaitable puisque le défi de la prise en charge de l'éducation de la foi par les paroisses s'est avéré finalement fort positif.

- Abolir purement et simplement ce cours? Ce serait opter pour une «laïcité scolaire d'incompétence», car la mission d'instruction et de socialisation de l'école québécoise ne saurait se réaliser dans l'ignorance du fait religieux, pas plus que dans la méconnaissance des remises en question de ce dernier par la pensée séculière. Par quel moyen, si ce n'est par le biais du cours ECR, les élèves pourront-ils se familiariser sérieusement et développer peu à peu une intelligence critique des religions qui marquent l'histoire, la culture et le présent de nos sociétés? [...]

- Enseigner toutes les religions ou offrir un régime d'exemption au cours ECR? Voilà justement ce qui serait une option typique du «multiculturalisme» tant décrié au Québec! À l'opposé de cette logique de la mosaïque où chacun s'enferme dans son identité, le cours ECR rassemble plutôt les élèves au sein d'une même activité d'apprentissage. Il contribue ainsi de deux façons à la cohésion sociale. D'abord, en permettant à l'ensemble des jeunes de développer une véritable connaissance du patrimoine religieux québécois qui fait partie, avec ses ombres et ses lumières, de l'identité et de la culture nationales. Ensuite, en favorisant chez ces élèves issus de tous les horizons l'habitude du dialogue éthique et civique.

Vigilance et correctifs

Bien sûr, le cours ECR n'est pas parfait. Il amorce à peine sa deuxième année de mise en oeuvre. Il faut donc lui donner la chance de faire ses preuves tout en demeurant vigilant et en exigeant déjà les correctifs qui s'imposent.

Il va sans dire, par exemple, que la formation des maîtres demeure un défi de taille et que l'effort consenti jusqu'à maintenant pour parfaire cette dernière doit se poursuivre et s'approfondir. La posture pédagogique exigée par ce cours est très complexe: il s'agit, en classe, d'aborder avec respect, ouverture et gradualité la diversité du fait religieux et de la réflexion éthique, sans tomber pour autant dans le prosélytisme, la complaisance ou le relativisme.

À cet égard, il faut mettre en place des structures d'accompagnement et de soutien des maîtres beaucoup plus solides. Par ailleurs, le matériel pédagogique mis à la disposition des professeurs et des élèves semble encore insuffisant et de qualité inégale. Un examen rigoureux et une amélioration des ressources s'imposent en ce domaine. Enfin, certaines inquiétudes ont pu être soulevées quant au respect de la place prépondérante qui devait être accordée, dans le volet «culture religieuse» de ce cours, à la connaissance des traditions fondatrices que sont d'abord le christianisme, puis le judaïsme et les spiritualités autochtones. Il faut veiller davantage au respect de cette orientation fondamentale du programme.

Malgré des limites qui peuvent être corrigées, le cours ECR demeure un outil essentiel pour former les citoyens de demain. Au lieu de l'instrumentaliser au profit d'autres débats et de lui faire ainsi un mauvais procès, demandons-nous plutôt comment contribuer à son amélioration et à la réussite de son implantation.

*****

Élisabeth Garant - Directrice du Centre justice et foi
 
 
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  • Pierre Zwngli
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 00h59
    Enfin !
    Enfin un groupe non gouvernemental et qui ne reçoit pas de subside qui est en faveur du programme ECR.

    Les jésuites du Centre justice et foi... Pas sûr que ce soit rassurant.

    Pas tous les jésuites, notez, ceux de Loyola sont contre l'implantation obligatoire de ce cours gouvernemental...

  • René Girard
    Abonné
    mercredi 3 février 2010 01h11
    Les défis vont s'accentuer
    Qui se surprendra d'une telle prise de position par un organisme catholique comme le Centre justice et foi? Car même s'il n'affiche pas une approche radicale comme le ferait un monsieur Ouellet, empourpré cardinaliste qui souhaiterait le retour de l'enseignement catholique mur à mur, ainsi que le comité des parents catholiques, même s'il ne le dit pas aussi clairement et effrontément, le Centre justice et foi se porte à la défense du supposé patrimoine religieux qui n'est autre qu'une partie de l'histoire seulement, celle d'une hégémonie religieuse dont, malheureusement, nous avons pas encore fini de nous débarrasser. Autrement dit, on n'a pas fini la job commencé dans les années '60 qui était de sortir la religion de nos écoles. On a déconfessionnalisé pour mieux réintroduire. Et on a construit un mythe. Celui-ci s'arrime aux valeurs nationalistes qui ont fait les belles heures du fasciste Lionel-Groulx. Mais ça on va le taire. Et surtout ne parlons pas du dieu vengeur, du dieu partial, de l'Église catholique qui s'enrichit en racontant des histoires à dormir debout. Ben non! Couvrons plutôt les horreurs du Livre pour dire que les québécois vivent dans un jardin d'Éden. La Parousie c'est pour bientôt. Le Messie revient bientôt ne vous en faites pas, croyez-y c'est tout proche. Ça fait deux mille ans que la religion catholique raconte les mêmes espérances inutiles et complètement nocives pour les enfants.

    Le patrimoine religieux est un mythe qui favorise une méconnaissance des paroles, des discours, des faits et gestes nombreux de nombreux libres penseurs éclairés à d'autres lumières que l'étroite et obscure éducation catholique, qui ont dénoncé l'hégémonie d'une religion catholique qui occupait toute la place, en cela qu'elle favorisait une éducation axée sur une morale aliénante dont nous avons commencé à sortir à partir des années '60. Mais à voir la façon dont les nostalgiques religieux s'acharnent à vouloir faire revivre cet 'âge d'or' de l'ignorance par la mise en place d'un cours qui ne dit pas la vérité sur notre passé à travers la construction d'un mythe, il y a lieu de s'inquiéter.

    La religion divise, il suffit de le constater dès maintenant pour en avoir la preuve. La laïcité ouverte [aux religions] est l'élément perturbateur qui permet ce retour du religieux dont les véritables laïques ne veulent pas. Qu'on enseigne la place de la religion dans un cours d'histoire qui sait faire la part des choses et qui montre vraiment ce qu'est la religion, un cours qui dit la vérité sur les horreurs commises par la religion et qu'elle commet encore aujourd'hui dans les pays où elle peut exercer un pouvoir politique, comme en Amérique latine, en Haïti, en Afrique. Et pas seulement la religion catholique mais aussi les autres religions comme on le constate de nos jours dans les théocraties islamistes.

    Je vous donne raison sur une chose, lorsque vous dites que les défis vont s'accentuer pour les nouvelles générations. Avec un tel cours c'est certain. Et la confusion sera encore plus grande

    Je persiste à dire que ce cours est inutile et n'apporte rien de bon à nos enfants. Surtout qu'on les oblige à suivre un tel cours c'est une aberration, un outrage à l'humanité.

  • nonauracisme
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 01h16
    Le vivre en commun et en unite demande la connaissance de l autre.
    Comment voulez vous qu on vivent ensemble au quebec si on ne connait pas le parcours et la culture des autres.Une petite connaissance des religions be tuera pas personnes, au contraire les enfants auront un esprit critique plus ouvert.

  • michel lebel
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 06h00
    Un cours "excessif"
    Je me demande toujours pouquoi ce cours est donné dans toutes les années du primaire et du secondaire. Ça me paraît nettement excessif. Il me semble qu'un cours au primaire(à la fin) et un autre au secondaire(vers la fin) serait suffisant. Autrement je crains les redites et un désintérêt général. Bref trop c'est trop!

  • Isabelle Gélinas
    Abonné
    mercredi 3 février 2010 06h59
    Que sont nos enfants,des cobayes?
    Lorsque je lis sur ce fameux cours, je sursaute toujours lorsque ses promoteurs y vont d'un «Bien sûr, le cours ECR n'est pas parfait. Il amorce à peine sa deuxième année de mise en oeuvre. Il faut donc lui donner la chance de faire ses preuves tout en demeurant vigilant et en exigeant déjà les correctifs qui s'imposent.»

    Mais alors, les enfants et les adolescents qui suivent ce cours depuis deux ans, que sont-ils donc? Des cobayes?

    On n'accepterait pas que des sociétés automobiles vendent des prototypes n'ayant pas fait leurs preuves aux consommateurs. Entre-temps, nous laissons nos enfants suivre un cours dont ni le matériel, ni la formation des maîtres, ni le contenu général ne sont au point. Quel respect pour notre jeunesse, vraiment!

  • Pierre Marinet
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 07h40
    Démagogique.
    Le Primaire et le secondaire dispensent ce cours ronflant d’éducation religieuse. Pourtant si vous lisiez les textes religieux des trois monothéismes (n’allant pas plus loin) vous remarquerez que cela touche les adultes en général jamais les enfants. Concernant le droit de vote politique au Canada c’est souvent vers l’âge de 18 ans et non avant que cela s’applique. De ce point de vue vous abusez d’un abus de pouvoir inconséquent sur la jeunesse qui n’est pas à même encore avant l’âge de la maturité d’acquérir un bon « esprit critique » digne d’un citoyen. C'est à cela que l'éducation doit s'appliquer non à la religion. La « compréhension » dont vous parlez (« de développer une compréhension des phénomènes religieux ») devrait s’appliquer sur des êtres moins malléables que ces petits du primaire dont certain(e)s croient encore au père Noël et pour ceux du secondaire qui croient plus aux hormones qui les tourmentent. Forcer les jeunes ne possédant pas la majorité civile de voter à accéder à des connaissances hors de portée de l’esprit critique, est un scandale et une atteinte à la liberté de conscience. « Les jeunes ont également besoin d'expérimenter la pratique du dialogue civique et de l'interrogation éthique », lisez Platon et vous comprendrez que vous vous trompez d’âge.

  • Linda Bosse
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 08h12
    Et des cours d'histoire des religions...
    Vous avez peut-être oublié l'histoire qui à mon sens serait beaucoup plus intéressant comme outil à la citoyenneté...

    L'évolution des religions dans le monde, les guerres de religion et l'origine de ces guerres, les grandes vagues d'immigration au Québec et Canada, les raisons qui ont motivées ces vagues d'immigration...

    Pour qu'il y ait une véritable éducation citoyenne, ce n'est pas tout de connaître les religions, mais il faut les comprendre, comprendre également l'évolution de chacune d'elle et surtout, comprendre les raisons pour lesquelles certaines religions qui étaient encore absentes il y a à peine 50 ans, font aujourd'hui partie du paysage Canadien et Québécois.

    Ce que ma fille apprend dans ces cours est limité à ce que nous savons déjà: "Les symboles religieux, les prophètes, les principales croyances...". Rien de plus. Après une présentation de ces faits, les élèves en discutent. Mais discute de quoi? De la façon dont sont nommés les chefs religieux pour chacune des religions? Pourquoi, dans chaque religion y a t-il des orthodoxes, des modérés, des non pratiquants et des gens qui ont tout simplement déserté leur religion? Pourquoi dans, selon les pays, les religions chrétiennes, islamiques, boutistes ou autre sont pratiquées de façon différente et avec des règles différentes?

    Pour qu'il y ait une véritable éducation citoyenne, il est essentiel que les élèves comprennent, mais surtout qu'on leur permettent de discuter ouvertement entre-eux, sans qu'ils soient accusés de racisme de part et d'autre. Il faut qu'ils puissent exprimer leur adhésion ou leur désaccord face à la montée du christianisme de droite au Canada et aux États-Unis ou face à l'asservissement des femmes chez les orthodoxes musulmans et israélites...

    Il faut que les élèves comprennent également les origines de l'immigration au Canada et au Québec. La grande contribution de ces immigrants au développement social, politique et économique de notre société.

    Ce qu'on enseigne à ma fille est loin de ressembler à ce qui précède. Au contraire!!! Tant et aussi longtemps que l'on fera abstraction de l'histoire dans ces cours de ECR, nous ne pourrons parler d'éducation citoyenne, mais bien d'avantage d'adhésion au multiculturalisme, sans que les jeunes puissent librement exprimer leur opinion, mais surtout, sans que les jeunes comprennent vraiment l'histoire...!

  • LFerretti
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 09h00
    Pour que ce cours soit un succès
    Dans presque tous les pays démocratiques européens (sauf le cas très particulier de la France), l'initiation à la tradition religieuse de la majorité, comme élément de culture commune, est au programme dans les écoles publiques y compris pour les élèves des confessions minoritaires. Pourquoi? Parce qu'on a reconnu dans ces pays que la formation d'une identité collective forte et ancrée tant des jeunes de vieille souche que de ceux issus de l'immigration ainsi que le renforcement de la cohésion sociale passent par la connaissance partagée de l'histoire et de la culture nationale, y compris dans sa dimension religieuse. Il est donc essentiel de préserver, tout au long du primaire et du secondaire, un temps d'enseignement significatif pour la tradition religieuse catholique pour tous les élèves, car sans cette connaissance il est impossible de comprendre le parcours historique et culturel du Québec. Par ailleurs, comme le Québec s'est construit dès ses origines dans le contact interreligieux et que cela continue, il faut nécessairement aussi un espace de réflexion à l'école sur les traditions minoritaires et sur les caractéristiques passées et actuelles de ces contacts (enrichissements mais aussi conflits, découvertes mais aussi ignorances mutuelles). À sa manière, le cours ECR tente de remplir ces fonctions essentielles de formation de l'identité collective et du renforcement de la cohésion sociale. En même temps, et c'est son apport spécifique, il se veut une initiation aux systèmes de croyances et de pratiques relatives à ce que les humains, depuis que le monde est monde, ont défini comme «des choses sacrées». L'élaboration de systèmes religieux est le propre de l'humanité: il me semble que l'école est un bon lieu pour l'apprendre et y réfléchir.

    Si nous voulons retenir quelque chose de la pratique française, ce pourrait donc être non pas de bannir des écoles un enseignement culturel de la religion, mais de bannir le financement par l'État québécois des écoles à projet très religieux. En France, les écoles privées confessionnelles sont financées par l'État mais seulement si elles sont reconnues d'utilité publique. Une école dont le projet pédagogique est défini de telle sorte qu'elle exclut dans les faits les élèves qui ne sont pas strictement de la tradition religieuse qu'elle revendique, une telle école ne devrait en aucun cas recevoir de fonds publics. Or, non seulement le Québec finance de telles écoles à un niveau supérieur à tout ce qui se remarque ailleurs en Amérique du Nord, mais le gouvernement, dans certains cas, semble même prêt à des accommodements concernant l'obligation de dispenser le cours ECR ou la manière de le faire. Cela est totalement inacceptable et doit être dénoncé vigoureusement. Les écoles très religieuses ne devraient pas recevoir de fonds publics puisqu'elles ne contribuent pas à l'intégration des élèves à la culture commune.

    Ne nous trompons pas de cible.

  • Minona Minona
    Inscrite
    mercredi 3 février 2010 09h22
    Les pensées lisses
    Je crois que le cour d'ECR, que cela ait été prémédité ou non, aura comme conséquence de priver les futur adultes du sens critique nécessaire pour se faire une opinion éclairée sur le multiculaturalisme et surtout sur les demandes d'accomodements religieux.

    Un adulte le moindrement informé sait par exemple que les versets du Coran concernant le voile prêtent à interprétation, que la majorité des musulmans n'exigent pas de pouvoir prier partout où bon leur chante et souvent ne vont même pas à la mosquée.

    Les enfants sont faciles à endoctriner. Après 11 ans à se faire dire qu'un musulman, un indou ou un juif, ça porte ça, ça agit comme ça, c'est pour ça et c'est contre ça, ces jeunes seront persuadés que la foi se mesure à l'apparence et que les plus modérés des adeptes des différentes religions n'en respectent pas les règles, une position qui fera sûrement plaisir aux intégristes religieux.

    Ils accepteront donc spontanément tout accomodement religieux car ils seront sincèrement convaincus que tout personne formulant une demande n'est pas en mesure de pratiquer sa religion si sa demande n'est pas satisfaite.

    La tendance naturelle des jeunes à se révolter contre l'autorité et à lancer à tout bout de champ "J'ai ben l'droit!" va trouver là un exutoire parfait, même si c'est par procuration. Ils croiront défendre le faible et l'opprimé et lutter contre le racisme alors qu'en fait qu'ils lutterons pour le droit de ne pas s'intégrer, sans même se rendre compte qu'ils font le jeu des intégristes pour qui la religion est d'abord et avant tout une arme politique.

    Ils traiteront peut-être de racistes tout ceux qui ne pensent pas comme eux, sans réaliser leur propre intolérance, puisqu'ils auront appris à n'exprimer dans le cours d'ECR que des pensées lisses et politiquement correctes.

    Les notions de tolérance et de "vivre-ensemble" auraient tout aussi bien pu être incorporées à des cours comme l'histoire et la géographie et même à tout les aspect de la vie à l'école. Ce sont d'ailleurs des valeurs trop importantes et universelles pour les limiter à la sphère religieuse.

  • Gérard Lévesque
    Abonné
    mercredi 3 février 2010 09h40
    Madame La Marquise
    Le piège que tend le cours ECR, c’est de se laisser séduire par de généreux objectifs qui ne sont dans la réalité de ce programme que vœux pieux ou poudre aux yeux. Il est révélateur que les concepteurs et promoteurs de ce cours ne s’appuient jamais sur les contenus d’apprentissage et sur les manuels scolaires. Ils se contentent de faire valoir des énoncés généraux, comme l’ont fait messieurs Proulx et Leroux face à la critique dans la page Idées du 16 décembre 09. Et de là, ils affirment que « Tout va très bien, Madame La Marquise ». De quoi rassurer Madame Garant, directrice du Centre Justice et foi.

    Or l’étude Quérin montre avec évidence que l’ensemble de ce programme et ses diverses composantes ne correspondent aucunement aux objectifs mentionnés. Cela a aussi été confirmé par une analyse des contenus d’apprentissage, résumée dans un article du Devoir par un collectif d’auteurs sous le titre : « Éthique et culture religieuse : bilan des débats », page Idées du 7 janvier dernier. Bien d’autres documents existent en ce sens.

    Se demander si on peut apporter des correctifs et des améliorations au programme ECR, c’est comme se demander s’il vaut la peine de repeindre un édifice alors que ce sont les fondations elles-mêmes est sa structure qui sont à changer. C’est aussi vouloir renforcer les serrures alors que de nombreux occupants ne veulent plus ou pas que leurs enfants soient emprisonnés dans des locaux qui leur apparaissent malsains.

    On ne peut donc envisager d’autres solutions que celles qui tiendront compte de ces vices de construction !

  • Gérard Lévesque
    Abonné
    mercredi 3 février 2010 10h13
    Un programme qui serait approprié

    Comment construire un programme approprié qui éviterait les vices de construction de l'ECR ?

    Le programme ECR est voulu comme un accommodement raisonnable face à la nouvelle situation crée par la venue au Québec d’immigrants de confessions religieuses diverses. Or il est illusoire de croire que l’on peut respecter les diverses croyances et incroyances par une formule unique et uniforme. Il ne convient pas par exemple d’imposer aux enfants de personnes athées ou agnostiques un cours de culture religieuse, pas plus qu’aux membres de groupes religieux qui ne désirent pas que l’école prenne en main une partie de la formation religieuse de leurs enfants.

    Le programme ne peut être approprié que s’il correspond à la souplesse requise. Cela pourrait s’apparenter au programme des mathématiques où trois volets seront soumis au choix des élèves selon que leur orientation est en sciences humaines ou en art, en recherche ou en médecine, ou encore dans les secteurs techniques.

    Ainsi un programme bénéficiant de la souplesse requise offrirait là où le nombre le justifie et sauf contraintes administratives excessives, les trois possibilités suivantes :

    . un programme de culture religieuse confessionnelle incluant un volet sur les autres grandes religions, ainsi qu’un volet éthique. Ce choix serait accessible aux confessions chrétiennes, musulmanes, juives et autres reconnues au Québec. Ce choix pourrait tirer profit de formules connues d’enseignement confessionnel assorties d’ajouts sur les grandes religions inspirés par exemple du programme ECR;

    . un programme de culture religieuse multiculturelle incluant une nette prédominance sur les traditions religieuses du Québec ainsi qu’un volet éthique. Une version améliorée du programme ECR pourrait convenir. Ce deuxième choix pourrait être à retenir dans le cas où le premier et le troisième choix ne pourraient être possible faute de pouvoir rencontrer les conditions liées au nombre d’élèves et aux ressources humaines et administratives;

    . un programme au contenu substantiellement éthique, comportant un léger volet sur les confessions religieuses reconnues au Québec avec prédominance sur les traditionnelles, serait susceptible de respecter les personnes athées ou agnostiques. Ce programme correspondrait à l’enseignement moral que l’on a déjà mis en place par le passé pour satisfaire le droit des personnes athées ou en grande partie au volet éthique du programme ECR.

    Ce programme à choix multiple comporte de plus d’autres nombreux avantages. Il évite la détestable politique du mur à mur pour favoriser plutôt une politique équitable s’ajustant aux diverses régions du Québec ainsi qu’à la diversité montréalaise. Le gouvernement éviterait de plus de mécontenter tout le monde en refusant d’opter pour un accommodement déraisonnable qui consiste à enlever aux Québécois de souche un droit acquis et soumettre les Néo-québécois à ce qui ne leur convient pas non plus. Par ce programme suggéré, le gouvernement éviterait, tant au niveau des droits que des contenus des programmes, la politique de la terre brûlée qui, en éducation, amène à toujours tout recommencer à zéro. Ce programme est de plus susceptible de favoriser le dialogue entre les diverses confessions religieuses par son respect des identités particulières et son ouverture à celles des autres. Enfin, autre avantage et non des moindres, le gouvernement favoriserait la paix sociale en rendant inutile la guéguerre devant les tribunaux. Peut-on faire davantage ?

  • Bernard Lamborelle
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 10h19
    Que proposent les détracteurs du cours ECR?
    Vous passez sous silence deux des plus importantes réclamations:

    - Ne pas présenter les religions comme les seules détentrices de la morale et de l’éthique humaine. On sous-entend encore dans les cours ECR que l'absence de foi mène nécessairement à l’immoralisme. C'est non seulement ridicule, mais dangereux.

    - Rendre l’étude des religions obligatoire dans un programme d’histoire et non d’enseignement de l’éthique ou de la morale. Une démarche objective et non subjective.

    Bernard Lamborelle
    Auteur de Quiproquo sur Dieu (www.quiproquo.ca)

  • Bernard La Riviere
    Abonné
    mercredi 3 février 2010 10h50
    Déplorable?
    Madame Élisabeth Garant trouve «déplorable» la critique qui est faite du cours ÉCR alors que, pourtant, ce cours doit développer «l'esprit critique». Elle eut mieux fait de répondre à ces critiques.
    Elle propose de dépasser la dichotomie croyants/non-croyant. Pourtant ce cours le fait puisqu'il ne parle pas de l'incroyance, de l'athéisme et du scepticisme.
    D'autres l'ont dit avant moi, c'est de l'histoire des religions dont il faut parler, et pas pendant dix ans.
    Les enseignants se débrouillent comme ils et elles peuvent pour donner ce cours. La formation a été minimale. Dans la plupart des régions on a refusé que les professeurs de philosophie de cégep participent à cette formation. À la seule formation à laquelle j'ai assisté, après qu'on eut refusé mon offre de service, c'était quelqu'un de la faculté de théologie qui donnait le cours. J'ai pourtant aussi un doctorat en théologie.
    Le Secrétariat aux affaires religieuses (eh oui ça existe encore) du Ministère de l'éducation des loisirs et des sports, a refusé d'envisager que les cours de religion et de morale soient remplacés par un programme de philosophie pour enfant qui existe et offre une formation (à l'université Laval, entre autres) depuis plus d'une dizaine d'années. On a préféré quelque chose de plus religieux. C'est peut-être ce que madame Garant appelle avec mépris «une laïcité scolaire d'incompétence».
    Bref, l'identité et la culture nationale, le vivre ensemble et la socialisation reposent sur bien d'autres choses que les croyances religieuses. Ces dernières sont bien plus souvent sources de conflits que d'harmonie, et l'Histoire devrait être notre maîtresse bien plus que nos préférences, de quelque foi qu'elles soient.

  • Christian Paulhus
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 11h12
    Dans le doute, abstiens-toi !
    Placé au coeur de ce débat depuis plus de dix ans (étant enseignant de cette «matière» au secondaire), je suis à même de constater la nécessité pour l'État de retirer ses billes de ce jeu...dangereux.
    Il était à prévoir que les confessions religieuses, jusque-là déservies par le réseau d'éducation, déchantent en constatant la perte évidente d'un privilège passé. Il était à prévoir que les nons-croyants (statistiquement majoritaires au Québec) montent aux barricades pour dénoncer ce qu'ils considèrent être un retour insidieux des enseignements religieux auprès leurs enfants. Il était à prévoir également que les pédagogues praticiens, ceux qui vivent la réalité scolaire, en comparaison des théoriciens utopistes (telle encore Madame Garant du Centre Justice et foi), constatent l'inadéquation cognitive d'une telle entreprise chargée sur des épaules de jeunes êtres dont le cerveau n'est pas capable d'abstraction, de conceptualisation symbolique, d'analyse, d'intégration morale sans endoctrinement et de dialogue sensé, dépouillé de préjugés et d'erreurs de raisonnement !
    Regardons-nous : même nous, comme adultes, sommes si peu nombreux à atteindre ces compétences du «vivre ensemble harmonieux dans le respect des croyances» ou de la si fameuse «pratique du dialogue». Regardons ceux-là même que nous choisissons comme nos représentants et nos élites, au gouvernement : combien sont capables d'atteindre les compétences du dialogue sain, ouvert, intelligent ? Quand je lis les commentaires de concitoyens, très articulés et instruits (par leur niveau d'écriture et leur argumentaire), je suis pourtant forcé de constater que nous touchons ici à une immense zone minée. Ce n'est évidemment pas l'instruction, la maturité et le bagage historique qui assureront l'harmonie entre croyants et non-croyants.
    Les philosophies, les croyances et les religions font parti du vécu humain depuis toujours. Le Communisme athée n'a jamais réussi à dominer et éliminer la croyance dans ses populations. Le Catholiscisme mur-à-mur, dans le Québec pré-Révolution Tranquille, n'a jamais réussi à implanter la véritable croyance personnelle dans le coeur des citoyens. Si croire ou ne pas croire fait irrémédiablement parti de la réalité humaine, il faut accepter que ni les gouvernements ni les Institutions religieuses ni les écoles ne pourront y changer quoi que ce soit. Croyants et incroyants vont continuer à se côtoyer partout dans le monde. Les uns les autres se tolérant, s'haïssant ou tentant de se convertir mutuellement. C'est comme ça.
    Je comprends donc, en tant qu'enseignant, la colère des non-croyants qui fulminent devant le contenu du cours ECR, accordant autant de valeur au phénomène religieux. Je comprends la déception des croyants, qui ne se sentiront jamais assez bien servis par ce cours, qui place toutes les croyances sur un pied d'égalité et qui statu à l'inexistance de la Vérité. Par conséquent, la logique, le réalisme et le poids indéniable de l'histoire passée invitent l'Etat Québécois à s'abstenir vis-à-vis de ce projet utopique qu'est ECR. Et si le MELS réchigne à annoncer aux maisons d'édition l'annulation de leur efforts financiers, qu'il accorde au moins aux citoyens le droit de s'abstenir devant l'évidence des doutes que manifeste ce cours.

  • Jean de Cuir
    Abonné
    mercredi 3 février 2010 11h26
    Etude et étude
    Cours d’ études religieuses et d’ éthique.
    Il ya des questions d’ ordre pédagogique, d’ autres qui touchent à la politique et à la science.
    Comme le fait religieux est là et il est complexe, il fait partie de l’étude de tout fait qui concerne l’ humain. Cette étude relève d’ une approche antrhopologique et historique : les règles des méthodes scientifiques s’ appliquent, selon et selon, c’est aux pédagogues d’y voir. Est-ce pertinent au primaire, au secondaire, au collégial, c’ est à jauger.
    Est-ce important d’étudier les religions, les cultures, l’histoire des humains, l’histoire du Québec et du Canada, il me semble que c’ est incontournable si le désir de se comprendre comme humain, comme citoyen, comme membre de telle ou telle culture est présent. La quesion sous-jacente, c’est bien qu’est-ce que comprendre? Cela touche un débat philosophique qui se ramifie dans les champs de la science et de la pédagogie.
    Il est essentiel que toutes les personnes qui sont membres de la communauté québécoise développent un esprit critique, c’est à dire désireux de connaître et de se connaître, pour pouvoir peser, jauger, évaluer et savoir selon quels critères on juge, évalue et pèse “toutes choses”. Ainsi, on peut devenir un citoyen ou citoyenne à part entière. En ce qui touche le religieux, avoir une attitude critique recèle un certain nombre de difficultés, car toute croyance engage la personne dans ses “fibres intimes”, comme on dit, question qui touche le sens de la vie et du monde, question qui concerne l’identité ainsi que la relation à l’autre. Donc, son étude demande une formation spéciale. (Il est malheureux d’avoir implanté ce cours si nécessaire sans assurer la formation de ceux et de celles qui l’enseignent --quoique je ne possède pas de renseignements assez précis -- je me fie donc pour le moment à ce qui a été affirmé.)
    Il me semble important de réfléchir sur ce qu’exige l’étude et la compréhension du religieux. Il apparaît important de développer une approche qui ne soit pas celle inhérente à telle ou telle croyance. Qu’ exige un regard scientifique? La distance hors de telle croyance. Madame du Centre de justice et foi l’ indique, peut-être sans le savoir, quand elle affirme : “Ce qui implique, entre autres, de dépasser la dichotomie croyants/non-croyants pour se situer d'abord comme des citoyens capables de s'enrichir mutuellement dans la recherche du bien commun.” Question : que signifie dépasser cette dichotomie, se situer comme citoyen, s’enrichir mutuellement et chercher le bien commun? Il me semble que cela veut dire qu’il y a un espace commun habitable, donc régi par des valeurs, par une rationalité commune, qui débouchent dans des conduites acceptées. Si j’affirme que toute croyance est en son fond dogmatique, donc est indice d’un refus d’un autre “espace habitable”, --toujours le résultat de négociations fondées sur la recherche de la vérité, donc sur une ouverture au possible -- autre que ce que la croyance propose comme certitude -- comment pouvoir “dépasser” la dichotomie? Le croyant peut-il le faire? Seulement, s’il peut se distancer de sa croyance et être en quête. Devenir citoyen en telle culture et tel territoire exige beaucoup, car il importe de s’établir en état d’interrelation à l’autre. Or celle-ci suppose une ouverture et non une dogmatique. ( S’applique aux non-croyants qui sont liés par une idéologie pensée comme unique et vraie).
    L’étude du religieux est une chose; l’apprentissage du jugement critique, qui est au coeur de toute “éthique” en est une autre, quoique en ses deux champs, importe le jugement critique. De tous ces propos on peut déduire tant et tant. Merci, à suivre.

  • Ernesto Sanchez Cortés
    Abonné
    mercredi 3 février 2010 13h24
    À côté de la plaque
    Le cours de culture religieuse est contre-productif s'il détruit le sens du sacré qui est le coeur du fait religieux authentique. Or, l'approche du CCR tel qu'il est conçu prétend développer chez des jeunes enfants l'esprit critique, qui est certes nécessaire pour discerner dans les manifestation religieuses observées ce qui est authentique et ce qui ne l'est pas, d'une part, et d'autre part, la coexistence de démarches authentiques différentes qu'il faut respecter. Étant donné l'âge de ces enfants, ces objectifs sont inaccessibles. Résultat: le sens du sacré sera détruit par le relativisme absolu que leurs enseignants leur inculqueront inévitablement et ces enfants seront vaccinés contre le fait religieux. Est-ce l'objectif caché de cette démarche? Je suis porté à le croire. Alors, je regrette qu'Élisabeth Garant - Directrice du Centre justice et foi, joue le rôle de "chrétienne de service" pour détruire la foi dans le coeur des enfants. Si ce cours s'adressait à des adultes, je n'aurait rien à objecter. On n'a pas besoin d'un dictionnaire pour comprendre ça. Est-ce qu"on enseigne le calcul intégral aux enfants de la maternelle ?

  • Gebe Tremblay
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 13h36
    C'est pour votre bien
    On vous l'impose parce que c'est pour votre bien. Vous serez de meilleurs citoyens grâce à notre grande sagesse qui nous viens d'un contact direct avec le Tout Puissant.

    Nous allons faire de vos enfants des anges et éviter qu'ils restent les diables qu'ils sont maintenant. Nous allons sortir le mal qui est en eux.

    De toutes façons, vous n'y pouvez rien. L'État c'est nous. Nous sommes aux commandes de l'appareil. Votre opinion de compte pas, vos votes non-plus.

  • Atim Léon
    Abonné
    mercredi 3 février 2010 13h44
    Pourquoi des cours sur la religion?
    La religion est une des manifestations sociologique de l'humanité, certainement pas la plus enlevante. Alors pourquoi faut-il un cours uniquement sur les religions? Vous n'avez pas vraiment répondu à cette question. Le phénomène religieux pourrait très bien être étudié en fin de secondaire, au moment où les élèves sont capables de distance critique et de raisonnement. Et ça pourrait se faire à l'intérieur d'un cours de philosophie (ou de sociologie).
    Votre postulat de départ (les cours sur la religion sont nécessaires dès le primaire) est complètement biaisé. Sans doute par votre expérience personnelle et par vos croyances personnelles.

  • Pierre Leyraud
    Abonné
    mercredi 3 février 2010 13h53
    "Qu'on le veuille ou non " ??
    Je suis sidérer de lire, au coeur de la prise de position de Madame Garant la phrase suivante "...les phénomènes religieux qui-qu'on le veuille ou non- seront au centre des enjeux sociopolitiques du XXIè
    siècle " Est-ce une prophétie, une prévision,une menace, une fatalité ?Si en 2010 Madame Garant affirme que cela sera quelle que soit notre volonté n'y aurait-il pas de sa part une volonté, pas mal religieuse, qu'il en soit ainsi ? Raison de plus pour s'opposer au cours ECR !

  • Paulyne Gauvin
    Abonnée
    mercredi 3 février 2010 15h00
    Bravo au Centre Justice et Foi!
    Je suis très heureux de cette sortie publique du Centre Justice et Foi (CJF) autour de la question du cours Éthique et culture religieuse. J'apprécie ce qui est dit de ce cours lui-même, mais aussi l'accent mis sur l'instrumentalisation dont il fait l'objet dans de nombreuses prises de position en défaveur de la laïcité ouverte et de l'interculturalisme. J'apprécie encore que le CJF évite - c'est sa "marque de commerce"! - tout confessionalisme en même temps que tout relativisme.

  • Gebe Tremblay
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 15h54
    Pas de cours d'histoire des religions
    Surtout pas de cours d'histoire des religions. Car ce serait en fait un cours sur la politique.

    Les enfants comprendraient un peu trop les choses.

    L'école c'est pas fait pour ça.

  • Pierre Zwngli
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 17h20
    Lettre contradictoire et peu étayée
    Comme le signale l'excellent blog Pour une école libre, cette lettre est pour le moins étonnante venant d'une croyante (le centre en question est animé par les jésuites) et plein de contradictions.

    Si l'ancien cours de religion était mauvais qu'est-ce qui permet d'affirmer à Mme Garant de croire que le programme ECR sera meilleur ?

    Après tout, les maîtres ne sont toujours pas plus formés, pas plus convaincus de ce qu'ils doivent enseigner (sont-ils tous des pluralistes normatifs ?), le temps consacré au christianisme est encore plus réduit ! Ne parlons pas du volet éthique qui ne prétend même plus présenter une vision morale cohérente avec la foi catholique.

  • Torrieu
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 20h34
    Un plan en trois points
    Extrait de http://wp.me/pKNRM-3G

    Pour moi, ce cours est aussi utile que de continuer à enseigner que jadis on croyait que la terre fut plate pour bien mettre cette gaffe cognitive en contrepointe avec notre connaissance actuelle qu'elle est ronde. Je concède que l'histoire religieuse de l'humanité fut et est encore prépondérante, mais il y a d'autres aspects de l'humanité qui répondent bien au critère de prépondérance: l'économie, la politique internationale, les arts, la technologie. Aucun de ces sujets n'est enseigné tout au long du curriculum primaire et secondaire, on s'y attarde le temps d'un soupir pour soi-disant donner à nos enfants un plus large évantail de connaissance. Si une bonne culture générale est tellement importante (et je crois sincèrement qu'elle l'est), alors pourquoi insister autant et de façon démesurée sur un seul sujet qui est loin de faire l'unanimité et qui, à mon humble avis, n'est pas si important que ça.

  • Michel THYS
    Inscrit
    jeudi 18 février 2010 08h44
    Améliorer le cours d’ECR: oui, mais dans quel sens ?
    Je suis d’accord avec Madame GARANT, du moins lorsqu’elle écrit :
    « Les jeunes Québécois ont besoin de développer une compréhension des phénomènes religieux qui — qu'on le veuille ou non — seront au coeur des enjeux sociopolitiques du XXIe siècle. Ce qui implique, bien sûr, de pouvoir aussi critiquer et remettre en question certaines manifestations du religieux . Les jeunes ont également besoin d'expérimenter la pratique du dialogue civique et de l'interrogation éthique dans une société où plus personne ne peut se soustraire au pluralisme des visions du monde et des valeurs »

    Mais « dépasser la dichotomie croyants/non-croyants pour se situer d'abord comme des citoyens capables de s'enrichir mutuellement dans la recherche du bien commun », cela implique à mes yeux une approche d’abord DU phénomène religieux en général ET, ensuite, dans le "volet éthique", du phénomène de la laïcité philosophique, des options laïques, etc ….

    Madame Garant , de par sa fonction, fait sans doute siennes les « inquiétudes (qui) ont pu être soulevées quant au respect de la place prépondérante qui devait être accordée, dans le volet «culture religieuse» de ce cours, à la connaissance des traditions fondatrices que sont d'abord le christianisme, puis le judaïsme et les spiritualités autochtones. Il faut veiller davantage au respect de cette orientation fondamentale du programme ».

    Aucune allusion donc à la laïcité ! Initialement, il devait être fait mention de l’existence «d’autres conceptions de vie que religieuses ». C’était un minimum, par simple honnêteté intellectuelle. Or, à présent, même la mention de l’athéisme est supprimée, comme si c’était une abomination ! Tout se passe comme si l’on voulait empêcher les jeunes de choisir librement de croire ou de ne pas croire …

    Madame GARANT poursuit : « La posture pédagogique exigée par ce cours est très complexe: il s'agit, en classe, d'aborder avec respect, ouverture et gradualité la diversité du fait religieux et de la réflexion éthique, sans tomber pour autant dans le prosélytisme, la complaisance ou le relativisme ».
    Il n’est pas question en effet de vouloir imposer un multiculturalisme relativiste, comme si tout se valait.
    Mais faut-il pour autant n’offrir qu’une vision religieuse unilatérale ? Privilégier la culture québécoise et la religion catholique est certes légitime, mais à notre époque de pluralisme des cultures et des convictions, cela ne peut, selon moi, que favoriser le repli identitaire, le communautarisme et donc l'intolérance.
    Certes, les parents croyants ont le droit légitime et constitutionnel d'imposer unilatéralement leur religion à leurs enfants. Je crains cependant que cela ne favorise pas leur intégration à la modernité ...

    Sous prétexte d’ouverture à la différence et au dialogue, le cours d'ECR fait découvrir au moins six autres religions, mais avec tant de détails, que cela jette la confusion dans l’esprit des enfants et que, par comparaison, cela ne peut que renforcer la religion traditionnelle et majoritaire.
    A mon avis, c’est même le but hypocrite de ce cours : tenter de compenser le déclin du catholicisme, la déconfessionnalisation et la laïcisation croissantes des sociétés intellectualisées.. Rappelons-nous que, contrairement à Gérard BOUCHARD, Charles TAYLOR est théologien … !

    Mais il va de soi que la culture générale implique un minimum de culture religieuse, mais aussi laïque et humaniste.
    Dans un souci de neutralité et afin de réduire les inégalités socioculturelles, l’école, via un cours d’ECR amélioré, devrait donc compenser l’influence des parents, et d’un milieu unilatéral, par une DOUBLE information minimale, objective et non prosélyte : d’une part, au cours d'histoire, ou lors d’un cours de philosophie, sur le « fait religieux » , y compris ce que toutes les eligiobs ont en commun, à des degrés divers : la soumission, ET d’autre part, sur le « fait laïque » (l’humanisme laïque, ses principes de libre examen, d’esprit critique, d’autonomie et de responsabilité individuelle, ses valeurs universalisables - puisque bénéfiques à tous, telles que le respect de la dignité de l’homme, de la femme et de l’enfant , ses options, ses objectifs, la spiritualité laïque, …, actuellement occultés).

    Madame GARANT écrit : « Il faut mettre en place des structures d'accompagnement et de soutien des maîtres beaucoup plus solides ».
    Indispensable en effet, car il n’est pas évident pour un enseignant, qu’il soit croyant ou non, de ne pas influencer ses élèves par ses propres convictions, alors qu’il doit réussir à les rendre capables de se forger les leurs.

    Un tel système éducatif, sans doute encore utopique, permettrait enfin à chacun de choisir ses convictions philosophiques OU religieuses en connaissance de cause, aussi librement que possible, d’accepter la différence enrichissante de l’autre et de tendre ainsi vers une réelle citoyenneté, fondée un meilleur « vivre ensemble ».

    Michel THYS Waterloo, en Belgique, (où le principe de la laïcité « politique » n’est toujours pas inscrit dans la Constitution, comme en France … !).
    http://michel.thys.over-blog.org

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