La pilule du surlendemain
Les Européennes ont accès à un «plan B» efficace cinq jours après, mais les Canadiennes n'y ont pas droit
Photo : Agence France-Presse
Bon an mal an, 27 000 femmes choisissent l’avortement au Québec, aux prises avec une grossesse non désirée
Les Européennes ont accès depuis octobre à la «pilule du surlendemain», les Américaines pourront se la procurer sous peu. Le nouveau contraceptif d'urgence, l'ulipristal, remplace avantageusement le traditionnel «plan B», un comprimé de levonorgestrel, car il agit jusqu'au cinquième jour après une relation sexuelle. Mais rien n'indique que les Canadiennes y auront accès dans un avenir rapproché.
Une nouvelle contraception d'urgence s'avère plus efficace que la traditionnelle «pilule du lendemain» pour prévenir les grossesses non désirées jusqu'à cinq jours après une relation sexuelle. Mais pas pour les Canadiennes. Deux études publiées cette semaine, une américaine et l'autre britannique, confirment l'efficacité de l'ulipristal, déjà prescrit en Europe sous le nom d'EllaOne. Les États-Unis entament la procédure d'autorisation, mais le Canada ne semble pas suivre le mouvement.
Santé Canada refuse «pour des raisons de confidentialité de confirmer si une demande de licence de mise en marché fait l'objet d'un examen ou non», a écrit son porte-parole Gary Holub au Devoir.
L'efficacité du plan B, après trois jours, chute. Pourquoi chercher à atteindre cinq jours? C'est justement la durée de vie des spermatozoïdes dans les voies génitales féminines. Les effets secondaires des deux comprimés — nausée et maux de tête, principalement — se comparent. La chercheuse Anna Glasier publie aujourd'hui en ligne, dans la revue médicale The Lancet, des résultats qui confirment l'efficacité de l'ulipristal sur cinq jours.
Sur les 1696 femmes qui ont reçu la contraception en deçà de 72 heures, 22 de celles qui ont suivi le plan B sont devenues enceintes, contre 15 dans le groupe de l'ulipristal. Aucune des 203 femmes qui ont reçu l'ulipristal entre 75 et 120 heures après la relation sexuelle n'est tombée enceinte, contre trois avec le plan B. Des taux de grossesse comparables à ceux attendus sans contraception d'urgence dans les deux cas, soit 6 pour 100 femmes.
Une étude américaine publiée dans le journal Obstetrics and Gynecology en ligne cette semaine arrive à la même conclusion. «C'est justement ce délai de cinq jours qui rend ce médicament si intéressant», souligne la chercheuse à la Faculté de pharmacie de l'Université Laval Louise Beaulac-Baillargeon, spécialisée en santé des femmes. Une option qu'elle aimerait bien voir apparaître au Québec, étant donné la solidité des études qui en confirment l'efficacité et l'innocuité.
Bon an, mal an, 27 000 femmes choisissent l'avortement au Québec, aux prises avec une grossesse non désirée.
La «pilule du lendemain» prévient la conception en empêchant l'ovulation. L'ulipristal empêcherait l'ovulation dans 60 % des cas, même s'il est avalé juste avant cette phase de fertilité critique, autour du jour 14 du cycle menstruel. Période fertile pendant laquelle le levonorgestrel échouerait plus de 85 % du temps.
L'ulipristal requiert une ordonnance du médecin, ce qui freine son utilisation en Europe. Les femmes peuvent se procurer le lévonorgestrel sans ordonnance dans une cinquantaine de pays, dont le Québec et la France.
Une nouvelle contraception d'urgence s'avère plus efficace que la traditionnelle «pilule du lendemain» pour prévenir les grossesses non désirées jusqu'à cinq jours après une relation sexuelle. Mais pas pour les Canadiennes. Deux études publiées cette semaine, une américaine et l'autre britannique, confirment l'efficacité de l'ulipristal, déjà prescrit en Europe sous le nom d'EllaOne. Les États-Unis entament la procédure d'autorisation, mais le Canada ne semble pas suivre le mouvement.
Santé Canada refuse «pour des raisons de confidentialité de confirmer si une demande de licence de mise en marché fait l'objet d'un examen ou non», a écrit son porte-parole Gary Holub au Devoir.
L'efficacité du plan B, après trois jours, chute. Pourquoi chercher à atteindre cinq jours? C'est justement la durée de vie des spermatozoïdes dans les voies génitales féminines. Les effets secondaires des deux comprimés — nausée et maux de tête, principalement — se comparent. La chercheuse Anna Glasier publie aujourd'hui en ligne, dans la revue médicale The Lancet, des résultats qui confirment l'efficacité de l'ulipristal sur cinq jours.
Sur les 1696 femmes qui ont reçu la contraception en deçà de 72 heures, 22 de celles qui ont suivi le plan B sont devenues enceintes, contre 15 dans le groupe de l'ulipristal. Aucune des 203 femmes qui ont reçu l'ulipristal entre 75 et 120 heures après la relation sexuelle n'est tombée enceinte, contre trois avec le plan B. Des taux de grossesse comparables à ceux attendus sans contraception d'urgence dans les deux cas, soit 6 pour 100 femmes.
Une étude américaine publiée dans le journal Obstetrics and Gynecology en ligne cette semaine arrive à la même conclusion. «C'est justement ce délai de cinq jours qui rend ce médicament si intéressant», souligne la chercheuse à la Faculté de pharmacie de l'Université Laval Louise Beaulac-Baillargeon, spécialisée en santé des femmes. Une option qu'elle aimerait bien voir apparaître au Québec, étant donné la solidité des études qui en confirment l'efficacité et l'innocuité.
Bon an, mal an, 27 000 femmes choisissent l'avortement au Québec, aux prises avec une grossesse non désirée.
La «pilule du lendemain» prévient la conception en empêchant l'ovulation. L'ulipristal empêcherait l'ovulation dans 60 % des cas, même s'il est avalé juste avant cette phase de fertilité critique, autour du jour 14 du cycle menstruel. Période fertile pendant laquelle le levonorgestrel échouerait plus de 85 % du temps.
L'ulipristal requiert une ordonnance du médecin, ce qui freine son utilisation en Europe. Les femmes peuvent se procurer le lévonorgestrel sans ordonnance dans une cinquantaine de pays, dont le Québec et la France.
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