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Un rapport de l'ONU - Les indigènes meurent jeunes

Rio de Janeiro — Victimes de la pauvreté, de malnutrition et de diverses maladies infectieuses, les peuples indigènes vivent jusqu'à vingt ans de moins que la moyenne des non-indigènes, révèle le premier rapport de l'ONU sur la situation de ces populations dans le monde.

Présenté hier simultanément à Rio de Janeiro, New York, Bruxelles, Canberra, Manille, Mexico, Moscou, Pretoria et Bogota, ce rapport cite quelques exemples de cet écart entre l'espérance de vie des indigènes et celle des non-indigènes: 20 ans en Australie et au Népal, 17 ans au Canada, 13 ans au Guatémala et 11 ans en Nouvelle-Zélande.

«Ce rapport révèle plusieurs données alarmantes sur la population indigène», a déclaré Giancarlo Summa, directeur du Centre d'informations de l'ONU au Brésil, lors de la présentation à Rio, parlant d'«un pas de plus vers la reconnaissance des droits économiques, sociaux et culturels des indigènes», après la Déclaration des peuples indigènes adoptée en 2007 par l'ONU.

Le document indique que la population indigène comprend environ 370 millions de personnes dans 90 pays, soit environ 5 % de la population mondiale. Néanmoins, les indigènes constituent plus d'un tiers des 900 millions de personnes qui vivent dans une extrême pauvreté dans les zones rurales.

«Les Indiens vivent dans la pauvreté, l'analphabétisme, ils sont exclus du pouvoir économique et politique. Dans certains pays, ils ne sont même pas reconnus par le gouvernement, a déclaré de son côté Marcos Terena, de l'ethnie brésilienne Terena, qui milite pour les droits des indiens au Brésil. Il faut souligner qu'au Brésil, l'Indien n'était pas pauvre à l'arrivée des Portugais [en 1500] mais il a été transformé en pauvre par la colonisation.»

«La discrimination est grande au Brésil et un indien n'atteint jamais les mêmes niveaux qu'un Blanc, ni même qu'un Noir», a assuré M. Terena, qui a dû se faire passer pour un Japonais pour devenir pilote d'avion de ligne.

Les communautés indigènes souffrent également de la violence, de politiques d'assimilation, d'expropriations de terre, de déplacements forcés et vivent dans des conditions sanitaires «alarmantes», déplore le rapport.
 
 
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