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L'évangélisation bilingue

Hélène Pelletier-Baillargeon - Montréal  24 décembre 2009  Actualités en société
Quelle n'a pas été notre stupéfaction d'apprendre, par la voix de quelques pasteurs, que la politique linguistique de l'Église de Montréal s'alignait présentement sur le bilinguisme et le biculturalisme de la politique fédérale plutôt que sur celle du Québec.

Courriels, revue et communications du diocèse sont devenus bilingues, laissant ainsi croire aux immigrants catholiques que l'État du Québec l'est aussi et que leur intégration à la majorité française demeure chose facultative. Quant au comble de la démarche, il consiste à emprunter aux États-Unis le programme de catéchèse Faith First, comme si nos facultés de théologie n'avaient pas réussi à produire, depuis Vatican II, d'auteurs assez compétents pour fournir à nos enfants un manuel qui reflète leur culture.


La colère d'Henri Bourassa

À l'approche du 100e anniversaire du Devoir, il serait opportun de rappeler le fameux discours de son fondateur, Henri Bourassa, à la cathédrale Notre-Dame en ces années-là. Le délégué du Vatican au Congrès eucharistique, Mgr Bourne, l'avait précédé à la tribune. Devant un auditoire médusé, il avait conseillé à la communauté canadienne-française d'adopter dorénavant la langue anglaise afin de devenir des propagandistes plus efficaces de la foi catholique en Amérique du Nord...

Consternée par de tels propos, l'assemblée attendait avec anxiété la réponse de Bourassa à pareille directive. Mettant ostensiblement dans sa poche le texte du discours qu'il avait préparé, Bourassa improvisa de toutes pièces une longue et brillante défense de la langue française comme langue d'évangélisation, défense que tous les collégiens et collégiennes du cours classique étudièrent jadis en classe de rhétorique. Les autorités diocésaines actuelles auraient grand intérêt à relire et à méditer ce texte historique plutôt que de donner raison, cent ans plus tard, à Mgr Bourne.


Loi 101

Quant à nous, catholiques de Montréal, nous devons nous montrer solidaires pour mettre fin à cette politique de bilinguisation de notre Église. Pour ma part, je me propose de suspendre ma contribution à la grande collecte annuelle du diocèse jusqu'à ce que les autorités responsables de cette politique se conforment au texte et à l'esprit de la Charte de la langue française (loi 101). Et j'invite tous les croyants catholiques de Montréal à en faire autant.

*****

Hélène Pelletier-Baillargeon - Montréal
 
 
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    jeudi 24 décembre 2009 20h20
    La décadente bêtise !!
    Tout en trouvant inexcusable la trahison de la Nation québécoise par le clergé du Québec, il m'apparaît inconcevable que tant de gens s'abreuvent encore à ces discours d'endoctrinement et de conditionnement, des discours faits de mensonges présentés comme des dogmes, discours pourtant largement dénoncés.

    Donc, il est logique de présumer que la clientèle de fidèles utilisant les écrits religieux de langue anglaise ne serait pas portée à adhérer à la cause nationaliste québécoise de toute façon puisque le pouvoir religieux et l'esprit religieux sont assurément du côté du 'statut quo', par nature.

    Aucune religion ne prône la liberté qui, elle, est l'élément essentiel nécessaire à l'établissement de la justice et de la démocratie, c.-à-d., un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple, dans une société juste.

    L’esprit religieux, quant à lui, cautionne les hiérarchies et les classes sociales, et conséquemment, il remet dans les mains de djeu la responsabilité des injustices de la ‘‘création’’. Les puissants de la droite s’en réjouissent et appuient hypocritement la pratique religieuse.

    Djeu merci, on va tous en mourir un jour !!

  • Gebe Tremblay
    Inscrit
    mercredi 6 janvier 2010 12h37
    Tout de même !
    Qu'on ne vienne pas nous faire croire que l'Église , aujourd'hui abandonnée par la majorité des Québécois, est la responsable de l'anglicisation de Montréal !

    Le catholicisme n'est pas français à ce que je sache, il est universel. Si les Québécois ont décidé d'abandonner leur héritage religieux, culturel et identitaire au point d'abandonner leur métropole économique, pourquoi l'Église se retiendrait d'aller chercher des fidèles chez cette nouvelle nation anglophones montréalaise ?

    La décadente bêtise est québécoise. Un peuple qui se suicide et qui laisse sa maison et ses enfants aux chacals et aux prêtres du socio-constructivisme.

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