samedi 4 février 2012 Dernière mise à jour 00h43
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Pas de nus dans les lieux publics à Verdun

La division arts et culture annule une exposition à l'île des Soeurs

Selon la division arts et culture de l’arrondissement de Verdun, exposer des oeuvres comme Se prélasser, de Carl Duplessis, dans un lieu public, dérogerait au «gros bon sens».
Photo : Carl Duplessis
Selon la division arts et culture de l’arrondissement de Verdun, exposer des oeuvres comme Se prélasser, de Carl Duplessis, dans un lieu public, dérogerait au «gros bon sens».
Pas facile, la vie d'artiste à Verdun. L'arrondissement montréalais, qui a démantelé une oeuvre d'art public à l'île des Soeurs en septembre 2009 à la suite de plaintes de citoyens, juge que d'exposer les bambins de cette tranquille banlieue insulaire à des tableaux de nus dans un lieu public déroge «au gros bon sens».

Le Service arts et culture de l'arrondissement de Verdun, dont un jury avait retenu les portraits et croquis de l'artiste Carl Duplessis en juin 2009, s'est finalement ravisé, contrarié par le trop grand nombre de nus qui figuraient dans le corpus de l'exposition.

Au terme d'un intense échange de courriels survenu en décembre dernier avec l'artiste pour le convaincre de brader ces nus pour d'autres «portraits et personnages», l'événement a finalement été annulé à la demande de l'artiste, qui dénonce la pudibonderie municipale.

«Il n'y avait rien de provocant dans mes dessins. Une fonctionnaire de la Ville avait même vu toutes mes oeuvres dans un CD. C'est de la fausse représentation. Je ne peux exposer dans ces circonstances, car les gens qui me connaissent verront bien que ce n'est pas représentatif de mon travail», a déclaré Carl Duplessis, qui devait exposer ses dessins au Centre communautaire Elgar du 13 janvier au 26 février.

Dans les nombreux courriels expédiés à l'artiste, la Ville ne cache pas les raisons de sa volte-face. L'arrondissement estime inapproprié d'exposer des représentations de corps nus dans un espace où déambulent librement de jeunes enfants.

«Compte tenu qu'il y a une école attachée à notre centre communautaire et que les enfants passent tous les jours dans ce hall [...] vous comprendrez qu'il ne faut aucune perception ou allusion d'un sein [sic], d'une fesse ou d'une partie génitale dans les tableaux présentés en exposition. Tous tableaux ne respectant pas ces critères seront refusés», écrit Nancy Raymond, chef du Service arts et culture, dans un courriel obtenu par Le Devoir.

Malgré les divergences de vues survenues en cours de négociation, la Ville avait pourtant déjà fait imprimer à ses frais le carton d'invitation pour le vernissage de l'exposition, affichant le croquis d'un homme nu intitulé Jean-Pierre Le Penseur.

La directrice du Service arts et culture n'a pas rappelé Le Devoir. Mais Francine Morin, responsable du protocole et des relations publiques pour l'arrondissement de Verdun, s'est chargée d'expliquer les motivations de la mairie. «Nos expositions ne se font pas dans des salles fermées, mais dans un hall où les enfants circulent librement sans surveillance. C'est un lieu public», a-t-elle insisté.

Interrogée pour savoir si cette position de principe découlait d'une politique adoptée par le jury, par le Service arts et culture ou par l'arrondissement, Mme Morin a rétorqué que cette décision n'était basée sur «aucune politique écrite, mais découlait plutôt du gros bon sens».

«On ne peut forcer les gens à être exposés à cela parce qu'ils entrent dans le centre communautaire», a-t-elle insisté, affirmant que l'artiste a été avisé verbalement à plusieurs reprises de ces conditions. À son avis, la position de la Ville serait totalement différente si les oeuvres étaient exposées dans une salle fermée.

Et si des reproductions de nus de Manet ou de Picasso venaient à être exposées dans le hall communautaire, la mairie de Verdun changerait-elle sa position?

«On ne les exposerait probablement pas», a soutenu Mme Morin, qui assure que le contexte du centre communautaire diffère totalement de celui d'un musée, où les gens choisissent sciemment d'y amener leurs enfants.

Plutôt inoffensifs, les croquis proposés par l'artiste Carl Duplessis esquissent surtout les contours du corps et affichent, à l'occasion, un mamelon effacé ou la courbe d'une fesse.

Même si la porte-parole de l'arrondissement soutient que des pressions de citoyens ne sont pas à l'origine de la frilosité des autorités, un courriel envoyé il y a quelques mois à l'artiste par une employée du Service arts et culture permet d'en douter.

«Nous devons nous assurer que les oeuvres présentées pour les visiteurs du centre soient sans équivoque. La clientèle de l'île des Soeurs est un peu intransigeante et nous avons eu dans le passé plusieurs plaintes pour des oeuvres qu'ils jugeaient choquantes», explique le courriel.

En effet, d'autres artistes ont eu à subir les foudres ou les railleries des citoyens de l'île des Soeurs. Une oeuvre du sculpteur Michel Goulet, Le Carrefour de l'île, installée dans un carrefour giratoire en 2005, s'était attiré de nombreuses critiques. En septembre dernier, avant même qu'elle soit achevée, une oeuvre d'architecture publique réalisée par la firme d'architectes In Situ au coût de 450 000 $ a quant à elle été mise au rancart, après avoir été boudée par les riverains.

Intitulée Milieu humide, l'oeuvre architecturale retenue à la suite d'un concours pancanadien avait été officiellement retirée pour des raisons de sécurité. Mais le maire de l'arrondissement, Claude Trudel, avait reconnu que l'oeuvre cinétique et écologique, constituée de plantes et de tiges vert lime qui diffusaient lumière et bruine légère, avait soulevé un tollé chez les insulaires. Conçues pour évoquer les roseaux ondulant sur les rives, les fameuses tiges lumineuses avaient été qualifiées de «Popsicles» par des citoyens en colère.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Le prince du Nord
    Inscrit
    vendredi 22 janvier 2010 06h59
    Quand on se regarde
    On a fait un tollé parce que des hassidiques demandaient de brouiller des vitres pour éviter aux enfants de regarder des femmes en tenue sportive et voilà que nous, Québécois pure laine retournons à l'ère Duplessis à Verdun! Et personne parmi notre élite bien pensante ne réagit....

  • Pierre Schneider
    Abonné
    vendredi 22 janvier 2010 07h29
    Verdun la puribonde
    Et ui qui m'étais laissé dire par des amis que Verdun était devenu un quartier tendance"in"...Ces "cachez ce sein que je ne saurais voir" feront la triste gloire de ses dirigeants...un peu comme celle de ce policier de jadis qui avait banni les Ballets africains de la scène montréalaise parce que "ça bougeait"...Et on s'imagine que les humains évoluent.

  • Michèle Dorais
    Abonnée
    vendredi 22 janvier 2010 07h52
    Un coup de pub extraordinaire !
    Grand merci à la «trollée» de m'avoir fait connaître Carl Duplessis. La toile qui nous est montrée est magnifique. Je veux en voir d'autres... Le gros bon sens aveugle les bien-pensants ? Pour qui se prennent -ils ? Les censeurs des temps modernes ? Nos enfants ont enfin la chance d'être exposés à des oeuvres de qualité. On est loin de l'Origine du monde, que je sache, tout de même exposé au Louvre.

  • France Marcotte
    Abonnée
    vendredi 22 janvier 2010 08h33
    Au couvoir de l'île
    Île des Soeurs, le nom le dit, les enfants y sont à l'abri. C'est quand on le décide qu'on leur fait traverser le pont vers la dépravation de la grande ville, où les nus risque d'apparaître à tous les coins de rue. Au couvoir de l'île des Soeurs, l'air est pur et les enfants épargnés. Les nus peuvent aller se rhabiller. Les pauvres chéris ne se doutent de rien mais le plus grand danger qu'ils courent c'est d'être surprotégés par des parents obsédés.

  • Louise Saint-Pierre
    Abonné
    vendredi 22 janvier 2010 09h33
    Et la liberté d'expression?
    Ce que je viens de lire sur la première page du journal m'attriste et me trouble terriblement. Les raisons invoquées par la Mairie pour renoncer à cette exposition ne me semblent guère crédibles. Les enfants «ont le dos large».
    Comment peut-on affirmer sérieusement que même un Picasso ou un Manet ne trouverait gâce.
    Ne s'agirait-il pas d'un de ces accomodements raisonnables qui, petit pas par petit pas, sont en train de gruger notre territoire culturel et la liberté d'expression qui nous est si chère? Le ridicule de cette affaire nous permet de nous poser la question. Cette soudaine pudibonderie de notre conseil municipal me laisse pensive...

  • Michel Savard
    Inscrit
    vendredi 22 janvier 2010 09h46
    Belle hypocrisie !
    Et dire que nos bons Québécois continueront à faire des gorges chaudes en parlant du puritanisme et de la pudibonderie des Américains !
    Eh oui ! Encore la paille et la poutre !

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    vendredi 22 janvier 2010 10h13
    Ridicule!
    Je trouve toujours ça drôle quand on affirme que les enfants ne devraient pas voir de sein...

  • patclou
    Abonné
    vendredi 22 janvier 2010 10h21
    Une clientèle intransigeante
    «Nous devons nous assurer que les oeuvres présentées pour les visiteurs du centre soient sans équivoque. La clientèle de l'île des Soeurs est un peu intransigeante et nous avons eu dans le passé plusieurs plaintes pour des oeuvres qu'ils jugeaient choquantes»

    Je crois que tout est dit: l'île-des Soeurs a une clientèle au lieu de citoyens! Des citoyens intransigeants n'auraient pas peur des artistes, au contraire.

    Heureusement qu'il est encore possible d'acheter de l'art encadré chez Ikéa.

  • Frédéric Chiasson
    Abonné
    vendredi 22 janvier 2010 10h22
    Enfin du nu hors sexe et le quartier «in»
    Eh ben ! Installé à Verdun depuis 6 mois, je commence à me demander qui vit à l'Île des sœurs pour avoir autant peur de fesses et de seins ? Au contraire, il me semble que c'est d'intérêt public de montrer des corps nus dans d'autres situations que la porno extrême sur Internet !

    Tant qu'à y être, qu'est-ce qu'on attend pour organiser des programmes d'arts du nu pour les enfants ? Je trouve par exemple le nu de femme présenté au Devoir très beau, d'autant plus que le modèle a une petite bedaine que l'on ne verra jamais à Elle ou à Clin d'œil. Pourquoi les œuvres de Carl Duplessis ne feraient-elle pas partie d'un programme pédagogique pour l'estime de soi et de son corps ? Enfin des corps normaux, qui ne nous rendent pas complexés !

    Pour les dirigeants de l'Île des soeurs, on dirait que la beauté du corps se réduit au cul. Il y a plein de pénis, de fesses et de seins en plein air en France et je ne crois pas que cela a gêné aucun enfant français. D'ailleurs, d'après le peu que j'en sais, la sexualité des jeunes Américains conservateurs est beaucoup plus problématique (plus de grossesses adolescentes, notamment).

    Finalement, le quartier «in» n'est pas l'Île des soeurs, loin de là ! Il est plutôt autour des promenades Wellington. Exposons plutôt les dessins de Duplessis dans le vrai quartier branché, où les gens sont confortables avec leurs seins, leurs pénis et leurs fesses !

  • Rino St-Amand
    Inscrit
    vendredi 22 janvier 2010 10h25
    Cultiver les enfants?
    Si les enfants connaissaient les entourloupettes que les adultes déploient pour protéger leurs pauvres petits yeux, ils en resteraient estomaqués. Car les enfants n'ont pas encore été complètement dénaturés par la culture qu'on s'apprète à leur inculquer. Mais j'ai bien peur que lorsque cette opération (de culturation) sera terminée, eux aussi seront capable de commettre de telles stupidités.

  • Marie-Claude Bélanger
    Abonnée
    vendredi 22 janvier 2010 10h33
    Et la violence, elle, est-elle exposable?
    Et si l'artiste avait représenté ses modèles habillés mais armés, madame Morin les aurait-elle jugé corrects pour être exposés aux enfants?

  • Alex Bonneau
    Inscrit
    vendredi 22 janvier 2010 10h41
    Absurdité
    Femme légèrement habillée et perçue comme un objet: acceptable.
    Femme totalement nue, esthétisée et respectée: inacceptable.

    Les enfants ont tout intérêt à observer ces tableaux plutôt que de mater des devantures de bars de danseuses ou des films pornos...

  • Normand Desjardins
    Abonné
    vendredi 22 janvier 2010 11h35
    Ah misère!
    Petite société puritaine. On peut bien parler des américains et des islamistes et des hassidiques...

  • Musard Futile
    Inscrit
    vendredi 22 janvier 2010 13h03
    Censurer la pub au lieu de censurer l'art!!!
    On censure l'art, mais on déroule le tapis rouge pour la pub qui montre à coups de grands panneaux sur les routes, dans les métros, sur les autobus, dans les vitrines, partout, partout à la vue des tous petits, des femmes et des hommes objets en bobettes, musclés, bronzés dans des attitudes sexuellement explicites. C'est cette merde visuelle et commerciale que la ville devrait interdire!!!

  • robert dionne
    Abonné
    vendredi 22 janvier 2010 13h32
    censure débilitante
    Dans la censure, tiré des oranges sont vertes un texte de Claude Gauvreau écrit et remanié entre 1958 et 1971 Gauvreau nous dit que.
    «La censure c’est le règne ignorantiste du totalitarisme intolérant envers tout objet qui n’est pas monstruosité rétractile! La censure, c’est l’injure homicide à la loyauté des sens ! La censure, c’est le pet par-dessus l’encens! La censure, c’est l’éteignement de l’esprit! Où il y a censure, serait-elle la plus bénigne du monde, il n’y a plus qu’avortement généralisé.»
    Je trouve qu’une odeur nauséabonde se dégage des bureaux de Verdun, la même odeur contre laquelle nos parents se sont insurgés il n’y a pas si longtemps et rien ne change car rien ne change les intégristes restent des intégristes de quelque descendance qu’ils soient.
    Bravo Carl pour n’avoir pas reculé devant l’insignifiance.
    Robert Dionne
    Artiste peintre

  • Louis Cousineau
    Abonné
    vendredi 22 janvier 2010 13h37
    Rétrograde et honteux
    Il n'y a pas de mots pour qualifier une telle décision toutefois à l'image d'une frange insignifiante qui dirige ce "pays",
    Louis Cousineau
    L'Avenir, Québec

  • Magali Bouchard
    Abonné
    vendredi 22 janvier 2010 13h38
    île des Soeurs
    Je reconnais bien la mentalité de l'île des Soeurs où nouveaux riches demeurant dans des maisons en carton pâte mettent en scène leur manque de culture à grand coup d'intolérance...
    Pourquoi ne critiquent-ils pas les panneaux publicitaires de lingerie qui bordent la bretelle d'accès à leur fausse île ? L'argent parle, l'ignorance hurle.

  • Claude Archambault
    Inscrit
    vendredi 22 janvier 2010 14h07
    À tous, ceux qui commentent:
    Combien d'entre vous résident à l'Ile des Soeurs?

    N'est ce pas aux résidents de l'Ile des Soeurs et à eux seul de décider?

    Moi çà ne me dérange pas de voir un sein, mais aussi je n'imposerai pas ma vision à la majorité si celle de l'Ile en décide ainsi.
    C'est ce que l'on appelle du respect de l'opinion des autres et de l'accepation de la vision de la majorité. Quand elle se fait sans atteinte au droit, pas au vouloir, des minorités.

  • Vinet Jean-Paul
    Inscrit
    vendredi 22 janvier 2010 19h25
    Ha les prudes...
    La minorités prude de l'île des soeurs la emporté... Voilà encore ce que l'argent peu faire...

  • bravore
    Inscrit
    vendredi 22 janvier 2010 20h00
    Pas de nus dans les lieux publics à Verdun
    C'est vraiment impensable ! Incroyable ! Jamais la société va progresser avec des gens de telles sortes, des nudiphobes (peur de la nudité) disant que les enfants auront la frousse en voyant des corps humains nus. Ne savent-ils pas qu'un authentique être humain n'est pas habillé mais nu. Il faut enseigner aux enfants que la nudité n'est pas nocive. Non pas qu'elle est cause de perversion. La violence sans pudeur dans la société, ça, c'est nocif.

  • LBenoit
    Abonnée
    vendredi 22 janvier 2010 21h20
    Cachez ce sein
    Je fus d'abord étonnée, pour finalement être choquée, par la décision de l'arrondissement de Verdun de refuser l'exposition de Carl Duplessis.  Que cette exposition soit installée dans un corridor où passe de jeunes enfants, n'est pas une raison valable.  Il ne faut pas oublier que ces mêmes jeunes enfants sont exposés à des images autrement plus choquantes diffusées par la télévision à heure de grande écoute - sans parler de Internet - et à des affiches posées partout dans l'espace public, beaucoup plus explicites que les dessins légèrement esquissés, de facture classique et faits avec goût de monsieur Duplessis.  Ils auraient probablement passé devant sans même les regarder.  Cette décision n'est autre que de la censure et un retour à la pudibonderie religieuse que le Québec a tant fait pour voir disparaître.  Elle est aussi une mainmise de la pensée conservatrice rétrograde sur l'Art.  Que quelques citoyens puissent ne pas aimer les oeuvres en question, est une chose, mais qu'une institution étatique se fasse la courroie de transmission de leur obsession est tout à fait inacceptable et injustifiable.  Une représentante de l'arrondissement nous dit que cette décision en est une de "gros bons sens".  Mais quel gros bons sens et, surtout, celui de qui ?  Cette décision totalement arbitraire, qui suit celle d’enlever l’oeuvre architecturale Milieu humide, est une attaque contre la libre expression de l'Art et démontre, sans nuance, que les gens à la Mairie de l'arrondissement de Verdun, et ceux qui gravitent autour, sont culturellement pauvres et intellectuellement déficients.
     

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    samedi 23 janvier 2010 06h10
    Tant qu'à faire
    Tant qu'à faire, distribuez des Playboys dans les classes d'écoles. Chaque chose à sa place, et chaque place à sa chose. N'imposons pas à la vue de tous, ce que le monde n'aime pas voir. Que ce soit des nus ou des voiles, ou des burkas. L'indécence n'est pas qu'une question de sexe..

  • Henry Fleury
    Inscrit
    samedi 23 janvier 2010 07h19
    Il se peut
    Il se peut que que certaines concentrations de populations contiennent des gens qui n'aiment pas la beauté. Il n'y a pas de mal à ça. Comme dit Mme Marcotte, l'Île des Soeurs, c'est l'Île des Soeurs. Pour bien du monde, c'est juste une sortie d'autoroute. À 80 ans, j'ai mis fin à mon abonnement à Playboy l'an dernier, et j'ai vendu ma collection dans une vente de garage, dans mon petit village de Bebe, sans que personne ne fasse aucun commentaire. Par contre, je me languis d'arrivée au mois d'avril avec mon calendrier d'Artv. Je compte les jours jusqu'au nombril de Catherine Pogonat. C'est la vie. Si l'Île des Soeurs n'aime pas les femmes tout nus, qu'est-ce qu'on s'en fout. J'ai de la place dans mon salon...

  • German Gutierrez Escudero
    Inscrit
    samedi 23 janvier 2010 09h11
    la pudibonderie quebecois.
    La pudibonderie québécoise qu’on constate toujours.

  • Chasse-Gallerie
    Inscrit
    samedi 23 janvier 2010 13h03
    On interdit la beauté pour mieux diffuser la bêtise.
    J'ai une suggestion pour la communauté de l'ile-des-Soeurs.
    Pourquoi ne pas exposer vos autos de l'année avec quelques photos de vos voyages à Acapulco.
    On pourrait aussi y inclure des anciennes photos des forêts centenaires que vous avez fait raser récemment.

    Pudibonderie ou bourgeoisie et ignorance crasse, j'hésite?

  • Celine A. Massicotte
    Abonnée
    samedi 23 janvier 2010 17h38
    À GERMAN GUTTIERREZ ESCUDERO: SAVEZ VOUS LIRE?
    On ne le croirait pas. Lisez donc les commentaires qui précèdent les vôtres, et non seulement les vôtres, et vous verrez que la pudibonderie n'est pas plus québecoise que les préjugés, incluant les vôtres ou le fromage.

    La hargne et la fermeture sur soi sont de mauvaise conseillères, pour vous comme pour les Québécois, et ne mènent nulle part. D'ailleurs, je doute fort que l'Île des soeurs soit peuplée uniquement de ceux que vous appelez Québécois.

  • Celine A. Massicotte
    Abonnée
    samedi 23 janvier 2010 17h45
    À France Marcotte: ouais...
    "Les pauvres chéris ne se doutent de rien mais le plus grand danger qu'ils courent c'est d'être surprotégés par des parents obsédés. »

    Vous avez bien raisons, d'autant plus que la surprotection obsessive ne protège même pas des abus et agressions sexuelles des enfants, dont 80% sont le fait des parents ou des proches...

  • Jean Pierre Bouchard
    Inscrit
    samedi 23 janvier 2010 18h50
    Le Corps interdit
    Dans les maisons de Pompéi, l'ancienne ville de la Rome ancienne redécouverte par les premiers archéologues du 18ème siècle. On y a trouvé des peintures montrant des femmes et des hommes en partie ou complètement nues que les enfants pompéiens on l'imagine bien pouvaient voir dans la pièce principale de la maison. À cette époque jusqu'en 79 après J.C ou le christianisme n'était qu'une secte parmi d'autres, il n'était pas question de contrôler sérieusement la sexualité humaine.

    L'aristocratie romaine ouverte à la beauté du corps humain comme les anciens Grecs mais sans encourager la débauche dans l'empire n'a jamais été l'équivalent de cette bourgeoisie victorienne d'Angleterre dont le puritanisme du 19ème siècle a fait école en Occident jusqu'à la révolution des mœurs de 1968!

    En 2010, que des enfants puissent voir les peintures nues de C.Duplessis dans un hall ne devraient poser aucuns problèmes tout comme de voir le corps nu de leurs parents d'autant que cela empêche chez le jeune la mystification du corps nu propice aux refoulements et à ce qu'on appelle la -névrose- chez le futur adulte. Tous ceux qui sont nés et encore vivants entre 1925 et 1975 qui ont connus l'emprise catholique connaissent le rapport qu'ils ont avec la sexualité, un rapport fait d'interdits intérieurs, de honte et d'une tentation chronique de transgression qui probablement donne l'une des causes du succès compulsif chez plusieurs de la pornographie sur internet.

    Une hypocrisie qui semble t'il ne se terminera jamais parce que le corps pour l'occidental reste un lieu de corruption, lieu de cette reproduction animale qu'on accepte difficilement ou lieu d'une matière excrémentielle qu'aucunes chambres de bains les plus immaculées soient t'elles au monde ne viendront jamais à bout.

    Manière de dire que l'épisode de Verdun rappelle la permanence d'un trouble caché ou pas sur notre rapport à notre propre corps.


    Wikipédia. Pompéi: Pompéi (Pompeii en latin, Pompei en italien) est une ville italienne de Campanie célèbre pour avoir été détruite par le Vésuve, le 24 août 79 (Voir : La date de la fin). Ce site antique est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1997, avec Herculanum et Torre Annunziata.

  • Sushi
    Inscrit
    dimanche 24 janvier 2010 16h02
    VIVRE ET LAISSER VIVRE....
    Ceux qui crient à la défense de la beauté, de la liberté d'expression des artistes etc... passent à côté d'un principe de base ; vivre, et laisser vivre.
    C'est ridicule, il y a toujours un courant de pensée qui veut s'imposer à un autre,
    ça aussi c'est de l'intolérance, de la part de gens qui accusent d'autre gens d'intolérance, et on ne parle là que de peinture,
    mais c'est pareil sur toute la ligne, sur tout les sujets, personne ne fout la paix à personne,
    d'ou vient cette intolérance qui se pare de la liberté d'expression pour se justifier d'être ?
    Qu'est-ce que ça peut foutre si des gens ne veulent pas en voir des seins et des fesses, franchement, vous aimez la bagarre !
    Tant que des gens voudront S'IMPOSER tout ira mal,
    foncièrement les humains sont des envahisseurs !
    VIVRE ET LAISSER VIVRE merde !

    Une justification d'intolérance envers les gens de l'ile des soeurs, c'est qu'à Pompéi il y avait des nus sur les murs...
    ça prouve quoi ? Que nous devons tous nous plier à votre vision de la libertée d'expression ?
    Dans les lieux publiques on se retient, point final.
    Si on choisit d'en voir on va au MUSÉE, on en place chez-sois, et on arrête d'imposer notre vision aux autres,
    MAIS' il faut que les gens qui ne veulent pas en voir ne jugent pas ceux qui aiment en voir, il faut de la tolérance des deux côtés.
    Quand les hommes comprendront que le respect des opinions des autres est le début d'une société armonieuse, nous serons enfin sur le droit chemin.

  • Henry Fleury
    Inscrit
    lundi 25 janvier 2010 06h10
    Sans titre
    Monsieur Sushi à raison. Il est cru, mais il a raison. Rendons à la salade césar ce qui appartient à la salade césar. C'est une question de gros bon sein. Une place pudique, c'est une place pudique et si on ne veut pas y voir son neveu dans son plus simple appareil, il faut se pencher. À moins de trouver un accommodement raisonnable. Ou des lunettes 3D qui permettraient à certains de voir ce que d'autres ne pourraient pas voir. Faudrait demander à M. Bouchard de faire une commission là-dessus. On dirait bien qu'il se cherche du travail ces temps-ci.

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    lundi 25 janvier 2010 07h31
    Les nus
    C'est une question de bon goût, pas de sexe. Porterez vous un bikini sur la rue Ste-Catherine?, des "jeans" à un bal? des bottes de chantier dans un grand restaurant? Ça s'appelle le "savoir vivre".

  • LeRévoltéTranquille
    Abonné
    lundi 25 janvier 2010 11h25
    Nun's Island n'est pas Verdun...
    ...tout comme Verdun n'est pas tout-à-fait Montréal.

    Rappelez-vous, Nun's Island a tenté de se séparer de la pauvresse Verdun dans les années '90, au siècle dernier, quoi !

    Évidemment, la crème des Nouveaux-Riches a tenté de se faire un écrin de beauté rivalisant avec Westmount, et peu importe leur religion, culture ou langue d'origine, le bon goût des nouvelles puissances d'argent parvenues s'évalue avec l'aune du conservatisme le plus obtus et abscons.

    Alors voilà le genre de 'société distincte' qui veut nous garder attachéEs de force au Canadéa: la charité au lieu de l'aide gouvernementale, la responsabilisation de l'individu au lieu de la force de la collectivité, l'atomisation et l'anonymisation de l'identité au lieu de la force de l'union dans un peuple et une culture qui nous ressemble et rassemble, l'aliénation sans plainte aucoune de sa force de travail au lieu d'un rapport de force collectif et syndical.

    Y a-t'il quelqu'unE qui peut Nous dire où sont les amarres de Nun's Island qu'on finisse de la détacher de Montréal et du Québec pour qu'elle se constitue république insulaire compagne d'Aruba, de Turks

  • German Gutierrez Escudero
    Inscrit
    lundi 25 janvier 2010 14h12
    À CELINE MASSICOTTE
    À GERMAN GUTTIERREZ ESCUDERO: SAVEZ VOUS LIRE?
    « On ne le croirait pas. Lisez donc les commentaires qui précèdent les vôtres, et non seulement les vôtres, et vous verrez que la pudibonderie n'est pas plus québecoise que les préjugés, incluant les vôtres ou le fromage.

    La hargne et la fermeture sur soi sont de mauvaise conseillères, pour vous comme pour les Québécois, et ne mènent nulle part. D'ailleurs, je doute fort que l'Île des soeurs soit peuplée uniquement de ceux que vous appelez Québécois.

    Oui, on ‘avait lu avant peut être que vous n’avais née.
    Stendhal, Victor Hugo, Proust ...dans sa langue

    Pour parler d’outre chose que moi, pour moi,
    Le Québec c-est une chose, le Québécois une autre

  • Jean-Marc Lord
    Abonné
    lundi 25 janvier 2010 20h59
    le neo-conservatisme se propage partout...
    que ce soir l 'ile des Soeurs, au sein du ''bien pensant projet Montreal de Richard Bergeron', dans la région de Québec de Riviere-du -Loup, de la Beauce. Le puritanisme fait des ravages dans les idées et le sens critique des québecois..

  • Jean-Jacques Lafitte
    Inscrit
    mardi 26 janvier 2010 02h20
    Et les Belges
    Des milliers d'enfants du monde entier regardent à Bruxelles "Le manequin pisse". Il ne semble pas que cela trouble qui que ce soit.
    Pourquoi les soeurs de l'île seraient-elles plus prudes que les Bruxelloises?
    Jean-Jacques Lafitte

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
35 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012