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Cours d'éthique et de culture religieuse - Un lien indéniable avec le multiculturalisme

Guillaume Rousseau - L'auteur détient une maîtrise en droits de la personne et diversité culturelle de l'Université McGill et est présentement doctorant en droit à l'Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne et à l'Université de Sherbrooke  4 janvier 2010  Actualités en société
Depuis la publication du rapport de la sociologue Joëlle Quérin, le débat sur le cours d'éthique et de culture religieuse (ECR) a repris de plus belle. Il faut dire que ce rapport fait l'objet de critiques vives, voire violentes, de la part des concepteurs de ce cours. Leur principale critique est la suivante: le rapport associerait injustement ce cours au multiculturalisme. Or l'histoire du droit nous révèle qu'il existe bel et bien un lien indéniable entre le multiculturalisme et le cours ECR.

Pour comprendre l'origine de ce cours, il faut savoir que l'enseignement religieux confessionnel est soupçonné d'être inconstitutionnel depuis l'adoption non pas de la Charte québécoise, mais bien de la Charte canadienne des droits et libertés. Et, en l'absence d'une clause dérogatoire, il est officiellement inconstitutionnel depuis l'arrêt rendu par la Cour d'appel de l'Ontario dans l'affaire Re Corporation of the Canadian Civil Liberties Association et al. c. Ontario (Minister of Education), datant de 1990.

Évidemment, cette cour s'est basée sur la Charte canadienne des droits et libertés pour conclure que tout enseignement religieux confessionnel est inconstitutionnel. Plus précisément, elle a invoqué l'article 2a) sur la liberté de religion et l'article 27, qui prévoit que: «Toute interprétation de la présente charte doit concorder avec l'objectif de promouvoir le maintien et la valorisation du patrimoine multiculturel des Canadiens.» En effet, on peut lire ceci, dans ce jugement, à propos de l'enseignement religieux confessionnel: «[It] amounts to violation of s. 2(a) of the Charter, especially when viewed in the light of s. 27 of the Charter.»

C'est donc en se fondant sur l'article qui constitutionnalise le multiculturalisme que la Cour d'appel de l'Ontario interprète la liberté de religion et en vient à la conclusion que les cours d'enseignement religieux confessionnel sont inconstitutionnels. Plus intéressant encore, cette cour précise que, si l'enseignement religieux non confessionnel est inconstitutionnel, en revanche l'enseignement religieux pluraliste et non confessionnel est parfaitement conforme à la liberté de religion interprétée à la lumière du multiculturalisme.

Comme ce jugement de la Cour d'appel de l'Ontario n'a pas été renversé en Cour suprême, il a créé un précédent valable pour l'ensemble du Canada. C'est d'ailleurs depuis ce jugement que des cours d'enseignement religieux pluraliste et non confessionnel se multiplient au Canada. Et le Québec ne fait pas exception, puisque le cours ECR remplace justement l'ancien cours d'enseignement religieux confessionnel, de manière à respecter la liberté de religion au sens du droit constitutionnel canadien, et ce, afin d'éviter que le Québec ait à invoquer à nouveau la clause dérogatoire prévue dans la Charte.

À la lumière de cet historique du droit, il est indéniable qu'il existe un lien direct entre le multiculturalisme canadien et le cours ECR.


Nouvelle forme à trouver

Est-ce à dire que toute option autre que le retour de l'enseignement religieux confessionnel serait inévitablement multiculturaliste? Non, puisque ce qui rend multiculturaliste le cours ECR, ce n'est pas tant le fait qu'il remplace l'enseignement religieux confessionnel déclaré inconstitutionnel au nom de la Charte et de son multiculturalisme, mais plutôt le fait qu'il adopte la solution proposée par la jurisprudence canadienne en conformité avec cette charte.

En effet, le cours ECR est un cours d'enseignement religieux pluraliste et non confessionnel qui a notamment pour but d'expliquer et de justifier les accommodements raisonnables créés par cette même jurisprudence. À l'inverse, si le Québec choisissait plutôt d'enseigner des connaissances sur les religions à travers des cours d'histoire et de géographie, comme cela se fait en France dans le respect de la laïcité, cette solution ne pourrait être qualifiée de multiculturaliste, et ce, même si elle serait sans doute valide constitutionnellement.

Est-ce donc là la solution au dilemme de l'enseignement religieux à l'école? Peut-être que oui, mais il n'est pas certain que cela répondrait suffisamment à l'impératif de la transmission du patrimoine culturel québécois, que plusieurs veulent voir assurée par l'école.

Si le rapport Quérin a mis le doigt sur un malaise réel autour du cours ECR, c'est sans doute entre autres parce que ce dernier est bel et bien un produit du multiculturalisme canadien, une politique à laquelle n'adhèrent pas la majorité des Québécois.

Dès lors, ce rapport justifie pleinement que ce cours soit scruté à la loupe et que d'autres solutions soient envisagées, par exemple dans le cadre d'une commission parlementaire. Ainsi, les Québécois pourraient trouver une forme d'enseignement du religieux qui serait originale, à la fois laïque et respectueuse du patrimoine culturel québécois et de la place qui lui revient, bref une solution de rechange qui soit véritablement autre chose que du multiculturalisme.

*****

Guillaume Rousseau - L'auteur détient une maîtrise en droits de la personne et diversité culturelle de l'Université McGill et est présentement doctorant en droit à l'Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne et à l'Université de Sherbrooke
 
 
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  • Guatou
    Inscrite
    lundi 4 janvier 2010 08h39
    ECR
    Bravo Guillaume Rousseau

  • lubeg
    Abonné
    lundi 4 janvier 2010 10h25
    ÉCR et les accommodements raisonnables: une fausseté véhiculée par les critiques
    ÉCR et les accommodements raisonnables : une fausseté véhiculée par les critiques

    Dans son texte d'opinion (Cours d'éthique et de culture religieuse - Un lien indéniable avec le multiculturalisme, Le Devoir, 4 janvier 2010, p. A7 ), Monsieur Guillaume Rousseau affirme que «ce qui rend multiculturaliste le cours ECR, ce n'est pas tant le fait qu'il remplace l'enseignement religieux confessionnel déclaré inconstitutionnel au nom de la Charte et de son multiculturalisme, mais plutôt le fait qu'il adopte la solution proposée par la jurisprudence canadienne en conformité avec cette charte.
    En effet, [poursuit-il], le cours ECR est un cours d'enseignement religieux pluraliste et non confessionnel qui a notamment pour but d'expliquer et de justifier les accommodements raisonnables créés par cette même jurisprudence.»
    M. Rousseau a raison d'écrire que le fait que le cours ÉCR remplace l’enseignement confessionnel n’est pas ce qui le rendrait «multiculturaliste». Il serait en effet abusif de soutenir qu’un contexte juridique particulier – même constitutionnel – est déterminant de la nature particulière d’un cours. Comme le reconnaît d’ailleurs Monsieur Rousseau, le législateur québécois aurait pu choisir de donner de toutes autres orientations au nouveau cours, comme il aurait pu décider de faire disparaître purement et simplement toute référence au fait religieux dans les enseignements primaires et secondaires. Si, comme le soutient l’auteur, il existe un «lien indéniable» entre ÉCR et le multiculturalisme, il faut le chercher ailleurs. Ce lien se trouverait dans le «fait» que le cours ÉCR aurait notamment pour but «d’expliquer et de justifier les accommodements raisonnables» créés par la jurisprudence canadienne en conformité avec la Charte canadienne des droits et libertés. M. Rousseau reprend donc ici une affirmation véhiculée par plusieurs autres critiques du programme ÉCR depuis la parution de l’étude conduite par Mme J. Quérin.
    Il y a toutefois un problème majeur avec cette affirmation : elle est fausse. Entièrement fausse, tout simplement. Qui a lu dans le programme ÉCR qu’il avait pour but de «justifier» les accommodements raisonnables? Je demande à lire ce passage. Là où il est question d’accommodements raisonnables dans le programme ÉCR, c’est dans les exemples indicatifs proposés pour le thème «La tolérance» mis au programme au deuxième cycle du secondaire. Comme il s’agit d’«exemples indicatifs», il n’y a pas d’obligation faite aux enseignants de parler des accommodements raisonnables, pas plus qu’ils ne sont obligés de parler des exemples indicatifs que sont «les édits de tolérance», «les limites d’un droit», «l’universalisme» et «le racisme», pour n’en nommer que quelques-uns qui sont suggérés pour ce thème. Le choix des exemples est laissé à la discrétion des enseignants.
    D’autre part, il n’est pas inutile de savoir que le programme ÉCR exige des enseignants qu’ils fassent preuve d’un jugement professionnel empreint d’impartialité : leur tâche n’est pas d’apprendre aux jeunes quoi penser des questions éthiques qu’ils abordent en classe mais bien de les amener à développer une capacité à réfléchir de façon critique à ces questions. On est alors bien loin d’un objectif de «justification» des accommodements raisonnables. Certains pourront soutenir que des enseignants cherchent à justifier les accommodements raisonnables auprès des jeunes. Mais alors, ce n’est plus le programme qui serait fautif mais bien ces hypothétiques enseignants.
    Si le «lien indéniable» dont parle M. Guillaume Rousseau ne s’appuie sur rien d’autre que cette affirmation d’une promotion des accommodements raisonnables par le programme ÉCR, alors il faut conclure qu’un tel lien n’existe tout simplement pas. Peut-être serait-il temps que les opposants à ce programme se donnent la peine de le lire attentivement et d’essayer de le comprendre avant de le critiquer à tort et à travers. Leurs critiques en seraient probablement meilleures et mieux fondées.
    Luc Bégin
    Professeur de philosophie
    Directeur de l’Institut d’éthique appliquée (IDEA) de l’Université Laval

  • Gebe Tremblay
    Inscrit
    lundi 4 janvier 2010 14h53
    À Luc Bégin, Professeur.
    Vous affirmez que :"leur tâche n’est pas d’apprendre aux jeunes quoi penser des questions éthiques qu’ils abordent en classe mais bien de les amener à développer une capacité à réfléchir de façon critique à ces questions."

    Or, à la question: Comment doit réagir l'enseignant si un élève affiche un comportement ou une pensée en rupture avec le "vivre-ensemble" ?

    Denis Watters écrivait en 2008, dans un Petit guide ÉCR-101: "L'enseignant doit [alors] intervenir immédiatement pour que cela cesse sur-le-champ. Toute atteinte en classe à la dignité de la personne ou au bien commun doit immédiatement être dénoncée parce qu'elle n'est pas tolérée dans notre société. En cela, le programme d'Éthique et culture religieuse n'est pas neutre".

    L'élève doit donc être soumis au dogme qui déterminera ce qu'est le bien commun et n'aura pas droit à sa critique. Même chose si l'élève se sent lui-même atteint à sa dignité par un élément du dogme, il ne pourra le critiquer si cette critique atteint la dignité de celui dont le dogme protège l'intégrité. Car le dogme fait clairement discrimination.

    Peut-être avez vous parcourru les manuels et guides un peu trop vite.

  • Robert Labonte
    Inscrit
    lundi 4 janvier 2010 15h04
    Bah,
    Guillaume Rousseau n'est pas crédible pour un sous, tout le monde sait qu’il s'acoquine avec Mathieu Bock-Côté et son pantin, Joëlle Quérin. Bref, son blabla ne vaut rien.

  • lubeg
    Abonné
    lundi 4 janvier 2010 15h39
    À Gebe Tremblay
    Les propos de Denis Watters (je connais bien ce qu'il a écrit) impliquent tout simplement que certaines attitudes pouvant être cultivées par des élèves doivent être combattues afin de respecter les finalités du programme. Ainsi, le mépris, le dénigrement des autres et les propos injurieux ne peuvent être tolérés. La pratique du dialogue ne tolère pas l'intolérance qui vise à empêcher l'autre de s'exprimer et d'être écouté. Il y a, là comme ailleurs, des limites à ce qui peut être dit dès lors qu'est recherché un vivre-ensemble davantage harmonieux. Combattre de telles attitudes n'empêche aucunement l'expression , par les jeunes, de véritables arguments pouvant être controversés.... mais voilà, il doit effectivement s'agir d'arguments qui s'adressent aux capacités rationnelles des jeunes et non de simples préjugés qui, forcément, ne reposent pas sur une réflexion suffisante.
    Le programme ÉCR n'est ni directif, ni moralisateur (il ne propose pas ce que vous appelez des «dogmes»). Mais il n’est pas non plus permissif à outrance. Favoriser une pensée autonome, c’est prendre le parti d’un usage raisonnable du discours, d’une pensée capable de se discipliner, de se donner des règles. Les règles du dialogue et les finalités du programme délimitent ainsi le terrain du dicible, installent des barrières au-delà desquels on quitte le terrain du raisonnable et de ce qui peut valoir dans une société démocratique.

    Luc Bégin

  • Gebe Tremblay
    Inscrit
    lundi 4 janvier 2010 16h26
    @Lubeg
    C'est très beau, votre discours, mais je crois que vous confondez avec les cours de bienséance des années 60. Peut-être avez-vous mal rangé les deux programmes.

    Je ne savais pas que les propos de Denis Watters devaient êtres traduits par un philosophe pour en apprécier le sens.

    Pourquoi pas un cours de philo obligatoire pour faire comprendre le cours ECR aux élèves ?

    Je vous verrais bien comme rédacteur de son petit catéchiste.

  • poisson marie-michelle
    Inscrite
    lundi 4 janvier 2010 17h01
    Des preuves !? Le cours ECR fait sciemment la promotion des accommodements religieux
    Le Secrétariat aux affaires religieuses ( SAR) et le Comité sur les affaires religieuses (CAR) veillent depuis 2000 au processus de déconfessionnalisation du système scolaire et sont considérés, selon le coordonnateur actuel du SAR, M. Roger Boisvert, comme les maîtres d’œuvre du nouveau programme d’Éthique et Culture religieuse (ECR).
    Tous les Avis au ministre de l’éducation produits par le CAR (http://www.mels.gouv.qc.ca/affairesreligieuses/car ) font l’apologie d'un prétendu modèle québécois de laïcité ouverte [aux accommodements religieux].
    À titre de preuves, voici quelques extraits représentatifs du discours promu par cet organisme consultatif influent qui œuvre au sein du ministère de l’éducation ( séquelle d’un régime cléricaliste qui, de toute évidence, sévit encore dans les officines du pouvoir…)

    Extrait :
    La laïcité scolaire au Québec. Un nécessaire changement de culture institutionnelle, Avis au ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, rédaction Christine Cadrin-Pelletier, octobre 2006.

    Chapitre 3.2 S’approprier localement le modèle de laïcité ouverte
    (…) ( extrait des pages 49 et suivantes)
    Laïcité scolaire ne rime pas avec vide en ce qui concerne le fait religieux et le patrimoine culturel, que l’on soit en milieu homogène ou hétérogène. Il faut plutôt valoriser l’héritage religieux et culturel pour faciliter l’intégration des Néo-Québécois et pour éviter que les Québécois dits de souche se sentent dépossédés de leur identité. Ceux qui, au contraire, souhaitent que la question religieuse soit évacuée de l’école ne réalisent pas que cela risquerait d’engendrer chez les jeunes un déficit culturel majeur dans une société dont la culture et le paysage sont imprégnés de références religieuses et dans un monde où religion et civilisation s’interpénètrent.

    (…) Par ailleurs, le Comité note avec satisfaction que plusieurs milieux ont déjà intégré les élémentsstructurants qui fondent la laïcité ouverte de l’école publique québécoise. (…)
    Les nombreux accommodements raisonnables réalisés dans plusieurs établissements scolaires, pour traiter des demandes particulières relatives au respect de la liberté de conscience et de religion de même qu’au droit à l’égalité en matière de religion, méritent aussi d’être soulignés. Guidés par un souci d’éduquer au vivre-ensemble dans une société pluraliste, des directeurs et des directrices d’école, parfois aidés d’autres membres du personnel scolaire, ont déployé des trésors d’ingéniosité, le plus souvent dans un anonymat complet, pour
    répondre à ce genre de situation à la satisfaction de toutes les parties visées.
    source :http://www.mels.gouv.qc.ca/affairesreligieuses/CAR

  • Gebe Tremblay
    Inscrit
    lundi 4 janvier 2010 19h23
    Merci Mme Poisson
    Pas besoin d'être philosophe professionnel pour comprendre le travail de noeuds coulants auquel se dévouent ce Secrétariat aux Affaires Religieuses et le Ministère de l'Éducation.

    Drôle de cours d'éthique dont les responsables cherchent à confondre dans la tête des élèves la définition de laïcité.

    Qu'est-ce que la laïcité a à voir avec le fait religieux et le patrimoine culturel ?

    La laïcité ne concerne que les pouvoirs institutionels. Rien à voir avec la religion et culture. La séparation des pouvoirs, point.

    Alors qu'est-ce que fait ce Secrétariat aux Affaires Religieuses au sein du Ministère d'Éducation ? Comment peuvent-ils seulement parler de laïcité scolaire ?

    Faudrait demander à nos philosophes qu'ils nous expliquent comment une laïcité peut être ouverte à des pouvoirs religieux tout en conservant son sens, car c'est bien plutôt ainsi qu'elle rime avec vide !

    C'est celà le "vivre ensemble" qu'on nous propose ? Un vivre ensemble de mensonges et dans lequel les mots perdent leur sens ? Ce sont ces manipulateurs qui vont donner des leçons d'éthique à nos enfants ? Leur parler de conscience ?

    Des trésors d'ingéniosité pour éviter la simple vérité qui réfute leur vision idéal du monde.

  • Serge Miville
    Abonné
    mardi 5 janvier 2010 12h04
    Erreur capital
    Les cours de religion (et les écoles confessionnelles) ne sont pas anticonstitutionnels. L'Ontario a deux systèmes d'écoles à même les fonds publics et ce prévu par l'Acte de l'Amérique du Nord britannique. Il s'agit ici des écoles publiques et les écoles séparées (catholiques). Il a donc, en Ontario, quatre types d'écoles qui reçoivent de l'argent du gouvernement Ontario : Public francophone, public anglophone, séparé francophone et séparé anglophone.

    La différence étant que le protestantisme et le catholicisme jouissent d'un statut particulier depuis le pacte de 1867, alors que les écoles confessionnelles autres que catholique et protestantes ne jouissent pas de ce statut. L'argumentation se voit donc passablement affaiblie.

  • Minona Minona
    Inscrite
    jeudi 7 janvier 2010 14h17
    Censure de la pensée
    J'ai sursauté quand j'ai lu la citation suivante, tirée du Petit guide ECR-101:

    "Comment doit réagir l'enseignant si un élève affiche un comportement ou une pensée en rupture avec le "vivre-ensemble? L'enseignant doit [alors] intervenir immédiatement pour que cela cesse sur-le-champ."

    Ai-je bien lu, une PENSÉE en rupture avec le "vivre-ensemble"? Alors non seulement pénalisons-nous les comportements d'un élève jugé fautifs (il faudrait encore définir ce qui constitue une rupture) mais nous pénalisons également les pensées? Est-ce que le vivre-ensemble serait incompatible avec le fait de penser librement?

    Tenter d'empêcher jusqu'à l'expression de la pensée de toute critique et de tout malaise face aux religion est-il vraiment la seule façon que notre société ait trouvé pour que ses enfants soient capables de vivre ensembles? N'est-ce pas plutôt un aveu d'échec? L'échec de notre capacité à comprendre qu'un débat n'est pas obligatoirement une guerre et qu'être tolérant n'a jamais signifié être privé de tout sens critique!

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