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À propos d'un faux procès et d'autres procédés douteux

Gérard Bouchard - Historien, sociologue et professeur à l'Université du Québec à Chicoutimi  12 janvier 2010  Actualités en société
Gérard Bouchard
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Gérard Bouchard
Depuis quelques années, je suis régulièrement pris à partie à cause d'un article paru dans Le Devoir du 24 mars 1999. Le texte original s'intitulait: «Diversité et identité québécoises: jeter les souches au feu de la Saint-Jean-Baptiste?» Sur cette base, on me fait un curieux procès. Moi qui suis souvent accusé d'être un historien trop nationaliste, je proposerais d'abolir la mémoire nationale.

Dans l'esprit d'un multiculturalisme radical, je voudrais sacrifier l'héritage de nos luttes et tout un passé douloureux marqué d'oppression et d'humiliation. Il faudrait donc, par esprit d'accommodement, en finir avec «nos racines» et opter pour une sorte de table rase. C'est très gênant. Car ces idées, est-il besoin de le rappeler, sont aux antipodes de ce que j'ai toujours défendu.

Le fond de l'affaire

Si l'on se rapporte au contenu de l'article, que trouve-t-on au juste? Le texte voulait attirer l'attention sur les nouvelles conditions d'intégration de la nation québécoise dans un contexte de diversité croissante. Je soulignais la nécessité de respecter cette diversité, mais en la conjuguant avec une appartenance, une solidarité et des symboles communs. Je m'élevais contre une conception monolithique, trop homogène de l'identité nationale. J'avais soin de préciser qu'en tout cela, «il ne s'agit nullement de nier le poids historique et sociologique de la composante canadienne-française, mais de briser des solitudes». J'affirmais aussi que, pour fonder une identité québécoise, une langue commune et des règles universelles abstraites ne suffisent pas.

Dans la direction opposée, je rejetais les «cloisonnements ethniques», sources de durcissements et de tensions. Je critiquais «une philosophie trop exclusive des identités, des fidélités et des racines», au nom de l'ouverture et des nécessaires interactions. En conclusion, et c'est le coeur de l'affaire, je dénonçais «l'esprit de la souche», que je caractérisais dans ces termes: «l'insécurité chronique et la méfiance qui poussent au repli et à la crainte de l'autre, qui entretiennent une mémoire exacerbée des vexations anciennes, qui durcissent les solitudes actuelles, compromettent les partenariats, empêchent toute possibilité de greffe». J'invitais les Québécois de toutes cultures à se départir de cet esprit. C'est en ce sens, et en ce sens seulement, que je suggérais de «jeter les souches au feu de la Saint-Jean». J'insiste: le message s'adressait autant aux minorités culturelles tentées de faire bande à part qu'à la majorité francophone.

Semer la confusion

J'adhère toujours à ces énoncés. Face à la diversité, qui donc voudrait plaider pour le repli et l'exclusion? Ou s'opposer aux interactions, à la solidarité, aux rapprochements? Ou recommander la méfiance et la crainte de l'autre comme recettes en matière de relations interculturelles? L'interprétation que l'on a tirée de mon texte et que l'on se plaît à répandre à mes dépens a de quoi surprendre. Le titre de l'article lui-même y est certes pour quelque chose, le point d'interrogation qui l'accompagnait ayant disparu dans la publication. Mais, de toute évidence, il y a beaucoup plus.

Dans le débat sur l'identité nationale, certains intervenants (très actifs dans la revue L'Action nationale, notamment) s'emploient à semer la confusion plutôt que de s'efforcer à clarifier les questions complexes que nous devons résoudre. L'un de leurs procédés consiste à assimiler cavalièrement des notions fondamentales pourtant fort distinctes. Ainsi, on présente systématiquement comme synonymes et irrecevables a) le pluralisme, qui est une orientation générale prônant une gestion démocratique de la diversité, b) le multiculturalisme, qui en est l'application canadienne-anglaise et que les Québécois, avec raison, s'accordent massivement à rejeter, et c) l'interculturalisme, qui est une conception québécoise originale, extrêmement prometteuse en ce qu'elle propose une voie mitoyenne entre la fragmentation et l'assimilation pure et simple (parmi diverses références, voir la mise au point que j'ai faite sur ce sujet dans Le Devoir du 20 mai 2009). Mais ces trois notions sont délibérément confondues. Par ignorance?

Un deuxième procédé, facile et peu coûteux, consiste à associer gratuitement la pensée d'un interlocuteur au fantôme de Pierre Elliott Trudeau, ce qui dispense d'argumentation ou d'analyse. D'autres procédés (dont M. Mathieu Bock-Côté, en particulier, semble se faire une spécialité) mêlent sans scrupule la pratique de la citation tronquée, de l'omission, de l'interprétation à contresens, de la généralisation à l'emporte-pièce, de l'hyperbole, de l'amalgame, du catastrophisme, etc. Ainsi, et pour m'en tenir à ce seul exemple, on fait dire tant de choses au rapport de la commission Bouchard-Taylor (sans l'appui de références) que, par moments, je ne m'y reconnais plus moi-même.

Les conditions d'un débat

Il y a pire. Ces tentatives de discréditation des thèses adverses servent en réalité d'alibi. S'il faut rejeter l'interculturalisme, comme ces intervenants le pensent, par quoi le remplacer? Voilà ce qu'ils ne nous disent pas. À travers leurs attaques virulentes, on croit deviner des sympathies pour un modèle d'assimilation/exclusion, mais sans affirmation explicite ni définition élaborée. Ce que l'on souhaiterait de la part de ces objecteurs, c'est qu'ils présentent au grand jour une véritable proposition qui montrerait clairement une autre façon d'aborder la diversité ethnoculturelle québécoise.

Mais une façon qui serait a) conforme aux exigences de la démocratie et du droit, b) adaptée aux défis et contraintes de notre temps, c) capable d'articuler efficacement la double obligation d'assurer l'avenir de la francophonie québécoise et de respecter la diversité. Alors seulement, il sera possible d'ouvrir une discussion utile.

Comme partout ailleurs, nous avons une difficile conciliation à faire entre l'identitaire et le droit. À cet égard, toute proposition claire et raisonnable est évidemment la bienvenue.

***

Gérard Bouchard - Historien, sociologue et professeur à l'Université du Québec à Chicoutimi
 
 
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  • areligieux
    Inscrit
    mardi 12 janvier 2010 04h13
    Toute proposition claire et raisonnable?
    "Toute proposition claire et raisonnable est évidemment la bienvenue". En autant qu'elle demeure dans la ligne des objectifs à atteindre soit : "Assurer l'avenir de la francophonie québécoise et [de] respecter la diversité." Les mots sont importants ici : ASSURER est plus actif que le passif RESPECTER. En définitive ce qui est sauvegardé c'est le nationalisme. Bock-Coté crie dans le désert et Bouchard s'en amuse. L'interculturalisme est la trouvaille conceptuelle qui, par sa supposée position mitoyenne entre multiculturalisme et nationalisme, donne préséance au nationalisme. Alors les Bock-Côté et Joelle Quérin de ce monde sont dans le champ avec leurs analyses qui porte sur une coquille vide. Le nationalisme n'est nullement menacé au contraire il se renforce et garde toujours son caractère ethniciste et sectaire.

    Au final de cet exercice stérile qui aura coûté cher aux québécois, mais qui aura servi à bien payer les organisateurs, comme ce fût le cas pour la Commission Bouchard-Taylor, on reviendra à la case départ et rien n'aura changé. Tout tourne à vide dans ce ronron nationaliste.

  • Guy Archambault
    Abonné
    mardi 12 janvier 2010 11h17
    Proposition
    Vu de l'extérieur j'ai l'impression que plusieurs personnes prônant la nécessité de maintenir vivante la diversité culturelle
    croit cette option possible en fonction de leur propre vécu. À mon avis, la plupart des tenants du multiculturalisme ou de l'interculturalisme élargissent à l'ensemble de la population leur propre façon de vivre l'une ou l'autre de ces deux options à partir de l'expérience qu'ils en ont fait dans leur milieu politico-universitaire ouatiné selon qu'ils ont eu ou non l'occasion d'y fréquenter plus ou moins souvent des gens issus d'autres cultures.

    J'aimerais inviter ces gens à tenter l'expérience d'observation-participante suivante afin d'y recueillir les conditions pratiques
    permettant d'enraciner leur option de diversité dans un contexte d'intégration des immigrants ordinaires dans un milieu d'accueil ordinaire.

    Chaque chercheur(e) universitaire accompagné(e) de son ou sa conjoint(e) vivrait pendant 30 jours consécutifs avec deux autres couples issus de l'immigration. Ces couples auraient une connaissance au moins rudimentaire de la langue française, seraient issus de pays différents, ne seraient pas issus d'un milieu chrétien et ne détiendraient pas de diplômes d'études supérieures.

    À tour de rôle, chaque couple s'occuperait des tâches quotidiennes suivantes : préparation des repas, entretien ménager (époussetage, entretien hygiénique des éviers, bains, ramassage des déchets, etc.) et lavage de la vaisselle.

    Les trois couples auraient aussi comme tâche de définir au consensus des règles de vie commune pour l'immédiat et aussi dans l'optique que leur expérience se prolongerait au delà d'un mois. De fait, l'expérience devrait se prolonger au delà d'un mois s'il n'arrive pas à un consensus parfait en dedans du mois prévu au départ sur les conditions de vie commune acceptables à tous les six. Pour ce faire, il devrait se rencontrer de façon formelle au moins deux fois par jour à raison de 2 heures chaque fois.

    Ces trois couples seraient isolés du reste du monde pendant la durée de l'expérience. Ils auraient droit à un seul appel téléphonique par semaine à une personne de l'extérieur, appel d'une durée maximale de 15 minutes. Chaque couple serait au courant de toutes les règles du jeu et de tous les objectifs de l'expérience et serait d'accord pour tenter l'expérience.

    Un observateur silencieux serait en permanence avec eux afin de prendre des notes sur le déroulement concret de l'expérience tout en assurant les courses pour l'achat de l'épicerie et des autres biens nécessaires à la vie quotidienne de chacun. Il serait aussi chargé de filmer les rencontres de travail.

    Les trois couples pourraient mettre fin à l'expérience avant la fin du mois à condition que les six personnes impliquées soient d'accord pour le faire et que l'observateur silencieux donne aussi son accord. Dans le cas où ce dernier refuse son accord, il doit le justifier et proposer une alternative. L'observateur silencieux pourrait notamment refuser son accord s'il a des signes évidents qu'il n'y a pas vraiment eu de consensus pour mettre fin à l'expérience.

    Après discussion sur l'alternative proposée par l'observateur, les six personnes peuvent maintenir leur consensus pour mettre fin à l'expérience. L'observateur silencieux est alors tenu d'accepter la décision du groupe.

    Après cette expérience concrète, j'aimerais beaucoup voir les conclusions de nos universitaires sur les conditions nécessaires pour concilier l'intégration des immigrants avec la possibilité du multiculturalisme ou l'interculturalisme au niveau du quotidien et des pâquerettes en comparant ces deux options avec l'expérience multiculturelle de la France, de la Belgique et de la Suisse.

    J'aimerais surtout assister à leurs discussions entre eux après leur expérience d'observation-participante.

    Alors, Messieurs les universitaires, relevez-vous le défi ?
    Y-a-t-il un commanditaire pour financer cette recherche-action?

    Guy Archambault

  • m. benjemaa
    Inscrit
    mardi 12 janvier 2010 11h43
    ça nous interpelle nous aussi, québécois musulmans
    Je suis québécois établi, musulman, d'origine arabe. Ce passage a attiré mon attention:

    ((En conclusion, et c'est le coeur de l'affaire, je dénonçais «l'esprit de la souche», que je caractérisais dans ces termes: «l'insécurité chronique et la méfiance qui poussent au repli et à la crainte de l'autre, qui entretiennent une mémoire exacerbée des vexations anciennes, qui durcissent les solitudes actuelles, compromettent les partenariats, empêchent toute possibilité de greffe». J'invitais les Québécois de toutes cultures à se départir de cet esprit. C'est en ce sens, et en ce sens seulement, que je suggérais de «jeter les souches au feu de la Saint-Jean». J'insiste: le message s'adressait autant aux minorités culturelles tentées de faire bande à part qu'à la majorité francophone)).

    Je considère que ça nous interpelle, nous aussi, en tant que musulmans venant de différentes origines. Car nous souffrons dans notre communauté d'une semblable insécurité chronique et d'une semblable méfiance, qui poussent au repli et à la crainte de l'autre, qui entretiennent une mémoire exacerbée des vexations anciennes, qui durcissent les solitudes actuelles, compromettent les partenariats, empêchent toute possibilité de greffe.

  • Rob
    Abonné
    mardi 12 janvier 2010 16h59
    Symposium international sur l"interculturalisme versus politique constitutionnelle sur la laicité
    J'ose espérer que l"aspect srtatégique d'établir d'une façon démocratique et éclairée une politique d'état claire sur la laicité sera considérée dans vos futurs débats sur l'interculturalisme car le phénomène religieux est capital dans ce dossier. Je crois qu'il faut faire ce débat maintenant et payer pour , plutôt que de ne pas le faire et de payer plus tard mais avec une monnaie beaucoup plus douloureuse. Bonne chance M.Bouchard et félicitation pour votre courage.

  • Martin Auclair
    Inscrit
    jeudi 14 janvier 2010 08h13
    Laïcité
    Je suis d'accord. La question de la laïcité est nettement plus importante que celle de l'interculturalisme présentement. Mais M. Bouchard a trop investi dans l'interculturalisme pour le reconnaître... Et il veut maintenant exporter ses travaux...

  • Daniel Baril
    Inscrit
    vendredi 15 janvier 2010 15h54
    L'interculturalisme n'est que le multiculturalisme à la québécoise
    Daniel Baril, anthropologue et journaliste

    Il est étonnant de voir avec quelle ardeur Gérard Bouchard tient aux distinctions entre multiculturalisme et interculturalisme dans son article du 12 janvier. Si, sur le plan théorique, le discours qui cherche à établir de savantes distinctions entre ces deux termes peut avoir un certain fondement, tout s'évapore dans la pratique, ces deux approches conduisant aux mêmes résultats.
    Les différences généralement établies entre les deux termes insistent sur le caractère intégrateur de l'interculturalisme qui cherche à concilier la diversité ethnoculturelle avec le maintien d'une culture commune, le tout dans une interaction hamonieuse, comparativement au multiculturalisme qui, selon le rapport Bouchard-Taylor, se réduit à une «promotion de la diversité ethnique» plaçant toutes les cultures sur le même pied.
    Mais peut-on raisonnablement penser que les relations entre les groupes ethniques sont marquées par l’intégration totale à Montréal et par le cloisonnement strict à Toronto ou à Vancouver? Peut-on penser qu'il n'ya pas de visées assimilatrices face aux minorités au Québec et qu'il n'y a pas de désir d'intégration des minorités ailleurs au Canada? Les descriptions théoriques de ces modèle présentent les choses comme si elles étaient pures, soit blanches pour l'interculturalisme et noires pour le multiculturalisme, alors que dans les faits nous sommes dans le gris. Et rien ne ressemble plus à un gris qu'un autre gris.
    Pour arriver à établir des différences tranchées, le rapport Bouchard-Taylor présente une vision volontairement réductionniste et péjorative du multiculturalisme. L'interculturalisme fait en revanche l'objet de longues et très belles descriptions résumées ainsi : «On dira que l’interculturalisme québécois a) institue le français comme langue commune des rapports interculturels ; b) cultive une orientation pluraliste, soucieuse de la protection des droits ; c) préserve la nécessaire tension créatrice entre, d’une part, la diversité et, d’autre part, la continuité du noyau francophone et le lien social ; d) met un accent particulier sur l’intégration et la participation ; et e) préconise la pratique des interactions» (p. 121).
    La protection de la langue ne fait pas partie des descriptions du multiculturalisme canadien, américain ou britannique parce que l'anglais, dans ces pays, n'a pas besoin d'être protégé et soutenu. Si cet élément est une aspect central central de toute approche culturelle québécoise, ce n'est pas parce qu'il est une caractéristique de l'interculturalisme mais parce que la survie du français est précaire. Tout le reste de la définition de l’interculturalisme pourrait faire partie du multiculturalisme.
    Si on lit la définition que présente la Loi canadienne sur le multiculturalisme, on s'aperçoit que l'aspect d'interaction et d'échange que l'on dit être propre à l'interculturalisme y est présent. Selon cette loi, le multiculturalisme vise entre autres «à promouvoir la participation entière et équitable des individus et des collectivités de toutes origines à l'évolution de la nation et au façonnement de tous les secteurs de la société ; [...] à promouvoir la compréhension entre individus et collectivités d'origines différentes et la créativité qui résulte des échanges entre eux».
    Les différences ne résident pas dans l'approche mais dans les intérêts politiques et culturels défendus par le gouvernement du Canada et par celui du Québec.
    La meilleure démonstration que ces deux notions conduisent aux mêmes résultats nous est donnée par la pratique des accommodements raisonnables: rien ne distingue la pratique préconisée par le rapport Bouchard-Taylor, qui se fonde pourtant sur une approche dite interculturelle, de ce qui se pratique dans ce domaine ailleurs au Canada au nom du multiculturalisme. On peut d'ailleurs lira dans le rapport Bouchard-Taylor que «les quelques jugements rendus par la Cour suprême en matière d’accommodement religieux auraient pu tout aussi bien s’appuyer sur la charte québécoise et sur l’interculturalisme» (p.281). Autrement dit, c'est bonnet blanc, blanc bonnet.
    La même démonstration est faite par l'instauration du cours Éthique et culture religieuse. Les idéateurs de ce cours défendu par le rapport Bouchard-Taylor toujours au nom de l'interculturalisme sont convaincus d'avoir réalisé le nec plus ultra de l'interculturalisme, alors que Mathieu Bock-Côté et Joëlle Quérin ont soutenu chacun de leur côté des analyses montrant que ce programme concorde en tous points avec l'approche multiculturelle trudeauiste.
    Dans l'ouvrage collectif Questions d’équité en éducation et formation, (Éditions Nouvelles, 2007), Fasal Kanouté, professeure au Département de psychopédagogie et d’andragogie à l'Université de Montréal et spécialiste de l’éducation interculturelle, écrivait: «La littérature anglophone parle d’éducation multiculturelle au même titre que la littérature francophone parle d’éducation interculturelle. [...] Nous sommes d’avis que les uns et les autres disent la même chose sur la prise en compte de la diversité ethnoculturelle par l’école.»
    Dans les milieux de la recherche en éducation, me confiait-elle en entrevue, «la distinction entre multiculturalisme et interculturalisme est dépassée». La même observation pourrait valoir dans les autres secteurs.
    Gérard Bouchard termine son article en se disant ouvert «à toute proposition claire et raisonnable». Plusieurs groupes et individus ont déjà proposé l'approche républicaine pour gérer le pluralisme culturel et religieux, mais cette approche a été catégoriquement rejetée dans le rapport de la commission que Gérard Bouchard a codirigé. Nous prenons bonne note de sa nouvelle ouverture.

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