vendredi 3 septembre 2010 Dernière mise à jour 03h41


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Itinérance et santé mentale - De l'espoir d'Ottawa?

Pierre Gaudreau - Coordonnateur, Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM)  31 décembre 2009  Actualités en société
L'éditorial de Marie-André Chouinard intitulé «La plaie béante» et paru dans Le Devoir de lundi soulève avec justesse la faiblesse du Plan d'action en itinérance dévoilé par la ministre Lise Thériault à la mi-décembre. Bon nombre des 70 mesures qu'il contient sont sans moyen financier ni échéancier ou existaient déjà. Ainsi, le fait de réserver 10 % des unités de logement social pour les sans-abri est une pratique existante depuis de nombreuses années à Montréal.

Le 14 millions d'argent frais que ce Plan investira en trois ans est certes le bienvenu, entre autres pour les refuges qui en bénéficieront, mais cela sera largement insuffisant pour endiguer la croissance du phénomène. Cet automne, les ressources pour femmes sans-abri ont connu un débordement sans précédent et les refuges pour hommes vivent aussi cet hiver une fréquentation inégalée. Oui, un portrait permettra de mieux comprendre, mais il ne faut pas attendre pour agir.

L'absence de vision de ce plan pour agir en amont sur les causes de l'itinérance, tels la pauvreté et le manque de logement, rappelle la nécessité que le gouvernement se dote d'une véritable politique en itinérance. Il doit agir sur toutes les facettes de cette question, dont la santé mentale.

À ce niveau, il faut s'intéresser aux 22 millions que le gouvernement fédéral investira à Montréal en quatre ans, avec son projet de recherche piloté par la Commission canadienne en santé mentale. Le RAPSIM, qui représente 90 organismes oeuvrant auprès des sans-abri, a d'abord participé au consortium qui s'est mis en place à Montréal pour appliquer ce projet de recherche visant à stabiliser en logement des personnes itinérantes chroniques ayant de sévères problèmes de santé mentale.

Aucune garantie

Le RAPSIM s'est retiré de ce projet au printemps dernier, car celui-ci comporte plus de problèmes qu'il n'apporte de solutions. Les personnes itinérantes qui recevront de l'aide dans le cadre de ce projet au logement et de l'accompagnement l'auront sur une base temporaire. Dans trois ans, à la fin du projet de recherche, rien ne garantira aux sujets de celle-ci que l'aide sera maintenue. Ni la Ville, pour le logement, ni l'Agence de la santé, pour le soutien, n'ont manifesté une intention en ce sens. Plus tordu encore, une partie des personnes qui seront dirigées vers ce projet ne recevront aucune aide, pour être dans un groupe témoin comparatif!

En privilégiant une aide passant par le logement privé, ce projet va à l'encontre de la pratique existante qui a démontré son efficacité, soit le développement du logement social avec soutien communautaire. Depuis plus de 20 ans, des organismes ont développé de tels projets qui ont stabilisé en logement la population visée par le projet fédéral. Il en faudrait plus...

Selon le RAPSIM comme selon beaucoup de personnes du milieu, cette intervention du fédéral aurait beaucoup mieux atteint son objectif en contribuant au développement de nouveaux projets de logements sociaux permanents avec soutien communautaire.

Pour qu'un tel choix soit fait, il aurait fallu que le gouvernement du Québec intervienne avec une vision du dossier pour que les priorités qu'il s'est lui-même données, avec son plan en santé mentale et son cadre sur le logement social avec soutien communautaire, soient respectées.

Loin d'être une bataille perdue d'avance, une telle intervention était nécessaire et gagnable. Il y a dix ans, le gouvernement du Québec avait réussi à faire en sorte que les fonds fédéraux destinés aux sans-abri, alors le programme IPAC (Initiative de partenariats en action communautaire), soient mis en place dans le respect des besoins, des moyens et des priorités du milieu.

***

Pierre Gaudreau - Coordonnateur, Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM)











CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
m'inscrire
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Les blogues du devoir

Publicité

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2010