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    Howard Zinn 1922-2010 - Mort d'un géant de l'histoire

    Militant contre la guerre du Vietnam et champion de la lutte pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis après la Seconde Guerre mondiale, Howard Zinn était à l’avant-garde de la mutation sociétale du pays entre les années 1950 et 1970.
    Photo: Lux Militant contre la guerre du Vietnam et champion de la lutte pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis après la Seconde Guerre mondiale, Howard Zinn était à l’avant-garde de la mutation sociétale du pays entre les années 1950 et 1970.
    On lui doit une formidable Histoire populaire des États-Unis dans laquelle la mémoire des insoumis confronte la version officielle des maîtres. Il avait d'ailleurs réussi à se faire aimer des gens ordinaires, de ceux dont il parlait, justement.

    Une réussite aussi admirable qu'exceptionnelle à une époque où les savants pataugent dans l'hyperspécialisation, disent maintenant presque tout sur à peu près rien pour quasiment personne...

    Howard Zinn, lui, en savait beaucoup sur la multitude, et il aimait le raconter à tout un chacun. Son opus magnum, publié une première fois en 1980, s'est vendu depuis à des millions d'exemplaires dans le monde et a inspiré d'innombrables travaux. Il en existe même une version en roman graphique.

    Ce professeur exceptionnel est mort mercredi, à Santa Monica, en Californie. Il a été emporté par une crise cardiaque à l'âge de 87 ans.

    Fils d'émigrants juifs européens, né en 1922 à New York, d'abord ouvrier dans un chantier naval, Howard Zinn traverse la Deuxième Guerre mondiale dans l'armée de l'air avant de terminer ses études à l'Université Columbia. Il va ensuite enseigner au Spelman College, fréquenté par les femmes afro-américaines d'Atlanta, avec lesquelles il conteste les insupportables lois racistes du Sud. Après son renvoi, malgré sa titularisation, l'historien intègre l'Université de Boston où il reprend le collier du militant, cette fois dans les protestations antiguerre.

    Sa perspective atypique de l'histoire est nourrie par ce parcours de militant, instruite par des perspectives marxiste, anarchiste, sociale-démocrate et égalitaire, mais aussi par le renouveau des sciences sociales dans l'après-guerre. Le résultat met sans cesse l'accent sur la résistance à l'oppression.

    Le grand raconteur parle des choses graves enfouies depuis la naissance de l'Amérique, de la lutte des Amérindiens, des révoltes des esclaves, du combat des femmes contre le patriarcat, de la lutte des minorités pour la reconnaissance de leurs droits fondamentaux. Howard Zinn décrit le parcours des révoltés du Nouveau Monde.

    Son oeuvre compte une vingtaine d'ouvrages, dont une autobiographie intitulée You Can't Be Neutral on a Moving Train. «Ses écrits ont changé la conscience d'une génération et ont contribué à ouvrir de nouvelles voies pour la comprendre et son rôle crucial dans nos vies», a résumé le célèbre intellectuel de gauche, le linguiste Noam Chomsky, avec lequel le professeur Zinn a publié les scandaleux Pentagon Papers, sur le Vietnam.

    En entrevue avec Le Devoir en novembre 2009, l'historien sceptique et critique avait salué l'élection de Barack Obama tout en le décrivant comme un président démocrate traditionnel. «Il s'insère bien dans la tradition politique américaine, commune aux deux partis, qui est fondée sur deux principes, disait-il. Premièrement, que les États-Unis doivent étendre leur pouvoir au-delà de leurs frontières, autant que les capacités militaires le permettent. Et deuxièmement, que le pouvoir du gouvernement doit rester au service des classes aisées.»












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