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Laïcité - Québec solidaire fait fausse route

Michèle Sirois - Anthropologue, spécialiste en sociologie des religions, coauteure de Individu et société. Introduction à la sociologie (2008, 4e édition, Gaëtan Morin éditeur) et membre fondatrice de Québec solidaire Crémazie  30 décembre 2009  Actualités en société
Permettre aux agents de l’État de porter des signes religieux ostentatoires ne peut que transformer davantage les immigrants en boucs émissaires faciles à identifier.
Photo : Agence Reuters Susan Baaghil
Permettre aux agents de l’État de porter des signes religieux ostentatoires ne peut que transformer davantage les immigrants en boucs émissaires faciles à identifier.
La majorité des Québécois déplore le fait que nos gouvernements ne protègent pas assez fermement deux valeurs fondatrices de la société québécoise, la neutralité de l'État et la prédominance de l'égalité entre les hommes et les femmes sur les particularismes religieux ou culturels. L'absence d'un message clair sur ce plan entraîne, selon plusieurs, de trop nombreux accommodements «déraisonnables». Cette mollesse, je l'ai retrouvée au dernier congrès de Québec solidaire (QS) en novembre dernier, où le parti a adopté la première partie de son programme.

Après avoir affirmé le principe général de la laïcité de la société, QS s'est empressé de faire une brèche importante dans le processus de laïcisation en ouvrant la porte au port de signes religieux par les agents de l'État. Cette position est d'autant plus paradoxale que QS se présente comme un parti de gauche et féministe; or, la gauche a toujours été le fer de lance de la laïcisation du Québec, et l'histoire du féminisme est jalonnée de dénonciations des institutions religieuses comme sources d'oppression des femmes. Cette prise de position constitue un recul par rapport aux luttes féministes et nationalistes.

Dans la foulée des positions exprimées par la commission Bouchard-Taylor et la Fédération des femmes du Québec, QS a adopté «un modèle de laïcité conçu comme la combinaison de la neutralité des institutions publiques sur le plan des croyances (incluant le scepticisme et l'incroyance) avec la liberté pour l'individu d'exprimer ses propres convictions»; ce modèle assure le libre-choix du port de signes religieux — kirpan, grosse croix, kippa ou hidjab, par exemple — autant aux agents de l'État qu'aux usagers des services publics. Précisons qu'un minimum de balises a été prévu pour encadrer le port de signes religieux par les agents de l'État, notamment l'interdiction de prosélytisme, le devoir de réserve et les dangers pour la sécurité.

Il y a là un réel désir d'ouverture à l'autre et une volonté de se solidariser avec les plus démunis en éliminant des barrières, surtout d'origine religieuse, qui empêcheraient certains immigrants, notamment les femmes portant le voile, d'intégrer le marché du travail. Cependant, les bons sentiments, aussi louables soient-ils, ne sauraient tenir lieu d'analyse politique. De bonnes intentions peuvent produire des effets pervers et aboutir à un résultat contraire à l'objectif poursuivi. Je m'oppose ainsi au modèle de laïcité préconisé par QS pour trois raisons.


Souci de cohérence

La première raison plaide en faveur de la mise en place de politiques cohérentes de laïcisation de l'État. Il est actuellement interdit aux agents de l'État d'afficher leurs opinions politiques dans le cadre de leurs fonctions, et je crois que cette interdiction devrait aussi s'appliquer aux croyances religieuses. Tous les agents de l'État — pas seulement les juges, les policiers ou les gardiens de prison — devraient être tenus à un devoir de réserve. Les enseignants et les éducatrices en garderie, par exemple, exercent une autorité qui, si elle est d'ordre moral et non juridique, est tout aussi importante puisqu'ils jouent un rôle crucial dans la reproduction des modèles sociaux. Si des élèves demandent à une enseignante pourquoi elle porte le hidjab, comment celle-ci pourra-t-elle répondre sans, par le fait même, favoriser la croyance en un Dieu qui lui commande sa conduite?

La deuxième raison rejoint le large consensus qui existe dans la société québécoise pour la séparation de l'Église et de l'État, d'une part, et pour l'égalité entre les hommes et les femmes, d'autre part. La majorité des Québécois rejette les accommodements «déraisonnables», surtout d'ordre religieux, et craint que cela ouvre la porte à des dérives comme on en a vu dans le cas de la SAAQ (où des juifs hassidiques ont refusé qu'une femme leur fasse passer leur examen de conduite, et, à l'inverse, des femmes musulmanes ont exigé d'avoir une femme comme examinatrice).

C'est la combinaison de ces deux tendances (la neutralité de l'État et l'égalité hommes-femmes) qui fait que, parmi tous les signes religieux, le port du voile islamique est le cas le plus explosif. Le voile, lié à la position d'infériorité des femmes dans l'islam (selon le Coran et les hadiths qui rapportent les actes et les paroles de Mahomet), devient le symbole au sujet duquel se déchirent les «pro-voile» et les «anti-voile». Il ne s'agit donc pas d'un simple «bout de tissu», comme l'affirment tant de personnes qui banalisent ce symbole religieux.

Dans le contexte mondial de l'instrumentalisation de la religion par l'islam politique, on note une réelle hausse du port du voile dans le monde; et des femmes qui refusent de le porter se font emprisonner, violenter ou assassiner, même au Québec ou ailleurs au Canada. Un «bout de tissu», s'il n'était pas chargé d'un sens qui dépasse ce qu'en disent les femmes qui le portent, ne pourrait provoquer de telles atrocités.


Souci de rigueur

Les sciences humaines nous apprennent qu'il faut dépasser la diversité des motifs véhiculés dans les discours des individus pour comprendre les véritables raisons de leurs comportements. À défaut de cette rigueur d'analyse, nous devons nous contenter des discours idéologiques (religieux ou autres) que les différentes cultures ont formulés pour légitimer leurs particularités; et c'est malheureusement ce genre de discours non scientifique que j'ai le plus souvent entendu au dernier congrès de QS.

Par exemple, si certaines femmes musulmanes disent porter le voile pour des raisons d'identité ou pour des motifs religieux, ce n'est pas une raison pour ne pas s'interroger sur le fait que ce sont des femmes et non des hommes qui ont la responsabilité de marquer l'identité de leur groupe. De plus, pourquoi commencent-elles à porter le voile à la puberté, plutôt que plus tard ou plus tôt dans la vie?

Un regard anthropologique met rapidement en évidence le besoin de contrôler la fertilité des femmes qui s'amorce à la puberté en leur prescrivant la «modestie», voire la réclusion derrière un voile intégral ou le maintien à la maison. En effet, comme les femmes sont les seules à pouvoir «produire» physiquement les enfants, les hommes et la société semblent éprouver le besoin d'encadrer cette capacité d'enfanter propre aux femmes par un contrôle tant sur les plans sexuel et physique que social.


Insécurité incomprise

La troisième raison repose sur les effets pervers que pourrait entraîner le libre-choix du port de signes religieux par les agents de l'État. En tant que nation dominée et marginalisée sur un continent anglophone, les Québécois sont devenus plus frileux face à l'afflux d'immigrants (qui «risquent» de ne pas s'intégrer à leur culture), ce qu'ils perçoivent comme une menace à leur identité. En font foi les nombreux courriels qui circulent sur la Toile et qui présentent les immigrants comme des «menaces», comme des «privilégiés» qui obtiennent des «faveurs» du gouvernement.

Quand cette peur identitaire s'accompagne d'une très importante crise économique, d'un chômage croissant et d'une lente érosion de la classe moyenne comme nous le vivons actuellement, tous les ingrédients d'un cocktail social explosif sont réunis. L'insécurité économique et sociale des Québécois peut en effet malheureusement se traduire par une montée de l'intolérance et de la xénophobie. Permettre aux agents de l'État de porter des signes religieux ostentatoires ne peut que transformer davantage les immigrants en boucs émissaires faciles à identifier.

Par ailleurs, permettre aux agents de l'État de porter des signes religieux ostentatoires, c'est envoyer aux nouveaux arrivants un message trompeur, puisque ce n'est pas parce que la discrimination fondée sur le port de signes religieux est interdite dans la loi qu'elle n'existe pas de façon cachée. Par exemple, les candidats à un poste qui affichent des signes religieux pendant une entrevue peuvent se trouver écartés sans que la véritable raison ne soit même jamais évoquée. Vouloir favoriser l'intégration dans la fonction publique de certains individus issus des communautés culturelles par l'acceptation du voile ou de tout autre signe religieux peut très rapidement conduire à un ressac contre certaines communautés, notamment la communauté musulmane.

En fait, l'incompréhension de l'insécurité identitaire des Québécois par les mouvements de gauche représente un véritable danger, parce qu'elle laisse le champ libre à la récupération de la question identitaire par des mouvements de droite, voire d'extrême droite, comme c'est le cas dans plusieurs pays européens et comme nous venons de le voir avec l'interdiction des minarets en Suisse.

Pour éviter de répéter les erreurs de l'histoire, on ne peut pas se contenter de bons sentiments. Il faut faire une analyse globale de la situation québécoise; une analyse doit s'enraciner dans le vécu concret des Québécois et doit tenir compte de la conjoncture mondiale. C'est cette réflexion qui fait cruellement défaut à QS, et qui a conduit ce parti à banaliser le port de signes religieux ostentatoires et à accorder plus d'importance aux droits individuels de certains immigrants qu'au droit collectif de l'ensemble des Québécois à un État totalement neutre et laïque. Cela démontre la nécessité d'adopter une charte de la laïcité afin de concilier le droit à la liberté de religion et de conscience avec l'obligation pour l'État et ses représentants d'être neutres.

Enfin, il est urgent de mettre en place des politiques cohérentes et sérieuses d'intégration des immigrants. Il en va de la justice sociale et de la paix de nos sociétés.

*****

Michèle Sirois - Anthropologue, spécialiste en sociologie des religions, coauteure de Individu et société. Introduction à la sociologie (2008, 4e édition, Gaëtan Morin éditeur) et membre fondatrice de Québec solidaire Crémazie
 
 
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  • Louis Lapointe
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    mercredi 30 décembre 2009 10h25
    L’esprit des chartes
    J’aime bien entrer dans ces églises où flottent des odeurs de vieux bois et d’encens. Une atmosphère qui favorise les réminiscences historiques. De toutes les églises que j’ai visitées, c’est Chartres qui m’a laissé le meilleur souvenir, une forte impression que mes ancêtres étaient déjà passés par là, avaient foulé ces mêmes pierres jaunes et peut-être même participé à la construction de cette Cathédrale érigée sur un ancien lieu de culte païen. Toutefois, c’est surtout la lumière qui impressionne à Chartres, comme si ses architectes avaient voulu respecter l’esprit des Druides qui jadis y consacraient un culte au solstice de l’été.

    Si une église est d’abord un lieu de culte, elle peut aussi devenir le lieu de la mémoire du peuple, de son histoire et de ses coutumes, là où on se souvient de nos héros, de nos victoires et de nos défaites, comme ce fût le cas à l’Église St-Jean-Baptiste où on a célébré les funérailles de Pierre Falardeau cet automne.

    Nous le savons, dans la liturgie catholique, chaque messe à laquelle nous assistons est toujours la dernière, à l’image de ce dernier repas du Christ avec ses disciples, chacun d’entre nous pouvant être rappelé à tout moment par Dieu. D’où l’idée de toujours être en état de grâce, de s’être confessé avant d’avoir communié, d’être pur avant de participer à cette dernière scène en mémoire du Christ. Une métaphore !

    Nous le voyons bien, s’il y a des lieux pour la religion, ce sont ces églises, ces temples, ces synagogues et ces mosquées. C’est là que doit se pratiquer le culte de notre dieu, de nos saints et de nos ancêtres, en privé avec nos coreligionnaires, pas dans la rue, pas au travail, même si l’esprit de dieu doit continuer de nous éclairer.

    Aussitôt sortis de l’église, la vie quotidienne reprend son cours et ses droits. Dès que nous posons le pied sur le perron d’église, les affaires s’activent. Ce n’est pas pour rien que nos ancêtres y réglaient leurs différends, leurs litiges et leurs chicanes de clôtures avec leurs voisins. Après une trêve d’une heure, le temps que dure la messe, les esprits s’étaient suffisamment assagis pour que le bon sens triomphe de l’orgueil, des rancœurs et des convoitises, tous de mauvais sentiments réprouvés par l’Église.

    ***

    C’est le même esprit qui doit animer l’application des règles qui régissent accommodements raisonnables. La religion appartient au domaine privé et si elle doit éclairer l’esprit, elle ne peut servir à contraindre les fidèles à agir contre la loi. Au Québec, depuis 1968, les femmes jouissent de l’égalité en vertu du Code civil, peu importe leur religion. Un principe repris dans la Charte des droits et libertés de la personne quelques années plus tard et qui ne devait jamais plus souffrir d’exception si l’on en croit tant la lettre de la loi que l’esprit du législateur.

    Malgré cela, dès les années 1980, la Commission des droits et libertés de la personne prêchait sur tous les toits que les accommodements raisonnables étaient devenus un principe, pas une exception. Je me souviens avoir suivi un atelier offert par les services juridiques de la Commission qui exhortait les employeurs à suivre l’esprit de ce fameux jugement de la Cour Suprême du Canada rejetant un appel concernant le port du turban au lieu du chapeau traditionnel de la police montée, un droit à l’accommodement raisonnable. Seule exception, la sécurité des travailleurs, un autre jugement de la Cour Suprême, prononcé quelques années plus tard, vint baliser le principe d’accommodement raisonnable. On ne pouvait pas remplacer le casque de sécurité par un turban.

    Depuis 20 ans, la Commission prêche que la religion a préséance sur presque tout. Elle a fait des accommodements raisonnables un dogme. Vous êtes un étudiant, vous devez respecter le code vestimentaire de votre école, sauf si votre religion vous oblige à porter certains signes ou vêtements religieux. Vous êtes un travailleur, vous devez respecter les horaires de bureau, sauf si votre religion vous impose un jour de culte qui entre en conflit avec votre horaire de travail. Votre école et votre employeur doivent vous accommoder.

    Même l’égalité entre hommes et femmes y serait subordonnée. Vous êtes une femme, vous êtes inspectrice de la CSST, vous vous présentez sur un chantier de construction à Outremont, le chef de chantier est un juif hassidique, il ne veut pas transiger avec vous parce que vous êtes une femme. Vous lui dites d’appeler votre patronne qui elle aussi est une femme. Il refuse, il veut parler avec un homme. Il invoque des motifs culturels et religieux. Est-ce que ce genre de situation relève des accommodements raisonnables ? Si l’on en croit l’interprétation qu’en fait la Commission des droits et libertés de la personne, oui. Elle prêche depuis des années que les accommodements raisonnables sont devenus un principe au Québec, même si à l’origine il ne s’agissait que d’une exception.

    Pourtant, il tombe sous le sens que les accommodements raisonnables auraient dû demeurer des exceptions, alors que le principe de l’égalité entre hommes et femmes n’aurait jamais dû connaître d’exceptions, tant il a été durement gagné par les femmes au cours du vingtième siècle.

    Si j’étais une femme, je n’accepterais pas de me faire dire que je n’ai pas le droit de faire mon travail de policière, d’inspectrice ou d’infirmière parce que je suis une femme, puisque cela signifierait que les femmes ne sont pas toujours les égales de l’homme lorsqu’une religion, n’importe quelle religion, décrète le contraire. Dans cette perspective, l’idée même que les accommodements raisonnables puissent être un principe est contraire à l’esprit des Chartes.

    L’égalité des femmes et des hommes ne peut souffrir aucune exception, car, dès lors, ce n’est déjà plus de l’égalité. Voilà pourquoi la religion doit demeurer une affaire privée qu’on ne peut transiger qu’avec Dieu, dans les églises, les temples et les mosquées.

  • Gérard Lévesque
    Abonné
    mercredi 30 décembre 2009 15h50
    Quelle est la route à suivre ?
    Quelle est la route à suivre ?

    L’article de Mme Sirois me semble soulever en priorité la question de savoir ce qu’il faut entendre par égalité homme-femme et le fait d’en identifier le fondement et le justificatif rationnels. Comme cela arrive souvent, malgré le sérieux de la réflexion de Mme Sirois, son article comporte le grave défaut d’omettre de le faire. Pourtant, une telle recherche rigoureuse est d’autant plus de mise qu’en cette matière les préjugés et l’émotivité sont fréquents.

    Le fondement de l’égalité homme–femme

    On n’a généralement pas le simplisme de croire que l’égalité homme-femme signifie identité entre eux, même s’il nous arrive souvent de raisonner ou de souhaiter une telle identité. Cette identité, peut-on croire parfois, faciliterait tellement les choses ! On n’a pas non plus tendance à penser sérieusement que cette égalité doit correspondre à une similitude de goûts, d’opinions, de sentiments de fonctions, de gestes ou de réactions, de maintien ou de tenue. Il faut en conclure que l’égalité homme-femme ne porte pas comme tel directement sur aucun de ces aspects de la vie, et pas davantage sur la tenue vestimentaire, qu’il s’agisse du turban sikh ou du voile islamique.

    L’égalité homme-femme a trait au fait que, dans ces divers aspects de la vie, l’homme et la femme sont tous deux également libres d’agir selon leur conscience, à condition que l’exercice de leur liberté de choix ne heurte pas celle d’autrui. Et l’on considère à juste titre comme une injuste discrimination le fait d’empêcher la femme d’exercer sa liberté de choix pour la seule raison qu’elle est femme, comme le fait de lui refuser l’accès à un emploi. Il y alors entorse à l’égalité homme-femme et discrimination parce que la femme, tout comme l’homme et en tant que personne, a le droit à la liberté de choix. Il faut donc en conclure que la reconnaissance de la liberté de choix de la femme est le fondement et le justificatif premier et rationnel de la légitime égalité homm-femme.

    L’exercice de l’égalité homme-femme

    Voilà à mes yeux une étape importante dans le sérieux de la réflexion requise. Continuons en tenant compte d’un attribut incontournable de cette liberté dans la condition humaine. La liberté de choix s’exerce, non pas in abstracto, mais dans le concret de la vie. En conséquence, son exercice est sous l’influence d’une multiplicité de réalités qui peuvent être bénéfiques ou maléfiques : culture, opinion ambiante, institutions, famille, amis, enseignants, appartenance politique, religion, etc. La décision d’agir que la personne prend en son for intérieur sous le coup plus ou moins contrôlé de ces diverses influences, voilà ce qu’est la réelle liberté de choix.

    Deux voies possibles

    C’est donc en s’adressant à la compréhension d’une personne par le dialogue, la persuasion, l’éducation, la culture qu’on peut amener la personne et donc toute femme à faire un usage éclairé, volontaire et conscient de sa réelle liberté de choix. C’est là une façon plus respectueuse de sa dignité de personne que celle qui consiste à déterminer son agir par la force de l’interdiction, de la coercition et de l’usage du pouvoir sur les personnes. Mais cette voie a en contre-partie le fait d’exiger plus de temps et de requérir davantage de réflexion et de discussion. Néanmoins, des différences notables se manifestent déjà entre les us et coutumes d’immigrants musulmans et ceux de leurs fils et filles marqués par les valeurs identitaires du Québec.

    Pour réglementer les particularismes religieux dont fait état Mme Sirois, et même pour gérer la « servitude volontaire » qu’on peut voir chez la femme musulmane dans port du hidjab ou du voile, les citoyens du Québec ont un choix à faire entre ces deux avenues. Il semble bien que Mme Sirois opte clairement pour la coercition alors que Québec solidaire semble privilégier la voie de la persuasion.

    On peut enfin se poser l’embêtante question suivante : en empêchant par le pouvoir étatique certains us et coutumes, dont l’interdiction absolue et intégrale de symboles religieux ou culturels dans la sphère publique, ne va-t-on pas à l’encontre de ce au nom de quoi on réclame l’égalité homme-femme, à savoir le droit au libre choix, dont plus souvent qu’autrement à l’encontre de celui de la femme ???

    Par-delà nos positions actuelles, il y a lieu de s’arrêter sérieusement à cette question fondamentale et de ne pas chercher à y répondre par des raccourcis. Pour ma part, je serais heureux que des considérations rationnelles viennent réfuter ou confirmer ce qui précède, venant contribuer par là à la nécessaire réflexion que nous avons collectivement à faire.

    Coups de coeur et coups de gueule s'abstenir. Merci.

  • Sylvie Cloutier
    Inscrite
    samedi 2 janvier 2010 16h38
    Liberté, égalité, mixité
    Dans un contexte international marqué par la montée des intégrismes religieux, où bon nombre de femmes musulmanes sont contraintes sous la menace de porter le voile, parfois ici même au Canada, on peut se demander au nom de quelle liberté on devrait tolérer le port du voile ou du hidjab. Si ce n’était que la liberté individuelle d’immigrantes attachées à leurs traditions qui était en jeu, je dirais en effet laissons-les faire, leurs enfants adopteront notre mode de vie. Mais dans ce débat, il faut tenir compte de l’influence de mouvements islamistes bien organisés et eux-mêmes peu soucieux de tolérance.

    D’autre part, on parle beaucoup d’égalité homme-femme dans ce débat, alors que la mixité hommes-femmes me semble également en jeu. Nous vivons dans une société où il est admis que les femmes et les hommes se côtoient dans la rue, au travail et partout sur la place publique. Les femmes ne se perçoivent pas comme des proies faciles et les hommes comme des prédateurs sans retenue. Dans des conditions normales, le respect mutuel gouverne les relations entre les sexes et personne n’a besoin de se cacher. C’est une valeur importante, au même titre que l’égalité.

  • Gilbert Talbot
    Abonné
    lundi 11 janvier 2010 13h19
    Oui à une charte de la laïcité
    Une Charte, en termes juridiques, recouvre un ensemble de lois, comme la Charte de la langue française, par exemple. Il me semble bien, d'après tous les commentaires reçus et les sondages faits, que la majorité des Québécois et des Québécoises se reconnaissent dans un Québec qui aurait une Charte de la laïcité (Et j'inclus ici la majorité des immigrants). QS ne fait pas exception, il réclame lui aussi une telle Charte. Or, si une telle charte doit être inclusive, pourquoi vouloir en exclure le port du voile dans les Services publics ? L'idée reconnue maintenant et exprimée ici dans les commentaires qui précèdent le mien est que le religieux relève du privé et n'a plus sa place dans les Services publics. Ainsi l'école est laïc, la justice est laïc et l'ensemble de la Fonction publique est laïc. Respecter le port du voile dans les Services publics revient alors à demander une exception, ce qui en terme juridique est une demande d'accommodement raisonnable. D'où la question : est-il raisonnable de demander à l'État de créer une exception à son principe d'égalité des droits des femmes et des hommes au nom du droit de religion et du respect des signes religieux ? Je ne crois pas. Surtout si un tel État s'est donné une Charte de la laïcité. Un accomodement raisonnable se fait entre indvidus ou entre des collectivités,mais il ne peut pas se tenir entre un groupe religieux et un État qui se fonde sur le principe d'égalité Nous touchons ici le fond du débat depuis la célèbre commission Bouchard-Taylor. Un accommodement raisonnable ne sera accepté que s'il y a entente entre les parties accomodeuses et aoccomodés. Hors l'État ne peut pas être la partie accomodante, puisqu'elle représente sa population, mais n'est pas la population elle-même, ou bien on tient un référendum sur le sujet. Et à voir les opinions émises, on peut supposer qu'un tel référendum dirait non à ce genre d'accomodement.. Cependant, au Québec il n'est pas besoin de monter au minarets pour comprendre que de faire ce genre d'accomodements serait trahir ses propres principes.

    Je demande à QS, qui a osé faire ce débat, d'approfondir sa réflexion, particulièrement à partir de ce très bon texte de madame Sirois. Il ne sera pas à contre-courant, mais peut-être que dans le courant tumultueux des débats actuels sur ce sujet il saura être plus raisonnable que le parti libéral, qui n'ose pas se prononcer.

  • Nelson
    Inscrit
    jeudi 18 février 2010 15h26
    HEY LES HUMAINS, ARRETEZ DE VOUS CHICANER, DIEU N"EXISTE PAS !!!
    Dieu est une simple mot inventé depuis peu de temps par les humains, apres la mutation du gene FOX P2, que permet aux humains de parler, et cette mot, Dieu, disparaitra prochainment avec la disparition du Soleil, de la Terre et les humains eux memes.
    LES HUMAINS DOIVENT S"AIMER ET S"ENTREAIDER LES UNS AVEC LES AUTRES, SANS JAMAIS RIEN INTERPOSER ENTRE EUX QUE PUISSE LES FAIRE SE CHICANER, S"ENTRETUER, ET METTRE EN PERIL LA SURVIE DE L"HUMANITÉ.!!
    NELSON

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