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Le testament de la décennie - Top 20 Québec et Canada

Alec Castonguay   31 décembre 2009  Actualités en société
La décennie s’achève, mais que faut-il en retenir? Le Devoir a identifié des événements qui résonnent encore aujourd’hui. Un palmarès de 20 dates mondiales et de 20 dates au Québec–Canada pour y voir plus clair.


1

10 février 2004
Le séisme des commandites. Lire le texte

2

10 septembre 2007
Première audience de la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables.
Symbole de la prise de conscience identitaire des Québécois.

3

25 août 2005
Perquisition chez Norbourg
Le scandale Norbourg, l’éveil financier le plus brutal qui soit, c’est un peu l’Enron du Québec. L’éclatement de la bombe, qui a fait 9200 victimes il y a déjà quatre ans et demi, continue d’infliger des dommages. Et d’influencer le cours des choses. Au fil des ans, une commission parlementaire a pondu des recommandations pour mieux protéger les épargnants, les experts se sont interrogés sur les limites de la surveillance et de l’encadrement des fonds communs, le public a déserté les petits cabinets pour se réfugier dans les bras des grandes banques et Québec a amendé son code pénal pour permettre aux juges d’additionner les peines de prison. Mais, surtout, ce détournement de 115 millions a fait comprendre, peut-être un peu tard, que la fraude est un crime violent et rien d’autre.

4

5 décembre 2003
Fusion entre l’Alliance canadienne et le Parti progressiste-conservateur
Cette fusion, réalisée par Stephen Harper et Peter MacKay, marque un tournant en politique canadienne. La division du vote de droite, dont profitaient les libéraux de Jean Chrétien depuis 1993, prend fin. Le regroupement des forces de droite donne une véritable option aux électeurs, qui l’utiliseront en 2006 pour mettre à la porte le gouvernement libéral de Paul Martin, dans la foulée du scandale des commandites. Sans la fusion qui a fait naître le Parti conservateur du Canada, il y a fort à parier que Stephen Harper n’aurait pas été en mesure de défaire le Parti libéral du Canada en janvier 2006.
La force du Parti conservateur dans le paysage politique canadien, combinée à la domination du Bloc québécois dans la province, contribue également au cycle des gouvernements minoritaires à Ottawa, qui commence en juin 2004. Une instabilité qui place les partis politiques en alerte électorale constante, ce qui teinte les débats et les projets de loi aux Communes.

5

19 mars 2004
La Cour d’appel du Québec reconnaît la légalité des mariages homosexuels.
Une loi fédérale autorise le mariage entre conjoints de même sexe le 28 juin 2005.

6

17 mars 2003
Le premier ministre Jean Chrétien annonce que le Canada n’ira pas en guerre en Irak.

7

11 janvier 2001
Lucien Bouchard démissionne.
En janvier 2001, Lucien Bouchard démissionne avec fracas, marquant ainsi le début d’une longue et douloureuse remise en question des troupes souverainistes. Le premier ministre péquiste a atteint son objectif du déficit zéro, une condition qu’il avait posée pour la tenue rapide d’un troisième référendum sur la souveraineté. Mais voilà, les Québécois restent «impassibles» devant les assauts d’Ottawa, notamment l’imposition de la Loi sur la clarté, et, affront suprême, les libéraux de Jean Chrétien viennent d’obtenir aux élections plus de votes que le Bloc québécois. Bernard Landry lui succède et déclenche des élections deux ans plus tard en promettant de tenir un référendum «le plus rapidement possible dans le mandat». Mordant la poussière devant Jean Charest, Bernard Landry démissionne en juin 2005.
Lui succède André Boisclair, qui conduit le PQ en mars 2007 à son pire score depuis 1970, après avoir promis de tenir lui aussi un référendum rapidement. Après la démission d’André Boisclair, l’éternelle deuxième, Pauline Marois, sans opposition, prend les rênes d’un parti meurtri et abandonne tout échéancier référendaire. La nouvelle stratégie: celle des petits pas.

8

13 janvier 2004
Annonce de la centrale du Suroît
La contestation de ce projet marque la prise de conscience des Québécois concernant les changements climatiques. Les manifestations et le tollé général font reculer le gouvernement Charest, qui annule la construction de cette centrale au gaz naturel. C’est à la suite de cet abandon que le Québec prend finalement le virage de l’énergie éolienne.
Le premier ministre Jean Charest se transforme alors en Monsieur environnement, faisant du Québec l’un des endroits les plus ambitieux en Amérique du Nord dans le domaine de la lutte contre les changements climatiques. M. Charest mettra en place une taxe sur le carbone et un plan vert concret et il n’hésitera pas à faire la leçon au gouvernement Harper, qui ne partage pas les objectifs du Québec.

9

Janvier 2006
Les soldats canadiens s’installent dans la dangereuse région de Kandahar, en Afghanistan.
Plus gros et plus dangereux déploiement canadien depuis la guerre de Corée, il y a 50 ans.

10

1er janvier 2001
Fusion municipale au Québec.

11

12 mars 2003
Éclosion du SRAS.
La première frousse sanitaire mondiale du XXIe siècle n’aura pas été la très médiatisée pandémie de grippe A(H1N1). Encore moins la grippe aviaire, alias H5N1, qui a tenu la planète sur le qui-vive en 2005, avant de s’aplatir sans jamais atteindre son potentiel pandémique. La grande menace est plutôt apparue deux ans plus tôt sous les traits du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS). Bilan: 8000 cas et près de 800 morts dans le monde, dont 44 à Toronto, où le taux de mortalité a frôlé les 16 % chez les personnes touchées. Isolement, quarantaine, état d’urgence, dépistage systématique: la répétition aura permis de tirer des leçons précieuses en ces temps de pandémie. Et ce, même si on est loin, bien loin du SRAS, la grippe A(H1N1) s’étant avérée au final très contagieuse, mais peu virulente, avec un taux de mortalité proche de celui associé à la grippe saisonnière.

12

13 mars 2001
Le bureau de la concurrence avalise l’achat de Vidéotron par Quebecor.
De la convergence à la divergence. La concentration d’entreprises à la faveur de la déréglementation commence dans l’autre siècle et s’accélère fortement au début de la décennie. Quand le bureau de la concurrence avalise l’achat de Vidéotron par Quebecor, avec l’aide de la Caisse de dépôt et placement, le Québec bascule vite, vite, vite dans le monde des empires et des conglomérats. Le Groupe Gesca, filiale de Power Corporation, suit en rassemblant huit journaux, des magazines et une entreprise de production télé.
Seulement, la dématérialisation, combinée à la crise économique, ébranle ces colosses qui cherchent de nouveaux «modèles d’affaires» pour leurs médias. Après s’être débarrassé de tous ses magazines, ou presque, Gesca vient d’arracher d’importantes concessions aux employés de La Presse et cherchera à en obtenir dans tout son réseau. Quebecor a multiplié les lock-outs dans ses entreprises. Le conflit au Journal de Montréal aura un an le 24 janvier prochain.

13

10 mars 2000
Sommet de la bulle techno... et de Nortel.
C’est le sommet de la bulle techno en Bourse, qui éclatera quelques semaines plus tard, emportant une partie des épargnes de millions de citoyens. Au Canada, Nortel deviendra le symbole de ce krach technologique. En neuf mois, l’entreprise-phare perd 80 % de sa valeur sur le marché, soit 320 milliards de dollars en capitalisation. L’action, qui avait atteint un sommet à 125 $ en 2000, ne reprendra jamais du tonus avant le démantèlement de l’entreprise, cette année.
Mais, avant que les géants du point-com ne reviennent sur Terre, le fournisseur Internet AOL avait frappé un grand coup le 10 janvier 2000 en faisant l’acquisition de Time Warner au prix de 155 milliards de dollars. Le grand mariage du Net et des «vieux» médias est alors la plus grande fusion dans l’histoire des États-Unis. Il consacre la victoire de la nouvelle économie sur «l’ancienne», même si l’éclatement de la bulle met un bémol à cette victoire.

14

24 mars 2002
Le Cirque du Soleil passe en vitesse supérieure.
Le Cirque du Soleil fait une apparition à la cérémonie des Oscars pour un court spectacle fait sur mesure. Un événement qui fait passer l’entreprise culturelle de Guy Laliberté à une autre étape de son développement. Les portes de la renommée mondiale s’ouvrent, alors que le Cirque envahit Las Vegas et multiplie les tournées mondiales. La consécration ultime surviendra le 30 juin 2006, lorsque le Cirque et les Beatles fusionnent leurs talents et présentent la première du spectacle Love. Cette année, un autre immortel se greffe au Cirque: Elvis, dont le spectacle démarre à Las Vegas.
Le Cirque du Soleil compte maintenant plus de 4000 employés, dont 1000 artistes. Plus de 90 millions de spectateurs ont assisté à un spectacle de la multinationale du divertissement depuis 1984, année de sa fondation.

15

11 juin 2008
Ottawa présente des excuses aux autochtones
Le gouvernement canadien présente des excuses solennelles aux autochtones pour les abus commis dans les pensionnats pendant près de 100 ans. Début d’une lente cicatrisation.

16

7 février 2002
Entente entre les Cris et Québec
Une entente de 4,5 milliards de dollars est conclue entre les Cris et le gouvernement du Québec pour le développement du Grand-Nord. C’est la Paix des braves et la relance des projets d’Hydro-Québec.

17

8 décembre 2008
Mario Dumont quitte, Amir Khadir arrive.
Épouvantable dégelée pour l’ADQ, qui passe de 41 à 7 députés et perd près de 12 % de ses appuis. Mario Dumont, l’âme de ce parti, annonce le soir même qu’il quittera la direction de l’ADQ. Plusieurs se demandent si ce n’est pas le début de la fin pour ce parti de centre droite fondé en 1994 par des libéraux nationalistes. À l’autre bout du spectre idéologique, le 8 décembre 2008 apporte du nouveau: Amir Khadir, coporte-parole de Québec solidaire, l’emporte dans Mercier, comté du Plateau-Mont-Royal. C’est un premier élu dans la courte histoire de cette formation et le franc-tireur ne mettra pas de temps à s’imposer. Jean Charest et le PLQ redeviennent majoritaires, après l’expérience de mort imminente qu’avait été pour eux le 26 mars 2007.

18

13 septembre 2006
Tuerie au cégep Dawson
Relance du débat sur le contrôle des armes à feu.

19

4 novembre 2009
Dany Laferrière remporte le prix Medicis pour son roman L’Énigme du retour.
Un premier Medicis pour le Québec depuis Marie-Claire Blais en 1966. Et un coup de pouce à la renommée de la littérature québécoise.

20

15 septembre 2004
Lock-out dans la LNH.
Le 15 septembre 2004, après des mois de négociations infructueuses, la direction de la Ligue nationale de hockey annonce le déclenchement d’un lock-out qui forcera l’annulation complète de la saison 2004-2005. Lorsqu’une entente est finalement conclue avec l’Association des joueurs en juillet suivant, la principale revendication des propriétaires d’équipe, l’imposition d’un plafond salarial, devient réalité. Cette mesure transformera la ligue en favorisant la parité entre les clubs et ramènera l’espoir de retrouver un jour une franchise dans de petits marchés, comme Québec ou Winnipeg, incapables de survivre sous la formule précédente.
Parallèlement, pour la saison 2005-2006, la LNH procède à d’importantes modifications de sa réglementation pour rendre le jeu plus attrayant. On restreint l’accrochage, on limite le travail du gardien autour de son filet, on abolit la ligne rouge pour les passes, on instaure les tirs de barrage pour mettre fin aux matchs nuls. Dans les bureaux administratifs et sur la patinoire, le «nouveau hockey» est né.

Collaboration au dossier: Alec Castonguay, Jean Dion, Stéphane Baillargeon, Louise-Maude Rioux Soucy, Pauline Gravel, Robert Dutrisac, Antoine Robitaille et François Desjardins

 
 
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  • Michel Gaudette - Inscrit
    31 décembre 2009 09 h 36
    TOP AU QUÉBEC EN 2009 : les bandits en cravate
    En 2009, les Québécois ont réalisé que des messieurs bien polis, bien cravatés pouvaient du jour au lendemain les mettre à la rue.

    Des monstres quoi !
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  •  
  • Gaston Deschênes - Abonné
    31 décembre 2009 11 h 03
    Une décennie?
    Ce qu'il y a de plus remarquable dans cette décennie? Elle n'a que neuf ans!

    Comme les siècles commencent à 1, il faudra attendre la FIN de 2010 pour en compléter la première décennie.

    Les journaux de Québécor et Gesca nous remplissent des pages sur cette décennie écourtée depuis des jours. J'aurais cru que Le Devoir ne succomberait pas à la mode. Jusqu'à ce matin. Dommage.

    Comme l'écrit un lecteur du National Post ce matin, après avoir cité l'autorité mondiale en cette matière (le Royal Observatory in Greenwich) : « ... this decade will end at the end of 2010 for the same reason that we celebrate our tenth birthday and first decade at the end of our tenth year, not after only nine years. Although millions of people made fools of themselves 10 years ago and welcomed in the new millennium one year early, that is no reason to repeat the same folly now ».
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  •  
  • jacques noel - Inscrit
    31 décembre 2009 12 h 38
    Le recensement de 2006
    On a appris qu'on était tombé sous la barre des 50% sur l'ile et sous les 80% au Québec. On ne remontera jamais plus par-dessus les deux barres

    A suivre: le recensement de 2011. On va apprendre qu'il y a maintenant plus d'immigrants au Canada qu'il y a de Canadiens français. On va se retrouver doublement minoritaires dans le pays qu'on a bel et bien fondé comme disait le p'tit gars de Shawinigan.
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  •  
  • 93Licar - Abonnée
    31 décembre 2009 13 h 58
    Le séisme des commandites
    Le point 1, Le séisme des commandites, c'est pas mal ça monsieur Guinard...
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  •  
  • pagerry3 - Inscrit
    31 décembre 2009 19 h 41
    Les conséquences sismiques de la corruption institutionnalisée.
    Je ne contesterai aucune de vos 20 pièces de collection de la dernière décennie. Elles ont fait couler les encres des scribes souvent exhibitionnistes et elles ont fourni autant de tableaux et d’affiches aux fabricants des imageries de la diversion qui meublent les vestibules de nos éphémères mémoires visuelles et auditives. Pour cette première décennie du 3e millénaire, quant à moi, rien ne peut égaler l’émergeante graduation et l’incontestable invasion tranquille et très bien orchestrée des «pluriels bandits à cravates» ainsi que la prolifération surmultipliée des commandites, dans les multiples sphères où s’opèrent les collusions secrètes, où s’opérationnalise l’installation des tentacules de la corruption systémique dans tous les réseaux des accointances et des alliances contractuelles qui allient et scotchent les plus maffieux des soumissionnaires privés et publiques aux élus émissaires fédéraux, provinciaux et municipaux qui, derrières des bunkers du mensonge, sous les couverts de l'immunité et sous les intouchables garanties de l'impunité, plaident ignorance et innocence. À ce titre et sous les chapiteaux de la systématisation de la perversion, je considère que l'événement de la décennie 2000-2010 est résumé dans le refus-marteau du majoritaire libéral Jean Charest et de sa clique ministérielle, de placer les centaines de millions de piastres siphonnées de nos poches (nos impôts et nos taxes confondues) lesquelles piastres ont circulé dans les enveloppes brunes des collusions et dans les comptes-à-comptes de la corruption plurielle de la FTQ Construction, entre autres, ajoutées aux millions des détournements des fonds du réseautage des FIER, ajoutées aux millions de primes consenties aux gestionnaires démissionnaires de la CDPQ qui ont réussi a liquéfier plus de 41 milliards des économies de petits épargnants, sous les loupes d'une enquête publique dont LE PEU0LE, à l’abri de toute intrusion politique et via ses lucides incorruptibles, pourrait contrôler l'impartialité. Le crime organisé a maintenant son «palier supérieur», le crime institutionnalisé et la première décennie, au Québec, en est marquée au fer rouge.
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  • Roland Berger - Abonné
    2 janvier 2010 09 h 40
    Corruption tolérée
    Ayant vécu à la fin du règne de Duplessis, je ne peux que m'attrister de voir revenir une tolérance généralisée à la corruption sous toutes ses formes. Le vol de l'élection américaine par George W. Bush aura ouvert toutes grandes les écluses du tout pour moi.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario
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