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Une arme de soumisson massive

«L'idiotie est une maladie qui va bien avec la peur. L'une et l'autre s'engraissent mutuellement, créant une gangrène qui ne demande qu'à se propager.» - Philippe Claudel Le Rapport de Brodeck (Stock)

Lise Payette   15 janvier 2010  Actualités en société
Autrefois, l'Église catholique nous faisait peur avec l'enfer, où nous allions brûler pour l'éternité. Il y avait le Bonhomme Sept Heures qui hantait nos nuits. Très jeunes, on nous a appris la peur. Ça servait l'autorité sous toutes ses formes. Les peurs d'aujourd'hui sont très réussies aussi, et je suis convaincue qu'il y a des «spécialistes de la peur» qui en font un métier. Faire peur au monde, ça permet d'arriver à ses fins sans trop se fatiguer.

J'ai été fascinée pendant les dernières semaines de 2009 par la peur qui s'était emparée de la majorité de mes concitoyens devant la grippe A(H1N1), dont on nous avait rebattu les oreilles du matin jusqu'au soir, jusqu'à écoeurement total, mais en nous vantant toujours la grande générosité de notre merveilleux gouvernement, le dévouement du corps médical et les prouesses des fabricants de vaccins. Personne n'a jamais osé analyser la peur panique qu'on avait suscitée dans la population pour l'amener à la plus parfaite soumission en un temps record. Si les plus pressés ne se sont pas battus entre eux dans les files d'attente pour être vaccinés plus vite, ce n'est pas l'envie qui a manqué. Certains ont même réclamé ce «privilège», croyant leur mort prochaine. Il n'y a jamais eu autant d'aiguilles à la télévision, à chaque bulletin de nouvelles.

Juste avant Noël, la folie de la grippe était pratiquement terminée. Je me suis dit: enfin, on va pouvoir reprendre une vie normale et cesser d'avoir peur. On va pouvoir embrasser ceux qu'on aime, serrer la main aux copains, prendre les enfants dans nos bras. C'était en sorte espérer que le monde redevienne normal, un peu frondeur, un peu insouciant. Nous en avions bien besoin, car nous sortions d'une période particulièrement difficile.

Nous avions encaissé coup sur coup la crise économique, les pertes de la Caisse de dépôt, les scandales de la corruption qui a fait son lit à tous les niveaux de pouvoir, l'entêtement de Jean Charest qui se bouche encore les oreilles pour ne pas nous entendre réclamer une commission d'enquête, les élections municipales, les soupçons au sujet de certains syndicats, les conflits d'intérêts de certains ministres, l'inconscience de Stephen Harper à Copenhague, l'odieux d'une fin de session qui méritait qu'on envoie tout le monde aux douches, c'était déjà beaucoup.

Et par-dessus ça, on nous annonçait des hausses de pratiquement tous les tarifs, Hydro, péages sur les autoroutes, augmentation de ceci ou de cela, pour bien nous étouffer une fois pour toutes. Sans aucune gêne, le ministre des Finances nous propose même de choisir nous-mêmes où on veut être augmentés, histoire de pousser le cynisme un peu plus loin encore. «On va vous rachever, dit en somme le gouvernement, mais on vous laisse le plaisir de choisir comment vous voulez mourir.»

Nous commencions seulement à nous en remettre, à nous refaire des forces pour faire comprendre à ce gouvernement qu'il va devoir renflouer ses coffres autrement qu'en vidant nos poches encore une fois. Que cette fois, nous exigeons qu'il fasse le ménage dans ses propres tiroirs, qu'il cesse de jeter notre argent par les fenêtres et qu'il se réinvente autrement qu'en enrichissant les riches et en appauvrissant les pauvres. Que Jean Charest arrête de se prendre pour Louis XlV.

Il fallait convaincre la population, enfin, de cesser d'avoir peur. De se tenir debout afin qu'on puisse les compter. D'affirmer leur détermination à voir les choses changer et à refuser de se faire mentir au visage avec cette sorte de désinvolture qui caractérise le présent gouvernement. Tout un programme. Un beau programme.

Puis, juste avant Noël, un jeune homme a voulu faire sauter un avion qui terminait son voyage d'Amsterdam à Detroit. Et la peur est revenue, plus sûre d'elle que jamais. Elle s'est répandue à la grandeur de la planète en quelques minutes. On a tout revu: les tours du World Trade Center, l'Irak, l'Afghanistan, le Pakistan, les morts de partout étendus dans les rues, des soldats, parfois, mais aussi des civils, des femmes et des enfants. Le terrorisme a repris ses droits à l'information. On a multiplié les fouilles dans les aéroports. On va «scanner» les passagers dans l'espoir de fouiller les coeurs et de lire dans les pensées. La peur est revenue. La peur a de nouveau gagné.

Et comme si ça ne suffisait pas, on rallonge la liste des pays sous haute surveillance. On pointe du doigt. La peur est mauvaise conseillère. Elle risque de nous priver de toutes cette énergie dont nous aurions besoin pour remettre de l'ordre dans notre propre maison.

J'ai bien peur que 2010 soit une autre année de gangrène. À moins qu'on ferme la porte à la peur, d'où qu'elle vienne. Une fois pour toutes.











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  • Gauthier Jean Claude
    Inscrit
    vendredi 15 janvier 2010 07h02
    Madame Payette, vous me choquez ce matin, vraiement !
    Voilà un billet à la fois démoralisant, plein de lucidité mais hélas, complètement désolant.

    J'ai durant toute mon adolescence et mon arrivée dans l'âge adulte été un de vos fervents admirateurs. L'époque de la libération -remise à plus tard sinon ratée, je ne saurais le dire - du peuple Québécois.

    Je me souviens comment vous et votre gang du PQ d'autrefois redonniez aux Québécois la fierté et ce petit côté frondeur réprimé en nous donnant la permission de nous affranchir de la peur. C'était probablement sous estimer la force et la ténacité des régimes de terreur antérieurs.

    Le mot "peur" revient si souvent dans votre texte qu'il m'est impossible de le rapprocher du terme terreur. Parce que c'est de ça qu'il s'agit. Lorsque la classe dominante ment, joue sur l'ignorance, menace derrière des masques angéliques, nous placent devant des choix forcés et tout le reste que vous dénoncez si justement dans votre analyse. Le peuple a peur de ceux qui dirigent le pays. Il est intimidé, soumis, résigné. En tous points de la manière que ne le sont les femmes battues, captives d'une relation abusive, incapables de s'en départir et écrasées par leur bourreau.

    Un autre parallèle me vient à l'esprit. Celle de l'employé subjugué par son patron. C'est fou ce que ce premier peut se sentir coincé, rapetissé et incapable de se défendre. Chaque tentative de rétablir ses droits entrainent des réprimandes, tactiques en tout genre qui l'écrasent pour finir par le soumettre. Dans un tel rapport de force si inégale, la résignation devient la seule option valable. Et je ne vois aucune autre issue. En 67, il y avait la possibilité de faire la "révolution', plus ou moins radicale selon qu'on était social-démocrate ou léniniste. Mais aujourd'hui, en 2010, on a le choix entre le conservatisme de droite et celui de l'extrême droite. "Pas vargeux" comme choix de réponses.

    Merci quand même d'avoir osé écrire ce que plusieurs pensent en silence. Merci pour votre audace, votre traitement choc. Ça pourrait peut-être finir par provoquer quelques étincelles ..

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    vendredi 15 janvier 2010 08h05
    La peur d’avoir peur…
    Autrefois, le dicton qui servait de base à nombre d’actions décisionnelles de tous les niveaux de responsabilité, c’était « Diviser pour régner ». Un autre l’a effectivement – et efficacement? – remplacé : faire peur, qui induit la réaction de la peur d’avoir peur.

    C’est de toute évidence un moyen très fort de susciter des réactions, puisque la peur est d’ordre émotionnel, autrement dit qu’elle est une réaction de notre cerveau émotionnel, de notre système limbique, que notre cerveau rationnel ou cortical n’arrive pas toujours, pas souvent à contrôler. La peur peut parfois agir comme mécanisme de défense et être utile, et c’est l’exploitation de ce système primaire qui est mise en jeu par des activités exploitant les réactions émotionnelles des gens.

    Les exemples les plus récents et les plus frappants nous ont été donnés par G.W. Bush et ses sbires, qui ont suscité la peur de S. Hussein et de ses armes de destruction massive qu’il ne possédait pas. Et de nombreuses menaces ont suivi, des attaques contre la statue de la Liberté, contre le pont Verrazano, etc., pour entretenir la peur et permettre de prendre des mesures coercitives derrière cet écran de fumée, de peur.

    Ainsi manipulée, la peur devient une arme de destruction massive, toujours utilisée. C’est l’Iran qui est dans la ligne de mire, à peur ou à raison, qui le sait? Et puis, il y a ces tentatives dans un avion. Celle de l’homme à la chaussure ou de celui à l’explosif dans ses sous-vêtements : s’agissait-il de tentatives ratées ou de démonstrations destinées à semer la peur? On peut se demander pourquoi des terroristes formés à bonne source ratent leur tentative en agissant devant le public des passagers et non discrètement dans les toilettes? Des terroristes formés ont sévi à Londres et à Madrid, par exemple, sans ratages? Alors?

    Et puisqu’il s’agit d’une réaction de peur, on ne songe plus à faire une analyse objective et détaillée d’une situation, on n’ose même plus exprimer son opinion, de crainte de passer pour sceptique. On n’ose pas s’opposer à des mesures contraignantes, par crainte de??? Une fois les mécanismes de la peur enclenchés, il est difficile de réagir, de tenter de faire valoir des arguments logiques, rationnels, car ils sont sans valeur au niveau émotionnel.

    On pourrait d’ailleurs en dire tout autant des réactions de croyance, comme celle évoquée au début de l’article. Les croyances ne sont pas des réactions rationnelles, mais des réactions émotionnelles et avec elles, on peut aussi subjuguer des gens, diriger des groupes, des peuples. Il suffit de penser à des sectes, à des groupes religieux fanatiques ou non, et ainsi de suite. Lorsque l’on manipule les réactions émotionnelles, de tous ordres, on obtient des résultats surprenants, difficiles à gérer et à contrecarrer. La peur ou les croyances sont des armes de subjugation massive, quand elles ne sont pas des armes d’anéantissement massives. Et leurs arsenaux sont bien à l’abri de toute destruction

  • Rodrigue Guimont
    Abonné
    vendredi 15 janvier 2010 09h30
    Cela dit...
    Dans sa forme dite «normale», la peur est généralement la réponse à un danger. Dans ce cas le corps décharge une surdose d’adrénaline, soit pour se battre soit pour déguerpir.

    La peur dont vous parlez est liée à l’angoisse, qui elle est pathologique. Elle est distillée dans le corps comme on distille du venin, par petite dose, sans menace précise.

    Il y a toujours une peur quelque part qui se terre prête à éclore sous la plume ou le reportage d’un quelconque promoteur de panique.

    Comment se défendre contre la peur? par la raison, par l’information. Le problème c’est que ceux (et celles) qui propagent les peurs sont souvent les mêmes qui après les avoir entretenus, les désarçonnent le moment venu. Cela ressemble drôlement à de la manipulation.

  • Normand Carrier
    Abonné
    vendredi 15 janvier 2010 09h53
    De la peur a l'intelligence.....
    Comme parent , nous avons élevé nos enfants en faisant appel a leur intelligence au lieu de la peur et ils se comportent en citoyen responsables et confiants ! Maintenant nous transmettons les mêmes valeurs a nos petits enfants en faisant appel a leur intelligence et non a la peur et ils répondrent admirablement bien et nous spmmes confiants dans leur avenir comme citoyens responsables et libres .
    Il est désespérant de constater que nos dirigeants politiques se comportent en despotes et en roi-nègre pour dire les pires conneries a leurs électeurs ! Essayer de nous faire accroire que cela prend des preuves avant de constituer une commission d'enquête alors que de multiples témoignages d'un sous-ministre qui nous a expliqué en long et en large le système de collusion et d'un contracteur (monsieur Sauvé) qui fut infiltré par la mafia , les visites sur le bateau D'Arcuso , les coûts de plus de 30% pour la construction de nos infrastructures comparés aux autres provinces ect. ect. ect. . Le but d'une commission d'enquête est justement de se donner les moyens jurudiques pour exposer ces méthodes de collusion et de magouilles et de sanctionner les fraudeurs !
    Nous dire aussi qu'une commission d'enquête est longue a mettre sur pied alors que l'opposition lui demande depuis plus de six mois et que Jean Charest nous lance ces imbécilités en pleine face est faire appel a des instincts les plus bas qui sont tout sauf faire appel a l'intelligence des contribuables et les prendre pour des valises ...... hey oui il y a encore quelques béni-oui-oui pour répondre oui bwana nous buvons tes menteries et croyons tout ce que tu nous dit ....... Allélui...

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    vendredi 15 janvier 2010 11h13
    Le carotte ou le baton pour faire avancer ses moutons
    Un gouvernement fait marcher son peuple avec une carotte ou un bâton, par la flatterie "vas-y, t'es capable que je te donne nue médaille pour être mort ou blessé à la guerre pour protéger mes finances" ou le bâton, par la peur "si tu ne vas pas à la guerre, je te passe par le poteau d'exécution ou je te fais honte devant tout le monde".

    Notre chère mère, la très sainte Église catholique "comme le très honorable ministre", s'est servie de carottes et de bâtons depuis sa fondation ce qui l'a fait connaître sur la terre entière, quelques fois par " le croit ou meurt ! "

  • Normand Chaput
    Abonné
    vendredi 15 janvier 2010 12h56
    le terrorisme vert
    la menace que la terre va mourir si je ne trie pas mes vidanges fait-elle partie de vos vos peurs? Ou que j'abuse de l'eau alors que j'habite sur une ile en pensant qu'au sahara ils en auraient bien besoin?

    Il me semble que ce n'est pas parce qu'on veut nous faire peur qu'il faut avoir peur. Effectivement nous avons assisté à un nouveau péché mortel: scepticisme.

  • Sylvain Racine
    Abonné
    vendredi 15 janvier 2010 13h49
    Moi j'ai peur de vous, de votre ignorance et naiveté incommensurable
    Votre texte est bienvenu, et c'est peut-être le seul qui s'approche d'un début de réveil concernant la peur.

    De mon côté, je n'ai peur d'une chose. C'est celle de perdre totalement toute confiance en l'espèce humaine. J'ai déjà perdu totalement confiance, par exemple, aux médias de masse. J'écris toujours mes commentaires en ayant peur de ne pas être publié. J'ai envie de partager des dizaines de textes avec d'autres, les envoyer à la rédaction, mais maintenant je n'ai même plus envie.

    Depuis un certain temps, je publie sur des sites alternatifs. J'ai fais le tour de la question de la peur au sujet du H1N1 ou encore j'ai parlé du terrorisme. Mais ces quelques milliers de lecteurs ne suffisent plus si les médias de masse continuent à garder le silence, s'ils continuent à entretenir la peur.

    J'ai écrit dernièrement que si je devais être envoyé en prison et qu'on me donnait le choix de CHOISIR un singe ou qu'on me désignait par HASARD un être humain pour m'accompagner dans ma cellule pour les 25 prochaines années, je choisi certainement le singe.

    Voyez où j'en suis rendu. Je ne le souhaite pas à personne.

    En attendant, si vous voulez savoir pourquoi vous avez peur, lisez moi un peu:
    http://www.ameriquebec.net/auteur/sylvain

    Vous allez comprendre qu'on vous a eu avec la grippe ainsi qu'avec le terrorisme. Et on vous encu... aussi avec l'économie alors que seules les personnes qui ont causé la crise s'en sorte bien présentement. Le pire està venir. Je blâme la stupidité, la peur, l'ignorance des gens qui acceptent maintenant de se faire divertir par les médias.

  • Bernard Gervais
    Abonné
    vendredi 15 janvier 2010 13h51
    La responsabilité des médias
    Les médias - et particulièrement certains journaux à fort tirage qui ont utilisent souvent des titres sensationnalistes - ont une grande part de responsabilité dans la peur que peut susciter chez les gens l'apparition de nouvelles maladies.

    Et je ne parle pas uniquement de la grippe HiN1. Qu'on pense aussi à la manière que certains médias ont couvert la crise de la listériose (2008) et celle du SRAS (2003).

    Quant à Jean Charest, qui tente de nous alarmer au sujet de l'état actuel des finances du Québec pour mieux nous imposer des augmentations de taxes et tarifs de tous genres, je suis d'accord avec vous.

    Notre premier ministre est bien mal placé pour nous demander de nous serrer encore plus la ceinture, lui dont le gouvernement n'a cessé de jeter notre argent par les fenêtres depuis des années (commissions coûteuses et inutiles de toutes sortes, primes de départ généreuses pour des amis du PLQ, scandale de l'îlot Voyageur à l'UQAM, états financiers catastrophiques de la Caisse de Dépôt en 2008, le dossier du CHUM, honoraires payés à des experts privés en génie conseil alors que le travail aurait pu être fait par des fonctionnaires...).

    Remarquez, toutefois, que les problèmes que nous avons ne sont rien par rapport au drame que vit le peuple haïtien...

  • Yvon Roy
    Abonnée
    vendredi 15 janvier 2010 13h56
    Socrate
    Je parle. Donc je suis. Socrate

  • Claude Provencher
    Abonné
    vendredi 15 janvier 2010 14h22
    Supeur Bowl!
    N'ayons pas peur, les Cie d'assurances, vous vendent des protections<Act of God Full Protect .>puis il y a les cabinets d'avocats si ces dernières veulent pas payées. Il y a toutes sortes de commerces qui misent là-dessus également.< Payant-Payant>. Cela fait virer l'économie, à moins d'être si terrifié au point de ne plus mettre le nez dehors. Encore là il y a des <Psys et des Ogues> et les anti-dépress-peurs.Pfizer-Glaxo-Novo...com .net.org.
    Vive les vaccins, les p'tites pilules, les p'ties granules.
    Si vous êtes Schizo, faites le 1. Si vous êtes Parano,faites le 2. Si vous êtes de Toronto, faites le 3...
    Ah! si le 21 décembre 2012 peut arriver. Chérie notre police d'assurance prend fin quand donc? Le 20 décembre 2012 mon amour...Apelle ta mère si t'as peur mon ti-Pitt.

  • Pierre Schneider
    Abonné
    vendredi 15 janvier 2010 18h54
    Le syndrome du colonisé
    Tant que nous n'aurons pas réalisé notre indépendance et décolonisé nos esprits,
    nous vivrons, comme tous les peuples soumis, dans la peur. Peur de s'affranchir, peur de déplaire aux anglophones en leur accordant des milliards pour un deuxième super hôpital (quelle aberration !), peur d'avoir peur...Il n'y a pas de limite. La solution: Un nouvel électrochoc pour secouer la torpeur et ramener un peu de responsabilité et de fierté dans nos chaumières intoxiquées par une télé débilitante.

  • Jean Pierre Bouchard
    Inscrit
    vendredi 15 janvier 2010 18h57
    Pas de peurs sans mal
    L'être humain identifie les sources du mal de deux façons.

    Soit il identifie le mal comme étant causé par un système comme par l'exemple le plus connu, le système capitaliste.

    Soit il identifie le mal à l'homme, ce qui signifie qu'il s'identifie directement comme la source de son malheur. Le mal s'avérant le résultat d'une nature humaine prête à toutes les possibilités offertes pour exploiter, manipuler, escroquer les uns et les autres.

    Depuis l'effondrement de l'espoir socialiste, l'idée que c'est le système qui est la cause du malheur humain s'est en même temps effondrée réduisant l'être humain à l'idée que seul l'homme est la cause du mal.
    Les conséquences d'un sentiment dominant dans les sociétés comme quoi l'homme est corrompu dans son essence ce que d'ailleurs ont toujours pensés en commun les idéologues chrétiens et libéraux malgré leur différence c'est plus que jamais la confiance envers les autres devient difficile. C'est plus que jamais les peurs se véhiculent dans la perception de chacun de nos rapports. Une autre conséquence importante c'est qu'en absence d'une espérance sociale voire religieuse seul le cynisme comme sensibilité devient la voie de nos accablements et de nos tristesses.

    Les peurs se transmettent bien dans un monde sans espérance dans un monde qui n'offre que le quotidien de ses technologies. Nous sommes toujours mortels mais maintenant nous pensons garder le rythme de nos souffles devant nos écrans de télévision et d'ordinateur en tentant de nous accrocher aux semblants de réalité qui se présentent devant nos yeux.
    La sécurité sous toutes ses formes n’est jamais que la véritable valeur de nos sociétés contemporaines dans le monde occidental. La sécurité dans nos corps comme dans les aéroports trouvant à se compléter très bien!

    Repenser aux nouvelles conditions pour permettre une égalité minimale aux êtres tout en procurant une réelle égalité des chances dans l’épanouissement personnel dans le monde et ici au Québec se débarrasser du système fédéraliste afin que le Québec devienne un pays ce n’est plus à l’ordre du jour par rapport aux menaces du terrorisme, des virus biologiques ou informatiques, des crises cycliques de l’économie de marché qu’il faut prévoir afin de les prévenir. Et évidemment dans toute cette réalité, nos médias enchanteurs et désenchanteurs par le son et l’image jouent aux messagers de cette sécurité qui nous abrutit tous.

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    vendredi 15 janvier 2010 20h02
    Quelle inconscience...
    Notre premier ministre est bien mal placé pour nous demander de nous serrer encore plus la ceinture, lui dont le gouvernement n'a cessé de jeter notre argent par les fenêtres depuis des années (commissions coûteuses et inutiles de toutes sortes, primes de départ généreuses pour des amis du PLQ, scandale de l'îlot Voyageur à l'UQAM, états financiers catastrophiques de la Caisse de Dépôt en 2008, le dossier du CHUM, honoraires payés à des experts privés en génie conseil alors que le travail aurait pu être fait par des fonctionnaires...). (Bernard Gervais)
    -----------------------------------------------------------

    Quelle inconscience....et que d'allégations non-fondées à l'image du PQ. En parlant de prime de départ, le PQ n'a pas son pareil en ce sens et que dire de l'argent garroché par les fenêtres par ces derniers avec leurs référendums bidon....on comprend pourquoi Bouchard ait voulu nous imposer le déficit zéro pour éponger les dettes laissées par le référendum de 1995 et pour mieux recommencer après.....ad nauseam...

    Vous semblez oublier que nous sortons d'une récession et que l'argent ne pousse pas dans les arbres. Je n'ose imaginer dans quel état les finances du Québec seraient si c'était le PQ qui avait été au pouvoir; nous serions en train de quémander l'aide des autres provinces, dont de l'Ontario, qui s'en est sorti moins bien que le Québec.

    Ce n'est rien ça, mon bon monsieur, comparativement aux 5 années de vache maigre (et plus) que nous prédisait Pauline, dans ses moments de lucidité, advenant l'avènement de la souveraineté, alors qu'elle ne briguait pas le poste de premier ministre du Québec. Alors que nous étions en pleine récession, la seule solution que nous proposait cette dernière était la souveraineté.....faut l'faire.....

    Comme bien d'autres, qui ont travaillé toute une vie pour se payer une retraite confortable, ça ne m'intéresse pas de passer le reste de ma vie dans la dèche ....avec un PQ au pouvoir.

  • Jeanne du Lys
    Inscrit
    vendredi 15 janvier 2010 20h42
    @madame Payette
    Bonsoir madame Payette, bonne et heureuse année 2010 à vous et vos lecteurs.

    Espérons un peu de lumière en cette année 2010, on ne sait jamais...

    Mais, je suis convaincu que nous vaincrons toutes ces propagandes de peurs, ce n'est qu'une question de temps.

    Nous sommes Québécois, après tout !

    Nous sommes un peuple fort.

    SYLvie R. Tremblay, Jeanne du LYS

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    samedi 16 janvier 2010 10h23
    Psychose collective.....
    L'épidémie semble se répandre à la vitesse de l'éclair parmi nos pkiss défaitistes encore accrochés au passé et qui souffre du syndrome du colonisé. La résilience, vous connaissez...!

    De grâce, changez de poste et changez de"toune" et vous vous en porterez tous mieux. Un peu de Prozac avec ça pour passer l'hiver...!

  • Bernard Gervais
    Abonné
    samedi 16 janvier 2010 10h45
    @ Madame Chouinard
    Merci, chère Madame, d'avoir pris le temps de lire mon commentaire.

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    dimanche 17 janvier 2010 16h27
    @Bernard Gervais
    Tout le plaisir est pour moi...!

  • Bibiane Beauregard
    Abonnée
    samedi 23 janvier 2010 20h28
    Nier la peur, l' apprivoiser ou s' en accomoder
    ...Suite à la lecture de votre article, je vous avoue être confuse et un peu plus désemparée. Sortir de sa zone de confort bien que ce sentiment soit de plus en plus relatif) en ce qui me concerne perturbe et brasse... la camarade, c' est bien sûr.

    Ce qui me perturbe c' est de constater que mes peurs pourraient être des créations de mon esprit ou pire, des manigances politiques, religieuses ou autres.

    Ce qui me brasse, c' est que je sois dépourvue de mécanismes de défenses qui autrement me garderaient à l abri de manipulateurs dissimulés un peu partout à mon insu.

    Je sais pour l' avoir expérimenté qu' en Éducation (décennie 90) il existait une part de vérité de tout ce que vous avez énuméré. J' avais le privilège de faire appel à ma formation académique à l' époque et à mon scepticisme 'naturel'... Ils m' ont permis d' analyser avec mon intelligence et mon gros bon sens que l' on ne pouvait dire, faire et agir n' importe comment sous le prétexte d' une ouverture d' esprit...

    Je suppose que ces atteintes à l' intégrité... ont été corrigées depuis.

    Qui nous donnera ces outils de vigilance quotidiens à nous les adultes qui croyons (nous) être en pleine possession de notre liberté de penser et d' agir?

  • Jean Piuze
    Abonné
    lundi 25 janvier 2010 16h33
    Les vaccins sauvent des vies
    Madame Payette,
    Dans votre chronique du 15 janvier, vous prétendez que les autorités ont créé un climat de peur afin que les gens aillent se faire vacciner contre la grippe A (H1N1). Vous vous joignez donc à ces mombreux «experts» post-grippe qui, dans les médias ou sur le web, semblent trouver qu’il n’y a pas eu assez de morts à leur goût pour justifier les dépenses publiques effectuées. Combien vous en aurait-il fallu de morts, des milliers, des centaines de milliers, pour conclure que la situation justifiait une vaccination de masse? Tous ces experts après le fait possèdent-ils des connaissances en infectiologie ou en épidémiologie pour ainsi critiquer les spécialistes de la santé, qui étaient essentiellement unanimes quant à la nécessité d’agir? Mieux vaut prévenir que guérir dit l’adage. Alors pourquoi serait-ce une mauvaise nouvelle qu’il y ait eu mortalité limitée. Je dis bien limitée, car il y a tout de même eu mortalité, en particulier de personnes jeunes en pleine santé, chose qui n’arrive pas avec la grippe saisonnière, laquelle décime surtout les personnes âgées ou malades. Oui la menace était réelle et la vaccination a sans aucun doute aidé à prévenir des dégâts plus sérieux. Allez donc demander aux familles qui ont perdu des adolescents en pleine santé si elles auraient souhaité avoir pu les faire vacciner avant qu’ils ne contractent la grippe A (H1N1).


    Jean Piuze
    Québec

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